Le Plan de redressement économique et social (PRES), présenté comme l’un des principaux leviers de relance budgétaire du Sénégal, peine encore à atteindre les objectifs financiers fixés par les autorités. Alors que l’État espère mobiliser 762,6 milliards de FCFA en 2026 grâce aux différentes mesures prévues dans ce programme, les recettes effectivement collectées restent, pour l’instant, largement en deçà des attentes.
Face aux députés, vendredi dernier, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a révélé que les recettes générées dans le cadre du PRES s’élèvent actuellement à 63,4 milliards de FCFA. Dans ce montant, les recettes douanières représentent 7,9 milliards de FCFA. Ces chiffres traduisent une progression notable par rapport à l’année 2025, durant laquelle le plan avait rapporté seulement 4,2 milliards de FCFA après son lancement en août.
Malgré cette hausse, les performances enregistrées demeurent insuffisantes au regard des prévisions inscrites dans la Loi de finances initiale pour 2026. Pour respecter les projections budgétaires arrêtées par le gouvernement, l’État devra encore mobiliser près de 700 milliards de FCFA au cours des prochains mois. Un défi de taille dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les finances publiques et une pression croissante sur les capacités de financement de l’État.
Lancé officiellement le 1er août 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko, le PRES avait été présenté comme une réponse structurelle à la situation économique du pays. Le gouvernement tablait alors sur une mobilisation globale de 5 667 milliards de FCFA sur la période 2025-2028.
Selon les projections dévoilées à l’époque, les ressources domestiques devaient constituer la principale source de financement avec un objectif de 2 111 milliards de FCFA. À cela s’ajoutaient 1 091 milliards attendus de la valorisation des actifs de l’État, 50 milliards issus de la réduction du train de vie de l’administration publique et 1 352 milliards provenant du financement endogène hors endettement.
À travers ce programme, les autorités entendent renforcer les recettes internes tout en réduisant la dépendance du pays à l’endettement extérieur. Toutefois, les chiffres communiqués par le ministère des Finances montrent que le rythme de mobilisation des ressources reste encore éloigné des ambitions affichées par l’exécutif.