Actualités

Mairie de Rufisque : un réseau de fraude documentaire démantelé par la BR de Keur Massar

Dans le cadre de ses opérations de lutte contre l’immigration irrégulière et la falsification de documents administratifs, la brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar a procédé, le 9 décembre 2025, au démantèlement d’un réseau spécialisé dans la délivrance frauduleuse d’actes d’état civil. L’affaire a éclaté après l’interpellation d’un ressortissant guinéen en possession d’un extrait de naissance obtenu de manière irrégulière à la mairie de Rufisque.

Les gendarmes ont d’abord arrêté I. Diallo, un Sénégalais retraité résidant à Sangalkam, ainsi que le Guinéen en question, qui tentait de se faire passer pour un citoyen sénégalais grâce à des documents falsifiés. L’enquête a rapidement révélé que ce dernier, dont la véritable identité est M. Diallo, avait acquis un extrait de naissance frauduleux pour la somme de 15 000 F CFA, facilité par l’intermédiaire d’I. Diallo. Cette démarche avait été effectuée sans jugement supplétif, une procédure obligatoire pour toute personne n’ayant pas été enregistrée à l’état civil à la naissance.

Grâce à ce document irrégulier, le ressortissant guinéen avait ensuite réussi à obtenir un récépissé de dépôt de carte nationale d’identité sénégalaise, enregistré au nom d’un certain M. Sall, né le 11 octobre 1990. Confronté aux enquêteurs, I. Diallo n’a pas nié les faits. Il a reconnu que l’acte de naissance au nom de M. Sall était bel et bien frauduleux et a expliqué qu’il avait été facilité par un individu du nom de S. Tall, aujourd’hui décédé. Ce dernier l’aurait mis en rapport avec un agent de l’état civil de la mairie de Rufisque, ouvrant ainsi la voie à la production du faux document. I. Diallo a également admis avoir encaissé l’argent versé par le ressortissant guinéen, selon les informations relayées par Seneweb.

Une perquisition menée au domicile d’I. Diallo, à Sangalkam, a permis aux enquêteurs de découvrir une quantité importante de documents administratifs compromettants : des actes de naissance, des certificats de résidence, des certificats de nationalité sénégalaise ainsi que plusieurs récépissés de demande de carte nationale d’identité. Ces éléments laissent supposer l’existence d’un réseau structuré et actif dans la falsification de documents officiels.

À l’issue de l’enquête préliminaire, les deux suspects ont été déférés au tribunal de grande instance de Rufisque. Ils devront répondre de faits de fraude documentaire, de complicité et d’immigration irrégulière. Cette affaire met de nouveau en lumière les failles persistantes dans le système d’état civil et l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle pour lutter contre les réseaux de falsification.

Le collectif d’avocats de Madiambal Diagne dénonce une « manœuvre diplomatique » après la suspension des extraditions vers la France

Le collectif d’avocats de Madiambal Diagne a vivement réagi, ce 12 décembre 2025, à la décision du gouvernement sénégalais de suspendre toutes les extraditions vers la France. Dans un communiqué au ton ferme, les défenseurs du journaliste estiment que cette mesure constitue « un véritable chantage diplomatique » qui interfère directement avec la procédure judiciaire actuellement en cours devant les juridictions françaises.

Madiambal Diagne fait l’objet d’une demande d’extradition transmise par l’État du Sénégal et examinée par la justice française. Le dossier a connu un tournant le 25 novembre 2025 lorsque la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a rendu un arrêt mettant en évidence plusieurs manquements majeurs dans les pièces fournies par Dakar. Les magistrats français avaient relevé l’absence d’indications précises sur les lieux et les périodes des faits reprochés, l’insuffisance d’éléments permettant de comprendre la nature exacte des infractions invoquées, ainsi que le manque de documents essentiels qui doivent légalement accompagner toute demande d’extradition. Face à ces insuffisances, la cour avait fixé au 23 janvier 2026 la date limite pour que le Sénégal complète le dossier et fournisse les éléments manquants.

Selon le collectif d’avocats, rien ne s’opposait pourtant à ce que la chambre de l’instruction rende dès à présent un avis défavorable, au vu de la faiblesse du dossier transmis. Ils estiment que la demande sénégalaise souffre d’une « extrême légèreté » et qu’elle repose sur des accusations « infondées ». Les avocats vont plus loin en affirmant que des pressions auraient été exercées par les autorités françaises elles-mêmes sur la justice, ce qui, selon eux, mettrait en péril l’indépendance de la procédure. Ils dénoncent ainsi un climat d’ingérence et de tension diplomatique susceptible d’influencer le cours normal du droit.

Pour les défenseurs de Madiambal Diagne, l’État du Sénégal serait désormais dans l’incapacité de fournir les pièces demandées par la justice française. Ils expliquent cette impossibilité par ce qu’ils considèrent comme la nature éminemment politique des poursuites engagées contre leur client. Selon eux, les autorités sénégalaises sont conscientes que les insuffisances du dossier pourraient conduire à son rejet pur et simple par la chambre de l’instruction, ce qui expliquerait la décision de suspendre momentanément toute coopération en matière d’extradition avec la France.

Le collectif voit dans cette suspension une stratégie diplomatique destinée à exercer une pression sur la justice française. Pour les avocats, une telle décision « reflète l’artificialité » des accusations portées contre Madiambal Diagne et constitue une tentative manifeste d’influencer une procédure que les défenseurs qualifient de rigoureusement indépendante et strictement fondée sur le droit. Ils appellent ainsi à laisser la justice française poursuivre son travail sans entrave et dans le respect des règles internationales encadrant les extraditions.

Le communiqué a été signé par un large panel d’avocats impliqués dans la défense du journaliste : Me El Hadj Amadou Sall, Me Baboucar Cissé, Me William Bourdon, Me Dior Diagne, Me Antoine Mbengue, Me Papa Sène, Me Ousmane Thiam, Me Ramatoulaye Ba, Me Arona Basse et Me Vincent Brengarth. Par cette prise de position unanime, ils entendent rappeler la nécessité de garantir l’indépendance des procédures judiciaires et de préserver leur client de toute instrumentalisation politique.

RUFISQUE – Le retour du “Tronc politique” : Souleymane Jules Ndoye s’apprête-t-il à replanter ses racines ?

Longtemps figé dans le paysage politique comme un pilier indéracinable de l’APR, Souleymane Jules Ndoye avait marqué de son empreinte les arènes locales et nationales avant de s’effacer progressivement des radars. Mais à Rufisque, son nom n’a jamais cessé de circuler, tel un souffle lourd annonçant un possible réveil du géant politique.

Aujourd’hui, une question brûle toutes les lèvres :
Souleymane Jules Ndoye se prépare-t-il à signer l’un des retours politiques les plus attendus du département ?

Ancien député de l’Alliance pour la République, ex-président du Conseil départemental de Rufisque et figure influente du parti, Jules Ndoye était considéré comme l’un des architectes discrets, mais redoutablement efficaces, de l’équilibre politique dans le département.
Son passage à l’Assemblée nationale comme au Parlement de la CEDEAO avait renforcé son statut de cadre solide, rompu aux batailles institutionnelles.

Un silence stratégique qui trouble

Depuis quelque temps, l’homme avait choisi la retenue. Pas de sortie tapageuse, peu de prises de position publiques. Pourtant, dans les quartiers, les bases politiques murmurent :
👉 « Ndoye bouge. Ndoye écoute. Ndoye consulte. »
Un silence qui, dans les cercles avertis, vaut souvent préparation de repositionnement.

Rufisque vit actuellement une recomposition violente de son paysage électoral.
Les leaderships s’effritent, les camps se morcellent, les ambitions s’aiguisent.
Et dans ce vide, les regards se tournent instinctivement vers ceux qui ont déjà fait leurs preuves.

Le retour de Jules Ndoye serait-il l’électrochoc que Rufisque attend ?

Un come-back qui pourrait rebattre les cartes

Dans les quartiers comme dans les salons politiques, l’analyse est unanime :
• l’homme possède un capital politique intact,
• un réseau enraciné,
• une lecture fine des rapports de forces,
• et une capacité de mobilisation que peu de leaders peuvent encore revendiquer.

S’il se relance, il pourrait :
✔ remodeler l’échiquier local,
✔ réorganiser les structures APR éparpillées,
✔ recréer une dynamique populaire,
✔ et surtout réveiller une base électorale en quête de repères.

Alors… reviendra, reviendra pas ?

Dans l’atmosphère électrique des prochaines locales, le simple retour de Souleymane Jules Ndoye serait un séisme.
Pour l’heure, l’homme observe, écoute, mesure.
Mais à Rufisque, tout le monde le sait :
le tronc politique n’a jamais été déraciné… il n’attend peut-être que le bon moment pour refleurir.

Teungueth sama yitté

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°628 – 11/12/2025

🔴 LA LOUPE DE LA «  REPUBLIQUE DES VALEURS » SUR LES BLOCAGES DU PROJET PORTANT ÉLECTRIFICATION DE 1600 VILLAGES : OÙ SONT PASSÉS LES 37 MILLIARDS ? S’INTERROGE LA CESCE
🔴 LA COUR SUPRÊME DÉSAVOUE LE MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION : TOUS LES ARRÊTÉS ANNULÉS

🔴 CAN 2025 : PAPE THIAW DÉVOILERA LA LISTE DES 28 « LIONS » DEMAIN

Assemblée nationale : Yassine Fall promet de « réconcilier la Justice avec le peuple »

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a réaffirmé ce jeudi 11 décembre son ambition de « réconcilier la Justice avec le peuple », en portant un ensemble de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système judiciaire et les conditions de détention. Elle s’exprimait devant les députés à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation et de la défense de son projet de budget pour l’exercice 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes.

Dès l’ouverture des débats, la surpopulation carcérale s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles. Plusieurs parlementaires ont décrit des conditions de détention « extrêmement dégradantes », qu’ils estiment contraires à la dignité humaine et révélatrices d’un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire. Les cas les plus préoccupants concernent les prisons de Rebeuss, de Kolda et de Ziguinchor. La situation à Rebeuss, en particulier, a suscité l’indignation : la maison d’arrêt accueille aujourd’hui 3 492 personnes, alors qu’elle n’a été conçue que pour en recevoir 1 300, soit près du triple de sa capacité.

Les députés ont également dénoncé les lenteurs judiciaires, le manque criant de magistrats et l’insuffisance du nombre d’éducateurs spécialisés, responsables de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ils ont rappelé que le Sénégal ne dispose actuellement que d’un éducateur pour 63 enfants, un ratio très éloigné de la norme internationale qui en recommande un pour sept. Pour remédier à ces dysfonctionnements, ils ont plaidé pour des recrutements massifs et ont insisté sur l’urgence de créer de nouveaux cabinets d’instruction dans des zones à forte pression démographique telles que Pikine-Guédiawaye, Mbour et Kaolack.

Interpellée sur ces multiples défis, Yassine Fall a assuré que ces préoccupations la touchent « au plus haut point ». Reconnaissant l’urgence d’agir, elle a annoncé la construction prochaine d’infrastructures pénitentiaires majeures, notamment un nouveau camp pénal à Sébikotane et une maison d’arrêt à Fatick, qui devraient offrir à terme une capacité supplémentaire de 3 000 places. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à désengorger les prisons, mais aussi à garantir des conditions de détention plus humaines et conformes aux standards internationaux.

La ministre a également évoqué des mesures immédiates, parmi lesquelles la limitation de la durée des mandats de dépôt, souvent pointés du doigt comme l’une des causes principales de la détention préventive prolongée. Elle a par ailleurs laissé entendre qu’une grâce exceptionnelle pourrait être envisagée pour apaiser la pression sur les établissements pénitentiaires. Concernant le dispositif de surveillance électronique, elle a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition des bracelets, un dossier jugé opaque et source de nombreuses interrogations.

En clôturant sa prise de parole, Yassine Fall a assuré que son département est engagé dans une dynamique de réforme profonde, portée par la volonté d’instaurer une justice plus rapide, plus accessible et véritablement au service des citoyens. Elle a affirmé que la réconciliation entre les Sénégalais et leur justice passe par une transparence accrue, des investissements ciblés et une volonté politique ferme. Reste désormais à voir si les mesures annoncées seront mises en œuvre dans les délais et permettront de répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante sur ces questions.

Incendie au marché central de Kaolack : plusieurs ateliers de menuiserie réduits en cendres, d’importants dégâts enregistrés

Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi au jeudi au marché central de Kaolack, ravageant plusieurs ateliers de menuiserie de bois et plongeant les acteurs du secteur dans la consternation. Le feu, qui s’est déclaré aux premières heures de la nuit, a entièrement consumé une large partie de cette zone particulièrement vulnérable du marché.

Selon les informations recueillies auprès de la 31ᵉ compagnie d’incendie et de secours, les sapeurs-pompiers ont été alertés à 01h40, alors que les flammes embrasaient déjà une superficie estimée à près de 700 m². Conduite par le capitaine Mamadou Yahya Mané, l’équipe d’intervention s’est rapidement déployée pour tenter de circonscrire le sinistre dans une zone dense où les matériaux hautement inflammables, notamment le bois, favorisent une propagation rapide du feu.

Le capitaine Mané a indiqué qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée, un soulagement majeur pour les commerçants comme pour les autorités. Toutefois, les dégâts matériels sont extrêmement lourds. Plusieurs ateliers ont été totalement réduits en cendres, avec des machines, outils, stocks de bois et œuvres en cours de fabrication entièrement détruits. Pour de nombreux artisans, c’est le travail de plusieurs années qui a été balayé en quelques heures.

La violence du feu a nécessité une mobilisation importante de moyens. Les soldats du feu ont utilisé un fourgon pompe-tonne (FPT), un camion-citerne grande capacité (CCGC) ainsi qu’un véhicule d’intervention léger (VIL) pour maîtriser les flammes et éviter leur propagation à d’autres secteurs du marché, très fréquenté et constitué en grande partie de structures en matériaux combustibles. Leur intervention rapide a permis de limiter la catastrophe, même si les pertes économiques restent considérables.

Pour l’heure, l’origine du sinistre demeure inconnue. Une enquête sera probablement ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, alors que certains commerçants évoquent déjà des pistes allant du court-circuit électrique aux actes d’imprudence en fin de journée. Ce nouvel épisode relance également le débat sur la sécurité dans les marchés au Sénégal, régulièrement touchés par des incendies meurtriers ou dévastateurs, souvent liés à des installations électriques vétustes ou à l’absence de dispositifs de prévention adaptés.

Au lendemain du drame, les commerçants sinistrés s’organisent pour évaluer l’étendue des pertes et espèrent un soutien rapide des autorités locales et nationales. Le marché central de Kaolack, l’un des plus importants de la région, reste sous haute surveillance, alors que les sapeurs-pompiers continuent de sécuriser la zone pour prévenir toute reprise de feu.

Université de Dakar : les étudiants menacent de reprendre la grève si les engagements ne sont pas tenus

La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.

Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.

C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.

Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.

En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.

Santé publique : l’ARP suspend la commercialisation des produits Softcare après la découverte de matières premières périmées

L’Agence sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP) a pris une décision forte pour protéger les consommateurs : la suspension immédiate de la commercialisation de tous les produits de la marque Softcare. Cette mesure restera en vigueur « jusqu’à la mise en conformité du processus de fabrication », précise l’institution dans un communiqué daté du 11 décembre 2025.

Cette décision fait suite à une inspection menée au sein de l’usine Softcare située à Sindia, dans la région de Thiès. Les équipes de l’ARP y ont découvert un fait extrêmement préoccupant : la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication, un manquement grave aux normes de qualité et de sécurité exigées pour des produits destinés au grand public.

Les produits concernés sont d’autant plus sensibles qu’ils sont destinés en priorité aux bébés, aux enfants et aux femmes, des populations particulièrement vulnérables. Face à ces risques potentiels pour la santé, l’ARP a ordonné le retrait immédiat de ces produits du marché, le temps que l’entreprise procède aux corrections nécessaires et se conforme strictement aux standards en vigueur.

Cette suspension intervient dans un contexte où les autorités sanitaires renforcent leur vigilance sur la qualité des produits distribués au Sénégal. Elle traduit également la volonté de l’ARP d’agir avec fermeté chaque fois que la santé publique est menacée.

L’agence invite les consommateurs à redoubler de vigilance et à signaler tout produit suspect ou toute réaction anormale liée à l’utilisation des articles de la marque Softcare, en attendant l’issue des procédures de contrôle et de mise en conformité.

Bourses universitaires : le paiement des réclamations de l’année académique 2024-2025 démarre ce vendredi

Les étudiants concernés peuvent enfin souffler. La Direction des Bourses a annoncé ce jeudi le démarrage du paiement des réclamations portant sur les mois de novembre 2024 à septembre 2025. Cette opération, très attendue par de nombreux étudiants ayant rencontré des difficultés de paiement, débutera officiellement ce vendredi 12 décembre 2025.

Selon le communiqué rendu public, ce paiement ne concerne que les étudiants déjà inscrits sur les états de paiement des mois concernés, mais qui n’avaient pas pu percevoir leur bourse à cause de différentes anomalies administratives. Parmi les problèmes signalés figurent des erreurs de filiation, des changements ou fautes dans les numéros de téléphone, des codes expirés ou encore d’autres dysfonctionnements qui avaient bloqué la réception des allocations.

La Direction des Bourses invite les étudiants concernés à vérifier leurs informations et à se rapprocher des services compétents pour toute précision complémentaire. Le lancement de cette opération vise à régulariser une situation qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein des établissements d’enseignement supérieur, où plusieurs étudiants avaient exprimé leur frustration face aux retards cumulés.

Communiqué du Conseil des ministres du 11 décembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Stabilisation et transformation consensuelle du secteur de l’Enseignement supérieur
Monsieur le Président de la République souligne, à l’entame de sa communication, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement du système d’enseignement supérieur. A ce titre, il demande au Premier Ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur. Il instruit également les Ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures, de finaliser l’évaluation globale de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et de faire, pour chaque université publique, l’état de prise en charge des besoins ainsi que la situation des chantiers concernant les infrastructures académiques et sociales. Pour adapter les formations aux besoins de l’économie nationale, le Chef de l’Etat indique la nécessité de développer la digitalisation des enseignements et travaux de recherche, de renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et de développer les Espaces numériques ouverts (ENO) ainsi que les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP).

Après avoir relevé que le défi du système éducatif demeure l’employabilité des apprenants et étudiants, le Président de la République invite à réfléchir au financement soutenu, durable et innovant de l’Enseignement supérieur. Afin de retracer l’exhaustivité des ressources et dépenses de l’enseignement supérieur, il prescrit de faire, pour chaque université publique, l’audit systématique des dépenses et des ressources et d’engager les vérifications administratives et financières nécessaires des fonctions de services dans les universités et Centres des œuvres universitaires et sociales. Le Chef de l’Etat demande, enfin, au Premier Ministre de lui faire parvenir un Plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.

Rénovation du système national de recherche et promotion de l’innovation

Le Président de la République considère la recherche scientifique et l’innovation technologique comme des catalyseurs de l’industrialisation et du développement d’une économie arrimée aux secteurs et filières moteurs. A cet effet, il demande au Premier Ministre de renforcer les structures nationales de recherche et les écoles d’ingénieurs, afin de former des chercheurs et ingénieurs de pointe et de disposer d’un capital humain endogène, conformément à la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce sillage, il indique l’impératif de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), avec un accent particulier sur la maitrise fondamentale du numérique et des possibilités de l’intelligence artificielle.

Le Président de la République fait observer la nécessité de changement de paradigme dans les buts et le financement du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation et l’impératif de mise en œuvre d’un vaste Programme national de réalisation de laboratoires et d’équipements de recherche dans toutes les universités, écoles et instituts de formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs d’élite. A cet effet, il engage le Premier Ministre à la mise en place d’un Fonds national de Développement de la Recherche et de l’Innovation.

Réhabilitation et développement du transport ferroviaire

Considérant que l’attractivité et la valorisation des territoires reposent sur le développement des transports, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d’accentuer la mise en œuvre de la politique ferroviaire, en veillant, notamment, à la réhabilitation des Chemins de fer du Sénégal, en cohérence avec l’exploitation et l’expansion du Train Express régional.

Il instruit, outre la finalisation d’un Schéma directeur national de développement du ferroviaire, la réalisation des études requises et la recherche du financement des lignes ferroviaires validées sur un horizon décennal programmé. A cet égard, le Président de la République demande au Premier Ministre de mettre en place un Conseil national du Ferroviaire, en vue d’une maitrise stratégique et d’une meilleure coordination des projets et de leurs impacts sur la modernisation des transports terrestres, le développement territorial et l’emploi.

Mesures effectives de lutte contre la vie chère

Le Président de la République souligne l’importance qu’il accorde à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages et à la baisse significative du coût de la vie. Il se réjouit de la baisse des prix du litre du supercarburant et du gasoil ainsi que du gaz butane et demande au Premier Ministre de poursuivre les efforts consentis pour soutenir les populations les plus vulnérables et renforcer ainsi le rôle social de l’Etat, protecteur des ménages, notamment les plus pauvres.

Renforcement du rôle de la Diaspora dans la vie nationale

En tant qu’atout majeur dans la réalisation du projet inclusif et collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, la Diaspora sénégalaise contribue significativement, selon le Chef de l’Etat, au développement national et à la stabilité sociale. A ce titre, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions adéquates pour la bonne organisation de la Journée nationale de la Diaspora, qu’il présidera le 17 décembre 2025.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le mardi 09 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence MSGBC Oil, Gas and Power 2025. Il annonce qu’il prendra part, le 14 décembre 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO. En outre, il procèdera, le mercredi 17 décembre 2025, à la remise du Drapeau national à l’Equipe nationale de Football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidera, le vendredi 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux, avant de se rendre en Casamance pour la période du 20 au 25 décembre 2025, dans le cadre d’une tournée économique.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages par la nouvelle doctrine des prix des produits pétroliers et de l’énergie. Il a rappelé que le soutien aux ménages et aux petits professionnels a toujours constitué l’une des principales préoccupations du Président de la République, régulièrement exprimée à travers des directives en Conseil des Ministres. Il a rappelé la première vague de baisses des prix qui a été opérée durant l’année 2024, portant sur le sucre cristallisé, le riz brisé non parfumé, l’huile de palme, la baguette de pain et les frais de connexion à internet.

Baisse des tarifs du carburant

S’agissant de la baisse du prix du carburant, le Premier Ministre a présenté les mesures, entrées en vigueur à partir du samedi 06 décembre 2025, relatives à la révision des prix des carburants et précisé que les nouveaux tarifs constituent des plafonds réglementaires susceptibles de flexibilité. Le Premier Ministre a exposé l’impact de ces mesures, notamment sur le Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP), institué pour assurer un approvisionnement correct et régulier et la couverture des pertes commerciales découlant des importations de produits pétroliers. Ce fonds a été transformé en une taxe fiscale et les montants collectés fongibles dans le budget global.

En perspective, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de faire une analyse de l’utilisation du FSIPP, d’utiliser le surplus dudit fonds pour les éventuelles hausses du baril, de procéder à une analyse approfondie de mécanismes permettant la péréquation des prix des bouteilles de gaz butane et de démarrer, sans délai, les travaux de réforme de la loi sur le secteur aval des hydrocarbures.

Baisse des tarifs de l’électricité

En ce qui concerne la baisse de l’électricité, le Premier Ministre, après présentation des mesures prises et de leurs impacts, a donné instruction de poursuivre les travaux pour un meilleur ciblage de la subvention de l’électricité, avec les ménages vulnérables à faibles revenus inscrits dans le Registre national unique (RNU) et de mettre en place, sans délai, des mesures visant la baisse des charges d’exploitation de la SENELEC. En outre, avant de le féliciter ainsi que ses équipes, le Premier Ministre a demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines de lui soumettre un plan pour la réduction des pertes non techniques, afin de mettre fin à la fraude de l’électricité.

La baisse des prix à la consommation et la disponibilité des produits, sont corrélées aux initiatives prises par le Gouvernement, visant à procurer des revenus décents aux ménages.

Suivi du Plan de Redressement économique et social et Agenda

Le Premier Ministre a clos sa communication par la présentation des premiers résultats très positifs du Plan de Redressement économique et social (PRES) et le compte rendu de la visite de travail effectuée au Sénégal, les 09 et 10 décembre 2025, par le Ministre du Commerce extérieur des Émirats Arabes Unis, à la tête d’une forte délégation, ayant permis de nouer des partenariats d’investissements, avec la signature d’une dizaine de mémorandums d’entente dans des secteurs prioritaires.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication sur l’état d’avancement des travaux d’extension du Registre national unique (RNU), de sa mise à jour et de la re-certification du Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n°2019-413 du 30 janvier 2019 portant création du Centre de Formation judiciaire (CFJ) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

  • Monsieur Cheikh Tidiane DIOP, Inspecteur général d’Etat, matricule de solde n°516907/F, est nommé Contrôleur financier, en remplacement de Madame Marie Gaye NDIAYE, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre de la Primature

  • Madame Fatoumata MBAYE, Planificateur, matricule de solde n°607025/J, est nommée Directeur des Ressources humaines à la Primature.
  • Monsieur Sidy Mouhamed FALL, Ingénieur en Informatique, matricule de solde n°518226/F, est nommé Directeur des Systèmes d’Information à la Primature.

Au titre du Ministère de la Justice

  • Monsieur Idrissa SOW, Inspecteur 2ème classe 1er échelon de l’Administration pénitentiaire, matricule de solde n°645594/G, est nommé Directeur général adjoint de l’Administration pénitentiaire.

Au titre du Ministère des Infrastructures

  • Monsieur Alioune SENE, Ingénieur en Génie civil, matricule de solde n°763252/E, est nommé Directeur général des Infrastructures routières et du Désenclavement au Ministère des Infrastructures, en remplacement de Monsieur Mamadou Alassane CAMARA.
  • Monsieur Moustapha FALL, Ingénieur en Génie civil, est nommé Directeur général de l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal), en remplacement de Monsieur Mamadou NDAO.
  • Monsieur Cheikh DIOP, Ingénieur en Electromécanique, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du Train Express Régional (SENTER.SA), en remplacement de Monsieur Oumar BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Kaolack accueille la première édition de “Pencum Innovation”, vitrine des Living Labs du FDSUT

Le Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT) a organisé, ce jeudi 11 décembre 2025, une journée portes ouvertes baptisée “Pencum Innovation”, un rendez-vous consacré à la valorisation des solutions numériques dédiées au secteur primaire dans les zones rurales.

Tenue à la Chambre de commerce de Kaolack, cette première édition avait pour thème : « L’impact du numérique dans le secteur primaire ». L’objectif était de créer un espace de découverte, de démonstration et d’échanges autour des innovations développées dans les Living Labs de Ndiaganiao et de Kaolack, deux dispositifs pilotes mis en place par le FDSUT pour stimuler l’entrepreneuriat numérique et l’incubation de projets agricoles et agro-pastoraux.

Renforcer l’innovation au cœur du monde rural

Selon Ndèye Fatou Ndiaye, Mme Diop Blondin, coordonnatrice du FDSUT, la démarche vise à encourager la création de solutions locales répondant aux défis économiques des communautés rurales. Les Living Labs offrent ainsi un cadre d’expérimentation où producteurs, jeunes entrepreneurs, femmes transformatrices et acteurs du digital collaborent autour d’outils innovants.

Les projets présentés lors de la journée ont mis en lumière des applications numériques dédiées à l’amélioration des rendements agricoles, à la gestion de l’eau, à la commercialisation des produits locaux ou encore à la traçabilité agroalimentaire. Plusieurs stands ont permis au public de découvrir des prototypes développés par les incubés.

Un espace d’échanges et de partenariats

Au-delà de la présentation des solutions, Pencum Innovation a été pensé comme un cadre de dialogue réunissant porteurs de projets, opérateurs économiques, partenaires techniques et institutions locales. Les discussions ont porté sur les opportunités offertes par le numérique pour moderniser le secteur primaire et assurer la pérennisation des initiatives en cours.

Pour le FDSUT, cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la visibilité de ses actions et à mobiliser de nouveaux partenaires afin d’étendre l’impact des Living Labs à d’autres zones rurales.

Une initiative appelée à se pérenniser

À l’issue de la rencontre, les organisateurs ont exprimé leur volonté de faire de Pencum Innovation un rendez-vous annuel, afin de suivre l’évolution des projets et de stimuler davantage l’innovation au service du développement rural.

Budget 2026 du ministère de la Justice : Yassine Fall répond aux députés sur les dossiers sensibles et les défis du secteur

La ministre de la Justice, Yassine Fall, a défendu ce jeudi 11 décembre 2025 son projet de budget pour l’exercice 2026 devant les députés de l’Assemblée nationale. Cette présentation, attendue dans un contexte de fortes tensions sociales et de crispations autour de plusieurs dossiers judiciaires, a donné lieu à des échanges nourris, souvent musclés, avec les parlementaires. Ces derniers ont insisté sur la nécessité de clarifications concernant plusieurs affaires en suspens, les lenteurs dans la reddition des comptes publics et les difficultés structurelles du secteur de la Justice.

Les députés ont particulièrement interrogé la ministre sur la réouverture du dossier de « diffamation » opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, une affaire politiquement sensible. Ils ont également exprimé leur préoccupation face au retard persistant dans l’élucidation des disparitions de Fulbert Sambou, Didier Badji, Lissa Tine et Alassane Ba, autant de dossiers qui continuent de soulever des interrogations au sein de l’opinion. L’absence de suites judiciaires après les conclusions des corps de contrôle, en matière de gouvernance publique, a également alimenté le débat, les députés exigeant un traitement plus rigoureux et plus rapide de ces rapports.

