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Renforcement de la transparence budgétaire : la Direction générale du Budget et l’International Budget Partnership scellent un partenariat stratégique

Dakar, le 13 janvier 2026 – La Direction générale du Budget (DGB), relevant du ministère des Finances et du Budget, et l’International Budget Partnership (IBP) ont signé, ce mardi, une convention de partenariat visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion des finances publiques.

La cérémonie officielle s’est tenue dans la salle de conférence du ministère, en présence de M. Massamba Dieng, Directeur général du Budget, de M. Djibril Badiane, Directeur régional adjoint de l’IBP pour l’Afrique de l’Ouest, du Conseiller technique du ministre des Finances et du Budget, M. Diafara Seye, ainsi que de représentants de la société civile, des partenaires techniques et financiers et des médias.

Dans son discours d’ouverture, M. Massamba Dieng a salué une collaboration porteuse d’impact :

« Ce partenariat avec l’IBP s’inscrit dans notre ambition de faire du budget un véritable outil de développement inclusif, accessible et compréhensible par tous les citoyens », a-t-il déclaré.

Prenant la parole à son tour, M. Djibril Badiane a souligné l’importance de l’engagement du gouvernement :

« La DGB démontre aujourd’hui sa volonté de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens à travers une gestion budgétaire plus ouverte et plus participative », a-t-il affirmé.

La convention prévoit notamment le renforcement des capacités des cadres budgétaires en matière de budgétisation sensible au genre et aux droits humains, l’élaboration d’outils de vulgarisation budgétaire à destination du grand public, l’appui à la publication régulière des documents budgétaires clés conformément aux standards internationaux de l’Open Budget Index, ainsi que l’organisation de dialogues budgétaires entre l’administration, les parlementaires et les organisations de la société civile.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement en vue d’améliorer la gouvernance financière, conformément aux engagements pris dans le cadre du Partenariat pour un Gouvernement ouvert (PGO).

Selon le Directeur général du Budget, ce protocole d’accord est conclu pour une durée d’un (1) an renouvelable. À l’issue de cette période, la DGB et l’IBP élaboreront conjointement un plan d’action de travail.

La cérémonie s’est conclue par la signature solennelle de la convention, suivie d’un échange convivial entre les participants.

Vision Sénégal 2050 : dans le Saloum, la pisciculture comme rempart contre le chômage et l’exode des jeunes

Dans les villages du Saloum, le départ des jeunes est devenu un phénomène presque banal. Faute d’emplois locaux, nombreux sont ceux qui quittent leurs terroirs pour les centres urbains ou s’engagent sur les routes périlleuses de l’immigration clandestine. Face à cette réalité sociale préoccupante, la pisciculture s’impose progressivement comme une alternative crédible, capable de fixer les jeunes sur place tout en créant de la valeur économique.

Lors d’une rencontre avec la presse tenue ce mardi, Baye Omar Ndiaye, entrepreneur et responsable du groupe La Voix du Saloum, a défendu la pisciculture comme l’un des leviers concrets de la Vision Sénégal 2050. Selon lui, cette activité peut jouer un rôle stratégique dans la lutte contre le chômage des jeunes et la désertification des zones rurales, notamment dans les régions du centre du pays.

Un chômage rural à l’origine de l’exode

Dans le Saloum, comme dans plusieurs zones rurales du Sénégal, le manque d’opportunités économiques pousse les jeunes à l’exil. L’agriculture traditionnelle, fragilisée par les effets du changement climatique, ne parvient plus à absorber une main-d’œuvre de plus en plus nombreuse. Résultat : les campagnes se vident progressivement de leurs forces vives.

« Tant que les jeunes ne verront pas de perspectives économiques viables dans leurs localités, ils continueront à partir », estime Baye Omar Ndiaye. Pour lui, la Vision Sénégal 2050 représente une occasion historique d’inverser cette tendance, à condition d’investir dans des filières adaptées aux réalités locales.

La pisciculture, une activité accessible et ancrée dans les territoires

Contrairement à certains secteurs nécessitant des investissements lourds, la pisciculture présente l’avantage d’être relativement accessible. L’exploitation des bassins de rétention d’eau, déjà existants dans plusieurs localités du Saloum, permet de développer une activité génératrice de revenus sans bouleverser l’équilibre écologique.

Cette filière génère des emplois directs et indirects : construction et entretien des bassins, élevage des poissons, production d’aliments, transformation, transport et commercialisation. Autant de maillons susceptibles d’offrir des opportunités aux jeunes ruraux, y compris à ceux sans qualification formelle.

Une réponse locale à l’immigration clandestine

Pour les acteurs du développement local, la lutte contre l’immigration clandestine passe avant tout par la création d’emplois décents sur place. En permettant aux jeunes de gagner dignement leur vie au sein de leurs communautés, la pisciculture contribue à réduire l’attrait des routes migratoires dangereuses.

« Lorsqu’un jeune peut subvenir à ses besoins chez lui, il n’a plus besoin de risquer sa vie en mer », soutient Baye Omar Ndiaye. La pisciculture devient ainsi non seulement une activité économique, mais également un outil de stabilisation sociale.

Fixer les populations et renforcer la sécurité alimentaire

Au-delà de la question de l’emploi, la pisciculture participe au renforcement de la souveraineté alimentaire. Dans une région où le poisson constitue une source essentielle de protéines, produire localement permet de réduire la dépendance aux importations et de contribuer à la stabilisation des prix.

Les bassins de rétention d’eau offrent par ailleurs une approche intégrée, combinant gestion durable de l’eau, production alimentaire et création d’emplois. Une synergie particulièrement pertinente dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression croissante sur les ressources naturelles.

De la vision à l’action

Si le potentiel est réel, Baye Omar Ndiaye insiste sur la nécessité d’un accompagnement structuré : formation des jeunes, accès au financement, encadrement technique et organisation des marchés. Sans ces préalables, prévient-il, la pisciculture risque de rester une promesse non tenue.

Dans le Saloum, où le chômage et l’exode rural fragilisent le tissu social, la pisciculture apparaît néanmoins comme une option sérieuse pour inverser la tendance. À l’épreuve du terrain, elle pourrait devenir l’un des piliers de la Vision Sénégal 2050, en offrant aux jeunes une raison de rester, de travailler et de construire leur avenir chez eux.

Sénégal : Eiffage condamnée à verser plus de 51 millions FCFA à Sphynx Sécurité Sénégal

La justice sénégalaise a tranché un contentieux opposant la société Eiffage Sénégal, succursale du groupe français Eiffage à travers sa filiale Eiffage Rails, à l’entreprise Sphynx Sécurité Sénégal. Au terme de la procédure judiciaire, Eiffage a été condamnée à verser un montant global de plus de 51 millions de francs CFA à son cocontractant, dans une affaire portant sur l’exécution d’un contrat de prestations de sécurité lié à des projets d’infrastructures ferroviaires.

Le litige trouve son origine dans un contrat conclu entre les deux parties pour assurer la sécurisation de sites et d’installations relevant des activités ferroviaires d’Eiffage au Sénégal. Selon Sphynx Sécurité Sénégal, l’entreprise aurait pleinement exécuté ses obligations contractuelles en mettant à disposition le personnel requis et en assurant la surveillance des sites concernés durant la période convenue. Toutefois, malgré l’exécution effective des prestations, plusieurs factures seraient restées impayées, en dépit de nombreuses démarches amiables engagées auprès d’Eiffage.

Face à l’absence de règlement, Sphynx Sécurité Sénégal a décidé de saisir la justice, estimant avoir subi un préjudice financier important. Devant le tribunal, la société de sécurité a soutenu que les prestations avaient été réalisées conformément aux termes du contrat et qu’aucun manquement ne pouvait lui être reproché. Elle a ainsi réclamé le paiement intégral des sommes dues, assorties de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi du fait de ces retards de paiement.

De son côté, Eiffage Sénégal a contesté une partie des prétentions de son cocontractant, invoquant notamment des désaccords sur l’exécution de certaines prestations et sur le montant exact des sommes réclamées. L’entreprise a tenté de justifier le non-paiement de certaines factures par des réserves liées à la gestion contractuelle et à la conformité des services rendus.

Après examen des pièces versées au dossier, notamment le contrat liant les deux sociétés, les factures émises, les échanges écrits et les éléments attestant de l’exécution des prestations, le tribunal a donné raison à Sphynx Sécurité Sénégal. La juridiction a estimé que la société avait effectivement exécuté ses obligations contractuelles et qu’Eiffage Sénégal n’apportait pas la preuve suffisante d’un manquement susceptible de justifier le non-paiement des sommes dues.

En conséquence, Eiffage a été condamnée à verser à Sphynx Sécurité Sénégal un montant total de plus de 51 millions de francs CFA, correspondant aux factures impayées, ainsi qu’aux frais et pénalités retenus par le tribunal. Cette décision judiciaire vient rappeler l’obligation pour les grandes entreprises opérant au Sénégal de respecter scrupuleusement leurs engagements contractuels, y compris à l’égard de leurs partenaires locaux.

Cette condamnation intervient dans un contexte où les relations entre grands groupes internationaux et entreprises sénégalaises sont de plus en plus scrutées, notamment en matière de respect des contrats, de délais de paiement et d’équité dans les partenariats économiques. Pour Sphynx Sécurité Sénégal, cette décision constitue une reconnaissance judiciaire de ses droits et de la légitimité de ses revendications, après plusieurs mois de procédures.

Sauf appel de la décision, Eiffage Sénégal est désormais tenue de s’exécuter, sous peine de mesures d’exécution forcée prévues par la loi, dans une affaire qui illustre une nouvelle fois l’importance du recours au droit pour la protection des intérêts des entreprises locales engagées dans des projets d’envergure nationale.

Justice : le Directeur général de la Santé cité dans une affaire de harcèlement

Le professeur Ousmane Cissé, Directeur général de la Santé du Sénégal et responsable politique du parti Pastef, est cité dans une affaire judiciaire portant sur des accusations de harcèlement, d’injures et de voies de fait. Il a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant le Tribunal d’Instance Hors Classe de Dakar, aux côtés de Pape Ibrahima Thiam, dans un dossier qui suscite une attention particulière en raison de la position institutionnelle de l’un des mis en cause.

L’origine de l’affaire remonte au mois de juin 2024. À cette période, le Dr Hadji Mansour Diop, administrateur d’une clinique privée située à Zac Mbao, commence à recevoir des messages anonymes à caractère injurieux, diffamatoire et menaçant. Face à la gravité et à la répétition des faits, la victime décide de saisir la justice en déposant une plainte contre X, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les investigations ont été confiées aux services de police du commissariat du Point E. Les enquêteurs ont procédé à des réquisitions téléphoniques et à un traçage approfondi de l’appareil utilisé pour l’envoi des messages incriminés. Selon les éléments versés au dossier, le téléphone à partir duquel les messages auraient été envoyés aurait été acquis par le Pr Ousmane Cissé, avant d’être confié à un groupe de personnes. Ces investigations techniques, menées sur une période de six mois, ont permis aux enquêteurs d’établir un faisceau d’indices ayant conduit à l’identification des personnes poursuivies dans cette affaire.

Dans ce dossier, le Pr Ousmane Cissé est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait présumés datés du 1er janvier, ainsi que pour des injures non publiques qui auraient été commises le 2 janvier. Il est cité aux côtés de Pape Ibrahima Thiam. Les infractions retenues sont prévues et réprimées par les articles 296, 45 et 46 du Code pénal sénégalais, ainsi que par l’article 11-1 du Code de la communication, qui encadre notamment les infractions commises par voie de messages ou de communications électroniques.

Le dossier, déclaré en état d’être jugé, a été appelé en audience plénière ce mardi 13 janvier 2026. À l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi ferme afin de mieux préparer leur argumentation et d’examiner en profondeur les éléments du dossier. Cette demande a été accueillie favorablement par le juge, qui a renvoyé l’affaire au 10 février 2026.

En attendant cette nouvelle audience, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans le milieu judiciaire que dans l’opinion publique, en raison de la gravité des accusations et du statut du principal mis en cause. Le tribunal aura la charge de faire toute la lumière sur les faits reprochés, dans le respect du principe de la présomption d’innocence, alors que ce dossier sensible entre désormais dans une phase décisive de la procédure judiciaire.

Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Accusations contre Farba Ngom : Yassine Fall annonce l’ouverture d’enquêtes approfondies

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, est longuement revenue ce mardi sur le dossier judiciaire de l’ancien député Farba Ngom, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR). Lors d’un point de presse tenu devant les journalistes, elle a révélé de nouveaux éléments qu’elle qualifie de particulièrement graves, annonçant la demande d’ouverture d’enquêtes approfondies afin de situer toutes les responsabilités.

Selon les explications de la ministre, une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la salle du pavillon spécial a permis de découvrir que le détenu Farba Ngom était en possession de deux téléphones portables. Yassine Fall a précisé que ces appareils étaient détenus « frauduleusement et en violation manifeste de la loi n° 87-15 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Elle a insisté sur le caractère illégal de cette détention, rappelant que l’introduction et l’usage de téléphones portables en milieu carcéral constituent une infraction grave aux règles pénitentiaires.

La garde des Sceaux a également détaillé l’ampleur des communications réalisées à partir de ces téléphones. Selon elle, l’exploitation des appareils a révélé un volume important d’échanges, notamment 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue, 60 échanges avec un journaliste de presse en ligne, ainsi que 158 interactions avec un directeur de publication d’un groupe de presse également connu. Des chiffres qui, selon la ministre, témoignent d’une activité soutenue incompatible avec le régime normal de détention.

Plus préoccupant encore, Yassine Fall a affirmé que ces téléphones auraient servi à des échanges sensibles et potentiellement compromettants. Elle a révélé que les appareils auraient été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu, et ce sur deux dossiers distincts. La ministre a également évoqué la réception et le partage de contenus à caractère pornographique, précisant qu’un de ces partages aurait impliqué un avocat de Farba Ngom, une révélation qu’elle a qualifiée de particulièrement grave.

Au-delà de ces faits, la ministre de la Justice a fait état d’échanges relatifs à des « manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public ». Concernant l’implication présumée d’avocats dans cette affaire, Yassine Fall a assuré que « le bâtonnier sera bien sûr saisi », laissant entendre que des procédures disciplinaires pourraient être engagées si les faits sont avérés.

Sur la question de l’état de santé de Farba Ngom, souvent évoquée dans certains médias pour justifier une éventuelle libération, la ministre a tenu à apporter des clarifications fermes. Elle a indiqué que, contrairement aux allégations faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention, les éléments objectifs en possession de son département révèlent « une activité soutenue et constante », marquée notamment par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses. Pour Yassine Fall, ces éléments sont difficilement conciliables avec l’image d’un détenu gravement malade.

La garde des Sceaux a rappelé avec insistance que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait, à elle seule, faire obstacle à l’application de la loi. Elle a réaffirmé l’engagement de l’État à faire respecter strictement les règles, sans traitement de faveur, quel que soit le statut politique ou social de la personne concernée.

Au regard de l’ensemble des faits révélés, Yassine Fall a conclu en indiquant que ces agissements sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Elle a annoncé que son département va demander l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’élucider toutes les zones d’ombre de cette affaire, tout en appelant à la vigilance et au respect de la présomption d’innocence. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre ainsi dans le dossier Farba Ngom, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique et de la classe politique sénégalaise.

Sénégal–Koweït : vers un partenariat stratégique renforcé entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir Cheikh Meshal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu avec les plus grands honneurs au Palais Bayan par Son Altesse l’Émir du Koweït, Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Koweït et marque une étape importante dans le raffermissement des relations diplomatiques entre Dakar et Koweït City.

L’entretien entre les deux dirigeants s’est déroulé dans un climat empreint de cordialité et de fraternité. L’Émir Cheikh Meshal a tenu à souligner l’attachement particulier du peuple koweïtien au Sénégal, évoquant un lien historique et émotionnel profond entre les deux nations. Il a rappelé que cette relation repose sur une coopération ancienne, fondée sur la solidarité, le respect mutuel et une vision commune du développement et de la stabilité internationale.

Selon les services de la Présidence sénégalaise, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir du Koweït ont largement dépassé le cadre d’une visite de courtoisie. Les deux chefs d’État ont affiché une volonté claire d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération bilatérale, en décidant d’élever les relations sénégalo-koweïtiennes à un niveau stratégique. Cette orientation vise à renforcer les liens politiques, économiques et diplomatiques, tout en ouvrant la voie à des partenariats plus structurants et durables.

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés comme axes majeurs de cette coopération renforcée. Il s’agit notamment de la paix et de la sécurité, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie et de l’agriculture. Autant de domaines considérés comme essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Sénégal, tout en offrant des opportunités d’investissement et de coopération au Koweït, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement constant du Koweït aux côtés du Sénégal, notamment à travers des projets structurants soutenus par les fonds koweïtiens de développement. Il a réaffirmé la volonté de son pays de consolider ces acquis et de diversifier davantage les champs de collaboration, dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques majeurs.

La visite s’est achevée par un banquet officiel offert par l’Émir Cheikh Meshal en l’honneur du Président sénégalais et de sa délégation. Ce moment solennel a symbolisé l’engagement mutuel des deux États à bâtir un partenariat stratégique solide, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts partagés.

À travers cette rencontre, Dakar et Koweït City affichent clairement leur ambition commune d’inscrire leurs relations dans une nouvelle ère, portée par une coopération renforcée et durable, au service de la stabilité régionale et du développement économique et social de leurs peuples respectifs.

Affaire Farba Ngom : Ousmane Kane dénonce « un très mauvais chemin pris par la reddition des comptes »

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, magistrat à la retraite, est monté au créneau pour critiquer la tournure prise par le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, l’ex-juge n’a pas mâché ses mots après la décision rendue lundi par la justice, accordant une liberté provisoire à Tahirou Sarr tout en maintenant Farba Ngom en détention, alors que les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés de corruption et de blanchiment de capitaux portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA.

Pour Ousmane Kane, cette situation révèle de profondes incohérences et traduit un dysfonctionnement inquiétant du processus de reddition des comptes au Sénégal. Il parle d’une « situation abracadabrante » qui met à nu, selon lui, « le très mauvais chemin pris par la reddition des comptes ». L’ancien magistrat se dit d’autant plus déçu que cette exigence de justice avait suscité un fort espoir au sein de la population. « La reddition des comptes a été une forte demande sociale. J’avais bon espoir qu’elle serait menée à bon port, mais voilà qu’elle tient infiniment moins longtemps que la défunte Cour de répression de l’enrichissement illicite, avant de s’affaisser », a-t-il regretté, dénonçant une dynamique qu’il juge déjà essoufflée.

L’ex-président de la Cour d’appel de Kaolack estime par ailleurs que le traitement réservé à Farba Ngom ne saurait être dissocié du contexte politique actuel. Selon lui, les déclarations publiques du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de l’ancien député-maire des Agnam auraient pesé lourdement sur la conduite du dossier. Ousmane Kane évoque ainsi un « désordre » manifeste dans la gestion de cette affaire, laissant entendre que des considérations extra-judiciaires pourraient influencer les décisions rendues, au détriment de la rigueur juridique et de l’égalité des justiciables devant la loi.

Pour rappel, la Cour d’appel avait, dans un premier temps, accordé la liberté provisoire sous condition aussi bien à Tahirou Sarr qu’à Farba Ngom. Toutefois, le parquet a rapidement interjeté appel de la décision concernant ce dernier, entraînant son maintien en détention, une évolution qui a ravivé les débats et les controverses autour de ce dossier sensible.

Ousmane Kane tient enfin à souligner ce qu’il considère comme un point fondamental dans cette affaire. Selon lui, « le plus grand triomphe de Farba Ngom devant l’exécutif, c’est de n’avoir pas été libéré sur la base de son état de santé critique, mais sur l’absence de charges sérieuses sur lui ». Une affirmation lourde de sens, qui remet en question la solidité du dossier d’accusation et interroge la cohérence globale de la procédure engagée.

À travers cette sortie très critique, l’ancien magistrat relance le débat sur l’indépendance de la justice, la crédibilité du processus de reddition des comptes et les risques d’une instrumentalisation politique des dossiers judiciaires. Autant de questions qui continuent d’alimenter les discussions dans l’opinion publique, alors que l’affaire Farba Ngom demeure au cœur de l’actualité judiciaire et politique du pays.

Nouvelles accusations contre Farba Ngom : la ministre de la Justice révèle la présence de deux téléphones dans sa cellule

De nouveaux éléments viennent alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom. La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a révélé ce mardi des faits jugés particulièrement graves lors d’un point de presse tenu au Building administratif Président Mamadou Dia. Face aux journalistes, elle est longuement revenue sur la situation de l’ancien député-maire des Agnam, actuellement détenu, en apportant des précisions inédites sur les conditions de sa détention.

Selon la ministre, Farba Ngom a été retrouvé en possession de deux téléphones portables à l’intérieur même de sa cellule, en violation flagrante des règles en vigueur dans les établissements pénitentiaires. Cette découverte, a-t-elle souligné, soulève de sérieuses interrogations quant au respect du régime carcéral et à la sécurité au sein de l’administration pénitentiaire. Yassine Fall a insisté sur le caractère illégal de la détention de tels objets, rappelant que les téléphones portables sont strictement interdits en milieu carcéral en raison des risques qu’ils représentent pour l’ordre, la sécurité et le bon déroulement des procédures judiciaires.

La ministre de la Justice a également précisé que ces téléphones auraient servi à Farba Ngom pour entretenir des échanges avec certaines personnalités politiques ainsi qu’avec des organes de presse. Des communications qui, selon elle, posent un véritable problème au regard de la procédure judiciaire en cours, mais aussi du principe d’égalité devant la loi. « Aucun détenu ne doit bénéficier de privilèges particuliers, quelle que soit sa position sociale ou politique », a martelé la Garde des Sceaux, réaffirmant la volonté de l’État de faire respecter strictement la loi.

Ces révélations interviennent dans un contexte déjà tendu autour du dossier Farba Ngom, qui continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Pour Yassine Fall, cette affaire doit être traitée avec rigueur et transparence, sans pression ni interférence extérieure. Elle a assuré que toute la lumière sera faite sur les circonstances ayant permis l’introduction de ces téléphones en détention et que des sanctions seront prises si des complicités internes sont établies.

La ministre a enfin réitéré l’engagement des autorités à renforcer les contrôles dans les établissements pénitentiaires afin d’éviter de telles dérives à l’avenir. Elle a rappelé que le respect des règles carcérales est une condition essentielle pour garantir la crédibilité de la justice et la confiance des citoyens dans les institutions de la République.

Avec ces nouvelles accusations, le dossier Farba Ngom prend une tournure supplémentaire, ajoutant une dimension disciplinaire et sécuritaire à une affaire judiciaire déjà complexe, dont les développements continuent d’être suivis de près par l’opinion nationale.

Mobilisation tendue devant l’administration pénitentiaire : les partisans de Farba Ngom réclament des réponses

La scène qui s’est déroulée aux abords de l’administration pénitentiaire a mis en lumière une profonde frustration au sein des sympathisants de Farba Ngom. Venus en nombre, militants et proches du responsable politique ont exprimé leur colère et leur inquiétude face au flou entourant sa situation. Dans une atmosphère lourde de tension, les manifestants ont scandé des slogans et exigé des explications claires sur les conditions de détention et la localisation exacte de leur leader.

Dès les premières heures de la mobilisation, la détermination des partisans était palpable. Rassemblés devant les grilles de l’administration pénitentiaire, ils ont affiché une solidarité sans faille, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un manque de transparence de la part des autorités. Pour beaucoup, l’absence d’informations précises alimente les rumeurs et renforce un sentiment d’injustice déjà bien ancré.

Visiblement déçus et inquiets, les militants n’ont pas caché leur exaspération. Certains ont élevé la voix pour réclamer des éclaircissements immédiats, notamment sur les conditions de détention de Farba Ngom et sur le lieu exact où il se trouve actuellement. « Nous sommes venus pour savoir où se trouve notre leader. On nous parle du pavillon spécial, mais personne ne peut nous confirmer sa présence », a confié l’un des manifestants, la voix tremblante d’émotion. Ce témoignage, repris par plusieurs autres participants au rassemblement, illustre l’incertitude qui règne et la défiance croissante envers les informations officielles.

Tout au long de la mobilisation, l’atmosphère est restée chargée d’une tension palpable, mêlant indignation, inquiétude et solidarité militante. Si aucune altercation majeure n’a été signalée, la colère contenue des manifestants traduisait un malaise profond. Pour eux, l’enjeu dépasse le sort d’un homme : il s’agit aussi, selon leurs propos, du respect des droits et de la dignité d’un responsable politique qu’ils estiment injustement traité.

