La polémique enfle autour des déclarations de Cheikh Oumar Diagne concernant la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Alors que des informations faisant état de possibles poursuites judiciaires ou d’une arrestation imminente circulent depuis ses propos tenus lors d’une émission télévisée, son avocat, Me Hosni Maati, est sorti de son silence pour défendre fermement son client.
Dans un communiqué daté du 6 mars, l’avocat au barreau de Paris met en garde contre toute tentative de poursuite visant Cheikh Oumar Diagne. Selon lui, une telle démarche pourrait porter atteinte à la liberté du débat public, particulièrement sur une affaire aussi grave et sensible que la mort d’un étudiant lors d’une intervention des forces de sécurité.
Me Hosni Maati estime que les déclarations de son client doivent être replacées dans le cadre du débat démocratique. À ses yeux, les propos incriminés ne relèvent ni de la diffamation ni de l’incitation à la violence. Ils s’inscrivent plutôt dans l’exercice légitime de la liberté d’expression autour d’une question d’intérêt national.
L’avocat souligne en effet que les déclarations de Cheikh Oumar Diagne portent sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba, survenu lors d’une intervention des forces de sécurité sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour la défense, il s’agit d’un sujet qui concerne directement l’opinion publique et qui appelle à un débat ouvert sur la gestion des opérations de maintien de l’ordre.
Me Hosni Maati rappelle également que son client s’est appuyé sur un élément politique déjà assumé publiquement par les autorités. Il évoque notamment une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, dans laquelle ce dernier affirmait assumer l’ordre d’intervention des forces de sécurité sur le campus.
Dans ce contexte, l’avocat estime que Cheikh Oumar Diagne n’a fait qu’exprimer une opinion politique et citoyenne. Selon lui, son client a simplement soutenu que la responsabilité politique d’une opération de maintien de l’ordre doit être examinée à tous les niveaux de la chaîne de décision lorsqu’une intervention ordonnée par l’autorité publique aboutit à la mort d’un étudiant.
La défense insiste également sur le fait que les propos de Cheikh Oumar Diagne reprennent une interrogation largement partagée dans l’opinion publique. Cette interrogation porte sur la légitimité et la proportionnalité de l’intervention des forces de sécurité face à des étudiants qui protestaient contre leurs conditions de vie, notamment le non-paiement des bourses et le manque de ressources sur le campus.
Pour Me Hosni Maati, la mort d’Abdoulaye Ba constitue avant tout un drame humain qui exige vérité, transparence et responsabilité. Il estime que dans un État de droit, la recherche de responsabilités ne peut être dissociée de la liberté de commenter l’action des autorités publiques, surtout lorsqu’il s’agit de l’usage de la force par l’État.