En réponse, Yassine Fall a tenté de rassurer l’hémicycle en confirmant qu’une information judiciaire est désormais ouverte dans l’affaire Lissa Tine. Elle a aussi assuré que les investigations se poursuivent activement concernant la disparition de Didier Badji et Fulbert Sambou, promettant un suivi personnel de ces dossiers sensibles. La ministre a par ailleurs insisté sur les avancées enregistrées sur certains fronts, tout en reconnaissant que les attentes de la population restent fortes.

Concernant les tensions sociales qui secouent régulièrement l’appareil judiciaire, Mme Fall a indiqué qu’un accord conclu avec le Syndicat des Travailleurs de la Justice est actuellement en cours d’exécution. Elle a annoncé qu’une rencontre se tiendra dans les prochains jours avec le Syndicat des Greffiers, afin de désamorcer les conflits persistants et ramener la sérénité dans le secteur. Elle a rappelé que la stabilité sociale constitue une condition essentielle à l’efficacité des services judiciaires.

La ministre n’a pas éludé la question des arriérés dus aux avocats, reconnaissant une dette de 3 milliards de FCFA qui pèse lourdement sur le fonctionnement du système. Elle a assuré que des discussions sont engagées avec le ministère des Finances pour trouver une solution durable. Elle a également évoqué les besoins pressants en ressources humaines, affirmant vouloir travailler au renforcement des effectifs des magistrats et des éducateurs spécialisés, en partenariat avec les ministères concernés.

Abordant la question des audiences foraines, Yassine Fall a rappelé qu’elles relèvent de la compétence des juges, même si son département encourage l’organisation d’audiences spéciales, notamment pour répondre aux besoins spécifiques des élèves. Elle a aussi renouvelé son engagement à trouver une issue favorable à la situation des coordonnateurs des Maisons de justice, dont l’intégration reste en attente.

La présentation du budget 2026 s’est inscrite dans le cadre de l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050. Cependant, la ministre a reconnu que le document financier a été élaboré dans un contexte particulièrement difficile, marqué par ce qu’elle a qualifié de « détresse de nos finances publiques », évoquant notamment un niveau d’endettement inédit. Malgré ces contraintes, elle a assuré que des « réajustements budgétaires fort ingénieux » ont été opérés pour préserver la priorité accordée à la Justice.

Le projet de budget se structure autour de plusieurs programmes, avec une concentration des ressources sur le développement du capital humain et le renforcement des infrastructures judiciaires. Yassine Fall a insisté sur la nécessité de moderniser le secteur et d’améliorer l’accès des citoyens à un service public de la Justice plus efficace, plus équitable et mieux doté.

Transmission du rapport de l’IGE : vers de possibles poursuites contre Mimi Touré

Selon des informations relayées par la page Facebook de la 7TV, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause la gestion de Mimi Touré à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Cette démarche ouvre potentiellement la voie à l’ouverture de poursuites contre l’ancienne Première ministre, désormais citée dans une affaire qui s’annonce sensible autant sur le plan juridique que politique.

Pour le juriste Mouhamadou Bâ, professeur agrégé des facultés de droit, la suite de la procédure ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, il rappelle que «lorsque le parquet est saisi, il ne peut que poursuivre». Le spécialiste du droit pénal précise que cette étape implique l’ouverture d’une enquête préliminaire destinée à recueillir un faisceau d’indices. À ce stade, des auditions sont menées et différents actes de procédure peuvent être enclenchés pour éclairer les faits reprochés. Une fois les premiers éléments rassemblés, le dossier est généralement confié à un juge d’instruction, chargé de poursuivre les investigations et de déterminer s’il existe des charges suffisantes pour engager des poursuites.

La révélation de ce rapport de l’IGE n’est pas nouvelle, mais elle a refait surface après l’intervention du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, vendredi dernier, lors d’une séance de Questions d’actualité. Le chef du gouvernement avait alors confirmé que le document datait de 2023, sous la présidence de Macky Sall, et qu’il avait choisi de le transmettre à la justice dans le respect de la continuité de l’État. Il a précisé ne pas se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de Mimi Touré, mais a insisté sur son obligation d’agir lorsqu’un rapport signale qu’un montant aurait été manipulé hors des circuits administratifs habituels.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des rumeurs persistantes selon lesquelles Mimi Touré serait visée en raison de sa proximité avec le président Bassirou Diomaye Faye, avec qui les rapports se seraient récemment refroidis. En se défendant de toute instrumentalisation politique, Ousmane Sonko affirme n’avoir fait que respecter la procédure républicaine, laissant ainsi la justice suivre son cours.

Annulation des arrêtés du ministre de la Communication : une victoire éclatante pour la liberté de la presse

C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente des médias sénégalais. La Chambre administrative de la Cour Suprême a annulé, ce jeudi, l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication visant à instaurer une plateforme d’inscription obligatoire des organes de presse ainsi qu’une commission chargée d’examiner et de valider les entreprises de presse.

Cette décision, obtenue à la suite d’un recours introduit par le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), constitue un véritable souffle d’air pour le secteur. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une victoire éclatante pour la liberté de la presse et un rappel ferme des limites du pouvoir réglementaire de l’exécutif.

Le CDEPS, estimant que ces textes fragilisaient le pluralisme médiatique et ouvraient la voie à une régulation arbitraire, avait confié le dossier à son avocat, Me Cheikh Abdou Ndiaye. Ce dernier a obtenu gain de cause : la Cour Suprême a jugé que les arrêtés étaient dépourvus de base légale et dépassaient les compétences du ministre.

Avec cette décision, la plateforme d’enregistrement et la commission de validation sont purement et simplement annulées. Une victoire symbolique et pratique : les médias échappent à un dispositif perçu comme une entrave potentielle à leur indépendance.

Dans un contexte où les relations entre autorités publiques et acteurs médiatiques sont régulièrement traversées par des tensions, cet arrêt de la Cour Suprême réaffirme l’importance de l’État de droit et rappelle que toute réforme du secteur doit se faire dans le respect absolu des garanties constitutionnelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°628 – 11/12/2025

🔴 « DETTE CACHÉE ET AUSTÉRITÉ » : L’ESPOIR DÉMOCRATIQUE FRAGILISÉ, SELON CIVICUS
🔴 LE TRÉSOR SÉNÉGALAIS EN MODE HERCULE : 35,728 MILLIARDS DE FCFA LEVÉS EN UN JOUR

🔴 CHOC ET SUSPENSE EN LIGUE DES CHAMPIONS : ARSENAL BRILLE, LA JUVENTUS ET BENFICA RENAISSENT

Crise de la dette au Sénégal : les risques pour l’espace civique, selon Civicus

La crise de la dette qui secoue actuellement le Sénégal pourrait compromettre les progrès récemment réalisés en matière de libertés civiles, avertit l’organisation Civicus. Selon les analystes, l’évolution de l’espace civique dépendra largement de la manière dont les autorités répondront aux éventuelles manifestations liées aux mesures économiques strictes mises en place pour stabiliser les finances publiques.

Nelson Baiye Mbu, analyste basé au Cameroun pour le Civicus Monitor, explique que l’espace civique du Sénégal avait été récemment reclassé de « réprimé » à « obstrué », reflétant une amélioration notable par rapport aux années précédentes. Cette progression avait été renforcée par la transition politique réussie du pays l’an dernier, ainsi que par l’instauration de mesures visant à tenir les responsables d’actes de violence lors de manifestations passées pour responsables. Ces initiatives avaient contribué à renforcer la confiance des citoyens dans le respect de leurs droits civiques et dans la capacité des institutions à garantir la sécurité et la liberté d’expression.

Cependant, cette situation reste fragile. Le Sénégal est confronté à une crise de la dette accentuée par la découverte, l’an dernier, de sept milliards de dollars de dettes cachées, héritées de l’ancienne administration. Cette révélation avait conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à rechercher de nouvelles solutions pour stabiliser les finances publiques. Dans ce contexte, le Sénégal doit désormais adopter des mesures d’austérité, notamment la réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer de 13,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,3 % en 2025.

Ces restrictions budgétaires, bien qu’essentielles pour la stabilité économique, risquent de provoquer des réactions de mécontentement dans la population, en particulier si elles affectent directement les conditions de vie des citoyens. Mbu souligne que les gouvernements soumis à de telles pressions peuvent considérer les manifestations comme des menaces et être tentés de restreindre le droit de réunion pacifique ou de réprimer les expressions de contestation. Il ajoute que les tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pourraient également exacerber les risques de protestations ou de divisions politiques, fragilisant davantage l’espace civique.

L’analyse de Civicus s’inscrit dans un contexte plus large de suivi des libertés publiques en Afrique. Cette année, l’organisation a reclassé le Gabon de « réprimé » à « obstrué » après une transition démocratique pacifique, tandis que Madagascar a été rétrogradé de « obstrué » à « réprimé » à la suite d’une prise de pouvoir militaire en octobre. Le Soudan et le Burundi, quant à eux, sont désormais classés « fermés ».

L’alerte de Civicus souligne la vulnérabilité de l’espace civique au Sénégal face à la combinaison d’une crise économique, de mesures d’austérité strictes et de tensions politiques. Elle rappelle l’importance pour le gouvernement d’adopter des stratégies équilibrées qui tiennent compte à la fois des impératifs financiers et de la protection des droits fondamentaux, afin de préserver la confiance des citoyens et d’éviter une régression des libertés publiques.

Marché financier de l’UMOA : le Sénégal lève 35,728 milliards de FCFA

Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.

L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.

Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.

Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.

Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.

Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.

Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.

Assemblée nationale : Me Aïssata Tall Sall prodigue une leçon de droit et d’éthique républicaine à Me Bamba Cissé

Mercredi, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une intervention particulièrement marquante de Me Aïssata Tall Sall, députée et présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal. S’adressant au ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, l’ancienne ministre de la Justice a livré une véritable leçon de droit public et d’éthique républicaine, rappelant les multiples responsabilités délicates et souvent contradictoires que doit assumer son confrère.

Me Aïssata Tall Sall a souligné que le ministre de l’Intérieur joue un rôle central dans le maintien de la laïcité, dans la protection des libertés publiques et dans la garantie de l’ordre et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. « Vous êtes le ministre de la laïcité. Dans un État où la religion est sacrée et où la liberté de culte est garantie, votre rôle est de veiller à l’application du principe de neutralité religieuse de l’État, sans heurter les convictions profondes des citoyens. Vous êtes aussi le garant des libertés publiques qui doivent garantir le droit de manifester, de s’exprimer, et d’être en association. Vous êtes également le responsable de l’ordre public et devez protéger les institutions, les frontières et la sécurité des personnes et des biens, dans l’usage réglementé de la force », a-t-elle rappelé.

L’essentiel de son message a porté sur la nécessité de maintenir un équilibre subtil entre des forces parfois antagonistes. Me Aïssata Tall Sall a insisté sur l’art de concilier autorité et liberté, fermeté et dialogue, soulignant que le pouvoir d’un ministre n’est pas une fin en soi mais un instrument au service de l’équilibre démocratique et de la République. « Dialoguer avant de décider », a-t-elle insisté, recommandant au ministre de prendre le temps d’échanger avec les acteurs politiques, la société civile et les parties concernées avant de poser une décision. Selon elle, ce dialogue préalable est la condition sine qua non pour qu’une décision soit légitime et apaisée.

La parlementaire a également exhorté Me Bamba Cissé à rester impartial, à éviter tout alignement partisan et à exercer ses fonctions au service de l’État et non d’un camp politique particulier. Dans cette intervention, Me Aïssata Tall Sall a réussi à transformer une simple interpellation parlementaire en véritable leçon de gouvernance, de droit public et d’éthique républicaine, rappelant à son confrère que le pouvoir doit être manié avec prudence, sagesse et responsabilité.

Cette intervention a été saluée par de nombreux observateurs comme un exemple d’exigence morale et juridique dans l’exercice du pouvoir exécutif, mettant en lumière l’importance de la responsabilité et de la neutralité dans la conduite des affaires publiques, particulièrement dans un contexte politique parfois tendu.

Tensions politiques : la libération de Bougar Diouf suscite la colère d’Abass Fall

La libération de Bougar a déclenché une vague de réactions dans le paysage politique sénégalais, et Abass Fall, maire de Dakar et figure importante du Pastef, ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, il a exprimé son mécontentement, estimant que cette décision porte atteinte à sa dignité ainsi qu’à celle de son camp politique. Pour lui, la libération de Bougar constitue une atteinte directe à l’honorabilité des responsables de Pastef et reflète un traitement injuste dans l’application de la justice.

« Bougar est libre après avoir gravement porté atteinte à notre honorabilité. Cette main derrière sa libération doit avoir honte », a déclaré Abass Fall, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manipulation politique et un manque de cohérence dans les décisions des autorités. Selon lui, cette décision illustre une tendance inquiétante à protéger certaines personnes au détriment d’autres, au mépris de l’équité et de la justice.

Le maire de Dakar a également pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive dans l’usage de la protection institutionnelle. « Protéger le Président est devenu un passe-droit pour insulter et diffamer sans raison et s’en tirer », a-t-il écrit, accusant implicitement certains acteurs politiques de bénéficier d’un traitement privilégié et de pouvoir s’affranchir des règles qui s’appliquent normalement à tous.

Abass Fall a enfin exprimé son amertume face au contraste entre cette décision et les engagements que les responsables politiques avaient pris devant les citoyens. « C’est ce Sénégal que nous avions vendu aux Sénégalais. Quelle honte ! », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il perçoit comme une déception pour l’opinion publique et un affaiblissement de la confiance des Sénégalais dans la justice et les institutions.

Cette réaction met en lumière les tensions politiques persistantes dans le pays, notamment sur la question de l’impartialité de la justice et de la cohérence des décisions administratives et judiciaires. La libération de Bougar pourrait accentuer les divisions entre les différentes forces politiques et relancer les débats sur la responsabilité des autorités dans la gestion des affaires sensibles et leur impact sur la perception de l’État de droit au Sénégal.

Budget 2026 : 222,2 milliards de FCFA pour renforcer la sécurité et l’administration territoriale

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a finalisé son projet de budget pour l’exercice 2026, présentant un montant global de 222 257 775 532 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et de 220 005 608 585 FCFA en Crédits de Paiement (CP). Ce budget ambitieux traduit la volonté du gouvernement de consolider la sécurité nationale, de renforcer la protection civile et d’assurer un fonctionnement optimal de l’administration territoriale, tout en préparant les futures échéances électorales.

Le programme de Sécurité publique demeure le pilier central du ministère et reçoit la plus grande part des crédits. Avec 152 365 690 472 FCFA en AE et 150 869 415 279 FCFA en CP, cette enveloppe illustre l’engagement de l’État à garantir la sûreté des citoyens et à renforcer les capacités opérationnelles des forces de l’ordre. L’importance de cette allocation reflète également la priorité donnée aux missions de surveillance et de maintien de l’ordre, essentielles pour la stabilité du pays.

Le programme de Sécurité civile, qui bénéficie de 43 545 666 673 FCFA en AE, montre à quel point la prévention et la gestion des catastrophes constituent un volet majeur des politiques publiques. Une part substantielle de ce budget, soit plus de 34 milliards de FCFA, est consacrée aux dépenses de personnel, tandis que plus de 4,3 milliards sont dédiés aux investissements et à l’acquisition d’équipements. Ces ressources permettront aux services de protection civile de mieux intervenir face aux catastrophes naturelles ou aux incidents majeurs sur le territoire national.

L’Administration territoriale se voit attribuer un budget de 15 371 352 561 FCFA en AE, destiné principalement aux dépenses de personnel et aux acquisitions de biens et services. Ces ressources sont cruciales pour assurer le bon fonctionnement des services décentralisés, garantir la continuité des missions administratives et soutenir les collectivités locales dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Le programme Gouvernance électorale, bien que plus modeste avec 3,95 milliards de FCFA en AE, joue un rôle stratégique dans la préparation des futurs scrutins. Près de 2,47 milliards de FCFA sont consacrés à des investissements qui permettront d’améliorer les infrastructures et les outils électoraux, renforçant ainsi la crédibilité et la transparence du processus démocratique.

D’autres programmes complètent ce budget, notamment le Pilotage, la Coordination et la Gestion administrative, évalué à 6,64 milliards de FCFA, ainsi que des fonds spécifiques tels que le Fonds de Lutte contre les Incendies, fixé à 200 millions de FCFA, et le Compte de Commerce Police, doté de 180 millions de FCFA. Ces allocations témoignent de l’attention portée aux aspects organisationnels et opérationnels du ministère, garantissant une meilleure coordination et efficacité des interventions.

En définitive, le projet de budget 2026 du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique reflète une approche globale et ambitieuse. Il réaffirme la centralité de la sécurité et de la résilience nationale dans les priorités gouvernementales, en allouant des ressources significatives aux investissements, au renforcement des capacités opérationnelles et à l’amélioration des infrastructures administratives et électorales. Ce budget traduit la volonté de l’État de consolider ses missions régaliennes tout en anticipant les défis sécuritaires et institutionnels à venir.

Affaire Amadou Sall : Ibrahima Ba et le chauffeur libérés sous caution

Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, et Cheikh Tidiane Seck, le chauffeur de la famille, ont été libérés ce mercredi après avoir été détenus dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Sall ». Leur remise en liberté intervient suite au versement d’une caution solidaire estimée à 550 millions de francs CFA, selon plusieurs médias.

Ibrahima Ba était poursuivi pour « blanchiment de capitaux et complicité avec Amadou Macky Sall », fils de l’ancien président de la République Macky Sall. Cette affaire, qui a suscité une grande attention médiatique, met en lumière des liens présumés entre des acteurs politiques et des opérations financières controversées, soulevant des interrogations sur la transparence et la régularité des transactions impliquant des personnalités influentes du pays.

Le chauffeur Cheikh Tidiane Seck, considéré comme un acteur secondaire dans l’affaire, a également été libéré sous caution, ce qui marque une étape significative dans la procédure judiciaire en cours. La décision de la justice vise à permettre aux prévenus de répondre aux investigations tout en assurant leur présence lors des prochaines audiences.

Cette libération, très commentée dans les médias et sur les réseaux sociaux, intervient dans un contexte où la justice sénégalaise est sous les projecteurs, avec des dossiers impliquant des figures politiques de premier plan et des questions sensibles sur la gestion de fonds et de capitaux.

Assemblée nationale : Thierno Alassane Sall interpelle Bamba Cissé sur les policiers sans salaire et la violence à l’UCAD

Lors de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, les députés de l’Assemblée nationale ont assisté à une séance animée où Thierno Alassane Sall, député non-inscrit, a soulevé des questions préoccupantes concernant la situation des forces de l’ordre et les violences récentes à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).

S’adressant au ministre Mouhamadou Bamba Cissé, M. Sall s’est fait le porte-voix de plusieurs corps, notamment de policiers confrontés à des difficultés persistantes. « Je voudrais me faire la porte-voix de 312 policiers action volontaires de la 7e génération, première cohorte libérée en avril 2025, après quatre ans de service. Je voudrais savoir les conditions dans lesquelles ils ont été libérés, éventuellement pourquoi, comment, et quelles solutions peuvent être trouvées, alors que les autres cohortes qui ont suivi sont maintenues en activité », a-t-il expliqué.

Le député a ensuite dénoncé la situation alarmante de la 49e promotion de policiers, qui serait sans salaire depuis 22 mois. « Ces agents ont assuré la surveillance de deux Magal, de deux Gamou, et d’autres grands événements. Et pourtant, ils restent sans salaire, sans reconnaissance pour leur engagement dans la sécurité publique », a-t-il affirmé, exprimant un sentiment de frustration partagé par plusieurs membres des forces de sécurité.

Abordant ensuite les événements récents à l’UCAD, Thierno Alassane Sall a exprimé son indignation face à la violence constatée sur le campus. « Monsieur le ministre, j’ai vu des images insoutenables d’étudiants blessés par balle, certains touchés au ventre, d’autres à la jambe par ce qui semble être des projectiles à balles réelles », a-t-il rapporté, dénonçant le silence de l’Assemblée sur ces incidents.

Le député a également lancé un appel à la désescalade auprès des étudiants : « J’en appelle aux étudiants pour une désescalade et pour adopter des formes de lutte plus pacifiques ». Mais il n’a pas manqué de mettre en cause l’influence du ministre et de ses supérieurs sur le climat actuel : « La vraie rupture, serait, je pense, insufflée par vous, Monsieur le ministre, et vos supérieurs. Le renvoi de certains commissaires, la sanction de gendarmes, la destruction de locaux de presse… tout cela contribue à un esprit qui n’est pas bon et à la violence qui se déchaîne à l’université ».

Interpellant le ministre sur l’absence d’enquête, M. Sall a exprimé son étonnement : « Est-ce que des enquêtes sont menées ? Je n’entends qu’un appel de votre part, mais aucune enquête n’est conduite. Où est la promesse de rupture tant attendue ? »

Pour conclure, le député a salué le professionnalisme de certains agents, citant notamment un policier qui s’est abstenu de tirer sur une foule, tout en rappelant la pression énorme exercée sur les forces de l’ordre et leurs supérieurs hiérarchiques.

Cette interpellation souligne non seulement la persistance de problèmes structurels dans le secteur de la sécurité publique, mais aussi la tension croissante entre étudiants et forces de l’ordre, laissant planer des interrogations sur la capacité du gouvernement à instaurer un climat de confiance et de sécurité sur le territoire national.

Émigration irrégulière : la Marine nationale intercepte 144 candidats au large de Dakar

Mercredi 10 décembre 2025, une opération de surveillance menée par la Marine nationale sénégalaise a permis de secourir une pirogue transportant 144 candidats à l’émigration irrégulière, à environ quarante kilomètres au large de Dakar. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des efforts continus des autorités sénégalaises pour lutter contre le fléau de la migration clandestine, qui expose de nombreux jeunes à des risques extrêmes en mer.

Selon les informations fournies par la Marine nationale, les migrants, originaires pour la plupart de différentes régions du Sénégal, ont été repérés grâce à un suivi régulier des mouvements de pirogues en mer. Immédiatement pris en charge par les forces navales, ils ont été escortés jusqu’à la Base navale Amiral Faye Gassama, où des équipes spécialisées attendaient pour assurer leur sécurité et leur prise en charge.

Les autorités locales ont souligné que la sécurité et le bien-être des candidats interceptés constituaient une priorité. Les migrants ont ainsi reçu une assistance médicale et psychologique, ainsi qu’une orientation vers les services compétents pour les démarches administratives et sociales nécessaires.

Cette nouvelle opération met en lumière l’ampleur des départs clandestins depuis les côtes sénégalaises et la persistance du phénomène malgré les campagnes de sensibilisation menées par l’État et les organisations partenaires. Les responsables avertissent que les voyages en pirogue vers l’Europe restent extrêmement dangereux, avec des risques élevés de noyade, de violence et de conditions de vie dégradantes.

Les autorités sénégalaises réitèrent leur engagement à renforcer la surveillance maritime et à poursuivre les efforts de prévention, tout en appelant les jeunes à renoncer aux voies illégales d’émigration et à privilégier les alternatives légales et sécurisées.

Journée des droits de l’homme : Ziguinchor mise en lumière pour sa résilience et la vitalité de sa jeunesse universitaire

La ville de Ziguinchor a été au cœur de la célébration nationale de la Journée internationale des droits de l’homme, organisée ce mercredi à l’Université Assane Seck. Un choix hautement symbolique, justifié par la résilience d’une région longtemps marquée par des décennies de conflit, mais aussi par l’énergie d’une jeunesse universitaire de plus en plus engagée dans la défense et la promotion des libertés fondamentales.

Placée cette année sous le thème de « la promotion des valeurs citoyennes et le respect des libertés fondamentales », la rencontre a réuni étudiants, responsables académiques, autorités administratives et acteurs institutionnels dédiés à la protection des droits humains. Pour Julien Ngane Diouf, directeur des droits humains au ministère de la Justice, Ziguinchor s’est imposée naturellement comme site d’accueil. « Cette région incarne la résilience. Elle porte les cicatrices d’une crise longue, mais elle dispose aujourd’hui d’une jeunesse consciente, instruite et déterminée. L’université joue ici un rôle crucial dans la diffusion de la culture des droits humains », a-t-il déclaré à l’APS.

Le responsable a insisté sur la vocation citoyenne de l’institution universitaire, rappelant qu’elle n’est pas seulement un cadre d’enseignement, mais également un véritable espace de construction de conscience civique. Selon lui, former la jeunesse aux valeurs fondamentales est indispensable pour bâtir le Sénégal de demain sur des bases plus justes et plus démocratiques.

Interrogé sur l’état des droits humains dans le pays, Julien Ngane Diouf a reconnu que des défis persistent, à l’image de ce qui se passe dans de nombreux États. Toutefois, il a assuré que les autorités sénégalaises « sont pleinement conscientes que les droits humains demeurent une priorité », soulignant les efforts entrepris dans le domaine de la transparence, de la gouvernance judiciaire et du renforcement des mécanismes de protection.

L’adjoint au gouverneur chargé du développement, Alsény Bangoura, a pour sa part rappelé la portée de cette célébration dans une région où les problématiques liées aux droits humains restent particulièrement sensibles. Il a évoqué certains défis persistants, notamment l’accès à l’éducation et à la santé dans les zones récemment pacifiées, mais aussi la gestion complexe de l’afflux croissant de migrants transitant par le sud du pays. Il a souligné l’importance de respecter scrupuleusement les textes internationaux ratifiés par le Sénégal, notamment en matière de protection des personnes en mobilité.

Le recteur de l’Université Assane Seck, Alassane Diédhiou, a lui aussi rappelé que les droits humains constituent « un socle indispensable à la reconstruction et au développement durable ». Il a insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux couches les plus vulnérables, qui doivent pouvoir bénéficier pleinement des garanties offertes par les droits humains. Selon lui, l’université porte une responsabilité majeure dans la formation d’une élite consciente, critique et respectueuse des valeurs démocratiques.

En choisissant Ziguinchor, les autorités ont donc voulu saluer l’esprit de résilience de toute une région, mais aussi mettre en avant la jeunesse universitaire comme moteur d’un changement durable. Dans un contexte national et international marqué par de fortes tensions sociales, politiques et migratoires, cette édition de la Journée des droits de l’homme rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de protection et de sensibilisation, tout en plaçant la jeunesse au centre des dynamiques citoyennes.

Adoption du Budget 2026 : le ministre de l’Intérieur expose une stratégie axée sur l’ordre public, la modernisation sécuritaire et la discipline citoyenne

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a défendu ce mercredi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, dans un climat marqué par des débats soutenus avec les députés. À l’issue de sa présentation, le budget a été adopté à une large majorité. Le ministre l’a qualifié de « volontariste et réaliste », estimant qu’il s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformation structurelle portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. L’accent est mis sur le renforcement de la sécurité publique, la réorganisation de l’espace urbain et la modernisation de la sécurité civile.

L’un des points centraux de son intervention a porté sur les opérations de désencombrement menées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays. Bamba Cissé a rappelé qu’il s’agit d’actions conduites sur instruction des plus hautes autorités, destinées à rétablir l’ordre dans les espaces publics. Il a dénoncé le « laxisme » et l’« incivisme » qui, selon lui, ont permis la normalisation de pratiques illégales, notamment l’occupation anarchique des trottoirs et chaussées. Le ministre a évoqué la loi de 1967 interdisant ces pratiques, affirmant que son application ne souffrirait plus d’aucune ambiguïté. « Les trottoirs sont réservés aux piétons, la chaussée aux véhicules et les marchés aux commerçants », a-t-il martelé, ajoutant que ces opérations se poursuivront dans la durée afin de provoquer un véritable « déclic citoyen » autour des valeurs d’ordre, de discipline et de respect des règles.

Abordant l’impact économique du désordre urbain, Bamba Cissé a mis en lumière le lien direct entre encombrement, insécurité et pertes financières importantes. Il a révélé qu’environ 903 milliards de francs CFA sont perdus chaque année par l’État à cause des embouteillages, aggravés par l’occupation irrégulière de la voie publique. Pour garantir la durabilité des mesures engagées, le ministère mobilise d’importants moyens, notamment le déploiement de brigades de gendarmerie chargées de maintenir le retour à l’ordre et d’éviter toute réinstallation illégale.

Le ministre a ensuite détaillé les ambitions de son département en matière de sécurité civile, annonçant un vaste programme de construction de 186 casernes de sapeurs-pompiers d’ici 2035. Ce projet marque selon lui un tournant majeur dans la modernisation des infrastructures d’intervention d’urgence, soutenant l’objectif de rapprocher les services de secours des populations sur l’ensemble du territoire. Il a également insisté sur la lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité, indiquant la réactivation de l’inspection interne de la Police. Cette démarche est présentée comme une déclinaison concrète de la philosophie du « Jub, Jubal, Jubanti » que le nouveau régime ambitionne d’inscrire durablement dans la gouvernance publique.

La question de la sécurité aux frontières a également occupé une part importante des discussions. Face aux menaces transfrontalières et aux risques liés au terrorisme djihadiste, le ministre a annoncé la création d’unités spécialisées de patrouilles. Ces unités auront pour mission de renforcer la vigilance, de surveiller les zones sensibles et de prévenir toute infiltration susceptible de mettre en péril la stabilité nationale.

Sur le plan électoral, Bamba Cissé a informé les députés que les préparatifs des élections territoriales de 2027 débuteront dès 2026. Il a toutefois signalé que le budget initialement prévu pour cette phase préparatoire, estimé à 1,016 milliard de francs CFA, reste insuffisant, plaidant pour une revalorisation afin d’assurer une organisation transparente et efficace du processus.

Le volet médiatique a également suscité des échanges nourris. Le ministre a défendu l’interpellation récente de journalistes ayant accordé une tribune à une personne recherchée sous mandat d’arrêt international. Selon lui, cette démarche constitue une « violation manifeste de la loi », rappelant que la sécurité nationale ne saurait être compromise sous le prétexte de liberté éditoriale.

