L’affaire Premier Bet connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon les révélations du journal Libération, le juge du 3e cabinet financier a officiellement activé la Division des investigations criminelles (DIC) pour l’exécution de deux mandats d’amener émis contre Joris Dutel et Frank Attal, deux figures centrales dans ce dossier de blanchiment de capitaux présumé.
Ces derniers sont cités dans une procédure lourde de conséquences, déclenchée à la suite du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce document avait mis en lumière de sérieux soupçons de fraude fiscale, de blanchiment d’argent, de conflits d’intérêts et d’abus de biens sociaux au sein de Premier Bet Sénégal, société détenue par le groupe Editec.
Déjà impliqué dans une autre affaire de fraude fiscale en cours devant le même cabinet, Joris Dutel fait l’objet d’un placement sous bracelet électronique. C’est justement ce dispositif qui l’a contraint à anticiper la mesure du juge. Il s’est donc présenté de lui-même devant le magistrat instructeur, accompagné de ses avocats, arguant de son impossibilité matérielle de fuir le territoire en raison du contrôle judiciaire strict auquel il est soumis. Son inculpation dans le dossier Premier Bet est d’ores et déjà prévue pour la semaine prochaine.
En revanche, la situation est bien différente pour Frank Attal. Les vérifications menées par la police judiciaire ont confirmé qu’il n’a plus foulé le sol sénégalais depuis octobre 2019. Cette absence prolongée pourrait précipiter l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, une option désormais à l’étude dans les bureaux du juge en charge du dossier.
Le parquet financier avait saisi la justice à la suite du rapport accablant de la Centif, demandant l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment de capitaux à travers des pratiques de conflits d’intérêts, de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux. Le dossier est depuis entre les mains du juge du 3e cabinet, qui accélère visiblement la cadence des procédures.
Ce développement marque un durcissement dans la gestion de ce dossier emblématique, alors que les montages financiers et les pratiques de gestion de Premier Bet sont désormais scrutés sous l’angle de la criminalité économique organisée. Reste à savoir si la coopération judiciaire internationale permettra de mettre la main sur Frank Attal, dont le rôle semble aussi déterminant que celui de Dutel dans cette affaire aux ramifications transnationales.
Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.
Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.
Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.
Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.
Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.
Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.
L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.
Une cérémonie officielle de remise de clés s’est tenue ce jeudi 19 juin 2025 au Camp pénal de Liberté 6, marquant un tournant significatif pour l’administration pénitentiaire du Sénégal. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a présidé l’événement au cours duquel 4 camions hydro-cureurs, 19 bus cellulaires aménagés, 5 ambulances médicalisées, 46 véhicules pick-up 4×4 et 2 camions-citernes à eau ont été remis aux directeurs des 37 établissements pénitentiaires du pays.
Cette dotation vise à renforcer les capacités opérationnelles des chefs d’établissement pénitentiaire, en leur permettant de mieux remplir leurs missions dans des conditions plus dignes et efficaces. À cette occasion, l’inspecteur Aliou Ciss, Directeur général de l’administration pénitentiaire, a exprimé sa reconnaissance envers le ministre Ousmane Diagne, soulignant que ces équipements arrivent à point nommé.
« Cette dotation marque une avancée majeure. Elle vient renforcer nos capacités et améliorer significativement la mobilité, les conditions de travail et la performance du personnel pénitentiaire », a déclaré l’inspecteur Ciss.
Il a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2050, le référentiel national de politique publique, qui intègre la modernisation de la justice et l’amélioration des conditions de détention.
Dans son discours, le ministre Ousmane Diagne a tenu à féliciter la Direction générale de l’administration pénitentiaire pour « l’engagement constant et le travail remarquable » accompli au quotidien dans la mission de service public, de sécurité et de réinsertion sociale des détenus.
« Le gouvernement, à travers le référentiel Sénégal 2050, ambitionne de bâtir un pays souverain, juste et prospère. Cela passe notamment par des services publics renforcés, y compris dans le domaine pénitentiaire », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité d’un bon usage de ces moyens logistiques, dans le respect des droits des détenus et des exigences de sécurité. La dotation répond, selon lui, à un besoin urgent en matière de mobilité, de sécurité et de gestion humaine des établissements pénitentiaires.
Le ministre a reconnu les difficultés persistantes dans le système carcéral, notamment les infrastructures vétustes, le manque de ressources humaines et financières, ainsi que la surpopulation carcérale. Il a toutefois réaffirmé l’engagement de l’État à travers un vaste programme de réformes axé sur la modernisation de la justice, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, et l’amélioration des conditions de travail du personnel.
« La mise en œuvre de ces réformes permettra de renforcer les capacités stratégiques et opérationnelles de l’administration pénitentiaire, désormais érigée en direction générale conformément au décret n°2023-679 du 23 mars 2020 », a précisé le ministre.
En conclusion, le ministre Ousmane Diagne a exhorté les responsables des établissements à veiller à l’entretien et à l’utilisation optimale des véhicules reçus. Il a souligné que, dorénavant, chaque directeur de prison disposera d’un véhicule de service, ce qui constitue un pas important vers une gestion plus moderne, plus humaine et plus sécurisée du système carcéral sénégalais.
La tension continue de monter entre les États-Unis, l’Iran et Israël. Dans une déclaration musclée faite ce matin depuis la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a réaffirmé son exigence d’une « reddition inconditionnelle » de la République islamique d’Iran, en plein conflit avec l’État hébreu.
« J’en ai assez », a lancé le président américain devant la presse, dénonçant l’attitude de Téhéran et accusant ses dirigeants d’alimenter l’instabilité régionale. Donald Trump a indiqué que des émissaires iraniens avaient « envisagé de venir à la Maison Blanche » pour discuter, mais il a rapidement écarté toute solution diplomatique à court terme sans capitulation totale de la part de l’Iran.
Face à cette pression grandissante, l’Ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique âgé de 86 ans, a opposé une fin de non-recevoir catégorique. « Cette nation ne se rendra jamais à l’imposition de qui que ce soit », a-t-il martelé, dans une rare déclaration publique empreinte de défiance.
Le bras de fer entre Washington et Téhéran intervient dans un contexte de guerre ouverte entre l’Iran et Israël, marquée par des échanges de tirs, des frappes ciblées et une rhétorique toujours plus belliqueuse des deux camps. Les États-Unis, fidèle allié d’Israël, affichent un soutien total à l’État hébreu, tandis que l’Iran, isolé diplomatiquement, refuse de plier.
Saly, le 19 juin 2025 – Une vaste opération menée par les éléments du commissariat urbain de Saly, sous la direction du commissaire Oumar Mbaye, a permis de neutraliser un réseau criminel impliqué dans des vols nocturnes, du recel et du trafic de drogue.
Tout est parti de la plainte déposée le 13 juin dernier par un ressortissant français, victime d’un cambriolage au cours duquel son iPhone avait été dérobé. Grâce à la géolocalisation de l’appareil, les enquêteurs ont rapidement pu remonter la piste des malfaiteurs.
Les investigations ont conduit à l’arrestation de cinq individus. Parmi eux, un certain M. Cissé, qui a reconnu sa participation à plusieurs vols et dénoncé ses complices. Les perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête ont permis de mettre la main sur plusieurs objets volés, confirmant les aveux du principal suspect.
Les mis en cause ont été déférés ce jeudi devant le parquet de Mbour, où ils devraient être poursuivis pour association de malfaiteurs, vols en réunion, recel et détention de produits stupéfiants.
Une vive tension secoue le lycée Jules Sagna de Thiès depuis ce matin, où des élèves, principalement issus des classes de seconde, ont décidé de boycotter leurs compositions en signe de protestation contre l’arrestation d’une quinzaine de leurs camarades. Ces derniers sont soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de fuites portant sur l’épreuve d’histoire-géographie.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’ambiance était électrique dès les premières heures de la journée. Les élèves grévistes ont refusé d’accéder aux salles de composition et ont rapidement élargi leur mouvement en se rendant dans d’autres établissements de la ville pour déloger leurs camarades, perturbant ainsi le déroulement normal des cours à l’échelle de la commune.
La réaction des forces de l’ordre n’a pas tardé. Déployée en urgence, la police a procédé à la dispersion des manifestants, rétablissant progressivement l’accès aux établissements scolaires. Toutefois, la situation reste tendue, et certains élèves continuent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Les élèves arrêtés ont passé leur première nuit au commissariat du 1er arrondissement de Thiès. Selon des sources proches de l’enquête, ils sont entendus dans le cadre d’une instruction ouverte sur une présumée fuite organisée durant les épreuves en cours. Aucun détail officiel n’a encore été communiqué sur les circonstances exactes de cette tricherie, ni sur les responsabilités établies.
Du côté des parents, l’inquiétude grandit. Plusieurs d’entre eux se sont rendus devant le commissariat pour exiger des explications et demander la libération de leurs enfants. Des voix s’élèvent également dans la société civile et au sein de syndicats d’enseignants pour appeler à l’apaisement, tout en insistant sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire.
En attendant, les cours sont suspendus dans plusieurs lycées de la ville et l’administration du lycée Jules Sagna tente de rétablir le calme. Une réunion de crise serait prévue dans les prochaines heures entre autorités académiques, forces de sécurité et représentants des élèves afin de trouver une issue à la crise.
Nouveau rebondissement judiciaire dans le très médiatisé dossier de détournement présumé à la Loterie nationale sénégalaise (Lonase). Ce jeudi 19 juin 2025, la Chambre pénale de la Cour suprême du Sénégal a cassé et annulé l’arrêt rendu par la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar, daté du 26 mars 2025, qui avait accordé une liberté provisoire sous surveillance électronique à Lat Diop, ancien directeur général de l’institution.
La haute juridiction a ainsi donné gain de cause au parquet général, qui avait introduit un pourvoi en cassation contre cette décision d’élargissement. Elle confirme donc la détention de Lat Diop, déjà incarcéré depuis le 26 septembre 2024 dans le cadre d’une enquête portant sur un vaste scandale financier.
Le parquet contestait la remise en liberté de l’ex-patron de la Lonase, estimant que les garanties présentées par la défense ne suffisaient pas à écarter les risques de fuite, de subornation de témoins ou de trouble à l’ordre public. L’argumentation a été retenue par la Cour suprême, qui a invalidé l’arrêt favorable rendu par la Chambre d’accusation financière et relancé les débats autour de cette affaire au parfum de scandale d’État.
Lors de l’audience du jour, les avocats de Lat Diop — Mes Abdou Dialy Kane, Seydou Diagne, Souleymane Soumaré, Alioune Badara Fall et Amadou Dionewar Soumaré — ont pourtant tenté de faire barrage au pourvoi. Ils ont plaidé le caractère infondé du recours du parquet et la régularité de la décision de mise en liberté. En vain. La Cour suprême, en annulant la mesure de liberté provisoire, a confirmé la ligne dure adoptée par la justice dans ce dossier tentaculaire.
Lat Diop est poursuivi pour détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux. Le montant des sommes en jeu est estimé à 8 milliards de francs CFA, selon une plainte déposée par Mouhamed Dieng, administrateur de la société de paris en ligne 1xBet Sénégal. L’affaire, révélée en septembre 2024, a fortement secoué l’opinion publique et mis en lumière les pratiques opaques dans certaines sphères de la gestion des entreprises publiques.
Depuis le déclenchement de la procédure, la défense a multiplié les recours pour obtenir la mise en liberté de leur client, invoquant son état de santé et l’absence de preuves matérielles suffisantes. Mais les magistrats du Pool judiciaire financier, puis maintenant la Cour suprême, ont opté pour la prudence, préférant maintenir la détention préventive en attendant l’issue de l’instruction.
Incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA, l’ex-ministre des Mines engage une riposte judiciaire.
L’affaire Sophie Gladima connaît un nouveau rebondissement. Les avocats de l’ex-ministre des Mines et de la Géologie ont déposé, ce mercredi 18 juin, une requête en mainlevée du mandat de dépôt et en mise en liberté provisoire de leur cliente. Une démarche entreprise au lendemain de son audition au fond par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 21 mai dernier, la maire de Joal est poursuivie pour détournement présumé de deniers publics portant sur un montant de 73 millions de francs CFA. Une somme issue du fonds Force Covid-19 et destinée à financer la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou, en faveur des orpailleurs affectés par la pandémie. Problème : selon la Cour des comptes, le projet n’a jamais été réalisé, bien que les fonds aient été versés à l’adjudicataire du marché.
Dans un mémoire de 11 pages cité par le journal L’Observateur, les conseils de Sophie Gladima contestent vigoureusement les accusations. Ils affirment que leur cliente n’a jamais été directement mise en cause dans le rapport de la Cour des comptes. Selon eux, son rôle s’est limité à l’approbation des contrats, bien avant tout processus de contrôle, de vérification des prestations ou de paiement.
Mieux encore, les avocats dénoncent une « grave erreur » de droit. Ils reprochent à la Cour des comptes d’avoir fondé une partie de ses accusations sur les articles 89 et 101 du décret sur la comptabilité publique — un texte abrogé depuis avril 2020. À la date du rapport, le décret en vigueur était le n°2020-987 du 23 avril 2020, selon la défense. Une faille juridique qui, si elle est avérée, pourrait fragiliser la procédure engagée contre l’ancienne ministre du gouvernement de Macky Sall.
En attendant la décision de la justice, Sophie Gladima reste incarcérée. Mais avec cette contre-offensive juridique, ses avocats espèrent obtenir un réexamen rapide de sa situation et, à terme, une liberté provisoire.
Le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal a apporté ce mercredi une mise au point ferme face aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, insinuant que le pays serait financé par la Côte d’Ivoire à travers le Marché des Titres Publics (MTP) de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
Dans un communiqué officiel, le ministère qualifie ces affirmations de « totalement erronées » et précise qu’elles traduisent une mauvaise compréhension du fonctionnement du marché régional de la dette publique.
Le Marché des Titres Publics de l’UEMOA permet aux États membres d’émettre des bons et obligations du Trésor afin de financer leurs besoins budgétaires à court et moyen terme. Ce mécanisme repose sur des règles uniformes et une totale intégration financière entre les huit pays de l’union monétaire.
« Il n’existe aucune distinction entre les titres selon leur pays d’émission, ni entre les investisseurs selon leur pays d’établissement », rappelle le ministère, soulignant que cette architecture régionale favorise la solidarité économique et l’approfondissement des marchés financiers dans la sous-région.
Le communiqué du ministère insiste sur le rôle d’intermédiaire joué par les banques agréées, qui souscrivent aux titres publics pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients. La localisation géographique de ces établissements – qu’ils soient à Abidjan, Dakar ou ailleurs – ne reflète en rien la nationalité ou la résidence des investisseurs finaux.
