Mariée à un Sénégalais installé en Italie, Yaye Dior Guèye rêvait de rejoindre son mari coûte que coûte. Faute de visa, elle a choisi la voie illégale, s’attachant les services d’un faussaire pour obtenir un faux passeport français. Mais son plan s’est rapidement effondré, entraînant son arrestation et celle de son complice présumé, Éric Goudiaby.
Selon le journal L’Observateur, c’est en avril dernier que Yaye Dior contacte Éric Goudiaby, un chef d’entreprise dakarois, pour lui faire part de son désir de voyager en Europe. En échange de 4,5 millions de francs CFA, ce dernier lui promet un passeport français frauduleux, « suffisamment crédible » pour passer les contrôles. Quelques jours plus tard, le document en main, Yaye Dior entame son voyage avec pour destination finale l’Italie.
Le plan semblait bien ficelé : elle devait d’abord se rendre au Maroc avec son passeport sénégalais, puis utiliser le faux passeport français pour passer la frontière européenne. Mais à l’aéroport marocain, les forces de sécurité détectent l’irrégularité du document. Interpellée, elle est placée en garde à vue, puis rapatriée au Sénégal, où elle est immédiatement arrêtée à sa descente d’avion.
Lors de son audition, Yaye Dior révèle l’identité de son complice. Tous deux sont placés sous mandat de dépôt à la prison de Mbour. Devant le tribunal de grande instance de Mbour, les prévenus se rejettent la responsabilité. Éric Goudiaby affirme que Yaye Dior savait parfaitement que les documents étaient faux. Il précise que les 4,5 millions ont été partagés entre plusieurs complices basés en France, chargés de produire le faux passeport. De son côté, Yaye Dior soutient qu’elle ignorait la nature frauduleuse du document et demande le remboursement intégral de la somme versée, expliquant avoir agi par désespoir après plusieurs refus de visa.
Le procureur a requis une peine d’un mois de prison ferme contre Yaye Dior Guèye et six mois contre Éric Goudiaby. Le tribunal a reconnu les deux prévenus coupables de faux et usage de faux, mais a renvoyé le prononcé du verdict au 17 juin.