Abordant finalement la problématique de la mendicité, Bamba Cissé a affirmé que la législation en vigueur sera désormais appliquée avec rigueur. Il a précisé que les étrangers impliqués dans des situations d’infraction feront systématiquement l’objet de mesures d’expulsion, dans le cadre d’une politique de restauration de l’ordre public et de lutte contre l’exploitation humaine.

En clôturant la séance, le ministre des Finances et du Budget a confirmé une augmentation de 7,63 % du budget alloué au ministère de l’Intérieur entre 2025 et 2026, reconnaissant le rôle crucial de ce département dans la préservation de la sécurité nationale. Avec cette hausse, le gouvernement entend renforcer davantage les moyens opérationnels et stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des réformes engagées.

À Abu Dhabi, Macky Sall appelle à une gouvernance inclusive et éthique de l’intelligence artificielle

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a marqué de sa présence la dernière journée du BRIDGE Summit à Abu Dhabi, ce 10 décembre. Invité à intervenir lors d’un panel consacré à l’impact des plateformes numériques, il a livré une réflexion approfondie sur les nouveaux défis de l’ère digitale, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle. Devant un public international composé de décideurs, d’experts et d’acteurs de la tech, Macky Sall a mis en avant la nécessité urgente d’une gouvernance mondiale concertée, capable d’anticiper les risques et d’encadrer les mutations en cours.

Dans son intervention, l’ancien chef de l’État a insisté sur les vulnérabilités que les sociétés contemporaines affrontent face à la croissance fulgurante des technologies numériques. Pour lui, l’absence de régulation harmonisée et de cadres éthiques partagés expose les identités culturelles, les valeurs civilisationnelles et surtout la jeunesse à de multiples dérives. Il a rappelé qu’au-delà des possibilités extraordinaires qu’offre l’IA, celle-ci peut aussi « redéfinir silencieusement des comportements, influencer les perceptions et fragiliser les fondements sociaux », si elle n’est pas maîtrisée. C’est dans ce contexte qu’il a de nouveau plaidé pour une gouvernance « consensuelle et inclusive », seule capable d’assurer une protection équilibrée des peuples et de leurs cultures.

Macky Sall a également insisté sur l’importance stratégique du positionnement africain dans les grandes discussions internationales autour de la transformation numérique. Il a souligné que l’Afrique ne peut plus se contenter d’être un simple terrain d’expérimentation ou de consommation technologique, mais doit devenir une partie prenante des décisions, notamment sur la souveraineté numérique, la protection des données, les infrastructures critiques et la sécurité culturelle. Selon lui, l’exclusion du continent de ces débats aurait des conséquences profondes sur son avenir politique, économique et social. « L’Afrique doit participer de façon plus active au débat sur cet enjeu majeur de notre temps », a-t-il lancé, appelant à une mobilisation collective, ambitieuse et structurée.

Le BRIDGE Summit d’Abu Dhabi s’impose aujourd’hui comme l’un des rendez-vous majeurs réunissant dirigeants publics, leaders du numérique et experts internationaux autour des mutations économiques, sociales et culturelles provoquées par les innovations technologiques. En prenant la parole lors de cet événement, Macky Sall s’inscrit dans une dynamique globale de réflexion sur les enjeux éthiques de l’IA. Son intervention rappelle que la transformation numérique ne peut être dissociée des impératifs de souveraineté, de solidarité internationale et de protection des générations futures.

À travers cet appel, l’ancien président sénégalais veut contribuer à une prise de conscience collective : pour que l’IA serve réellement le progrès humain, elle doit être encadrée par des principes inclusifs, respectueux des identités et attentifs aux réalités des pays en développement. Un message qui résonne fortement dans un monde où la technologie avance plus vite que les cadres de gouvernance censés la réguler.

Affaire du commissaire de l’AIBD : Abdou Mbow met la pression sur le ministre de l’Intérieur et exige des explications

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mercredi, lorsque le député Abdou Mbow a interpellé le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes au sein de la police. Au cœur de son intervention : l’affaire du commissaire de l’aéroport international Blaise Diagne, dont le limogeage annoncé par le ministère semble avoir été remis en question.

Dès le début de sa prise de parole, Abdou Mbow a rappelé au ministre l’importance de sa mission et les exigences éthiques qui doivent l’accompagner. Revenant sur la double identité professionnelle de Bamba Cissé, à la fois juriste et avocat, le député a insisté sur les valeurs de dignité, de probité, d’indépendance et de loyauté auxquelles un avocat est normalement tenu, estimant que ces principes devraient impérativement guider l’action d’un ministre de l’Intérieur. Pour Abdou Mbow, cette combinaison de doctrines – celle du ministère chargé de la sécurité et celle du métier d’avocat – devrait faire de Bamba Cissé « un homme juste, drapé de valeurs républicaines ».

Poursuivant son intervention, le parlementaire de l’opposition a tenu à rappeler au ministre que sa responsabilité dépasse désormais les logiques partisanes. Selon lui, Bamba Cissé ne peut plus agir comme le simple avocat d’un camp politique, mais doit servir l’ensemble des citoyens. « Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Vous avez 18 millions de clients, c’est-à-dire les Sénégalais », a-t-il affirmé, avant de mettre en garde contre la tentation d’instrumentaliser la police à des fins politiques. Il a averti qu’aucune dérive de ce type ne serait tolérée, estimant que le rôle des forces de sécurité doit rester strictement républicain.

Mais c’est surtout la situation du commissaire de l’AIBD qui a cristallisé les échanges. Abdou Mbow a demandé des éclaircissements sur l’incohérence apparente entre l’annonce du limogeage du commissaire et les informations selon lesquelles l’intéressé serait toujours en fonction. Il a ainsi interpellé directement le ministre, l’invitant à préciser si le commissaire est bel et bien resté en poste et, le cas échéant, à expliquer les raisons de ce revirement. Pour le député, une telle contradiction mérite une transparence totale, surtout dans un contexte où la gestion de la police est scrutée par l’opinion publique.

À travers cette interpellation, Abdou Mbow entend mettre en lumière ce qu’il perçoit comme un manque de clarté dans la gestion des affaires sensibles au sein du ministère de l’Intérieur. Son intervention souligne également les tensions persistantes entre l’opposition et les autorités, particulièrement sur les questions liées à la sécurité et à l’usage du pouvoir exécutif.

Le ministre Bamba Cissé, quant à lui, est désormais attendu sur une réponse publique et précise. L’affaire du commissaire de l’AIBD, loin d’être un simple incident administratif, soulève des interrogations sur les pratiques internes et sur la cohérence de la communication gouvernementale. Elle relance aussi le débat sur la nécessité de préserver l’indépendance et la neutralité des forces de sécurité dans un contexte politique chargé.

Fatick : la Douane maritime saisit 217 kg de chanvre indien d’une valeur de 24 millions FCFA

Une importante opération antidrogue menée par la brigade maritime de Fimela a permis la saisie de 217 kilogrammes de chanvre indien, une cargaison dont la valeur marchande est estimée à 24 millions de francs CFA. L’intervention, survenue dans la soirée du 5 décembre 2025, constitue l’une des plus significatives enregistrées ces derniers mois dans la région de Fatick.

Selon les informations rapportées par la subdivision douanière du Littoral sud, tout est parti de l’exploitation d’un renseignement jugé fiable faisant état de l’arrivée imminente, à Diofior, d’une pirogue chargée d’une quantité importante de drogue. Les agents de la Douane ont immédiatement mis en place un dispositif de surveillance discret afin d’intercepter le convoi suspect.

Arrivés sur les lieux vers 19 h 30, les douaniers ont entamé une veille opérationnelle dans les bolongs. Après une trentaine de minutes d’attente, une pirogue motorisée a été repérée, naviguant à vive allure et sans aucune lumière de signalisation, un comportement souvent associé aux trafiquants cherchant à éviter les contrôles. À l’approche du bateau suspect, les agents ont ordonné au capitaine de couper le moteur. Mais ce dernier a tenté de prendre la fuite en accélérant, provoquant une poursuite brève mais intense dans les méandres du Sine-Saloum.

La tentative d’évasion a pris fin lorsque l’embarcation s’est échouée sur un banc de sable, à quelques mètres du rivage. Profitant de la pénombre et de la faible profondeur, les occupants ont abandonné la pirogue pour s’échapper à pied dans les mangroves, laissant derrière eux leur cargaison.

Une fouille minutieuse a été effectuée par les agents de la brigade maritime, qui ont découvert huit colis soigneusement emballés, contenant au total 217 kilogrammes de chanvre indien. La drogue a été immédiatement saisie et mise sous scellés, en attendant la suite des procédures judiciaires.

Cette opération illustre une fois de plus l’intensification de la lutte contre les trafiquants dans la région du Sine-Saloum, zone souvent utilisée comme couloir par les réseaux criminels en raison de sa géographie labyrinthique et difficilement accessible. Les autorités douanières ont salué la réactivité des agents déployés et réaffirmé leur engagement à combattre sans relâche le trafic de stupéfiants, qui constitue une menace pour la sécurité et l’équilibre social des communautés locales.

Administration : le syndicat des travailleurs reconduit sa grève pour 48 heures les 11 et 12 décembre 2025

La tension monte d’un cran au sein de l’administration publique. Le Syndicat démocratique des Travailleurs de l’Administration (SDTA) du Sénégal a annoncé la reconduction de sa grève pour une nouvelle durée de 48 heures, prévue les jeudi 11 et vendredi 12 décembre 2025. Après la forte mobilisation observée lors de leur premier mouvement d’arrêt de travail les 4 et 5 décembre, les travailleurs ont décidé de maintenir la pression sur les autorités, jugeant les réponses obtenues jusque-là insuffisantes.

Dans leur communiqué, les responsables du SDTA pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une lenteur injustifiée du gouvernement dans le traitement de leurs revendications. Au cœur du désaccord, la matérialisation des accords portant sur la généralisation de l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de la Fonction publique. Les syndicalistes affirment qu’aucun progrès notable n’a été constaté depuis leur premier préavis, alors même que les échanges avec les autorités avaient laissé entrevoir un début de solution.

Cette nouvelle montée au créneau intervient dans un contexte où l’Intersyndicale des travailleurs de l’Administration avait déjà décrété une grève générale de 48 heures, renouvelable, à compter du 4 décembre. Ce premier mouvement, largement suivi dans les administrations centrales, les services déconcentrés ainsi que dans plusieurs directions régionales, se voulait un avertissement adressé à l’État pour rappeler l’urgence d’appliquer les engagements pris dans le cadre du dialogue social.

Cependant, selon le SDTA, aucune réponse concrète n’a été apportée depuis, ce qui témoignerait d’un manque de considération à l’égard des préoccupations légitimes des agents. Les responsables syndicaux estiment que le gouvernement tarde à mettre en œuvre une mesure pourtant validée, et qui permettrait d’harmoniser les traitements entre les différents corps de la Fonction publique, tout en réduisant les disparités persistantes en matière d’avantages sociaux.

La reconduction de la grève risque ainsi de perturber à nouveau plusieurs services administratifs, en particulier ceux orientés vers l’accueil du public. Les démarches telles que la délivrance de documents administratifs, le traitement des dossiers ou encore certaines opérations techniques pourraient connaître des ralentissements notables.

Malgré la fermeté de leur position, les syndicalistes réaffirment leur disponibilité au dialogue. Ils soulignent toutefois que seule la prise d’engagements fermes, assortis d’un calendrier précis, pourra mettre fin à leur mouvement d’humeur. Dans un contexte marqué par une forte demande sociale et de multiples tensions dans différents secteurs, cette nouvelle phase du bras de fer pourrait contraindre le gouvernement à accélérer les négociations afin d’éviter une paralysie prolongée de l’administration publique.

Droits humains : le Forum du justiciable alerte l’ONU sur la santé critique de plusieurs détenus au Sénégal

La situation sanitaire de certains détenus hospitalisés au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec continue d’inquiéter. Face à ce qu’il qualifie de « violations graves du droit à la santé », le Forum du justiciable a officiellement interpellé Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. Dans une correspondance datée du 9 décembre 2025, l’organisation dirigée par Babacar Ba appelle à une intervention urgente de l’instance onusienne.

Depuis plusieurs mois, le traitement réservé aux détenus, notamment ceux impliqués dans des dossiers perçus comme politiquement sensibles, alimente le débat public et suscite l’indignation d’une partie de la société civile. Malgré les alertes répétées, certains prisonniers gravement malades continuent d’être maintenus en détention dans des conditions jugées inadaptées, même en milieu hospitalier.

Selon les informations relayées par Les Échos, plusieurs personnalités sous surveillance médicale figurent parmi les cas que l’ONG juge critiques. Il s’agit notamment de Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye, Mabintou Diaby et Khadim Ba. Le Forum du justiciable estime que leur état de santé est « gravement compromis » et « incompatible avec toute forme de détention ». L’organisation souligne que le Pavillon spécial ne dispose ni des ressources ni de l’environnement nécessaires pour assurer un suivi médical constant et adéquat pour ces patients.

Dans sa lettre adressée aux Nations Unies, Babacar Ba rappelle que le Sénégal est lié par des engagements internationaux clairs en matière de protection des personnes privées de liberté. Le droit à la santé, insiste-t-il, ne souffre aucune exception, y compris pour les personnes en détention, et constitue une obligation à laquelle l’État doit impérativement se conformer.

Le Forum du justiciable formule ainsi deux demandes principales : l’octroi de libertés provisoires immédiates aux détenus considérés comme médicalement inaptes à la détention, et un rappel officiel des engagements internationaux du Sénégal concernant la protection des personnes vulnérables. Selon l’ONG, ces mesures sont indispensables pour éviter des conséquences irréversibles sur la santé – voire la vie – des prisonniers concernés.

L’organisation se dit disposée à fournir toutes les informations supplémentaires dont pourrait avoir besoin le Haut-Commissariat afin d’éclairer la nature et la gravité des violations alléguées. Par cette démarche, le Forum du justiciable espère susciter une pression internationale capable de contraindre les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits fondamentaux des détenus les plus fragiles.

Vol de 6 310 bidons d’huile chez Aziz Ndiaye : une “mafia interne” impliquant un ami d’enfance mise au jour

L’affaire suscite stupéfaction et indignation dans l’entourage d’Aziz Ndiaye. L’homme d’affaires, patron de l’entreprise Aziz Business Company (ABC), a découvert un détournement massif au cœur même de sa société : 6 310 bidons d’huile « J’adore » de 20 litres ont été subtilisés dans l’entrepôt de Cambérène. Le préjudice, estimé à plus de 101 millions de francs CFA, révèle l’existence d’un système organisé qui opérait depuis plusieurs mois.

Selon les révélations du journal Libération, publiées ce mercredi, trois personnes sont au centre du scandale. Il s’agit des magasiniers A. Cissé et K. Mbaye, ainsi que de M. Lô, ancien directeur commercial et surtout ami d’enfance d’Aziz Ndiaye. Ce dernier élément donne à l’affaire une gravité particulière, la trahison émanant non pas d’un simple employé, mais d’un proche de longue date, occupant une position stratégique dans l’entreprise.

L’alerte a été déclenchée lorsque des incohérences ont été repérées dans la gestion des stocks. Soucieux de comprendre l’origine de ces irrégularités, Aziz Ndiaye a ordonné un inventaire approfondi. Celui-ci a mis en lumière un mécanisme bien huilé de détournement : des sorties frauduleuses, des quantités manipulées et une complicité interne qualifiée de véritable « mafia » par le quotidien.

Face à l’ampleur des révélations, l’homme d’affaires a saisi la Section de recherches de Dakar. Les enquêteurs ont rapidement avancé et obtenu les premières confessions. Interpellé en premier, le magasinier A. Cissé a admis avoir transféré plusieurs cargaisons volées à M. Lô, qu’il a désigné comme le principal instigateur. Selon les informations relayées, celui-ci aurait profité des jours du Gamou de Tivaouane – période durant laquelle Aziz Ndiaye était pris par des engagements religieux – pour intensifier les opérations frauduleuses.

Le second magasinier, K. Mbaye, a lui aussi reconnu sa participation, confirmant l’existence d’un réseau structuré et d’un mode opératoire répété. Arrêté par la suite, M. Lô a fini par avouer, tout en tentant d’atténuer les faits, affirmant n’avoir détourné « que » 6 050 bidons, un chiffre en dessous de celui établi par l’inventaire.

Une médiation pénale a été engagée, à la demande de la victime, pour tenter de récupérer une partie des pertes. Dans ce cadre, M. Lô a restitué 40 millions de francs CFA en espèces, auxquels s’ajoute un véhicule évalué à 18 millions. Le montant total rendu s’élève ainsi à 58 millions de francs CFA, loin de couvrir l’intégralité du préjudice estimé.

Cette affaire met en lumière les vulnérabilités internes auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises locales, mais aussi la nécessité d’un contrôle rigoureux des chaînes logistiques et des systèmes de gestion. Pour Aziz Ndiaye, au-delà des pertes financières, c’est surtout une blessure humaine et morale qui marque ce dossier, la trahison venant d’un ami de toujours.

À l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall interpelle le ministre de l’Intérieur sur la situation de la police et les tensions universitaires

Lors de la séance plénière tenue ce mercredi à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a interpellé le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, sur plusieurs sujets jugés sensibles, touchant à la fois au fonctionnement de la police nationale et à la gestion récente des tensions survenues dans les milieux universitaires.

Dès l’entame de son intervention, il a attiré l’attention de l’hémicycle sur la situation de 312 policiers de la “première corde”, libérés entre avril et mai 2025. Cette décision, encore entourée de zones d’ombre selon le parlementaire, nécessite des explications précises sur les motifs avancés, les procédures appliquées et les critères retenus pour justifier leur libération. Thierno Alassane Sall a d’ailleurs souligné l’incohérence apparente d’un processus ayant abouti à l’éviction de certains agents, tandis que d’autres issus de la même formation exercent toujours au sein de la police nationale.

Le député a ensuite évoqué les difficultés rencontrées par les agents de la 49ᵉ promotion, qui, selon lui, n’ont pas perçu de salaire depuis vingt-deux mois. Une situation d’autant plus préoccupante que ces policiers ont été mobilisés dans des dispositifs de sécurité majeurs, notamment lors de grands événements religieux. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers des agents engagés au service de l’État mais laissés sans rémunération pendant une période anormalement longue.

En abordant la situation sur les campus universitaires, Thierno Alassane Sall a exprimé sa préoccupation face aux “images préoccupantes d’étudiants blessés” lors des récents affrontements. Il a rappelé que par le passé, l’usage de la force dans les universités avait suscité une forte indignation de la part de nombreux responsables politiques et s’est interrogé sur ce qui, aujourd’hui, semble avoir modifié leurs réactions. Le député a appelé les étudiants à éviter toute forme d’escalade et à privilégier des mobilisations pacifiques, tout en invitant le gouvernement à clarifier sa gestion des incidents. Il a demandé si des enquêtes officielles avaient été ouvertes afin de déterminer les circonstances exactes des violences et d’identifier les responsabilités.

Thierno Alassane Sall a également dénoncé ce qu’il qualifie de climat de pression interne pesant sur les forces de police. Il a cité des cas de sanctions rapides visant certains responsables ainsi que des interventions contestées dans des organes de presse. Pour lui, ces pratiques contribuent à fragiliser l’institution policière et à semer le doute sur la cohérence de sa gestion par les autorités.

Malgré ces critiques, le député a tenu à saluer le professionnalisme de nombreux agents. Il a notamment évoqué l’exemple d’un policier agressé par une foule qui, selon lui, a fait preuve d’un sang-froid exemplaire. Ce geste symbolique illustre, à ses yeux, l’importance de soutenir les forces de sécurité, de les accompagner et de veiller à une gestion responsable qui préserve leur moral et leur mission essentielle dans la stabilité du pays.

En conclusion, Thierno Alassane Sall a insisté sur la nécessité pour l’État de rétablir la confiance à l’intérieur de l’institution policière et d’assurer une gestion transparente et équitable, afin de garantir l’efficacité et la crédibilité des forces de sécurité au service de la nation.

Macky Sall plaide pour une gouvernance inclusive de l’intelligence artificielle au BRIDGE Summit d’Abu Dhabi

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a pris part ce lundi à la journée de clôture du BRIDGE Summit à Abu Dhabi, un rendez-vous mondial rassemblant chaque année des dirigeants, des experts en technologie et des acteurs institutionnels autour des enjeux de l’innovation et du développement. Invité à intervenir lors d’un panel consacré à l’impact croissant des plateformes numériques, l’ancien chef de l’État a livré une réflexion approfondie sur les mutations en cours et les responsabilités qu’elles impliquent.

S’exprimant devant un public composé de décideurs et de spécialistes des technologies émergentes, Macky Sall a souligné la nécessité d’établir une gouvernance consensuelle et inclusive de l’intelligence artificielle (IA). Selon lui, les progrès fulgurants enregistrés dans ce domaine ne doivent pas occulter l’importance de préserver les valeurs culturelles et civilisationnelles propres à chaque peuple. Il a insisté sur la vigilance indispensable pour éviter que les innovations technologiques ne fragilisent les identités ou les équilibres sociaux déjà existants.

L’ancien président a également mis l’accent sur la protection de la jeunesse, particulièrement exposée aux risques liés aux usages déviants ou non maîtrisés des plateformes numériques. Face à la rapidité des transformations digitales, il estime essentiel d’encadrer davantage ces espaces afin de garantir un environnement numérique sécurisé, éthique et respectueux des droits des jeunes utilisateurs.

Abordant ensuite la place du continent africain dans les grandes transitions technologiques, Macky Sall a plaidé pour une participation plus active de l’Afrique aux débats internationaux relatifs à l’IA. Pour lui, il est impératif que les pays africains soient pleinement associés à la définition des normes, des politiques publiques et des stratégies mondiales qui façonneront l’avenir numérique. Il a rappelé que l’intelligence artificielle constitue l’un des enjeux majeurs de ce siècle et qu’il serait préjudiciable que l’Afrique en reste spectatrice.

Journée mondiale des droits de l’Homme : la CNDH appelle à un renforcement des droits fondamentaux au Sénégal

À l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’Homme, célébrée chaque 10 décembre pour commémorer l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du Sénégal a lancé un appel solennel en faveur du renforcement des principes fondamentaux dans le pays.

Dans un message rendu public, la Présidente de la CNDH a réaffirmé l’engagement « indéfectible » de l’institution à promouvoir, protéger et défendre les droits de toutes et de tous, sans distinction. Selon le communiqué, le Sénégal doit redoubler d’efforts pour consolider l’État de droit, garantir la justice, l’égalité et la dignité humaine, tout en renforçant la participation citoyenne. La Commission insiste sur le fait que la prévention et la protection des droits humains constituent une responsabilité à la fois individuelle et collective.

Cette déclaration s’inscrit dans un contexte national où la consolidation des acquis démocratiques et la question des libertés publiques demeurent au cœur des débats sociaux et politiques. La CNDH rappelle que chaque acteur de la société a un rôle à jouer pour assurer l’effectivité des droits humains et pour contribuer à l’instauration d’un environnement respectueux des principes fondamentaux.

Dans le cadre de sa stratégie visant à encourager la dynamique nationale, la CNDH a annoncé le lancement d’une innovation majeure : le « Prix national des droits de l’Homme ». Cette distinction, qui sera décernée pour la première fois le 15 décembre prochain au King Fahd Palace, a pour objectif de valoriser et de reconnaître les initiatives et les acteurs qui œuvrent concrètement pour la promotion de la dignité humaine à travers le pays.

Randonnée civique : Kaolack donne le ton pour une année sportive dédiée aux valeurs républicaines

L’Inspection d’académie de Kaolack a procédé, ce mercredi 10 décembre 2025, au lancement officiel des activités du sport scolaire pour l’année 2025-2026 à travers une grande randonnée pédestre ayant réuni élèves, enseignants, parents d’élèves et acteurs institutionnels. L’événement, marqué par une forte mobilisation, s’inscrit dans la dynamique nationale visant à renforcer les valeurs civiques chez les jeunes.

Encadrée par les forces de défense et de sécurité, la randonnée s’est déroulée en présence du commandant de la zone militaire n°3, chaleureusement salué par les organisateurs pour son appui constant au système éducatif sénégalais.

S’exprimant à l’issue de l’activité, l’Inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a rappelé l’importance du thème retenu cette année : « Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation à travers le sport pour mieux promouvoir les valeurs civiques ». Un thème qui, selon lui, met en évidence le rôle essentiel du sport comme outil de formation citoyenne.

« Nous avons échangé avec les élèves pour leur rappeler l’importance de construire et de développer les valeurs civiques et morales à travers l’éducation, mais aussi à travers le sport. Nous croyons que le message est bien passé », a déclaré M. Diakhaté.

L’Inspecteur d’académie a également salué le travail des professeurs d’éducation physique et sportive, des équipes pédagogiques, des inspecteurs de l’éducation et de la formation ainsi que l’ensemble des personnels mobilisés pour la réussite de cette journée.

Il a souligné que le civisme doit être un comportement quotidien, fondé sur le respect des institutions, des symboles de la République, ainsi que sur la préservation d’un environnement scolaire sain et propice à l’apprentissage.

Cette randonnée marque ainsi le coup d’envoi d’une année sportive placée sous le signe de la citoyenneté, de la discipline et de l’engagement communautaire au sein des établissements scolaires de Kaolack.

Abdou Mbow interpelle le ministre de l’Intérieur : « La police ne doit pas devenir un instrument de répression politique »

Lors de la récente séance de l’Assemblée nationale consacrée au vote du budget du ministère de l’Intérieur, le député Abdou Mbow a adressé une critique sévère et directe au ministre Bamba Cissé. Devant ses collègues parlementaires, le député de Takku Wallu a dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du ministère, rappelant au ministre que sa mission doit servir l’ensemble des Sénégalais et non les intérêts particuliers de l’exécutif.

« Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Mais de plus de 18 millions de Sénégalais maintenant », a-t-il souligné, insistant sur le rôle essentiel du ministère comme service de l’État au service de tous les citoyens, et non comme un outil au service du gouvernement en place. Selon lui, le ministère de l’Intérieur doit rester impartial et protéger les droits et libertés de tous, sans distinction politique.

Le parlementaire a également interpellé Bamba Cissé sur des événements récents survenus dans le pays, notamment à l’université. Il a fait référence à l’intervention des forces de l’ordre sur un campus, un lieu symbolique de la liberté d’expression et de débat, rappelant que ce type d’action contribue souvent à accentuer les tensions dans les établissements universitaires. Abdou Mbow n’a pas manqué de mentionner les arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une atteinte aux libertés fondamentales des citoyens.

Dans un ton solennel, le député a lancé une alerte forte sur les risques de dérive, accusant le ministre de « trahir sa mission en transformant la police en instrument de répression politique au service du Premier ministre », tout en jouant avec les libertés publiques. Cette intervention marque un moment de tension au sein de l’Assemblée nationale, et illustre les préoccupations croissantes autour de l’équilibre entre sécurité, politique et respect des droits civiques au Sénégal.

UCAD : Le Collectif des Amicales suspend la grève mais menace de la reprendre si l’État n’agît pas

Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a annoncé, ce mercredi, la suspension de son mot d’ordre de grève, tout en appelant les étudiants à reprendre le chemin des amphithéâtres dès jeudi. Cette décision, toutefois, reste conditionnée au retrait effectif des forces de l’ordre déployées ces derniers jours sur le campus universitaire. Sans cette mesure préalable, la suspension ne saurait entrer en vigueur, prévient le Collectif.

Dans un communiqué rendu public, les représentants des amicales expliquent avoir longuement consulté leur base avant de convenir d’une trêve provisoire destinée à favoriser une sortie de crise. Ils ont également formulé deux propositions pour le règlement de la question des rappels de bourses, évalués à 515 000 francs CFA par étudiant. La première consiste en un versement initial de 300 000 francs CFA prévu pour février 2026, suivi d’un second paiement de 215 000 francs CFA en avril de la même année. La seconde proposition maintient également un premier décaissement de 300 000 francs CFA en février 2026, mais prévoit que le reliquat soit réparti progressivement dans les paiements mensuels jusqu’en septembre 2026.

Face à ce qu’il juge être une situation préoccupante, le Collectif annonce avoir déposé une déclaration pour organiser une marche pacifique ce vendredi. L’itinéraire envisagé reliera la grande porte de l’UCAD au Palais de la République, une manière pour les étudiants d’exprimer publiquement leur mécontentement et d’interpeller directement les autorités. En amont de cette mobilisation, une déclaration publique est programmée ce jeudi à partir de 10 heures, à laquelle l’ensemble de la presse est convié.

Affaire des véhicules détournés : Mo Gates placé en garde à vue à la DIC

L’homme d’affaires Mohamet Bakara Diallo, connu sous le pseudonyme de Mo Gates, a été placé en garde à vue à la Brigade des affaires générales (BAG) de la Division des investigations criminelles (DIC). Âgé de 36 ans, il est visé par de lourdes accusations, notamment d’association de malfaiteurs et de détournement d’objets saisis, dans une affaire mêlant commerce automobile international et soupçons de fraude organisée.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition de ce mercredi, l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par un individu nommé Papa Mbaye. Celui-ci accuse Mo Gates et un autre associé, Mamadou Lamine Sèye — actuellement en fuite et supposé se trouver au Maroc — d’avoir monté une opération commerciale frauduleuse.