De surcroît, les groupes bancaires opérant à l’échelle régionale peuvent canaliser des ressources d’un pays vers un autre via leurs filiales, dans le strict respect des règles du marché commun. Ainsi, une souscription réalisée depuis une banque ivoirienne ne signifie nullement un « financement par la Côte d’Ivoire ».
Le ministère rappelle également que des investisseurs basés hors de l’UEMOA participent régulièrement aux émissions de titres du Sénégal via des banques implantées dans la zone. Loin d’être un signe de dépendance, cette dynamique traduit plutôt la stabilité macroéconomique du pays et la confiance que lui accordent les marchés financiers régionaux et internationaux.
Pour conclure, le Ministère des Finances et du Budget invite les citoyens à faire preuve de discernement face à la désinformation qui circule en ligne. Il réaffirme que le cadre du marché de l’UEMOA est fondé sur des principes d’intégration, de transparence et d’équité, au service du développement collectif de ses États membres.
Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.
Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».
Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.
Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.
L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.
L’Académie de Louga s’apprête à lancer, ce mercredi, les épreuves du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) couplées au concours d’entrée en sixième, dans un climat de préparation maîtrisée. Pour cette session 2025, ce sont 15 168 élèves qui sont attendus dans les différents centres d’examen de la région, marquant une hausse notable de la participation par rapport à l’année précédente.
Cette progression de 428 candidats supplémentaires traduit, selon les autorités académiques, une dynamique encourageante dans la scolarisation et la persévérance scolaire dans la région. Mais au-delà du simple chiffre, ce qui retient l’attention cette année, c’est la nette prédominance des filles parmi les candidats. Elles représentent en effet 9 313 des inscrits, soit 59,29 % de l’effectif total, contre 5 855 garçons, soit 40,71 %. Une tendance que les responsables de l’éducation à Louga jugent « significative et porteuse d’espoir » pour l’avenir de l’égalité des chances dans l’éducation.
Sur le plan logistique, l’Académie a mobilisé 90 centres d’examen pour accueillir les candidats. L’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Louga centralise le plus grand nombre avec 6 984 candidats répartis dans 42 centres. Elle est suivie de celle de Kébémer, qui enregistre 4 504 candidats répartis dans 24 centres. L’IEF de Linguère ferme la marche avec 3 680 candidats dans également 24 centres.
Les autorités éducatives assurent que toutes les dispositions ont été prises pour garantir le bon déroulement des épreuves, tant sur le plan sécuritaire que sanitaire et logistique. Des brigades de surveillance sont mobilisées, et un encadrement renforcé est prévu pour assurer la transparence et la régularité des examens.
La session 2025 du CFEE à Louga, en plus d’être marquée par une croissance du nombre de candidats, apparaît également comme un révélateur des progrès accomplis en matière de parité dans le système éducatif. Une dynamique qui conforte les ambitions nationales de qualité, d’accessibilité et d’équité dans l’éducation.
Lors des journées de concertation sur le secteur de la presse, le président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a dressé un tableau alarmant de la situation des médias privés sénégalais, tout en dénonçant l’attitude des autorités actuelles. Selon lui, le régime issu de la 3e alternance politique a non seulement failli à ses promesses en matière de liberté de la presse, mais manifeste également une « vision politicienne » des médias, incompatible avec les exigences d’une démocratie moderne.
Dans un discours franc, Mamadou Ibra Kane a d’emblée rappelé la nécessité d’un cadre juridique pour encadrer l’activité médiatique, sans pour autant restreindre les libertés fondamentales. Il s’est dit favorable à une autorité de régulation des médias et de la publicité, à condition que celle-ci ne serve pas d’instrument de censure. « Souveraineté, oui. Régulation, oui. Mais encadrée par la loi, et non utilisée pour museler la presse », a-t-il martelé.
Il a également alerté sur les graves difficultés économiques que traverse la presse privée depuis plusieurs mois. Selon lui, de nombreuses entreprises de presse sont au bord de la faillite. Elles peinent à régler leurs charges courantes, à payer leurs salariés, à faire face aux dettes sociales et aux engagements vis-à-vis des fournisseurs. « Certains de nos confrères vivent un calvaire. Leurs enfants sont expulsés des écoles, ils sont menacés d’expulsion de leur logement, ils n’ont plus les moyens de payer les factures d’eau ou d’électricité. C’est une misère profonde », a-t-il déploré.
Pour Mamadou Ibra Kane, cette situation n’est pas uniquement le fruit d’une crise structurelle, mais aussi celui de décisions hostiles du régime en place. Il évoque une absence de dialogue, un manque de volonté politique, et une stratégie d’étouffement économique délibérée de la presse indépendante. « Depuis 15 mois, le pouvoir ne montre aucune considération pour la survie de la presse privée. Pire encore, il agit parfois en adversaire au lieu de partenaire républicain », a-t-il déclaré.
Il a aussi vivement critiqué la tentation d’un retour aux autorisations administratives pour la création de supports de presse, rappelant que cela ouvrirait la voie à un contrôle politique inacceptable. Pour lui, cette démarche traduit la vision réductrice que le pouvoir actuel a des médias : un simple levier de communication politique plutôt qu’un pilier de la démocratie.
En conclusion, Mamadou Ibra Kane a lancé un appel solennel à tous les acteurs – gouvernement, opposition, société civile, journalistes – pour bâtir ensemble un véritable État de droit, où la liberté d’expression ne serait plus un slogan, mais une réalité quotidienne. « Je dois pouvoir critiquer le président de la République sans que cela soit interprété comme une offense. Il faut que la critique redevienne possible sans représailles. C’est la seule manière d’assurer une démocratie saine et un équilibre institutionnel durable », a-t-il insisté.
Réunis en point de presse ce mercredi à Dakar, les représentants de l’opposition ayant pris part au Dialogue national ont dressé un état des lieux nuancé du processus, entre espoirs mesurés et frustrations persistantes. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du dialogue, ils pointent les limites du cadre actuel et appellent à la mise en place urgente d’un comité de suivi inclusif placé sous l’autorité du chef de l’État.
Malgré un climat politique qu’ils jugent délétère, marqué par des atteintes aux libertés fondamentales, des arrestations jugées arbitraires, et des discours parfois agressifs de la part de dirigeants de la majorité, les leaders de l’opposition affirment avoir maintenu leur engagement dans le dialogue par souci de responsabilité démocratique. Ils rappellent que les thématiques abordées – réforme électorale, renforcement de la démocratie, libertés publiques – sont cruciales pour le devenir institutionnel du Sénégal, ce qui, à leurs yeux, justifie pleinement leur participation.
Cependant, ils dénoncent un certain immobilisme du pouvoir, en particulier sur les questions liées aux libertés fondamentales. La détention de Moustapha Diakhaté, qualifiée d’« arbitraire », est citée comme l’un des exemples flagrants du fossé qui subsiste entre les discours d’ouverture et la réalité du terrain. Les opposants pointent également du doigt les multiples obstacles à l’exercice du droit de manifestation, toujours restreint dans plusieurs zones du pays, et critiquent vigoureusement le refus d’abroger les dispositions du Code pénal jugées liberticides.
Sur le plan institutionnel, le bilan des commissions est jugé contrasté. Certaines ont permis des avancées sur des accords de principe, notamment dans le domaine électoral, avec la reconnaissance du besoin de réformer le mode de scrutin et de clarifier les prérogatives des organes électoraux. L’opposition s’interroge toutefois sur la cohérence d’un système qui permet à un camp d’obtenir plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale avec à peine 54 % des voix.
La proposition d’une loi sur les partis politiques a été bien accueillie sur le fond, notamment pour encadrer la création des formations, réglementer leur financement et définir leurs droits. Mais sur la question du statut du chef de l’opposition, les désaccords ont ressurgi, rendant l’adhésion des parties encore fragile.
Là où les lignes n’ont que très peu bougé, c’est sur les libertés publiques. L’opposition accuse la majorité de s’être « reniée » en refusant d’élargir les droits de manifestation, de renforcer la protection des journalistes et des membres de la société civile, ou encore d’engager une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire des manifestations.
Pour sortir de l’impasse, les opposants appellent solennellement à la création d’un comité de suivi pluraliste et indépendant, chargé de superviser la mise en œuvre des accords obtenus et de rouvrir les discussions sur les points restés en suspens. À leurs yeux, seule une telle structure, placée sous la tutelle directe du président de la République, pourrait garantir la crédibilité du processus et éviter que les engagements pris ne tombent dans l’oubli.
Dans leur déclaration finale, les membres de l’opposition annoncent qu’ils adresseront prochainement une correspondance officielle au chef de l’État, afin de lui rappeler les engagements issus des assises nationales et de lui demander de veiller personnellement à leur application. Ils préviennent que tout passage en force serait perçu comme un désaveu du dialogue national et ouvrirait une nouvelle phase d’instabilité politique. En somme, l’opposition prévient : le temps des compromis creux est révolu.
Les journées nationales de concertation sur le secteur de la communication ont démarré ce mercredi 18 juin 2025 à Dakar, à l’initiative du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall. Une rencontre d’envergure qui rassemble pendant trois jours des journalistes, patrons de presse, régulateurs, experts institutionnels et partenaires, dans le but de repenser l’avenir du paysage médiatique sénégalais.
Présent à cette cérémonie, Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a salué l’organisation de ces concertations, qu’il inscrit dans une dynamique salutaire de paix durable par le dialogue. Mais il a surtout mis à profit son intervention pour dresser un diagnostic sans complaisance de la situation économique, sociale et morale des médias au Sénégal.
Selon lui, le modèle économique actuel des entreprises de presse est à bout de souffle. Les difficultés financières qui frappent la majorité des rédactions affectent directement leur indépendance, leur qualité éditoriale et leur résilience. Il souligne que l’écosystème n’est toujours pas favorable à la promotion du travail décent, ni à la compétitivité durable des entreprises médiatiques. D’où son appel pressant à « des concertations sincères et constructives sur le modèle économique du secteur, la transparence des financements et la juste rémunération du travail journalistique ».
Mamadou Lamine Dianté a également insisté sur la nécessité d’une régulation forte et équilibrée du secteur. Pour lui, la régulation ne doit pas être perçue comme un instrument de censure, mais comme un levier essentiel pour concilier liberté de la presse et responsabilité sociale. Dans un contexte où le cyberespace est devenu un territoire aussi libre que dangereux, il estime urgent de forger un consensus autour d’une « conscience numérique commune » qui associerait l’État, les plateformes numériques, la société civile et les citoyens dans l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire.
« Il est temps de réinventer les formes de concertation entre tous les acteurs, afin d’instaurer une gouvernance médiatique adaptée aux réalités numériques et aux mutations de notre société », a-t-il déclaré.
Sur le rôle des médias dans l’espace public, Mamadou Lamine Dianté a tenu à rappeler la vocation fondamentale de la presse dans toute démocratie : celle d’un contrepouvoir. Il appelle les professionnels à faire preuve de rigueur et de discernement, notamment dans un contexte où les attentes sont fortes, tant du côté du gouvernement que des citoyens et des acteurs politiques. « La presse doit assumer pleinement sa vocation de contrepouvoir vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire », a-t-il affirmé, en soulignant que cette mission implique pluralisme, indépendance et équilibre éditorial.
Enfin, il a mis en garde contre les effets pervers des réseaux sociaux sur la qualité de l’information et la cohésion nationale. Il plaide pour une réforme qui protège non seulement les journalistes, mais aussi les citoyens, à travers une presse crédible, intègre et soucieuse de préserver la vie privée et l’intérêt général.
En somme, l’intervention de Mamadou Lamine Dianté aura servi de plaidoyer puissant en faveur d’une presse économiquement viable, professionnellement valorisée et juridiquement protégée. Des enjeux qui, selon lui, conditionnent la vitalité démocratique et la paix sociale au Sénégal.
Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé, a dressé un constat alarmant de l’état de la presse sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture des journées de concertation du secteur de la communication. Devant les professionnels et les autorités conviées à cette rencontre, il a lancé un appel urgent pour une réforme structurelle et durable du paysage médiatique national.
« La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle est le souffle même de l’espace public », a-t-il martelé d’emblée, rappelant que la survie de la démocratie passe par la vitalité du journalisme.
Moustapha Cissé a dénoncé une situation de plus en plus intenable pour les entreprises de presse, qu’il décrit comme étranglées par des dettes croissantes, privées de ressources pérennes, exclues de la commande publique et oubliées dans les plans d’accompagnement économique. « Nombre d’entre elles sont menacées de liquidation », a-t-il alerté.
Il a évoqué un « fonds d’appui inopérant », des « contrats de publicité annulés sans mécanisme compensatoire » et des créances que l’État tarde à régler. Des défaillances qui compromettent l’équilibre économique des organes de presse et accentuent leur vulnérabilité.
Le tableau humain n’est pas plus reluisant. Le SG du Synpics a pointé du doigt la précarité grandissante dans les rédactions : licenciements massifs, salaires impayés, absence de couverture sociale, démotivation généralisée. Il a aussi évoqué un phénomène de « fuite des cerveaux », soulignant que de nombreux journalistes expérimentés abandonnent le métier pour des raisons de survie. « Il y a dans ce paysage un exode silencieux, un désenchantement républicain, un effritement du devoir d’informer », a-t-il souligné avec gravité.
Pour Moustapha Cissé, l’immobilisme de l’État est désormais perçu comme une forme de complicité. « Ce que le CAP soutient aujourd’hui, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire, mais il ne reste pas beaucoup de marge », a-t-il prévenu.
Le leader syndical plaide pour des réformes urgentes, profondes et consensuelles. En tête des priorités figure la refonte complète du Code de la presse, jugé obsolète. « Ce code, adopté en 2017 sur la base d’un texte datant de 2010, est déconnecté des réalités actuelles : il ne prend pas en compte le numérique, les mutations sociologiques ni la transformation globale du paysage médiatique », a-t-il argumenté. Pire, selon lui, « il contient encore des articles liberticides qui permettent de restreindre la liberté de la presse au lieu de la protéger ».
Autre exigence forte : la mise en place d’une instance unique et indépendante de régulation des médias, en remplacement d’organes actuels jugés inefficaces. Le CNRA, selon lui, ne joue plus pleinement son rôle. Il appelle à une autorité crédible, dotée de moyens et de légitimité pour superviser l’ensemble des supports, dans le respect des libertés fondamentales.
Sur le plan économique, Moustapha Cissé estime que la presse doit bénéficier d’un traitement fiscal spécifique, au même titre que des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé ou l’éducation. « La presse n’est pas un commerce. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite des exonérations ciblées, un étalement des dettes, un accès au crédit d’équipement. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau », a-t-il défendu.