Retards sur les chantiers de l’Université du Sine Saloum : un citoyen interpelle le ministre par lettre ouverte

Par une lettre ouverte adressée au ministre des Infrastructures, le citoyen sénégalais Ibrahima Socé tire la sonnette d’alarme sur les retards jugés inexpliqués dans la livraison des chantiers de l’Université du Sine Saloum Elhadji Ibrahima Niass. Il reproche au ministre de ne pas avoir respecté ses engagements publics et dénonce un « deux-poids-deux-mesures » dans le suivi des projets d’infrastructures.

Dans sa missive, Ibrahima Socé rappelle un engagement formel pris par le ministre. « Vous aviez annoncé que les campus de Fatick et de Kaffrine seraient livrés au plus tard le samedi 27 décembre 2025. Le délai est aujourd’hui dépassé, sans explication officielle, sans communication corrective ni calendrier actualisé », écrit-il, faisant référence à une déclaration du ministre tenue à Fatick le 10 octobre 2025, devant des étudiants, des élus locaux et des médias.

Le citoyen s’insurge également contre le contraste qu’il observe entre l’inachèvement de ces chantiers universitaires et l’activisme médiatique du ministre sur d’autres sites. « On vous voit régulièrement sur d’autres chantiers exercer une forte pression médiatique sur les entreprises, donnant l’impression d’une action volontariste qui ne se traduit pourtant pas partout par des résultats concrets », souligne-t-il. Selon lui, cette communication sélective alimente « un sentiment de deux-poids-deux-mesures » et relève d’un « populisme infrastructurel, fait d’annonces, de postures et de spectacles, au détriment de la rigueur, de la constance et de la responsabilité ».

Au-delà des retards constatés, c’est surtout le manque de transparence qui est vivement critiqué. « L’absence d’information et le déficit de communication ne sont pas acceptables dans une démocratie moderne. Les citoyens ont droit à la vérité, à des explications claires et à un calendrier réaliste », insiste l’auteur de la lettre.

Pour rétablir la confiance et remettre le projet sur de bons rails, Ibrahima Socé adresse au ministre trois demandes précises :

Une explication publique et transparente des raisons des retards observés ; La fixation de nouveaux délais réalistes, assortis de mécanismes clairs de suivi ; Une action cohérente et équitable pour la livraison définitive des chantiers, « sans distinction de visibilité politique ».

Cette lettre ouverte, largement relayée sur les réseaux sociaux et portée à la connaissance de notre rédaction, intervient dans un contexte où les attentes des populations de Fatick et de Kaffrine autour de cette université sont particulièrement fortes. Elle pose, en filigrane, la question de la gestion des engagements publics et de la redevabilité des responsables politiques.

À l’heure où nous mettons sous presse, le ministère des Infrastructures n’a pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par Ibrahima Socé.

Sénégal–Égypte : Pape Thiaw appelle à la vigilance et à la maîtrise avant une demi-finale sous haute tension

À la veille de la demi-finale très attendue entre le Sénégal et l’Égypte, le sélectionneur des Lions, Pape Thiaw, s’est présenté en conférence de presse avec un discours à la fois mesuré, lucide et résolument tourné vers la performance. Face à une sélection égyptienne réputée pour son expérience et sa capacité à jouer avec les nerfs de l’adversaire, le technicien sénégalais a tenu à poser le cadre : vigilance maximale, mais sans tomber dans la paranoïa ou la polémique.

Interrogé sur les propos du sélectionneur ivoirien Emmerse, qui avait estimé que son équipe était « tombée dans le piège de la malice égyptienne », Pape Thiaw a reconnu la pertinence de cet avertissement tout en rappelant la préparation mentale de son groupe. Pour lui, ce genre de témoignage doit servir de leçon plutôt que d’excuse. « Comme on dit, une personne avertie en vaut deux. Emmerse nous a avertis. Après ce match, nous, on se prépare comme d’habitude pour déjouer toutes sortes de choses qui peuvent nous faire mal. On est préparés », a-t-il affirmé, d’un ton calme mais ferme.

Sans chercher à alimenter un débat sur l’arbitrage ou les supposées manœuvres de l’adversaire, le sélectionneur des Lions a insisté sur un point essentiel : le Sénégal devra avant tout rester fidèle à son identité de jeu. Pour Pape Thiaw, la clé réside dans la concentration, la discipline et la capacité à ne pas se laisser distraire par des éléments extérieurs. « Il faut rester focus sur notre jeu, sur ce qu’on sait faire. Si on commence à penser à autre chose, on se met en difficulté nous-mêmes », a-t-il laissé entendre.

Autre dossier sensible évoqué en conférence de presse : la situation de sept joueurs sénégalais actuellement sous la menace d’une suspension en cas de carton. Une équation délicate à gérer à ce stade de la compétition, d’autant plus que chaque duel comptera face à une équipe égyptienne rompue aux matchs à enjeu. Là encore, Pape Thiaw a choisi de relativiser. « On est au courant de ça. C’est sûr que si un de nos sept prend un carton, voilà… Mais ces joueurs ont envie de tout donner. Ils ne vont pas penser à ça », a-t-il expliqué, soulignant l’état d’esprit combatif de son groupe.

Le sélectionneur a surtout tenu à rappeler que l’objectif immédiat dépasse toutes les considérations individuelles. Pour lui, l’essentiel est d’aborder cette demi-finale avec détermination et ambition. « Le plus important, c’est de penser à jouer ce match et d’être déterminé pour aller chercher la victoire », a-t-il martelé, convaincu que la peur de la sanction ne doit jamais freiner l’engagement sur le terrain.

Confiant dans la solidité de son groupe, Pape Thiaw a enfin mis en avant la profondeur de son effectif, un atout majeur dans une compétition aussi exigeante. « Comme je le dis souvent, derrière il y a du monde. Les joueurs ne vont pas calculer. Ils vont jouer le match à fond et on verra bien ce qui se passera après », a-t-il conclu.

Affaire Ndella Madior Diouf : le procès renvoyé au 10 février 2026 pour la convocation des co-accusés

La Chambre criminelle de Dakar a décidé de renvoyer le procès de Ndella Madior Diouf au 10 février 2026. Cette décision vise à permettre la convocation régulière de l’ensemble des co-accusés poursuivis dans cette affaire retentissante, dont plusieurs bénéficient actuellement d’une liberté provisoire.

Patronne de la pouponnière Keur Yeurmandé, Ndella Madior Diouf comparaît aux côtés de dix de ses collaborateurs pour une série d’infractions d’une extrême gravité, liées aux conditions de prise en charge des nourrissons au sein de la structure. Le dossier, qui a profondément choqué l’opinion publique, met en cause des faits présumés ayant conduit à la mort de plusieurs bébés, dans un contexte de négligences et de manquements graves aux règles élémentaires de protection de l’enfance.

Les accusés sont poursuivis pour traite de personnes, exercice illégal de la fonction de médecin, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, obtention indue de certificats aux fins d’inhumation, infractions aux lois relatives aux inhumations, homicide involontaire et non-déclaration de naissance. À ces chefs s’ajoute la complicité pour l’ensemble de ces infractions, à l’exception de celle liée à la non-déclaration de naissance.

Sur les onze personnes mises en cause dans ce dossier, quatre sont actuellement placées en détention provisoire, tandis que les autres ont été élargies sous contrôle judiciaire. La Chambre criminelle a estimé nécessaire de s’assurer de la présence effective de tous les prévenus afin de garantir le respect du principe du contradictoire et le bon déroulement des débats.

Baisse du prix du riz brisé ordinaire : le kilogramme fixé à 300 FCFA à Dakar

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a officiellement annoncé, ce lundi 12 janvier 2026, une baisse significative du prix du riz brisé ordinaire, l’un des produits alimentaires les plus consommés au Sénégal. Désormais, le kilogramme est fixé à 300 francs CFA dans la région de Dakar, contre 350 francs CFA auparavant. Cette mesure, entrée en vigueur depuis le 6 janvier dernier, s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la protection du pouvoir d’achat des ménages.

Selon le communiqué du ministère, cette réduction concerne prioritairement la région de Dakar, principal pôle de consommation du pays. Pour les autres régions, le prix du riz brisé ordinaire sera ajusté en tenant compte d’un différentiel de transport. Ce mécanisme vise à intégrer les coûts logistiques spécifiques à chaque zone du territoire. Les conseils régionaux de la consommation auront la charge de définir ces ajustements afin d’assurer une application équitable et réaliste de la nouvelle grille tarifaire.

Les autorités ont tenu à rappeler avec fermeté l’obligation, pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution — importateurs, grossistes et détaillants — de respecter scrupuleusement ce nouveau prix homologué. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a souligné que des opérations de contrôle renforcées seront menées sur les marchés afin de garantir l’effectivité de la mesure. Tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur, a-t-il averti, insistant sur la tolérance zéro face aux pratiques spéculatives.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité des populations aux variations des prix des denrées de première nécessité. Le riz brisé ordinaire occupant une place centrale dans l’alimentation quotidienne des ménages, sa baisse est perçue comme un signal fort de l’engagement de l’État à atténuer les effets du coût de la vie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°648 – 13/01/2026

🔴 ÉLECTIONS MUNICIPALES DE 2027 À TIVAOUANE : GORGUI MASSAMBA BOYE SUR LA SHORT-LIST
🔴 MAINTENU EN PRISON MALGRÉ LA LIBERTÉ PROVISOIRE ASSORTIE D’UN CONTRÔLE JUDICIAIRE PRONONCÉE EN SA FAVEUR : FARBA ET LE SIGNE INDIEN

🔴 DEMI-FINALE SOUS TENSION : AVANT SÉNÉGAL–ÉGYPTE, LA FSF APPELLE AU FAIR-PLAY

Santé : le SAMES alerte sur la mal-gouvernance à l’ARP et réclame la fin de l’impunité

Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante qui prévaut au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), institution stratégique chargée de garantir la sécurité des médicaments et la protection de la santé publique. Dans un communiqué publié ce 12 janvier, le syndicat exprime sa « consternation et son indignation » face à ce qu’il qualifie de « mal-gouvernance et d’impunité » au sommet de cette structure essentielle.

Selon le SAMES, les scandales à répétition, dont celui désormais tristement célèbre de la société Softcare, révèlent des dérives graves au sein de l’ARP. Le syndicat pointe une gestion marquée par « l’opacité, l’arbitraire et le mépris assumé des textes réglementaires », et considère ces manquements comme une « faillite éthique, administrative et institutionnelle » de l’organe censé garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits de santé au Sénégal.

Le syndicat souligne que ses enquêtes internes à la section ARP ont permis de documenter des pratiques de gestion opaques, des soupçons graves de corruption et des violations manifestes des procédures réglementaires en vigueur. Pour le SAMES, l’affaire Softcare illustre à elle seule une transgression flagrante du Décret n° 2022-824 du 7 avril 2022, qui constitue le socle fondamental de la régulation pharmaceutique nationale. Le syndicat rappelle avec force que toute entorse à la réglementation pharmaceutique constitue un acte grave, susceptible de mettre délibérément en danger la vie des populations, et relève pleinement du champ pénal.

Au-delà des scandales liés aux produits de santé, le SAMES dénonce également les pratiques de gestion du personnel au sein de l’ARP. Le syndicat accuse l’agence de recourir à des recrutements clientélistes, à du favoritisme et au népotisme, qui seraient devenus une véritable norme au sein de la structure. Ces pratiques, selon le SAMES, portent une atteinte grave aux principes fondamentaux de transparence, d’équité et de mérite dans l’accès à l’emploi, et contribuent à fragiliser l’efficacité institutionnelle et la confiance du public dans le système de régulation pharmaceutique.

Face à cette situation, le SAMES appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour restaurer la transparence, l’intégrité et la responsabilité au sein de l’ARP. Le syndicat exige la fin de l’impunité et un contrôle rigoureux des pratiques internes, afin de garantir que l’institution remplisse pleinement sa mission de protection de la santé des Sénégalais.

Pour le SAMES, la santé publique ne peut tolérer des manquements de cette nature : « il est impératif que les responsables rendent des comptes et que toute violation de la réglementation pharmaceutique soit sanctionnée conformément à la loi », conclut le communiqué.

Justice ou réhabilitation politique ? La ligne rouge franchie selon Guem Sa Bopp

La polémique autour de la candidature d’Ousmane Sonko et de la volonté affichée de certains de contester sa condamnation judiciaire continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique. Pour Guem Sa Bopp, mouvement citoyen et politique, la situation dépasse désormais le simple cadre judiciaire et révèle une tentative manifeste d’instrumentalisation des institutions.

Selon Moussa Niang, Délégué national à la vie politique de Guem Sa Bopp, il ne s’agit plus d’un procès ou d’un débat sur la justice, mais d’un bras de fer politique orchestré au détriment des règles et des institutions. « Lorsqu’un pouvoir s’acharne à réécrire les règles après une condamnation définitive, il ne réforme pas les institutions, il les instrumentalise », affirme-t-il. La condamnation de M. Sonko pour diffamation est définitive et conforme à l’article 627 du Code de procédure pénale, qui impose un délai strict de dix jours pour produire la preuve. Faute d’avoir respecté cette exigence, le leader politique a été déchu légalement de son droit de preuve et la décision judiciaire bénéficie de l’autorité absolue de la chose jugée.

Pour Guem Sa Bopp, les tentatives actuelles de réouverture du dossier s’appuient sur des documents prétendument incriminants, mais qui ne résistent pas à l’examen des faits. Ni rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), ni rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) n’existent pour accabler Ousmane Sonko. Le rapport de la Cour des comptes 2023 sur la gestion 2018-2021 confirme que le Programme de Développement des Compétences (PRODAC) n’a jamais fait l’objet d’un audit, à l’exception d’une vérification contractuelle menée par l’IGF en 2017 entre l’État et l’entreprise Green 2000. Aucun élément nouveau juridiquement recevable n’a donc été produit. Dans ces conditions, toute tentative de rouvrir le procès constitue, selon le mouvement, une impasse juridique totale, dépourvue de fondement légal et vouée à l’irrecevabilité.

Pour Moussa Niang, la démarche actuelle n’a qu’un objectif clair : une offensive politique visant à contester la décision judiciaire et à rétablir artificiellement l’éligibilité d’Ousmane Sonko. Sous couvert de réformes institutionnelles, qu’il s’agisse de modifications du Code électoral ou de la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l’enjeu véritable reste de corriger une sanction judiciaire par des moyens politiques. « La loi électorale est sans ambiguïté : en conséquence de sa condamnation définitive, Ousmane Sonko est inéligible. Il ne pourra participer ni aux prochaines élections locales, ni aux législatives, ni à la présidentielle », rappelle Moussa Niang.

Guem Sa Bopp insiste sur la nécessité de respecter la loi dans son caractère général et impersonnel. « La loi ne saurait être façonnée pour un individu, encore moins pour effacer une décision de justice », souligne le mouvement. Pour le Délégué national à la vie politique, ce qui est présenté comme une réclamation de justice n’est en réalité qu’un échec juridique transformé en agitation politique. Et pour Moussa Niang, la République, pour rester digne de son nom, ne doit jamais céder au chantage politique, quelle qu’en soit la pression.

Pool judiciaire financier : La nécessité de revoir les méthodes et pratiques

La succession de mises en liberté sous contrôle judiciaire observée ces dernières semaines dans plusieurs dossiers à caractère financier invite à une réflexion sérieuse sur les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier. Sans remettre en cause l’indépendance de la justice ni les principes fondamentaux de l’État de droit, cette dynamique soulève néanmoins des interrogations légitimes sur la qualité des poursuites engagées et la solidité des dossiers instruits.

Lorsque des personnes poursuivies pour des infractions économiques graves recouvrent régulièrement la liberté après une détention parfois brève, l’opinion publique peut légitimement s’interroger. Ces décisions, bien qu’encadrées par la loi, peuvent donner le sentiment d’une justice hésitante, marquée soit par une précipitation dans l’engagement des poursuites, soit par une insuffisance dans la préparation des dossiers. Une telle perception fragilise la confiance des citoyens dans les institutions chargées de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le Pool judiciaire financier, conçu comme un instrument spécialisé et rigoureux de répression des crimes économiques, se doit d’être exemplaire. Cela suppose, en amont, un renforcement notable de la qualité des enquêtes préalables. Les poursuites judiciaires ne devraient être engagées que lorsque les éléments de preuve sont suffisamment étayés, cohérents et juridiquement robustes, afin d’éviter toute impression d’improvisation ou d’acharnement ciblé.

Par ailleurs, la privation de liberté, même à titre provisoire, doit demeurer une mesure exceptionnelle. Elle ne saurait être utilisée comme un outil de communication judiciaire ou comme une réponse automatique à la pression de l’opinion publique. La rigueur méthodologique dans l’instruction des dossiers est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables tout en assurant l’efficacité de l’action pénale.

La répétition de procédures fragiles, conduisant à des libérations fréquentes, comporte un risque majeur : celui de décrédibiliser durablement la justice financière. Elle peut alimenter l’idée d’une justice à géométrie variable, voire politisée, perception d’autant plus dommageable dans un contexte où la demande de reddition des comptes est forte et légitime.

Revoir les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier apparaît dès lors comme une nécessité. Il ne s’agit pas d’affaiblir la lutte contre la délinquance économique, mais au contraire de la renforcer, en inscrivant l’action judiciaire dans une démarche plus professionnelle, plus cohérente et plus respectueuse des garanties procédurales. C’est à cette condition que la justice financière pourra pleinement jouer son rôle, restaurer la confiance des citoyens et s’imposer comme un pilier crédible de l’État de droit.

Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

CAN 2025 : la CAF ouvre une enquête disciplinaire après des incidents lors des quarts de finale

La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé l’ouverture d’une enquête disciplinaire à la suite d’incidents survenus lors des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations CAN 2025, disputée au Maroc. Les rencontres Cameroun–Maroc, conclue par une victoire marocaine (2-0), et Algérie–Nigéria, remportée également sur le même score par les Nigérians, sont au cœur de cette procédure initiée par l’instance continentale.

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, la CAF indique avoir été saisie de rapports de match détaillés ainsi que d’éléments vidéo mettant en évidence des « comportements potentiellement contraires aux règlements et à l’éthique sportive ». L’instance dirigeante du football africain souligne que ces faits concernent aussi bien des joueurs que des officiels impliqués dans les deux rencontres. Face à la gravité des scènes observées, la CAF affirme que le Jury disciplinaire est d’ores et déjà mobilisé et que des sanctions appropriées pourraient être prononcées une fois l’instruction achevée.

Les deux matchs concernés ont été marqués par une forte tension, notamment à l’issue des rencontres. Après les coups de sifflet finaux, des altercations ont éclaté entre joueurs, membres des staffs techniques et officiels, dans un climat de frustration et de contestation. Ces scènes, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité de vives réactions parmi les supporters et les observateurs du football africain.

L’un des épisodes les plus commentés concerne la rencontre Algérie–Nigéria. Dans une vidéo devenue virale, on aperçoit l’arbitre de la rencontre refuser de saluer des joueurs algériens à la fin du match, un geste interprété par certains comme un signe de tension extrême et de malaise persistant après la rencontre. Ces images ont renforcé la polémique autour de l’arbitrage et du comportement des différents acteurs sur le terrain.

Au-delà des incidents impliquant joueurs et officiels, la CAF précise également qu’elle analyse des images relatives à un autre épisode survenu en zone mixte. Selon l’instance continentale, des membres des médias se seraient comportés de manière inappropriée dans cet espace réservé aux interviews d’après-match, enfreignant ainsi les règles en vigueur lors des compétitions internationales.

Farba Ngom hospitalisé à Dakar au moment de l’annonce de sa libération provisoire

Le maire des Agnam, Farba Ngom, se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar où il reçoit des soins médicaux, au moment même où sa libération provisoire sous contrôle judiciaire venait d’être annoncée. Cette situation, pour le moins singulière, intervient dans un contexte judiciaire et sanitaire particulièrement sensible, suscitant de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.

Selon des informations concordantes, l’état de santé de Farba Ngom a nécessité une prise en charge hospitalière immédiate, justifiant son maintien au sein de l’établissement sanitaire de la capitale. Les médecins auraient jugé indispensable une hospitalisation afin d’assurer un suivi médical approprié, compte tenu de la fragilité de son état général. L’homme politique fait ainsi l’objet d’une surveillance médicale rapprochée, témoignant de la gravité relative de sa situation clinique.

Cette hospitalisation met en lumière les préoccupations croissantes autour de l’état de santé du maire des Agnam, déjà au cœur d’une procédure judiciaire très suivie. Si l’annonce de sa libération provisoire sous contrôle judiciaire a marqué une étape importante dans son dossier, son état médical semble, pour l’heure, primer sur toute autre considération, imposant une prudence extrême quant à ses déplacements et à ses activités.

Gamou Teungéthie 2026: CDD à la préfecture pour les besoins de l’événement…

Ce lundi 12 Janvier, un CDD s’est tenu à la préfecture de Rufisque pour passer en revue tout les besoins du gamou TEUNGETHIE de ce 30 janvier qui se tiendra au coté du rond point Diouti bi en présence d’un hôte de taille, Cheikh Mahy CISSE.
La rencontre a permis aux organisateurs de présenter au préfet l’ensemble des besoins .
Les services déconcentrés ont a leur tour affirmer leur engagement pour la réussite de l’événement.

Gamou Teungéthie 2026: CDD à la préfecture pour les besoins de l'événement...

Madiambal Diagne annonce une rupture politique imminente entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre

Le journaliste Madiambal Diagne affirme avec certitude que le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre Ousmane Sonko s’acheminent vers une séparation, et que cette rupture ne se limitera pas à un simple changement à la tête du gouvernement. Selon Diagne, il s’agira d’une fracture politique profonde. « La volonté de Bassirou Diomaye Faye de transformer son mouvement en parti politique, c’est une option irréversible », a-t-il déclaré sur la web TV Public Sn, propos repris par Le Quotidien, le journal du groupe de presse qu’il a fondé au début des années 2000.

Le journaliste précise que, lorsque cette séparation sera actée, le président de la République pourrait dissoudre l’Assemblée nationale, qui devrait représenter le point de chute politique de Ousmane Sonko. Selon Madiambal Diagne, cette décision viserait à « éviter d’avoir un opposant à la tête de la seconde institution du pays, avec une majorité aussi large », soulignant la dimension stratégique de cette manœuvre sur le plan politique.

Depuis la France, où il s’est réfugié, Madiambal Diagne s’est exprimé sur cette situation alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par le Pool judiciaire financier (PJF). Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, utilisation de facilités liées à l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que pour complicité de ces infractions. Le journaliste balaie l’ensemble de ces accusations, dénonçant un dossier qu’il qualifie de purement politique.

Les déclarations de Madiambal Diagne relancent le débat sur les rapports entre le président et son Premier ministre, ainsi que sur l’avenir politique immédiat du Sénégal, dans un contexte où la recomposition du paysage institutionnel pourrait intervenir rapidement.

Affaire Softcare : entre controverse sanitaire, enjeux politiques et intérêts économiques

L’affaire Softcare a éclaté le 8 décembre 2025, suscitant une vive émotion dans l’opinion publique sénégalaise. L’Agence sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP) a annoncé, à cette date, la suspension de la commercialisation des couches et serviettes hygiéniques de la marque Softcare. Cette décision faisait suite à une inspection menée dans l’usine de production de l’entreprise située à Sindia, dans la région de Thiès. Selon le communiqué adressé aux professionnels de santé et aux associations de consommateurs, des matières premières périmées avaient été identifiées dans le circuit de fabrication des produits destinés aux bébés, enfants et femmes, situation jugée suffisamment grave pour justifier un retrait immédiat des produits du marché, au nom de la protection de la santé publique.

L’ARP a précisé que la suspension resterait en vigueur jusqu’à ce que l’entreprise mette son processus de fabrication en conformité, assurant ainsi la sécurité des utilisateurs. L’agence a invité les professionnels de santé à relayer l’information et à faire preuve de vigilance face à ces produits. Une semaine plus tard, l’ARP est revenue sur sa décision, affirmant que les matières périmées n’avaient finalement pas été utilisées dans la production des couches et serviettes hygiéniques.

La polémique a rapidement enflammé les réseaux sociaux, au point de contraindre Softcare à rompre le silence. Dans un communiqué publié le 22 décembre 2025, l’entreprise a rejeté les accusations et dénoncé ce qu’elle qualifie de « diffamation, dénonciations malveillantes et rumeurs infondées », largement relayées sur les réseaux sociaux.

