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El Hadji Ndiaye sonne l’alarme : un ultimatum de 100 jours au gouvernement pour relancer le Sénégal

Le porte-parole du mouvement Sénégal Demain et PDG de la chaîne 2STV, El Hadji Ndiaye, a diffusé ce week-end une tribune au ton ferme intitulée « Constater, Proposer, Avertir ». Dans ce texte largement commenté, il dresse un tableau sombre de la situation nationale et fixe au gouvernement un délai de 100 jours pour enclencher une série d’actions qu’il juge indispensables au redressement du pays. Passé ce délai, prévient-il, son mouvement mènera ce qu’il appelle une « action politique démocratique ».

Selon lui, le Sénégal traverse depuis deux ans une période d’immobilisme préoccupant. Il décrit des infrastructures paralysées, des projets d’investissement laissés en suspens, des administrations fonctionnant au ralenti et des entreprises plongées dans l’attente de décisions claires. Pour El Hadji Ndiaye, cette inertie serait le résultat d’une « gestion émotionnelle du pouvoir », faite de rancœurs politiques et de décisions perçues comme des règlements de comptes. Il estime que l’action gouvernementale manque d’orientation stratégique et souffre d’une absence de plan de conduite précis.

Dans sa réflexion, le patron de 2STV élargit l’analyse au contexte sous-régional. Il évoque la situation du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pays marqués ces dernières années par une instabilité politique durable. Selon lui, l’enlisement du Sénégal pourrait l’exposer à des vulnérabilités similaires, dans un environnement sahélien déjà fragilisé. Il en appelle ainsi à une vigilance accrue face aux risques sécuritaires liés à la dégradation du voisinage, s’appuyant sur une citation de Léopold Sédar Senghor pour rappeler combien la division et l’improvisation peuvent coûter cher à une nation.

Au-delà du diagnostic, El Hadji Ndiaye avance cinq pistes qu’il juge prioritaires. Il réclame d’abord la mise en place d’un Plan d’Urgence Économique National afin de débloquer les projets gelés et de redonner de l’élan aux investissements. Il propose ensuite un programme ambitieux consacré à l’emploi des jeunes, visant la formation et le placement de 100 000 personnes en deux ans, en modernisant les centres de formation et en mobilisant la diaspora. Il appelle par ailleurs à une stabilisation de la gouvernance, ce qui implique selon lui l’arrêt des « purges » administratives et des décisions guidées par des ressentiments. Sa réflexion inclut aussi un renforcement de la sécurité aux frontières, mesure qu’il juge indispensable dans un Sahel sous tension. Enfin, il prône l’ouverture d’un dialogue national réunissant l’État, les acteurs économiques, la société civile et la diaspora, à l’image des concertations menées sous la présidence d’Abdou Diouf.

Cependant, c’est l’ultimatum lancé au gouvernement qui a le plus retenu l’attention. El Hadji Ndiaye accorde 100 jours aux autorités pour relancer l’économie, accélérer les projets, répondre efficacement au défi de l’emploi des jeunes, apaiser la gouvernance administrative et initier un véritable processus de dialogue national. Si ce délai venait à expirer sans progrès, il annonce que son mouvement engagera des actions politiques qu’il décrit comme « démocratiques » et « légales ». Il précise toutefois que son initiative ne vise pas à remplacer les dirigeants en place mais à prévenir ce qu’il considère comme une dérive dans la gestion du pays.

En conclusion de sa tribune, El Hadji Ndiaye invite les Sénégalais à « prendre leurs responsabilités » et juge urgent d’ouvrir une nouvelle phase de redressement national. Il cite à nouveau Senghor et assure que le mouvement Sénégal Demain continuera de s’exprimer dans le débat public pour défendre ce qu’il considère comme les intérêts du pays.


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