Le Synpics propose également la création d’un fonds spécial de transformation numérique, destiné à accompagner les médias dans l’acquisition de matériel moderne, la transition digitale, la sécurisation des données et la formation aux nouveaux formats.
À travers cette intervention musclée, le Synpics cherche à provoquer un sursaut collectif. Car derrière l’affaiblissement économique et institutionnel de la presse sénégalaise, c’est la qualité de l’information, la pluralité des voix et, in fine, la démocratie elle-même qui sont menacées.
Le Sénégal fait face à une crise persistante en matière de sécurité routière. Le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Atoumanę Sy, a dressé un tableau préoccupant de la situation, révélant que le pays enregistre chaque année en moyenne 5 200 accidents de la circulation, entraînant 745 décès et environ 8 500 blessés graves.
Intervenant à l’émission Salam Sénégal sur Radio Sénégal International (RSI), M. Sy a précisé que ces accidents engendrent un coût économique estimé à 163 milliards de francs CFA par an, soit entre 4 et 5 % du Produit intérieur brut (PIB). Un fardeau qui pèse lourdement sur l’économie nationale et qui reflète l’ampleur des pertes humaines et matérielles liées à l’insécurité routière.
Selon le patron de l’Anaser, 90 % de ces accidents sont causés par des facteurs humains : l’excès de vitesse, les comportements imprudents, la fatigue ou encore la conduite sans permis. Il a relativisé l’impact des facteurs techniques et infrastructurels dans la survenue des drames routiers : seulement 7 % sont dus à des véhicules défectueux et 3 % à l’état des routes.
Le Directeur général a également pointé du doigt les utilisateurs de deux-roues, très exposés aux dangers de la circulation. Ils seraient impliqués dans 38 % des accidents, avec une majorité de conducteurs circulant sans formation adéquate ni permis de conduire. Un constat qui pousse l’Anaser à intensifier ses actions de prévention ciblées, en particulier dans les zones à forte affluence comme les gares routières.
Pour faire face à cette hécatombe, l’Anaser mise sur la sensibilisation de proximité, en multipliant les campagnes d’éducation routière et en insistant sur la responsabilité individuelle des usagers. « La lutte contre l’insécurité routière ne se gagnera pas seulement par des mesures coercitives, mais aussi par un changement profond de comportements », a insisté Atoumanę Sy.
À l’heure où le gouvernement intensifie les efforts pour moderniser les infrastructures de transport et structurer le secteur des mobilités, l’appel de l’Anaser souligne l’urgence d’impliquer tous les acteurs – conducteurs, piétons, autorités locales et partenaires – dans un combat commun contre la violence routière, devenue l’un des fléaux majeurs du pays.
La Banque mondiale vient d’approuver un important financement de 100 millions de dollars, soit plus de 56 milliards de francs CFA, en faveur du Sénégal, à travers l’Association internationale de développement (IDA). Cette enveloppe est destinée à soutenir un ambitieux projet de transformation de la mobilité urbaine, en particulier dans l’agglomération de Dakar, mais aussi dans plusieurs villes secondaires du pays.
Intitulé « Projet de mobilité urbaine durable à Dakar », ce programme marque un tournant stratégique dans la politique de transport du Sénégal. Il vise à créer un système intégré de transport moderne, combinant le Train Express Régional (TER), le Bus Rapid Transit (BRT) et des lignes de bus restructurées et hiérarchisées. L’objectif est de décongestionner Dakar, d’améliorer l’accessibilité des quartiers périphériques et d’optimiser les trajets urbains pour près de 3,8 millions de personnes.
L’un des volets majeurs du projet est la professionnalisation des acteurs du transport informel. La majorité des déplacements urbains au Sénégal repose sur un réseau de mini-bus, souvent vétuste et mal organisé. Le projet entend formaliser ce secteur en mettant en place des formations structurées, en soutenant le renouvellement des flottes de véhicules et en favorisant l’intégration des transporteurs informels dans un cadre légal, garantissant à terme une meilleure protection sociale et des parcours professionnels plus durables.
Au-delà de l’aspect social, le projet accorde une place centrale aux enjeux environnementaux. Les nouvelles infrastructures seront conçues selon des normes de résilience climatique, incluant des dispositifs renforcés de drainage pour prévenir les inondations récurrentes à Dakar. Le recours à des autobus à faibles émissions s’inscrit dans la volonté de réduire l’empreinte carbone du transport urbain tout en améliorant la qualité de l’air.
Ce programme de mobilité durable s’inscrit dans la Vision 2050 du Sénégal, qui prévoit un développement harmonieux, durable et équitable du territoire. Il s’appuie également sur des partenariats public-privé jugés essentiels pour accélérer la réalisation d’infrastructures de grande envergure et garantir leur viabilité économique. En plus de l’amélioration immédiate de la circulation à Dakar, le projet prépare déjà le terrain pour une deuxième phase, avec des études prévues pour une seconde ligne BRT et des investissements à venir dans d’autres centres urbains.
Keiko Miwa, directrice de la division Sénégal de la Banque mondiale, a salué cette initiative qu’elle considère comme un catalyseur de transformation. Elle a souligné que ce projet offrira des opportunités économiques à des millions de Sénégalais, tout en apportant une réponse concrète à l’un des défis majeurs des grandes métropoles africaines : la mobilité urbaine.
Ce financement de plus de 56 milliards FCFA marque donc le début d’une nouvelle ère pour les transports urbains au Sénégal. Il vise non seulement à améliorer les conditions de déplacement, mais aussi à moderniser un secteur vital pour l’économie nationale et le bien-être des populations.
Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire opposant le ministère public à Oumar Sow, ancien ministre-conseiller du président Macky Sall. Reconnu coupable de diffusion de fausses nouvelles, l’ancien haut responsable a écopé d’une peine de six mois de prison, dont un mois ferme, assortie d’une amende de 200.000 FCFA.
L’affaire remonte à des propos tenus par Oumar Sow lors d’une émission publique. Il y avait alors affirmé que l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, avait été placé sous bracelet électronique, insinuant que la décision émanait directement du parquet. Ces déclarations, aussitôt relayées sur les réseaux sociaux, ont rapidement suscité la polémique et entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Lors de son audition devant le tribunal, Oumar Sow a tenté d’expliquer ses propos. Il a évoqué un lapsus, affirmant qu’il ne visait nullement le parquet. « J’étais en train de rendre hommage au procureur Ibrahima Ndoye pour sa piété et son intégrité. Je voulais plutôt parler du ministère, mais en répétant « parquet », j’ai fait un lapsus. Ces propos ont été sortis de leur contexte par l’autre camp », s’est-il défendu, déplorant un montage vidéo devenu viral sur les réseaux sociaux.
Le tribunal, visiblement peu convaincu par cette ligne de défense, a retenu l’infraction de diffusion de fausses nouvelles, soulignant les risques de désinformation dans un contexte politique sensible.
Cette condamnation intervient alors que plusieurs figures politiques, anciens proches du régime déchu ou acteurs de la transition, font l’objet d’enquêtes et de procédures judiciaires pour des faits similaires. Le cas Oumar Sow relance ainsi le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité dans la diffusion d’informations, et l’usage judiciaire du délit de « fausses nouvelles » au Sénégal.
Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 18 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.
A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations et ses sincères remerciements aux populations de Saint-Louis, Dagana et Podor pour leur mobilisation et accueil à l’occasion de sa tournée économique les 12 et 13 juin 2025.
Il a remercié et félicité les autorités administratives, les services de l’Etat, les élus locaux, les producteurs et acteurs des secteurs agricole et industriel pour le travail remarquable accompli et le bon déroulement des déplacements sur les sites programmés.
Il a félicité le Gouvernement, notamment le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre en charge des Collectivités territoriales et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan pour les efforts consentis afin d’asseoir le développement territorial et la promotion de la souveraineté alimentaire.
Dans cette dynamique, il a souligné la nécessité de mieux accompagner et soutenir les acteurs des différentes filières des secteurs agricole et industriel de la région naturelle du fleuve Sénégal. Cette zone éco-géographique, au potentiel exceptionnel, doit s’ériger en « Pôle agricole national prioritaire » en termes de maitrise de l’eau, de mécanisation ainsi que de développement des aménagements et des surfaces emblavées, de l’agro-industrie et des industries de transformation des produits agricoles. Sous ce rapport, il est essentiel de renforcer significativement les filières riz, tomates, oignons, pommes de terre, biocarburants (éthanol) et sucre qui doit rester un atout phare de notre souveraineté alimentaire.
Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, indiqué l’impératif d’une combinaison optimale entre l’agriculture familiale (de subsistance) et l’agrobusiness en vue de l’ancrage d’une gouvernance foncière, économique et sociale équitable du secteur agricole. Il a demandé au Gouvernement de poursuivre et d’intensifier l’accompagnement des producteurs de la région Nord, en accentuant l’amélioration des rendements des périmètres agricoles (rizicoles notamment), mais également l’établissement d’un système rénové et efficace de financement et de maitrise des charges d’exploitation (électricité en particulier) des agriculteurs et industriels. Il s’agit aussi de travailler, avec les Coopératives agricoles communautaires, à la labellisation des productions nationales et leur meilleure introduction dans les réseaux de distribution et les circuits de commercialisation du pays.
Cette tournée économique a montré que la territorialisation soutenue de l’Agenda national de Transformation doit rester un principe directeur de l’efficacité des politiques publiques et des performances de l’action gouvernementale. D’où, l’impératif de promouvoir un dialogue territorial permanent avec les acteurs économiques et sociaux à la base. A ce titre, le Président de la République a souligné l’urgence de réhabiliter et d’actualiser, en les adaptant aux évolutions technologiques, les outils et instruments de vulgarisation agricole et d’animation rurale, afin d’accélérer, dans la concertation avec les acteurs et la participation des populations, la mise en place des Pôles régionaux de développement. Ces derniers demeurent les véritables réceptacles des projets et programmes pour un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans les valeurs fortes de la Nation.
La modernisation de notre système agricole et la réalisation de la souveraineté alimentaire, passent fondamentalement par la sécurité foncière des exploitations agricoles, le financement adéquat des agriculteurs et la promotion de l’investissement privé dans l’agriculture.
A cet effet, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement, sous la supervision du Premier Ministre, d’engager les concertations appropriées et d’accomplir les diligences requises, en vue d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme foncière consensuelle en capitalisant les diagnostics, études, rapports, propositions, conclusions et recommandations élaborés sur la problématique, notamment les travaux de la Commission nationale de Réforme foncière (CNRF).
Cette réforme majeure de l’Agenda national de Transformation est impérative pour accompagner, avec l’implication des collectivités territoriales et de toutes les parties prenantes, l’option d’une agriculture moderne et durable favorisant le développement des petites exploitations agricoles familiales, mais également de l’agrobusiness. Elle doit contribuer aussi à une meilleure maîtrise de l’espace national et à l’aménagement concerté, inclusif et durable du territoire, notamment en milieu rural, en cohérence avec les processus convergents d’approfondissement de la décentralisation et d’actualisation de la loi d’orientation agrosylvopastorale en cours de finalisation.
Le Président de la République a indiqué au Gouvernement, l’importance d’orienter les réflexions sur la réforme foncière vers l’objectif d’attribution effective de titres de propriété en bonne et due forme aux détenteurs légaux des terres et des parcelles à usage d’habitation, partout au Sénégal.
Dans cet esprit, l’accès à la propriété foncière et immobilière, sera facilité par la valorisation de l’utilisation de la terre comme garantie pour l’obtention d’un crédit.
Au demeurant, le Chef de l’Etat a invité le Gouvernement à veiller à la gestion optimale du domaine de l’Etat et du domaine national par, d’une part, l’amélioration des outils de cartographie et de pilotage du potentiel foncier et, d’autre part, la prévention systématique et la résolution des conflits fonciers.
Pour clore ce chapitre, il a invité le Gouvernement à préparer un plan de communication sur la réforme foncière projetée, en vue de son appropriation collective par les populations à la base, les collectivités territoriales, les agriculteurs, les éleveurs, les investisseurs et autres opérateurs économiques.
Le Président de la République est revenu sur la première édition de la Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP) tenue le 20 janvier 2025. Lors de cette rencontre il avait partagé avec l’ensemble des administrations sa vision de la gouvernance des secteurs public et parapublic.
A cet effet, il a rappelé au Gouvernement l’urgence de prendre toutes les mesures et dispositions requises en vue d’actualiser le statut général des fonctionnaires et la réglementation relative aux agents non fonctionnaires, de finaliser le Code de déontologie des agents publics ainsi que le Plan de développement de la formation permanente des agents publics, de réviser les cadres académique, juridique, administratif et financier d’évolution des écoles nationales de formation, notamment l’Ecole nationale d’Administration (ENA). En outre, il a souligné l’importance de mener à bien le processus d’évaluation annuelle des performances des agents publics, mais aussi d’accentuer, avec la montée en puissance du « New Deal technologique », la digitalisation intégrale des administrations pour une meilleure qualité des services délivrés aux usagers et aux citoyens.
Par ailleurs, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, l’impératif d’un suivi de proximité de la gouvernance et des performances financières des entités du secteur parapublic, sous tutelles administrative, technique et financière. Il a demandé au Ministre de la Fonction publique et de la Réforme du Service public de faire une communication trimestrielle en Conseil des Ministres sur l’état de mise en œuvre des réformes de la fonction publique et de modernisation des services publics. Dans le même temps, il a invité le Ministre des Finances et du Budget à faire une communication trimestrielle sur la gestion du portefeuille de l’Etat.
Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera, le 22 juin 2025, à Abuja, au Nigéria, au Sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO est revenu sur les réformes de l’Etat et la qualité de la représentation des administrations publiques dans les organes délibérants des entités du secteur parapublic.
S’agissant des réformes de l’Etat, il a indiqué que celles-ci constituent un point essentiel pour la réussite de la mise en œuvre des politiques publiques. Pour la coordination, l’orientation et le suivi de ces réformes, le Premier Ministre a annoncé la mise en place d’une Cellule à la Primature. Les changements attendus couvrent plusieurs domaines d’une importance capitale pour l’environnement des affaires, la modernisation de l’administration publique, incluant le droit d’accès du citoyen à l’information et un large recours à la transformation digitale, la valorisation du capital humain à travers une formation visant à doter les citoyens de fortes valeurs civiques et patriotiques et de compétences nécessaires à la réalisation de performances attendues, du « rebasing social ».