Dans le même temps, le député Guy Marius Sagna a exprimé ses doutes quant à la crédibilité du Directeur général de l’ARP. Lors du dépôt collectif de lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, il a rappelé qu’en mars 2025, il avait déjà interrogé le ministre de la Santé sur d’éventuelles accusations antérieures concernant le responsable de l’ARP, question restée sans réponse. Selon lui, ce silence institutionnel alimente la défiance et affaiblit la confiance des citoyens dans le système de régulation pharmaceutique. Il a appelé à plus de transparence et à des décisions fortes afin que la santé publique demeure la priorité.

Cependant, cette critique ignore l’existence d’une enquête officielle déjà en cours. Une mission conjointe composée d’experts du ministère de la Santé, du ministère du Commerce et de représentants de l’Assemblée nationale a débuté ses investigations dans l’usine de Softcare le 7 janvier 2026. Le ministère de la Santé a réaffirmé que cette mission travaille à établir les faits et que le public serait informé des résultats dès que le rapport final sera soumis.

Parallèlement, trois députés de la 15ᵉ législature ont demandé à la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale l’audition du Directeur général de l’ARP. Cette démarche, réalisée avant la conclusion de la mission officielle, soulève des interrogations sur la cohérence et les motivations derrière cette initiative parlementaire. Certains y voient une tentative d’instrumentalisation de l’affaire à des fins politiques ou commerciales.

L’affaire Softcare pose donc des questions plus larges que la seule problématique sanitaire. Dès le départ, la situation aurait dû suivre un processus administratif classique : inspection, rapport technique, mesures correctives et communication officielle. Mais la rapidité avec laquelle l’affaire a été médiatisée, avant même la validation des conclusions par les autorités, a transformé ce contrôle sanitaire en un sujet de controverse intense.

La prise de parole des pharmaciens inspecteurs, contestant certains éléments des communiqués officiels, a marqué un tournant dans l’affaire et révélé un possible désaccord sur la gouvernance administrative plutôt que sur la sécurité sanitaire elle-même. Dans ce contexte, Softcare a également dû gérer la diffusion sur les réseaux sociaux de lettres authentiques de ses employés, exprimant inquiétude et anxiété face à la polémique. L’entreprise a rappelé son engagement envers ses employés et a demandé au public de se baser uniquement sur les conclusions officielles de l’enquête en cours.

Au-delà de l’aspect sanitaire et de l’impact médiatique, l’affaire Softcare a aussi des répercussions économiques et sociales. L’entreprise emploie directement plus de 500 personnes et soutient indirectement des milliers de familles. Toute mise en cause injustifiée risque donc de déstabiliser non seulement l’entreprise, mais aussi de nombreux citoyens et leurs familles.

Enfin, certains observateurs estiment que l’affaire pourrait refléter des intérêts cachés et des rivalités commerciales. L’expansion de Softcare sur le marché pourrait menacer d’autres acteurs économiques, tandis que des tensions internes à l’ARP pourraient également jouer un rôle dans l’escalade médiatique. Cette convergence d’intérêts politiques et commerciaux soulève la question de savoir si la santé publique doit être instrumentalisée au profit de luttes de pouvoir ou de concurrence économique.

Mbour : un pêcheur paralysé pendant 10 ans accuse son frère de détournement de 55 millions FCfa

Mbour – Une histoire de trahison familiale secoue la Petite-Côte. O. Sarr, pêcheur réputé, a passé dix ans immobilisé par une paralysie, avant de découvrir que son propre frère, I. Sarr, avait profité de son état pour s’approprier son business et vendre ses outils de travail.

En 2016, O. Sarr confie à son frère une pirogue équipée d’une valeur de 13 millions FCfa, avec un accord basé sur la confiance et le partage des bénéfices estimés à 4 millions FCfa par semaine. Mais très vite, le destin frappe : O. Sarr est paralysé et plongé dans un long calvaire médical, sa famille étant dans l’incapacité de financer ses soins.

Selon l’accusation, I. Sarr aurait continué à exploiter la pêche pendant dix ans sans reverser le moindre centime à son frère, laissant l’épouse et les enfants d’O. Sarr dans la misère. Pire encore, il aurait vendu la pirogue et tout le matériel de pêche, sous prétexte de régler ses propres dettes.

« J’ai perdu tout espoir de le voir guérir », a reconnu I. Sarr à la barre, justifiant ainsi son geste. Pour O. Sarr, ce comportement constitue une trahison inacceptable. Il réclame aujourd’hui 55 millions FCfa de dommages et intérêts pour abus de confiance et détournement de biens.

Le procureur de la République a dénoncé un comportement opportuniste et sans scrupules. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et le verdict est attendu le 16 mars 2026.

Farba Ngom et Tahirou Sarr libérés sous contrôle judiciaire par la Cour suprême

Dakar – Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, et l’homme d’affaires Tahirou Sarr ont été libérés ce lundi sous contrôle judiciaire, a annoncé leur avocat, Me Baboucar Cissé. Cette décision marque un tournant dans une affaire qui avait suscité de nombreuses interrogations et suivi de près par l’opinion publique.

La décision a été rendue par la deuxième Chambre pénale de la Cour suprême, qui a annulé la détention décidée précédemment par la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire. Cette dernière avait maintenu Farba Ngom et Tahirou Sarr en détention, suscitant de vives réactions et des débats sur la légalité et la proportionnalité de leur incarcération.

Me Baboucar Cissé a salué cette décision comme une victoire de la justice et une confirmation des droits de ses clients. « La Cour suprême a pris en compte tous les éléments du dossier et a estimé que la détention n’était plus justifiée. Mes clients retrouvent aujourd’hui leur liberté, mais sous le contrôle de la justice », a-t-il déclaré.

Cette décision met fin à plusieurs semaines de suspense judiciaire et ouvre la voie à la poursuite de l’instruction dans le cadre de l’affaire, désormais avec Farba Ngom et Tahirou Sarr libres mais tenus de respecter certaines conditions imposées par le contrôle judiciaire. Les détails de ces conditions n’ont pas encore été rendus publics, mais elles incluront vraisemblablement des restrictions de déplacement et des obligations de présentation périodique devant les autorités judiciaires.

Coalition Diomaye-Président : Maître Moussa Diop désigné coordinateur départemental de Podor

La coalition Diomaye-Président poursuit méthodiquement sa stratégie de consolidation territoriale à travers le Sénégal. Une nouvelle avancée significative a été enregistrée dans le nord du pays, précisément dans le département de Podor, avec la désignation de Maître Moussa Diop comme coordinateur départemental de la coalition. L’information a été rapportée par le quotidien L’Observateur, qui souligne l’importance politique de cette nomination dans une zone considérée comme stratégique.

La décision a été entérinée à l’issue d’une réunion tenue en visioconférence, ayant réuni les principaux responsables politiques, les mouvements affiliés et les différentes composantes de la coalition actives dans le département. Selon L’Observateur, le choix de Maître Moussa Diop a fait l’objet d’un consensus total, acté à l’unanimité des participants. Cette adhésion collective est interprétée comme le signe d’une confiance partagée dans la capacité du nouveau coordinateur à impulser une dynamique unitaire et efficace au sein des structures locales.

Les responsables de la coalition ont salué cette désignation, qu’ils considèrent comme un tournant dans l’organisation et l’animation politique de Diomaye-Président à Podor. Ils ont également tenu à rendre hommage aux leaders et militants locaux pour leur engagement constant et leur mobilisation en faveur du projet politique porté par le président Bassirou Diomaye Faye. À leurs yeux, cette nomination vient renforcer la cohésion interne et offrir un cadre de coordination plus structuré pour les actions futures sur le terrain.

Cette réorganisation s’inscrit dans une démarche nationale plus large visant à renforcer l’ancrage territorial de la coalition, à améliorer son efficacité opérationnelle et à préparer activement les prochaines échéances politiques. En misant sur des profils capables de fédérer les différentes sensibilités locales, la coalition Diomaye-Président entend consolider son implantation et traduire son projet politique en actions concrètes au plus près des populations.

Toujours selon L’Observateur, Maître Moussa Diop est une figure bien connue de la scène politique sénégalaise. Ancien directeur général de la société nationale de transport Dakar Dem Dikk sous le régime de Macky Sall, il avait marqué les esprits par son parcours administratif et politique. Son départ de l’Alliance pour la République (APR) pour rejoindre la mouvance incarnée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye avait déjà été perçu comme un signal fort des recompositions en cours au sein du paysage politique national.

Drame de l’émigration clandestine à Thiaroye : une femme et un enfant retrouvés morts dans une pirogue interceptée

La plage de Thiaroye a été le théâtre d’une macabre découverte, le samedi 10 janvier au matin, rappelant une fois de plus les dangers mortels liés à l’émigration clandestine par voie maritime. Une embarcation de fortune transportant une soixantaine de candidats à l’exil a été interceptée par les forces de l’ordre alors qu’elle se trouvait à proximité immédiate du rivage. À bord, les gendarmes ont découvert le corps sans vie d’une femme ainsi que celui d’un très jeune enfant.

Selon les informations recueillies, c’est la brigade territoriale de Thiaroye qui est intervenue après avoir été alertée par la présence suspecte d’une pirogue semblant en difficulté en mer. L’embarcation, visiblement en situation de détresse, a été immobilisée avant qu’elle ne puisse poursuivre sa route. Les forces de sécurité ont aussitôt procédé à l’interpellation des passagers afin de leur porter assistance et de sécuriser la zone.

Le constat dressé par les autorités est particulièrement lourd. Parmi les migrants secourus, les agents ont découvert le corps d’une femme, qui aurait succombé durant la traversée. D’après les premières indications, la victime serait de nationalité ghanéenne. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas encore été établies, mais l’hypothèse d’un épuisement extrême ou de complications liées aux conditions de voyage est envisagée.

La présence d’un enfant âgé d’à peine trois ans parmi les passagers a profondément choqué les forces de l’ordre et les riverains, nombreux à assister au débarquement des survivants sur la plage. La vision de ce groupe de migrants, marqués par la fatigue, la peur et le deuil, a provoqué une vive émotion au sein de la population locale. Si l’état de santé global des autres passagers n’a pas été officiellement communiqué, plusieurs d’entre eux semblaient éprouvés par les conditions éprouvantes de la traversée.

Pour l’heure, de nombreuses zones d’ombre subsistent autour de cette tentative d’émigration. Les autorités cherchent à déterminer s’il s’agissait d’un départ avorté depuis les côtes sénégalaises ou d’une embarcation en dérive après avoir passé plusieurs jours en mer. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin d’identifier les organisateurs de ce voyage clandestin, retracer l’itinéraire de la pirogue et établir avec précision les causes du décès de la ressortissante ghanéenne, rapporte iRadio.

Affaire Farba Ngom : la Cour suprême face à une audience décisive ce lundi

La Cour suprême se penche ce lundi sur une étape clé de la procédure judiciaire visant Farba Ngom. À partir de 13 heures, la deuxième Chambre pénale est appelée à examiner le pourvoi en cassation introduit par ses avocats contre un arrêt rendu par la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier. Cette dernière avait ordonné le transfert de l’intéressé dans un centre hospitalier, rejetant ainsi la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense.

Cette audience s’inscrit dans un contexte à la fois judiciaire et médical particulièrement sensible, marqué par une succession de décisions intervenues au fil des derniers mois. Le pourvoi soumis à la haute juridiction vise précisément à contester l’option retenue par la Chambre d’accusation financière, laquelle a privilégié un placement hospitalier sous contrôle judiciaire plutôt qu’une remise en liberté provisoire, malgré les arguments avancés par les conseils de Farba Ngom.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, la personne mise en cause est poursuivie pour des faits lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Dans le cadre de l’instruction, Farba Ngom avait été entendu sur le fond du dossier le 15 décembre dernier, une audition qui a marqué une étape importante de la procédure pénale toujours en cours.

Parallèlement à l’avancée judiciaire du dossier, la question de l’état de santé de l’intéressé s’est progressivement imposée comme un élément central du débat. Après un séjour prolongé au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec, une expertise médicale avait été ordonnée par le juge d’instruction. Les conclusions de cette expertise avaient établi que son état de santé était incompatible avec une détention en milieu carcéral classique.

Malgré ces conclusions médicales, le magistrat instructeur avait dans un premier temps décidé de maintenir Farba Ngom au Pavillon spécial. Cette décision a par la suite été portée devant la Chambre d’accusation financière, qui a estimé qu’un transfert vers un centre hospitalier constituait une réponse plus appropriée à la situation médicale du détenu, tout en garantissant le maintien du cadre judiciaire et des exigences liées à la détention provisoire.

Cette orientation n’a toutefois pas satisfait la défense, qui considère que la demande de liberté provisoire n’a pas été suffisamment examinée au regard des éléments médicaux et juridiques du dossier. C’est sur cette base que les avocats ont saisi la Cour suprême par la voie d’un pourvoi en cassation, demandant à la haute juridiction de censurer l’arrêt attaqué.

L’audience de ce lundi revêt ainsi un enjeu strictement juridique. Il s’agira pour la Cour suprême de déterminer si la décision de la Chambre d’accusation financière est conforme aux règles de droit applicables en matière de détention provisoire et de prise en charge médicale d’un détenu, ou si elle comporte des irrégularités justifiant sa cassation.

Patrimoine et mémoire : le Khalife Thierno Madani Tall en visite officielle au musée du quai Branly–Jacques Chirac

Le Khalife Thierno Madani Tall a conduit une délégation sénégalaise en visite officielle au musée du quai Branly–Jacques Chirac, à Paris, dans le cadre d’une démarche majeure visant à préserver, valoriser et transmettre un patrimoine historique et spirituel d’une importance capitale pour le Sénégal et, au-delà, pour l’histoire africaine. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer l’accès au savoir, à la mémoire et aux sources documentaires liées à des figures emblématiques de l’histoire religieuse et politique de l’Afrique de l’Ouest.

La visite a été organisée à l’initiative de Mamadou Ly, ancien sénateur des Sénégalais de l’extérieur et président de l’association Renaissance, engagé de longue date dans la promotion de la mémoire historique et du dialogue culturel entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. À son arrivée, la délégation a été accueillie par Julien Vandriessche, conseiller auprès du président du musée, et par Gaëlle Beaujean, responsable des collections Afrique, qui ont assuré l’encadrement scientifique et institutionnel des échanges.

Outre le Khalife Thierno Madani Tall, la délégation comprenait également le Khalife Thierno Amadou Tidiane Ba ainsi que plusieurs collaborateurs et personnalités impliquées dans les questions de patrimoine et de transmission culturelle. Les discussions se sont déroulées dans un climat marqué par l’écoute, le respect mutuel et la reconnaissance partagée de la valeur historique, culturelle et spirituelle des objets et documents consultés.

La visite a principalement porté sur les archives et les inventaires relatifs aux objets liés à El Hadj Oumar Tall, figure centrale de l’histoire religieuse et politique du XIXᵉ siècle en Afrique de l’Ouest, dont une partie du patrimoine matériel est aujourd’hui conservée dans les collections nationales françaises. L’attention de la délégation ne s’est pas limitée aux objets eux-mêmes, mais s’est élargie à l’ensemble de la documentation associée, notamment les rapports, les inventaires photographiques et les sources historiques, considérés comme des éléments essentiels à la recherche, à la compréhension du contexte historique et à la transmission du savoir.

Les responsables du musée ont, à cette occasion, présenté le cadre institutionnel et scientifique qui régit l’accès aux collections. Ils ont insisté sur les exigences strictes en matière de conservation, de traçabilité et de gestion responsable d’un patrimoine de portée mondiale. Ils ont également rappelé que le musée du quai Branly–Jacques Chirac abrite l’un des fonds africains les plus importants au monde, témoignant de la richesse, de la diversité et de la profondeur des civilisations du continent africain.

De son côté, la délégation sénégalaise a mis en avant la dimension mémorielle, pédagogique et culturelle de cette démarche. Pour ses membres, l’accès aux archives et aux inventaires ne constitue pas seulement un enjeu académique, mais un outil stratégique pour renforcer la recherche historique, favoriser la transmission intergénérationnelle et nourrir la réflexion des intellectuels, chercheurs et créateurs contemporains. Le patrimoine est ainsi envisagé comme un héritage vivant, porteur de continuité, de sens et d’inspiration pour les générations présentes et futures.

Diplomatie et durabilité : le Président Bassirou Diomaye Faye en mission au Koweït et aux Émirats arabes unis

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce matin pour un déplacement stratégique au Moyen-Orient, marquant une nouvelle étape de l’action diplomatique du Sénégal sur la scène internationale. Cette tournée, à la fois politique, économique et environnementale, s’inscrit dans une dynamique de diversification des partenariats et de promotion des priorités nationales en matière de développement durable.

La première étape de ce voyage conduit le Chef de l’État au Koweït, où il effectuera une visite officielle du 12 au 14 janvier 2026. Cette visite vise à consolider les relations bilatérales entre le Sénégal et l’État du Koweït, deux pays liés par une coopération ancienne, notamment dans les domaines de l’investissement, de l’aide au développement et des infrastructures. Des échanges de haut niveau sont prévus avec les autorités koweïtiennes afin d’explorer de nouvelles opportunités de partenariat, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de la finance islamique et des grands projets structurants.

Au cours de son séjour à Koweït City, le Président Bassirou Diomaye Faye devrait également rencontrer des responsables d’institutions financières et des investisseurs, avec l’objectif de mobiliser des ressources en faveur des priorités économiques du Sénégal, dans un contexte de relance et de transformation structurelle de l’économie nationale. Cette visite officielle s’inscrit ainsi dans la volonté affichée des nouvelles autorités sénégalaises de renforcer la diplomatie économique et d’attirer des investissements créateurs d’emplois.

À l’issue de cette étape koweïtienne, le Chef de l’État se rendra à Abu Dhabi pour prendre part à la Semaine de la Durabilité, prévue les 14 et 15 janvier 2026. Ce rendez-vous international de premier plan réunit des dirigeants politiques, des décideurs économiques, des experts et des acteurs de l’innovation autour des grands défis liés au développement durable, à la transition énergétique et aux solutions technologiques d’avenir.

La participation du Président de la République à cet événement traduit l’engagement du Sénégal en faveur d’un modèle de développement plus inclusif et respectueux de l’environnement. Elle offrira également une tribune pour porter la voix des pays africains, confrontés aux effets du changement climatique mais désireux de tirer parti des opportunités offertes par les énergies renouvelables, l’innovation verte et les financements climatiques.

HOGIP : une erreur de transfusion plonge une famille dans le traumatisme et relance le débat sur la sécurité des soins

La famille d’un patient hospitalisé à l’Hôpital Général Idrissa Pouye (HOGIP), ex-CTO, vit un véritable choc. Venue chercher des soins et du réconfort pour un proche gravement malade, elle affirme avoir été confrontée à une erreur médicale majeure qui aurait pu lui coûter la vie.

Selon les informations recueillies auprès d’un parent du patient, contacté par Seneweb, l’homme souffre d’une anémie sévère et est actuellement admis au service de cardiologie. Dans le cadre de sa prise en charge, une transfusion sanguine a été décidée. La première poche administrée correspondait bien à son groupe sanguin, O positif. C’est lors de l’administration de la seconde poche que l’incident se serait produit : le médecin aurait transfusé au patient une poche de sang de groupe A positif, incompatible avec le sien.

Le témoignage du proche est sans équivoque. Il affirme que l’erreur n’a pas été détectée par l’équipe médicale, pourtant en possession du dossier du malade, mais par l’entourage présent au chevet du patient. « C’est moi qui ai fait la remarque », explique-t-il. Après vérification, le médecin se serait rendu compte de la faute et aurait présenté ses excuses. Pour la famille, cet épisode traduit une défaillance grave dans le respect des protocoles élémentaires de sécurité, notamment le contrôle strict de la compatibilité sanguine avant toute transfusion.

Au-delà de cet acte précis, les proches du patient dénoncent un malaise plus profond dans la prise en charge au sein de l’établissement. Ils évoquent une dégradation de la qualité des soins et une surveillance jugée insuffisante, en particulier durant les week-ends et les gardes de nuit. Ces périodes seraient marquées, selon eux, par un suivi relâché des malades, augmentant les risques d’erreurs et de complications.

Podor – PNV de Mamoudou Seydou Sall : une ambition locale qui bouscule les équilibres politiques

À Podor, le paysage politique local pourrait connaître de nouveaux bouleversements. Avec la montée en puissance du mouvement Podor Nouvelle Vision (PNV), son président Mamoudou Seydou Sall s’impose progressivement comme un acteur à surveiller dans un département longtemps marqué par des dynamiques politiques classiques et par des attentes sociales demeurées sans réponses structurelles.

Dans un contexte où la pression sociale s’accentue — chômage des jeunes, accès difficile à la terre, insuffisances du système sanitaire — le discours de Mamoudou Seydou Sall tranche avec les approches traditionnelles. Il mise sur une rhétorique de rupture, axée sur la responsabilité locale, la valorisation des ressources endogènes et une gouvernance de proximité.

Une trajectoire administrative au service d’un projet politique

Ancien étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et diplômé de l’École nationale d’Administration (ENA), Mamoudou Seydou Sall s’appuie sur son parcours dans l’administration publique pour asseoir sa crédibilité politique. Son passage dans différents services à Thiès et à Dakar lui permet aujourd’hui de revendiquer une double légitimité : celle du technicien de l’État et celle de l’acteur profondément enraciné dans les réalités du Fouta.

Originaire de Donaye, il cultive l’image d’un cadre revenu au bercail, un profil qui séduit une frange de la population lassée des promesses électorales sans lendemain.

PNV, entre mouvement citoyen et machine électorale

Fondé en 2022, le PNV se présente officiellement comme un mouvement citoyen. Toutefois, à mesure que les échéances électorales approchent, il s’affirme de plus en plus comme une structure politique en construction, cherchant à transformer l’engagement social en capital électoral.

Les actions sociales menées dans plusieurs communes du département — soutien aux écoles, appui aux structures sanitaires, dotations en équipements sportifs — apparaissent, aux yeux de certains observateurs, comme les prémices d’une stratégie d’implantation territoriale. Une méthode assumée par le leader du mouvement, qui défend une approche fondée sur le principe de « l’action avant l’élection ».

La question foncière et agricole, un terrain hautement politique

En plaçant au cœur de son discours la réforme de la loi foncière de 1964, Mamoudou Seydou Sall s’attaque à l’un des sujets les plus sensibles du département. Dans une zone où l’accès à la terre conditionne l’emploi, la stabilité sociale et la souveraineté alimentaire, cette prise de position est susceptible de redéfinir les rapports entre populations rurales, autorités locales et investisseurs.

Le plaidoyer pour une meilleure exploitation du fleuve Sénégal, ainsi que l’idée de la création éventuelle d’une région de Podor, inscrivent également le PNV dans une dynamique de revendication territoriale, susceptible d’alimenter le débat national sur la décentralisation.

Alliances tactiques et indépendance stratégique

Sur le plan politique, le PNV se dit ouvert aux alliances, sans pour autant renoncer à son identité. Le mouvement revendique une liberté stratégique, refusant toute logique d’alignement automatique. Une posture qui lui permet de dialoguer avec différents camps tout en conservant une marge de manœuvre en perspective des prochaines élections locales.

Cette position pourrait faire du PNV un faiseur de rois dans certaines communes, ou au contraire un concurrent direct des formations politiques traditionnelles.

Vers une recomposition du pouvoir local ?

Avec l’ambition affichée de conquérir des mairies, des sièges au conseil départemental et d’influencer les politiques publiques locales, Mamoudou Seydou Sall ne cache plus ses intentions. À Podor, son discours résonne comme un appel à la reconfiguration du leadership local, porté par une génération de cadres administratifs décidés à transformer leur expertise technique en pouvoir politique.

CAN 2025 : Air Sénégal met en place un vol spécial Dakar–Tanger pour accompagner les Lions en demi-finales

Qualifiés pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, les Lions de la Téranga pourront compter sur un soutien massif de leurs supporters. Consciente de l’engouement populaire suscité par le parcours de l’équipe nationale, Air Sénégal a annoncé la mise en place d’un vol direct supplémentaire entre Dakar et Tanger afin de faciliter le déplacement des fans sénégalais vers le Royaume chérifien, théâtre de cette phase décisive de la compétition.

Dans un communiqué rendu public, la compagnie aérienne nationale précise que ce vol spécial est programmé pour le 13 janvier, avec un départ de Dakar prévu à 15h45. Cette initiative vise à offrir une solution de transport rapide et pratique aux supporters désireux de vivre de près l’aventure des Lions, à un moment crucial de la CAN. Le tarif du billet est fixé à 400 000 FCFA toutes taxes comprises, dans une formule à prix unique incluant deux bagages, une offre pensée pour répondre aux besoins des voyageurs.