Les enquêteurs ont découvert qu’un « business » avait été mis en place par le trio, consistant à acheter des véhicules aux États-Unis pour les revendre sur le marché sénégalais. Papa Mbaye, qui aurait investi plus de 66 millions de francs CFA dans l’opération, affirme n’avoir jamais récupéré son argent. La situation s’est aggravée lorsqu’un malentendu portant sur sept véhicules importés a éclaté. Face à ce différend, Papa Mbaye avait saisi le tribunal de commerce, qui avait ordonné une saisie conservatoire des véhicules, une décision dûment notifiée par un huissier.

Cependant, malgré l’ordonnance judiciaire, Mamadou Lamine Sèye et Mohamet Bakara Diallo auraient réussi à vendre les véhicules concernés, sans reverser aucune somme au plaignant. Pour les enquêteurs, cet acte constitue une entrave claire à une décision de justice et un détournement d’objets saisis, ce qui alourdit considérablement les charges retenues contre les mis en cause.

Convoqué et interrogé, Mo Gates a tenté de se dédouaner en affirmant que les véhicules visés par la saisie n’avaient pas été vendus. Toutefois, il n’a pas été en mesure d’indiquer où se trouvaient ces voitures, ce qui a renforcé les soupçons des enquêteurs et nourri les inquiétudes quant à une possible opération frauduleuse menée en toute connaissance des risques juridiques.

La garde à vue de Mo Gates se poursuit dans le cadre de l’enquête menée par la DIC, tandis que les autorités cherchent toujours à localiser Mamadou Lamine Sèye, considéré comme un acteur central du dossier. L’affaire, qui mêle argent, commerce international et fuite présumée à l’étranger, continue de susciter un vif intérêt, tant par l’ampleur des sommes en jeu que par la personnalité médiatisée de Mo Gates, déjà connu dans certains cercles d’affaires au Sénégal.

Arrestation d’une domestique à Diamaguène Sicap Mbao pour un vol de trois millions FCFA : son amant activement recherché

Le poste de police de Diamaguène Sicap Mbao a procédé à l’arrestation d’une jeune femme employée comme domestique, soupçonnée d’avoir dérobé la somme de trois millions (3 000 000) de francs CFA au préjudice de son employeur. Elle a été placée en garde à vue tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retrouver son amant, actuellement en fuite.

Selon les informations recueillies, l’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par la propriétaire de la maison, qui a déclaré avoir constaté la disparition de l’importante somme d’argent qu’elle avait soigneusement dissimulée sous ses habits dans sa chambre. La plaignante, qui emploie la mise en cause depuis presque un an pour l’entretien de sa chambre, a affirmé avoir remarqué à plusieurs reprises de petits vols, qu’elle avait jusque-là choisi de laisser passer faute de preuves tangibles. Toutefois, la disparition de cette somme conséquente l’a poussée à alerter l’ensemble des occupants de la maison et à saisir immédiatement les forces de l’ordre.

Les premiers interrogatoires menés par les policiers ont permis de resserrer les soupçons autour de la domestique. Rapidement, les enquêteurs ont orienté leurs recherches vers les transactions financières de la mise en cause. L’exploitation de son « wallet » a révélé des mouvements d’argent inhabituels, comprenant des transferts portant sur de fortes sommes effectuées peu de temps après la disparition du montant signalé.

Les investigations ont montré qu’une partie significative de l’argent volé a été remise au petit ami de la mise en cause. Selon les éléments recueillis, ce dernier aurait utilisé ces fonds pour la confection d’une chambre à coucher et pour initier d’autres projets personnels. D’autres montants importants ont également été envoyés par la suspecte à sa grande sœur installée à Thioubène. Le reste de l’argent aurait servi à l’achat d’habits et de divers objets de luxe destinés à son usage personnel.

Face aux éléments accablants, les policiers ont procédé à son arrestation. Quant à son amant, il est actuellement en fuite et fait l’objet de recherches actives. Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de faire toute la lumière sur cette affaire et d’identifier d’éventuelles complicités.

L’enquête suit son cours.

11 Nigérianes et un Sénégalais arrêtés à Karang : la SR de Kaolack démantèle une mafia du sexe

Une vaste opération de la Section de recherches de Kaolack a permis de mettre fin à un réseau de proxénétisme qui sévissait depuis plusieurs mois à Karang, localité frontalière du Sénégal et de la Gambie. L’affaire a été déclenchée à la suite d’un renseignement exploité par les enquêteurs, signalant l’existence d’une organisation criminelle spécialisée dans l’exploitation sexuelle de jeunes femmes nigérianes. Selon des sources de Seneweb proches du parquet, cette mafia était dirigée par une ressortissante nigériane appuyée par un complice sénégalais.

Dès réception du renseignement, la SR a déployé un dispositif de surveillance pour cerner les contours du réseau et identifier les lieux utilisés par les trafiquants. Les premiers éléments recueillis ont révélé un mode opératoire redoutablement structuré. Les proxénètes faisaient venir leurs victimes par voie terrestre depuis le Nigeria, sous prétexte de leur offrir un emploi stable au Sénégal. Mais une fois arrivées à Karang, les jeunes femmes, entrées irrégulièrement sur le territoire, se retrouvaient piégées. Leur voyage, présenté comme une opportunité, se transformait en cauchemar. Trompées et isolées, elles étaient contraintes de se prostituer et de verser quotidiennement une somme à la recruteuse qui les maintenait sous son emprise.

Les conditions de vie de ces victimes témoignaient de l’exploitation qu’elles subissaient. Elles étaient entassées dans des cabanes insalubres, installées sur un terrain loué pour 25 000 F CFA par mois. Les trafiquants y avaient construit cinq abris de seulement 2,25 m² chacun, qui servaient à la fois de logements et de lieux de prostitution. Dans cet environnement précaire, les dix jeunes Nigérianes vivaient dans une totale détresse, dépendant entièrement de leurs bourreaux qui se partageaient les recettes tirées de leur exploitation.

Le vendredi 5 décembre, aux environs de 7 heures, la SR de Kaolack, appuyée par l’escadron de surveillance et d’intervention de Sokone, a lancé une descente musclée sur les lieux. L’opération a permis l’interpellation de douze personnes : un Sénégalais et onze Nigérianes. La perquisition a mis au jour des éléments matériels accablants, dont un seau rempli de préservatifs et plusieurs carnets sanitaires, confirmant l’existence d’une activité de prostitution organisée.

L’enquête a établi que les deux principaux mis en cause avaient monté une véritable entreprise criminelle reposant sur la traite, le trafic de migrants et le proxénétisme. Au terme des investigations, tous les suspects ont été inculpés pour association de malfaiteurs, traite et trafic de personnes, séjour irrégulier, proxénétisme et racolage sur la voie publique.

Budget 2026 du Ministère de l’Intérieur : un investissement stratégique de 220 milliards FCFA pour la sécurité et la cohésion sociale

Le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, arrêté à 222,2 milliards FCFA en autorisations d’engagement (AE) et 220 milliards FCFA en crédits de paiement (CP), est examiné ce mercredi 10 décembre 2025 en séance plénière à l’Assemblée nationale. Cette enveloppe substantielle traduit la volonté des autorités de consolider la sécurité intérieure, d’améliorer la gouvernance administrative et de renforcer la protection des populations dans un contexte marqué par de nouveaux défis sécuritaires et sociaux.

Le premier volet du budget porte sur le pilotage, la coordination et la gestion administrative. Le Programme 1003 bénéficie d’une dotation de 6,64 milliards FCFA en AE et 6,61 milliards FCFA en CP. L’essentiel de ces ressources est destiné à assurer la continuité institutionnelle du ministère, à travers des dépenses de personnel estimées à 1,52 milliard FCFA, des dépenses en biens et services de 1,88 milliard FCFA et des investissements publics de 3,21 milliards FCFA. Ce programme constitue le socle organisationnel de l’administration centrale, permettant le fonctionnement optimal des services et le pilotage stratégique des politiques publiques.

La sécurité publique demeure la priorité majeure du département, comme en témoigne la dotation record attribuée au Programme 2009. Ce dernier concentre 152,3 milliards FCFA en AE et 150,8 milliards FCFA en CP, faisant de lui le premier poste budgétaire du ministère. Cette enveloppe couvre notamment les dépenses de personnel, qui s’élèvent à 86,08 milliards FCFA, et l’achat de biens et services pour un montant de 13,4 milliards FCFA. Les transferts courants atteignent 13,68 milliards FCFA, confirmant l’ambition des autorités de renforcer les capacités humaines, techniques et logistiques des forces de sécurité. Dans un contexte marqué par des enjeux de criminalité, de gestion des risques et de prévention, cette allocation vise à garantir une présence sécuritaire renforcée sur tout le territoire.

Un troisième programme, également orienté vers la sécurité opérationnelle, bénéficie d’un financement de 27,4 milliards FCFA en AE et 15,6 milliards FCFA en CP. Ses ressources sont destinées au fonctionnement et à la modernisation des outils logistiques du ministère. Les dépenses de personnel y sont évaluées à 525,6 millions FCFA, tandis que les biens et services mobilisent 145,3 millions FCFA. Les transferts courants atteignent 1,9 milliard FCFA, alors que les investissements absorbent l’essentiel du budget avec 24,8 milliards FCFA en AE et 13,1 milliards FCFA en CP. Ce programme joue un rôle déterminant dans la rénovation des infrastructures, l’acquisition d’équipements modernes et l’amélioration de la réactivité des services de sécurité.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministère se voit confier une dimension sociale essentielle à travers le Programme 2130, consacré à la famille, à l’enfance et à la protection des groupes vulnérables. Doté de 104,28 milliards FCFA en AE et 104,18 milliards FCFA en CP, il matérialise la volonté gouvernementale de renforcer la solidarité nationale. Ce programme mobilise 2,54 milliards FCFA pour le personnel, 1,08 milliard FCFA pour les biens et services, et 41,4 milliards FCFA en transferts courants destinés au soutien des populations vulnérables. Les investissements y occupent une place importante, avec 24,04 milliards FCFA en AE et 23,95 milliards FCFA en CP, et visent notamment à améliorer les mécanismes de prise en charge sociale, moderniser les structures d’accueil et appuyer les initiatives de protection de l’enfance.

Dans son ensemble, le budget 2026 du Ministère de l’Intérieur s’inscrit dans une stratégie nationale articulée autour de deux priorités : la sécurisation du territoire et le renforcement de la cohésion sociale. Avec plus de 220 milliards FCFA mobilisés, le projet reflète la détermination des autorités à moderniser les services de l’État, professionnaliser les forces de sécurité, renforcer la résilience des populations et répondre efficacement aux défis contemporains. L’examen de ce budget par les députés revêt ainsi un enjeu majeur, tant pour la stabilité intérieure que pour le bien-être des citoyens.

Vol massif chez Aziz Business Company : une trahison interne qui secoue l’empire d’Aziz Ndiaye

Un scandale d’une ampleur exceptionnelle secoue Aziz Business Company (ABC), la société appartenant à l’homme d’affaires Aziz Ndiaye. D’après les révélations explosives du quotidien Libération, publiées ce mercredi, un détournement massif orchestré depuis l’intérieur même de l’entreprise a été mis au jour. Pas moins de 6 310 bouteilles d’huile « J’adore » de 20 litres ont disparu de l’entrepôt principal de Cambérène, causant un préjudice évalué à 101 425 000 francs CFA. L’affaire défraie la chronique, tant par le volume des pertes que par l’identité des présumés auteurs.

Selon Libération, les principaux suspects sont deux magasiniers, A. Cissé et K. Mbaye, épaulés par un homme dont le rôle suscite stupeur et indignation : M. Lô, ancien directeur commercial d’ABC, décrit comme un « ami de longue date » d’Aziz Ndiaye. Cette dimension personnelle donne à l’affaire un relief particulier, celui d’une trahison surgissant du cœur même du cercle de confiance du patron d’ABC.

Tout commence lorsque Aziz Ndiaye remarque des incohérences dans la gestion des stocks. Soupçonneux, il ordonne immédiatement un inventaire complet. Ce contrôle révèle alors un système de détournement méticuleusement conçu, répétitif et parfaitement structuré, au point d’être qualifié de « mafia interne » par Libération. Face à l’ampleur du manque constaté, l’homme d’affaires saisit la Section de recherches de Dakar, déclenchant une enquête qui ne tardera pas à faire tomber les masques.

Le premier à être interpellé est A. Cissé. Confronté aux preuves, il finit par passer aux aveux. Il explique avoir régulièrement remis les quantités détournées à M. Lô, présenté comme le véritable cerveau de l’opération. Selon le journal, ce dernier aurait profité de la période du Gamou de Tivaouane — une période durant laquelle Aziz Ndiaye était fortement mobilisé pour les besoins religieux de cet événement — pour exécuter son plan à grande échelle. Lorsque les enquêteurs arrêtent ensuite le second magasinier, K. Mbaye, celui-ci confirme à son tour les faits, reconnaissant l’existence du trafic de grande ampleur.

L’étau se resserre finalement autour de M. Lô, qui est arrêté peu après. Lors de son interrogatoire, rapporte Libération, il reconnaît l’existence du détournement mais tente de minimiser son rôle, affirmant avoir volé « seulement » 6 050 bouteilles, un chiffre légèrement inférieur à celui avancé par l’inventaire officiel. Malgré cette tentative d’atténuation, son implication ne fait aucun doute pour les enquêteurs.

Face aux dégâts financiers subis, une médiation pénale est finalement mise en place, avec l’accord d’Aziz Ndiaye. Toujours selon Libération, M. Lô a déjà restitué 40 millions de francs CFA en liquide, auxquels s’ajoute une voiture estimée à 18 millions. Ce remboursement de 58 millions représente un peu plus de la moitié du préjudice total causé à l’entreprise. Si cette restitution allège partiellement les pertes, elle n’efface ni la violence morale de la trahison, ni la sophistication du système de détournement qui a permis de siphonner l’un des produits les plus stratégiques d’ABC.

Affaire des 125 milliards : Farba Ngom enfin convoqué pour une audition décisive après neuf mois de détention

Alors que le dossier paraissait enlisé depuis plusieurs mois, une nouvelle phase cruciale s’ouvre pour le député-maire d’Agnam. Selon Les Échos, Farba Ngom est convoqué le lundi 15 décembre devant le juge d’instruction du Pool judiciaire financier pour une audition au fond dans l’affaire des 125 milliards de francs CFA. Il s’agit de la première occasion, depuis son inculpation et son placement sous mandat de dépôt le 27 février, pour l’ancien proche du pouvoir de livrer sa version des faits et de se défendre face aux accusations qui pèsent sur lui. Pour ses avocats, cette étape pourrait ouvrir la voie à la possibilité d’un cautionnement suivi d’une éventuelle mainlevée du mandat de dépôt.

Cette convocation intervient après une longue période de silence procédural. Durant plus de neuf mois, le député-maire est resté en détention provisoire sans être interrogé sur le fond du dossier. Une situation qui suscitait, selon Les Échos, incompréhensions et frustrations dans son entourage, d’autant plus que l’ensemble des autres personnes citées dans cette affaire avaient déjà été entendues par le magistrat instructeur. Le juge semble avoir privilégié une stratégie consistant à clore les auditions périphériques avant d’interroger les deux principales figures du dossier : Farba Ngom et l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Tous deux apparaissent dans le rapport de la CENTIF, qui les présente comme des acteurs centraux d’un système présumé d’escroquerie portant sur des deniers publics, avec d’éventuels faits de blanchiment d’argent. Une affaire gigantesque, portant sur un montant faramineux de 125 milliards de francs CFA, et qui continue de nourrir interrogations et débats dans les sphères judiciaires comme politiques.

À quelques jours de l’audition annoncée, une question capitale demeure : Farba Ngom sera-t-il en mesure, physiquement, d’y assister ? Les Échos rappelle que plusieurs expertises médicales, réalisées par des professeurs de médecine, ont conclu à l’« incompatibilité » de son état de santé avec la détention en milieu carcéral. Malgré ces avis médicaux jugés préoccupants, le ministère public n’a pas donné suite aux demandes de mainlevée du mandat de dépôt formulées par sa défense. La Chambre d’accusation avait pourtant ordonné une assignation à résidence, mais cette décision a été immédiatement contestée par le Parquet général devant la Cour suprême, prolongeant encore l’incertitude autour de la situation judiciaire de l’édile d’Agnam.

Ses avocats restent prudents quant à sa capacité physique à supporter une audition longue et potentiellement éprouvante. Ils limitent leurs déclarations publiques, mais dans l’entourage du maire, l’inquiétude grandit à mesure que s’approche le 15 décembre. Si l’audition se tient comme prévu, elle pourrait constituer un tournant majeur dans une affaire aussi sensible que tentaculaire, où s’entremêlent enjeux judiciaires, considérations politiques et interrogations sur la santé d’un homme au centre d’un des plus importants dossiers financiers de ces dernières années au Sénégal.

Gestion des indemnisations : Mbaye Dione interpelle vigoureusement le ministre Maïmouna Dieye à l’Assemblée nationale

Lors de l’examen du budget du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le député Mbaye Dione a vivement interpellé la ministre Maïmouna Dieye sur la gestion des indemnisations destinées aux victimes des événements survenus entre 2021 et 2024. Son intervention, marquée par un ton ferme, a mis en lumière de nombreuses zones d’ombre dans la répartition de ces fonds publics, estimés à près de 8 milliards de francs CFA.

Selon le parlementaire, la ministre n’aurait pas dû procéder à la distribution de ces indemnisations avant que la justice ne statue clairement sur les responsabilités liées aux violences de ces années. Pour Mbaye Dione, cette démarche pourrait exposer la ministre à des conséquences institutionnelles : « Je ne vous souhaite que du bien, mais demain, si la Cour des comptes vous demande des explications, vous n’en aurez pas… », a-t-il déclaré, soulignant un risque de gestion irrégulière des deniers publics.

Le député a également mis en cause l’efficacité du processus de distribution, en affirmant que de nombreuses victimes n’avaient toujours pas reçu les montants qui leur étaient destinés. Cette situation, selon lui, traduit un dysfonctionnement profond au sein de l’administration en charge de ces allocations. Il a ainsi exigé que la ministre fournisse des éclaircissements précis sur l’affectation et l’utilisation réelle des 8 milliards destinés aux sinistrés.

Au-delà des indemnisations liées aux violences, Mbaye Dione a dénoncé les retards prolongés dans le versement des bourses de sécurité familiale, censées soutenir les familles vulnérables. Plusieurs ménages, a-t-il rappelé, sont restés pendant des mois sans percevoir cette aide essentielle. Pour le député, ces lenteurs administratives, qu’il qualifie d’« insanités » dans la gestion des fonds publics, aggravent la précarité des populations les plus fragiles.

En conclusion, Mbaye Dione a exhorté la ministre Maïmouna Dieye à entreprendre des actions concrètes et immédiates pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la transparence et l’équité dans la gestion des fonds sociaux, afin que les victimes des violences et les familles en difficulté puissent enfin bénéficier des aides auxquelles elles ont droit.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°627 – 10/12/2025

🔴 « DÉMISSION » DE CHEIKH DIBA : QU’EN EST-IL ?
🔴 DISTRIBUTION DE 1,8 MILLIARD F CFA À DES MILITANTS DE PASTEF : ABDOU MBOW CRIE AU SCANDALE

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS : BELLE SOIRÉE POUR MONACO, LIVERPOOL ET BARÇA

Réactualisation administrative au CHU Le Dantec : 149 agents provisoirement retirés du fichier en attendant leur régularisation

Le Centre hospitalier national Aristide Le Dantec a rendu publics, ce 9 décembre 2025, les résultats de sa vaste campagne de réactualisation des dossiers administratifs, une opération qui s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des ressources humaines au sein des établissements publics de santé. Selon la direction générale, 88 % des agents ont répondu à l’appel, un taux considéré comme « extrêmement satisfaisant » compte tenu de l’ampleur et des exigences de l’exercice.

L’audit conduit durant cette campagne a porté sur un effectif total de 1 223 travailleurs, incluant l’ensemble des corps professionnels de l’hôpital. La direction souligne que cette forte participation témoigne du « sens du devoir » du personnel, qui a compris l’importance d’une mise à jour rigoureuse des données administratives pour le bon fonctionnement de l’institution. Dans un environnement hospitalier marqué par une forte pression opérationnelle, cette réactivité est perçue comme une manifestation de maturité professionnelle et de volonté d’améliorer la gouvernance interne.

Néanmoins, malgré ce taux de participation élevé, 149 agents ne se sont pas encore conformés aux demandes de dépôt de dossier. Conformément aux procédures réglementaires appliquées à l’ensemble des établissements publics, ces agents seront retirés du fichier réactualisé tant que leur situation administrative n’aura pas été complètement régularisée. Cette mesure, précise la direction, n’a pas vocation à sanctionner, mais à garantir l’exactitude des données utilisées pour la gestion des carrières, des rémunérations, des affectations et des droits sociaux. Un fichier administratif fiable reste, selon l’hôpital, un socle indispensable pour éviter les erreurs, les doublons, les irrégularités de statut ou les difficultés liées au suivi des parcours professionnels.

Par ailleurs, l’établissement a engagé des opérations complémentaires visant à vérifier l’authenticité et la conformité des diplômes détenus par les agents. Ces contrôles, qui mobilisent plusieurs services internes ainsi que les administrations partenaires compétentes, répondent aux standards de vérification de qualifications dans le secteur de la santé. Ils visent à prévenir les risques liés à de faux diplômes, un phénomène déjà observé dans certains organismes publics, et à s’assurer que chaque employé exerce effectivement en conformité avec les exigences de son métier.

En parallèle, un recensement des besoins en formation est en cours d’élaboration. Ce travail permettra à la direction de mieux anticiper les programmes de renforcement de capacités, notamment dans les services techniques et cliniques où les évolutions technologiques et les nouvelles normes imposent une mise à jour régulière des compétences. L’objectif déclaré est de doter l’hôpital d’un personnel qualifié, mieux accompagné et plus adapté aux transformations du secteur médical.

La direction du CHU Aristide Le Dantec a, dans son communiqué, adressé ses remerciements à l’ensemble des départements impliqués dans la conduite de cette campagne, saluant « un travail de qualité » réalisé dans un délai jugé satisfaisant. Elle a également encouragé ceux dont les dossiers demeurent incomplets à se rapprocher des services compétents afin de finaliser leur situation dans les meilleurs délais. L’établissement dit privilégier une démarche constructive, fondée sur la collaboration et l’intérêt supérieur du service public hospitalier.

Cette opération de réactualisation intervient dans un contexte national où plusieurs institutions sanitaires s’engagent dans des audits administratifs pour renforcer la transparence, améliorer la gestion des effectifs et aligner leurs politiques internes sur les exigences de performance fixées par les autorités. Dans cette dynamique, Le Dantec entend se positionner comme un modèle de gestion rigoureuse et moderne, en phase avec les réformes en cours dans le secteur de la santé publique au Sénégal.

Déclaration de solidarité avec la Palestine : la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal désavoue une délégation non mandatée en Israël

La Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) a rompu le silence ce lundi 12 décembre 2025, après l’annonce largement relayée de la présence d’une délégation se présentant comme composée de religieux sénégalais en visite en Israël. Dans une déclaration ferme et argumentée, l’organisation religieuse a tenu à exprimer son « profond désaccord » et sa « vive condamnation », rejetant catégoriquement toute implication dans cette initiative qu’elle qualifie de « personnelle, non autorisée et dépourvue de légitimité ».

Dès les premières lignes du communiqué, la LIPS clarifie un point essentiel : aucune autorité religieuse reconnue au Sénégal n’a mandaté ni soutenu une telle démarche. L’organisation souligne que les guides religieux, historiquement engagés pour la justice, la dignité humaine et la défense des peuples opprimés, ne sauraient cautionner une action qui va à l’encontre des positions constantes du Sénégal sur la scène internationale. Elle insiste sur le fait que cette prétendue délégation n’engage ni la communauté religieuse du pays, ni le peuple sénégalais.

Cette mise au point intervient dans un contexte international marqué par des tensions extrêmes au Proche-Orient, où les violations du droit international humanitaire, particulièrement en Palestine, continuent de susciter l’indignation mondiale. Pour la LIPS, cette visite en Israël constitue un « contresens historique et diplomatique » à un moment où les populations civiles palestiniennes vivent une situation d’une gravité sans précédent. Le communiqué évoque un geste malvenu, incompréhensible et « en contradiction directe » avec l’engagement moral, spirituel et politique du Sénégal en faveur du peuple palestinien.

Le rappel du rôle central du Sénégal dans ce dossier est au cœur de la déclaration. Depuis 1975, le pays assure la présidence du Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, une responsabilité diplomatique majeure qui place Dakar parmi les voix les plus constantes et influentes en faveur de la Palestine. Cet engagement de près d’un demi-siècle, selon la LIPS, témoigne d’une « posture historique, ferme et immuable ». C’est d’ailleurs cette dimension qui rend, aux yeux de l’organisation, la visite de la délégation non mandatée particulièrement problématique : un tel déplacement donne l’illusion d’une caution religieuse ou d’un infléchissement de la position sénégalaise, alors qu’il n’en est rien.

La Ligue des Imams et Prédicateurs appelle ainsi l’opinion publique, nationale et internationale, à ne pas se laisser tromper par cette initiative isolée. Elle exhorte les citoyens à distinguer clairement entre une démarche individuelle et la position institutionnelle des guides religieux sénégalais, dont les actions et les prises de position ont toujours été alignées sur les valeurs de justice, de solidarité et de respect des droits des peuples.

Dans sa conclusion, la LIPS réaffirme son engagement indéfectible aux côtés du peuple palestinien, rappelant que la solidarité du Sénégal, qu’elle soit populaire, diplomatique ou religieuse, s’est construite dans la durée et demeure intacte. Elle appelle enfin au renforcement de la vigilance collective pour préserver la cohérence de cette position historique et éviter toute manipulation ou récupération de l’image religieuse du pays.

Fonction publique : le Sénégal lance un audit physique et biométrique des agents de l’État

Le Sénégal vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans la modernisation de son administration. Ce mardi, à Dakar, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présidé la cérémonie de lancement des travaux du comité de pilotage de l’audit physique et biométrique des agents de l’État.

L’objectif de cette opération est clair : identifier physiquement et biométriquement l’ensemble des agents publics et contractuels des ministères et administrations. Pour le ministre Boucal, cette démarche vise à « maîtriser les effectifs de la Fonction publique et la masse salariale », un enjeu devenu central pour l’État.

Dès son intervention, le ministre a situé cet audit dans le contexte de la « troisième alternance », marquée selon lui par une volonté de rupture. « L’État s’est engagé dans un vaste processus de changement et de rupture avec les vieilles pratiques qui ne permettent pas d’avoir une administration beaucoup plus efficace », a-t-il déclaré. Il insiste sur l’ambition de bâtir une fonction publique moderne, mieux organisée et surtout maîtrisant ses ressources humaines, qu’il considère comme « le socle » de toute politique publique.

Conscient des difficultés rencontrées lors d’audits précédents, le gouvernement affirme avoir mobilisé des moyens importants. Un cabinet spécialisé a été recruté, un partenariat a été noué avec la Caisse des Dépôts et Consignations, via sa filiale Sinapsis, et plusieurs techniciens et experts ont été associés au processus. Une logistique complète ainsi qu’un programme de gouvernance des ressources humaines ont également été mis en place. « Nous espérons qu’avec le dispositif actuel, nous arriverons à des résultats probants », a assuré Olivier Boucal.

L’une des attentes fortes de cet audit concerne la question sensible des emplois fictifs. Le ministre a rappelé qu’il est « impossible de les établir de façon formelle » sans un audit approfondi. Celui-ci permettra ainsi de vérifier ou d’infirmer les soupçons, mais aussi de lever les obstacles qui plombent encore l’efficacité administrative.

Au-delà de l’identification des agents, l’enjeu majeur demeure l’informatisation complète du système de gestion des ressources humaines. « Tant que la gestion reste manuelle, elle posera toujours des problèmes », a rappelé le ministre. L’audit permettra ainsi de poser les bases d’un système intégré, considéré comme indispensable pour moderniser l’État.

Le calendrier a également été dévoilé. La mise en place du comité de pilotage marque le début effectif du processus. En décembre, le ministère de la Fonction publique servira de ministère pilote pour tester le dispositif. Le démarrage général de l’audit est prévu pour janvier, pour une durée de trois mois. Les résultats seront rendus publics à la fin du mois d’avril.

Avec cet audit biométrique et physique, le Sénégal amorce une réforme profonde destinée à doter le pays d’une administration plus performante, transparente et maîtrisée. Une étape décisive vers une gouvernance modernisée et en phase avec les ambitions de la nouvelle administration.

Thierno Alassane Sall alerte sur la montée des tensions : « La paix sociale ne se construit pas à coups de matraque »

La crise sociale qui secoue une partie du milieu étudiant continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Thierno Alassane Sall, député et ancien ministre, a tiré la sonnette d’alarme après avoir rencontré, selon ses propres termes, plusieurs étudiants « à bout », profondément marqués par les récentes répressions policières.

Dans un témoignage particulièrement grave, l’ancien candidat à la présidentielle raconte avoir reçu, pendant deux jours consécutifs, des étudiants venus partager leurs expériences et leur détresse. Il affirme avoir constaté de visu la gravité des violences auxquelles ils disent avoir été confrontés. L’un d’entre eux, confie-t-il, portait encore les traces d’une blessure au ventre, causée par un tir à blanc qui aurait été effectué à bout portant. L’étudiant, encore sous le choc, aurait été atteint alors qu’il quittait simplement sa chambre, sans participer à aucune manifestation.

Un autre jeune rencontré par Thierno Alassane Sall se retrouvait avec le bras immobilisé dans un plâtre, conséquence, selon ses propos, d’une intervention brutale des forces de l’ordre. Ces scènes, qui se répéteraient depuis plusieurs jours, nourrissent un climat d’angoisse et de révolte dans les campus universitaires.

