En visite de travail à Diass dans le cadre d’une séance consacrée aux futurs projets d’aménagement du territoire, le ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, Balla Moussa Fofana, a exposé la vision du gouvernement pour répondre à la crise du logement qui affecte de nombreux ménages sénégalais.
Face à la presse, le ministre a dressé un diagnostic préoccupant de la situation actuelle. Selon lui, le Sénégal accuse aujourd’hui un déficit de plus de 400 000 logements, une situation qui continue de se détériorer avec l’apparition annuelle de près de 5 000 nouveaux besoins. Cette insuffisance de l’offre immobilière contribue directement à la hausse continue des loyers, devenue l’une des principales préoccupations des familles dans les grandes agglomérations du pays.
Pour faire face à cette situation, les autorités entendent accélérer la mise en œuvre du Programme national de renouveau urbain et d’accès à l’habitat. Ce vaste programme s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à améliorer l’accès au logement tout en accompagnant l’expansion urbaine du pays.
Parmi les projets phares figure la future ville de Thiès, appelée à devenir l’un des plus importants pôles urbains du Sénégal. Cette nouvelle cité devra contribuer à désengorger les centres urbains existants tout en offrant de nouvelles opportunités d’habitat et d’activités économiques.
Toutefois, le ministre a souligné que la question du logement ne se limite pas à la construction de maisons. Selon lui, le véritable défi réside aujourd’hui dans la réalisation des infrastructures de base indispensables à tout développement urbain. Il s’agit notamment des voiries, des réseaux d’assainissement, de l’alimentation en eau, de l’électricité et des différents équipements collectifs qui permettent de rendre les zones d’habitation viables et attractives.
Balla Moussa Fofana a indiqué que les investisseurs privés manifestent déjà un intérêt pour la construction de logements à des coûts accessibles. Cependant, la prise en charge des voiries et réseaux divers demeure une responsabilité majeure de l’État. Le financement de ces infrastructures représente un défi considérable, avec des besoins estimés entre 300 et 400 milliards de francs CFA.
Face à l’ampleur de ces investissements, le gouvernement envisage de mettre en place des mécanismes innovants de financement afin de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des projets programmés. L’objectif est de créer les conditions favorables à un développement urbain durable tout en facilitant l’accès des populations à un habitat décent.
Le ministre a également précisé que cette politique ne se limitera pas à la région de Thiès. Le programme sera progressivement étendu à l’ensemble du territoire national dans le but de promouvoir un aménagement équilibré entre les différentes régions du pays et de mieux répartir les opportunités de développement.
Au-delà des centres urbains, les autorités souhaitent également réduire les disparités entre les villes et les campagnes. Dans cette perspective, les infrastructures destinées aux zones rurales bénéficieront des mêmes exigences de qualité que celles prévues dans les projets urbains. Les nouvelles technologies et procédés de construction développés dans le cadre des grands programmes d’aménagement seront également utilisés pour améliorer les pistes rurales et renforcer la connectivité des territoires.