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Société

Guédiawaye – Un ouvrier meurt dans une chute sur le chantier du lycée Seydina Limamoulaye : la sécurité en question

Un drame a endeuillé le chantier de reconstruction du lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye, mercredi soir. Khalifa Ababacar Sy, ouvrier de 36 ans domicilié au quartier Baye Laye dans la commune de Wakhinane-Nimzatt, a perdu la vie après une chute mortelle survenue alors qu’il terminait sa journée de travail.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, l’accident s’est produit vers 18 heures, alors que Sy et cinq de ses collègues s’apprêtaient à quitter un échafaudage installé au cinquième niveau d’un bâtiment en construction. Faute d’équipements de protection suffisants – seulement deux ceintures de sécurité pour six ouvriers – les travailleurs ont tenté de descendre par une fenêtre du troisième étage.

En suivant la file, le maçon aurait glissé, entraîné par une planche, avant de chuter violemment au sol. Ses camarades, alertés par le fracas, se sont précipités pour lui porter secours. Le patron de l’entreprise Kelimane, en charge du chantier, a immédiatement alerté les sapeurs-pompiers. Grièvement blessé, l’ouvrier a été évacué vers l’hôpital Principal de Dakar, mais il a succombé en cours de route.

La disparition brutale de Khalifa Ababacar Sy a plongé sa famille dans la stupeur et l’indignation. Le lendemain, ses proches se sont rendus au commissariat de Guédiawaye pour obtenir une réquisition d’autopsie. Le Procureur a ordonné une enquête et le déplacement de la police scientifique sur le site.

« Les conditions de sécurité sont insuffisantes sur ce chantier, notre fils n’avait aucune protection », a dénoncé un proche du défunt dans les colonnes de L’Observateur.

Le décès de Khalifa Ababacar Sy n’est pas un cas isolé. Selon un responsable du chantier, il s’agit « au moins du deuxième incident du genre » depuis le lancement des travaux il y a deux ans. Plusieurs sources évoquent des accidents répétés, sur fond de retards importants et de contestations liées à la gestion du projet, dont le coût est estimé à près de 12 milliards de FCFA.

Initialement prévue pour décembre 2024, la livraison du lycée a été retardée par des interruptions de chantier dues à des problèmes de paiement. À cela s’ajoute une controverse judiciaire : en février 2024, la Cour suprême avait annulé l’attribution du marché à l’entreprise Kelimane pour non-respect du principe de transparence. Malgré cette décision, les travaux se sont poursuivis avec la même société, alimentant la polémique.

Contacté par L’Observateur, Aliou Diallo, proviseur du lycée Seydina Limamoulaye, a confirmé l’accident mais a tenu à préciser que le chantier « ne relève pas de la tutelle de l’établissement », mais du ministère de la Formation professionnelle, qui a mandaté l’entreprise Kelimane.


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