Air Sénégal souligne par ailleurs que le nombre de places disponibles est limité, invitant ainsi les supporters à procéder rapidement à leurs réservations afin de garantir leur présence dans les tribunes. Cette mobilisation logistique s’inscrit dans une dynamique de soutien affirmé à l’équipe nationale, dont les performances continuent de fédérer l’ensemble du pays.

CAN 2025 : la lettre de Samuel Eto’o au Maroc secoue le football africain

Moins de quarante-huit heures après l’élimination du Cameroun en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 face au Maroc (2-0), Samuel Eto’o a surpris tout le continent. Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a adressé une lettre officielle à son homologue marocain, Fouzi Lekjaa, dans un ton courtois et apaisé, contrastant fortement avec la tension extrême qui avait entouré la rencontre.

Avant et après ce quart de finale, le climat était pourtant explosif. Eto’o avait ouvertement critiqué la désignation de l’arbitre et exprimé sa colère à la suite du match, estimant que son équipe avait été lésée. C’est donc dans un contexte encore brûlant que cette correspondance a été rendue publique, rendant le geste encore plus inattendu.

Dans sa lettre, Samuel Eto’o commence par reconnaître l’issue sportive de la rencontre avant de féliciter le Maroc, au nom de la délégation camerounaise et de ses supporters. Il insiste sur les valeurs de fair-play et de respect mutuel, des termes lourds de sens après les polémiques liées à l’arbitrage. Il salue également « la qualité exemplaire de l’organisation » de la CAN au Maroc, ainsi que « l’accueil fraternel, chaleureux et bienveillant » réservé aux Lions Indomptables tout au long de leur séjour.

Le président de la FECAFOOT met aussi en avant le travail de la Fédération royale marocaine de football, avant de souhaiter bonne chance aux Lions de l’Atlas pour la suite de la compétition. Un message qui tranche avec la posture combative qu’il avait affichée quelques heures plus tôt et qui donne à cette lettre une dimension presque diplomatique.

Dans les milieux du football africain, cette sortie est largement interprétée comme un acte stratégique. Le Maroc est aujourd’hui l’un des acteurs les plus influents au sein de la Confédération africaine de football (CAF), et Fouzi Lekjaa en est l’une des figures majeures. Pour de nombreux observateurs, Samuel Eto’o chercherait ainsi à normaliser, voire renforcer ses relations avec Rabat, dans l’optique d’une éventuelle ambition future à la tête de la CAF.

Geste de fair-play sincère ou manœuvre politique habile, la lettre d’Eto’o montre en tout cas une chose : l’ancien attaquant légendaire ne se limite plus à l’émotion du terrain. Il apprend à jouer sur l’échiquier du pouvoir, où les mots, les alliances et la diplomatie comptent autant que les buts. Dans le football africain d’aujourd’hui, cette lettre pourrait bien valoir plus qu’un simple message de félicitations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°647 – 12/01/2026

🔴 LE FDR / LA PLATEFORME DES PAYSANS DU SENEGAL / LES PRODUCTEURS SUR LA CAMPAGNE ARACHIDIÈRE DÉNONCENT : UN ÉNORME FLOP
🔴 LICENCIEMENTS DÉGUISÉS / DÉCISIONS ADMINISTRATIVES FLOUES ET ABUSIVES… : GRINCEMENTS DE DENTS À ANAMO

🔴 LIGUE 1 – 11ᵉ JOURNÉE : GORÉE EN DÉMONSTRATION, TEUNGUETH RÈGNE SUR RUFISQUE

Rufisque Ouest:Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience (VAE)

Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience (VAE), par Madame le Maire Astou GUEYE.
‎Une journée à laquelle les parties prenantes ont marqué de leur présence tenant compte de l’intérêt.
‎l’on peux citer Quelques représentants du cabinet MEWI Finances, l’honorable Souleymane NDOYE, le maire de Cayenne ainsi que l’hôte du jour le Ministre Moustapha Ndiéck SARE ministre de la Formation professionnelle et technique.
‎Cette rencontre a permis de passer en revue l’impact et les objectifs de l’ensemble des modules de formations offerts à la jeunesse de Rufisque.

Rufisque : Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience VAE

Niolanéme Extension (Mbadakhoune) : Les habitants descendent dans la rue pour dénoncer leurs conditions de vie

Les habitants de Niolanéme Extension, dans la commune de Mbadakhoune, région de Kaolack, ont exprimé ce dimanche leur profond ras-le-bol face à des conditions de vie jugées insoutenables. Revêtus de brassards rouges, ils ont organisé une manifestation pacifique pour alerter les autorités locales et nationales sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Parmi leurs principales préoccupations figure le manque d’eau potable, un problème qui perdure depuis près de trois mois. Les habitants dénoncent le fait de recevoir des factures malgré l’absence de service régulier, ce qu’ils considèrent comme une injustice criante. La situation est d’autant plus inquiétante qu’elle touche un quartier densément peuplé, où l’accès à l’eau est un besoin vital pour les familles.

Le mauvais état de la route reliant Niolanéme à Kaolack constitue également un sérieux handicap. Pendant la saison des pluies, le quartier devient quasi-inaccessible, rendant difficile le transport des personnes, des marchandises et même l’accès aux services de santé. Les habitants décrivent cette route comme « désastreuse » et dénoncent l’enclavement du quartier, qui aggrave leur isolement social et économique.

Autre source de préoccupation majeure, la présence d’une décharge d’ordures dans la zone. Selon les riverains, il s’agit des déchets de la ville de Kaolack qui sont déversés à Niolanéme, provoquant des nuisances olfactives et des risques sanitaires considérables. Des maladies pulmonaires ont été signalées et certains habitants estiment que des décès sont directement liés à la mauvaise gestion de cette décharge.

Le quartier fait également face à des problèmes d’insécurité et de foncier. Les habitants dénoncent l’opacité dans la gestion des terrains et le manque de sécurité dans les rues et alentours, une situation qui accroît leur sentiment de vulnérabilité.

Le porte-parole de la communauté, El Hadj Fara Diop, a rappelé que ces conditions de vie difficiles deviennent insupportables et appelle directement le Président de la République et le Premier ministre à prendre en compte leurs doléances. « Nous souffrons de maladies, nos routes sont impraticables et nous sommes confrontés à une injustice dans la gestion de l’eau et du foncier. Nous sommes fatigués et nous demandons une intervention urgente », a-t-il lancé.

Très déterminés, les habitants de Niolanéme Extension ont averti qu’ils passeront à la vitesse supérieure si leurs demandes ne trouvent pas de réponses dans les plus brefs délais. Cette mobilisation témoigne d’un quartier qui refuse de rester dans l’ombre et qui exige désormais des solutions concrètes pour améliorer son cadre de vie.

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Kaolack : mobilisation citoyenne à Niolanème pour des conditions de vie décentes

À Niolanème, quartier populaire de la commune de Mbadakhoun (région de Kaolack), la colère des habitants dépasse le simple cadre d’une revendication sociale. Elle traduit aujourd’hui une situation critique aux conséquences sanitaires, sécuritaires, environnementales et économiques alarmantes. Ce samedi, des dizaines de résidents sont descendus dans la rue pour alerter sur un quotidien devenu, selon eux, un véritable danger pour la vie humaine.

Une bombe sanitaire à ciel ouvert

L’absence d’eau potable et de système d’assainissement adéquat expose les populations à des risques sanitaires majeurs. Les eaux stagnantes, les dépôts d’ordures anarchiques et l’insalubrité généralisée favorisent la prolifération des maladies hydriques et infectieuses.

« Ici, les enfants tombent malades presque chaque semaine », témoigne une mère de famille, pointant du doigt des conditions d’hygiène jugées incompatibles avec la dignité humaine.

Les habitants dénoncent également l’éloignement des structures de santé et l’impossibilité d’évacuer rapidement les malades, faute de routes praticables, notamment en période d’hivernage.

Insécurité permanente et environnement dégradé

Au-delà du volet sanitaire, Niolanème fait face à une insécurité croissante, aggravée par l’absence d’éclairage public et la dégradation avancée des voies de circulation. La nuit, le quartier plonge dans l’obscurité totale, facilitant agressions, vols et accidents.

« Nous vivons dans la peur permanente », confie un jeune manifestant.

Sur le plan environnemental, les habitants évoquent un cadre de vie asphyxié par les déchets non collectés et les eaux usées à ciel ouvert. Une situation qui contribue non seulement à la pollution du milieu, mais aussi à la détérioration de la santé des populations.

Un désert économique sans marché

L’un des points les plus sensibles soulevés lors de cette mobilisation reste l’absence de marché fonctionnel, frein majeur au développement économique local. À Niolanème, femmes commerçantes, jeunes vendeurs et petits entrepreneurs se disent privés d’un espace structuré pour écouler leurs produits. Résultat : perte de revenus, chômage déguisé et dépendance accrue à l’économie informelle.

« Sans marché, il n’y a ni activité économique, ni autonomie pour les femmes, ni perspectives pour les jeunes », déplore un responsable communautaire. Pour les habitants, la création d’un marché moderne constitue une urgence sociale autant qu’économique.

Un appel pressant aux autorités

Les manifestants insistent : leur action n’est ni politique ni violente. Elle vise à interpeller les autorités locales et étatiques sur la nécessité d’une réponse globale et durable, intégrant santé, sécurité, environnement et développement économique.

À Niolanème, la rue est devenue l’ultime espace d’expression pour des populations qui refusent de continuer à survivre dans l’oubli. Leur message est clair : sans interventions rapides, le quartier court vers une crise humaine silencieuse.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Situation économique du Sénégal : Thiaba Camara Sy tire la sonnette d’alarme

La situation économique et sociale du Sénégal préoccupe profondément les acteurs nationaux et internationaux. Invitée de l’émission Le Grand Jury de Dimanche (JDD) sur la RFM ce 11 janvier, l’experte-comptable Thiaba Camara Sy a dressé un constat alarmant sur l’état des finances publiques et les perspectives économiques du pays, soulignant la gravité de la crise et l’urgence d’une action concertée.

D’emblée, Thiaba Camara Sy a affirmé que « l’heure est grave » et que le pays fait face à « un gros problème financier ». Selon elle, cette crise ne relève pas seulement de facteurs conjoncturels, mais s’inscrit dans des difficultés structurelles accumulées au fil des années. L’experte a mis en cause ce qu’elle considère comme des pratiques de mal gouvernance qui ont fragilisé la gestion des ressources publiques et limité la capacité de l’État à anticiper et à maîtriser les crises. Ces carences, a-t-elle insisté, ont des conséquences directes sur le quotidien des Sénégalais et menacent la stabilité sociale.

Pour Thiaba Camara Sy, l’ampleur des défis dépasse largement la capacité de l’administration publique seule. L’État, selon elle, ne pourra pas, sans soutien externe et coopération nationale, apporter des réponses durables. Elle appelle à une mobilisation nationale inclusive, impliquant toutes les forces vives du pays, qu’il s’agisse du secteur public, du secteur privé ou de la diaspora sénégalaise. « C’est pendant les moments de crise qu’il faut avoir l’intelligence de se rassembler, de se réunir et de dialoguer », a-t-elle expliqué, soulignant que la coordination des efforts et l’engagement citoyen sont essentiels pour surmonter la gravité de la situation.

L’experte a également insisté sur le rôle central de la diaspora dans la relance économique. Selon elle, les compétences, les réseaux et les ressources disponibles à l’étranger constituent un levier important qui, s’il est mobilisé efficacement, pourrait soutenir les efforts nationaux. Elle a exhorté les acteurs nationaux à travailler de concert avec la diaspora afin de créer des solutions durables et inclusives, capables de sortir le Sénégal du cycle actuel de fragilité financière. « Mettons ensemble nos énergies, ici localement et dans la diaspora, pour sortir le pays de cette situation », a-t-elle plaidé.

Au-delà du diagnostic, Thiaba Camara Sy a relancé le débat sur la gouvernance économique et la nécessité d’un dialogue national autour des solutions à apporter. Elle a souligné que la crise actuelle est autant un défi financier qu’un test de maturité politique et sociale, qui exige vision, coordination et engagement collectif. Pour l’experte-comptable, les réformes ne pourront réussir que si elles sont accompagnées d’une stratégie inclusive et transparente, impliquant l’ensemble des citoyens et des acteurs institutionnels.

En conclusion, Thiaba Camara Sy a rappelé que le Sénégal se trouve à un tournant décisif. Les réponses à apporter à la crise économique détermineront non seulement la stabilité immédiate du pays, mais aussi sa capacité à se projeter durablement dans l’avenir. L’experte a insisté sur l’importance d’une action rapide, rigoureuse et concertée, estimant que seule une mobilisation nationale coordonnée permettrait de surmonter le « mur financier » qui se profile et de préparer le pays à relever les défis économiques à venir.

Sénégal – FMI : Souleymane Bachir Diagne plaide pour une souveraineté traduite en capacité de négociation

Face à la crise de la dette qui préoccupe le Sénégal, le philosophe et universitaire Souleymane Bachir Diagne a livré une réflexion approfondie sur le rôle stratégique de la souveraineté dans un contexte mondial marqué par la domination des marchés financiers. Pour lui, la souveraineté ne doit plus se limiter à un slogan ou à une rhétorique politique, mais se traduire concrètement en « capacité de négociation » face à la brutalité du capital mondial et à la complexité des rapports de force internationaux.

Au micro de la RTS, Souleymane Bachir Diagne a insisté sur le fait que l’endettement du Sénégal concerne chaque citoyen et dépasse le simple cadre technique et comptable. Selon lui, l’accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne se résume pas à un document de chiffres et de conditions : il constitue un sceau de crédibilité sur l’échiquier économique mondial. « Des investisseurs lient leur propre confiance dans l’économie sénégalaise au programme FMI », a-t-il souligné, expliquant que le pays ne peut ignorer l’importance symbolique et stratégique de cet accord dans la stabilisation et le financement de son économie.

Le philosophe a proposé une redéfinition pragmatique de la souveraineté dans le contexte contemporain. Aucun État n’est totalement autonome dans un monde globalisé et interconnecté, rappelle-t-il. « La souveraineté doit être convertie en capacité de négociation », affirme-t-il, insistant sur le fait que la posture d’indépendance ne suffit plus. Pour illustrer ses propos, il a évoqué la Grèce, victime de rapports de force asymétriques avec le FMI, et a expliqué que réussir à négocier implique de transformer la volonté de souveraineté en outil stratégique de dialogue.

Souleymane Bachir Diagne a également mis en lumière l’importance du temps dans toute négociation. « Dans une négociation, le temps est une arme », a-t-il déclaré, précisant que le Sénégal, confronté à des échéances immédiates, doit se montrer rapide et efficace, alors que le FMI dispose d’une capacité d’attente. Cette asymétrie de temporalité confère un avantage considérable à la partie qui peut patienter, obligeant le pays à se présenter à la table des discussions avec des arguments solides et des ressources mobilisées.

Malgré la rudesse du contexte, le philosophe a voulu souligner les aspects positifs de la situation. Selon lui, la crise a contraint l’État sénégalais à explorer ses propres ressorts et à mobiliser davantage de ressources internes. Chaque progrès dans la collecte et la gestion des fonds nationaux enrichit ainsi la « corbeille » de négociation du Sénégal, transformant la crise en un catalyseur de maturité étatique et d’autonomie stratégique.

Pour Souleymane Bachir Diagne, la souveraineté sénégalaise ne se mesure pas à la vigueur des discours officiels ou aux déclarations politiques, mais à la capacité concrète du pays à ajuster ses ambitions aux contraintes du système financier international, sans se renier. Dans ce contexte, « patience, pragmatisme et rigueur interne » constituent les véritables instruments de l’autonomie et de la crédibilité de l’État sur la scène mondiale.

En somme, l’universitaire invite le Sénégal à dépasser la vision purement symbolique de la souveraineté pour en faire un levier d’action, transformant chaque défi financier en opportunité stratégique et chaque contrainte extérieure en moteur de renforcement institutionnel et économique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

MBODIÈNE : L’OCRTIS saisit 196 kg de chanvre indien

La Brigade régionale des stupéfiants de Thiès, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a réalisé une importante saisie de 196 kilogrammes de chanvre indien, le 9 janvier 2026, dans la localité de Mbodiène.

Selon un communiqué de la Police nationale, l’opération a été menée au cours d’une patrouille de sécurisation effectuée par l’unité de lutte de Mbour. La drogue, soigneusement conditionnée en six (06) colis, était transportée à bord d’une charrette.

Les services de police indiquent que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les propriétaires ainsi que les convoyeurs de cette marchandise illicite.

La Police nationale rappelle par ailleurs qu’elle reste pleinement mobilisée pour assurer la sécurité des populations et invite toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le 800 00 17 00.

Aly Saleh

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

110ᵉ GAMOU DE MBEULEUKHÉ

La vie et l’œuvre d’El Hadj Mouhamadou Lamine Dia revisitées

La 110ᵉ édition du Gamou annuel de Mbeuleukhé a été marquée par une profonde revisitation de la vie et de l’œuvre d’El Hadj Mouhamadou Lamine Dia, figure religieuse emblématique, présenté comme un grand rassembleur et un homme de Dieu. Il a reçu sa formation religieuse et sa maîtrise du Coran auprès de son vénéré père, avant de s’imposer comme une référence spirituelle dans le Djoloff.

El Hadj Mouhamadou Lamine Dia a poursuivi et achevé les chantiers religieux et sociaux entamés par El Hadj Daouda Dia, fondateur du Gamou en 1916, avant d’être rappelé à Dieu. Après lui, la succession a été assurée par El Hadj Moussa Dia, décédé en 2022, puis par l’actuel khalife, El Hadj Maboury Dia, qui a présidé la cérémonie officielle de cette édition.

À l’occasion de ce grand rassemblement religieux, la famille religieuse de Mbeuleukhé a exprimé sa satisfaction quant au bitumage de la route reliant la localité à Dahra, dans le département de Linguère, tout en plaidant pour l’érection du poste de santé local en hôpital de niveau 2.

« La réalisation de la route Dahra–Mbeuleukhé, longue de 40 kilomètres, met fin à une vieille doléance qui remonte aux années 1960 et soulage considérablement les populations de Mbeuleukhé et du Djoloff, longtemps confrontées aux difficultés liées à cette voie latéritique », a déclaré le porte-parole de la famille religieuse, Serigne Abib Dia. Il s’exprimait lors de la célébration du Gamou annuel, tenue ce samedi, sous le parrainage d’El Hadj Mouhamadou Lamine Dia, premier khalife d’El Hadj Daouda Dia, fondateur de l’événement sur instruction du vénéré El Hadj Malick Sy.

La famille religieuse a profité de cette occasion pour remercier le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, El Hadj Malick Ndiaye, pour la concrétisation de ce projet routier majeur.

Serigne Abib Dia a également salué les travaux de voirie et de pavage réalisés à Mbeuleukhé, estimant qu’ils ont contribué à moderniser la localité et à améliorer significativement les conditions de vie des populations, longtemps pénalisées par le mauvais état des infrastructures routières.

Toutefois, la famille religieuse a sollicité le bitumage de la route reliant Mbeuleukhé à Mboynane, longue d’environ cinq kilomètres, devenue impraticable en période d’hivernage.

A.S

Économie : le Sénégal face au « mur financier » de 2026, l’alerte du Dr Abdourahmane Ba

Alors que le gouvernement sénégalais a récemment rejeté le plan de restructuration proposé par le Fonds Monétaire International (FMI), les observateurs économiques tirent la sonnette d’alarme. Pour le Docteur Abdourahmane Ba, expert en évaluation des politiques publiques, « l’heure n’est plus à la rhétorique, mais à une préparation technique rigoureuse ».

Le Sénégal se trouve à un tournant critique. Entre la gestion d’une dette jugée partiellement « cachée » et des échéances internationales imminentes, la marge de manœuvre de l’État se réduit considérablement. Selon le Dr Ba, le rejet du plan du FMI ne doit pas être interprété uniquement comme un acte de souveraineté nationale, mais aussi comme un défi majeur pour les capacités institutionnelles du pays. Le point le plus préoccupant reste le remboursement d’un Eurobond massif. Entre mars et mai 2026, le Sénégal devra mobiliser au minimum 1,1 milliard de dollars, une échéance que l’expert qualifie de « mur financier » à franchir.

« Ce que nous devons noter, ce n’est pas une bataille idéologique entre la souveraineté du Sénégal et le FMI, mais une bataille entre l’improvisation et la préparation technique », a expliqué le Dr Abdourahmane Ba au micro d’iRadio. Pour surmonter cet obstacle, il estime que le marché régional seul ne suffira pas. Selon lui, plusieurs mesures doivent être envisagées : l’émission d’un nouvel Eurobond à maturité plus longue, l’obtention d’un prêt relais (bridge) pour assurer la transition, et la renégociation des échéances avec les créanciers afin de différer certains paiements.

Malgré les tensions et les divergences actuelles, le Dr Ba insiste sur la nécessité de parvenir à un accord avec le FMI pour crédibiliser la signature du Sénégal sur la scène internationale. Cet accord, selon lui, constituerait une véritable « bouffée d’oxygène », permettant au pays d’accéder de nouveau aux marchés financiers et de lever les fonds indispensables. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit rassurer les partenaires par un discours clair et technique. Il est crucial de sceller un programme avec le FMI avant la fin février pour anticiper le virage de 2026 », a-t-il ajouté. L’expert a également rappelé que, même après 2026, d’autres échéances majeures attendent le Sénégal, notamment en 2028, ce qui rend l’année 2027 particulièrement périlleuse.

Le Premier ministre a assuré que ses équipes étaient prêtes à relever le défi. Toutefois, le Dr Ba prévient que la seule bonne volonté ne suffira pas face à la rigueur des chiffres et des échéances. « Par rapport à ce mur financier qui arrive, une attitude responsable du gouvernement est à prioriser », a-t-il conclu, lançant un appel à la prudence et à la stratégie pour éviter une crise majeure.

Face à l’hégémonie de Trump : le Sénégal appelé à adopter une « réciprocité stratégique »

Dans un contexte international marqué par le retour de Donald Trump et sa volonté affirmée de renforcer la domination des États-Unis sur l’ordre mondial, le Sénégal et, plus largement, les pays en développement, sont invités à adopter une diplomatie plus musclée, fondée sur le principe de réciprocité. C’est l’avis d’Ahmad Soumaré, expert en intelligence économique, qui tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres flagrants dans les relations internationales affectant le continent africain.

Selon M. Soumaré, les ressortissants africains subissent quotidiennement des contraintes administratives et financières disproportionnées. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’obtention d’un visa peut nécessiter une caution de 9 millions de francs CFA, une exigence qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’expert souligne également les incohérences dans les relations avec l’Europe, où un citoyen français peut parfois entrer au Sénégal avec une simple carte d’identité valide ou même légèrement périmée, tandis que les Sénégalais doivent se soumettre à des procédures de visa rigoureuses, même avec un passeport en règle.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Soumaré préconise l’adoption d’une politique de stricte réciprocité. Il cite en exemple le Gabon dans les années 1990 et 2000, qui, face à l’imposition de visas par la France, avait décidé d’appliquer les mêmes règles à l’envers. Les voyageurs étrangers avaient dû se conformer aux exigences gabonaises, payant les visas et démontrant ainsi que la souveraineté nationale est respectée dès lors qu’elle est affirmée. L’expert estime que le Sénégal devrait s’inspirer de cette approche audacieuse pour faire valoir ses droits et protéger ses citoyens.

Ahmad Soumaré balaie également l’argument selon lequel les pays en développement seraient trop faibles pour imposer de telles mesures. Pour lui, la présence des puissances étrangères sur le sol sénégalais n’est pas philanthropique mais motivée par des intérêts économiques précis. « L’Américain est comme la mouche, là où il se pose, c’est qu’il y a quelque chose de sucré. S’il n’y avait rien, ils ne viendraient pas ici », a-t-il souligné, soulignant que cette attractivité devrait devenir un levier de négociation stratégique.

L’expert appelle le gouvernement sénégalais à adopter une « politique de droiture » et de fermeté. Il recommande notamment d’imposer systématiquement la réciprocité dans les conditions d’entrée et de visa, de défendre l’intérêt national dans chaque accord bilatéral et de refuser toute forme de soumission diplomatique aux grandes puissances. « Si nous laissons faire, ils vont nous écraser. Pour être respecté sur la scène mondiale, le Sénégal doit d’abord apprendre à dire ‘non’ et à exiger le même traitement qu’il accorde à ses partenaires », a-t-il averti sur Iradio.

En somme, Ahmad Soumaré plaide pour une diplomatie sénégalaise affirmée, capable de protéger la dignité nationale et de garantir un respect mutuel avec les puissances étrangères, dans un contexte international où la compétition géopolitique s’intensifie.

