Amnesty International Sénégal, en collaboration avec son Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a procédé ce mardi 21 avril à Dakar au lancement de son Rapport annuel 2025-2026. Présenté lors d’une conférence de presse conjointe, le document dresse un constat préoccupant sur la situation des droits humains dans le pays, en mettant particulièrement l’accent sur la protection de l’enfance.
Selon les conclusions du rapport, aucune avancée législative notable n’a été enregistrée en 2025 dans ce domaine crucial. L’organisation souligne que les enfants, notamment ceux évoluant dans les écoles coraniques, restent fortement exposés à diverses formes de violences, malgré les alertes répétées des organisations de défense des droits humains.
Le rapport reconnaît toutefois l’existence de concertations engagées entre plusieurs parties prenantes sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale. Ces discussions, bien que jugées encourageantes, n’ont pas encore abouti à des réformes concrètes. Amnesty International estime néanmoins qu’elles pourraient ouvrir la voie à l’adoption de mesures législatives et à la mobilisation de ressources financières nécessaires pour améliorer la protection des enfants.
La situation des enfants talibés est particulièrement mise en lumière dans le document. Plusieurs drames survenus en 2025 illustrent la vulnérabilité persistante de ces enfants. En mai, quatre talibés ont perdu la vie à Thienaba Kadior, dans la région de Thiès, après avoir consommé une plante sauvage sans encadrement. Un cinquième enfant avait été gravement malade dans les mêmes circonstances. Une enquête judiciaire avait été annoncée à la suite de ce drame, et le maître coranique concerné a finalement été condamné à une peine de trois mois avec sursis pour mise en danger de la vie d’autrui.
Quelques mois plus tard, en septembre, un autre cas tragique est venu raviver l’indignation. Un enfant talibé âgé de huit ans, Abdou Khadre Seck, est décédé à Ribot Escale après avoir été privé de nourriture et violemment battu par son maître coranique. Ce décès a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique et relancé le débat sur les conditions de vie des enfants dans certaines daaras.