Société
Guy Marius Sagna refuse de répondre à la convocation de la gendarmerie et invoque son immunité parlementaire
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par
Diack
Le député Guy Marius Sagna a annoncé ce lundi qu’il ne répondrait pas à la convocation qui lui a été adressée par la Section de recherches de la gendarmerie nationale. Attendu à 10 heures GMT dans les locaux de l’unité d’enquête, le parlementaire a justifié sa décision en invoquant les dispositions constitutionnelles relatives à l’immunité parlementaire.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, l’élu, connu pour sa proximité politique avec Ousmane Sonko, a tenu à préciser que son refus de déférer à la convocation ne constituait ni un acte de défiance envers les institutions judiciaires ni un manque de respect à l’égard des enquêteurs. Selon lui, sa démarche vise plutôt à préserver le respect des textes qui encadrent le fonctionnement des institutions de la République.
« Je suis convoqué à 10h00 aujourd’hui par la Section de recherches de la gendarmerie pour une affaire me concernant. J’ai informé la gendarmerie des raisons pour lesquelles je ne vais pas déférer à la convocation », a-t-il déclaré dans son message.
Guy Marius Sagna estime que la procédure engagée à son encontre est contraire aux garanties accordées aux députés par la Constitution. Il affirme vouloir éviter que la gendarmerie et la justice soient associées à une démarche qu’il considère comme irrégulière et susceptible de porter atteinte à leur crédibilité.
Pour étayer sa position, le député a adressé une correspondance aux autorités compétentes. Dans cette lettre, il rappelle notamment les dispositions de l’article 61 de la Constitution du Sénégal du 22 janvier 2001. Ce texte prévoit qu’aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions exprimées ou des votes émis dans l’exercice de ses fonctions parlementaires.
L’élu soutient ainsi que sa convocation constitue une erreur de procédure et qu’elle méconnaît également certaines dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale ainsi que celles du Parlement de la CEDEAO, dont il est membre.
Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis le récent remaniement institutionnel ayant conduit au départ d’Ousmane Sonko de la Primature, les relations entre les différentes composantes du pouvoir et plusieurs acteurs politiques connaissent une période de fortes crispations. Les convocations de responsables politiques et de parlementaires alimentent ainsi les débats sur les rapports entre les institutions judiciaires et le monde politique.
Guy Marius Sagna n’est d’ailleurs pas le seul député concerné. Son collègue Cheikh Bara Ndiaye, également membre du parti Pastef, a lui aussi été convoqué ce lundi par la Section de recherches. Cette convocation intervient quelques jours après une tentative d’interpellation qui aurait été évitée de justesse le 22 mai dernier.
À ce stade, les motifs exacts de ces convocations n’ont pas été officiellement communiqués par les autorités judiciaires. Contrairement à Guy Marius Sagna, Cheikh Bara Ndiaye n’a pas encore pris publiquement position sur son intention de répondre ou non à la convocation des enquêteurs.
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