Kolda : trois individus arrêtés et plus de 5 kg de chanvre indien saisis

Le Commissariat central de Kolda a annoncé, le 8 janvier 2026, l’arrestation de trois individus et la saisie de 5,101 kilogrammes de chanvre indien, dans le cadre d’une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants. Les trois suspects ont été placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs » et pour « offre et cession de stupéfiants », tandis que les enquêtes se poursuivent pour identifier d’éventuels complices.

Selon le communiqué de la police, les deux premiers individus ont été interpellés dans le quartier Batanguel, à la suite d’une information opérationnelle signalant un trafic de stupéfiants d’envergure dans la zone. Une perquisition effectuée à leurs domiciles a permis la saisie de trois kilogrammes de chanvre indien.

La troisième arrestation a eu lieu dans le quartier Sikilo. L’individu, reconnu comme un acteur majeur du trafic dans la région, a été d’abord trouvé en possession de deux cornets de chanvre. Une perquisition de son logement a conduit à la saisie complémentaire de 2,101 kilogrammes supplémentaires ainsi que de cinquante-quatre cornets, renforçant la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Cette opération confirme la vigilance des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic de drogues à Kolda, région frontalière et souvent ciblée par des réseaux de stupéfiants. Les autorités locales ont annoncé que des mesures supplémentaires seraient prises afin de démanteler complètement les filières identifiées et de prévenir la propagation de ce fléau dans la région.

Dette publique : Chérif Salif Sy plaide pour une approche responsable, loin des postures politiciennes et de l’austérité aveugle

Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD), diffusée ce 11 janvier 2026, l’économiste et président du Forum du Tiers Monde, le professeur Chérif Salif Sy, s’est longuement exprimé sur la question sensible de la dette publique. Dans un contexte marqué par de vifs débats politiques et médiatiques, il a livré une analyse à la fois technique et politique, appelant à dépasser les clivages partisans et à éviter toute réponse économique brutale susceptible de fragiliser davantage les populations.

D’emblée, le professeur Sy a tenu à relativiser l’ampleur de la polémique actuelle autour de la dette, qu’il estime largement alimentée par des considérations politiques plutôt que par une lecture économique rigoureuse. Selon lui, nombre de prises de position observées dans l’espace public relèvent davantage de la stratégie de confrontation que d’une véritable expertise. Il déplore ainsi un déficit de connaissance dans certains discours, soulignant que certains acteurs, mus par une logique d’opposition systématique, cherchent avant tout à « contrer le gouvernement, coûte que coûte », quitte à semer la confusion et à diffuser des analyses approximatives.

Face aux discours alarmistes, l’économiste a voulu se montrer rassurant quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Pour Chérif Salif Sy, la dette ne saurait être réduite à un fardeau insurmontable ; elle doit être appréhendée comme un instrument de politique économique, susceptible de soutenir le développement lorsqu’elle est correctement gérée. Il se dit ainsi convaincu que l’État fera face à ses obligations, rappelant que la crédibilité de la signature de l’État demeure un atout fondamental sur les marchés financiers internationaux.

« On paiera la dette », a-t-il affirmé avec assurance, estimant que la confiance des partenaires repose précisément sur cette capacité de l’État à respecter ses engagements. Pour lui, préserver cette crédibilité est essentiel, tant pour la stabilité macroéconomique que pour l’accès futur aux financements.

Interrogé sur l’hypothèse d’une restructuration de la dette, le professeur Sy a affiché une certaine prudence. Tout en reconnaissant que cette option peut présenter des avantages dans certaines circonstances, il en a également souligné les risques et la complexité. Il a notamment exprimé sa confiance envers le Premier ministre dans la gestion de ces dossiers délicats, insistant sur la nécessité d’une analyse fine et équilibrée.

L’économiste a surtout mis en garde contre les conséquences sociales d’un redressement économique trop brutal. Tirant les leçons des expériences passées, il a évoqué le traumatisme laissé par les plans d’ajustement structurels, dont les effets ont durablement marqué les économies et les sociétés africaines. Selon lui, une austérité aveugle pourrait entraîner la fermeture d’entreprises, l’asphyxie des ménages et l’émergence de tensions sociales majeures, compromettant ainsi la stabilité du pays.

Chérif Salif Sy insiste également sur la nécessité de protéger les services sociaux de base. Il estime qu’il serait inacceptable que, sous couvert de rigueur budgétaire, des populations se voient privées de biens et services essentiels. Pour lui, la gestion de la dette ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens ni de la cohésion sociale.

En définitive, le président du Forum du Tiers Monde appelle à une gouvernance économique équilibrée, capable de concilier le respect des engagements vis-à-vis des créanciers, qui doivent légitimement récupérer leurs fonds, et la protection du bien-être des populations. À ses yeux, le véritable défi réside dans la capacité des autorités à piloter le redressement économique sans sacrifier la paix sociale sur l’autel des impératifs financiers.

Guédiawaye : 150 femmes outillées pour la transformation des produits locaux

À Guédiawaye, l’autonomisation économique des femmes a franchi une nouvelle étape avec la remise de matériels de transformation de produits locaux à 150 bénéficiaires. La cérémonie s’est tenue le 10 janvier 2025, sous la présidence du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, en présence du maire de la commune, Ahmeth Aidara, ainsi que de plusieurs acteurs locaux.

Cette initiative s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à renforcer l’économie sociale et solidaire, considérée comme un levier stratégique pour un développement inclusif et durable. Les femmes bénéficiaires ont ainsi reçu des équipements destinés à améliorer leurs capacités de transformation des produits locaux, mais également des certificats attestant de la formation qu’elles ont suivie, gage d’un meilleur encadrement technique et d’une professionnalisation accrue de leurs activités.

S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre Alioune Dione a insisté sur l’importance de l’économie sociale et solidaire dans le modèle de développement prôné par les autorités. « L’économie sociale et solidaire n’est pas une option, c’est une nécessité », a-t-il affirmé, soulignant qu’elle traduit la volonté de l’État de placer l’humain au cœur des politiques économiques. Selon lui, l’autonomisation des femmes constitue un axe prioritaire pour bâtir une économie plus inclusive, capable de générer des revenus durables et de renforcer la résilience des ménages.

Le ministre a également rappelé que l’appui à la transformation des produits locaux permet non seulement de créer de la valeur ajoutée, mais aussi de stimuler l’emploi, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines comme Guédiawaye. À travers ce type d’actions, le gouvernement entend encourager l’entrepreneuriat féminin et favoriser l’émergence de micro-entreprises capables de s’insérer durablement dans les circuits économiques.

Pour sa part, le maire de Guédiawaye, Ahmeth Aidara, a salué cette initiative qu’il juge en parfaite adéquation avec les besoins des populations locales. Il a mis en avant le rôle central des femmes dans le tissu économique de la commune et a exprimé sa satisfaction de voir des actions concrètes accompagner leur engagement et leur détermination.

Les bénéficiaires, visiblement satisfaites, ont accueilli ce soutien comme une opportunité majeure de renforcer leurs activités, d’améliorer leurs revenus et de gagner en autonomie. À Guédiawaye, cette dotation en équipements et en compétences apparaît ainsi comme un pas important vers la promotion d’une économie locale dynamique, portée par des femmes désormais mieux outillées pour transformer et valoriser les ressources locales.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Thiès : l’OCRTIS met la main sur 196 kg de chanvre indien à Mbodiène

La lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit avec fermeté dans la région de Thiès. La Brigade régionale des stupéfiants, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a réalisé une importante saisie de chanvre indien, estimée à 196 kilogrammes, le jeudi 9 janvier 2026.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette opération est le fruit d’une patrouille de sécurisation menée par l’unité de lutte basée à Mbour. Les agents intervenaient dans la localité de Mbodiène lorsqu’ils ont procédé à la découverte de la marchandise illicite. Le chanvre indien était soigneusement conditionné en six colis et transporté à bord d’une charrette, un mode de convoyage souvent utilisé pour tenter d’échapper à la vigilance des forces de sécurité.

Cette saisie témoigne de la persistance des réseaux de trafic dans certaines zones rurales et périurbaines, où les trafiquants misent sur la discrétion et des moyens de transport rudimentaires pour acheminer la drogue. Grâce à la vigilance et au professionnalisme des agents de l’OCRTIS, cette cargaison a pu être interceptée avant d’atteindre sa destination finale.

Les autorités policières indiquent que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier les propriétaires de la drogue ainsi que les convoyeurs impliqués dans cette opération. L’objectif est de remonter toute la chaîne du trafic et de démanteler le réseau à l’origine de cette tentative d’acheminement.

Cette nouvelle saisie s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants, menée par l’OCRTIS en collaboration avec les autres unités de la Police nationale. Les forces de sécurité réaffirment leur détermination à combattre ce fléau, qui constitue une menace sérieuse pour la santé publique, la sécurité et la stabilité sociale.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

Réforme constitutionnelle, gouvernance et crise économique : l’APR charge le pouvoir et parle d’une situation « alarmante »

L’Alliance Pour la République (APR) a livré, ce 10 janvier, une déclaration particulièrement sévère sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Avant d’aborder le fond de ses critiques, le parti de l’ancien président Macky Sall s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, adressant ses prières aux disparus et ses condoléances aux familles endeuillées.

Sur le plan politique, l’APR dresse un tableau qu’elle qualifie de sombre, estimant que l’année 2025 a été « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour le peuple sénégalais. Selon le parti, les populations auraient été livrées à elles-mêmes face à une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. Crise politique, économique, sociale et morale se conjugueraient, d’après l’APR, pour placer les Sénégalais « à la limite de l’humainement acceptable ».

Pour les Républicains, l’année écoulée aura été marquée par « tous les reniements et toutes les forfaitures », révélatrices de ce qu’ils qualifient d’« incurie d’un pouvoir désespérément incompétent ». Le parti affirme ne voir aucun acte structurant ou transformationnel à retenir de la tournée économique du président de la République en Casamance, qu’il considère comme une simple appropriation de projets initiés par le régime sortant.

L’APR se montre tout aussi critique à l’égard du message à la Nation du chef de l’État. Selon elle, cette adresse n’a offert aucune perspective susceptible de redonner espoir aux Sénégalais. Le parti rejette avec fermeté l’annonce de réformes constitutionnelles envisagées par voie parlementaire, qu’il refuse « avec la dernière énergie ». Pour l’Alliance Pour la République, le Sénégal, fort de trois alternances démocratiques et pacifiques, ne souffre pas d’un problème institutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance, ainsi que de difficultés économiques et sociales majeures.

Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a « aucune raison d’être », rappelant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité depuis sa création.

Sur le terrain économique et social, le parti de Macky Sall dénonce un « blocage » qu’il impute aux « mesures tatillonnes, ineptes et hasardeuses » du tandem exécutif. Il évoque une diplomatie en perte de vitesse, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse en constante augmentation, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère. Une situation jugée insoutenable par sa dureté et sa durée, et qui, selon l’APR, ne cesse de s’aggraver, faisant craindre des lendemains encore plus difficiles en 2026.

Dans sa déclaration, l’APR évoque également une « crise généralisée inédite » au sommet de l’État, affirmant que le pouvoir serait miné de l’intérieur par une rivalité entre les deux têtes de l’Exécutif. Cette situation, selon le parti, traduit une incapacité manifeste à diriger le pays dans l’intérêt supérieur des populations. L’Alliance Pour la République va plus loin en dénonçant ce qu’elle considère comme les carences d’un Premier ministre « faible en tout et sur tout » et d’un président de la République « en dessous des obligations de sa charge ».

Le parti accuse par ailleurs Ousmane Sonko d’être obsédé par l’échéance présidentielle de 2029 et de conduire une entreprise jugée dangereuse de remise en cause des fondements de l’État de droit. Selon l’APR, la judiciarisation de l’espace public viserait à permettre au Premier ministre de se soustraire à une condamnation judiciaire dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Dans ce contexte, l’Alliance Pour la République appelle les magistrats de la Cour suprême à ne pas céder, selon ses termes, aux pressions politiques et aux « caprices » du chef du gouvernement.

Enfin, le parti critique les récentes déclarations d’Ousmane Sonko sur la campagne arachidière et le fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR lui reproche d’accuser ses propres ministres tout en se dédouanant, et de les livrer à la vindicte populaire. Elle fustige également l’évocation de l’utilisation de moyens financiers, y compris illégaux, pour faire face aux difficultés du monde rural, estimant qu’une telle posture relève d’une démagogie populiste et constitue un « aveu d’impuissance coupable ».

En conclusion, l’Alliance Pour la République affirme que « vaincre le pouvoir du Pastef » serait, selon elle, la seule voie pour sortir le Sénégal du marasme et des dérives actuelles. La déclaration se termine toutefois sur une note sportive, le parti saluant la qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une performance qui, selon lui, apporte un peu de baume au cœur des Sénégalais.

Kolda : la fête patronale du 6ᵉ bataillon d’infanterie célèbre la fraternité militaire entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée

La ville de Kolda a vibré ce vendredi 9 janvier au rythme de la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie, un événement placé sous le sceau de la fraternité militaire et de la coopération sous-régionale. Cette célébration a réuni, aux côtés des Forces de défense et de sécurité sénégalaises, d’importantes délégations militaires venues de la Gambie et de la Guinée, illustrant la solidité des liens entre armées sœurs face à des défis sécuritaires de plus en plus transfrontaliers.

La forte mobilisation des délégations étrangères a été saluée par le commandant du 6ᵉ bataillon d’infanterie, le lieutenant-colonel El Hadji Fodé Almamy Ba. Pour lui, cette présence témoigne de la dynamique actuelle de renforcement de la coopération militaire dans l’espace sous-régional. Dans son intervention, il a rappelé que les menaces sécuritaires contemporaines ne connaissent plus de frontières et exigent des réponses collectives et coordonnées. « La menace est globale et la réponse ne peut être que globale », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité de la mutualisation des moyens, des forces et des stratégies entre pays voisins.

Le même message a été porté par la délégation guinéenne. Le chef de corps du bataillon d’infanterie de Koundara, le colonel Boubacar Barry, a insisté sur l’importance d’une collaboration permanente entre les forces armées sénégalaises et guinéennes. Selon lui, le partage d’informations, la coordination opérationnelle et la conduite de patrouilles conjointes doivent s’inscrire dans une logique quotidienne afin de faire face à des menaces devenues multiformes et évolutives. Il a souligné que la présence de la délégation guinéenne à Kolda visait non seulement à renforcer cette coopération opérationnelle, mais aussi à communier avec leurs frères d’armes sénégalais et gambiens à l’occasion de cette fête patronale.

Représentant l’armée gambienne, le lieutenant-colonel Yaya Dabo a, pour sa part, magnifié l’excellence des relations militaires entre le Sénégal et la Gambie. Il a rappelé que les deux pays sont liés par une histoire commune, une géographie partagée et des liens fraternels solides, qui se traduisent par une coopération militaire étroite et exemplaire dans la sous-région.

Au-delà de son caractère festif et symbolique, la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie a ainsi servi de cadre d’expression de la volonté commune des armées sénégalaise, gambienne et guinéenne de faire front ensemble face aux défis sécuritaires. Dans un contexte régional marqué par la persistance de menaces transfrontalières, cette rencontre a réaffirmé l’engagement des forces armées des trois pays à œuvrer dans un esprit de solidarité, de fraternité et d’intégration sous-régionale au service de la paix et de la stabilité.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

Affaire PRODAC : Mame Mbaye Niang saisit le Procureur général et le Bâtonnier contre des avocats d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre Mame Mbaye Niang a engagé une nouvelle offensive judiciaire en déposant, le 2 janvier 2026, deux plaintes distinctes visant des membres du pool d’avocats du Premier ministre Ousmane Sonko. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, ces plaintes ont été adressées, d’une part, au Procureur général près la Cour d’appel de Dakar et, d’autre part, au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Dans ces requêtes, Mame Mbaye Niang met directement en cause Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye, qu’il accuse de diffamation, de faux intellectuel et de violation des règles déontologiques de la profession d’avocat. Cette démarche intervient dans un contexte judiciaire sensible, marqué par la volonté des autorités de relancer la procédure liée au dossier de diffamation qui avait opposé par le passé Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko dans l’affaire du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC).

D’après L’Observateur, l’origine de cette nouvelle plainte remonte à une conférence de presse tenue le 22 décembre 2025 par les avocats du Premier ministre. Au cours de cette sortie médiatique, Me Macodou Ndour aurait affirmé que Mame Mbaye Niang avait procédé au décaissement de plus de deux milliards de francs CFA au profit de la société Green 2000, en signant un ordre de démarrage des travaux sans qu’un marché public n’ait été préalablement conclu. Des accusations que l’ancien ministre rejette catégoriquement, les qualifiant d’« archi-faux ».

Mame Mbaye Niang soutient que ces déclarations portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération, dans la mesure où elles laissent entendre l’existence d’une entente frauduleuse autour de fonds publics. Il affirme, au contraire, que l’ordre de démarrage mentionné par les avocats est intervenu après la signature régulière du marché et que toute autre version relève, selon lui, d’un faux intellectuel destiné à tromper l’opinion publique.

Dans sa plainte, l’ancien ministre reproche également à Me Abdy Nar Ndiaye d’avoir relayé ces accusations en langue wolof, contribuant ainsi à leur large diffusion. Me Massokhna Kane est, pour sa part, accusé d’avoir évoqué l’existence d’un rapport qui incriminerait Mame Mbaye Niang pour détournement de deniers publics. Une affirmation que ce dernier juge mensongère et d’autant plus grave qu’elle aurait été reprise par des médias à forte audience tels que TFM et Seneweb TV.

Afin d’étayer ses accusations, Mame Mbaye Niang indique avoir joint à sa plainte une clé USB contenant l’ensemble des déclarations qu’il estime diffamatoires. Il sollicite ainsi l’intervention des autorités judiciaires compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées.

Les mêmes griefs ont été formulés dans la plainte adressée au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans sa requête, Mame Mbaye Niang dénonce des faits qu’il considère comme une violation manifeste des règles de la profession d’avocat, évoquant des actes de diffamation et de faux intellectuel contraires aux principes déontologiques. Il estime que de tels agissements portent atteinte non seulement à sa personne, mais également à l’image et à la crédibilité de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Cette nouvelle étape judiciaire vient ainsi raviver un dossier déjà très sensible, au cœur des tensions politiques et judiciaires persistantes autour de l’affaire PRODAC, et promet de nouveaux développements dans les semaines à venir.

FATICK – Bandandar : la randonnée des 10 km, un moteur de cohésion sociale et de performance sportive

Bandandar, dans la commune de Djilor (région de Fatick), s’est imposé, ce dimanche 1er janvier 2026, comme un véritable carrefour du sport communautaire à l’occasion de la 3ᵉ édition de la randonnée pédestre « Les 10 km de Bandandar–Keur Niaouth », organisée en hommage au Sergent Harouna Khouma. L’événement a rassemblé des sportifs amateurs et des passionnés de marche venus de plusieurs localités du département de Fatick.

Dès les premières heures de la matinée, l’axe Bandandar–Keur Niaouth a été envahi par une foule bigarrée de randonneurs, encadrés par des volontaires et des agents de sécurité. Les épreuves de 10 km, 5 km et 3 km ont permis à chacun de s’exprimer selon son niveau, dans un esprit de fair-play, de convivialité et de dépassement de soi.

Sur le plan sportif, la compétition a tenu toutes ses promesses. Les athlètes engagés sur la distance de 10 km ont imprimé un rythme soutenu, offrant une course disputée jusqu’aux derniers mètres. Les catégories féminines et masculines ont été particulièrement saluées pour leur engagement et leur discipline, témoignant de l’intérêt croissant des jeunes et des femmes pour la pratique de la marche sportive dans la zone.

L’organisation, jugée satisfaisante par de nombreux participants, a assuré la sécurité du parcours, l’hydratation des athlètes et la coordination des arrivées. Un dispositif qui illustre la montée en puissance de cette randonnée, désormais considérée comme un rendez-vous sportif annuel incontournable dans la commune de Djilor.

À l’issue des différentes courses, les trois premiers de chaque catégorie ont été récompensés par des médailles d’or, d’argent et de bronze, sous les applaudissements nourris du public. Les parrains de l’événement ont également reçu des diplômes de reconnaissance, en signe d’encouragement à la promotion du sport de masse en milieu rural.

Au-delà des podiums, cette randonnée a surtout mis en lumière le rôle du sport comme outil de cohésion sociale et de promotion de la santé. Pour les organisateurs, l’objectif est clair : faire de la marche sportive un levier d’éducation, de bien-être et d’émulation collective, tout en perpétuant la mémoire du Sergent Harouna Khouma.

Keur Diarra Bambara ensanglanté : la “route de la mort” fait encore sortir les populations dans la rue

Keur Diarra Bambara (Ndiaffate) – La colère était vive ce matin à Keur Diarra Bambara. Excédées par la répétition d’accidents de la circulation, souvent mortels, les populations ont barré la route principale pour exiger des mesures urgentes face à l’insécurité routière qui endeuille régulièrement leur village.

Dès les premières heures de la matinée, jeunes, femmes et notables, arborant des brassards rouges en signe de deuil et de protestation, ont dressé des barricades à l’aide de troncs d’arbres, de pierres et de pneus. La circulation a été totalement paralysée pendant plusieurs heures, provoquant d’importants embouteillages sur cet axe très fréquenté.

Au cœur de la mobilisation, une réalité tragique : plus d’une dizaine d’accidents mortels recensés ces dernières années, selon les habitants, sans réponse concrète des autorités compétentes. Les manifestants dénoncent notamment l’excès de vitesse, l’absence de ralentisseurs, le manque de signalisation et le non-respect du code de la route par certains usagers.

« Nous enterrons presque chaque année des membres de nos familles. Trop, c’est trop », a lancé Sidy Fofana, chef du village de Keur Diarra Bambara, la voix chargée d’émotion. Pour les populations, la route est devenue un véritable piège mortel traversant leur localité.

Environ une centaine de manifestants ont ainsi exigé l’installation immédiate de dos-d’âne, une signalisation adéquate et le renforcement des contrôles routiers. Alertées, les forces de l’ordre se sont rendues sur place pour tenter d’apaiser la situation et engager le dialogue. Toutefois, selon les protestataires, aucune solution concrète ne leur a été proposée sur le moment.

Après plusieurs heures de tension, la route a finalement été rouverte. Mais les populations, toujours déterminées, ont interpellé l’AGEROUTE, le maire de la commune de Ndiaffate ainsi que les députés de la localité, les appelant à agir sans délai pour mettre fin à ce qu’elles qualifient de « route de la mort ».

À Keur Diarra Bambara, le message est clair : sans mesures urgentes et visibles, la colère pourrait de nouveau éclater, au nom du droit à la sécurité et à la vie.

Crise politique en Guinée-Bissau : la Cedeao tente d’imposer une transition rapide face à la junte

Des dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont engagé, samedi à Bissau, des discussions de haut niveau avec la junte militaire au pouvoir en Guinée-Bissau, dans un contexte de crise politique persistante marquée par la suspension du processus électoral et l’arrestation de plusieurs figures de l’opposition.

La délégation ouest-africaine était conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, actuel président en exercice de la Cedeao, accompagné du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Les deux chefs d’État ont rencontré les membres du Haut Commandement militaire, dirigé par le général Horta N’Tam, afin de tenter d’accélérer la mise en place d’une transition politique et d’obtenir des avancées concrètes sur la libération des prisonniers politiques.

Au cœur des échanges figure la durée de la transition. Les médiateurs de la Cedeao plaident pour une transition courte, inclusive et transparente, destinée à rétablir rapidement l’ordre constitutionnel. Après sa prise de pouvoir, l’armée avait initialement annoncé qu’elle gouvernerait le pays pendant un an. Toutefois, la junte a depuis nuancé sa position, estimant qu’une « période de sécurité » plus longue est nécessaire pour stabiliser le pays avant l’organisation d’élections crédibles. Selon un membre du Haut Commandement militaire cité par l’AFP, une année serait insuffisante au regard des défis sécuritaires et institutionnels actuels.

À l’issue des rencontres, Julius Maada Bio a qualifié les discussions de « constructives » dans un message publié sur le réseau social X, appelant à « une transition rapide menée par un gouvernement inclusif ». Malgré ce ton conciliant, les divergences demeurent importantes entre les attentes de la Cedeao et les intentions affichées par les autorités militaires.

La crise a éclaté quelques jours seulement après l’élection présidentielle de novembre en Guinée-Bissau. L’armée avait alors renversé le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, qui briguait un second mandat, et suspendu le processus électoral, plongeant le pays dans une nouvelle période d’instabilité politique.

