Ousmane Sonko, figure de proue de la nouvelle gouvernance, semble de plus en plus déstabilisé par une montée en puissance qu’il n’avait sans doute pas anticipée : celle du chroniqueur Badara Gadiaga. Le Premier ministre, qui s’était illustré ces dernières années par sa verve et son aisance dans les rapports de force politiques, donne désormais l’image d’un homme dépassé, sur la défensive, et parfois même à la limite de la provocation.
Face à la vague de soutien populaire dont bénéficie Gadiaga, actuellement sous le coup d’une garde à vue prolongée pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, Sonko a perdu de sa superbe.
Avant-hier, devant les locaux de la Division spéciale de la Cybersécurité (DSC), la scène était pourtant saisissante : un flot impressionnant de personnes ont fait le déplacement pour apporter leur soutien à celui qu’ils considèrent comme une voix libre et audacieuse. Un raz-de-marée humain que même les plus sceptiques peinent à ignorer. Mais Ousmane Sonko, dans un déni qui frôle l’aveuglement, a balayé la réalité d’un revers de main en affirmant : « à 20 heures, il n’y avait même pas trois personnes là où il y avait l’audition. » Un propos qui en dit long sur la gêne du chef du Gouvernement, d’autant plus qu’il s’est lancé dans une série d’attaques violentes, allant jusqu’à qualifier une frange de la société civile de « fumiers » ; un vocabulaire qui tranche avec l’image d’un homme d’État censé rassembler. Sonko est allé plus loin en brandissant la menace d’une loi visant à interdire les financements étrangers à destination de la société civile.
Par ailleurs, il a ouvert un nouveau front en déclarant la guerre au Groupe Futurs Médias (GFM), accusé de collusion avec ses détracteurs.
Pendant ce temps, Badara Gadiaga, de son côté, continue de tenir tête. Selon des informations obtenues par « Dakarois Quotidien », le chroniqueur aurait refusé de répondre aux enquêteurs sur ses avoirs, estimant avoir déjà signé un procès-verbal lors d’une précédente garde à vue.
La Dakaroise