Cela, pour plus d’équité et de transparence dans le système de rémunération des secteurs publics et parapublics, et la construction d’un système de protection sociale inclusif et durable. Enfin, le Premier Ministre a souligné avec force la détermination du Gouvernement, à mener à bien cette importante entreprise et a engagé le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement à mettre en place une feuille de route permettant la mise en œuvre optimale des réformes, en veillant à la prise en charge des difficultés éventuelles à travers un dispositif de conduite du changement.
Abordant le second point relatif à la qualité de la représentation des administrations publiques dans les organes délibérants des entités du secteur parapublic, le Premier Ministre, a mis l’accent sur l’importance des fonctions essentielles dans l’offre de services publics de qualité, l’exécution de missions d’intérêt général, la création d’emplois et la régulation dans des domaines prioritaires. Il a ensuite déploré des manquements graves, récurrents et contraires aux règles de transparence et de bonne gouvernance préjudiciables à la qualité du service public, dans la gestion de ces structures : la non tenue des pré-conseils sur des questions stratégiques, l’absence de compte rendu systématique, l’archivage défaillant de la documentation, le non-respect de la durée de validité des mandats des administrateurs et la mauvaise qualité de la représentation due notamment au profil inadéquat de certains administrateurs.
Fort de ce constat, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de procéder, sans délai, à la régularisation de la composition des organes délibérants, surtout dans le contexte actuel marqué par plusieurs changements institutionnels. Il a également demandé d’apporter un soin particulier au choix de ces représentants dans les organes délibérants, dans le respect des dispositions pertinentes du décret n°2025-670 du 29 avril 2025, fixant les règles de fonctionnement de l’organe délibérant des entités du secteur parapublic.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : – le Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 ; – le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la Politique industrielle et commerciale Sénégal 2050.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, le Conseil a examiné et adopté : – le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention en matière d’extradition entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; – le Projet de loi relatif au transfèrement des personnes condamnées entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; – le Projet de loi d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; – le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Centre national de Coordination du Mécanisme d’Alerte précoce et de Réponse aux risques sécuritaires ; – le Projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2025 ; – le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026- 2028.
Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement Amadou Moustapha Njekk SARRE
L’heure n’est plus aux euphémismes. La presse sénégalaise, pilier essentiel de notre démocratie, plie sous les contraintes. Mais, elle ne cèdera pas. Les organisations regroupées au sein de la Coordination des Associations de Presse (CAP) ont reçu une invitation officielle pour prendre part aux «journées de concertation sur le secteur de la communication», ouvertes ce mercredi 18 juin à Dakar par le ministère de tutelle. Le thème retenu : «intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace».
La Coordination des Associations de Presse (CAP) prend acte de l’invitation lancée par le ministère en charge de la Communication pour participer aux «journées de concertation sur le secteur de la communication». Elle y sera. Non par enthousiasme béat, mais pour y faire entendre ses préoccupations et réclamer des décisions urgentes pour un secteur en état d’urgence. Car, derrière le thème solennel –«intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace» – la CAP décèle un agenda et une pléthore de participants (300) déconnectés des priorités actuelles. Cela ressemble plus à du «seumbkhloo» qu’à autre chose. Sans oublier des panels qui font plus perdre du temps. A la place, des travaux de commission efficaces sur les urgences du moment auraient pu permettre d’adresser véritablement les questions et d’esquisser des solutions.
Depuis plus de dix ans, les forums, panels et concertations se succèdent, sans effets concrets ni avancées structurelles. Rien n’a changé pour les journalistes, les techniciens et les entreprises de presse, si ce n’est l’aggravation de leurs conditions. Le conclave du ministre chargé de la Communication, des Télécommunications et du Numérique intervient dans un contexte critique, marqué par un profond désarroi des travailleurs des médias, étranglés par des mois d’arriérés de salaires, menacés d’expulsions et confrontés à des drames familiaux. Cette précarité n’est pas seulement matérielle : elle porte atteinte à la dignité et à la liberté d’exercer un métier essentiel à toute démocratie.
Les interpellations de la CAP n’ont, jusqu’ici, reçu que silence et indifférence. La tutelle s’enferme dans un mutisme altier, tout en déroulant, avec ou sans complicités, des mesures jugées iniques et contre-productives. La crise majeure de la presse n’est pas conjoncturelle. Elle est le fruit d’un choix politique : celui d’ignorer la réalité du terrain, d’imposer un modèle économique asphyxiant et de laisser s’effondrer un pilier de la République.
Depuis quinze mois, les médias subissent le gel des contrats publicitaires publics et les retards chroniques dans les paiements dus. Une hémorragie économique qui a vidé les rédactions, mis les entreprises à genoux, et transformé le métier en combat quotidien pour survivre. Certains dénoncent la «dépendance» de la presse à l’argent public. Mais c’est là un procès biaisé : 70 à 80 % des entreprises privées sénégalaises vivent de commandes de l’État. Ce n’est pas un vice propre aux médias, c’est une réalité économique structurelle. L’Agriculture, l’Éducation, la Santé, tous ces secteurs sont soutenus et subventionnés par l’Exécutif. Mais, la presse est considérée comme un paria avec ce pouvoir. Et contrairement à la légende urbaine qu’on tente de distiller, même dans les pays riches développés et fortement ancrés dans la démocratie, la presse bénéficie du soutien de l’État et des citoyens. Car elle n’est pas toujours rentable, mais elle est vitale.
Si l’État veut réellement réformer ce secteur, il doit le faire avec méthode, lucidité et courage. Le modèle économique des médias doit évoluer, certes, mais dans un cadre concerté, progressif, tenant compte de la transition actuelle et des défis du moment. Une concertation éclair de trois jours avec un agenda aussi surchargé et opportuniste ne saurait apporter des solutions durables à un secteur en perdition.
Malgré tout, la CAP refuse le fatalisme. Elle veut croire qu’un sursaut est encore possible, qu’il reste en haut lieu un peu de volonté politique et d’orgueil national pour éviter à notre démocratie de perdre l’un de ses gardiens. C’est pourquoi elle sollicite solennellement du Premier ministre l’organisation d’un Conseil interministériel exclusivement consacré à la crise de la presse. Ce cadre de haut niveau devra déboucher sur des mesures concrètes, immédiates, capables de soulager les entreprises de presse et ses acteurs.
Parmi ces mesures d’urgence : la levée sans délai de la circulaire sur le gel des contrats publicitaires, le déblocage rapide du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), et le lancement dès ce mois de juin de la répartition des montants 2024 et 2025. La réforme annoncée du FADP ne pourra se faire que dans un esprit de concertation, et seulement après distribution des fonds dus. Cela implique que la tutelle fasse inscrire ces montants dans la loi de finances rectificative attendue ce mois-ci.
Autre urgence : la mise en place d’un comité paritaire chargé de recenser et de suivre les paiements dus aux médias par les structures publiques. Ce mécanisme de suivi est vital pour restaurer la confiance, stabiliser les trésoreries et permettre aux entreprises de planifier. Mais au-delà de ces urgences, une réforme en profondeur s’impose. Il est temps de passer des intentions aux actes, en appliquant les conclusions des Assises nationales de la presse. Une réglementation cohérente, équitable et adaptée aux réalités numériques est indispensable.
Or, la démarche actuelle, fondée sur des concertations opportunistes, à peine préparées et dictées par des bailleurs, est loin d’être à la hauteur des enjeux. Les textes qui régissent le secteur doivent être respectés par tous et actualisés sans délai. Dans cette perspective, l’arrêt rendu par la Cour suprême le 12 juin, annulant la décision de suspension de 381 organes de presse, constitue un sérieux revers institutionnel pour le ministre de la Communication. Il vient réaffirmer, s’il en était encore besoin, que l’exercice du pouvoir ne saurait se fonder sur l’arbitraire, et que toute politique publique doit s’inscrire dans le strict respect de la légalité républicaine.
Les véritables priorités résident ailleurs : il s’agit de relancer sans délai les travaux en vue de la mise en place d’un nouvel organe de régulation, de procéder au renouvellement et au renforcement de la Commission nationale de la carte de presse, dont le mandat est arrivé à échéance, mais surtout de réhabiliter la dignité professionnelle des acteurs du secteur. Trop souvent, les médias sont érigés en boucs émissaires, rendus responsables de tous les dysfonctionnements, alors même qu’ils comptent parmi les rares corps sociaux à faire preuve d’autocritique et à exposer publiquement leurs propres limites. Cette stigmatisation récurrente s’inscrit dans une dynamique plus vaste de décrédibilisation de ceux qui informent, enquêtent et questionnent le pouvoir.
Il est désormais impératif de rompre avec cette logique délétère, de reconnaître pleinement à la presse son statut de service public stratégique, et d’engager avec ses représentants une réforme en profondeur du cadre de régulation. Une réforme fondée sur l’équité, la stabilité et le respect absolu de l’indépendance éditoriale. Car si le Sénégal n’a rien à gagner à asphyxier sa presse, il a tout à craindre d’un silence imposé.
Ce mardi matin, l’ancien député Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire d’« offense au chef de l’État ». Visiblement agacé par la nature des poursuites engagées contre lui, l’ex-président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY) n’a pas mâché ses mots face au juge.
À la barre, Moustapha Diakhaté a exprimé son incompréhension et sa gêne devant la légèreté, selon lui, des accusations retenues contre lui. « Quand l’enquêteur a commencé à m’interroger, j’avais honte, parce que je pensais qu’on allait me poursuivre pour des faits plus sérieux », a-t-il déclaré devant un tribunal rempli d’observateurs attentifs.
L’ancien parlementaire, connu pour ses prises de position tranchées depuis son éloignement du pouvoir, a également interpellé le parquet sur ce qu’il considère comme une justice à géométrie variable. Prenant à témoin le public, il a lancé une charge contre le procureur, évoquant une sortie de l’opposant Ousmane Sonko. « Ce même procureur n’a pas eu le temps de poursuivre Ousmane Sonko lorsqu’il a appelé Bassirou Diomaye Faye de Serigne Ngoundou », a-t-il déclaré.
Et d’expliquer que ce surnom est lourd de sens dans l’imaginaire collectif sénégalais. « C’est l’insulte la plus grave qu’il ait entendue depuis qu’il est élu président de la République. Ousmane Sonko a utilisé ce sobriquet dont tout le monde connaît la signification. Or, Serigne Ngoundou veut dire : un faux marabout, celui qui ne dit pas la vérité », a martelé Moustapha Diakhaté.
Le procès, qui suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, en particulier lorsqu’elle touche les plus hautes autorités de l’État. Les avocats de l’ancien parlementaire ont plaidé la relaxe, estimant que les propos incriminés relèvent du débat politique et non d’un délit pénal.
Le délibéré est attendu dans les prochains jours. En attendant, l’affaire Moustapha Diakhaté risque de continuer à alimenter les discussions dans une actualité politique déjà très chargée.
Dans les zones rurales du Sénégal, comme dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, l’accès aux soins de santé reproductive reste un défi majeur. Faible accès à la contraception, mariages précoces, accouchements à domicile… autant de réalités qui exposent les femmes et les filles à des risques sanitaires graves, souvent ignorés.
C’est ce constat qui a motivé l’organisation d’un atelier de formation de trois jours (du 18 au 20 juin 2025) à Kaolack, destiné aux élus locaux du Sénégal. Cet atelier porte sur le financement de la santé, avec une attention particulière accordée à la santé reproductive. Il est initié dans le cadre du programme Women’s Integrated Sexual Health 2 (WISH2), avec l’appui de l’aide britannique à travers le FCDO, la Direction de la santé de la mère et de l’enfant, et l’accompagnement technique de l’ONG Options Consultancy Services.
« Le programme WISH2, financé par l’aide britannique, soutient les femmes et les adolescents, y compris les plus pauvres et les plus marginalisés, afin qu’ils puissent mieux s’exprimer, choisir et contrôler leur santé et leurs droits reproductifs (RHR) », a expliqué Dr Thiané Guèye Diaw, conseillère régionale d’Options Consultancy Services au Sénégal.
Un engagement multisectoriel pour une santé reproductive inclusive
Selon Dr Diaw, le programme vise à atteindre cet objectif en :
Renforçant les capacités des femmes et des adolescents, y compris les plus vulnérables, pour qu’ils puissent exercer pleinement leurs droits en matière de santé reproductive ; Améliorant l’environnement favorable à la santé reproductive, aux droits humains et à l’égalité des sexes, dans une logique de transition démographique accélérée, inclusive et portée par les pays africains.
Elle a également précisé que l’ONG Options soutient particulièrement la mise en œuvre du Résultat 3 du programme, axé sur l’environnement politique et systémique en matière de santé reproductive. Ce pilier vise à :
Promouvoir l’adoption et l’application de cadres politiques améliorés ; Assurer un financement public efficace de la santé reproductive ; Garantir la sécurité des produits de santé ; Renforcer les capacités des services de santé reproductive.
Le PANB-PF comme levier stratégique
En conclusion, Dr Thiané Guèye Diaw a rappelé que le Plan d’Action National Budgétisé pour la Planification Familiale (PANB-PF) vise à atteindre un Taux de Prévalence Contraceptive (TPC) de 46 % d’ici 2028.
« La mise en œuvre des différentes interventions prévues nécessite une approche multisectorielle pour atteindre tous les objectifs, en particulier pour assurer la mobilisation des ressources », a-t-elle conclu.
La commune de Mabo, dans la région de Kaffrine, est devenue le théâtre d’un nouvel épisode de la crise silencieuse mais persistante qui gangrène la distribution des semences agricoles au Sénégal. Une vidéo virale montrant des sacs de graines d’arachide suspectées de mauvaise qualité an mis le feu aux poudres et ravivé un vieux débat sur la viabilité du système semencier national.
Dans plusieurs villages de Mabo, des producteurs, très en colère, ont catégoriquement refusé de recevoir les sacs incriminés, jugeant leur contenu impropre à la culture. Pour nombre d’entre eux, il ne s’agit pas d’un incident isolé. « Chaque année, la qualité des graines pose problème. Parfois, on nous les impose même si elles ne sont pas bonnes », déplore Thierno Dieng, président de l’Alliance nationale pour le développement rural (Ande rurale).
La gravité de la situation pousse certains à penser que Mabo n’est qu’un maillon visible d’une chaîne plus vaste de dysfonctionnements. « Ce qui est arrivé à Mabo peut se reproduire ailleurs. Ce sont les mêmes semences qu’on distribue partout au Sénégal », affirme Cheikh Cissé, secrétaire général des agriculteurs du bassin arachidier. Pour lui, les semences ne sont tout simplement plus viables.