Dans le cadre de leur mission, les dirigeants de la Cedeao ont également multiplié les contacts avec l’opposition. Ils ont rencontré Fernando Dias, candidat de l’opposition à la présidentielle, qui s’est réfugié à l’ambassade du Nigeria où il bénéficie de l’asile politique depuis le coup d’État. La délégation a par ailleurs rendu visite en prison à Domingos Simoes Pereira, autre figure majeure de l’opposition, déclaré inéligible par la Cour suprême et incarcéré depuis la prise de pouvoir de l’armée.

Sur la question sensible des détenus politiques, quelques gestes d’apaisement ont été enregistrés. Fin décembre, la junte a libéré six membres de l’opposition proches de Domingos Simoes Pereira, suivis de la libération de trois autres opposants jeudi dernier. Néanmoins, ces mesures restent insuffisantes aux yeux de la Cedeao. Selon un responsable du Haut Commandement militaire, les délégations ouest-africaines ont réclamé la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, estimant que leur détention compromet l’instauration d’un climat de confiance indispensable à la sortie de crise. La junte, pour sa part, privilégie une approche graduelle, sans calendrier précis pour les libérations restantes.

Les discussions ont également porté sur l’éventualité de la mise en place d’une force d’intervention de la Cedeao, susceptible d’être déployée en cas d’aggravation de la situation. Cette option suscite toutefois de fortes réticences à Bissau. Plusieurs sources locales indiquent que les autorités de transition percevraient un tel déploiement comme une atteinte à la souveraineté nationale.

Donald Trump détourne une réunion stratégique avec les pétroliers pour vanter les travaux de la Maison-Blanche

Donald Trump a créé la surprise, jeudi, en interrompant une réunion de haut niveau avec les dirigeants des principales compagnies pétrolières américaines à la Maison-Blanche pour les entraîner dans une visite improvisée des travaux de rénovation en cours au sein de la résidence présidentielle. Une parenthèse inattendue, à forte tonalité personnelle, au milieu d’échanges pourtant cruciaux sur l’avenir énergétique et géopolitique des États-Unis.

Selon plusieurs participants, le président s’est longuement attardé sur l’avancement du chantier de la nouvelle salle de bal, dont il s’est félicité avec emphase. Assurant que les travaux progressaient plus vite que prévu et sans dépassement financier, Donald Trump a affirmé que l’ouvrage serait non seulement achevé dans les délais, mais également « sous budget », un point qu’il a présenté comme une preuve de son sens de la gestion. Il a promis que cette salle serait « la meilleure du genre au monde » et deviendrait la plus grande jamais intégrée à la Maison-Blanche, destinée à accueillir des événements d’envergure internationale.

Le président a également évoqué les dispositifs de sécurité renforcés prévus dans le cadre de son investiture, soulignant la mise en place de panneaux de verre pare-balles et de dômes de protection autour de certaines zones sensibles. Ces aménagements, a-t-il expliqué, visent à garantir un niveau de sécurité maximal face à un contexte qu’il juge plus tendu que jamais, tant sur le plan intérieur qu’international.

Cette digression architecturale a toutefois surpris, voire déconcerté, certains dirigeants présents, d’autant qu’elle est intervenue à un moment stratégique. La réunion devait en effet porter sur un appel pressant du président aux géants du pétrole pour qu’ils investissent jusqu’à 100 milliards de dollars dans l’exploitation des vastes réserves pétrolières du Venezuela. Un projet aux enjeux considérables, mêlant intérêts économiques, influence géopolitique et relations diplomatiques délicates avec Caracas.

Kaolack : la Plateforme des Paysans passe au crible les promesses du Premier ministre sur la campagne arachidière

La Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) – FIPU JOTNA a tenu, ce samedi, une conférence de presse à la Chambre de commerce de Kaolack afin d’évaluer les promesses formulées par le Premier ministre, Ousmane Sonko, lors de sa récente visite dans la capitale du Saloum, relativement à la campagne arachidière en cours.

Face aux médias, le coordonnateur de la plateforme, Bassirou Ba, entouré de responsables paysans et d’acteurs du monde rural, a apporté des clarifications et rectifications sur certains engagements annoncés par le chef du gouvernement. Selon la PPS–FIPU JOTNA, plusieurs déclarations officielles ne reflètent pas fidèlement la réalité vécue par les producteurs sur le terrain.

« Les paysans continuent de faire face à de nombreuses difficultés. Les annonces faites à Kaolack ne correspondent pas entièrement aux conditions réelles dans les zones de production », a déclaré Bassirou Ba. Il a notamment pointé les problèmes persistants liés à l’accès aux semences certifiées, à la disponibilité des intrants agricoles, à la fixation des prix et à l’écoulement de la production.

La plateforme estime que la campagne arachidière demeure marquée par des retards importants, des insuffisances logistiques et une faible prise en compte des préoccupations paysannes, malgré les assurances données par les autorités. Les conférenciers ont également attiré l’attention sur la situation économique jugée préoccupante des producteurs dans plusieurs régions du pays, notamment à Kaolack, Kaffrine, Fatick, Tambacounda, Kolda, Sédhiou, Touba et Thiès.

Un accent particulier a été mis sur la problématique de la commercialisation. « Nous avons travaillé toute l’année. Nos greniers sont pleins, mais les acheteurs manquent. Sans l’ouverture des frontières, nos arachides risquent de pourrir ou d’être vendues à vil prix », a déploré Bassirou Ba.

Pour la PPS–FIPU JOTNA, le marché intérieur ne peut, à lui seul, absorber l’ensemble de la production nationale. L’exportation vers des pays voisins tels que la Gambie, la Guinée et le Mali est perçue comme une alternative indispensable pour garantir des revenus décents aux producteurs et limiter les pertes post-récolte.

Au-delà de l’ouverture des frontières, les organisations paysannes réclament un accompagnement plus soutenu de l’État, notamment à travers la fixation de prix planchers rémunérateurs, la facilitation du transport et la sécurisation des circuits de commercialisation. Elles redoutent qu’en l’absence de mesures urgentes, de nombreux producteurs ne soient contraints de vendre à perte.

« Les paysans vivent une réalité bien différente de celle affichée par les images des nouveaux véhicules flambant neufs récemment attribués aux députés. Un contraste saisissant qui suscite colère, indignation et sentiment d’abandon dans le monde rural », a dénoncé M. Ba.

À travers cette sortie médiatique, la Plateforme des Paysans du Sénégal entend interpeller les autorités et appeler à un dialogue sincère, inclusif et permanent avec les organisations paysannes, afin de garantir une campagne arachidière viable, équitable et durable.

Dans un contexte de tensions croissantes autour de la campagne arachidière 2026, la PPS–FIPU JOTNA a également annoncé que ses membres envisagent d’exposer leurs arachides dans les rues des villes et villages dans les prochains jours. Cette initiative se veut une manifestation symbolique visant à attirer l’attention des autorités sur leurs préoccupations et à faire pression pour l’adoption de solutions concrètes.

CAN MAROC 2025 – QUART DE FINALE

Mali – Sénégal (0-1)

Analyse – Par Vieux Guédel Mbodji

Expert en management sportif

Le Sénégal est en demi-finale de la CAN 2025, et cette qualification porte la marque des grandes équipes : sérieux, discipline et efficacité minimale mais suffisante. Face au Mali, dans un derby ouest-africain toujours chargé d’intensité et d’orgueil, les Lions de la Teranga ont su faire respecter la hiérarchie sans jamais tomber dans l’excès de confiance.

Ce quart de finale n’a pas été un match flamboyant, mais il a été maîtrisé. Et dans une compétition de ce niveau, la maîtrise vaut parfois plus que le spectacle.

Une victoire de maturité

Après un huitième de finale en demi-teinte, le Sénégal était attendu au tournant. La réponse a été claire : une équipe concentrée, organisée et consciente de ses responsabilités. Pape Thiaw, souvent scruté dans ses choix, a opté pour un onze résolument offensif, assumant pleinement le statut de favori. Un choix courageux, mais surtout cohérent avec la richesse de l’effectif sénégalais.

L’entame fut pourtant délicate. Le Mali, fidèle à sa réputation, a mis beaucoup d’intensité dans les duels, cherchant à casser le rythme sénégalais. Mais les Lions n’ont pas paniqué. Ils ont accepté de souffrir, de laisser passer l’orage, avant d’imposer progressivement leur tempo.

Le tournant du match

La clé de cette rencontre réside sans doute dans la gestion tactique et mentale des temps forts. Le Sénégal a su exploiter sa supériorité technique, mais aussi tirer profit des faits de jeu. Réduit à dix avant la pause, le Mali s’est montré héroïque, mais cette infériorité numérique a fini par peser.

Le but inscrit à la 27ᵉ minute illustre parfaitement la montée en puissance sénégalaise : une action construite, un centre tendu de Krépin Diatta, une hésitation du gardien malien, et Iliman Ndiaye, opportuniste et lucide, qui conclut sans trembler. Ce but n’est pas le fruit du hasard ; il récompense une équipe de plus en plus présente dans le camp adverse.

Une seconde période à gérer

En seconde mi-temps, le Sénégal avait deux options : accélérer pour plier définitivement le match ou gérer intelligemment son avance. Les Lions ont tenté de trouver un équilibre entre les deux. La domination territoriale était réelle, mais l’efficacité offensive a parfois fait défaut. Les occasions concédées aux Aigles, malgré leur infériorité numérique, rappellent que le haut niveau ne pardonne aucun relâchement.

Les changements opérés par Pape Thiaw – avec les entrées de Pathé Ciss, Lamine Camara, Chérif Ndiaye et Ibrahima Mbaye – ont apporté du sang neuf et renforcé l’équilibre de l’équipe. Le raté de Pathé Ciss face au gardien, à la 72ᵉ minute, restera néanmoins symbolique : ce Sénégal doit encore progresser dans la gestion des moments clés.

Un Sénégal solide, mais perfectible

Cette victoire confirme une chose : le Sénégal est une équipe mature, capable de gagner même sans briller. C’est souvent le signe des formations taillées pour aller loin. Toutefois, tout n’a pas été parfait. Certains cadres, à l’image de Habib Diarra et Habib Diallo, n’ont pas évolué à leur meilleur niveau. Le secteur des balles arrêtées demeure également un chantier prioritaire, tant ces phases peuvent décider du sort d’un match en phase finale.

Le 12ᵉ Gaïndé, acteur du succès

Impossible de conclure sans saluer les supporters sénégalais. À Tanger, le 12ᵉ Gaïndé a pleinement joué son rôle : une présence massive, une ferveur constante et un comportement exemplaire. Au-delà du football, ils ont incarné une image forte et positive du Sénégal, transformant les tribunes en véritable prolongement du terrain.

Recours de Barthélémy Dias : la Cour suprême rejette sa requête

La Chambre administrative de la Cour suprême a déclaré irrecevable le recours introduit par l’ancien maire de la ville de Dakar, Barthélémy Dias. L’information a été rapportée par le quotidien Les Échos dans son édition de ce samedi 10 janvier, mettant ainsi un terme à une bataille judiciaire engagée sur le terrain administratif par l’ex-édile de la capitale.

Dans cette procédure, Barthélémy Dias ne remettait pas en cause la décision pénale ayant conduit à sa condamnation. Son recours visait plutôt à contester la régularité de la procédure administrative ayant abouti à sa révocation de la tête de la mairie de Dakar. En clair, Dias-fils estimait que les autorités administratives avaient commis des irrégularités dans l’application des textes ayant conduit à son éviction, indépendamment du fond de l’affaire judiciaire.

Toutefois, la Chambre administrative de la Cour suprême n’a pas suivi cette argumentation. En déclarant le recours irrecevable, la haute juridiction a considéré que la requête ne remplissait pas les conditions nécessaires pour être examinée sur le fond. Cette décision ferme ainsi la voie à toute remise en cause de la procédure administrative devant cette juridiction.

Pour rappel, Barthélémy Dias a été officiellement révoqué de ses fonctions de maire de Dakar par l’État à la suite d’une condamnation pour homicide, une situation qui entraîne automatiquement, au regard des dispositions légales en vigueur, la perte de certains droits civiques et l’incompatibilité avec l’exercice de fonctions électives. L’arrêté administratif actant sa révocation avait été pris sur cette base.

Mame Mbaye Niang poursuit quatre avocats de la défense d’Ousmane Sonko pour diffamation et manquements déontologiques

Un nouvel épisode judiciaire vient s’ajouter au feuilleton politico-judiciaire opposant Mame Mbaye Niang au Premier ministre Ousmane Sonko. Selon L’Observateur, l’ancien ministre a déposé, le 2 janvier dernier, deux plaintes distinctes visant nommément quatre membres du pool de défense de Ousmane Sonko. Sont concernés Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Silva et Abdy Nar Ndiaye.

D’après le quotidien du Groupe futurs médias, les requêtes ont été adressées, d’une part, au procureur général près la Cour d’appel de Dakar et, d’autre part, au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans ces plaintes, Mame Mbaye Niang accuse les quatre avocats de diffamation, de faux intellectuel et de violations des règles déontologiques régissant la profession d’avocat. Ces accusations font suite à une conférence de presse tenue le 22 décembre dernier par les conseils du Premier ministre.

Au cœur de cette affaire, des déclarations publiques mettant en cause la gestion de Mame Mbaye Niang dans le dossier relatif à l’entreprise Green 2000. Lors de cette sortie médiatique, Me Macodou Ndour avait notamment affirmé que l’ancien ministre aurait fait décaisser plus de deux milliards de francs CFA au profit de cette société sur la base d’un ordre de démarrage signé en l’absence de tout marché préalable. Des propos que Mame Mbaye Niang rejette catégoriquement.

Dans sa plainte, l’ancien ministre soutient que l’ordre de service qu’il a signé est intervenu après la conclusion régulière du marché, et non avant, comme l’affirme l’avocat. Il accuse Me Macodou Ndour de manipulation de documents et de déformation volontaire des faits dans le but, selon lui, de tromper l’opinion publique et de nuire à son honneur.

Me Abdy Nar Ndiaye est, pour sa part, mis en cause pour avoir traduit ces accusations en wolof lors de la conférence de presse, contribuant ainsi, selon le plaignant, à leur large diffusion auprès de l’opinion nationale. Quant à Mes Massokhna Kane et Magna Brice Silva, ils sont poursuivis pour avoir évoqué l’existence d’un rapport de l’Inspection générale des finances qui aurait épinglé Mame Mbaye Niang. Une affirmation que ce dernier qualifie de totalement infondée et qu’il assimile à un « faux intellectuel », estimant qu’aucun rapport de l’IGF ne le met en cause de la manière décrite par les avocats.

Gare Liberté de Kaolack : l’appel pressant de Dame Lô pour des sanitaires dignes

À la gare routière Liberté de Kaolack, communément appelée « Garage Dakar », le ballet incessant des véhicules et des voyageurs rythme le quotidien. Chaque jour, des milliers de passagers y transitent, faisant de ce site un véritable poumon économique et social de la capitale du Saloum. Pourtant, derrière cette effervescence, persiste une réalité bien moins reluisante : l’absence de blocs sanitaires fonctionnels.

Alors que des travaux de réhabilitation de la voirie sont en cours, améliorant progressivement la circulation et réduisant les désagréments liés à la poussière et aux eaux stagnantes, la question de l’assainissement demeure entière. Pour de nombreux usagers, cette situation relève du paradoxe : comment moderniser une infrastructure stratégique sans y intégrer des équipements sanitaires de base ?

Chauffeurs, apprentis, commerçants et voyageurs sont unanimes. Le manque de toilettes publiques transforme chaque passage à la gare en véritable épreuve, en particulier pour les femmes, les personnes âgées, les enfants et les personnes vivant avec un handicap. Faute d’alternatives, certains se voient contraints à des pratiques insalubres, exposant ainsi le site à de sérieux risques sanitaires et environnementaux.

Président de la gare routière Liberté et président national des chauffeurs et transporteurs du Sénégal, Dame Lô tire la sonnette d’alarme. Selon lui, l’absence de blocs sanitaires porte gravement atteinte à la dignité humaine et ternit l’image de Kaolack, carrefour incontournable du transport national. « Une gare moderne ne se résume pas à des routes refaites. Elle doit offrir des conditions humaines et décentes à tous ceux qui la fréquentent », insiste-t-il.

Au-delà du confort, l’enjeu est avant tout sanitaire. Dans un espace à forte affluence, le défaut d’installations adaptées favorise la propagation de maladies et compromet les efforts de salubrité urbaine. Pour les acteurs du transport, l’urgence est donc évidente : faire de l’assainissement une priorité, au même titre que la voirie ou la sécurité.

Dame Lô en appelle ainsi aux autorités étatiques, aux collectivités territoriales ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin d’agir de manière concertée. L’objectif est clair : doter la gare routière Liberté de blocs sanitaires modernes, accessibles et inclusifs, afin d’en faire non seulement un hub de transport, mais aussi un espace respectueux de la dignité et de la santé des citoyens.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°646 – 10 ET 11/01/2026

🔴 DIFFAMATION, IGF ET MANŒUVRE D’ÉTAT : LA TENTATIVE DE RÉHABILITATION DE SONKO
🔴 BASSIN ARACHIDIER / ENTRE VENTES PRÉCIPITÉES ET BONS IMPAYÉS : L’IMMENSE MALAISE DES PAYSANS

🔴 CAN 2025 : LE SÉNÉGAL FAIT TOMBER LE MALI ET FILE EN DEMI-FINALE

Enquête parlementaire sur Softcare : le ministère de la Santé fait le point et appelle au calme

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) a apporté des précisions sur l’enquête en cours relative à l’inspection de l’entreprise Softcare par l’Assemblée nationale. Dans un communiqué rendu public, le département ministériel informe que les investigations se poursuivent et s’inscrivent dans le prolongement du communiqué publié le 18 décembre 2025.

Selon le MSHP, le processus d’enquête a été enclenché dès le 19 décembre 2025 avec l’intervention de son Inspection interne. Cette première phase avait pour objectif de procéder à des vérifications préliminaires afin de situer les responsabilités et d’évaluer le respect des normes sanitaires et réglementaires en vigueur au sein de l’entreprise concernée. Ces travaux initiaux ont permis de préparer le terrain pour une mission plus large et plus inclusive.

C’est dans ce cadre qu’une mission conjointe a été officiellement lancée. Composée d’experts du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, de représentants du Ministère du Commerce ainsi que d’un député de l’Assemblée nationale, cette équipe pluridisciplinaire a entamé ses travaux le mercredi 7 janvier 2026. L’objectif affiché est de mener une investigation approfondie, impartiale et rigoureuse, couvrant l’ensemble des aspects liés à la sécurité sanitaire, aux procédures de contrôle et au respect de la réglementation en vigueur.

Le ministère souligne que les conclusions de cette mission feront l’objet d’un rapport détaillé. Il assure que des informations précises, fiables et vérifiées seront communiquées au public dès que ce document sera disponible. En attendant, le MSHP invite la population à faire preuve de calme et de sérénité, tout en évitant la propagation de rumeurs ou d’informations non confirmées.

Migration clandestine depuis la Gambie : plus de 780 migrants ouest-africains interceptés après une série de naufrages meurtriers

La Gambie fait face à une crise migratoire majeure. Ces derniers jours, plus de 780 personnes originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali ont été interceptées alors qu’elles tentaient de rejoindre clandestinement l’Europe depuis les côtes gambiennes. Cette série d’interceptions survient quelques jours seulement après le naufrage tragique d’une pirogue qui a coûté la vie à au moins 31 personnes, tandis que de nombreux autres migrants restent portés disparus.

Selon Simon Lowe, porte-parole du Département de l’immigration gambien, trois opérations distinctes ont permis l’arrestation de 782 migrants présumés dans plusieurs localités du pays. Parmi eux, 233 sont originaires du Sénégal, 197 de Gambie, 176 de Guinée et 148 du Mali. Tous ont été remis en liberté sous caution, en attendant le traitement de leur situation par les autorités compétentes.

Les opérations ont débuté le 3 janvier, soit deux jours après le naufrage du bateau parti le soir du 31 décembre avec plus de 200 personnes à son bord, au large de la région de North Bank. Ce drame a profondément marqué le pays, déjà confronté à une recrudescence de tentatives de départ par la mer, utilisant la Gambie comme point de départ vers les îles Canaries. La marine nationale gambienne avait alors lancé une vaste opération de recherche dans la nuit, tandis que des équipes d’intervention spéciale ont été activées pour renforcer la surveillance et limiter les départs clandestins.

Les dangers de la route maritime sont encore accrus par le déplacement récent des points de départ vers le sud. En effet, les contrôles renforcés au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc ont conduit de nombreux migrants à quitter la Gambie et la Guinée, rallongeant considérablement le temps passé en mer et augmentant les risques de naufrage. Selon la Fondation Ebrima, plusieurs centaines de migrants originaires de villages sénégalais embarqués il y a plus d’un mois depuis les côtes gambiennes n’ont toujours pas donné signe de vie. Une autre pirogue transportant plus de 190 personnes, partie des côtes du nord de la Gambie le 17 novembre, a également sombré, laissant ses passagers disparus.

Le ministère gambien de l’Intérieur a exprimé sa vive inquiétude face à cette situation et a souligné que la Gambie observe une augmentation rapide du nombre de tentatives de migration maritime. Dans un communiqué, il rappelle l’urgence de mesures de sécurité renforcées et appelle à une coopération régionale pour limiter le drame humain lié à ces traversées périlleuses.

Cette situation illustre à nouveau les risques majeurs auxquels sont confrontés les migrants ouest-africains sur la route de l’Europe, et l’impérieuse nécessité pour les autorités de mieux encadrer les flux migratoires tout en développant des alternatives sûres pour ceux qui cherchent à quitter leur pays.

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Riz brisé ordinaire importé : le gouvernement fixe de nouveaux tarifs pour protéger le pouvoir d’achat

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, le 6 janvier 2026, la publication de l’arrêté n°000685, réglementant les prix du riz brisé ordinaire importé sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, prise après concertation avec le Conseil national de la Consommation, vise à encadrer le marché et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais face à la fluctuation des prix.

Pour le riz brisé ordinaire provenant de pays comme l’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, le Pakistan ou le Myanmar, les tarifs ont été fixés selon quatre niveaux pour la région de Dakar. Le prix importateur, correspondant à la sortie des magasins, est établi à 270 000 francs CFA la tonne. Le prix demi-gros est de 274 000 francs CFA, le prix de gros s’élève à 280 000 francs CFA par tonne, tandis que le prix de détail, celui payé directement par le consommateur, est fixé à 300 francs CFA le kilogramme.

Dans les autres régions du pays, ces tarifs de base sont conservés, mais ils pourront être majorés d’un différentiel de transport. Ce coût supplémentaire est calculé localement par chaque Conseil régional de la Consommation afin de refléter au mieux les réalités logistiques et les contraintes liées à l’acheminement des marchandises vers les zones éloignées.

L’arrêté insiste également sur l’obligation de transparence pour tous les acteurs du marché. Les prix doivent être clairement affichés dans les lieux de vente, soit par marquage, étiquetage ou affichage visible, de manière à ce que les consommateurs puissent facilement les identifier. Toute infraction, qu’il s’agisse de pratiques de prix illicites, de refus de vente ou de défaut d’affichage, sera sanctionnée conformément aux dispositions de la loi n°2021-25 relative aux prix et à la protection du consommateur.

Cette mesure réglementaire intervient dans un contexte où la stabilité des prix des denrées alimentaires de base est cruciale pour la sécurité alimentaire et le bien-être des familles sénégalaises. En fixant ces nouveaux tarifs, le ministère entend à la fois protéger les consommateurs et assurer un cadre légal clair pour les commerçants, tout en renforçant la régulation du marché du riz importé.

CAN 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye salue la solidité des Lions après leur qualification en demi-finales

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à féliciter l’équipe nationale du Sénégal à la suite de sa brillante qualification en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Les Lions ont validé leur billet pour le dernier carré ce vendredi 9 janvier 2026, après une victoire précieuse face au Mali en quart de finale.

Dans un message adressé à la nation et à l’équipe nationale, le chef de l’État a exprimé sa satisfaction et sa fierté face à la prestation des joueurs sénégalais. « Je félicite les Lions pour la victoire face au Mali et la qualification en demi-finale de la Coupe d’Afrique », a-t-il déclaré, saluant ainsi l’engagement et la détermination affichés par les hommes de Pape Thiaw tout au long de la rencontre.

Pour le président Bassirou Diomaye Faye, cette qualification est le fruit d’un travail collectif rigoureux et constant. Il estime que cette performance confirme la solidité du groupe et la maturité d’une équipe bâtie dans la continuité, la discipline et le sens de l’effort. Une reconnaissance qui souligne la cohésion et la constance dont font preuve les Lions depuis le début de la compétition.