Face à ces événements, le député dénonce fermement l’attitude du régime en place. Pour lui, les violences policières ne peuvent en aucun cas constituer une réponse légitime aux revendications des étudiants. Il insiste sur la nécessité de promouvoir des modes de contestation pacifiques, tout en reconnaissant que les jeunes qu’il a rencontrés se trouvent dans un état de lassitude et d’exaspération avancé.

Thierno Alassane Sall appelle ainsi les autorités à une prise de conscience urgente. À ses yeux, le rôle d’un gouvernement ne se limite pas à maintenir l’ordre par la force, mais consiste surtout à garantir le respect des droits, à écouter les préoccupations et à instaurer un véritable dialogue. « La paix sociale ne se construit pas à coups de matraque », affirme-t-il avec gravité, rappelant que la stabilité durable repose avant tout sur la justice et sur la préservation des acquis démocratiques.

Bougar Diouf (UPS) répond à la convocation et annonce une contre-attaque judiciaire contre Abass Fall

Suite à une plainte déposée par le Maire de Dakar, Monsieur Abass Fall, concernant un article publié dans la presse par notre parti, j’ai reçu une convocation téléphonique de la Sûreté urbaine pour demain à 10 heures.

C’est dû à un article de notre parti UPS publié depuis le 12 novembre 2025 et partagé avec la presse, sur les réseaux sociaux et sur ma page Facebook, quand Abass Fall attaquait le Dr Abdourakhmane DIOUF.

On pris part pour défendre le frère de Awalé. C’est lui qui a attaqué A.S en premier et on réplique. S’il était brave, il allait se battre mais pas fuir le combat et aller se réfugier entre les mains de Dame justice.

Je tiens à préciser que l’article en question relève exclusivement de la communication officielle du parti politique légalement constitué Union des Panafricains Sénégalais (UPS).

En conséquence, je déposerai également plainte contre Monsieur Abass Fall pour :

action juridique abusive fondée sur un article émanant d’un parti politique légalement constitué ;

mise en cause individuelle injustifiée d’un document relevant d’une entité politique reconnue ;

imputation d’identité erronée ;

et dénonciation inexacte dirigée à mon encontre.

M. Président Mr Bougar DIOUF Officiel
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

Protestation à la RTS : les agents du Synpics prévoient un brassard rouge ce mercredi

Ce mercredi 10 décembre, un vent de contestation soufflera sur les couloirs de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Les agents, regroupés au sein du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), ont annoncé qu’ils porteront un brassard rouge pour exprimer leur mécontentement face à la gestion actuelle de la direction générale. Ce geste symbolique marque une étape supplémentaire dans une mobilisation qui, selon eux, découle d’un long silence de la hiérarchie face à des préoccupations pourtant jugées urgentes et légitimes.

Au cœur de leur colère se trouve la question de la revalorisation salariale. Les travailleurs dénoncent la lenteur dans la finalisation et la signature de l’accord d’entreprise, censé encadrer une nouvelle grille de rémunération plus conforme aux exigences de leur métier et au coût de la vie. Pour les membres du Synpics, l’attente a trop duré, et l’absence d’avancées concrètes traduit un manque de considération pour les efforts fournis quotidiennement par les agents de la RTS.

Un autre point de tension concerne la situation des agents récemment suspendus. Le syndicat réclame leur réintégration immédiate, estimant que les procédures ayant conduit à ces suspensions manquent de transparence et d’équité. La direction, de son côté, n’a pour l’instant donné aucun signal d’ouverture sur ce dossier, ce qui contribue à alimenter les frustrations internes.

Les conditions de travail figurent également parmi les doléances prioritaires. La fermeture des restaurants internes, qui constitue pour de nombreux agents un manque à gagner logistique et financier, est désormais un symbole de la détérioration du climat social au sein de l’entreprise. Les employés demandent la réouverture immédiate de ces espaces afin de rétablir un minimum de confort dans leur quotidien professionnel.

À ces revendications s’ajoute une exigence de transparence concernant la gestion des ressources foncières. Les agents réclament la publication intégrale des listes de bénéficiaires des parcelles situées à Diamniadio et à Mbour 4, attribuées dans le cadre de programmes d’accès au logement. Pour le Synpics, rendre publiques ces informations est un devoir de bonne gouvernance, nécessaire pour dissiper tout soupçon de favoritisme ou de traitement inéquitable.

Crise de confiance au sommet de l’État : la démission avortée de Cheikh Diba, révélée par Jeune Afrique

Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, aurait failli quitter le gouvernement plusieurs mois plus tôt. L’affaire, tenue jusqu’ici dans la plus grande discrétion, met en lumière des tensions internes autour de la gestion de la dette publique et de la volonté affichée du Premier ministre, Ousmane Sonko, de rendre transparente la situation réelle des finances nationales.

D’après les révélations du média panafricain, Cheikh Diba aurait présenté sa démission à Ousmane Sonko après avoir appris l’intention de ce dernier de rendre public le premier rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). Ce document, extrêmement sensible, révèle notamment des informations sur ce que le chef du gouvernement a appelé la « dette cachée ». La mise à disposition de ce rapport au public risquait, selon Cheikh Diba, de provoquer de fortes secousses économiques et politiques, compte tenu de ses implications sur la gouvernance financière des dernières années.

La situation aurait finalement été désamorcée par l’intervention du président Bassirou Diomaye Faye. Très proche du ministre des Finances, le chef de l’État serait personnellement intervenu pour convaincre son collaborateur de rester au sein de l’équipe gouvernementale. Ousmane Sonko, de son côté, aurait catégoriquement refusé la démission de Cheikh Diba, estimant nécessaire de maintenir un équilibre au sommet de l’appareil économique de l’État.

Cette controverse intervient dans un contexte où le passé professionnel de Cheikh Diba revient au centre des débats. L’homme, bien qu’aujourd’hui membre de Pastef, a longtemps occupé des fonctions stratégiques sous l’administration de Macky Sall. Il fut notamment conseiller technique chargé du suivi des grands projets du Plan Sénégal Émergent (PSE) en 2015, sous la tutelle du ministre des Finances de l’époque, Amadou Ba. Par la suite, il a été nommé coordonnateur du programme économique et financier conclu avec le FMI, avant d’être promu directeur du Budget, toujours sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, ce parcours au cœur des rouages de l’État pourrait expliquer certaines réticences face à une mise à nu de la gestion financière passée. Jeune Afrique rapporte que plusieurs sources accusent aujourd’hui Cheikh Diba, ainsi que d’autres acteurs en poste sous Macky Sall, de freiner délibérément les négociations en cours avec le FMI. Ces blocages seraient liés, selon eux, aux révélations sur la dette cachée, un sujet particulièrement sensible qui mettrait en cause des responsables encore présents au sein de l’administration actuelle.

Une source sénégalaise citée par le journal confie que la dette cachée révélée récemment par Ousmane Sonko était déjà connue de certains cadres du régime précédent, dont Cheikh Diba. Ce dernier, en tant que haut fonctionnaire ayant participé à la conception et au pilotage de plusieurs mécanismes budgétaires sous Macky Sall, se retrouverait ainsi au cœur d’un dossier où passé et présent se chevauchent dangereusement.

Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la profondeur des réformes financières entreprises par les nouvelles autorités, ainsi que sur la capacité du gouvernement à mener une politique de transparence totale sans provoquer des résistances internes. Elle révèle également les tensions inhérentes à la coexistence, dans l’appareil d’État, de personnalités issues d’horizons politiques différents et porteurs d’intérêts parfois divergents.

139 blessés après la violente bataille liée à la grève des étudiants en Master

La journée de mercredi dernier a été marquée par de violents affrontements entre étudiants en Master, mobilisés pour réclamer le paiement de leurs bourses, et les forces de l’ordre déployées pour contenir la manifestation. Le bilan, particulièrement lourd, fait état de 139 blessés, parmi lesquels figurent 56 femmes et 83 hommes. Malgré l’intensité des heurts, aucune perte en vie humaine n’a été signalée, selon les informations recueillies auprès de sources médicales et hospitalières mobilisées durant la crise.

Ce chiffre élevé témoigne de l’ampleur des violences qui ont éclaté sur le campus et ses environs. Les blessés présentent une grande diversité de traumatismes, reflétant la brutalité des échanges. Une partie significative des étudiants a souffert de manifestations anxieuses entraînant des crises de panique, des malaises et d’autres symptômes liés au stress provoqué par la situation tendue et la peur généralisée. À cela s’ajoutent de nombreuses plaies cutanées allant des simples éraflures et égratignures aux brûlures superficielles, en passant par des plaies plus profondes nécessitant des sutures.

Les structures d’urgence ont également pris en charge plusieurs cas de traumatismes des membres, conséquence directe des bousculades, des projectiles et parfois des charges policières. Contusions multiples, entorses, fractures — notamment au niveau des mains — ainsi que des luxations d’épaule ont été recensées parmi les blessés. Les médecins de garde ont dû multiplier les interventions afin de stabiliser les cas les plus sérieux avant un éventuel transfert vers des services spécialisés.

Les gaz lacrymogènes massivement utilisés par les forces de l’ordre ont, eux aussi, laissé leurs traces. Plusieurs étudiants ont souffert d’irritations cutanées, d’importantes brûlures au niveau des yeux et d’irritations respiratoires. Les cas de dyspnée — difficulté à respirer — ont été nombreux, tout comme les crises d’asthme déclenchées par l’exposition prolongée aux émanations chimiques. Les équipes médicales ont dû administrer de l’oxygène et des traitements d’urgence afin de soulager les plus sévèrement touchés.

Enfin, des traumatismes crâniens ont également été enregistrés. La majorité d’entre eux ont été classés sans signe de gravité immédiate, mais certains blessés ont dû être dirigés vers des services de radiologie ou orientés pour un suivi spécialisé, par mesure de précaution.

Projet de budget 2026 du MUCTAT : enjeux, priorités et débats autour d’une réforme territoriale ambitieuse

Le projet de budget 2026 du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT) a été soumis à un examen approfondi lors de la séance du 17 novembre 2025. Présenté devant la Commission des Finances et les commissions élargies de l’Assemblée nationale, ce budget s’élève à 270,8 milliards FCFA en autorisations d’engagement et 250,8 milliards FCFA en crédits de paiement. Cette enveloppe importante doit permettre de répondre à des défis majeurs touchant aussi bien l’aménagement urbain et rural que la gouvernance territoriale, le logement et le développement local.

Le budget se déploie autour de cinq programmes stratégiques qui structurent l’action du ministère durant l’année 2026. Le pilotage et la gestion administrative bénéficient d’une dotation de 4,7 milliards FCFA, tandis que l’aménagement et le développement des zones urbaines et rurales se voient allouer 107,9 milliards FCFA. La gouvernance territoriale est dotée de 4,5 milliards FCFA, un montant jugé modeste au regard des enjeux. Le financement du développement territorial constitue le plus important poste budgétaire avec près de 124,8 milliards FCFA, traduisant la volonté de l’État de renforcer l’autonomie et les capacités des collectivités locales. Enfin, le domaine du logement, de la construction et du cadre de vie reçoit 28,7 milliards FCFA pour soutenir les politiques d’habitat et les interventions liées à l’amélioration des conditions de vie.

Lors des débats, les députés ont exprimé une série de préoccupations majeures, souvent liées aux difficultés observées dans les territoires. La question de l’urbanisme a particulièrement retenu l’attention. Plusieurs élus ont dénoncé les lenteurs récurrentes dans la délivrance des autorisations de construire, les morcellements irréguliers parfois orchestrés avec la complicité d’élus ou d’agents de l’État, ainsi que les effondrements répétés d’immeubles à Dakar et à Touba. Des occupations anarchiques de terrains, notamment dans la zone de Keur Massar, ont également été soulignées. Les parlementaires ont plaidé pour un renforcement significatif de la Direction générale du Contrôle des Sols (DGSCOS) et de l’Inspection générale des Bâtiments, afin d’éviter de nouveaux drames et de restaurer une meilleure discipline urbaine.

La question du logement social a également suscité de nombreuses interrogations. Les députés ont demandé davantage de transparence dans les critères d’attribution et manifesté le souhait de voir appliqué un quota de 50 % des terrains au profit de la SN-HLM et de la SICAP SA. Ils ont aussi insisté sur la nécessité de rendre opérationnel un Numéro Vert dédié aux préoccupations citoyennes et de mieux prendre en compte la demande en logements dans les zones rurales. Certains dossiers sensibles ont été remis sur la table, comme les souscriptions non satisfaites depuis 2005 ou encore les retards accumulés dans le projet des 100 000 logements. Les difficultés rencontrées par les Sénégalais de la diaspora, souvent mal informés ou insuffisamment accompagnés, ont été soulignées avec insistance.

Les litiges fonciers, problématiques persistantes dans de nombreuses localités, ont occupé une part importante des échanges. Des conflits de délimitation ont été mentionnés dans des zones comme Diama, Thiénaba, Fandène ou Ndiaffate. La situation de Ndingler, régulièrement citée comme symbole des spoliations foncières, a été évoquée, tout comme la gestion parfois chaotique des réserves foncières à Mpal–Médina Nguinte. Des pratiques frauduleuses constatées dans certains lotissements ont convaincu les députés de rappeler l’urgence d’une réforme foncière profonde, annoncée dans le cadre de l’Acte 4 de la décentralisation.

La gouvernance territoriale a donné lieu à un autre bloc de discussions nourries. Les élus ont interpellé le Ministre sur l’avenir des Pôles-Territoires, sur la viabilité de certaines communes issues de découpages qu’ils jugent politisés, ainsi que sur la nécessité d’un véritable statut de l’élu local pour mieux encadrer les responsabilités et obligations des acteurs territoriaux. Ils ont également dénoncé les lenteurs constatées dans l’exercice du contrôle de légalité et demandé une accélération de la modernisation de l’état civil. En réponse, le ministre Moussa Bala Fofana a annoncé qu’un projet de loi dédié aux Pôles-Territoires sera présenté prochainement, parallèlement à une réforme globale de l’Acte 4 visant à corriger les incohérences territoriales héritées des précédents découpages administratifs.

Les problématiques liées au cadre de vie et à l’aménagement du territoire ont aussi occupé une place importante dans les échanges. Les députés ont alerté sur les difficultés persistantes de gestion des déchets dans des zones telles que Touba Toul, Niaguis ou Oussouye, et sur l’urgence de réhabiliter certaines routes secondaires. Ils ont demandé des clarifications concernant les limites territoriales de Keur Massar et souligné les risques environnementaux liés à l’évolution de l’embouchure dans certaines zones de pêche. Les inondations récurrentes, liées selon eux à des plans d’urbanisme insuffisamment maîtrisés, ont suscité de vives préoccupations. Certains élus ont également évoqué la création supposée d’une nouvelle décharge entre Somone et Ngaparou, réclamant davantage de transparence et de concertation.

La modernisation des cités religieuses a également été débattue. Tout en saluant les efforts engagés par l’État, les députés ont jugé insuffisante la dotation de 987 millions FCFA affectée au Programme National d’Aménagement des Villes Religieuses. Ils ont appelé à un soutien renforcé pour des localités historiques telles que Mpal, Darou Salam, Ndande, Bounkiling et plusieurs villes religieuses de la Casamance.

Face à l’ensemble de ces interpellations, le ministre Moussa Bala Fofana a apporté plusieurs clarifications. Il a assuré que les incohérences territoriales héritées des anciennes réformes seront résolues dans le cadre de l’Acte 4. Les Pôles-Territoires seront, selon lui, dotés de schémas territoriaux contraignants pour mieux encadrer les dynamiques de développement. Il a également annoncé la mise en place d’une plateforme nationale d’accès au logement (PNALRU), conçue pour être accessible à tous les Sénégalais, y compris ceux établis à l’étranger. Concernant l’état civil, il a révélé que plus de 20 millions de pièces ont déjà été indexées dans le cadre du programme NEKKAL, attestant d’une avancée significative. Il a par ailleurs indiqué que l’audit du programme des 100 000 logements était en cours sous la supervision de la Cour des comptes. Enfin, il a signalé une réorganisation prochaine des fonds transférés aux collectivités afin d’améliorer leur efficacité et leur transparence.

Le Ministre des Finances, Cheikh Diba, est quant à lui intervenu pour clarifier la situation budgétaire. Contrairement à une impression de baisse, le périmètre élargi du ministère en 2026 correspond en réalité à une augmentation réelle de 34,3 milliards FCFA par rapport à l’exercice 2025.

Felwine Sarr débouté de sa plainte pour diffamation contre l’écrivaine Fatoumata Sissi Ngom

Au 10 novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire opposant l’écrivain et économiste Felwine Sarr à l’écrivaine Fatoumata Sissi Ngom. La juridiction a acquitté l’autrice du roman Le Silence du totem des accusations de diffamation liées au plagiat présumé de son manuscrit et à l’usurpation de son travail sur la restitution des œuvres d’art africain.

Le tribunal a estimé que les accusations formulées par Fatoumata Sissi Ngom étaient suffisamment étayées ou relevaient de la bonne foi. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des interrogations persistantes autour de l’intégrité et de la propriété intellectuelle de l’autrice.

En décembre 2017, Fatoumata Sissi Ngom avait transmis son manuscrit Le Silence du totem à Felwine Sarr pour lecture, en sa qualité d’éditeur. L’ouvrage traite de la restitution des œuvres d’art africain. Par la suite, plusieurs événements troublants et documentés ont été relevés :

auto-désignation de Felwine Sarr comme représentant de l’Afrique auprès de l’Élysée dans ce débat ; brève citation du roman dans le rapport Sarr-Savoy (novembre 2018) ; intervention de l’association Alter Natives au lycée de Mboro début 2019 — l’ancien établissement de l’autrice — dans le cadre d’un projet appuyant le rapport Sarr-Savoy, l’empêchant de réaliser son propre programme ; adaptation détournée et non créditée du roman par des collégiens français dans le film Les statues vivent aussi (2021-2022), supervisé par Emmanuelle Cadet, et projeté au FESPACO sans le consentement ni la mention de l’autrice.

Le tribunal a donc débouté Felwine Sarr de ses accusations de diffamation concernant le plagiat et l’usurpation, reconnaissant ainsi la légitimité des préoccupations exprimées par Fatoumata Sissi Ngom.

Pour rappel, Le Silence du totem avait été sélectionné en juillet 2025, en pleine procédure judiciaire, par le Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal pour la dictée de l’examen national du BFEM.

Rappel des faits

En avril 2023, Fatoumata Sissi Ngom avait envoyé un courrier électronique à l’élite intellectuelle africaine, à des autorités et à des journalistes, dans lequel elle accusait Felwine Sarr :

d’avoir plagié le manuscrit de Le Silence du totem transmis en décembre 2017 et d’avoir commis un « viol » intellectuel ; de s’être auto-désigné comme représentant de l’Afrique auprès de l’Élysée — contrairement à la version officielle qui évoque un appel d’Emmanuel Macron. Felwine Sarr lui-même déclarait : « Je me suis auto-désigné représentant de l’Afrique en me disant que mon rôle était de faire valoir nos points de vue. » d’avoir orchestré, avec Emmanuelle Cadet, présidente de l’association Alter Natives, un projet dans son ancien lycée à Mboro dans le but de l’invisibiliser.

Ce projet, financé par Open Society Foundations et par des fonds publics français, portait sur la « resocialisation des objets », un thème central du roman de Fatoumata Sissi Ngom.

En mai 2023, Felwine Sarr avait déposé plainte pour diffamation (sur les volets plagiat et viol) et pour injures, affirmant que ses échanges avec l’autrice avaient été brefs, strictement professionnels, et qu’il s’était engagé à l’aider pour son second roman.

Une condamnation mineure pour injures avec sursis

Fatoumata Sissi Ngom a été reconnue coupable d’injures pour certains qualificatifs ayant dépassé leur intention initiale. Cette infraction, distincte de la diffamation, sanctionne uniquement la forme employée sans remettre en cause le fond des accusations.

Un débat éthique au-delà de la justice

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève des enjeux plus larges :

la propriété intellectuelle ; la légitimité de la représentation de l’Afrique dans les débats internationaux ; la place et la voix des femmes africaines dans la production intellectuelle ; la persistance de la monopolisation des espaces liés aux problématiques africaines par des personnes blanches ; les pratiques spirituelles et chamaniques dans certains milieux intellectuels africains — un sujet peu discuté.

Felwine Sarr avait lui-même évoqué publiquement des pratiques de « décorporation » dans une émission sur RFI en mars 2022.

L’acquittement de Fatoumata Sissi Ngom sur la diffamation lave ainsi son honneur et confirme son droit, comme celui de tout auteur ou autrice, à la reconnaissance de la paternité de son œuvre.

Une page qui se tourne

Fatoumata Sissi Ngom referme ce chapitre avec sérénité, en remerciant ses lecteurs, partenaires et amis pour leur soutien constant durant ces années de dénonciation et de procédure.

Elle conclut :

« Je continuerai d’écrire, de défendre la dignité des œuvres africaines et la souveraineté culturelle de notre continent… »

Tensions à l’UCAD : un dîner décisif entre étudiants et rectorat chez le Khalife de Bambilor

Face aux tensions persistantes dans l’espace universitaire, le khalife général de Bambilor a réuni, lundi soir, dans sa résidence de Dakar, des représentants des étudiants et du rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) autour d’un dîner de dialogue destiné à apaiser le climat social.

Lors de son intervention, le guide religieux est largement revenu sur le contexte marqué par les grèves qui paralysent plusieurs universités du pays, dont l’UCAD. Il a salué la décision des étudiants de suspendre leurs actions pendant 48 heures, y voyant un signe d’ouverture et de responsabilité. Il a rappelé les efforts de médiation déjà engagés, tout en exhortant les différents acteurs à poursuivre les discussions.

Soulignant l’importance de cette rencontre qui a rassemblé étudiants, représentants du rectorat, dignitaires religieux musulmans et chrétiens, ainsi que des députés impliqués dans la question des bourses, Thierno Amadou Ba a appelé à « avancer ensemble dans le dialogue » afin de préserver les intérêts de l’université et de ses apprenants.

« Je voudrais féliciter les étudiants pour leur attitude responsable et encourager la condamnation systématique de tout acte de violence. La non-violence protège l’université, l’État et surtout les étudiants », a déclaré le khalife, insistant sur les risques d’infiltrations susceptibles de provoquer des débordements. Il a également rappelé que les lenteurs administratives figurent parmi les principales revendications des étudiants, notamment l’impossibilité de tenir les examens de rattrapage.

Évoquant une possible réorganisation du calendrier académique, il a proposé un report des examens jusqu’en 2026 pour valider l’année 2024-2025. « Il serait souhaitable de permettre la tenue des rattrapages, même si les cours restent suspendus. Bloquer ces examens irait à l’encontre des revendications étudiantes », a-t-il souligné.

Reconnaissant les préjudices subis de part et d’autre, le guide religieux a demandé aux étudiants de préserver certaines infrastructures afin d’éviter de pénaliser les populations non concernées par le conflit. Il a également insisté sur la nécessité d’une médiation durable, au-delà de cette rencontre.

« Je vous considère comme mes enfants. Vous avez l’occasion de marquer l’histoire par votre sens de la responsabilité et la préservation du bien commun. Nous allons poursuivre les échanges pour avancer vers des solutions durables », a-t-il conclu.

Les représentants des différentes confréries religieuses ont, tour à tour, remercié le khalife pour cette initiative, tout en appelant les autorités à satisfaire les doléances des étudiants.

Au nom du rectorat, le professeur Moustapha Sall a salué une démarche « ingénieuse », estimant que ce type de cadre favorise un dialogue plus ouvert que les réunions classiques.

« L’UCAD traverse une période charnière. Nous devons rattraper ce qui peut l’être et normaliser le calendrier universitaire. La médiation du khalife arrive au bon moment. Comme nous l’avons dit, lors des négociations classiques, chaque partie reste un peu figée dans ses positions. Ce type de cadre est idéal pour faire avancer les choses. Et nous, en tant qu’Université Cheikh Anta Diop, la plus affectée par la crise, ne pouvons que nous réjouir de cette initiative. L’UCAD, dans son essence, c’est l’enseignement et la recherche dans la paix. Toute médiation est donc la bienvenue pour permettre le retour au calme, le retour des étudiants dans les amphithéâtres et le rattrapage de ce qui peut l’être », a-t-il déclaré.

Les représentants des étudiants, pour leur part, ont exprimé leur gratitude et demandé à l’administration de faire preuve de compréhension et de flexibilité. Convaincus que l’intervention du chef de l’État est indispensable pour dénouer la crise, ils ont sollicité son arbitrage. Ils se sont dits prêts à poursuivre le dialogue et à consentir des concessions pour sauver l’année universitaire.

Aly Saleh

Tensions à l’UCAD : un dîner décisif entre étudiants et rectorat chez le Khalife de Bambilor

Face aux tensions persistantes dans l’espace universitaire, le khalife général de Bambilor a réuni, lundi soir, dans sa résidence de Dakar, des représentants des étudiants et du rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) autour d’un dîner de dialogue destiné à apaiser le climat social.

Lors de son intervention, le guide religieux est largement revenu sur le contexte marqué par les grèves qui paralysent plusieurs universités du pays, dont l’UCAD. Il a salué la décision des étudiants de suspendre leurs actions pendant 48 heures, y voyant un signe d’ouverture et de responsabilité. Il a rappelé les efforts de médiation déjà engagés, tout en exhortant les différents acteurs à poursuivre les discussions.

Soulignant l’importance de cette rencontre qui a rassemblé étudiants, représentants du rectorat, dignitaires religieux musulmans et chrétiens, ainsi que des députés impliqués dans la question des bourses, Thierno Amadou Ba a appelé à « avancer ensemble dans le dialogue » afin de préserver les intérêts de l’université et de ses apprenants.

« Je voudrais féliciter les étudiants pour leur attitude responsable et encourager la condamnation systématique de tout acte de violence. La non-violence protège l’université, l’État et surtout les étudiants », a déclaré le khalife, insistant sur les risques d’infiltrations susceptibles de provoquer des débordements. Il a également rappelé que les lenteurs administratives figurent parmi les principales revendications des étudiants, notamment l’impossibilité de tenir les examens de rattrapage.

Évoquant une possible réorganisation du calendrier académique, il a proposé un report des examens jusqu’en 2026 pour valider l’année 2024-2025. « Il serait souhaitable de permettre la tenue des rattrapages, même si les cours restent suspendus. Bloquer ces examens irait à l’encontre des revendications étudiantes », a-t-il souligné.

Reconnaissant les préjudices subis de part et d’autre, le guide religieux a demandé aux étudiants de préserver certaines infrastructures afin d’éviter de pénaliser les populations non concernées par le conflit. Il a également insisté sur la nécessité d’une médiation durable, au-delà de cette rencontre.

« Je vous considère comme mes enfants. Vous avez l’occasion de marquer l’histoire par votre sens de la responsabilité et la préservation du bien commun. Nous allons poursuivre les échanges pour avancer vers des solutions durables », a-t-il conclu.

Les représentants des différentes confréries religieuses ont, tour à tour, remercié le khalife pour cette initiative, tout en appelant les autorités à satisfaire les doléances des étudiants.

Au nom du rectorat, le professeur Moustapha Sall a salué une démarche « ingénieuse », estimant que ce type de cadre favorise un dialogue plus ouvert que les réunions classiques.

« L’UCAD traverse une période charnière. Nous devons rattraper ce qui peut l’être et normaliser le calendrier universitaire. La médiation du khalife arrive au bon moment. Comme nous l’avons dit, lors des négociations classiques, chaque partie reste un peu figée dans ses positions. Ce type de cadre est idéal pour faire avancer les choses. Et nous, en tant qu’Université Cheikh Anta Diop, la plus affectée par la crise, ne pouvons que nous réjouir de cette initiative. L’UCAD, dans son essence, c’est l’enseignement et la recherche dans la paix. Toute médiation est donc la bienvenue pour permettre le retour au calme, le retour des étudiants dans les amphithéâtres et le rattrapage de ce qui peut l’être », a-t-il déclaré.

Les représentants des étudiants, pour leur part, ont exprimé leur gratitude et demandé à l’administration de faire preuve de compréhension et de flexibilité. Convaincus que l’intervention du chef de l’État est indispensable pour dénouer la crise, ils ont sollicité son arbitrage. Ils se sont dits prêts à poursuivre le dialogue et à consentir des concessions pour sauver l’année universitaire.

Aly Saleh

Le monde de la lutte sénégalaise en deuil : disparition de Coumba Baldé, mère du lutteur Pokola

Le monde de la lutte sénégalaise est frappé par une triste nouvelle. Coumba Baldé, mère du lutteur Pokola, est décédée ce matin, selon des sources proches de la famille. L’annonce de sa disparition a aussitôt provoqué une vive émotion dans l’arène, où la défunte était reconnue pour sa simplicité, sa discrétion et son soutien indéfectible envers son fils, figure montante de la lutte.

Au-delà de son rôle de mère, Coumba Baldé était considérée comme une véritable conseillère et un repère moral pour Pokola. Son influence, bien que discrète, a largement contribué à façonner le parcours du champion, qui perd aujourd’hui l’un de ses piliers les plus précieux. Ce lien profond entre mère et fils était souvent évoqué dans l’entourage du lutteur, tant il témoignait d’un attachement sincère fondé sur les valeurs familiales et le respect.

Depuis l’annonce de son décès, de nombreux messages de compassion affluent sur les réseaux sociaux et au sein du monde sportif. Lutteurs, encadreurs, promoteurs et supporters expriment leur tristesse et saluent la mémoire d’une femme qui, sans être sous les projecteurs, avait su marquer les esprits par son humilité et sa générosité. Ces témoignages unanimes traduisent l’estime et l’affection que lui portaient ceux qui ont eu la chance de la côtoyer.