Le véritable problème semble plus profond : il réside dans l’absence de reconstitution efficace du capital semencier national. Bien qu’un programme de relance soit officiellement confié à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), ce dernier fait face à un déficit criant de moyens. Cheikh Cissé révèle que l’Isra dispose de variétés performantes capables de produire jusqu’à 5 tonnes à l’hectare, mais faute de financement, ces semences ne sont pas multipliées. « On continue à perdre 4 300 kg à l’hectare à cause de cette inaction », regrette-t-il.
Les critiques ne s’arrêtent pas à la production : la chaîne de contrôle elle-même est mise en cause. Thierno Dieng évoque des failles structurelles. « Il est facile pour un opérateur malhonnête de tromper la vigilance des commissions en plaçant des semences de mauvaise qualité au fond des sacs », soutient-il. Il plaide pour un renforcement du rôle des coopératives agricoles, seules selon lui capables de garantir une gestion transparente et durable du capital semencier. « Tant qu’on confiera la mission à des opérateurs privés mus par le profit, les dérives persisteront », prévient-il.
Le ministère de l’Agriculture, par la voix de Modou Diarra, chef du service départemental du développement rural de Mbirkilane, tente de calmer le jeu. Il soutient que les villages cités dans la vidéo virale n’avaient même pas encore reçu de semences au moment des faits. « Chaque année, des vidéos surgissent, mais la réalité est souvent tout autre », relativise-t-il.
Modou Fall, président de la Fédération des organismes privés stockeurs et transporteurs, va dans le même sens. Il rappelle que les opérateurs investissent massivement et qu’ils n’ont aucun intérêt à saboter leurs propres livraisons. « En cas d’anomalie, les sacs sont remplacés. Cela ne devrait pas devenir une affaire nationale », affirme-t-il.
À Ndiognick, un exemple de rigueur est avancé : un camion a récemment été refoulé après que du sable a été trouvé dans certains sacs. Un signal, selon le ministère, que les contrôles sont bien réels et que les abus ne sont pas tolérés.
Le débat dépasse largement la seule commune de Mabo. Il touche à la souveraineté agricole du Sénégal, à la sécurité alimentaire et à la survie de milliers de producteurs. À quelques jours du pic de l’hivernage, les perspectives restent préoccupantes : « Les semences sont vieilles, déstructurées. Il est trop tard pour espérer une amélioration cette année », lâche Cheikh Cissé, visiblement amer.
En attendant une réforme structurelle de la filière semencière et une véritable relance du capital de semences, la confiance des producteurs s’effrite, mettant en péril une campagne agricole déjà sous tension.
L’affaire de Mabo n’est pas qu’un simple couac logistique. Elle illustre un mal profond, celui d’un système semencier fragile, soumis à des intérêts divergents et à des failles multiples. Si rien n’est fait, c’est toute l’agriculture sénégalaise qui risque de semer dans le vent.
Les réseaux obscurs de la Françafrique ont-ils encore voix au chapitre dans les nouvelles dynamiques politiques africaines ? La récente lettre attribuée à Robert Bourgi, avocat d’affaires français et ancien intime des palais présidentiels africains, ravive les douleurs d’un passé marqué par les ingérences, les valises de billets, et les manipulations d’un autre âge.
L’auteur de cette missive controversée, bien connu pour ses sorties fracassantes et son rôle trouble dans les relations franco-africaines, y évoque des échanges avec des partisans de Pastef à l’hôtel Lagon de Dakar. Une prise de parole qui n’a pas manqué de faire réagir, tant elle semble chargée de sous-entendus politiques. Pour le professeur Ndiaga Loum, juriste et intellectuel sénégalais, cette lettre s’inscrit dans une volonté de « déstabilisation du nouveau régime » de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Les déclarations de Robert Bourgi n’ont rien d’anodin. Elles réveillent le souvenir d’aveux passés, où l’homme racontait sans détour comment il faisait transiter de l’argent liquide en provenance de chefs d’État africains pour financer illégalement des campagnes politiques françaises. Des anecdotes sulfureuses — valises de billets cachées dans des tam-tams, pressions sur des dirigeants, rétributions à tous les bords politiques français, y compris l’extrême droite — qui dressent le portrait d’un homme habité par le cynisme et les intrigues.
Loin du vernis diplomatique qu’il tente parfois d’appliquer à ses interventions, Bourgi traîne un lourd passif. En 2011 déjà, il accusait sans preuves Karim Wade d’avoir sollicité une intervention militaire française contre les manifestations sénégalaises. Une affirmation jamais corroborée, mais révélatrice d’un mode opératoire : semer le doute, brouiller les lignes, entretenir la confusion.
Face à ce retour en scène, Ndiaga Loum ne mâche pas ses mots. Dans une tribune cinglante, il dénonce « l’imposture » d’un homme qui n’a plus de légitimité ni de crédit moral. Il rappelle que Robert Bourgi a été radié du barreau de Paris pour son comportement jugé « vulgaire et cynique », et que même Nicolas Sarkozy — figure de référence pour Bourgi — a été déchu de la Légion d’honneur après ses condamnations judiciaires.
Pour Loum, le nouveau pouvoir sénégalais doit rester vigilant et ne pas tomber dans les pièges d’un système postcolonial désormais en décomposition. « Bourgi vit de mensonges et de manœuvres », écrit-il sans détour, appelant les dirigeants à écouter les voix des intellectuels enracinés, comme Sa Ndiogou ou Serigne Momar Diagne, qu’il qualifie de « sociologues du quotidien ».
Au-delà du cas Bourgi, c’est une page d’histoire que Ndiaga Loum exhorte à tourner : celle de la Françafrique, avec ses combines, son clientélisme, et la privatisation des ressources publiques au bénéfice de quelques-uns. Dans un contexte où les peuples africains aspirent à plus de souveraineté, de justice sociale et de transparence, les figures d’un passé trouble n’ont plus leur place.
Le professeur conclut sa tribune par une promesse : « Tant que l’imposture réclamera une place qu’elle ne mérite pas, j’userai de ma modeste plume pour faire entendre ma voix. » Une phrase forte, à la fois alerte et engagement, qui résonne comme un avertissement aux nostalgiques d’un ordre ancien.
Ce mercredi matin, l’ancien député et ex-ministre Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à des personnes exerçant, en tout ou partie, les prérogatives du président de la République. Le parquet a requis six mois de prison, dont trois ferme, ainsi qu’une amende de 200 000 FCFA.
C’est à 9 h 43 que M. Diakhaté, vêtu d’un boubou noir, a été appelé à la barre. Visiblement préparé, il a déplié plusieurs feuillets qu’il a posés avec soin sur la table, avant de lire à haute voix les propos qui lui valent aujourd’hui d’être poursuivi :
« D’ailleurs sakh, ma gui guiss ben photo bouniouy ré, kou kholé niniouy dokhé nga khamni khamouniou protocole. Ci protocole de la République, il y a le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Ils ne doivent pas être à la même hauteur et rire en public. Ay gougnafier naniou. »
Des propos en wolof et français mêlés, jugés offensants à l’égard des plus hautes autorités de l’État. Le mot “gougnafier”, selon le ministère public, signifie “bon à rien”, “rustre” ou “goujat”.
À la barre, l’ancien parlementaire a reconnu intégralement la paternité des propos, expliquant qu’il s’agissait pour lui d’un appel à la solennité républicaine, et non d’une insulte gratuite.
« Je n’ai fait que chanter l’hymne de la République pour qu’on ne la colassardisse pas. Un gougnafier, c’est quelqu’un qui ignore ce qu’il fait. J’ai eu honte devant les policiers. Je ne pensais pas qu’on allait me poursuivre pour cela. »
Moustapha Diakhaté a néanmoins refusé de répondre aux questions du parquet, qui insiste sur la gravité de ses propos, jugés irrespectueux envers les institutions.
La défense de M. Diakhaté est assurée par quatre anciens ministres reconvertis en avocats : Mes El Hadji Diouf, El Hadji Amadou Sall, Oumar Youm et Antoine Mbengue. Les plaidoiries ont débuté en fin de matinée. Les conseils du prévenu plaident notamment la liberté d’expression et la critique politique dans un régime démocratique.
Cette affaire met en lumière la fragilité de la liberté d’expression au Sénégal et pose une fois de plus la question des limites du droit à la critique dans un contexte politique très polarisé. L’issue de ce procès pourrait créer un précédent important en matière de jurisprudence sur les délits d’opinion.
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu dans les prochains jours.
Cérémonie d’inauguration de la maison des arts tenue a la salle des fêtes de Rufisque ce mercredi 18 juin. un symposium sur la vie et l’œuvre de Adja Khar MBAYE Madiaga a tenu en haleine les sommités Venu d’horizons d’ivers.
En présence de délégations venu de Nantes et du maire de la ville Dr. Oumar CISSÉ les conférenciers ont revisité l’héritage culturel et instructif de l’icône Adja Khar MBAYE.
Un nouveau cap vient d’être franchi dans l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Ce mercredi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a lancé un avertissement sans équivoque à Washington : toute intervention militaire américaine contre la République islamique entraînerait des « dommages irréparables ».
Cette mise en garde intervient alors que les relations diplomatiques entre les deux pays connaissent un regain de crispation, sur fond de menaces proférées par l’ancien président américain Donald Trump. Ce dernier, dans une récente déclaration relayée par plusieurs médias américains, a évoqué l’éventualité d’une action militaire contre l’Iran, n’excluant même pas une opération d’assassinat ciblé contre le guide suprême.
Face à ces déclarations jugées provocatrices, l’ayatollah Khamenei a réagi avec fermeté dans un discours prononcé devant des responsables iraniens à Téhéran. « Les gens intelligents qui connaissent l’Iran, son peuple et son histoire ne parleront jamais à cette nation dans un langage menaçant, car la nation iranienne ne se rendra pas », a-t-il affirmé, cité par l’agence de presse Fars.
Le leader iranien a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de provocation systématique de la part de l’administration américaine et de certains cercles proches de Trump. « Les Américains doivent savoir que toute intervention militaire américaine causera sans aucun doute des dommages irréparables », a-t-il martelé, assurant que l’Iran « ne se rendra jamais sous la pression ».
Ce nouvel épisode intervient dans un contexte international déjà tendu. Le retour possible de Donald Trump à la Maison-Blanche lors des élections américaines de novembre 2025 alimente les inquiétudes au sein des chancelleries du Moyen-Orient. Les précédentes années de sa présidence (2017-2021) avaient été marquées par un durcissement des sanctions contre l’Iran, le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018, et l’assassinat du général Qassem Soleimani en janvier 2020.
Depuis, les relations entre Washington et Téhéran n’ont jamais retrouvé leur niveau de dialogue antérieur. Les négociations sur le nucléaire sont au point mort, et les tensions militaires dans le golfe Persique n’ont cessé d’alimenter les risques d’un affrontement direct.
En Iran, les propos de Khamenei résonnent comme une volonté de maintenir une posture ferme, dans une logique de souveraineté et de résistance à l’ingérence étrangère. Le régime iranien continue de mobiliser une rhétorique nationaliste et religieuse autour de la notion de « dignité islamique » face à l’Occident, en particulier les États-Unis.
Mais les analystes s’inquiètent d’un engrenage possible. « Chaque parole prononcée dans ce contexte tendu a des conséquences. Une déclaration mal interprétée ou un geste mal calculé pourrait déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », alerte un expert en relations internationales interrogé par la BBC.
Pour l’heure, aucune opération militaire n’est officiellement en préparation du côté américain. Mais les forces armées des deux pays restent sur le qui-vive, et la moindre étincelle pourrait suffire à embraser la région. Les appels au calme, tant de la part de l’Union européenne que des Nations Unies, se multiplient pour éviter un basculement dans un conflit ouvert.
Un vaste réseau de détournement de prêts garantis par l’État a été mis au jour par la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie de Dakar. L’affaire, révélée par le journal Libération, implique une mafia bien structurée qui a détourné des financements destinés à soutenir l’entreprenariat des jeunes dans le cadre du programme « Xëyu Ndaw Yi », piloté en partenariat avec le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) et le Crédit mutuel du Sénégal (Cms).
Tout est parti d’une plainte déposée par l’Union des caisses du Crédit mutuel du Sénégal (Uccms), qui avait signé avec le Fongip une convention visant à faciliter l’accès au crédit pour les jeunes porteurs de projets. Mais derrière cette noble intention, certains individus ont mis en place un système mafieux basé sur l’utilisation de prête-noms.
Ces derniers, souvent issus de milieux vulnérables, remettaient leurs pièces d’identité sans se douter qu’un prêt serait contracté en leur nom. Dans plusieurs cas, ils ignoraient tout du montage et ne touchaient que des sommes dérisoires, alors que les montants perçus atteignaient des millions.
Au cœur du réseau, Abdou Mati Seck a fini par passer aux aveux, détaillant aux gendarmes le fonctionnement de cette fraude. Il utilisait des personnes de son entourage — y compris sa propre mère — comme prête-noms, après avoir collecté leurs documents d’identité. Une fois les fonds disponibles, il les accompagnait au retrait, avant de récupérer l’intégralité de la somme.
L’un des témoins, utilisé comme prête-nom, raconte : « À la sortie de l’agence, j’ai remis tout l’argent à Abdou Mati Seck. Ce n’est que plus tard, en audition, que j’ai appris qu’il avait perçu une commission de 6 millions de Fcfa ».
Le système a été étendu à d’autres complices, dont Ndèye Sarr, Marèma Niang et Ndoumbé Seck. Ces dernières ont confirmé, lors de leurs auditions, avoir remis des documents et participé au retrait des fonds, sans en percevoir la majeure partie. Les enquêteurs ont établi que ces « bénéficiaires » recevaient souvent entre 30.000 et 250.000 Fcfa, tandis que les organisateurs empochaient plusieurs millions.
Ndèye Sarr, par exemple, a avoué n’avoir perçu que 250.000 Fcfa sur un prêt de 3,6 millions contracté à son nom. Les fonds ont ensuite été remis à Ndiaw Kane, autre figure centrale de ce réseau, identifié comme l’homme-clé des signatures frauduleuses.
Convoqué par les enquêteurs, Ndiaw Kane a tenté de se dédouaner en désignant un autre complice présumé, El Hadji Dia, agent comptable à l’Université Assane Seck de Ziguinchor. Mais les réquisitions téléphoniques contredisent ses affirmations. Les relevés démontrent clairement sa présence à proximité des agences lors de plusieurs opérations frauduleuses.
L’enquête a révélé que ces manipulations de prêts se faisaient au détriment du programme étatique « Xëyu Ndaw Yi », conçu pour soutenir l’entreprenariat des jeunes. Selon les termes de la convention signée en 2021 entre le Fongip et le Cms, les financements devaient être octroyés dans le respect des normes bancaires, avec une possibilité pour le Cms de se rembourser via la garantie fournie par le Fongip en cas de défaut de paiement.