Encourageant les joueurs à poursuivre sur cette lancée, le chef de l’État les a invités à maintenir le même niveau d’exigence et d’ambition pour la suite du tournoi. « Continuez avec ambition, exigence et combativité. Le Sénégal regarde devant, avec confiance », a-t-il ajouté, traduisant ainsi l’espoir et l’attente de tout un peuple derrière son équipe nationale.

Cette qualification en demi-finales renforce un peu plus les ambitions du Sénégal, qui vise une nouvelle fois les sommets du football africain. Soutenus par les autorités, les supporters et l’ensemble de la nation, les Lions abordent désormais la prochaine étape de la CAN 2025 avec détermination et sérénité, portés par l’objectif de décrocher un nouveau sacre continental.

Ousmane Sonko et son homologue mauritanien en visite d’infrastructures stratégiques à Thiès et Dakar

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, ont effectué ce vendredi 9 janvier 2025 une visite conjointe de plusieurs infrastructures stratégiques à Thiès et à Dakar. Cette tournée, placée sous le signe de la coopération économique et industrielle entre le Sénégal et la Mauritanie, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays voisins.

La première étape de cette visite a conduit les deux chefs de gouvernement à l’usine Carrefour Médical Industries, implantée à Pout, dans la région de Thiès. Selon un communiqué publié par la Primature du Sénégal, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de consommables de dialyse, un secteur crucial pour la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale. À travers cette unité industrielle, le Sénégal renforce sa capacité de production locale de produits médicaux essentiels, réduisant ainsi sa dépendance aux importations et améliorant l’accessibilité des soins de santé pour les populations.

Sur place, Ousmane Sonko et El Moctar Ould Djay ont pu apprécier les installations, échanger avec les responsables de l’usine et s’informer sur les perspectives de développement de cette industrie, dont l’impact dépasse le seul cadre national. La visite a également permis de mettre en lumière les opportunités de coopération régionale dans le domaine pharmaceutique et biomédical, un secteur stratégique pour les deux États.

Les deux Premiers ministres se sont ensuite rendus au Port autonome de Dakar, plus précisément au niveau du môle, où ils ont visité le chantier du terminal gazier de Elton. Cette infrastructure majeure est appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des capacités énergétiques du Sénégal, à un moment où le pays se prépare à entrer pleinement dans l’ère de l’exploitation gazière. Le terminal gazier s’inscrit dans la stratégie nationale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir l’industrialisation et accompagner la transition vers une énergie plus compétitive.

Cette visite conjointe illustre la volonté des autorités sénégalaises et mauritaniennes de consolider leur coopération autour de projets structurants, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et de l’énergie. Elle témoigne également d’une convergence de vues entre Dakar et Nouakchott sur la nécessité de bâtir des partenariats solides autour d’infrastructures capables de soutenir la croissance économique et le développement durable dans l’espace sous-régional.

Assises des daaras : à Tivaouane, le ministre de l’Éducation salue un modèle exemplaire de concertation et d’inclusion

Le département de Tivaouane s’impose comme une référence nationale dans le processus préparatoire des assises des daaras. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a salué avec force la qualité de la démarche de concertation menée à l’échelle locale, qu’il a qualifiée de « modèle exceptionnel de réussite, de démocratie participative et d’inclusion ». Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de partage et de validation du rapport départemental issu des concertations communales.

Selon le ministre, Tivaouane s’est distinguée par sa capacité remarquable à fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un objectif commun : poser les bases d’une réforme concertée et durable des daaras, en droite ligne avec la directive présidentielle relative à l’organisation des assises nationales. Cette mobilisation large et inclusive, impliquant autorités administratives, éducatives, religieuses et acteurs communautaires, a permis d’instaurer une synergie constructive, rare et exemplaire, a-t-il souligné.

Pour Moustapha Guirassy, les assises des daaras ne doivent pas être perçues comme un simple débat technique sur les modèles éducatifs. Elles constituent, selon ses termes, un véritable « contrat avec le Sénégal de demain », fondé sur la reconnaissance du rôle stratégique des daaras dans la transformation systémique du pays. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages et les approches réductrices pour inscrire cette réflexion dans une vision globale de développement humain, culturel et social.

Le ministre a tenu à rappeler le rôle central des daaras dans l’histoire et la construction de la nation sénégalaise. Il a présenté cette offre éducative arabo-islamique traditionnelle comme un socle identitaire historique, essentiel à la transmission de valeurs fondamentales telles que la spiritualité, le civisme, le patriotisme, la discipline, la générosité, l’hygiène, la paix et la cohésion sociale. « On ne peut raconter l’histoire du Sénégal, de la résistance au colonialisme à la stabilité actuelle du pays, sans évoquer le rôle fondamental des daaras », a-t-il affirmé avec conviction.

Moustapha Guirassy a également mis en avant la pertinence de la démarche adoptée à Tivaouane, qui a consisté à donner la parole aux acteurs à la base avant toute décision au sommet. Pour lui, cette approche conforte le principe de souveraineté éducative, culturelle et intellectuelle du Sénégal, en parfaite cohérence avec l’Agenda Sénégal 2050 et les ambitions nationales en matière de transformation du capital humain.

Se disant « très satisfait » du déroulement du processus dans le département, le ministre a salué l’appui constant du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, dont le représentant a activement pris part à toutes les étapes de la concertation. Cette implication des autorités religieuses a largement contribué, selon lui, à créer un climat de confiance et d’adhésion autour des travaux.

Le ministre a par ailleurs souligné l’adhésion unanime de l’ensemble des parties prenantes, au-delà des différences de sensibilités et de points de vue, autour d’un objectif commun : proposer des orientations durables pour l’avenir des daaras, dans l’intérêt supérieur des enfants et du pays. « Tivaouane a montré la voie », a-t-il conclu, estimant que la conduite du processus dans ce département, avec l’onction du Khalife général des Tidianes, constitue désormais une référence pour la réussite des assises nationales des daaras.

En marge de la validation du rapport départemental, Moustapha Guirassy a effectué des visites de courtoisie auprès des Khalifes généraux des Khadres et des Tidianes, témoignant de l’importance qu’il accorde au dialogue permanent avec les autorités religieuses. Il a enfin salué la « brillante coordination » du processus, assurée par le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye, en étroite collaboration avec l’administration territoriale, l’Inspection d’académie et l’Inspection de l’éducation et de la formation.

Kédougou : soixante orpailleurs clandestins burkinabés et maliens interpellés sur les berges de la Falémé

Les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont mené une nouvelle opération d’envergure contre l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Les éléments du 34ᵉ Bataillon d’Infanterie de Moussala ont démantelé un site illégal d’extraction de minéraux précieux installé sur les berges de la Falémé, précisément dans la commune de Bembou. L’intervention s’est soldée par l’arrestation de soixante orpailleurs étrangers impliqués dans des activités minières prohibées.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), les personnes interpellées sont de nationalité burkinabé et malienne. Il s’agit de seize ressortissants du Burkina Faso et de quarante-quatre ressortissants du Mali, tous présents sur le site au moment de l’opération. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la lutte renforcée engagée par les autorités sénégalaises contre l’exploitation illégale des ressources minières, particulièrement dans les zones frontalières sensibles.

L’opération a également permis une saisie importante de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin. Les forces de sécurité ont mis la main sur neuf motocyclettes, deux brouettes, huit tricycles ainsi que quinze motopompes servant à l’extraction et au traitement du sable aurifère. En outre, quarante-deux engins artisanaux, communément appelés « cracheurs », ont été détruits sur place. Ces dispositifs, utilisés pour séparer l’or du sable, constituent un élément central de l’activité clandestine. Leur destruction vise à empêcher toute reprise immédiate des opérations illégales après le départ des forces de l’ordre.

Cette intervention s’inscrit dans le strict respect de la réglementation en vigueur concernant la protection de la Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal. Les autorités ont formellement interdit toute activité minière dans un périmètre de cinq cents mètres à partir de la rive gauche du cours d’eau, afin de préserver l’environnement, les ressources en eau et les populations riveraines. La Falémé joue en effet un rôle stratégique tant sur le plan écologique qu’économique, ce qui justifie une vigilance accrue des services de l’État.

Pour rappel, en août 2024, le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre toutes les activités minières le long de la Falémé jusqu’au 30 septembre 2027. Cette mesure forte vise à freiner la dégradation environnementale causée par l’orpaillage anarchique, à réduire les tensions sécuritaires liées à la présence massive d’orpailleurs clandestins et à mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette opération, l’armée sénégalaise réaffirme sa détermination à faire respecter l’autorité de l’État et à lutter contre les réseaux d’exploitation illégale qui menacent à la fois l’environnement, la sécurité des populations locales et la souveraineté nationale. Les personnes interpellées devraient être mises à la disposition des autorités judiciaires compétentes pour les suites légales.

CAN 2025 : Un éclair d’Iliman Ndiaye propulse le Sénégal dans le dernier carré

Le Sénégal poursuit son aventure à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Les Lions de la Téranga ont validé leur billet pour les demi-finales en venant à bout du Mali sur le score étriqué mais précieux d’un but à zéro. Une victoire arrachée au terme d’un quart de finale intense, engagé et parfois tendu, qui permet au Sénégal d’atteindre le dernier carré de la compétition pour la septième fois de son histoire.

La rencontre débute sur un rythme élevé, imposé par des Aigles du Mali très entreprenants. Dès la 3ᵉ minute, le Sénégal frôle le scénario catastrophe. Lancé dans la surface, Lassine Sinayoko s’écroule après un contact avec Kalidou Koulibaly et réclame un penalty. Le stade retient son souffle, mais après consultation de la VAR, l’arbitre décide de ne pas sanctionner le défenseur sénégalais. Un premier tournant dans ce quart de finale sous haute tension.

Piqués mais lucides, les Lions choisissent ensuite la prudence. Le Mali monopolise le ballon dans les premières minutes et tente d’installer son jeu, s’appuyant sur une circulation rapide et des projections vers l’avant. Le Sénégal, bien regroupé, procède par transitions rapides. Sur le flanc gauche, El Hadji Malick Diouf se montre particulièrement actif, multipliant les accélérations et provoquant son vis-à-vis, sans toutefois parvenir à concrétiser ses centres.

La bataille se déplace progressivement au milieu de terrain, où l’impact physique et l’intensité montent d’un cran. À la 22ᵉ minute, Iliman Ndiaye allume la première vraie mèche sénégalaise. Par une percée axiale pleine de détermination, il casse les lignes maliennes et sert Pape Gueye, dont la frappe est déviée in extremis par la défense. Le Sénégal prend confiance et commence à gagner les duels.

Au fil des minutes, les Lions haussent leur niveau de jeu. Plus agressifs à la récupération, plus précis dans les transmissions, ils finissent par prendre l’ascendant psychologique sur leurs adversaires. Le Mali, toujours dangereux, tente de répondre par des frappes lointaines et des incursions rapides, mais se heurte à une défense sénégalaise solide et bien organisée autour de Koulibaly.

Le moment décisif survient finalement lorsque Iliman Ndiaye, déjà très en vue, fait parler son sang-froid et son sens du but. Profitant d’un ballon mal repoussé et d’un léger flottement dans la défense malienne, l’attaquant sénégalais ajuste parfaitement le gardien et libère tout un peuple. Un but d’orfèvre, à l’image de la maîtrise et de la maturité affichées par le Sénégal dans cette phase cruciale de la compétition.

En seconde période, les Aigles du Mali jettent toutes leurs forces dans la bataille pour revenir au score. Les occasions se multiplient, la pression s’intensifie, mais les Lions font preuve d’une grande solidarité défensive. Le bloc reste compact, les replis sont rapides et les interventions décisives. Le Sénégal gère son avantage avec intelligence, sans jamais céder à la panique.

Au coup de sifflet final, c’est toute l’expérience et la résilience sénégalaise qui sont récompensées. En s’imposant face à un Mali combatif et ambitieux, les Lions confirment leur statut de grande nation du football africain et poursuivent leur rêve continental. Désormais qualifié pour les demi-finales, le Sénégal se rapproche un peu plus d’un nouveau sacre et envoie un message fort à ses futurs adversaires : les champions sont toujours là.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Libération de l’épouse et du fils de Madiambal Diagne : le journaliste dénonce l’« incongruité » de la détention d’Omar Mbaye

Le journaliste sénégalais Madiambal Diagne a annoncé, ce jour, la libération de son épouse, Mabintou, et de son fils, Mouhamed, jusque-là incarcérés. L’information a été rendue publique à travers un message publié sur ses réseaux sociaux, à un moment particulièrement symbolique, coïncidant avec la mi-temps du match opposant le Mali au Sénégal.

Dans sa déclaration, le directeur de presse n’a pas seulement fait part de cette nouvelle qu’il qualifie implicitement de soulagement familial. Il a surtout établi un parallèle direct entre cette libération et la situation judiciaire de son ami Omar Mbaye, toujours maintenu en détention. Selon Madiambal Diagne, la sortie de prison de son épouse et de son fils met en évidence ce qu’il considère comme une incohérence manifeste dans la procédure visant ce dernier.

« À la mi-temps du match Mali–Sénégal, mon épouse Mabintou et mon fils Mouhamed sont sortis de prison. Leur libération révèle davantage l’incongruité de la détention de mon ami Omar Mbaye, retenu par un recours en cassation du Parquet. Il paie trop cher son délit d’amitié », a écrit le journaliste, dans un message au ton à la fois personnel et accusateur.

D’après ses explications, Omar Mbaye demeure privé de liberté en raison d’un pourvoi en cassation introduit par le Parquet, une démarche judiciaire que Madiambal Diagne juge excessive, voire injustifiée. Il estime que cette situation traduit un traitement inéquitable, d’autant plus que, selon lui, les éléments ayant conduit à la libération de son épouse et de son fils devraient logiquement bénéficier à son ami.

Le journaliste va plus loin en suggérant que la détention prolongée d’Omar Mbaye ne serait pas uniquement fondée sur des considérations strictement judiciaires, mais relèverait également de sa proximité personnelle avec lui. Une thèse qu’il résume par l’expression « délit d’amitié », laissant entendre que son ami subirait les conséquences indirectes de son engagement et de ses prises de position publiques.

Cette sortie médiatique relance le débat sur l’égalité de traitement devant la justice et sur l’usage des recours judiciaires, notamment le pourvoi en cassation du Parquet, dans des dossiers sensibles. Elle intervient dans un contexte où plusieurs affaires judiciaires continuent de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, notamment autour des questions de détention préventive et de respect des droits fondamentaux.

Crise d’approvisionnement en eau au Centre hospitalier Amath Dansokho de Kédougou : la direction s’explique et appelle à une solution durable

Le Centre hospitalier régional Amath Dansokho de Kédougou fait face, depuis plusieurs semaines, à une grave crise d’approvisionnement en eau qui perturbe le fonctionnement normal des services de soins. Cette situation critique a suscité un mouvement d’humeur de la section locale du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), inquiet des conséquences sur les conditions de travail du personnel médical et sur la prise en charge des patients.

Interpellé sur cette urgence sanitaire, le directeur de l’établissement a tenu à apporter des éclaircissements sur l’ampleur du problème et ses causes profondes. Joint par Seneweb, il reconnaît sans détour la gravité de la situation. « Effectivement, la problématique de l’eau à l’hôpital est réelle et préoccupante. Nous sommes confrontés à un déficit d’approvisionnement sévère », a-t-il admis, soulignant que cette pénurie constitue aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels l’établissement est confronté.

Selon les explications fournies par la direction, l’hôpital est actuellement alimenté par deux forages dont la capacité ne répond plus aux besoins réels de la structure. Au fil des années, les activités du centre hospitalier ont connu une augmentation significative. Le nombre de personnels a progressé, la fréquentation des patients s’est intensifiée et, par conséquent, la consommation en eau a fortement augmenté. Cette évolution n’a toutefois pas été accompagnée d’un renforcement proportionnel des infrastructures hydrauliques.

À cette pression croissante sur la demande s’ajoute une contrainte géologique majeure. La nappe phréatique de la zone, relativement peu profonde, limite considérablement la productivité des forages existants. Dans ces conditions, la production d’eau ne permet d’assurer un approvisionnement que pendant environ seize heures par jour. Durant les huit heures restantes, plusieurs services de soins se retrouvent dans une situation de dénuement total, avec des répercussions évidentes sur l’hygiène hospitalière et la qualité des soins.

Pour faire face à l’urgence, la direction de l’hôpital a saisi la Sen’Eau ainsi que les autorités administratives compétentes. En attendant une solution structurelle, la société de distribution d’eau assure régulièrement l’acheminement de deux camions-citernes afin de pallier le manque. Une réponse jugée indispensable mais largement insuffisante par la direction, qui la qualifie de précaire et difficilement soutenable sur le long terme.

Le principal obstacle à une résolution définitive du problème réside dans l’absence de connexion de l’hôpital au réseau urbain de la Sen’Eau. Ce réseau se situe à environ cinq kilomètres de l’établissement. Une extension sur une telle distance nécessiterait des investissements financiers conséquents, hors de portée du budget de fonctionnement de l’hôpital. « Une telle extension de réseau nécessite des investissements financiers massifs. Seul le niveau central peut véritablement nous accompagner dans un projet d’une telle envergure », a insisté le directeur, appelant implicitement à l’intervention de l’État.

En parallèle, la direction et le Conseil d’administration de l’hôpital réfléchissent à une solution plus durable. Le creusement d’un troisième forage est actuellement à l’étude afin de renforcer les capacités de production d’eau. Des partenaires techniques et financiers auraient déjà manifesté leur intérêt pour accompagner cette initiative, même si aucune concrétisation n’a encore été annoncée.

Crise à la mairie de Sédhiou : la démission annoncée du quatrième adjoint fragilise l’exécutif municipal

La mairie de Sédhiou traverse une période de fortes turbulences marquée par une crise ouverte au sommet de l’exécutif municipal. Le maire titulaire, Abdoulaye Diop, est désormais au cœur d’un bras de fer avec son quatrième adjoint, Mame Aly Diallo, qui a déposé sa lettre de démission le jeudi 8 janvier, selon des sources proches du dossier. Une décision lourde de conséquences qui révèle des tensions internes persistantes au sein de l’équipe municipale.

À l’origine de cette brouille, un échange téléphonique particulièrement houleux entre les deux responsables. La discussion portait sur l’évolution du chantier du mur de clôture du stade municipal, un projet sensible et très attendu par les populations locales. D’après les informations recueillies, la conversation aurait rapidement dégénéré, donnant lieu à des propos attribués au maire qui auraient profondément heurté Mame Aly Diallo. Se sentant atteint dans sa dignité et estimant que le climat de travail n’était plus compatible avec l’exercice serein de ses fonctions, le quatrième adjoint aurait alors pris la décision de jeter l’éponge.

Toutefois, à ce stade, cette démission n’a pas encore été officiellement entérinée par l’autorité administrative compétente. Cette situation laisse planer une certaine incertitude quant à l’issue définitive de la crise. Conscients des risques qu’une rupture durable pourrait faire peser sur la stabilité de l’exécutif municipal, plusieurs acteurs locaux et responsables politiques se sont rapidement mobilisés pour tenter de calmer le jeu.

Une médiation est ainsi en cours, menée par des « bonnes volontés » soucieuses de préserver la cohésion de l’équipe municipale. L’objectif affiché est de rapprocher les positions, d’apaiser les ressentiments et, si possible, de convaincre Mame Aly Diallo de revenir sur sa décision. Cette initiative témoigne de la volonté d’éviter une crise institutionnelle plus profonde, susceptible de paralyser l’action municipale.

L’issue de ces discussions reste toutefois incertaine. Très suivie par l’opinion publique locale, cette affaire dépasse désormais le simple cadre d’un différend personnel pour interroger la solidité de la gouvernance municipale à Sédhiou. Dans un contexte où les attentes des populations sont particulièrement fortes, notamment en matière d’infrastructures, de transparence et de gestion efficace des projets publics, cette crise interne met en lumière les fragilités et les défis auxquels fait face l’équipe dirigeante de la commune.

Fin de mission diplomatique : le Président Bassirou Diomaye Faye salue l’action de l’Ambassadeur de Mauritanie au Sénégal

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce jeudi au Palais de la République Mohamed Aly Ould Sidi Mohamed, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République islamique de Mauritanie au Sénégal, à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique dans le pays. Cette audience, marquée par une atmosphère de grande cordialité, a été l’occasion de faire le bilan d’un mandat placé sous le sceau du dialogue et du renforcement des relations bilatérales.

Au cours de l’entretien, le Chef de l’État a tenu à saluer la contribution déterminante du diplomate mauritanien à la consolidation des liens historiques d’amitié, de coopération et de bon voisinage qui unissent le Sénégal et la Mauritanie. Il a souligné que l’action de l’Ambassadeur s’est inscrite dans une dynamique de rapprochement constant entre les deux pays, fondée sur la confiance mutuelle, le respect réciproque et la recherche d’intérêts communs au bénéfice des deux peuples.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa profonde reconnaissance pour la qualité du travail accompli par Mohamed Aly Ould Sidi Mohamed tout au long de son mandat. Il a notamment mis en exergue l’engagement personnel du diplomate au service du dialogue politique, de la coopération économique et sociale, ainsi que de la promotion des relations fraternelles entre Dakar et Nouakchott, dans un contexte régional exigeant une concertation étroite et permanente.

Cette audience a également permis de réaffirmer la solidité des relations sénégalo-mauritaniennes, caractérisées par une histoire partagée, des échanges humains intenses et une volonté commune de renforcer la coopération dans des domaines stratégiques d’intérêt commun. Le Chef de l’État a réitéré l’attachement du Sénégal à la poursuite et à l’approfondissement de cette coopération exemplaire.

CAN 2025 : Aliou Cissé et Abdoulaye Seck, les experts sénégalais au cœur de l’analyse technique de la CAF

Ancien sélectionneur du Sénégal et artisan du sacre continental de 2021, Aliou Cissé est présent au Maroc à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations 2025, bien que la Libye, qu’il dirige actuellement, ne soit pas qualifiée pour la compétition. Le technicien sénégalais de 49 ans y séjourne dans un cadre strictement professionnel : il fait partie des douze experts africains cooptés par la Confédération africaine de football (CAF) pour analyser les rencontres du tournoi, qui entre à partir de ce vendredi dans la phase décisive des quarts de finale.

Aux côtés d’Aliou Cissé figure un autre Sénégalais, l’analyste vidéo Abdoulaye Seck. Selon le quotidien Wal fadjri, les deux hommes occupent une place stratégique au sein de la cellule d’expertise mise en place par la CAF. Leur mission consiste à décortiquer les matchs, à observer finement les choix tactiques des équipes et à évaluer les performances individuelles qui influencent le cours des rencontres.

La CAF, citée par un journal du groupe de presse Front de terre, a dressé un portrait particulièrement élogieux d’Aliou Cissé. L’instance continentale souligne le parcours international exceptionnel de l’ancien capitaine des Lions, marqué par trois participations à la Coupe du monde : une en tant que joueur en 2002, puis deux comme entraîneur lors des éditions de 2018 et 2022. Cette double expérience, sur le terrain et sur le banc, confère à Cissé une lecture du jeu reconnue et respectée à l’échelle du continent.

Au-delà de ses succès avec la sélection sénégalaise, Aliou Cissé s’est également illustré dans le domaine de l’analyse tactique. Il a notamment été membre du groupe d’étude technique de la Coupe du monde des clubs de la FIFA, une expérience qui confirme, selon la CAF, sa stature de référence en matière de compréhension du football moderne et d’anticipation de ses évolutions.

Dans le cadre de la CAN 2025, Aliou Cissé et Abdoulaye Seck ont pour rôle d’identifier les tendances de jeu, de mesurer l’impact réel des options tactiques choisies par les entraîneurs et de mettre en lumière les joueurs dont les prestations font basculer un match. À l’issue de chaque rencontre, ce sont eux qui, sur la base de critères précis et rigoureux, participent à la désignation du joueur le plus marquant, consacrant ainsi l’excellence et l’influence effective sur le terrain.

Enseignement supérieur : Daouda Ngom salue le rôle stratégique de l’ANAQ-Sup dans la Vision Sénégal 2050

Après sa visite au Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, s’est rendu ce jeudi 8 janvier 2026 à l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Accueilli par les responsables de l’institution, le ministre a tenu à saluer le travail accompli et à réaffirmer la place centrale de l’ANAQ-Sup dans la construction d’un enseignement supérieur performant et crédible, en droite ligne avec l’agenda national de transformation « Sénégal Vision 2050 ».