Campagne de massification : le président national de la Jamhiyatou Ansarud-Din à la rencontre des fidèles du Sud et du Sud-Est

Le président national de la Jamhiyatou Ansarud-Din, Seydina Alioune Cissé Niang, accompagné de son chef de cabinet et du secrétaire général de la Jamiya, a entamé une tournée dans les régions du Sud et du Sud-Est du Sénégal. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la campagne de massification de la structure et des préparatifs du Gamou de Taïba, un événement religieux majeur prévu dans les prochaines semaines.

Dès les premières étapes, la délégation a été accueillie par une mobilisation remarquable des fidèles et des responsables locaux de la confrérie. Selon les organisateurs, cette tournée vise non seulement à renforcer la présence d’Ansarud-Din dans ces zones, mais aussi à sensibiliser les membres sur l’importance de leur participation active aux activités spirituelles et sociales du mouvement.

Prenant la parole devant les différentes communautés, Seydina Alioune Cissé Niang a insisté sur « la nécessité de consolider l’unité, de renforcer la discipline et d’accroître la mobilisation autour du Gamou de Taïba », un rendez-vous considéré comme l’un des temps forts de la vie spirituelle d’Ansarud-Din. Il a appelé les fidèles à s’impliquer pleinement dans l’organisation afin d’assurer un déroulement réussi et digne de la tradition du mouvement.

La délégation a également mis à profit cette tournée pour échanger avec les responsables locaux sur les défis rencontrés dans leurs activités quotidiennes et pour encourager les initiatives visant à rapprocher davantage les structures de base du bureau national.

Les prochaines étapes mènerent la mission vers d’autres localités du Sud-Est, où d’importants rassemblements sont déjà prévus. Les responsables d’Ansarud-Din se disent confiants quant à l’impact de cette tournée sur la dynamique de mobilisation et sur la participation massive attendue lors du prochain Gamou de Taïba.

Marché de sel à 40 milliards : deux ans d’attente, zéro livraison, une relaxe in extremis

Un gigantesque marché de sel annoncé à 40 milliards de FCFA, une avance de 20 millions… et, au final, pas un seul gramme livré. C’est le feuilleton commercial et judiciaire qui s’est dénoué hier devant le tribunal des flagrants délits de Pikine–Guédiawaye, où comparaissait Aïssatou Forster, entrepreneure sénégalaise accusée d’abus de confiance par l’homme d’affaires ivoirien Yao L. Ouattara.

L’affaire, révélée par L’Observateur, avait tout d’un partenariat ambitieux entre Dakar, Kaolack et Abidjan. Elle s’est finalement transformée en deux ans d’attente, de rendez-vous manqués, de méfiance croissante et de soupçons, jusqu’à sa conclusion inattendue : une relaxe accordée à la prévenue grâce à un compromis financier trouvé in extremis.

Un partenariat transfrontalier né en 2023, mais vite enlisé

L’origine du différend remonte à octobre 2023. Depuis Abidjan, Yao L. Ouattara est mis en relation avec Aïssatou Forster, établie à Diamaguène. Le projet présenté est séduisant : acheminer du sel depuis Kaolack vers la Côte d’Ivoire dans le cadre d’un vaste marché estimé à près de 40 milliards de FCFA. Pour lancer les opérations logistiques, une avance de 20 millions de FCFA est demandée. Convaincu, Yao paie la somme sans se méfier.

Mais, de 2023 à 2025, le projet reste à l’arrêt total. Malgré des déplacements répétés, des discussions et des visites prévues sur les sites de production, rien ne bouge. Deux années passent sans qu’un seul sac de sel ne soit mis à disposition, ni même qu’une évolution concrète ne soit constatée.

De multiples visites à Kaolack… pour constater le vide

À la barre, le plaignant raconte ce qu’il qualifie de « calvaire administratif et logistique ». À plusieurs reprises, il se rend à Kaolack accompagné de son équipe afin de vérifier l’existence du stock promis ou l’avancement des opérations. Chaque fois, il fait face au même constat : aucun stock disponible, aucun matériel préparé, aucune logistique mise en place.

Parfois, les rendez-vous fixés depuis des semaines sont annulés quelques heures avant qu’il n’arrive sur place. Les réponses données par Aïssatou Forster sont alors jugées floues ou insuffisantes. À d’autres occasions, il dit avoir constaté que d’autres clients étaient reçus avant lui, malgré ses réservations confirmées.

Excédé, il résume la situation dans une phrase sans appel : « D’octobre 2023 à novembre 2025, je n’ai pas reçu un seul gramme de sel. »

Face à cette inertie, il finit par exiger le remboursement des 20 millions versés. Il affirme cependant que la prévenue n’a jamais manifesté la volonté de restituer l’argent.

À la barre, une jeune mère que la défense décrit comme débordée mais de bonne foi

Déférée le 4 décembre, Aïssatou Forster comparaît alors qu’elle vient tout juste d’accoucher d’un bébé âgé d’un mois. À la barre, elle reconnaît les retards accumulés, les malentendus, les difficultés techniques et l’absence de formalisation du partenariat. Elle conteste toutefois toute volonté de tromper son partenaire ivoirien.

Ses avocats insistent sur le caractère informel de l’accord conclu entre les deux parties, qui n’était encadré ni par un contrat structuré ni par une entreprise officiellement engagée. Ils évoquent également les lourdes charges familiales de leur cliente et sa fragilité psychologique liée à son accouchement récent, soulignant que son intention n’a jamais été de s’enrichir illégalement.

Un compromis financier obtenu à la dernière minute

Alors que le dossier semblait s’orienter vers une condamnation, un rebondissement survient : les avocats de la prévenue annoncent qu’un compromis a enfin été trouvé avec le plaignant. Aïssatou Forster s’engage à rembourser les 20 millions de FCFA d’ici mars 2026.

Le juge interroge le plaignant afin de savoir s’il pense possible d’obtenir un règlement plus rapide. Sa réponse, prudente, résume la relation chaotique entre les deux protagonistes : « À ce stade, je n’ai aucun élément qui me permet de l’affirmer. »

Une relaxe accordée en raison du contexte et de l’accord trouvé

Au regard de l’accord financier conclu, des circonstances personnelles particulières de la prévenue et du caractère informel du partenariat, le tribunal décide finalement de relaxer Aïssatou Forster. Cette relaxe n’est cependant pas totale : elle est conditionnée au remboursement intégral du préjudice subi.

Kaolack : Cinq individus interpellés pour vol qualifié et séquestration lors d’une opération nocturne

Le Commissariat central de Kaolack a procédé, dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025, à l’interpellation de cinq individus impliqués dans une affaire de vol qualifié avec usage de violence et séquestration. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un important dispositif de sécurisation déployé sur l’ensemble de la commune.

Selon les informations recueillies, l’affaire a éclaté lorsque la Brigade de Recherches du Commissariat central a été alertée par une source anonyme faisant état d’un vol en préparation. Le lieu ciblé était un appartement privé situé au Marché Central de Kaolack, jouxtant un magasin de prêt-à-porter connu sous l’enseigne « UNO ». Les suspects auraient mis en place un stratagème pour attirer des victimes identifiées comme des professionnelles du sexe, ainsi qu’un conducteur de moto, dans le but de les dépouiller de leurs biens, notamment de l’argent et des téléphones portables.

Aussitôt informés, les éléments de la Brigade de Recherches se sont rendus sur les lieux pour une intervention rapide et coordonnée. Leur promptitude a permis l’arrestation des cinq individus recherchés. Deux d’entre eux ont été appréhendés près de l’ancien « Bar Napoléon », tandis que deux autres ont été retrouvés à l’intérieur même de l’appartement servant de lieu d’exécution du plan. Le dernier suspect, qui tentait de prendre la fuite à bord d’un véhicule, a été intercepté au niveau du Point Noiro. La fouille du véhicule a permis de découvrir une pièce d’identité pouvant contribuer à l’enquête, tandis que les fouilles corporelles ont conduit à la récupération de trois téléphones portables appartenant aux victimes.

Au moment de l’intervention, les policiers ont constaté que le conducteur de moto présentait un état de choc ainsi que des égratignures au visage, signes de violences subies lors de l’agression. L’audition des victimes, incluant le chauffeur des professionnelles du sexe, a confirmé l’ensemble des faits et permis de corroborer le préjudice matériel et moral dont elles ont été victimes.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°626 – 09/12/2025

🔴 LE VICE-AMIRAL OUMAR WADE À LA TÊTE DES ARMÉES : LE GOUVERNAIL PASSE À LA MARINE
🔴 CE QU’IL Y A DERRIÈRE LA BAISSE DES PRIX DU CARBURANT SELON DELPHINE DIATTA : UNE « VÉRITÉ INAVOUÉE »

🔴 MONDIAL 2026 / MAMADOU NIANG RAVI PAR LE REMAKE SÉNÉGAL VS FRANCE : « ON VA ESSAYER DE GAGNER »
🔴 CANDIDATURES À PRÉSIDENCE DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : UNE SEULE FEMME EN LICE !

Badara Gadiaga : 150 jours de détention et deux ordonnances de mise en liberté provisoire ignorées

Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.

Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.

Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.

Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.

Budget 2026 : plus de 728 milliards de F CFA alloués au ministère des Infrastructures

Le budget 2026 du ministère des Infrastructures a été officiellement arrêté à 728 427 280 128 F CFA en autorisations d’engagement (AE) et 716 129 572 271 F CFA en crédits de paiement (CP). Ces chiffres ont été communiqués ce lundi lors de l’examen du rapport budgétaire mené par la Commission des finances et du contrôle budgétaire, élargie à la Commission de l’Aménagement du territoire.

Ce département, récemment créé dans l’architecture gouvernementale, ne permet pas encore une comparaison avec l’exercice précédent. Toutefois, la répartition interne des programmes donne une indication très claire de ses priorités : près de 98 % des crédits sont orientés vers l’investissement, confirmant une stratégie axée sur l’expansion et la modernisation accélérée des infrastructures vitales du pays.

La pièce maîtresse de ce budget demeure le programme consacré au développement, à la gestion et à l’entretien des infrastructures de transport routières et ferroviaires. Avec une enveloppe de 486 890 317 761 F CFA en AE et 483 637 609 904 F CFA en CP, il concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Dans le détail, les investissements exécutés directement par l’État s’élèvent à 416,24 milliards de F CFA, reflétant la priorité accordée à la rénovation du réseau routier national, à la réhabilitation ferroviaire et à la sécurisation des axes stratégiques. À cela s’ajoute un important montant de 62 milliards de F CFA dédié aux transferts en capital, témoignant d’une politique volontariste de renforcement des infrastructures de mobilité.

Outre le transport, l’aménagement du territoire occupe une place centrale dans la stratégie du ministère. Le programme dédié aux infrastructures sociales et administratives bénéficie ainsi d’un montant de 155 209 145 614 F CFA, entièrement dédié à des investissements exécutés par l’État. Ce segment vise la construction, la réhabilitation et la modernisation des bâtiments publics, des infrastructures sociales et des équipements administratifs, essentiels à l’amélioration des services rendus aux citoyens.

Un autre pan majeur concerne le programme d’équité territoriale et de développement des pôles économiques. Doté de 73 219 406 477 F CFA en AE, ce programme est entièrement constitué d’investissements. Il traduit la volonté de réduire les disparités régionales à travers des projets structurants destinés à dynamiser les zones rurales, à renforcer les économies locales et à désenclaver les territoires.

Les infrastructures portuaires et aéroportuaires, elles aussi, bénéficient d’une attention particulière, avec une enveloppe de 12 610 159 276 F CFA en AE. Là encore, la quasi-totalité des ressources est orientée vers les investissements, dans le but de moderniser les portes d’entrée du pays, d’améliorer la compétitivité logistique et de renforcer les capacités d’accueil des zones économiques.

Le programme de soutien, consacré au pilotage, à la gestion et à la coordination administrative, ferme la marche avec un budget de 498 251 000 F CFA. Bien que plus modeste, il couvre les besoins nécessaires au fonctionnement du ministère, notamment les dépenses de personnel, l’acquisition de biens et services et les outils de gestion interne indispensables à l’exécution des politiques publiques.

Avec une telle architecture budgétaire, le ministère des Infrastructures se positionne comme l’un des moteurs de la transformation du pays. La place prépondérante accordée aux investissements témoigne d’une orientation stratégique claire : bâtir une base matérielle solide pour accompagner l’Agenda Sénégal 2050, soutenir la croissance, réduire les inégalités territoriales et renforcer la souveraineté économique par des infrastructures durables et compétitives.

Budget Infrastructures 2026 : 98 % des crédits entièrement destinés à l’investissement

Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a présenté ce jeudi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, finalement adopté à une large majorité par les députés. Qualifié de stratégique, ce budget s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à bâtir une nation « souveraine, juste et prospère ».

Dès l’entame de sa présentation, le ministre a exprimé sa gratitude envers le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour la confiance accordée à son département dans la conduite de la politique nationale des infrastructures. Il a ensuite insisté sur la cohérence du budget avec les grandes orientations de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, rappelant que la planification des infrastructures demeure l’un des leviers essentiels de la transformation structurelle du pays.

Le budget 2026 se distingue particulièrement par son orientation massivement tournée vers l’action : 98 % des crédits sont consacrés à l’investissement. Cette proportion exceptionnelle traduit une volonté ferme d’accélérer la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sociales et administratives. Le ministre Fall parle d’une « rupture assumée » avec les modèles antérieurs, affirmant la volonté de replacer la justice sociale, l’équité territoriale et la compétitivité économique au cœur des priorités.

Interpellé sur l’importance des financements extérieurs dans la mise en œuvre des infrastructures, Déthié Fall a tenu à rassurer. Selon lui, « le financement extérieur n’entame en rien la souveraineté budgétaire », qu’il définit comme la capacité de l’État à orienter la mobilisation et l’affectation de ses ressources. Il a par ailleurs souligné la solidité des finances publiques en précisant que, pour l’année 2026, les ressources extérieures prévues — estimées à 1300,8 milliards de FCFA — dépassent le déficit budgétaire projeté, chiffré à 1245,1 milliards de FCFA. Cette performance permet une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse, visant à faire passer le déficit de 12 % en 2024 à 5,3 % en 2026, avec un objectif de 3 % dès 2027, un seuil jugé « tout à fait atteignable ».

Plusieurs dossiers sensibles ont également été clarifiés. Le projet du second port de Ziguinchor, considéré comme prioritaire, sera désormais financé exclusivement sur ressources internes dès 2026, matérialisant un engagement fort du gouvernement en faveur d’une autonomie stratégique accrue. L’achèvement de l’aéroport de la même région est lui aussi garanti, avec une enveloppe de 6 milliards de FCFA inscrite dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 pour boucler définitivement les travaux.

Concernant les arriérés dus aux anciens cheminots, une provision d’un milliard de FCFA a été prévue dans le budget, en attendant une prise en charge définitive à travers la prochaine Loi de finances rectificative. Pour les collectivités territoriales, le ministre a rassuré sur la disponibilité des ressources, expliquant les retards constatés par les ajustements administratifs consécutifs au dernier remaniement gouvernemental.

Le ministre s’est également exprimé sur les impôts et taxes dus par les entreprises, dont les montants réels, jugés particulièrement faibles ces dernières années, inquiétaient plusieurs parlementaires. Le budget 2026 corrige cette situation en planifiant 260 milliards de FCFA destinés au recouvrement des impôts et taxes, contre seulement 9 milliards auparavant. Sur ce total, 160 milliards seront affectés à l’apurement progressif des arriérés d’ici 2027.

Pour répondre aux préoccupations liées à la participation des acteurs locaux dans les marchés publics, Déthié Fall a rappelé l’existence et l’importance des clauses de réservation inscrites dans le Code des marchés publics. Ainsi, pour les marchés de travaux supérieurs à 100 millions de FCFA, 5 % des montants sont réservés aux acteurs locaux : 3 % aux structures de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales, et 2 % spécifiquement aux PME dirigées par des femmes. Le ministre a assuré que son département veillera à l’application rigoureuse de ces dispositions, notamment dans les secteurs stratégiques tels que les hydrocarbures et les mines.

L’adoption finale du budget par les députés constitue un signal clair du soutien apporté à la feuille de route du ministère des Infrastructures, résolument engagé à poser les fondations matérielles d’un Sénégal restructuré, moderne et plus équitable. Pour le gouvernement, l’exercice 2026 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre des grands chantiers de transformation, et un pas supplémentaire vers l’émergence d’un modèle d’aménagement plus cohérent et durable sur l’ensemble du territoire national.

L’APR affiche sa résilience à Kolda : Moussa Baldé et Abdoulaye Diop appellent à l’unité et à la mobilisation

Devant un parterre de responsables politiques, de militants et de sympathisants venus de plusieurs localités du Fouladou, le Pr Moussa Baldé a réaffirmé la vitalité de l’Alliance pour la République (APR), malgré les départs qui ont récemment touché la formation politique de l’ancien président Macky Sall. Dans une salle acquise à sa cause, l’ancien ministre a tenu à rassurer les militants sur la stabilité et la capacité du parti à se relever. « L’APR est là et reste là. Nous allons continuer le travail », a-t-il martelé, saluant la forte mobilisation notée lors de la rencontre. Il a estimé que cette affluence était la preuve que l’APR conserve encore une base solide dans le Fouladou, en dépit du ralliement de certains maires et responsables locaux au camp présidentiel.

Abdoulaye Diop, mandaté par le Secrétariat exécutif national du parti, a lui aussi insisté sur la nécessité de préserver la cohésion interne. Dans son allocution, il a rappelé l’importance de la solidarité, de la discipline et de la mobilisation permanente pour garantir l’efficacité de la stratégie de reconquête du pouvoir. Selon lui, « l’unité et le travail sont les seules voies pour maintenir l’APR forte dans le Fouladou et au niveau national ». Ce message se veut un appel à resserrer les rangs et à éviter les divisions susceptibles d’entraver la dynamique du parti.

La rencontre, qui s’inscrit dans une démarche de remobilisation générale, marque une étape décisive pour l’APR à Kolda. Les responsables locaux ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur engagement à renforcer l’implantation du parti sur le terrain. Ils se sont engagés à redynamiser les structures de base, à intensifier la proximité avec les populations et à préparer sereinement les prochaines échéances politiques. Pour eux, l’objectif est clair : faire du Fouladou un bastion solide dans la perspective des futures batailles électorales.

Tournée musicale et projet humanitaire en santé : “Le reggae au service de la santé au Sénégal au Reggae Sen Tour » – Natty Jean

En cette fin d’année, l’artiste sénégalais Natty Jean s’associe au Reggae Sen Tour, une tournée musicale et solidaire menée par l’association NYF aux côtés des artistes Malikal et Lidiop. Ensemble, ils s’engagent et croient au pouvoir de la musique pour éveiller les consciences et soigner les maux. Dès le 23 décembre, l’association NYF débute sa tournée inédite à travers le Sénégal, mêlant concerts et actions humanitaires dans le domaine de la santé.

Un projet culturel et social

À l’initiative de cette démarche, Oumar Fall, fondateur de l’association, mène depuis plusieurs années des collectes de matériel médical en France destinées aux centres de soins sénégalais. Organisateur d’événements musicaux qui valorisent les scènes reggae et afro-sénégalaises, il décide d’organiser une série de concerts afin d’acheminer le matériel en début d’année 2026.
Chaque date sera l’occasion de mettre en lumière la cause défendue et les actions concrètes menées par l’association pour renforcer les structures de santé du pays, notamment grâce aux dons suivants : lits médicalisés, fauteuils roulants, béquilles, attelles, etc.

« La musique est un canal puissant. Les gens écoutent, ils ressentent. Alors pourquoi ne pas en faire un outil de prévention et de solidarité ? », explique Natty Jean.

Les défis du reggae africain

Interrogé par Le Dakarois Quotidien, l’artiste revient sur les obstacles auxquels le reggae africain se heurte encore : manque de moyens, rareté du matériel musical, absence de structures professionnelles ou encore pénurie de managers et de coachs.
Selon lui, ces fragilités freinent l’essor du genre sur le continent.
« En Afrique, nous avons un problème de structuration, de matériel, d’organisation. […] Nous manquons de moyens, de structures événementielles, de labels modernes, de formations, de management et de coaching. Au Sénégal, la restructuration est une nécessité absolue », souligne-t-il.

Le Reggae Sen Tour entend ainsi rassembler des artistes venant de scènes diverses — reggae, hip-hop, afro, pop ou soul — autour d’un même message de solidarité.

Entre engagement musical et action concrète

Figure du reggae africain, ancien membre du groupe Positive Black Soul et voix du groupe Danakil depuis 2011, Natty Jean poursuit un parcours marqué par l’engagement social.
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité de son travail, avec une volonté affichée de conjuguer musique et action directe.

« Je ne veux pas seulement chanter la souffrance, je veux aussi agir. Et faire découvrir aux Sénégalais le reggae pur et dur », affirme-t-il.

Sensibiliser à la réalité sanitaire

Au-delà du rapatriement, la tournée souhaite également sensibiliser le public aux défis sanitaires auxquels font face de nombreuses communautés locales. Chaque concert se veut un espace de dialogue, d’écoute et de prise de conscience.

L’événement, prévu pour débuter en décembre 2025, se présente comme une rencontre entre création artistique et engagement social.
Dates annoncées
•⁠ ⁠23 décembre 2025 : Centre Culturel Régional Blaise Senghor – Dakar
•⁠ ⁠26 décembre 2025 : Katmandou – Saly
•⁠ ⁠1er janvier 2026 : Just For You – Dakar

Parcours et repères

Après des débuts dans le hip-hop, Natty Jean s’est tourné vers le reggae, développant une identité musicale mêlant influences afro-urbaines, engagements humanistes et écriture sociale.
Ses albums Santa Yalla (2012) et Imagine (2018), ainsi que ses collaborations avec Danakil, Fab I&I, Diary Sacko, Volodia ou Max Livio, témoignent de ce cheminement artistique.

Remaniement majeur à la tête de l’armée sénégalaise : le Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade nommé Chef d’État-major général des Armées

L’armée sénégalaise s’engage dans une nouvelle phase de son commandement avec la nomination du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade au poste de Chef d’État-major général des Armées (CEMGA). Cette décision, officialisée par un décret présidentiel signé le 1er décembre 2025 par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, marque un tournant stratégique dans la haute hiérarchie militaire. Le nouveau CEMGA prendra officiellement ses fonctions à compter du 12 février 2026.

Jusqu’ici Chef de l’État-major Particulier du Président de la République, Oumar Wade fait partie des hauts gradés les plus respectés de la marine nationale. Sa nomination vient couronner un parcours marqué par une solide expertise stratégique et une carrière éclatante au sein des forces navales. En lui confiant le commandement de l’ensemble des Forces armées, les autorités sénégalaises entendent renforcer la cohérence opérationnelle, moderniser les capacités de défense et consolider la posture sécuritaire face aux défis régionaux croissants.

Ce changement intervient dans un contexte de réaménagement global de la hiérarchie militaire, amorcé depuis plusieurs mois. Le général d’armée Mbaye Cissé, qu’il remplace, sera admis dans la 2ᵉ section des cadres de l’État-major général, correspondant à la réserve. Après avoir guidé les Armées dans une période marquée par des mutations sécuritaires et technologiques, le général Cissé quitte ses fonctions en laissant derrière lui un héritage salué pour sa rigueur, son sens du devoir et son engagement envers la nation.

L’arrivée du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade à la tête de l’armée traduit également une volonté de rééquilibrage institutionnel au sein des différents corps, la marine nationale prenant de plus en plus de place dans l’architecture sécuritaire du pays. Alors que le Sénégal fait face à des enjeux de surveillance maritime, de lutte contre la pêche illégale, contre le trafic transfrontalier et de protection de ses ressources offshore, la nomination d’un officier issu de la marine est perçue comme un signal fort.

Réajustements au sommet de l’armée : le Colonel Amadou Moussa Ndir promu Général de brigade et nommé Conseiller Défense du Premier ministre

La haute hiérarchie militaire sénégalaise connaît de nouveaux mouvements significatifs, confirmant une phase de réorganisation stratégique impulsée par les autorités. Dans ce contexte, le Colonel Amadou Moussa Ndir accède au grade de Général de brigade après son inscription dans la 1ère section — celle des officiers généraux en activité — au sein des cadres de l’État-Major général. Cette promotion marque une étape importante dans la carrière de cet officier réputé pour son expertise et son expérience au cœur des dispositifs de commandement.

Cette avancée intervient alors que l’armée sénégalaise est engagée dans une dynamique de renouvellement. Quelques jours plus tôt, l’annonce de la nomination du Vice-Amiral d’escadre Oumar Wade à la tête de l’État-Major général des Armées a illustré cette volonté de réajustement. Le nouvel homme fort de l’institution militaire prendra officiellement ses fonctions le 12 février 2026, ouvrant ainsi une nouvelle page dans la conduite stratégique des forces armées.

Dans la même veine, un décret présidentiel daté du 1er décembre 2025 apporte une nouvelle précision sur l’évolution de la structure militaire. Selon ce document signé par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Général de brigade Amadou Moussa Ndir est nommé Conseiller Défense du Premier ministre, un poste hautement stratégique au cœur de la coordination sécuritaire de l’exécutif. Sa prise de fonction est fixée au 2 février 2026.

Jusqu’ici, le nouvel officier général occupait les fonctions d’Adjoint Coordination Défense et Études Générales à l’État-Major Particulier du Président de la République, une position qui lui a permis de développer une vision transversale des enjeux de défense et des mécanismes de planification stratégique. Sa nomination au niveau de la Primature confirme non seulement la confiance placée en lui, mais également son rôle central dans l’architecture sécuritaire de l’État.

Il succède à ce poste au Général de brigade Cheikh Mouhamadou Lamine Boucounta Camara, appelé à d’autres responsabilités après plusieurs années durant lesquelles il a contribué à l’élaboration et au suivi des grandes orientations en matière de défense nationale.

Alassane Ouattara réaffirme son engagement envers la Constitution et la Nation ivoirienne

Le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a renouvelé ce lundi son engagement solennel envers le peuple et les institutions du pays. Dans un message publié sur son compte Twitter officiel, le chef de l’État a rappelé avec force les principes qui guident son action à la tête de la Nation.

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les Droits et Libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation. Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment », a déclaré Alassane Ouattara dans ce message à haute portée symbolique.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la question du respect des institutions et de l’État de droit demeure au cœur des débats politiques nationaux. En réaffirmant publiquement son serment, le président Ouattara entend rappeler que la Constitution reste la boussole de son action. Le chef de l’État place au centre de ses priorités la défense des droits fondamentaux des citoyens, la préservation des libertés publiques et la consolidation de la cohésion nationale.

Au-delà du caractère solennel de la formule, ce serment revêt une dimension profondément politique. Il réitère la responsabilité du président envers ses concitoyens et souligne le principe selon lequel la légitimité d’un dirigeant repose sur la confiance du peuple. En évoquant la possibilité que cette confiance lui soit retirée en cas de manquement, Alassane Ouattara rappelle la primauté du peuple souverain dans la vie démocratique du pays.

Ce message, largement partagé et commenté sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans la volonté affichée du président de gouverner dans la transparence, le respect des lois et la recherche constante de l’intérêt général. Pour de nombreux observateurs, il témoigne également de son souci de renforcer l’adhésion des Ivoiriens autour des institutions républicaines et de confirmer son engagement à poursuivre un mandat fondé sur la stabilité, la paix et le progrès.

Thierno Alassane Sall charge le régime PASTEF : « La loi d’amnistie demeure le principal obstacle à la justice »

Au lendemain de la journée de commémoration dédiée aux « martyrs » des manifestations violentes ayant secoué le Sénégal entre 2021 et 2024, le député Thierno Alassane Sall a une nouvelle fois relancé le débat sur la loi d’amnistie, qu’il considère comme le verrou majeur empêchant l’éclatement de la vérité et la manifestation de la justice. L’ancien ministre estime que tant que ce texte reste en vigueur, aucune procédure judiciaire sérieuse ne pourra aboutir concernant les victimes, les responsabilités ou les dérives survenues durant cette période.

Pour Thierno Alassane Sall, le blocage est clair : le régime actuel, dirigé par PASTEF, « a délibérément refusé d’abroger » la loi d’amnistie. Une attitude qu’il qualifie de parfaitement assumée par les gouvernants, même si elle est rarement reconnue publiquement. Selon lui, personne n’est dupe : la persistance de cette loi n’est pas un oubli, mais un choix politique.

Il souligne que l’État du Sénégal, tout comme les familles des victimes, n’a besoin que d’une seule mesure pour permettre l’ouverture de procédures judiciaires : la suppression de cet obstacle juridique. En maintenant l’amnistie, affirme-t-il, le procureur, les magistrats et les citoyens souhaitant saisir la justice se retrouvent enfermés dans « un brouillard légal soigneusement entretenu ». Cette situation paradoxale crée une incohérence institutionnelle où l’on exhorte à agir tout en empêchant toute action. Pour le député, la solution est donc sans ambiguïté : la loi doit être abrogée purement et simplement.

Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs le régime de vouloir imposer une lecture biaisée de la situation. Selon lui, présenter le président de la République comme l’unique responsable du blocage relève d’une « mise en scène grossière ». Il estime que cette stratégie s’inscrit dans une méthode politique déjà connue chez le leader de PASTEF : celle de la manipulation destinée à déplacer systématiquement la responsabilité et à détourner l’attention des Sénégalais.

L’ex-ministre n’a pas manqué d’interpeller directement le Premier ministre Ousmane Sonko. Il lui rappelle qu’il n’a plus l’adversaire qui lui servait jusque-là de repoussoir politique : « Macky Sall n’est plus là », dit-il, avant de l’accuser d’avoir désormais désigné le président Bassirou Diomaye Faye comme nouvelle cible dans son discours politique. Selon Thierno Alassane Sall, cette nécessité constante de se construire un ennemi serait un « besoin » pour Sonko afin de continuer à exister sur la scène politique.