Or, les prêts accordés à des prête-noms, sans projet réel, ont été systématiquement détournés, les vrais bénéficiaires étant absents des dossiers.
À la suite de l’enquête de la Sr, Abdou Mati Seck, Ndiaw Kane, Ndèye Sarr, Marèma Niang et Ndoumbé Seck ont été déférés au parquet de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie, complicité d’escroquerie et détournement de fonds publics.
La ville de Kolda reste sous le choc après le décès tragique de l’imam Oumar Diao, guide religieux de la mosquée de Médina Chérif Perlèle. Alors que les premières constatations évoquaient des circonstances troubles, les résultats de l’autopsie viennent jeter une lumière crue sur les causes de la mort du religieux.
Selon des informations révélées par le quotidien L’Observateur, le rapport médico-légal a confirmé que l’imam a succombé à de graves blessures infligées par arme blanche au niveau de l’abdomen et du bas-ventre. Des lésions particulièrement graves qui ont provoqué l’expulsion partielle de ses intestins, conduisant à une mort quasi immédiate.
Face à ces éléments, les enquêteurs ont placé en garde à vue deux proches de la victime : son épouse et son beau-frère. Les deux suspects ont été inculpés pour meurtre présumé et tentative de dissimulation de corps, selon les sources policières relayées par L’Observateur. Leur version des faits est actuellement passée au crible par les enquêteurs.
Cependant, le mystère demeure entier. Toujours selon le journal du Groupe Futurs Médias, certaines sources proches du dossier n’excluent pas la thèse du suicide. Elles évoquent un état psychologique fragile de l’imam, aggravé par une maladie chronique. Des confidences faites par la victime à son entourage auraient révélé un profond mal-être et un désir récurrent de mettre fin à ses jours.
Un couteau taché de sang, découvert à proximité du corps, a été saisi par la police scientifique et placé sous scellés pour analyses complémentaires. Il pourrait être l’arme ayant causé les blessures fatales.
L’inhumation de l’imam Oumar Diao a eu lieu ce mardi à Kolda, dans une atmosphère lourde de tristesse et de questionnements. La remise du certificat de décès par les autorités policières à la famille a permis de procéder à l’enterrement, même si l’enquête judiciaire reste ouverte.
Un cadre déjà établi, des partenaires toujours engagés, un relais stratégique à activer, du temps précieux à gagner pour le Sénégal.
En 2015, la Chine était déjà prête à injecter plus de 1,5 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise, soit plus de 900 milliards de francs CFA, à travers un partenariat structurant porté par la société IMMOSEN SARL et son directeur général, Saliou Drame. Tout était en place. Les lettres d’engagement étaient signées. Les projets étaient prêts. Les Chinois n’attendaient qu’une seule chose : une garantie de l’État pour débloquer les fonds. Ils étaient prêts à construire des universités, des routes, des écoles, des hôpitaux, des logements, des zones touristiques.
Mais ils sont tombés sur un système corrompu jusqu’à la moelle. Un système de blocage, de chantage, d’exigence de commissions à chaque étape. Le patriotisme avait un prix, et ce prix était la compromission. Saliou Drame a refusé. Ses collaborateurs aussi. Il aurait pu céder, prendre sa part, faire comme les autres, signer et détourner.
Nous faisions partie de ceux qui lui disaient à l’époque de payer si c’était la seule voie du salut pour le peuple qui souffre.
Mais son expérience a eu, avec le temps, raison sur nous ! Ce système pourri a été balayé, et aujourd’hui des gens que nous pensons intègres peuvent changer la donne.
Dix ans se sont passés. Saliou Drame n’est pas mort. Ses partenaires chinois, marocains, qataris sont toujours là. Et les problèmes qu’ils voulaient résoudre sont toujours aussi persistants, plus criants, plus violents.
Rencontre entre Saliou Drame et ses partenaires chinois à l’ambassade de Chine à Dakar
Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir.
Ne répétez pas les erreurs de ceux que vous avez combattus. À l’époque, des ministres et des DG avaient été amenés en Chine. Qu’y ont-ils fait ? Ils ont assisté aux premières journées de réunion, puis avaient disparu pour le reste. Pire encore, certains ont contourné ceux qui les avaient invités pour signer en douce des accords parallèles et monnayer les opportunités.
Ils avaient utilisé le voyage pour leurs poches, pas pour le peuple.
Macky Sall, de son côté, voulait que les projets aboutissent. Mais l’armada de prédateurs sur toute la chaîne a saboté toute chance. Nos gens ne connaissaient pas et n’étaient pas habitués à un système intègre, où l’on ne se fait pas payer pour servir le peuple, où l’on peut signer des accords sans gaspiller des millions dans des fêtes et des cérémonies inutiles.
Monsieur le Premier ministre, mon premier conseil : Ne partez en Chine avec ceux qui vous y apporteront Rien. Laissez-les au Sénégal, et partez avec de vrais collaborateurs, ceux qui connaissent bien le terrain. Vous avez la confiance du peuple et toute la légitimité pour signer en son nom. Allez-y avec des techniciens, des vrais. Ceux qui connaissent le terrain, qui veulent prouver. Ce sont eux qui, lors des précédentes missions, travaillaient pendant que leurs chefs faisaient les magasins. Ce sont eux qui ont impressionné les partenaires chinois. Mais de retour au pays, ce sont eux qui ont été mis de côté. Ceux qui avaient disparu pour du shopping, faire la une des manchettes.
Monsieur le Premier ministre, quinze mois se sont écoulés depuis votre élection. L’on a tous vu parmi eux ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Pensez efficacité. Chaque seconde compte. Pensez à ces milliers d’Africains qui misent sur vous.
Mon second conseil : la Chine ne viendra jamais nous développer. Pas plus que les Occidentaux. La Chine négocie pour ses intérêts. Elle est plus prédatrice que les autres, mais elle est aussi plus directe et plus rapide. Elle respecte les dirigeants sérieux. Si vous partez avec une équipe sérieuse, vous aurez des solutions sérieuses. Si vous partez avec une équipe bancale qui cherche des intérêts personnels, ils vous traiteront comme tels. They will give you what you bring.
Mon troisième conseil : les Chinois sont déjà là, chez nous, depuis plusieurs décennies, en train de prendre nos ressources. Certains d’entre eux pêchent illégalement dans nos eaux, exploitent l’or de Kédougou sans cadre clair, détruisent la Falémé avec l’orpaillage alluvial, cultivent nos terres sans contrat digne.
Ils viennent en Afrique chercher l’argent de la manière la plus avantageuse possible, mais ils sont prêts aussi à se régulariser et à se conformer si vous leur proposez un deal gagnant-gagnant. Le Mali est en train de réussir cela.
Il faut transformer ces prises illégales en contrats formels, avec redevances, quotas et obligation de transformation locale.
Mon quatrième conseil : ceux d’avant vous partaient en Chine juste pour les caméras, pour dire qu’ils étaient en mouvement, en action, et malheureusement, avec rien de concret derrière. Il faut y aller cette fois-ci pour signer du concret, revenir avec des équipements, des infrastructures, des engagements.
Mon cinquième conseil, Monsieur le Premier ministre : soyez prêts. Ayez des fiches techniques solides. Apprenez de votre déplacement de juin. Mettez des choses en place et faites tout votre possible pour partir une seconde fois et participer à la Canton Fair en octobre 2025, à Guangzhou. Toutes les entreprises chinoises y seront. C’est là que cela se passe. En trois semaines, vous pourrez tout voir, comparer, choisir et négocier. Ce sera du 15 octobre au 5 novembre. Ce sera l’occasion de rencontrer beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dans l’ombre, sans faire de bruit et sans aucune aide.
Enfin, mon dernier conseil stratégique : les Chinois veulent des ressources stratégiques comme garantie. Et ils ne s’en cachent pas. Si vous voulez leurs bateaux hauturiers, leurs unités d’irrigation ou leurs centrales solaires, soyez prêts à offrir un modèle clair.
Le Sénégal a besoin dans l’immédiat de 100 chalutiers pour reprendre nos eaux, 5 000 kits solaires pour désengorger Senelec, 100 unités complètes de matériel minier pour mettre en place des petites mines, des équipements agricoles et unités de transformation. Le tout peut être financé si l’État garantit.
Contrat officiel d’engagement de financement de 1,5 milliard USD en faveur d’IMMOSEN SARL et du Sénégal
En pêche, selon l’Initiative pour la transparence dans la pêche, plus de 400 chalutiers chinois pillent nos eaux sans rétribution. C’est une opportunité d’obtenir nos 100 navires sans trop débourser.
En agriculture, seulement 3 % des terres sont irriguées alors que le potentiel dépasse 2 millions d’hectares, selon l’ANSD. Les pertes post-récolte vont jusqu’à 60 %, soit plus de 100 milliards FCFA perdus chaque année. Les Chinois cherchent des terres à cultiver. Ils sont en Zambie, au Soudan, au Mozambique et au Mali. Ils sont chez nous, au Sénégal, dans la vallée, sous des prête-noms nous dit-on. Toutefois, il y a possibilité de négocier dans le domaine agricole sans perdre, car eux aussi en ont besoin.
En orpaillage, plus de 32 000 personnes travaillent dans des conditions dangereuses. Selon l’ANSD, 4,3 tonnes d’or artisanal ont été extraites en 2017, soit 86 milliards FCFA, presque autant que Sabodala. Entre-temps, il y a eu une purge, beaucoup ont été chassés. Et quand vous êtes arrivés, il y a eu une manipulation orchestrée par les colons qui ne veulent pas que les orpailleurs travaillent sur leurs permis, et on les a faussement accusés d’avoir détruit la Falémé. Pourtant, nos orpailleurs ne sont pas dans l’alluvionnaire, ils sont dans le hard rock mining. Résultat : ils ont été chassés et se retrouvent tous au Mali, où ils sont accueillis à bras ouverts. Ceux qui détruisent la Falémé et qui jouent au chat et à la souris avec les autorités maliennes et sénégalaises de part et d’autre de la frontière, ce sont nos amis Chinois avec leurs dragues. Voilà un grand levier de négociation.
En énergie, plus de 70 % de l’électricité provient encore du fioul. Et 30 % du pays reste sans courant. Le solaire est la seule solution viable et rapide, et la Chine domine ce secteur. Elle peut construire une centrale de 100 MW en six mois, et livrer 10 000 kits en trois mois. Elle peut même fournir les batteries au lithium si l’on monte une usine en partenariat avec le Mali ou la Guinée. La Chine a la technologie. Le Mali et la Guinée ont la matière première. Et nous avons tous le besoin. Nos quatre pays peuvent signer un accord hautement stratégique.
Monsieur le Premier ministre, négociez la création d’une zone industrielle dédiée, une Diamniadio bis, où les Chinois assembleront bateaux, panneaux solaires, machines agricoles, unités minières. Un modèle gagnant-gagnant.
L’initiative égyptienne dans la zone du Canal de Suez est la preuve vivante que c’est possible. Plus de 100 entreprises chinoises y sont installées grâce à un partenariat clair avec Tianjin TEDA Investment Holding. Des infrastructures modernes, des emplois créés, des investissements directs mobilisés. Certes, l’Égypte a péché par manque d’exigence en matière de transfert de technologies et de montée en gamme, mais le modèle est là : il peut être perfectionné. Ce que l’Égypte a lancé, le Sénégal peut le faire, à condition de garder le contrôle stratégique, avec une obligation de contenu local, une fiscalité juste, une formation de nos ingénieurs, une gouvernance conjointe, et surtout une maîtrise des règles du jeu.
Monsieur le Premier ministre, si un seul citoyen comme Saliou Drame, sans État, sans diplomatie, a pu lever 1,5 milliard USD sans appui, sans cabinet, sans titres, vous pouvez aujourd’hui, avec votre légitimité populaire et tous les services de l’État à votre disposition, faire plus.
Les partenaires chinois ne cherchent qu’à investir. Nous avons un espace fertile pour du gagnant-gagnant.
L’histoire ne retiendra pas ceux qui ont voyagé en Asie ou fait le tour de la sous-région, mais ceux qui ont transformé le pays. Monsieur le Premier ministre, vous avez l’occasion de signer un tournant. Saisissez-le.
Alioune Camara Expert en communication stratégique et opérationnelle
Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène, a vivement répondu au député Thierno Alassane Sall, suite à la question écrite que ce dernier a adressée au ministre des Finances concernant la validité des garanties fournies dans le cadre du contrat controversé avec AEE Power.
Dans une sortie musclée publiée ce week-end, M. Sène accuse le parlementaire d’instrumentaliser le dossier à des fins purement politiciennes, et de faire preuve d’une « méconnaissance inquiétante » des mécanismes de garanties dans les marchés publics, en dépit de son passé d’ancien ministre.
« Vous confondez vacarme médiatique et action publique. Le temps est venu de mettre fin au spectacle. Rideau. », lance-t-il en ouverture.
Jean-Michel Sène précise que les garanties en question ont été émises le 20 mars 2024, avant l’élection présidentielle et avant sa propre nomination à la tête de l’ASER en juillet 2024. Selon lui, l’ancien directeur général de l’agence a initié le processus de paiement des avances deux jours seulement avant l’élection, le 22 mars 2024. Une chronologie que M. Sène considère comme décisive pour démonter « la fable » portée par Thierno Alassane Sall.
Il dément également l’accusation selon laquelle la SONAC, chargée d’émettre les garanties, n’aurait pas répondu aux interpellations de l’ARCOP (Autorité de régulation de la commande publique), affirmant que deux réponses écrites ont bien été transmises à l’autorité de régulation.
Au-delà de la défense du dossier AEE Power, Jean-Michel Sène met en avant les résultats de l’ASER sous sa direction :
« À mi-année 2025, plus de 320 localités rurales ont été électrifiées, là où vous peiniez à dépasser la centaine sur une année », déclare-t-il à l’endroit du député.
Il assure que 42 localités ont déjà été électrifiées dans le cadre du projet AEE Power, dépassant l’objectif initial de 40 localités fixé pour fin juin, et promet 360 localités électrifiées d’ici fin décembre 2025.
Dans un ton direct, il lance une invitation à un débat public à Thierno Alassane Sall, en lui promettant la mise à disposition de l’intégralité de la documentation liée au contrat :
« Vous souhaitez connaître la vérité ? Honnêtement ? Je vous ouvre grand les portes. Venez débattre. »
En guise de contre-attaque, le DG de l’ASER exhume l’affaire OS Myna, un contrat de 60 milliards FCFA censé électrifier 1 144 localités en 12 mois, dont seulement 368 auraient été électrifiées en dix ans, avec 45 milliards déjà décaissés.
