La récente décision du président Bassirou Diomaye Faye de nommer l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite « Mimi » Touré, à la tête de la coalition « Diomaye Président » a provoqué de vives remous au sein de la formation politique. Cette nomination, qui remplace Aïda Mbodji à ce poste stratégique, a immédiatement suscité une vague de réactions passionnées, notamment sur le groupe WhatsApp officiel de la coalition, habituellement réservé aux échanges internes entre responsables et alliés.
Tout est parti du message posté par Mimi Touré elle-même, dans lequel elle partageait la lettre officielle annonçant sa désignation. Cette publication, bien que faite sur un ton institutionnel, a déclenché un véritable torrent de réactions. Parmi les premières à monter au créneau, la députée Mame Diarra Fam s’est illustrée par une sortie virulente contre la nouvelle cheffe de la coalition. Connue pour sa proximité avec Ousmane Sonko et Aïda Mbodji, elle n’a pas mâché ses mots, exprimant ouvertement son désaccord et son indignation face à ce qu’elle considère comme une mise à l’écart injustifiée de Mme Mbodji.
Le ton ainsi donné, les échanges se sont rapidement enflammés. Certains membres de la coalition ont félicité Mimi Touré pour sa nomination, saluant l’expérience et la stature politique de l’ancienne cheffe du gouvernement, tandis que d’autres n’ont pas hésité à la critiquer, estimant que ce choix risquait de fragiliser l’unité du mouvement. Entre ces deux camps, un troisième groupe, qualifié de « neutre », a préféré garder le silence, refusant de s’engager dans une polémique qui divisait visiblement la base.
Le journal Libération, qui a révélé l’affaire, précise que contrairement aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, Mimi Touré n’a pas quitté le groupe WhatsApp malgré la virulence des échanges. Elle aurait choisi de garder son calme et de ne pas répondre aux attaques, un choix interprété par certains comme un signe de maturité politique et par d’autres comme une forme de mépris.
Cette querelle interne met en lumière les tensions latentes au sein de la coalition « Diomaye Président », pourtant présentée comme unie autour du chef de l’État et de son Premier ministre Ousmane Sonko. La nomination de Mimi Touré, une figure à la fois respectée et controversée du paysage politique sénégalais, semble raviver d’anciennes rivalités et ouvrir un nouveau chapitre d’incertitudes dans la dynamique interne de l’alliance présidentielle.