L’enquête judiciaire qui secoue actuellement Linguère a connu un nouveau développement avec le placement sous mandat de dépôt de M. S. A. Diédhiou, étudiant en troisième année de médecine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Inculpé pour association de malfaiteurs, actes contre nature et transmission volontaire du VIH, le jeune homme a été placé en détention par le juge du premier cabinet de Linguère dans le cadre d’un dossier aux multiples ramifications.
Selon les informations rapportées par le journal Libération, le mis en cause a livré aux enquêteurs un récit détaillé de son parcours personnel et de ses relations présumées avec plusieurs personnes déjà citées dans cette affaire. Lors de ses auditions, il s’est présenté comme étant à la fois « Woubi et Yoss », des termes utilisés dans certains milieux pour désigner des rôles au sein de relations homosexuelles.
Face aux enquêteurs, l’étudiant a expliqué que son histoire remonterait à l’année 2015, alors qu’il était élève en classe de CM2. Il affirme avoir été victime, à cette époque, d’attouchements sexuels commis par un oncle à Mbacké. Selon ses déclarations, cet épisode aurait marqué le début d’un parcours qui l’aurait progressivement conduit à fréquenter différents réseaux et à entretenir plusieurs relations au fil des années.
Toujours selon le quotidien, il a désigné A. L. Dia comme son « mentor et partenaire officiel ». Cette personne, dont les déclarations auraient également contribué à l’avancement de l’enquête visant Ndiaga Seck, aurait entretenu avec lui une relation suivie pendant plusieurs années. L’étudiant a déclaré que leur dernier rapport sexuel remonterait au mois de février 2026. Il a également reconnu avoir eu connaissance de sa séropositivité au VIH durant cette période, un élément qui constitue l’un des aspects centraux des poursuites engagées contre lui.
Au cours de son audition, M. S. A. Diédhiou a également cité plusieurs autres personnes avec lesquelles il affirme avoir entretenu des relations. Il évoque notamment un enseignant identifié sous les initiales S. Diop, déjà placé en détention dans le cadre de cette affaire. Selon ses déclarations, leur première relation sexuelle aurait eu lieu dans une salle de classe de l’école primaire Birame Seck de Linguère.
Le prévenu a également mentionné un autre enseignant basé à Ouakam avec lequel il affirme avoir entretenu des relations en 2024. Il a en outre cité un charretier répondant aux initiales A. Niang, actuellement détenu, ainsi qu’un militaire français prénommé Patrick qui aurait été affecté à la base militaire de Ouakam.
Concernant Ndiaga Seck, également connu sous le surnom de « Ndanane Seck », l’étudiant en médecine a rejeté toute relation intime avec lui. Il a expliqué aux enquêteurs que les fréquents déplacements de l’homme politique ne lui auraient pas permis d’entretenir une telle relation. Toutefois, il a reconnu avoir supprimé plusieurs échanges effectués sur Facebook après l’arrestation de ce dernier, affirmant avoir agi sous l’effet de la panique.
Cette tentative d’effacement n’aurait cependant pas entravé le travail des enquêteurs. D’après les éléments rapportés par Libération, les services d’enquête avaient déjà procédé à la récupération et à la sauvegarde intégrale des conversations numériques avant son interpellation. Ces données figureraient désormais parmi les éléments exploités dans le cadre de l’instruction en cours.