Jean-Michel Sène pointe la responsabilité directe de Thierno Alassane Sall, à l’époque ministre de tutelle de l’ASER, dans la gestion de ce projet, qualifiant cette affaire de « véritable scandale » aux antipodes du dossier AEE Power.
« Cette responsabilité, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Elle vous suivra comme une ombre. »
Cette passe d’armes marque une nouvelle intensification de la tension entre le gouvernement et une partie de l’opposition sur la gestion des projets d’électrification. Si les accusations de surfacturation, de manipulation politique ou d’opacité demeurent au cœur du débat, le bras de fer entre Jean-Michel Sène et Thierno Alassane Sall illustre surtout le climat électrique — c’est le cas de le dire — autour de la transparence dans les marchés publics.
Pape Simakha, coordonnateur national du mouvement Aar Sunu Projet et allié de la coalition Pastef, a été convoqué ce mardi 18 juin 2025 à 11h à la brigade de gendarmerie de Kaolack.
Selon des sources proches du dossier, cette convocation fait suite à une plainte déposée par Madame Tall Mamy Mbow, première adjointe au maire de la ville. Si les motifs précis n’ont pas été officiellement communiqués dans un premier temps, l’on apprend que Pape Simakha a été placé en garde à vue pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles.
L’État du Sénégal, à travers la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, lance à compter du 19 juin 2025 une nouvelle opération d’emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de FCFA par Appel Public à l’Épargne (APE). La période de souscription est fixée du 19 au 30 juin 2025, offrant ainsi aux investisseurs institutionnels comme aux particuliers une nouvelle opportunité de placement.
Cette levée de fonds, structurée en plusieurs tranches, s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de ressources internes, régionales et internationales en vue de financer des projets à fort impact économique et social. Les domaines prioritaires ciblés par cette opération comprennent les infrastructures, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et la transformation numérique.
L’objectif principal de cet emprunt est double : d’une part, renforcer la souveraineté financière du pays en finançant les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur, et d’autre part, offrir aux citoyens sénégalais et à la diaspora une opportunité concrète de participer au financement du développement national, à travers un produit d’investissement sécurisé et rentable.
Du point de vue technique, l’emprunt propose une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA. Trois maturités sont prévues : 6,60 % sur 5 ans, 6,75 % sur 7 ans, et 6,95 % sur 10 ans. Les investisseurs auront donc le choix de la durée selon leur profil de placement et leur appétence au risque. Les détails relatifs au montant affecté à chaque tranche seront précisés ultérieurement.
Cette opération intervient après le succès de l’emprunt obligataire lancé en mars 2025, qui avait permis à l’État de mobiliser 405 milliards FCFA sur le marché financier régional. Le Trésor sénégalais confirme ainsi son engagement à diversifier ses sources de financement tout en consolidant la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal.
L’opération devrait également renforcer l’inclusion financière, en encourageant une épargne citoyenne tournée vers des investissements porteurs de croissance et d’emplois. Elle témoigne enfin de la volonté des autorités de privilégier les mécanismes innovants et participatifs dans la conduite des politiques publiques.
Le bras de fer entre le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), et le ministère des Finances autour du paiement des primes d’assurance dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne continue de faire des vagues.
Suite aux déclarations du Directeur national des Assurances (DNA), Mamadou Dème, sur les ondes de la RFM, qui affirmait que la prime d’assurance avait été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission des garanties, et que ce délai respectait largement les 180 jours autorisés par la loi, Thierno Alassane Sall a décidé de remettre les pendules à l’heure.
Le député s’interroge publiquement : « Qui le Directeur national des Assurances cherche-t-il à protéger ? ». Pour TAS, les explications du DNA ne résistent pas à un examen approfondi. Il rappelle que l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a, à trois reprises, demandé à la SONAC la preuve que les primes relatives aux garanties avaient bien été payées dans les délais impartis. Cette démarche s’inscrit dans le respect strict des règles encadrant les marchés publics, où un paiement tardif peut entraîner la nullité irrévocable du marché.
Malgré ces relances répétées, le député souligne que le DNA, qui avait reçu ces courriers, n’a jamais présenté à l’ARCOP la moindre dérogation officielle justifiant le paiement tardif des primes, effectué le 14 juin 2024, soit trois mois après l’émission des garanties. TAS insiste sur un principe fondamental du droit administratif : une dérogation est une exception à la règle qui doit être formalisée par un document écrit, précisant notamment sa date d’entrée en vigueur et sa durée. Or, aucune dérogation de ce type n’a été prévue ou communiquée dans le cadre de ce marché.
Par ailleurs, le député cite un élément contractuel majeur, rappelé dans les factures émises par la SONAC à AEE Power EPC, qui conditionne expressément la prise d’effet du contrat au paiement préalable de la prime d’assurance. Ce point contractuel vient renforcer la position de TAS selon laquelle le paiement tardif remet en cause la validité de la garantie.
Face à ces contradictions, Thierno Alassane Sall promet de poursuivre son combat et d’apporter prochainement de nouvelles révélations sur cette affaire qu’il qualifie de « scandale à multiples rebondissements ».
Cette opposition frontale entre le député et le ministère des Finances, via le Directeur national des Assurances, illustre la tension persistante autour de la transparence et du respect des procédures dans la gestion des marchés publics au Sénégal. La suite de cette controverse est attendue avec attention par l’opinion publique.
Ce lundi, la cour de l’école de Khondiogne, dans l’arrondissement de Tattaguine, a vibré au rythme de la Journée de l’Excellence, une cérémonie dédiée à la reconnaissance des meilleurs élèves et des acteurs du développement local.
Placée sous le signe de l’engagement citoyen pour une éducation de qualité, cette journée a été marquée par une forte mobilisation des populations, des autorités locales, des enseignants et, surtout, par la présence remarquée d’un fils du terroir : Birama Ndiaye, journaliste à Sud FM, dont l’implication a été unanimement saluée.
Comme chaque année, les meilleurs élèves des écoles primaires ont été honorés pour leurs brillants résultats scolaires. Des remises de diplômes et de fournitures scolaires ont ponctué la cérémonie, dans une ambiance festive animée par des prestations culturelles des jeunes de la localité.
Président d’une association de développement et profondément attaché à sa communauté d’origine, Birama Ndiaye s’est distingué par des actions concrètes en faveur de l’éducation.
« L’école élémentaire de Khondiogne (Tattaguine) m’a décerné ce diplôme de reconnaissance pour services rendus à l’éducation et à l’amélioration des conditions d’enseignement-apprentissage dans la localité. »
C’est devant les parents d’élèves, les élèves, les sympathisants et toute la communauté éducative que M. Ndiaye a reçu cet honneur.
« Je salue cet acte à sa juste valeur. Je remercie l’ensemble du personnel enseignant et le collectif des directeurs d’écoles qui ne ménagent aucun effort pour offrir à nos enfants un cadre adéquat d’apprentissage », a-t-il déclaré.
Profitant de cette tribune, le parrain a lancé un appel fort :
« J’invite tous mes concitoyens à œuvrer pour une meilleure amélioration de l’enseignement-apprentissage dans nos localités respectives. »
S’adressant aux élèves, il a ajouté :
« Donnez le meilleur de vous-mêmes pour que les sacrifices consentis par vos parents ne soient pas vains. Travaillez bien pour réussir les examens du CFEE prévus les 19 et 20 juin prochains. »
Profondément ému par la reconnaissance qui lui a été témoignée, Birama Ndiaye a conclu :
« Aujourd’hui, grâce à cette terre qui m’a vu naître, il est de mon devoir de rendre à cette communauté ce qu’elle m’a donné. L’éducation est la clé du développement, et c’est ensemble que nous devons bâtir l’avenir. »
Cette Journée de l’Excellence n’a pas seulement célébré le mérite scolaire. Elle a aussi mis en lumière un modèle d’engagement citoyen, inspirant pour la jeunesse et porteur d’espoir pour le développement local. Birama Ndiaye en est aujourd’hui un symbole vivant.
Face à la presse ce mardi, Alioune Ndiaye, jeune acteur sportif à Kaffrine, a annoncé le démarrage du tournoi de football dédié à feu Saer Ndao. L’événement se tiendra du 18 juin au 12 juillet prochain.
Selon l’initiateur, ce tournoi s’inscrit dans le cadre des préparatifs des nawétanes, mais vise également à promouvoir la cohésion sociale et le développement du sport de manière générale.
« La deuxième édition du tournoi se jouera au stade El Hadji Babacar Gaye de Kaffrine. Plus de 20 équipes y prendront part, réparties en quatre ou cinq poules », a précisé M. Ndiaye.
Ce tournoi est aussi l’occasion de rendre un vibrant hommage à feu Saer Ndao, une figure emblématique du football à Kaffrine. Ce dernier s’est longtemps illustré à travers son engagement auprès de clubs locaux comme l’ASC Espérance et Sao, contribuant activement à l’essor du sport dans la région.
Pour Alioune Ndiaye, cet événement est à la fois un acte de mémoire et une contribution concrète à la dynamique sportive et sociale de Kaffrine.
La Cour suprême du Sénégal a infligé un sévère camouflet au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en suspendant son arrêté controversé portant cessation de diffusion, de parution et de publication de plusieurs médias privés.
Dans son ordonnance n°16/2025 rendue le 12 juin et notifiée ce lundi 16 juin 2025, le juge des référés de la plus haute juridiction du pays a ordonné la suspension immédiate de l’arrêté ministériel n°0011059/MCTN du 22 avril 2025. Une décision qui intervient à la suite d’un recours introduit par la journaliste Aïssatou Diop Fall, fondatrice du média Public SN, et qui bénéficie à l’ensemble de ses supports : la chaîne Public SN TV, le quotidien Le Public et le site d’information public.sn.
Cette décision de justice est saluée comme une avancée majeure pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et le renforcement de l’État de droit au Sénégal. Elle remet en cause la légalité de mesures gouvernementales jugées arbitraires et excessives.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la relation entre l’État et la presse privée s’est fortement détériorée. En quinze mois d’exercice, le secteur des médias indépendants traverse une crise économique et institutionnelle profonde, alimentée par une série de décisions hostiles :
Annulation de l’effacement fiscal précédemment accordé à la presse ; Non-paiement par l’État des créances dues aux entreprises de presse ; Résiliation unilatérale des contrats publicitaires par l’État et ses agences ; Gel des subventions budgétaires pour les années 2024 et 2025 ; Hausse drastique des coûts de diffusion sur la TNT, ayant entraîné la suspension du signal de plusieurs chaînes privées.
À cela s’ajoute la tentative du ministère de la Communication de remettre en cause l’existence juridique de certains médias, à travers l’élaboration d’une liste sélective et juridiquement contestable de “médias reconnus” par le gouvernement, et par des arrêtés de fermeture fondés sur une lecture discutable du Code de la presse.
Les effets de cette politique sont dévastateurs : liquidations judiciaires, licenciements massifs, arriérés de salaires, absence de couverture sociale et médicale pour de nombreux journalistes et techniciens, grèves annoncées dans plusieurs rédactions…
Le secteur, qui a pourtant joué un rôle capital dans les trois alternances démocratiques et dans la préservation de la stabilité sociale du pays, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.
Dans ce contexte alarmant, l’ordonnance de la Cour suprême apparaît comme un signal fort en faveur de l’indépendance des médias et du respect des libertés fondamentales. Elle invite l’État à revoir sa politique et à engager un dialogue responsable avec les acteurs du secteur.
Un appel solennel est lancé au président de la République, à son gouvernement, aux partis politiques, aux syndicats, à la société civile, aux confréries religieuses et à l’Église pour qu’ils prennent la mesure du péril qui pèse sur la presse sénégalaise. Car il n’est pas de démocratie stable sans médias libres, et les exemples de pays de la sous-région ayant perdu leur presse républicaine démontrent à quel point une telle dérive peut être coûteuse.
Depuis plusieurs années, Monsieur Macky Seck s’impose comme un pilier incontournable de l’Association Sportive et Culturelle JOKKO (ASC JOKKO) de Kaolack. Son engagement sincère, sa détermination et sa vision structurée ont permis à cette organisation de se hisser bien au-delà d’un simple cadre sportif et culturel, pour devenir une véritable communauté dynamique et solidaire.
Dès sa prise de fonction à la présidence de l’association, Monsieur Seck a mis en œuvre une politique centrée sur le renforcement des liens entre les membres. Conscient que la cohésion constitue le socle de toute réussite collective, il a favorisé l’organisation régulière d’activités communautaires, de rencontres éducatives et d’ateliers de formation. Ces initiatives visent à sensibiliser les jeunes aux enjeux du sport et de la culture tout en les intégrant activement à la vie de l’organisation.
Un des axes majeurs de son action est le soutien à la formation et à l’épanouissement des jeunes talents. Persuadé que la jeunesse représente l’avenir, Monsieur Seck a multiplié les efforts pour mettre en place des programmes d’encadrement, de mentorat et de perfectionnement. Grâce à son engagement, de nombreux partenaires, éducateurs et entraîneurs ont été mobilisés pour offrir aux jeunes de réelles opportunités d’apprentissage et de compétition. Cette approche contribue à développer chez eux des valeurs fortes telles que la discipline, la persévérance et l’esprit d’équipe.
Mais l’action de Macky Seck ne se limite pas au domaine sportif. Il œuvre avec la même énergie pour promouvoir des valeurs fondamentales telles que le respect, la solidarité et l’engagement citoyen. Sous sa houlette, l’ASC JOKKO est devenue un véritable espace de cohésion sociale, en organisant des festivals culturels, des campagnes de sensibilisation et en participant activement aux événements locaux et régionaux. Son leadership inspire les membres à devenir des acteurs engagés et responsables au service de leur communauté.
Au-delà de la gestion quotidienne, Monsieur Seck se positionne comme un véritable vecteur de changement social. Il agit pour briser les clivages et renforcer le sentiment d’appartenance à travers une écoute attentive, une humilité reconnue et une vision à long terme. Grâce à lui, l’ASC JOKKO est aujourd’hui une organisation respectée, porteuse des couleurs et des espoirs de toute une jeunesse.
En somme, Macky Seck incarne l’esprit de service, le leadership bienveillant et la passion du développement communautaire. Sa présidence à l’ASC JOKKO est un exemple vivant de ce que la détermination et la solidarité peuvent accomplir. Grâce à lui, la jeunesse de Kaolack peut espérer un avenir meilleur, fondé sur les valeurs du sport, de la culture et de l’unité. Un avenir où l’union fait la force, et où chaque jeune est invité à bâtir une société plus juste, équitable et rayonnante.