Rufisque:Le G3 demande le payement intégral des indemnités du BAC/BFEM et dénonce une discrimination

Mouvement d’humeur des syndicats du G3 ce lundi 08 décembre à Rufisque marqué par un débrayage  dans l’ensemble des écoles moyens secondaire .

Il s’agit d’une réclamation de payement des indemnités du BAC et du BFEM qu’ils n’ont toujours pas reçu alors que les colleges de la région de Dakar ont déjà perçu.

Une forme de discrimination que M. Pierre SAGNA secrétaire régional du SAEMS à dénoncer en affirmant que le plan d’action qu’ils ont déjà établi sera suivi si rien n’est fait du coté des autorités.

Rufisque:Le G3 demande le payement intégral des indemnités du BAC/BFEM et dénonce une discrimination

Cheikh Omar Diagne alerte sur les conséquences de la suppression des bourses familiales et l’asphyxie du secteur privé

L’ancien directeur des moyens généraux de la Présidence de la République, Cheikh Omar Diagne, a vivement critiqué la suppression des bourses familiales dans un entretien accordé au journal Les Échos. Pour lui, cette décision porte un coup sévère à des centaines de milliers de ménages déjà fragilisés par la conjoncture économique. « On a enlevé l’oxygène de 400.000 familles », a-t-il dénoncé, estimant que ces aides sociales représentaient un soutien vital pour de nombreux foyers vulnérables.

Cheikh Omar Diagne s’est également attardé sur la situation du secteur du BTP, qu’il qualifie de « sacrifié et laissé à l’abandon ». Selon lui, l’arrêt ou le gel de plusieurs chantiers publics, combiné à la raréfaction des investissements, a plongé les entreprises de construction dans une situation particulièrement difficile. Ce secteur, considéré comme l’un des moteurs économiques du pays, souffrirait désormais d’un manque de visibilité et de perspectives, ce qui mettrait en péril des milliers d’emplois.

Dans la foulée, l’ancien responsable a fustigé la politique fiscale actuelle, qu’il juge étouffante pour les ménages comme pour les entreprises. Il affirme que les surtaxes imposées par l’État « étranglent les entreprises déjà fragilisées » tout en aggravant la pression sur les familles. À l’en croire, cette orientation économique risque d’accentuer les inégalités et de réduire le pouvoir d’achat, au moment même où les Sénégalais affrontent une hausse généralisée du coût de la vie.

Interpellation de l’homme d’affaires Thierno Ba : un week-end mouvementé à l’AIBD sur fond d’enquête financière

L’homme d’affaires Thierno Ba a vécu un week-end particulièrement agité à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, il s’apprêtait à embarquer samedi soir lorsqu’il a été brusquement retenu par les services de sécurité lors des formalités de voyage. Les autorités agissaient sur la base d’une interdiction de sortie du territoire émise par le parquet financier, une mesure qui s’inscrit dans le cadre d’un dossier actuellement sous enquête.

D’après Libération, l’interdiction serait liée à un rapport transmis par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Au cœur de ce rapport figure un marché public estimé à 64 milliards de FCFA, attribué à l’homme d’affaires sous l’ancien régime. La nature et les conditions d’octroi de ce marché suscitent de nombreuses interrogations, poussant les autorités judiciaires à ouvrir des investigations de grande envergure.

Après son interception, Thierno Ba a été conduit au commissariat spécial de l’aéroport, où il a passé la nuit de samedi à dimanche. Ce placement en rétention administrative visait à permettre les premières vérifications dans un dossier considéré comme sensible par les enquêteurs. Le lendemain, il a été transféré à la Division des Investigations Criminelles (DIC), structure centralisant les procédures liées aux infractions financières complexes.

Malgré ce passage par les services de police et les interrogatoires initiaux, l’homme d’affaires a été finalement libéré sous convocation. Cette décision indique que l’enquête reste pour l’instant en phase préliminaire, même si les éléments collectés semblent suffisamment sérieux pour justifier la restriction de ses déplacements et le suivi judiciaire rapproché dont il fait désormais l’objet.

Le marché de 64 milliards de FCFA placé au centre des investigations demeure entouré de zones d’ombre. Libération rapporte que la CENTIF aurait détecté des flux financiers ou des anomalies susceptibles de constituer des indices de pratiques illicites ou de blanchiment. Pour l’instant, aucune communication officielle ne précise la nature exacte du contrat concerné, les procédures mises en cause ni les éventuelles responsabilités pénales qui pourraient émerger au cours de l’enquête.

Abidjan accueille un parterre de dirigeants africains pour l’investiture d’Alassane Ouattara

Une effervescence diplomatique inhabituelle a animé Abidjan ce lundi, alors qu’une dizaine de chefs d’État africains, trois anciens présidents et de nombreux représentants de puissances internationales ont convergé vers la capitale économique ivoirienne pour assister à l’investiture d’Alassane Ouattara. Cette présence massive illustre la place stratégique qu’occupe désormais la Côte d’Ivoire sur l’échiquier continental et international, tout en marquant l’ouverture d’un nouveau chapitre politique pour le pays.

La cérémonie s’est déroulée au Palais présidentiel du Plateau, où le chef de l’État a prêté serment devant le Conseil constitutionnel. Par cet acte solennel, Alassane Ouattara entame son quatrième mandat à la tête de la nation, après avoir été réélu le 25 octobre dernier avec près de 90 % des suffrages exprimés. Devant les juges, l’ancien directeur général adjoint du FMI s’est engagé à « respecter et défendre la Constitution », à « incarner l’unité nationale » et à « veiller aux intérêts supérieurs de la Nation », réaffirmant ainsi sa volonté de poursuivre la ligne directrice qui a marqué l’ensemble de ses mandats précédents.

La mobilisation internationale autour de cet événement a été exceptionnelle. Plusieurs dirigeants africains ont fait le déplacement, parmi lesquels Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de Mauritanie, John Dramani Mahama du Ghana, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Julius Maada Bio de Sierra Leone, Joseph Nyuma Boakaï du Liberia, Azali Assoumani des Comores, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, João Lourenço d’Angola et Adama Barrow de Gambie. Faure Gnassingbé, président du Togo, et Ismaël Omar Guelleh, chef de l’État djiboutien, étaient également annoncés.

La présence de trois anciens dirigeants, Goodluck Jonathan du Nigeria, Nana Akufo-Addo du Ghana et Mahamadou Issoufou du Niger, a apporté une dimension symbolique supplémentaire. Leur participation témoigne de la capacité d’Alassane Ouattara à maintenir, au fil de ses mandats, un vaste réseau de relations diplomatiques et régionales.

Au-delà du continent africain, les grandes puissances ont également montré leur intérêt pour la stabilité politique et économique de la Côte d’Ivoire. Les États-Unis étaient représentés par Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, tandis que la France avait dépêché Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux. La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie figurait elle aussi parmi les personnalités invitées.

Cette investiture marque la conclusion d’un processus électoral particulier, au cours duquel Alassane Ouattara a opéré un retour décisif sur le devant de la scène politique. En 2020, le président avait pourtant évoqué son intention de céder la place à une nouvelle génération. Il avait alors expliqué, lors de l’annonce de sa candidature, que « le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », invoquant les défis sécuritaires et économiques persistants dans la sous-région.

Au lendemain de sa réélection, le chef de l’État avait souligné que ce nouveau mandat serait placé sous le signe de la continuité, de la stabilité et du renforcement démocratique. « Cette victoire est avant tout celle du peuple, qui a choisi la démocratie, la paix et la stabilité », avait-il affirmé devant son gouvernement.

À 83 ans, Alassane Ouattara entame ce mandat dans un contexte régional contrasté. Si la Côte d’Ivoire bénéficie d’une croissance économique soutenue et d’une stabilité politique relative, l’opposition continue de contester la légitimité de ce quatrième mandat, le qualifiant « d’anticonstitutionnel » et dénonçant l’exclusion de plusieurs de ses figures majeures lors du processus électoral.

Tentative de coup d’État au Bénin : la CEDEAO déploie sa Force en attente pour défendre les institutions

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec fermeté à la tentative de coup d’État survenue ce dimanche au Bénin. Dans un communiqué officiel, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État, Julius Maada Bio, a annoncé avoir « ordonné le déploiement immédiat de la Force en attente » afin de protéger les institutions républicaines du pays.

Selon les précisions fournies, cette force régionale sera constituée de contingents en provenance du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Leur mission sera de coopérer étroitement avec l’Armée républicaine du Bénin pour préserver l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale du pays, ébranlés par la tentative de prise de pouvoir.

La CEDEAO souligne que cette décision intervient après des consultations menées au sein du Conseil de médiation et de sécurité, réunissant des chefs d’État et de gouvernement de la sous-région. L’organisation réaffirme ainsi sa ligne dure face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, un phénomène devenu récurrent dans plusieurs pays membres ces dernières années.

Dès les premières heures de la journée, l’organisation sous-régionale avait prévenu qu’elle soutiendrait toute initiative visant à rétablir l’ordre, avant que le gouvernement béninois ne communique pour assurer que « la situation est sous contrôle ».

En mobilisant sans délai sa Force en attente, la CEDEAO entend envoyer un signal clair : aucun coup de force contre un gouvernement élu ne sera toléré dans la région.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°625 – 08/12/2025

🔴 ÉDUCATION / FORCES DE L’ORDRE DANS LES FRANCHISES UNIVERSITAIRES, REVENDICATIONS DU CUSEMS : LA MÈCHE RESTE ALLUMÉE
🔴 JOURNÉE DES « MARTYRS » : 2029 EN TOILE DE FOND

🔴 LIGUE 1 / DERBY DE LA BANLIEUE : AS PIKINE ÉTRILLE GUÉDIAWAYE FC
🔴 NGB S’INCLINE DEVANT LE DUC : SURPRISE EN LIGUE 2

Présidentielle 2029 : Ousmane Sonko réaffirme sa candidature et défie toute tentative d’exclusion

Ousmane Sonko a profité, ce dimanche, de la cérémonie de commémoration en hommage aux « martyrs » des manifestations survenues entre 2021 et 2024 pour envoyer un message politique clair : il sera candidat à la présidentielle de 2029. Le leader du Pastef-Les Patriotes, désormais figure centrale de la scène politique sénégalaise, a tenu un discours offensif, mêlant mémoire, justice et perspectives électorales.

Face aux familles des victimes, à ses militants et aux responsables du parti réunis au Grand Théâtre, Ousmane Sonko a rappelé les obstacles politiques et judiciaires qui ont jalonné son parcours depuis 2021. C’est dans ce contexte chargé qu’il a lancé une déclaration forte : « Après 2024, personne ne pourra m’empêcher de participer à une élection… ». Une affirmation qui sonne comme une mise en garde directe à toute tentative future de contestation de son éligibilité.

Sa sortie intervient alors que la question de sa participation au scrutin de 2029 continue d’alimenter le débat public. Sa condamnation pour diffamation dans l’affaire Prodac, qui l’opposait à Mame Mbaye Niang, avait suscité une longue bataille judiciaire et politique autour de son statut électoral. L’affaire avait été au cœur des tensions préélectorales de 2024, conduisant notamment à son exclusion provisoire des listes électorales avant son retour sur la scène institutionnelle.

En évoquant son avenir politique, Ousmane Sonko a voulu dissiper tout doute : pour lui, 2029 est désormais un horizon incontournable. Il a assuré que plus aucune manœuvre judiciaire ou administrative ne pourra entraver sa candidature. Cette déclaration marque le début d’une nouvelle séquence politique, alors même que son gouvernement poursuit des réformes majeures dans plusieurs secteurs et que Pastef tente de consolider son assise nationale.

Devant une assistance acquise à sa cause, le Premier ministre a également replacé cette annonce dans une vision plus large : celle de poursuivre le combat entamé depuis plus d’une décennie pour, selon lui, transformer les institutions et garantir une véritable justice sociale au Sénégal. Son discours, empreint de détermination, laisse présager une campagne future qui s’annonce déjà musclée.

Cette prise de position, qui intervient quatre ans avant le scrutin, est perçue comme une volonté d’installer très tôt les lignes du débat politique national. Elle devrait faire réagir la classe politique, en particulier ses adversaires qui voient dans cette affirmation anticipée une manière d’occuper le terrain médiatique et de resserrer les rangs de ses partisans autour d’un objectif clair.

Commémoration des “martyrs” 2021-2024 : Ousmane Sonko réclame une réforme profonde de la justice et le limogeage des magistrats qu’il accuse de “complot”

Le Grand Théâtre de Dakar a accueilli ce dimanche une cérémonie chargée d’émotion et de symboles. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes et actuel Premier ministre, a présidé une journée de commémoration en hommage aux victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et mars 2024, une période marquée par des affrontements, des arrestations massives et une crispation institutionnelle sans précédent au Sénégal.

Dans une salle remplie de familles de victimes, d’anciens détenus, de sympathisants et de responsables du parti, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois mémoriel et fortement politique. Il a rappelé que ces “martyrs”, selon les termes employés par son parti, représentent “un sacrifice inestimable” dont la nation ne peut faire abstraction si elle aspire à un avenir de justice et de stabilité. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître la responsabilité de l’État dans les violences commises durant cette période et de garantir aux familles le droit à la vérité.

Au cœur de son intervention, la justice a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a affirmé qu’aucune réconciliation nationale durable ne sera possible sans une réforme en profondeur du système judiciaire. Selon lui, les dysfonctionnements observés ces dernières années ont révélé une justice “instrumentalisée”, devenue “un bras armé au service d’intérêts politiques”. Il a ainsi appelé à une refonte systémique visant à rétablir la confiance des citoyens, mais aussi à protéger les droits fondamentaux dans toutes les procédures judiciaires.

Dans un passage particulièrement commenté de son discours, Ousmane Sonko a exigé le limogeage des magistrats qu’il accuse d’avoir “comploté” contre lui et contre plusieurs militants de Pastef. Sans citer de noms, il a évoqué des “acteurs judiciaires identifiés” qui, selon lui, auraient participé à la “fabrication” de dossiers destinés à l’écarter de la scène politique et à intimider ses partisans. Il a estimé que ces magistrats ne peuvent continuer à exercer sereinement tant que n’auront pas été établies les responsabilités individuelles dans les dérives qui ont, selon lui, entaché l’État de droit.

La cérémonie a également été marquée par des témoignages poignants de familles endeuillées et d’anciens détenus politiques, plusieurs d’entre eux décrivant les conditions de leur arrestation ou les séquelles laissées par les événements de ces années d’instabilité. Pour beaucoup, cette rencontre se voulait aussi un moment de reconnaissance officielle, après ce qu’ils qualifient d’années d’incompréhension ou de silence institutionnel.

Au-delà de l’hommage, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de poursuivre la quête de justice, assurant que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur les violences et engager les réformes annoncées. Il a rappelé que la construction d’un Sénégal plus juste implique de panser les blessures du passé, mais aussi d’assumer les responsabilités, quelles qu’elles soient.

Cette journée de commémoration s’inscrit dans un contexte où le débat sur la justice, son indépendance et son rôle dans les crises politiques reste au cœur des préoccupations nationales. Pour de nombreux observateurs, les déclarations du Premier ministre marquent un tournant dans la dynamique de réforme annoncée, tout en ouvrant un nouvel épisode politique qui pourrait susciter des réactions au sein de la magistrature et des institutions.

Souveraineté et vigilance : le Général Birame Diop alerte sur les menaces sous-régionales lors du vote du Budget 2026

Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.

Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.

Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».

À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.

Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.

Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.

L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.

En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.

Randonnée pédestre de l’Amicale Médina Sa Kanam : une marche au rythme de la convivialité

Le dimanche 7 décembre 2025, sous un ciel clément et une brise légère, l’Amicale de Médina Sa Kanam a organisé la 3ᵉ édition de sa traditionnelle randonnée pédestre. Plus d’une quarantaine de participants de tous âges y ont pris part, ainsi que d’autres organisations comme le club de randonnée de Tivaouane Peulh, venues partager un moment de détente, de sport et de fraternité.

Cette édition a également été dédiée à la mémoire du défunt El Hadji Mody Diagne, membre fondateur de l’Amicale.

Le départ a été donné à 8 h 45 depuis le centre Douta Seck, au cœur de la Médina. Le parcours, d’environ 10 kilomètres, a conduit les marcheurs à travers les ruelles pittoresques du vieux quartier, avant de s’ouvrir sur les collines environnantes, offrant une vue imprenable sur la ville et ses remparts chargés d’histoire.

Tout au long du trajet, les participants ont pu apprécier la richesse du patrimoine local : fontaines anciennes, oliveraies et sentiers bordés de figuiers. Des témoignages émouvants ont également été rendus à El Hadji Mody Diagne. Selon le président de l’Amicale, il était « une personne d’une dimension exceptionnelle ».

« Ce n’est qu’après sa disparition que beaucoup ont pleinement mesuré l’homme qu’il était, à travers son engagement auprès des familles en difficulté, son sens du social, sa générosité et sa gentillesse », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’effort physique, cette randonnée fut l’occasion de rappeler les valeurs chères à l’Amicale : respect de la nature, esprit d’entraide et civisme. Un message a été lu en fin de marche, invitant chacun à préserver les lieux traversés, à encourager les plus jeunes et à faire de cette sortie un véritable moment de solidarité.

De retour à la Médina en fin de matinée, les visages étaient rayonnants, les jambes peut-être un peu lourdes, mais les cœurs légers. Une collation a permis de clôturer cette belle matinée dans une ambiance chaleureuse et amicale.

Bénin : le gouvernement annonce l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon

Le calme revient progressivement au Bénin après une matinée marquée par une tentative de coup d’État rapidement avortée. Ce dimanche 7 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séidou, est apparu à la télévision nationale pour confirmer « l’échec » d’une manœuvre menée à l’aube par un groupe de militaires ayant brièvement affirmé avoir pris le contrôle du pays.

Selon le ministre, tout a commencé « au petit matin », lorsqu’un « groupuscule de soldats » a engagé une mutinerie dans le but déclaré de « déstabiliser l’État et ses Institutions ». Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur l’ampleur du mouvement, le nombre de soldats impliqués ou les sites visés, mais les autorités parlent d’une opération limitée qui a rapidement été contenue.

Plus tôt dans la matinée, des informations circulaient sur des militaires ayant proclamé prendre le contrôle de certaines positions stratégiques. Le gouvernement n’a pas confirmé ces allégations mais a insisté sur la réactivité des forces régulières.

Dans son allocution télévisée, Alassane Séidou a salué « la fidélité » et « la discipline républicaine » des Forces Armées béninoises. « Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a-t-il déclaré, assurant que l’ordre constitutionnel n’a jamais véritablement vacillé.

Le ministre n’a toutefois donné aucune précision sur le sort des soldats impliqués dans la tentative de putsch, laissant en suspens la question d’éventuelles arrestations, neutralisations ou opérations encore en cours.

Malgré la tension des premières heures, le gouvernement souhaite rapidement rétablir un climat de normalité. « Les populations sont invitées à vaquer normalement à leurs occupations », a annoncé Alassane Séidou, affirmant que la situation est désormais « totalement sous contrôle ».

Aucun couvre-feu n’a été décrété et aucune mesure exceptionnelle n’a été annoncée, signe que les autorités veulent éviter de nourrir l’inquiétude de la population.

Cette tentative de déstabilisation intervient dans un contexte politique régional marqué par une multiplication des crises et coups d’État en Afrique de l’Ouest au cours des dernières années. Le Bénin, jusque-là épargné par ce type de rupture institutionnelle récente, rejoint ainsi la liste des pays confrontés à des velléités putschistes.

Hommage à Kaolack : les figures du handicap honorées pour leur leadership

La ville de Kaolack a célébré, ce samedi 6 décembre 2025, une journée exceptionnelle placée sous le signe de la reconnaissance et de l’inclusion. La Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack a organisé une Journée de Sargal en hommage aux leaders départementaux œuvrant pour la cause des personnes handicapées. La cérémonie, empreinte d’émotion, s’est tenue en marge de la Journée mondiale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème : « Amplifier le leadership des personnes handicapées pour un avenir inclusif et durable ».

L’événement a également mis à l’honneur plusieurs personnalités engagées, dont Me Daouda Barro, Sidy Fall et Pape Natango Mbaye, pour leur contribution remarquable à la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap.

Une mobilisation forte autour de l’inclusion

Membres d’associations, autorités locales, partenaires techniques et sympathisants ont pris part à cette rencontre, illustrant une véritable mobilisation communautaire. Témoignages, discours et distinctions ont ponctué la journée, mettant en lumière le rôle essentiel joué par Madame Isseu Gaye Darry, Me Daouda Barro, Pape Natango Mbaye et Sidy Fall dans la défense des droits et la visibilité des personnes handicapées.

Pour la Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack, cette journée ne se voulait pas uniquement un hommage. Elle visait aussi à renforcer la cohésion du mouvement et à réaffirmer plusieurs priorités majeures, notamment :

l’amélioration de l’accessibilité, le développement de l’éducation inclusive, l’accès équitable aux opportunités économiques, la promotion de la participation citoyenne des personnes handicapées.

Un appel à des actions plus structurantes

Dans son intervention, Aly Lakh a interpellé les autorités publiques ainsi que les organisations de la société civile sur la nécessité d’adopter des politiques réellement adaptées aux réalités des personnes vivant avec un handicap. Il a souligné l’urgence d’investir dans des infrastructures véritablement accessibles.

L’un des points phares soulevés au cours de la cérémonie est la nécessité de construire une Maison des Personnes Handicapées pour la région de Kaolack : un espace dédié à l’accompagnement, à la formation, au plaidoyer et au renforcement des capacités.

Donner de la voix à ceux que l’on entend trop peu

Au-delà de la célébration du parcours exemplaire d’Isseu Gaye Darry et de ses pairs, cette Journée de Sargal a permis de mettre en lumière les revendications d’une communauté encore trop souvent marginalisée. Elle a rappelé l’impératif d’un engagement concret, structurant et durable pour améliorer les conditions de vie des personnes handicapées au Sénégal.

Avec cette initiative, la Fédération des Associations des Personnes Handicapées de Kaolack marque une nouvelle étape dans la valorisation du leadership inclusif et dans la construction d’une société où chacun, indépendamment de sa situation, peut contribuer pleinement au développement du pays.

Bénin : le gouvernement annonce l’échec d’une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon

Le calme revient progressivement au Bénin après une matinée marquée par une tentative de coup d’État rapidement avortée. Ce dimanche 7 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séidou, est apparu à la télévision nationale pour confirmer « l’échec » d’une manœuvre menée à l’aube par un groupe de militaires ayant brièvement affirmé avoir pris le contrôle du pays.

Selon le ministre, tout a commencé « au petit matin », lorsqu’un « groupuscule de soldats » a engagé une mutinerie dans le but déclaré de « déstabiliser l’État et ses Institutions ». Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur l’ampleur du mouvement, le nombre de soldats impliqués ou les sites visés, mais les autorités parlent d’une opération limitée qui a rapidement été contenue.

Plus tôt dans la matinée, des informations circulaient sur des militaires ayant proclamé prendre le contrôle de certaines positions stratégiques. Le gouvernement n’a pas confirmé ces allégations mais a insisté sur la réactivité des forces régulières.

Dans son allocution télévisée, Alassane Séidou a salué « la fidélité » et « la discipline républicaine » des Forces Armées béninoises. « Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre », a-t-il déclaré, assurant que l’ordre constitutionnel n’a jamais véritablement vacillé.

Le ministre n’a toutefois donné aucune précision sur le sort des soldats impliqués dans la tentative de putsch, laissant en suspens la question d’éventuelles arrestations, neutralisations ou opérations encore en cours.

Malgré la tension des premières heures, le gouvernement souhaite rapidement rétablir un climat de normalité. « Les populations sont invitées à vaquer normalement à leurs occupations », a annoncé Alassane Séidou, affirmant que la situation est désormais « totalement sous contrôle ».

Aucun couvre-feu n’a été décrété et aucune mesure exceptionnelle n’a été annoncée, signe que les autorités veulent éviter de nourrir l’inquiétude de la population.

Cette tentative de déstabilisation intervient dans un contexte politique régional marqué par une multiplication des crises et coups d’État en Afrique de l’Ouest au cours des dernières années. Le Bénin, jusque-là épargné par ce type de rupture institutionnelle récente, rejoint ainsi la liste des pays confrontés à des velléités putschistes.

UCAD : les étudiants mettent la pression et avertissent le gouvernement après la suspension de leur grève

Après avoir suspendu leur mot d’ordre de grève pour permettre l’ouverture de discussions avec les autorités, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) haussent le ton. Dans un communiqué rendu public ce dimanche, le collectif des étudiants a averti que « tout ce qui se passera dans les jours à venir sera sous la seule responsabilité du gouvernement », estimant que les signaux envoyés par l’État ne vont pas dans le sens d’un apaisement.

Selon le collectif, la principale revendication demeure inchangée : le paiement intégral des rappels dus aux étudiants de Master 1 ainsi que ceux des étudiants inscrits en licence 2, des montants qui, dénoncent-ils, tardent encore à être versés malgré les engagements pris lors des rencontres préliminaires. Les étudiants affirment rester fermes sur cette exigence qu’ils jugent « légitime, urgente et non négociable ».

Dans leur communiqué, ils ont également dénoncé la présence continue des forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires. Pour eux, ce dispositif sécuritaire, maintenu malgré la suspension de la grève, « traduit une volonté manifeste de l’État du Sénégal d’entrer dans une logique de confrontation ». Le collectif y voit un facteur de tension supplémentaire susceptible de rallumer la crise à tout moment.

Les étudiants ont par ailleurs interpellé les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les invitant à enquêter sur les « actes de torture » que certains grévistes auraient subis lors des récents affrontements avec les forces de l’ordre. Ils évoquent des violences qu’ils jugent « inacceptables dans un État de droit » et réclament une prise en charge rapide de ces dossiers afin que les responsabilités soient situées.

Dans cette dynamique de mobilisation, le collectif des amicales de l’UCAD a annoncé qu’il prévoit de rencontrer, au cours du week-end, l’ensemble des syndicats du secteur éducatif afin d’élargir le front de revendication. Il s’est particulièrement félicité du soutien réaffirmé du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS), qui a, selon eux, « promis un appui maximal à la communauté estudiantine » dans sa quête de justice et de respect des engagements financiers de l’État.

Cheikh Babacar Niang, lauréat du Prix de la Recherche, honoré lors de la 7ᵉ session de la Fondation Mohammed VI des Ouléma à Fès

Sous la Haute Approbation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, la ville de Fès accueille, du 4 au 6 décembre 2025, la septième session ordinaire du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains. L’un des moments forts de cette rencontre sera la mise à l’honneur de Cheikh Babacar Niang, petit-fils de Cheikh Ibrahima Niass, désigné lauréat de la deuxième édition du Prix de la recherche sur les constantes religieuses communes.

Également connu sous le nom d’Oustaz Babacar Niang, le chercheur a été récompensé pour son ouvrage intitulé « L’Imamat des Croyants : fondation et prolongement ». La cérémonie officielle de remise du prix est prévue le samedi 6 octobre 2025, à l’hôtel Marriott de Fès.

Cette session annuelle réunit les présidents et membres des sections de la Fondation issus de 48 pays africains, soit un total de 300 participants, dont 60 femmes oulémas. À leurs côtés, 17 oulémas marocains, membres du Conseil supérieur — dont trois femmes — prennent également part aux travaux.

Placée sous la présidence de Sa Majesté le Roi, cette rencontre de haut niveau vise à renforcer les liens spirituels à l’échelle du continent et à promouvoir les valeurs d’un Islam du juste milieu, de paix et de coexistence. La distinction décernée à Cheikh Babacar Niang témoigne de la volonté de la Fondation d’encourager une recherche scientifique rigoureuse et éclairée autour des constantes religieuses communes qui unissent les musulmans d’Afrique.

Kaolack valide les résultats de l’EIES pour les vallées stratégiques de Kaymor et Djiguimar

Le Comité régional de développement (CRD) de Kaolack a tenu, ce jeudi, une réunion de partage et de pré-validation des résultats de l’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) portant sur les vallées de Kaymor et de Djiguimar. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Développement de la Chaîne de Valeur du Riz au Sénégal (PDCVR), composante nationale du Programme régional de développement des chaînes de valeur du riz, cofinancé par la Banque Islamique de Développement (BID).

Un projet structurant pour l’autosuffisance en riz

Placée sous la tutelle technique du Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR), rattaché au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), le PDCVR vise à renforcer durablement la production, la transformation et la commercialisation du riz local.

L’objectif principal est de contribuer à la réduction des importations, au développement économique et à l’amélioration des revenus des petits exploitants, grâce à une approche intégrée de la chaîne de valeur pilotée avec l’appui du secteur privé.

Dans ce cadre, le projet prévoit l’aménagement de 15 vallées dans les zones Sud et Centre, couvrant une superficie prévisionnelle de 9 958 hectares, avec un objectif final de 7 600 hectares aménagés. Les vallées de Djiguimar (2 523 ha) et Kaymor (213 ha), situées dans la région de Kaolack, figurent parmi les sites prioritaires.

Une étude d’impact essentielle pour garantir des aménagements durables

Confiée au bureau West Ingénieur, l’EIES vise à identifier les impacts potentiels des aménagements hydroagricoles, à évaluer leurs effets sur les écosystèmes et les communautés, et à proposer des mesures d’atténuation adaptées.

La rencontre de Kaolack a permis de présenter les principaux résultats de l’étude et de recueillir les observations du CRD en vue de sa validation officielle.

