Lors de l’examen du projet de loi de finances initiale, le député de l’opposition Thierno Alassane Sall a livré, ce matin, une intervention particulièrement critique à l’égard de la gestion économique actuelle du pays. Face au ministre des Finances et du Budget, il a dressé un tableau sombre de la situation budgétaire et de ses répercussions sur les différents secteurs.
Dès les premières minutes de son allocution, le parlementaire a tenu à alerter sur l’ampleur des inquiétudes qui traversent la société. « Il ne faut pas se voiler la face. Les étudiants, les entreprises et d’autres secteurs dans ce pays sont inquiets », a-t-il lancé, soulignant que le climat général est marqué par une perte de confiance croissante. Thierno Alassane Sall a ensuite pointé du doigt la structure du budget national, qu’il juge excessivement dépendant du service de la dette. Selon lui, la part consacrée à celle-ci, qu’il évalue à 40 % du budget, témoigne d’un déséquilibre préoccupant et d’une vulnérabilité accrue de l’économie.
À cette inquiétude financière s’ajoute, selon le député, une instabilité politique persistante, qui alimente les doutes des investisseurs et freine la dynamique économique. « Nous sommes concentrés dans une crise politique et permettons inconsciemment aux investisseurs d’être inquiets », a-t-il martelé.
Face à cette situation qu’il qualifie de « critique », Thierno Alassane Sall estime que les autorités portent une « lourde responsabilité ». Il a exhorté le gouvernement à prendre la pleine mesure de l’urgence économique et à engager sans délai des actes de gouvernance plus transparents et rigoureux.
Abordant ensuite le dialogue politique, le député a reconnu la volonté d’échanges affichée par l’exécutif, tout en réaffirmant la nécessité d’une transparence totale. À cet effet, il a posé une série de questions directes au ministre des Finances, notamment sur d’éventuels défauts de paiement au mois d’octobre, un sujet sensible dans le contexte actuel. Il s’est également interrogé sur la pertinence d’un projet d’acquisition de neuf Airbus, compte tenu des tensions budgétaires et du contexte économique difficile.
Pour conclure, Thierno Alassane Sall a lancé un appel solennel à l’Assemblée nationale. Il a exhorté les députés à « assumer leur rôle de contrôle » et à se défaire des logiques partisanes qui, selon lui, affaiblissent la rigueur parlementaire. Il a insisté sur l’importance, pour la représentation nationale, d’exercer une vigilance accrue face à la situation financière du pays et aux engagements pris par le gouvernement.