L’ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Dr Cheikh Dieng, a obtenu gain de cause dans le différend judiciaire qui l’opposait aux sociétés Delta et Vicas. Le tribunal correctionnel de Dakar a prononcé sa relaxe, mettant ainsi un terme à une affaire qui avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique et des milieux administratifs.
S’exprimant dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur ce jeudi 11 juin, l’ancien responsable de l’ONAS a accueilli cette décision comme une réhabilitation complète de son honneur et de son action à la tête de l’établissement public. Selon lui, le jugement confirme la pertinence des alertes qu’il avait formulées concernant la gestion de certains marchés publics.
« La justice a parlé et le droit a triomphé aujourd’hui sur la calomnie. Mon honneur est lavé. Le juge a rétabli les faits », a-t-il déclaré, estimant que les accusations portées contre lui ne reposaient sur aucun fondement solide.
Au-delà de l’issue judiciaire, Dr Cheikh Dieng est revenu sur les circonstances qui ont entouré son départ de la direction générale de l’ONAS. Il affirme avoir été confronté à de fortes pressions de la part de son ancien ministre de tutelle, qu’il accuse d’être intervenu directement dans la gestion de l’office.
Selon ses déclarations, des demandes lui auraient été adressées afin de procéder à la réattribution de marchés au profit des sociétés Delta et Vicas dans le cadre de procédures d’entente directe. Une démarche qu’il dit avoir refusée au nom du respect des règles de passation des marchés publics et des principes de bonne gouvernance.
L’ancien directeur général soutient que son opposition à ces pratiques serait à l’origine des tensions qui ont progressivement conduit à son éviction. Il évoque une série d’actions visant à fragiliser sa position à la tête de l’ONAS, notamment à travers des prises de position officielles qu’il considère comme favorables aux intérêts d’entreprises privées.
Dans ses propos, il dénonce ce qu’il qualifie de « procès par procuration », estimant que certaines initiatives ont été menées dans le but de le discréditer publiquement et de réduire au silence ses dénonciations sur les dysfonctionnements observés dans la gestion de certains dossiers.
Cette décision de justice intervient dans un contexte où les questions liées à la transparence dans la gestion des marchés publics occupent une place importante dans le débat public sénégalais. Pour Dr Cheikh Dieng, le verdict constitue non seulement une victoire personnelle, mais également un signal fort en faveur du respect des procédures administratives et de la reddition des comptes.
L’ancien maire de Djeddah Thiaroye Kao a également profité de cette tribune pour exposer sa vision de l’avenir du secteur de l’assainissement. Il appelle à une rupture avec ce qu’il décrit comme un « pilotage à vue » des politiques publiques et plaide pour une gouvernance davantage fondée sur la compétence, la transparence et l’autonomie technique des structures chargées de mettre en œuvre les programmes d’assainissement.
Réaffirmant son engagement en faveur d’une gestion rigoureuse des ressources publiques, il assure que son combat n’a jamais visé des individus en particulier, mais plutôt un système qu’il juge incompatible avec les exigences de bonne gouvernance.