Le dossier du Consortium Africain de Conseil et d’Organisation (CACO), filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), prend une nouvelle tournure judiciaire. Le Parquet financier près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a inculpé deux anciens responsables de la structure, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Les personnes mises en cause sont l’ancien directeur du CACO et l’ancienne directrice administrative et financière (DAF). Leur mise en cause intervient à la suite des investigations menées sur la gestion financière de cette filiale de la CDC, notamment sur un ensemble d’opérations de paiement qui auraient occasionné un important préjudice financier.
Selon les éléments de la procédure, le montant du préjudice est évalué à 2,225 milliards de francs CFA. Au cœur des investigations figurent des paiements de factures dont la réalité des prestations correspondantes serait remise en cause. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer les circonstances dans lesquelles ces règlements ont été effectués, les bénéficiaires des fonds ainsi que les éventuelles responsabilités dans la chaîne de validation et d’exécution des opérations financières.
Le Parquet financier reproche aux deux anciens responsables plusieurs infractions présumées. Ils sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de détournement de deniers publics.
L’ouverture de cette information judiciaire marque ainsi une nouvelle étape dans le traitement du dossier. La procédure devra permettre de faire la lumière sur les mécanismes ayant entouré les paiements litigieux et de déterminer si les opérations dénoncées résultent d’irrégularités administratives, de manœuvres frauduleuses ou d’un système organisé de sortie de fonds publics.
Les investigations devront également établir la destination exacte des sommes concernées et déterminer si d’autres personnes ou structures ont pu intervenir dans les opérations incriminées. La qualification de blanchiment de capitaux retenue par le Parquet financier laisse notamment entendre que les enquêteurs s’intéressent à l’éventuel circuit suivi par les fonds après leur décaissement.
À ce stade, les poursuites reposent sur des faits présumés et l’information judiciaire doit précisément permettre de confirmer ou d’infirmer les charges retenues contre les deux anciens responsables. Leur responsabilité pénale ne pourra être définitivement établie qu’à l’issue de la procédure judiciaire.