Une mission élargie : visites de chantiers et évaluation de la campagne rizicole 2025

En marge de la réunion, la mission du PDCVR procédera notamment à :

la visite des chantiers d’aménagement en cours dans la zone Centre ; l’évaluation des superficies emblavées en riz paddy et en semences ; l’estimation des rendements moyens et de la production nationale ; la mise à jour de la base de données des opérateurs semenciers ; l’identification des contraintes rencontrées par les producteurs, en vue d’une meilleure planification de la prochaine campagne.

Résultats attendus

Cette mission devrait permettre :

la validation officielle de l’EIES des vallées de Djiguimar et Kaymor ; un état des lieux précis de l’avancement des travaux d’aménagement ; une estimation actualisée des emblavures, rendements et volumes produits ; la mise à jour de la base de données des acteurs semenciers ; une meilleure compréhension des défis opérationnels sur le terrain.

Crise à l’université : l’AEEMS exprime ses inquiétudes et appelle au dialogue

L’Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS) a fait part, ce samedi 6 décembre, de sa « vive préoccupation » face aux tensions persistantes dans les universités publiques, marquées ces derniers jours par des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre.

Dans son communiqué, l’AEEMS déplore particulièrement la présence des forces de sécurité dans les campus, rappelant que ces espaces doivent rester des lieux de vie étudiante, propices à l’apprentissage et au calme. Selon l’organisation, cette présence « accentue les frictions » et installe « un climat d’inquiétude » qui nuit au bon déroulement des activités académiques.

L’association invite ainsi toutes les parties prenantes à éviter toute forme de violence et à privilégier un « dialogue responsable » pour parvenir à une solution durable. Elle insiste sur la nécessité de préserver les vies humaines et la stabilité de l’espace universitaire, qu’elle considère comme une priorité absolue.

Dans le même esprit, l’AEEMS appelle les étudiants à faire preuve de retenue et à éviter toute destruction d’infrastructures, rappelant que « toute manœuvre destructrice compromet durablement l’année académique ».

L’organisation exhorte également l’État à apporter des réponses structurelles aux crises répétitives dans les universités, notamment en ce qui concerne les bourses et les conditions sociales, et à le faire dans un esprit de gouvernance proactive et de communication transparente.

Pour conclure, l’AEEMS encourage l’ensemble des acteurs du système universitaire à assumer leurs responsabilités afin de préserver l’avenir des étudiants et les installations des campus, qu’elle qualifie de « biens communs à toutes les générations ».

PASTEF DÉCRÈTE LE 7 DÉCEMBRE “JOURNÉE DES MARTYRS” : HOMMAGE NATIONAL AUX VICTIMES DE LA RÉPRESSION

PASTEF–Les Patriotes a annoncé que la journée du 7 décembre 2025 sera entièrement consacrée aux martyrs, ex-détenus politiques et victimes de la répression survenue entre mars 2021 et mars 2024. Dans un communiqué publié ce 6 décembre, le parti affirme vouloir honorer la mémoire de ceux « qui ont lutté pour la démocratie, la liberté et la justice » et qui, selon lui, ont payé le prix fort.

La cérémonie se déroulera en présence du président Ousmane Sonko, dans un cadre qualifié de « sobre » et « grave », fidèle à l’esprit du recueillement. PASTEF prévoit également de donner la parole aux anciens détenus politiques, aux blessés et aux familles des victimes afin qu’ils puissent partager leurs témoignages et exprimer leur vécu face aux tragédies de ces dernières années.

Le communiqué souligne que cette journée permettra aussi de réaffirmer l’engagement du parti à poursuivre le combat pour que justice soit rendue à toutes les victimes. Soucieux de préserver la solennité du moment et d’assurer une organisation rigoureuse, le comité d’organisation indique que l’accès se fera exclusivement sur invitation, en raison du nombre limité de places. Les sympathisants, militants et citoyens sont ainsi invités à s’unir par la prière, où qu’ils se trouvent, pour rendre hommage aux disparus.

Pour la couverture médiatique, PASTEF annonce qu’un « seul signal de diffusion officiel » sera mis à la disposition des médias. Une décision motivée par les contraintes d’espace et par la volonté de contrôler le cadre de la commémoration.

Hausse des tarifs : l’État saisit le CNRA et rappelle à Canal+ l’obligation de gratuité des chaînes nationales

Le gouvernement est officiellement entré en action après la hausse des tarifs appliqués par Canal+ Sénégal. Dans une réponse adressée au député Guy Marius Sagna, qui avait interpellé l’Exécutif en août dernier, les autorités confirment avoir saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) afin d’examiner la légalité et la pertinence de cette augmentation.

Selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, la saisine du CNRA vise à analyser l’impact de cette hausse sur les abonnés, à vérifier sa conformité avec les règles en vigueur et, si nécessaire, à proposer des mesures correctives pour protéger les consommateurs. Le gouvernement souhaite s’assurer que l’opérateur audiovisuel a respecté les procédures réglementaires prévues pour tout changement tarifaire et que les arguments avancés par Canal+ sont conformes au cadre légal sénégalais.

Un autre point majeur concerne la gratuité des chaînes nationales. Le ministre rappelle que l’article 161 du Code de la presse impose à tout distributeur audiovisuel de fournir gratuitement les chaînes publiques généralistes à ses abonnés. Cette obligation, qui vise à garantir l’accès universel à l’information publique et aux services audiovisuels nationaux, s’applique également à Canal+ Sénégal. Alioune Sall assure que son département, en étroite collaboration avec le CNRA, veillera scrupuleusement au respect de cette disposition, indiquant qu’aucune dérogation ne peut être accordée en dehors des cas strictement encadrés par la loi.

Dans ce dossier suivi de près par les consommateurs, Guy Marius Sagna appelle les citoyens à apporter contributions et observations afin de renforcer le contrôle citoyen et d’accompagner le travail de l’État. L’affaire soulève des enjeux essentiels liés à la protection des usagers, à la transparence tarifaire et à l’accès équitable aux services audiovisuels publics.

Baisse des prix du carburant : les nouveaux tarifs appliqués dès ce samedi

Comme annoncé vendredi par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, le gouvernement a procédé à une révision à la baisse des prix des hydrocarbures. La Commission de régulation du secteur de l’Énergie (CRSE) a officialisé la mesure, confirmant que la nouvelle tarification entre en vigueur ce samedi 6 décembre 2025 à partir de 18 heures précises.

Cette révision concerne deux produits stratégiques pour l’économie nationale : le supercarburant et le gasoil. Désormais, le litre de supercarburant, auparavant fixé à 990 FCFA, sera vendu à 920 FCFA. Quant au gasoil, il connaît une baisse encore plus marquée, passant de 755 FCFA à 680 FCFA. Une réduction de 75 FCFA qui devrait impacter positivement le coût du transport, de la production et des activités génératrices de revenus.

Cette décision intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des ménages. Les déplacements quotidiens, le transport des marchandises et le fonctionnement de nombreux secteurs économiques dépendent directement du prix des carburants. Pour beaucoup d’usagers, cette baisse représente donc une bouffée d’oxygène bienvenue.

Du côté du ministère de l’Énergie, l’on souligne que cette révision tarifaire s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’ajuster régulièrement les prix en fonction de l’évolution du marché international et des capacités nationales. La CRSE, chargée de fixer et de suivre les tarifs, assure pour sa part que d’autres réajustements sont possibles si les conditions économiques le permettent.

CHRONIQUE / Poule compliquée mais les Lions n’ont pas le droit de miauler ( Mamadou Moustapha Mbaye – Journaliste)

Le tirage du Groupe I de la Coupe du Monde 2026 a accouché d’un monstre à trois têtes: la France de Mbappé, la Norvège de Haaland, et le Sénégal de… Pape Thiaw. Oui, Pape Thiaw. Et si vous avez cligné des yeux, vous avez raté l’entrée en scène d’un pays qui n’a plus le droit de jouer les figurants.

On ne parle plus du petit poucet qui danse autour du feu. Le Sénégal a déjà fait tomber la France en 2002, humilié l’Angleterre en 2024, et fait trembler plus d’un géant. Alors, dans ce groupe, pas de complexe. Mbappé court vite? Très bien. Haaland frappe fort? Parfait. Mais les Lions ont des griffes, et elles ne sont pas là pour caresser.

Le sélectionneur sénégalais devra transformer la CAN en laboratoire. Pas pour tester des potions magiques, mais pour injecter du sang neuf. Iliman Ndiaye, Assane Diao, Yehvan Diouf, Mamadou Sarr, Cheikh Sabaly, Pape Matar Sarr… Ce ne sont pas des noms à mettre sur le banc pour faire joli. Ce sont des moteurs, des fusées, des antidotes à la vitesse de Mbappé et Haaland.

Et si Thiaw veut aller loin, il devra sortir la carte d’Europe, fouiller les championnats, dénicher les binationaux, et leur dire: « Le train part maintenant. Monte ou reste à quai. »

Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Guèye… Ils ont porté le drapeau, ils ont fait vibrer le continent. Mais l’heure n’est plus aux statues. Ils doivent devenir des guides, pas des freins. La jeunesse pousse, et elle pousse fort. La transition ne doit pas être une guerre de générations, mais une passation musclée.

PHYSIQUE, VITESSE ET ENDURANCE

Une Coupe du Monde, c’est une guerre de tranchées avec des sprints tous les trois jours. Il faut des joueurs qui courent, qui cognent, qui respirent encore à la 120e minute. Pas des artistes fatigués après une passe en profondeur. Le Sénégal doit aligner une équipe véloce, physique, affamée. Sinon, c’est retour à la maison avec des selfies et des regrets.

La France fait peur? La Norvège impressionne? L’Angleterre aussi faisait peur, et elle est tombée. Le Sénégal n’a pas besoin de trembler. Il a besoin de rugir. Ce groupe I n’est pas une malédiction. C’est une opportunité. Une scène mondiale pour montrer que les Lions ne miaulent pas. Ils mordent.

Bref… Le Sénégal n’a pas le droit de faire moins que la génération de El Hadj Diouf. Et cette fois, il a les armes, les jambes, et les idées. À Pape Thiaw de jouer. Et à ses Lions de rugir.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°624 – 06 ET 07/12/2025

🔴 BAISSE DES PRIX DU CARBURANT ET DE L’ÉLECTRICITÉ DANS MOINS DE 15 JOURS : LES SÉNÉGALAIS BIENTÔT SOULAGÉS ?
🔴 UTILISATION D’UNE « DÉROGATION FICTIVE » ET ÉVAPORATION PRÉSUMÉE DE 37 MILLIARDS F CFA TAS DÉPOUSSIÈRE L’« ASER-GATE »

🔴 TIRAGE AU SORT MONDIAL 2026 / DÉLÉGATION PLÉTHORIQUE DE LA FSF : UN LUXE AU DÉTRIMENT DES PRIORITÉS DU FOOT SÉNÉGALAIS
🔴 COUPE DU MONDE / 24 ANS APRÈS : REMAKE DU SÉNÉGAL VS FRANCE

Section de recherches : le journaliste Pape Sané placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles

Le journaliste Pape Sané, figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, a été placé en garde à vue ce vendredi 5 décembre 2025 à la Section de recherches de la gendarmerie. La mesure est intervenue à l’issue de son audition, dans le cadre d’une enquête ouverte pour diffusion de fausses nouvelles, selon des sources proches du dossier.

L’affaire trouve son origine dans une déclaration faite mardi dernier par le journaliste sur le plateau de l’émission « Balance », diffusée sur la chaîne privée Walf TV. Ses propos portaient sur le dossier sensible de Sanna Manjang, une affaire qui continue de susciter de vives réactions au Sénégal comme dans la diaspora. Les autorités judiciaires auraient estimé que les informations divulguées étaient infondées et susceptibles de troubler l’ordre public, ouvrant ainsi la voie à sa convocation puis à son placement en garde à vue.

Ce développement judiciaire intervient dans un contexte où la question de la régulation des contenus médiatiques et numériques occupe une place centrale dans le débat public. Plusieurs cas récents ont mis en lumière la responsabilité des acteurs médiatiques face à la diffusion d’informations non vérifiées, notamment sur des sujets sensibles ou des affaires judiciaires en cours.

À ce stade, aucune précision officielle n’a été communiquée sur la durée de la garde à vue ni sur les suites que le parquet pourrait décider de donner à cette procédure. Pape Sané pourrait être présenté au procureur dans les prochaines heures, conformément aux délais prévus par la loi.

Du côté de Walf TV et de ses collègues, aucune déclaration publique n’a encore été faite, mais la situation devrait rapidement alimenter les discussions autour de la liberté de la presse, de la responsabilité éditoriale et des limites imposées par la législation sénégalaise.

L’affaire pourrait également raviver les débats sur l’encadrement des émissions de grande audience où les prises de position des animateurs et chroniqueurs sont souvent perçues comme influentes, parfois au-delà des règles déontologiques traditionnelles du journalisme.

En attendant d’éventuels développements judiciaires, Pape Sané demeure entre les mains des enquêteurs de la Section de recherches, tandis que le monde médiatique suit de près une affaire qui pourrait, une fois de plus, interroger l’équilibre entre liberté d’informer et obligation de ne pas diffuser de fausses nouvelles dans l’espace public.

Régulation numérique : Alioune Sall annonce une nouvelle autorité pour encadrer tous les médias

Le Sénégal se prépare à une réforme majeure dans le domaine de la régulation de l’espace médiatique et numérique. Face à l’évolution rapide des modes de communication, l’État entend mettre fin à un dispositif jugé désormais obsolète. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a révélé, lors de l’examen du budget 2026 de son département à l’Assemblée nationale, qu’une nouvelle autorité de régulation remplacera bientôt le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

Selon le ministre, cette future institution aura une compétence élargie pour intégrer et contrôler l’ensemble des médias modernes : télévision, radio, presse en ligne, réseaux sociaux, plateformes de streaming et de diffusion numérique. L’objectif affiché est clair : adapter le cadre règlementaire aux mutations technologiques et combler les zones d’ombre juridiques qui laissent prospérer des dérives quotidiennes sur Internet.

Alioune Sall a indiqué que le projet de loi portant création de cette nouvelle autorité a déjà été examiné en Conseil des ministres le 3 novembre dernier. Le texte poursuit actuellement son parcours institutionnel et se trouve, depuis quatre semaines, au niveau de la Cour suprême pour avis. Il devra ensuite être soumis au Parlement, probablement « en procédure d’urgence », a précisé le ministre, qui s’exprimait en wolof pour mieux sensibiliser les députés sur l’importance de la réforme.

La démarche du gouvernement s’appuie sur un constat largement partagé : le CNRA, créé à une époque où l’essentiel des contenus médiatiques provenait de la télévision et de la radio, ne dispose aujourd’hui ni des prérogatives ni des outils nécessaires pour faire face aux réalités du numérique. « Le CNRA ne régule que la radio et la télévision », a rappelé Alioune Sall. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des plateformes de vidéos courtes, du streaming et des sites d’information, ce périmètre restreint laisse un « vide réglementaire » dans lequel prolifèrent insultes, diffamations, fausses informations et contenus attentatoires à la dignité humaine.

Face à l’inquiétude exprimée par certains parlementaires sur l’ampleur des dérives observées en ligne, le ministre a tenu à clarifier les responsabilités institutionnelles. Il a rappelé que son département ne pouvait ni se substituer aux forces de l’ordre ni interférer dans les procédures judiciaires. « Demander au ministre de se substituer à la police n’a pas de sens », a-t-il martelé, distinguant fermement les missions de régulation, de répression et d’enquête.

Il a toutefois souligné que, même en l’absence d’une autorité numérique spécialisée, les auteurs d’insultes ou de publications portant atteinte à la dignité d’autrui restent exposés aux sanctions prévues par le Code pénal. Le futur dispositif, selon lui, viendra renforcer cette protection, de manière plus adaptée au fonctionnement des plateformes numériques. Alioune Sall a assuré que le texte en préparation « prendra en compte toutes les craintes et observations » formulées par les députés, dans le but de mieux encadrer les contenus en ligne sans porter atteinte aux libertés publiques ni au pluralisme de l’information.

Sur le plan budgétaire, l’exercice 2026 marque également une montée en puissance du ministère de la Communication et du Numérique. Les crédits de paiement alloués s’élèvent à plus de 81 milliards de francs CFA, contre 58 milliards en 2025. Cette augmentation reflète la volonté de l’État d’investir dans les infrastructures digitales, la cybersécurité, la modernisation des télécommunications et la gouvernance numérique.

Avec cette réforme attendue, le Sénégal s’apprête à franchir une étape importante dans l’organisation de son espace médiatique, de plus en plus influencé par la digitalisation et les flux d’informations en ligne. La nouvelle autorité, en rationalisant et unifiant la régulation, pourrait redéfinir durablement les règles du jeu pour les acteurs médiatiques traditionnels et les créateurs de contenus numériques.

FIDAK 2025 : le CICES mise sur la digitalisation pour fluidifier l’accès et moderniser la foire

La 33ᵉ édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), qui s’ouvre ce lundi, s’annonce comme l’une des plus modernisées de ces dernières années. Le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) veut tourner la page des longues files d’attente, des embouteillages sur la VDN et des formalités lourdes qui ont longtemps gâché l’expérience des visiteurs et des exposants. Cette année, l’institution dirigée par Justin Corréa présente un dispositif largement digitalisé censé révolutionner l’organisation de l’événement.

Face aux critiques récurrentes du public et des opérateurs économiques, le CICES a misé sur une innovation majeure : la dématérialisation de l’achat des billets et de l’enregistrement des participants. Justin Corréa explique que l’application « CICES Ticketing » permettra désormais d’acheter son ticket d’entrée à distance, grâce à un système de paiement en ligne, évitant ainsi les traditionnels ralentissements sur les routes d’accès au site. Selon lui, ce changement doit fluidifier l’arrivée des visiteurs et réduire la pression sur la VDN, souvent saturée en période de foire.

L’autre nouveauté importante concerne les exposants, qui n’auront plus besoin de se déplacer au siège du CICES pour remplir des formulaires et accomplir des démarches administratives. Une plateforme totalement digitalisée, « SUNU FIDAK », a été mise en place pour permettre l’inscription en ligne, la génération de badges via QR code et la transmission instantanée des documents requis. Cette évolution marque une rupture avec les pratiques antérieures, où les exposants passaient parfois plusieurs heures dans les bureaux du CICES pour régulariser leur participation.

Pour le directeur général, ces innovations répondent à une volonté claire : rendre la FIDAK plus moderne, plus accessible et en phase avec les standards internationaux des grandes foires commerciales. Il estime que la simplification des procédures est un levier essentiel pour attirer davantage d’entreprises, améliorer la satisfaction des visiteurs et renforcer l’image du Sénégal comme hub commercial régional. « Tout ce parcours a été réduit et le processus facilité pour gagner plus de temps », affirme Justin Corréa, soulignant que des campagnes de communication intensifiées ont été lancées pour mieux faire connaître ces nouveautés au grand public.

Au-delà des aspects logistiques, l’édition 2025 de la FIDAK ambitionne également de renforcer sa dimension intellectuelle et prospective. Un forum scientifique est prévu, réunissant chercheurs, experts, responsables institutionnels et acteurs économiques autour de thèmes liés au développement. Ces panels et conférences offriront une réflexion approfondie sur les enjeux de transformation économique du continent et permettront de croiser les expériences de divers pays.

Le choix du thème « Transformation territoriale et Développement inclusif » illustre d’ailleurs cette volonté de lier la modernisation de la foire à une réflexion plus large sur les dynamiques de croissance et les défis de l’aménagement du territoire. Du 7 au 31 décembre, la FIDAK ne veut donc pas être seulement un espace d’exposition, mais également un lieu de débat, d’innovation et de rencontres stratégiques entre acteurs nationaux et internationaux.

Avec cette nouvelle orientation axée sur la digitalisation, la transparence et l’efficacité, le CICES espère inscrire la FIDAK 2025 dans une nouvelle ère. Une édition test qui pourrait servir de modèle pour les prochaines organisations et repositionner la foire de Dakar comme un événement incontournable dans l’agenda économique africain.

Plan Diomaye pour la Casamance : Kolda affiche 32 % d’exécution sur plus de 13 milliards FCFA mobilisés, mais les lenteurs inquiètent

La région de Kolda progresse, mais à un rythme encore jugé insuffisant, dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, un vaste programme de développement lancé par les nouvelles autorités pour impulser un changement profond dans le Sud du pays. Lors de la réunion du comité régional de suivi, tenue ce jeudi 4 décembre à l’hôtel de ville de Kolda, le gouverneur Moustapha Ndiaye a révélé que le niveau d’exécution global des projets financés dans la région s’élève à 32 %. Plus de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés au bénéfice de Kolda, mais des contraintes structurelles continuent de freiner l’avancée des travaux.

Selon les services techniques, certains secteurs ont enregistré des résultats encourageants, notamment dans le domaine des infrastructures sociales et de l’amélioration de l’accès aux services de base. Toutefois, malgré cette dynamique positive, les responsables régionaux ont insisté sur des retards persistants dans la transmission des données, un problème récurrent qui entrave la capacité de l’administration à disposer d’informations actualisées et fiables. Le gouverneur a regretté que plusieurs services de l’État directement impliqués dans la mise en œuvre du programme manquent de réactivité, ralentissant ainsi le suivi opérationnel. « Il y a des services de l’État engagés dans la mise en œuvre de ce plan qui se font vraiment désirer », a-t-il déploré, soulignant l’impact de ces lenteurs sur la visibilité globale du projet.

Face à ces dysfonctionnements, les acteurs institutionnels et techniques présents à la rencontre ont décidé de mettre en place une nouvelle matrice d’action. Cette matrice, qui servira désormais d’outil central de pilotage, permettra de collecter, organiser et diffuser en temps réel les données liées à chaque projet. L’objectif est de renforcer la qualité du reporting, de faciliter la coordination entre les différentes parties prenantes et de sécuriser les informations nécessaires à l’élaboration de rapports consolidés à destination des autorités nationales. Cette mesure devrait également permettre de réduire les incompréhensions entre les services et d’accélérer la prise de décision sur les chantiers prioritaires.

Le gouverneur Moustapha Ndiaye a insisté sur l’importance d’une implication beaucoup plus soutenue des services déconcentrés, estimant que le succès du Plan Diomaye pour la Casamance dépendra étroitement de la capacité collective à améliorer le suivi administratif. Il a rappelé que ce programme n’est pas un projet isolé, mais une composante essentielle de la stratégie nationale pour réduire les inégalités territoriales, lutter contre l’enclavement de la région Sud et stimuler l’économie locale. À Kolda, une part significative des investissements concerne l’amélioration des infrastructures routières, l’accès à l’eau, l’éducation, la santé et le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes.

Alors que les populations attendent des résultats concrets et une amélioration visible de leurs conditions de vie, les autorités régionales appellent désormais à une mobilisation plus rigoureuse et à une collaboration exemplaire entre tous les acteurs concernés. Le Plan Diomaye pour la Casamance est présenté comme une opportunité historique pour Kolda et les autres régions du Sud ; mais pour que cette promesse se matérialise pleinement, la cadence d’exécution devra impérativement s’accélérer dans les prochains mois.

Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines : le budget 2026 arrêté à plus de 130 milliards de F CFA

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a fait face ce vendredi aux députés pour défendre le projet de budget 2026 de son département. Fixé à un peu plus de 130 milliards de F CFA, ce budget connaît une baisse de 9,31 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré cette diminution, la majorité des commissaires parlementaires ont adopté les programmes proposés, au terme d’une séance où les enjeux énergétiques, les défis structurels et les priorités de gouvernance ont occupé le centre du débat.

Dans sa présentation, le ministre a rappelé les grandes lignes du bilan 2025, marqué par des réformes profondes dans les sous-secteurs des hydrocarbures et des mines. Selon lui, d’« importants pas ont été franchis », notamment en matière d’accès à l’énergie et de valorisation des ressources naturelles. Il a insisté sur les priorités retenues pour 2026 : garantir l’accès à une énergie durable et abordable, développer les chaînes de valeur de manière inclusive et responsable, et renforcer la transparence et la performance dans la gouvernance énergétique, conformément au triptyque « JUB-JUBBAL-JUBBANTI ».

Interpellé par les parlementaires sur les nombreuses irrégularités relevées dans la distribution électrique, Birame Soulèye Diop a décrit la fraude à la SENELEC comme une « situation particulièrement alarmante ». Un rapport d’audit fait état de 490 cas détectés dans la seule capitale, notamment à Pikine, entraînant une perte estimée à 2,6 milliards de F CFA soit l’équivalent de 13 515 kWh détournés. À l’échelle nationale, le préjudice atteint 3,7 milliards de F CFA au 4 septembre 2025. Les fraudeurs identifiés incluraient, selon le ministre, des institutions, des restaurants et des particuliers « bien connus ». Le dossier est aujourd’hui suivi en coordination avec le ministère de la Justice.

Sur la question sensible de la tarification de l’électricité, particulièrement le système « Woyofal », le ministre a tenu à préciser qu’aucune hausse n’a été appliquée depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Toutefois, il a reconnu le poids de cette facture pour les ménages. Une analyse détaillée est en cours, à la demande du Premier ministre, afin d’envisager une solution durable. Birame Soulèye Diop a également rappelé que la première tranche tarifaire, de 0 à 150 kWh, reste fixée à 91,2 F CFA hors TVA, ce qui concerne environ un million de foyers à travers le pays.

Le ministre a révélé que les conclusions de vingt-trois réunions techniques portant sur une mesure conjoncturelle de soutien, concernant entre 1,5 et 1,7 million de ménages, seront bientôt transmises aux autorités. Ces travaux devraient aboutir à une diminution des prix de l’électricité, en attendant la mise en place d’une solution structurelle plus pérenne.

Évoquant les perspectives énergétiques à long terme, Birame Soulèye Diop a rappelé que la baisse durable du coût de l’énergie passera par la stratégie « Gas to Power ». La part du Sénégal dans le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) permettra d’alimenter une centrale de 250 MW. Le lancement de l’appel d’offres pour la construction du premier segment nord du réseau gazier est annoncé avant la fin du premier trimestre 2026.

Le ministre a également salué les performances récentes de la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui a réussi à traiter le pétrole brut extrait du champ de Sangomar. Il a toutefois reconnu les défis liés à la lourdeur de ce brut, nécessitant des investissements supplémentaires. La SAR prévoit d’ailleurs de renforcer ses capacités dans le cadre du projet « SAR 2.0 ».

Le ministre des Finances et du Budget est intervenu à son tour pour éclairer les parlementaires sur la baisse du budget alloué au ministère de l’Énergie. Cette diminution, selon lui, s’explique par la non-reconduction de certains projets arrivés à terme et par la réduction des dépenses de fonctionnement. Il a néanmoins rappelé que d’importants crédits stratégiques se trouvent dans d’autres enveloppes, à l’image du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie logé au ministère des Finances, doté de 250 milliards de F CFA destinés notamment aux subventions.

Concernant la SAR, le ministre a assuré que l’État continuera d’accompagner l’entreprise grâce à la mobilisation de financements bancaires et l’octroi de garanties souveraines, indispensables dans un contexte de transition énergétique et industrielle.

Enfin, il a abordé la question délicate du « miss reporting » financier, qui avait conduit le Fonds monétaire international à revoir sa note concernant le Sénégal. Selon lui, l’État a demandé la suspension du programme en cours afin d’ouvrir des négociations. Contrairement à l’idée d’une restructuration classique de la dette, jugée « simpliste », le gouvernement souhaite s’orienter vers une Gestion Active de la Dette (GAT) et des Garanties Partielles de Crédit (GPC), des outils destinés à améliorer les conditions de refinancement.

Escroquerie présumée : Seydina Fall “Bougazelli” envoyé en prison, la date de son procès fixée

L’ancien député de l’Alliance pour la République (APR), Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, replonge dans les tourments judiciaires. Déféré ce vendredi matin au parquet de Pikine-Guédiawaye, il a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie portant sur près de deux millions de francs CFA, selon des sources proches du dossier. Une nouvelle incarcération qui vient ternir encore davantage le parcours de l’ancien parlementaire, déjà éclaboussé par de lourds scandales par le passé.

Interpellé en début de semaine par la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye, Bougazelli a été présenté au procureur de la République, Saliou Dicko. Après examen du dossier, celui-ci a ordonné son placement en détention préventive, estimant que les éléments réunis justifiaient une comparution immédiate devant la justice. L’ancien député sera ainsi jugé devant le tribunal des flagrants délits le 10 décembre prochain, sauf éventuel renvoi de l’audience.

Cette affaire remet sur le devant de la scène une figure politique dont l’image avait déjà été fortement entachée. En 2019, Bougazelli avait été mis en cause dans un vaste dossier de faux billets, une affaire retentissante qui avait entraîné sa démission de l’Assemblée nationale et provoqué une onde de choc au sein de l’APR et de la classe politique sénégalaise. Depuis cette période, l’ex-député s’était fait discret et s’était réorienté vers l’immobilier, une reconversion qu’il présentait comme un moyen de tourner la page.

Les circonstances exactes de l’escroquerie présumée pour laquelle il est actuellement poursuivi restent encore à préciser. Selon les premières indications, l’affaire porterait sur une somme avoisinant deux millions de francs CFA, dans le cadre de transactions immobilières ou commerciales. L’enquête menée par les éléments de la Sûreté urbaine a suffi à convaincre le parquet de la nécessité d’une détention provisoire, en attendant que le tribunal se prononce sur les faits.

Le dossier transmis au juge permettra d’établir les responsabilités pénales et de déterminer si Seydina Fall s’est effectivement rendu coupable d’escroquerie ou s’il s’agit, comme le plaident souvent les mis en cause dans ce genre d’affaire, d’un simple différend commercial. En attendant l’audience, Bougazelli demeure incarcéré à la Maison d’arrêt de Pikine.

Quitter la version mobile