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Société

Tensions à Rosso Sénégal : une fillette grièvement blessée par une grenade lacrymogène

La ville de Rosso Sénégal a connu ce mercredi une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et habitants. Depuis les premières heures de la matinée, des heurts particulièrement tendus ont éclaté dans plusieurs quartiers, plongeant la localité dans un climat de vive inquiétude.

Selon les informations recueillies sur place, les incidents ont démarré à la suite d’une manifestation autorisée par les autorités administratives. Mais la situation a dégénéré en fin de parcours, lorsque des échauffourées ont éclaté entre certains participants et les forces de sécurité venues encadrer le rassemblement. Des témoins font état de jets de pierres auxquels ont répondu des salves nourries de grenades lacrymogènes, notamment dans le quartier populaire de Niakh.

Dans ce contexte chaotique, une fillette prénommée Binta Diack a été grièvement touchée alors qu’elle se trouvait à Santhiaba 3. D’après plusieurs sources concordantes, l’enfant jouait en compagnie de ses camarades lorsque l’un des projectiles lancés par les forces de l’ordre l’a atteinte en pleine joue. Le choc a provoqué une blessure sévère nécessitant une prise en charge en urgence.

Les secouristes l’ont d’abord transportée au poste de santé de Rosso Sénégal, avant que les médecins ne décident de son transfert à l’hôpital de Richard-Toll afin qu’elle reçoive des soins plus adaptés à la gravité de son état. La radio RFM, qui a pu contacter des proches de la famille, rapporte que la victime souffre d’un important traumatisme facial.

Pendant que ces évacuations se poursuivaient, la tension restait vive sur le terrain. Des colonnes de fumée s’élevaient encore au moment où plusieurs unités de maintien de l’ordre tentaient de disperser les groupes de jeunes manifestants, déterminés à prolonger la contestation.

Ces nouveaux heurts surviennent alors que Rosso Sénégal est toujours sous le choc de l’affaire Talla Keita. Ce jeune homme de 18 ans, originaire de la ville, avait été accusé par sa famille d’avoir succombé à des sévices infligés par des policiers. Son décès avait provoqué une onde d’émotion et d’indignation dans l’opinion publique, certains habitants voyant dans cet épisode une illustration des violences policières.

Toutefois, les conclusions de l’autopsie pratiquée à l’Hôpital général Idrissa Pouye ont écarté l’hypothèse d’un décès lié à des brutalités. Le rapport médical indique que Talla Keita est mort des suites « d’une tumeur du foie décompensée en hypertension portale », précisant qu’aucune lésion traumatique compatible avec des violences n’a été constatée.

Malgré ces clarifications, la méfiance et la colère restent palpables dans une partie de la population, comme en témoigne la virulence des affrontements de ce mercredi. Les autorités locales appellent au calme et promettent des mesures pour sécuriser les quartiers, mais les habitants réclament également une enquête sur l’usage des grenades lacrymogènes, ainsi que des mesures de protection plus strictes pour les civils, notamment les enfants, pris au piège des opérations de maintien de l’ordre.


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