Dans une déclaration empreinte de reconnaissance, le professeur Daouda Ngom a rendu un hommage appuyé aux dirigeants actuels et passés de l’ANAQ-Sup. Il a insisté sur la continuité de l’État et la valeur du service public, soulignant que les avancées enregistrées par l’institution sont le fruit d’un engagement collectif inscrit dans la durée. Le ministre a également exprimé sa satisfaction de retrouver d’anciens collaborateurs et plusieurs acteurs du système universitaire, tout en adressant ses vœux de réussite et d’encouragement à l’ensemble du personnel.

Pour le chef du département de l’Enseignement supérieur, l’ANAQ-Sup demeure une structure clé dans l’architecture nationale de régulation de l’enseignement supérieur. Il a rappelé que ses missions d’évaluation, d’accréditation et d’assurance qualité concernent aussi bien les établissements publics que privés, garantissant ainsi la crédibilité des diplômes et la confiance des usagers du système universitaire sénégalais. À ce titre, l’institution constitue, selon lui, un pilier fondamental de l’amélioration continue de la qualité de la formation supérieure.

Le ministre a par ailleurs mis en exergue le rayonnement régional et continental de l’ANAQ-Sup. Il a cité l’appui technique et institutionnel apporté par la structure à plusieurs pays africains dans la mise en place ou le renforcement de leurs dispositifs d’assurance qualité, faisant de l’expérience sénégalaise une référence sur le continent. Cette reconnaissance internationale, a-t-il souligné, témoigne du professionnalisme et de l’expertise développés par l’ANAQ-Sup au fil des années.

Dans sa communication, le professeur Daouda Ngom a également encouragé l’institution à renforcer davantage la prise en compte de la recherche et de l’innovation dans l’ensemble de ses missions. Il a rappelé que ces dimensions font désormais partie intégrante du mandat de l’ANAQ-Sup et constituent des leviers essentiels pour l’émergence d’un enseignement supérieur compétitif, capable de répondre aux défis économiques, sociaux et technologiques du pays. À cet égard, l’étude récente menée par l’ANAQ-Sup sur l’efficacité interne des cycles universitaires, présentée en Conseil des ministres, a été saluée comme un outil stratégique d’aide à la décision publique.

Après Sénégal–Mali : la CAF change l’arbitre du choc Maroc–Cameroun

À la suite du match Sénégal–Mali, une nouvelle controverse arbitrale vient s’inviter dans l’actualité du football africain. Cette fois-ci, elle concerne la désignation de l’arbitre du très attendu duel entre le Maroc et le Cameroun. Selon les informations révélées par le journaliste d’investigation Romain Molina, la Confédération africaine de football (CAF) aurait procédé à un changement d’arbitre après une réclamation formulée par le Maroc, pays hôte de la compétition.

D’après cette source, la contestation marocaine portait sur le retard jugé inhabituel dans la désignation officielle de l’arbitre de la rencontre. Une situation qui aurait suscité des interrogations et conduit les autorités marocaines à saisir la CAF afin d’obtenir des clarifications. Dans ce contexte, l’instance continentale aurait finalement décidé de revoir sa copie.

Initialement, l’arbitrage du match Maroc–Cameroun devait être confié à l’Égyptien Amin Omar, un officiel expérimenté régulièrement désigné pour des rencontres de haut niveau sur le continent. Toutefois, selon Romain Molina, ce dernier aurait été remplacé par l’arbitre mauritanien Dahane Beida, figure bien connue de l’arbitrage africain et international, ayant déjà officié lors de plusieurs grandes compétitions sous l’égide de la CAF et de la FIFA.

Toujours selon les mêmes informations, ce changement ne serait pas encore officiellement notifié à toutes les parties concernées. La Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) n’aurait ainsi pas été informée de manière formelle de cette modification au moment où l’information a été rendue publique, ce qui pourrait alimenter de nouvelles tensions ou interrogations autour de l’organisation du match.

Cet épisode intervient dans un climat déjà marqué par de vifs débats autour de l’arbitrage, notamment après certaines décisions controversées observées lors de rencontres précédentes, dont Sénégal–Mali. Il relance une fois de plus la question de la transparence et de la communication de la CAF dans la gestion des désignations arbitrales, surtout pour des matchs à fort enjeu impliquant des nations majeures du football africain.

Réouverture du procès Prodac : Ousmane Sonko en position favorable, Mame Mbaye Niang passe à l’offensive

La justice sénégalaise s’apprête à se pencher sur une demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang dans l’affaire dite du Prodac. À la veille de cette nouvelle séquence judiciaire, le climat politique et médiatique s’est brusquement tendu. L’ancien ministre de la Jeunesse, jusque-là relativement discret, est sorti de sa réserve pour livrer une réplique cinglante à ce qu’il considère comme une offensive concertée visant à remettre en cause une décision de justice devenue définitive. Une prise de parole dense, empreinte de gravité, dans laquelle il s’emploie à démonter un à un les arguments de la défense de l’actuel Premier ministre.

Au cœur de cette bataille judiciaire se trouve la condamnation pour diffamation prononcée contre Ousmane Sonko, à la suite de déclarations accusant Mame Mbaye Niang de malversations dans la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Depuis l’accession de Sonko à la Primature, ses partisans estiment que de nouveaux éléments, notamment des rapports administratifs et des documents de contrôle, seraient de nature à justifier une révision du procès. Ils soutiennent que ces pièces, qui n’auraient pas été pleinement prises en compte à l’époque, fragilisent la base factuelle de la condamnation.

C’est précisément cette lecture que Mame Mbaye Niang rejette avec vigueur. Dans son intervention, il affirme que les documents brandis aujourd’hui ne constituent en rien des faits nouveaux au sens juridique du terme. Selon lui, certains étaient déjà connus au moment de la procédure initiale, tandis que d’autres relèveraient d’analyses postérieures sans valeur probante suffisante pour remettre en cause une décision de justice. Il insiste sur le fait que le procès n’a jamais porté sur la gestion globale du Prodac, mais exclusivement sur la capacité de l’accusé à prouver publiquement des accusations de détournement nominativement dirigées contre lui.

L’ancien ministre va plus loin en dénonçant ce qu’il décrit comme une instrumentalisation politique de la justice. À ses yeux, la demande de révision s’inscrirait moins dans une quête de vérité judiciaire que dans une stratégie visant à laver politiquement Ousmane Sonko d’une condamnation devenue encombrante. Il met en garde contre les conséquences institutionnelles d’une telle démarche, estimant qu’une remise en cause infondée d’une décision définitive pourrait affaiblir l’autorité de la justice et ouvrir la voie à une insécurité juridique préjudiciable à l’État de droit.

Face à cette contre-attaque, le camp de Ousmane Sonko affiche une confiance certaine. Ses soutiens soulignent que le contexte a profondément changé et que la réouverture du dossier constitue une opportunité pour la justice de se prononcer à la lumière de nouveaux éclairages administratifs et politiques. Ils rappellent que la procédure de révision est prévue par la loi et qu’elle n’a rien d’exceptionnel lorsqu’il s’agit de garantir un procès équitable.

Prison de Ziguinchor : un pot de « thiakry » piégé à la drogue intercepté par l’administration pénitentiaire

Une tentative d’introduction de drogue en milieu carcéral a été mise en échec à la Maison d’arrêt et de correction de Ziguinchor, mettant en lumière l’ingéniosité déployée par certains réseaux pour contourner les dispositifs de sécurité. Les faits se sont déroulés le 7 janvier dernier, lors d’un contrôle de routine mené par les éléments de l’administration pénitentiaire.

Selon des sources concordantes, les agents ont procédé à la fouille minutieuse d’un colis destiné à un détenu, parmi d’autres effets remis à l’entrée de l’établissement. À première vue, le paquet ne présentait rien d’inhabituel. Il contenait notamment un pot de « thiakry », ce dessert traditionnel à base de mil et de lait caillé, fréquemment apporté aux détenus par leurs proches.

Cependant, l’expérience et la vigilance des agents ont éveillé des soupçons. En inspectant plus attentivement le récipient, ils ont découvert qu’il renfermait une quantité de drogue soigneusement dissimulée à l’intérieur du pot, mélangée ou camouflée de manière à échapper à un contrôle superficiel. La substance illicite a immédiatement été saisie.

Le colis n’a donc jamais atteint son destinataire, et une procédure a été enclenchée afin d’identifier les auteurs et les complices de cette tentative d’introduction de produits prohibés en milieu carcéral. Une enquête interne a été ouverte, en collaboration avec les services de sécurité compétents, pour déterminer l’origine exacte de la drogue, le mode opératoire utilisé et les responsabilités engagées.

Cet incident relance la question de la circulation des stupéfiants dans les établissements pénitentiaires et souligne les défis permanents auxquels fait face l’administration pénitentiaire. À Ziguinchor comme ailleurs, les autorités assurent avoir renforcé les contrôles, tout en appelant à la collaboration des familles et des visiteurs afin de préserver la sécurité, la discipline et l’ordre au sein des prisons.

Affaire Softcare : Guy Marius Sagna exige une clarification urgente des autorités sanitaires et appelle à la suspension provisoire des produits

Ce jour, le député Guy Marius Sagna s’est rendu au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique à la tête d’une délégation citoyenne pour poser un acte fort dans le dossier dit « Softcare ». À cette occasion, il a procédé au dépôt collectif de lettres de protestation accompagnées d’une pétition, exigeant une prise de parole immédiate et sans ambiguïté des autorités sanitaires sur la situation entourant les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés de cette marque.

Selon le parlementaire, le silence observé par le ministre de la Santé depuis le 18 décembre 2025 est particulièrement préoccupant. Il estime que cette absence de communication officielle, dans un contexte marqué par des interrogations sur la conformité sanitaire des produits Softcare, expose inutilement les femmes et les nourrissons à des risques potentiels. Pour Guy Marius Sagna, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple différend administratif et touche directement à la protection de la santé publique.

Au cœur de ses accusations figure le rôle de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP). Le député soutient que cette structure aurait autorisé l’utilisation des produits Softcare avant même la réception complète des rapports d’inspection émanant des services compétents. Il affirme que ces rapports, transmis ultérieurement, auraient contredit le communiqué initial de l’ARP en précisant que les corrections exigées n’avaient pas encore été effectuées. Dans ces conditions, les produits concernés seraient, selon lui, impropres à la consommation jusqu’à nouvel ordre.

Cette succession d’événements soulève, aux yeux du parlementaire, de sérieuses interrogations sur la gestion globale du dossier et sur le respect des procédures de contrôle sanitaire. Il s’interroge notamment sur les responsabilités engagées et sur les garanties réellement offertes aux consommateurs, en particulier aux catégories les plus vulnérables que sont les femmes et les bébés.

Face à ce qu’il considère comme une situation à risque, Guy Marius Sagna invoque le principe de précaution. Il appelle le ministre de la Santé à s’adresser directement aux Sénégalais afin de dire clairement s’il est sûr ou non de continuer à utiliser les produits Softcare. En attendant ces éclaircissements officiels, il estime que la prudence doit prévaloir et justifie ainsi son appel à la suspension provisoire de l’utilisation des serviettes hygiéniques et couches pour bébés de la marque.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°645 – 09/01/2026

🔴 QUESTION DE LA DETTE PUBLIQUE ET RESTRUCTURATION ÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL : SONKO « DÉFIE » LE FMI
🔴 CRÉATION PAR LE GOUVERNEMENT DU CNRM EN LIEU ET PLACE DU CNRA : L’APPEL APPROUVE MAIS…

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, THIAW–SAINTFIET, LE DUEL DES MOTS AVANT LE CHOC

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : entre fortes attentes et crispations persistantes dans le centre du Sénégal

Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide bat son plein dans le centre du pays, les attentes des producteurs demeurent élevées et les tensions bien réelles. À Kaolack, l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), pôle Centre, dresse un tableau contrasté de la situation, saluant l’implication de l’État tout en dénonçant des dysfonctionnements locaux jugés préoccupants.

La récente tournée du Premier ministre, Ousmane Sonko, consacrée à la filière arachidière, a été perçue comme un signal politique fort par de nombreux acteurs ruraux. Selon l’UNCS, cette descente sur le terrain a ravivé l’espoir d’une meilleure prise en compte des réalités vécues par les producteurs, souvent confrontés à des difficultés structurelles dans l’écoulement de leur production.

« La proximité avec les paysans et l’écoute directe de leurs préoccupations constituent une étape essentielle vers des solutions durables », estime Adnane Dème, coordonnateur du pôle Centre de l’UNCS. Pour l’organisation, la réussite de la campagne ne saurait toutefois se limiter à des annonces, mais doit s’appuyer sur une gouvernance plus juste et plus efficace de la filière.

Une filière encore fragilisée

Sur le terrain, les griefs persistent. Le non-respect du prix plancher, l’insuffisance de points de collecte fonctionnels, les lenteurs administratives et certaines pratiques spéculatives continuent de fragiliser les petits producteurs. Autant de manquements que l’UNCS juge incompatibles avec les objectifs affichés de relance de la filière et de justice sociale en milieu rural.

Au-delà des dysfonctionnements techniques, le climat dans certaines zones suscite également des inquiétudes. À Nioro du Rip, des producteurs dénoncent des comportements qu’ils qualifient d’intimidants de la part d’un responsable administratif local. Des témoignages font état d’une atmosphère de crainte, notamment dans les villages de Thiaré et Diguiraye, affectant la sérénité du déroulement de la campagne agricole.

La question de la confiance entre l’État et les producteurs

Pour l’UNCS, ces accusations, si elles venaient à être confirmées, soulèveraient un problème plus large : celui de la relation de confiance entre l’administration et les paysans. « Toute dérive contraire à l’éthique du service public fragilise la confiance et compromet les efforts de réforme engagés », alerte l’organisation.

Face à cette situation, l’UNCS appelle les autorités compétentes à agir rapidement afin de garantir la protection des producteurs et de restaurer un climat apaisé. Elle plaide également pour un encadrement administratif plus humain, axé sur l’accompagnement et le dialogue plutôt que sur la contrainte.

Vers une campagne apaisée ?

Malgré les tensions relevées, l’organisation se veut résolument constructive. Elle réaffirme sa disponibilité à travailler avec les services techniques de l’État et l’ensemble des acteurs de la filière, dans l’optique de parvenir à une campagne de commercialisation de l’arachide équitable, transparente et bénéfique pour les producteurs.

Entre volontarisme politique affiché et réalités parfois difficiles sur le terrain, la campagne arachidière 2025 apparaît ainsi comme un test majeur, tant pour la réforme de la filière que pour la crédibilité de l’action publique en milieu rural.

Kaolack : une initiative sportive ambitieuse pour faire du sport un levier de développement local

Kaolack, ville carrefour du centre du Sénégal, a vu naître un centre de formation sportive et éducative dénommé « Académie Nianthio Études et Sports ».

Cette initiative sportive novatrice est portée par Modou Biaye et Bassirou Biaye. Les deux promoteurs ambitionnent de faire du sport un véritable outil de développement économique, social et éducatif dans la zone centre du pays.

« Cette initiative vise à promouvoir la pratique sportive comme facteur d’inclusion sociale, de cohésion communautaire et de lutte contre l’oisiveté. Le sport ne doit plus être perçu uniquement comme un loisir, mais comme un vecteur stratégique de développement local », a souligné Modou Biaye, joint au téléphone depuis l’étranger.

Selon lui, à Kaolack et dans toute la zone centre, le sport peut créer des opportunités, révéler des talents, favoriser l’entrepreneuriat sportif et renforcer la paix sociale.

Dans la même dynamique, Bassirou Biaye, face à la presse, a insisté sur l’importance d’accompagner la jeunesse à travers des cadres structurés et durables.

« Cette initiative s’inscrit dans une vision à long terme. Il s’agit de bâtir un écosystème sportif capable de contribuer à l’économie locale, à l’éducation citoyenne et à l’employabilité des jeunes », a-t-il déclaré.

Il a également précisé que les jeunes encadrés par l’académie sont encouragés à maintenir de bons résultats scolaires pour pouvoir participer aux activités sportives. Selon lui, le sport constitue un puissant facteur de motivation pour les enfants, qui comprennent que leur réussite sportive est indissociable de leur réussite scolaire. Dans une zone confrontée au chômage des jeunes et à l’exode rural, de telles initiatives offrent une alternative saine à l’oisiveté.

Au-delà de l’aspect sportif, les initiateurs entendent fédérer les collectivités territoriales, les partenaires institutionnels et le secteur privé autour d’un projet inclusif, où le sport devient un véritable levier de transformation sociale. Parmi les axes majeurs du programme figurent notamment la détection de jeunes talents, la formation d’encadreurs sportifs et l’organisation régulière de compétitions régionales.

Sénégal–Mauritanie : une coopération renforcée autour des ressources, du commerce et des secteurs stratégiques

En visite officielle de 48 heures au Sénégal, le Premier ministre mauritanien, El Moctar Ould Djay, a coprésidé avec son homologue sénégalais, Ousmane Sonko, une séance de travail sanctionnée par un communiqué conjoint marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération bilatérale entre Dakar et Nouakchott. Les échanges ont porté sur plusieurs secteurs clés, avec une volonté clairement affirmée d’approfondir l’intégration économique et de promouvoir un développement durable et concerté.

Dans le secteur minier, les deux pays ont réaffirmé leur engagement commun à améliorer la gouvernance et à promouvoir une exploitation responsable et durable des ressources naturelles. Une attention particulière a été accordée à la traçabilité des productions minières et à la protection de l’environnement, notamment dans le domaine sensible de l’orpaillage artisanal et semi-industriel, souvent source de dégradations écologiques et de tensions sociales. Dakar et Nouakchott entendent ainsi harmoniser leurs approches afin de mieux encadrer les activités minières transfrontalières et d’en maximiser les retombées économiques tout en limitant les impacts négatifs.

Sur le plan industriel, les discussions ont mis en avant une vision partagée axée sur la transformation locale des ressources. Les deux parties ont souligné l’importance du développement des chaînes de valeur, du renforcement du contenu local et du transfert de compétences, dans une logique de création d’emplois durables et de valeur ajoutée pour les économies nationales. Cette orientation s’inscrit dans une volonté commune de rompre avec l’exportation brute des matières premières et de favoriser l’industrialisation régionale.

Les relations commerciales ont également occupé une place centrale dans les échanges. Les délégations se sont félicitées de la signature récente de l’accord de coopération commerciale entre les deux pays et ont convenu d’accélérer la mise en place du comité mixte de coopération commerciale prévu par cet instrument. La levée de la pratique de la rupture de charge depuis novembre 2025, combinée à la création d’un bureau de fret et au déploiement d’une plateforme numérique de gestion des échanges, est appelée à améliorer significativement la fluidité des échanges et à stimuler le commerce bilatéral.

Au-delà des questions économiques, la coopération sectorielle a été élargie à des domaines essentiels pour les populations. Dans le secteur de la pêche, le Sénégal et la Mauritanie ont entériné la reconduction du protocole bilatéral pour une durée de douze mois. Ils ont également décidé d’élargir leur collaboration à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, à la promotion de l’aquaculture et au renforcement du contrôle sanitaire des produits halieutiques, afin de préserver les ressources marines et garantir la qualité des produits destinés aux marchés.

Face à la progression préoccupante de la fièvre de la vallée du Rift dans la sous-région, les deux pays ont appelé à un renforcement de la coopération sanitaire. Les échanges ont insisté sur la nécessité d’une mutualisation accrue des moyens de réponse, avec un accent particulier sur la prévention, la sensibilisation et l’information des populations, afin de limiter les risques sanitaires et économiques liés à cette maladie.

Enfin, Dakar et Nouakchott ont convenu du lancement prochain d’un projet régional d’intégration et de modernisation des filières d’élevage. Ce projet sera centré sur la gestion de la transhumance transfrontalière, la promotion de l’autosuffisance en lait et la maîtrise de l’alimentation du bétail. Il s’accompagnera de la réactivation des mécanismes de suivi et de concertation existants, dans l’objectif d’assurer une mise en œuvre efficace, coordonnée et durable.

Touba : le Khalife Général des Tidianes apporte un soutien de 50 millions FCFA aux travaux de la Grande Mosquée

Les travaux de rénovation et d’embellissement de la Grande Mosquée de Touba, engagés à l’initiative du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, viennent de bénéficier d’un appui aussi important que symbolique. Le khalife général des tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a en effet dépêché une délégation officielle à Touba pour remettre une contribution financière de 50 millions de francs CFA destinée à soutenir ce vaste chantier religieux.

La délégation, porteuse du message de fraternité du guide tidiane, a été reçue dans une atmosphère empreinte de respect et de communion spirituelle. À travers ce geste, Serigne Babacar Sy Mansour a tenu à marquer son attachement aux valeurs d’unité, de solidarité et de coopération entre les différentes confréries musulmanes du Sénégal, au-delà des appartenances spirituelles.

Très touché par cette initiative, le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé sa profonde gratitude à son homologue tidiane. Le patriarche de Darou Miname a salué un acte « hautement significatif », qu’il considère comme une illustration éclatante de la fraternité qui unit les grandes familles religieuses du pays. Selon lui, ce soutien financier dépasse sa portée matérielle pour revêtir une dimension spirituelle et symbolique forte, à un moment où la cohésion sociale et religieuse demeure un enjeu majeur.

Les travaux en cours à la Grande Mosquée de Touba visent à renforcer la capacité d’accueil et à préserver le caractère architectural et spirituel de ce haut lieu de l’islam sénégalais, qui accueille chaque année des millions de fidèles, notamment lors du Grand Magal. L’appui de la communauté tidiane vient ainsi renforcer une dynamique collective autour de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine religieux national.

Ousmane Sonko rejette toute restructuration de la dette et défend la stratégie de redressement économique du Sénégal

En marge de la visite officielle de travail et d’amitié de son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, effectuée ce jeudi au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé avec fermeté la position du gouvernement sénégalais : il n’est pas question d’accepter une restructuration de la dette publique. Une déclaration sans ambiguïté, faite dans un contexte économique particulièrement tendu, marqué par une dette estimée à 119 % du produit intérieur brut et un déficit budgétaire avoisinant les 13 %.

Face à cette situation qu’il a lui-même qualifiée de « presque catastrophique », le chef du gouvernement a tenu à défendre la stratégie de redressement engagée par les nouvelles autorités. Devant la presse, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots en revenant sur la gestion de l’ancien régime, qu’il accuse d’avoir gravement compromis l’avenir du pays pour des « considérations purement politiciennes et électoralistes ». Selon lui, la gravité de la situation financière actuelle n’est plus sujette à débat, les chiffres étant désormais établis et validés aussi bien par les institutions nationales que par les partenaires bilatéraux et multilatéraux. « Aucun homme politique ne voudrait avoir le pays dans cette situation », a-t-il déclaré, en réponse à une question d’une journaliste.

Loin de tout fatalisme, le Premier ministre a lancé un appel à la mobilisation nationale. Il a invité les Sénégalais à consentir aux sacrifices nécessaires pour « remettre définitivement le pays sur les rails ». Dans cette optique, il a détaillé les principales mesures prises par le gouvernement, notamment un vaste programme de rattrapage budgétaire, accompagné d’une rationalisation rigoureuse des recettes et des dépenses publiques.

Le budget 2025, selon lui, illustre concrètement ces efforts, avec une réduction significative des dépenses de fonctionnement de l’État. Ousmane Sonko a également annoncé que les réformes structurelles en cours devraient permettre de dégager des ressources additionnelles importantes, estimées à 960 milliards de francs CFA à l’horizon 2026, un montant appelé à augmenter davantage en 2027.

Sur le plan de la dette, le chef du gouvernement s’est félicité des résultats obtenus en matière de refinancement. Il a souligné que le Sénégal est parvenu à refinancer sa dette essentiellement sur le marché régional, et ce, sans recourir à de nouveaux emprunts depuis plus d’un an et demi, malgré l’existence d’échéances de remboursement importantes. « Nous considérons que nos projections, aussi bien de croissance que de recettes, sont raisonnables », a-t-il assuré, précisant que ces projections ont été validées par l’ensemble des partenaires du pays, y compris le Fonds monétaire international.

Toutefois, Ousmane Sonko n’a pas manqué de rappeler la « part de responsabilité » du FMI dans la situation actuelle, tout en soulignant que l’institution continue d’être présente au Sénégal à travers ses missions de supervision. Un rappel qui traduit une volonté de dialogue, mais aussi une affirmation claire de la souveraineté des choix économiques du pays.

Enfin, le Premier ministre a tenu à insister sur le caractère unanime et inflexible de la position gouvernementale concernant la restructuration de la dette. « Nous ne pouvons pas comprendre qu’on veuille nous imposer une restructuration », a-t-il martelé, avant de préciser qu’il ne s’agit nullement d’une position personnelle. « Ce n’est pas une position de Ousmane Sonko, mais celle du président de la République et du gouvernement tout entier. Et nous comptons y rester », a-t-il affirmé avec fermeté.

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