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Santé

Santé publique : And Gueusseum s’interroge sur les raisons de la reconduction du ministre Ibrahima Sy

L’Alliance des syndicats autonomes de la santé (ASAS) And Gueusseum a vivement réagi à la reconduction du docteur Ibrahima Sy à la tête du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Son président, le docteur Mballo Dia Thiam, dit ne pas comprendre les critères qui ont motivé le maintien du ministre dans le nouveau gouvernement.

Face à la presse, le responsable syndical a dressé un bilan sévère de l’action du département de la Santé sous la direction du docteur Ibrahima Sy. Selon lui, la séparation de l’ancien ministère de la Santé et de l’Action sociale en deux entités distinctes n’a produit aucun résultat tangible sur le terrain.

« Il a assisté à l’éclatement du ministère de la Santé et de l’Action sociale devenu ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour quel résultat ? », s’est interrogé le docteur Mballo Dia Thiam. À ses yeux, les directions régionales de la Santé continuent de fonctionner comme de simples régions médicales tandis que les directions régionales de l’Action sociale traversent une situation préoccupante, faute de moyens et de perspectives.

Le président d’And Gueusseum estime également que les grandes réformes annoncées dans le secteur de la santé peinent à se matérialiser. Il cite notamment la réforme hospitalière, qu’il juge dépourvue de contenu concret, ainsi que les projets relatifs à la réforme du district sanitaire, à la carte sanitaire nationale et au Code de la santé.

D’après lui, ces dossiers font l’objet de nombreuses concertations sans qu’aucune avancée significative ne soit perceptible. « Ce sont des réunions à n’en plus finir », a-t-il dénoncé, regrettant que les contributions et préoccupations des acteurs du secteur ne soient pas suffisamment prises en compte lors des différentes rencontres.

Le syndicaliste a également pointé du doigt la situation budgétaire du ministère de la Santé. Il reproche au ministre d’avoir assisté à une baisse continue des ressources allouées au secteur. Selon ses déclarations, la part du budget consacrée à la santé serait passée de 6 % à 3 %, alors même qu’elle demeurait déjà éloignée de l’objectif de 15 % recommandé dans le cadre des engagements africains en matière de financement de la santé.

Pour le président d’And Gueusseum, cette réduction des moyens intervient dans un contexte marqué par le départ de nombreux techniciens, spécialistes et chercheurs, ce qui fragilise davantage le système sanitaire national.

Malgré ces critiques, le docteur Mballo Dia Thiam a tenu à préciser que son organisation respecte le choix du président de la République dans la composition du gouvernement. Il a toutefois invité le chef de l’État à s’approprier les propositions contenues dans le « Livre gris » élaboré par And Gueusseum et présenté à l’occasion de la fête du Travail du 1er mai.

Selon lui, ce document constitue une contribution des acteurs de la santé et de l’action sociale pour améliorer les politiques publiques du secteur. Il le présente comme une réponse à un « prétendu Livre blanc » qui, affirme-t-il, n’a jamais été publié.


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