Au milieu d’une controverse grandissante autour du marché public d’électrification rurale attribué à l’entreprise espagnole AEE Power EPC S.A.U, le ministère des Finances et du Budget a apporté des clarifications sur les garanties d’assurance émises par la SONAC, la Société nationale de Crédit et de Cautionnement. Ce marché, signé le 23 février 2024 avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), porte sur un montant global de 91,97 milliards de francs CFA. La polémique s’est cristallisée autour des conditions d’émission et de validité des garanties, mais surtout sur l’ampleur des montants annoncés, estimés à 37 milliards FCFA, que certains ont qualifiés d’irréguliers voire fictifs.
Dans une note explicative publiée par sa cellule de communication, le ministère affirme que la SONAC a bien émis, le 20 mars 2024, trois garanties dans le cadre du contrat : une pour l’avance de démarrage du projet, une seconde pour les dépenses déjà engagées par l’entreprise, et une dernière pour garantir la bonne exécution des travaux. Ces garanties sont prévues contractuellement et encadrées juridiquement. Leur validité, explique le ministère, repose sur le paiement d’une prime d’assurance, conformément à l’article 13 du Code des assurances de la CIMA, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances. Ce texte prévoit notamment un délai maximal de 180 jours pour régler la prime lorsqu’il s’agit de risques contractés avec l’État ou ses démembrements.
Dans ce cas précis, la prime d’assurance a été payée par virement bancaire le 20 juin 2024, soit exactement 90 jours après l’émission des garanties. Ce délai respecte donc largement les 180 jours autorisés. Le ministère dément ainsi toute irrégularité, en précisant que cette pratique est tout à fait conforme à la législation applicable aux assurances liées aux marchés publics.
La note revient également sur les montants de 37 milliards FCFA souvent évoqués dans les débats publics. Ces chiffres ne renvoient pas au montant de la prime versée à l’assureur, mais à celui des capitaux assurés. Il s’agit de l’enveloppe totale couverte par les trois garanties émises pour sécuriser les engagements de l’entreprise adjudicataire. La prime réelle payée par AEE Power EPC pour bénéficier de cette couverture s’élève à 947 millions de francs CFA par an. Le chiffre de 37 milliards FCFA correspond donc à l’engagement financier maximal de la SONAC dans le cadre du contrat, et non à une somme encaissée ou distribuée.
Le ministère insiste sur le fait que les garanties émises remplissent toutes les conditions de validité juridique. Elles s’inscrivent dans un cadre légal strict, avec des modalités d’engagement bien établies. L’assureur, dans ce type de montage, peut exiger des contreparties financières ou juridiques de la part de l’entreprise, comme des cautions solidaires, des dépôts ou des garanties bancaires. Il peut aussi recourir à la réassurance pour se prémunir contre les risques liés à l’exécution du marché.
Enfin, le document publié par le ministère vise à rassurer l’opinion sur la régularité de la procédure. Il affirme que les garanties délivrées ne sont ni fictives, ni irrégulières, et que leur émission respecte les normes juridiques et techniques en vigueur. Le respect des délais, la transparence sur les montants engagés et la traçabilité des paiements sont mis en avant comme gages de conformité.
En résumé, les autorités cherchent à dissiper les soupçons d’irrégularités autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale au Sénégal. À travers cette mise au point, le ministère des Finances veut réaffirmer le sérieux du dispositif national d’assurance des marchés publics, tout en appelant à une lecture rigoureuse et contextualisée des chiffres avancés dans les débats publics.
Le secteur de la Justice va connaître de fortes perturbations. Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) a annoncé ce mardi le déclenchement d’une grève de 48 heures, prévue les mercredi 18 et jeudi 19 juin 2025. Ce mouvement intervient après plusieurs mois d’attente infructueuse, selon le syndicat, qui fustige l’inaction du gouvernement face à des revendications jugées légitimes.
Dans un communiqué transmis à la presse, le SYTJUST exige l’alignement de tous les greffiers à la hiérarchie A2, conformément aux engagements antérieurs, ainsi que le reclassement automatique des agents des hiérarchies B et C ayant au moins cinq ans d’ancienneté dans le corps des greffiers, sans exigence de formation préalable.
Le syndicat rappelle avoir observé une trêve sociale de 14 mois, depuis le 22 mars 2024, espérant une réponse favorable des nouvelles autorités installées après la dernière alternance politique. Mais cette patience, souligne-t-il, n’a rencontré « aucune avancée notable ».
« Le statu quo est devenu insupportable. L’attitude attentiste des autorités trahit un manque de volonté politique flagrant », déplore le communiqué du SYTJUST, qui ajoute que les agents sont aujourd’hui contraints à la grève « pour obtenir le respect de droits pourtant consacrés par les textes en vigueur ».
Le préavis de grève, déposé depuis le 7 février 2025, incluait déjà ces doléances. Le syndicat regrette qu’aucune négociation sérieuse n’ait été engagée depuis lors, malgré les alertes répétées sur les risques de paralysie du service public de la justice.
Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le SYTJUST prévient : « Nous ne transigerons pas sur la dignité professionnelle et les acquis statutaires des travailleurs de la justice ». Le bras de fer semble désormais engagé.
À l’occasion du cinquantenaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Afrikajom Center, en partenariat avec des organisations de la société civile ouest-africaine, lance une grande conférence régionale à Dakar. Prévue du 18 au 20 juin 2025, cette rencontre portera sur le thème évocateur : « La CEDEAO à 50 ans : Changer ou Périr ».
Cette conférence anniversaire ne se veut pas simplement commémorative. Elle ambitionne d’ouvrir une réflexion collective sur l’avenir de l’intégration régionale, alors que la CEDEAO traverse une crise existentielle marquée par les défis sécuritaires, politiques et institutionnels. À Dakar, plus de 50 experts, chercheurs, leaders de la société civile, jeunes militants et représentants du secteur privé venus de toute l’Afrique de l’Ouest sont attendus pour repenser en profondeur le projet communautaire.
Durant trois jours, les débats s’articuleront autour de plusieurs axes majeurs : l’intégration économique, la paix et la sécurité, la gouvernance, la transition numérique, l’inclusion de la jeunesse et la consolidation démocratique. Autant de thématiques cruciales qui soulignent les attentes des citoyens face à une CEDEAO parfois perçue comme éloignée des réalités des peuples.
Selon le communiqué d’Afrikajom Center, l’enjeu est de taille. Il s’agit de refonder l’esprit de l’intégration ouest-africaine sur des bases plus solides, inclusives et citoyennes. Cette conférence vise ainsi à produire une feuille de route concrète et stratégique pour une CEDEAO renouvelée, qui ne soit pas uniquement un espace d’échanges commerciaux entre États, mais un véritable levier de transformation politique, sociale et économique pour les populations.
En pleine mutation géopolitique, alors que certains pays membres ont annoncé leur retrait de l’organisation ou contesté ses décisions, la conférence de Dakar apparaît comme une tentative salutaire de réconcilier la CEDEAO avec ses peuples. En rassemblant toutes les forces vives de la région, l’initiative ambitionne de raviver le rêve d’une Afrique de l’Ouest unie, solidaire et tournée vers l’avenir.
Le directeur des Assurances du Sénégal, Mamadou Dème, est sorti de son silence pour répondre aux accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Républicains Dëgg Moo Woor. Ce dernier avait récemment mis en cause la régularité du paiement des primes d’assurance émises par la SONAC-SA dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne, un contrat d’envergure estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Invité sur les ondes d’Iradio, Mamadou Dème a formellement démenti toute irrégularité, apportant des précisions techniques sur la nature des garanties en cause, leur montant réel ainsi que sur le respect des délais légaux de paiement. Selon lui, « la prime d’assurance a bel et bien été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission de la garantie ». Ce délai, assure-t-il, reste largement conforme aux dispositions du Code CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances), qui autorise un règlement dans un délai de 180 jours après la signature du contrat.
Répondant aux chiffres avancés par le député, M. Dème précise que les « 37 milliards » évoqués ne représentent pas un montant de primes impayées, mais bien les capitaux sous risque garantis par la SONAC. Ces garanties correspondent, selon lui, à deux avances de démarrage accordées à l’entreprise AEE Power : l’une d’un montant de 18,366 milliards FCFA et l’autre de 18,394 milliards FCFA. Soit un total d’environ 37 milliards FCFA couverts par la compagnie nationale d’assurance.
« Il y a une différence entre les capitaux garantis par la SONAC et la prime payée pour bénéficier de cette protection », a-t-il insisté. À ce titre, le montant réel de la prime perçue par l’assureur public s’élève à 247 346 633 FCFA, et non aux dizaines de milliards évoqués à tort dans l’espace public. Toujours selon le directeur, les preuves de ce paiement ont été transmises à l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), en toute transparence.
Mamadou Dème a également tenu à rappeler le cadre juridique qui encadre ces opérations. Il s’est appuyé sur l’article 13 du Code CIMA pour justifier la temporalité du paiement : « Le principe est que vous devez payer la prime après la conclusion du contrat. Les mises en garanties et les primes ont donc été payées conformément aux règles. »
En conclusion, cette sortie du directeur des Assurances vise non seulement à rassurer sur la régularité de l’opération, mais aussi à lever toute suspicion de fraude ou de mauvaise gestion autour d’un marché très médiatisé. Reste à voir si cette mise au point suffira à apaiser les critiques dans un climat politique où la transparence et la redevabilité sont scrutées de très près.
Thierno Bocoum s’est exprimé après la publication du communiqué du ministère des Finances et du Budget (MFB) sur la réforme en profondeur de la gestion budgétaire qui implique désormais que toutes les dépenses, y compris les extrabudgétaires, soient budgétées à l’avenir. Le président du mouvement AGIR se montre sceptique et soulève des interrogations sur la fréquence de ces dépenses non budgétisées par le passé. À ses yeux, cette « réforme n’est pas un acte de transparence », mais plutôt « un aveu déguisé ».
Voici l’intégralité de sa publication.
Le ministère des Finances vient d’annoncer une « réforme majeure » en matière de gestion budgétaire, en décidant désormais que les dépenses extrabudgétaires seront imputées à l’année réelle de leur exécution.
Présentée comme une avancée en matière de transparence, cette décision soulève pourtant une question centrale : à quelle période appartiennent ces dépenses non budgétisées ?
Si elles concernent exclusivement la période antérieure à avril 2024, donc sous l’ancien régime, pourquoi la Loi de Finances Rectificative de décembre 2024, élaborée et votée par l’actuelle équipe gouvernementale, n’a-t-elle pas intégré cette réforme ? Pourquoi attendre juin 2025 pour annoncer ce reclassement si les irrégularités dataient d’avant leur arrivée ? Cela n’a aucun sens si l’on prétend corriger un passif hérité.
Cette contradiction majeure renforce une autre hypothèse selon laquelle les dépenses extrabudgétaires visées ont été engagées après avril 2024, sous leur propre gestion.
Recrutements, exonérations, subventions ou engagements financiers pris sans inscription formelle dans la Loi de Finances Initiale 2024, autant d’éléments susceptibles d’exister sans couverture budgétaire, faute de LFR complémentaire.
Dès lors, cette réforme n’est pas un acte de transparence mais un aveu déguisé. Elle traduit une volonté de régulariser a posteriori des pratiques budgétaires discutables en les fondant dans une généralité vague pour éviter d’avoir à désigner des responsabilités claires.
Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais connaît un tournant décisif. Mansour Kane, contrôleur du Trésor et considéré par les enquêteurs comme le cerveau présumé du réseau de fraude, a livré des aveux explosifs lors de son audition, remettant en question l’intégrité même du système de gestion financière de l’État.
Incarcéré dans une autre affaire de faux chèque de 400 millions FCFA, Kane est cité par plusieurs transitaires dans la procédure en cours. Parmi eux, Abdoulaye Ba de Niany Transit l’accuse de lui avoir remis un chèque frauduleux d’un montant de 547,643 millions FCFA, moyennant une commission de 12 %. Une accusation que Kane nie catégoriquement. Toutefois, il ne rejette pas toute implication dans le vaste réseau de détournement mis au jour par la Division des investigations criminelles (DIC).
Dans un témoignage consigné par L’Observateur, le contrôleur du Trésor fait tomber les masques. Il admet avoir « exploité une faille » dans le système, tout en soulignant qu’il n’était ni le premier, ni le seul à le faire. « Je ne suis pas la seule personne à proposer ce deal. D’autres réseaux opéraient comme moi. Mais comme je suis le premier en prison, on me fait porter toute l’affaire », a-t-il confié aux enquêteurs. Selon lui, le trafic de chèques volés était loin d’être un fait isolé : « C’était une pratique courante au Trésor. Beaucoup d’autres personnes faisaient la même chose. »
Plus grave encore, Kane accuse indirectement certains services internes de complicité passive, voire active. Il attire notamment l’attention sur les dysfonctionnements des services chargés du rapprochement comptable entre les écritures. « Les enquêteurs doivent vérifier les services qui font le rapprochement entre les comptables. Normalement, si un solde n’est pas soldé, l’écart doit apparaître et être régularisé. Mais chaque année, des gens s’arrangent pour rendre artificiellement les soldes nuls, sans régularisation réelle », a-t-il déclaré.
Mansour Kane dit assumer sa part de responsabilité : « Lors de mon arrestation, j’ai expliqué mon mode opératoire. J’ai exploité une faille, mais je ne protégerai personne. La vérité doit sortir. » Cependant, il refuse de citer d’autres noms, se contentant de suggérer que les pratiques incriminées étaient profondément ancrées dans les rouages du Trésor. « Je ne ferai pas d’accusations gratuites. Mais une chose est sûre : cette pratique existait bien avant moi. »
Ces déclarations jettent une lumière crue sur un système potentiellement gangrené, où les mécanismes de contrôle semblent défaillants et où la fraude aurait pu prospérer pendant plusieurs années, sous le regard complice ou négligent de certains agents.
L’affaire, qui implique déjà plusieurs transitaires et commerçants, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le parquet financier a ordonné des investigations supplémentaires pour démêler l’étendue du réseau, remonter la chaîne des responsabilités et déterminer l’éventuelle implication de hauts fonctionnaires du ministère des Finances.
Air Sénégal traverse une zone de turbulences financières et juridiques. La compagnie nationale sénégalaise a annoncé la restitution de quatre avions à son bailleur Carlyle Aviation Partners, à compter du 19 juin 2025. Cette décision intervient dans un contexte de conflit aigu entre les deux parties, marqué par une saisie conservatoire de 1,8 milliard FCFA opérée par l’Association du transport aérien international (IATA), à la demande du bailleur américain.
À l’origine de cette crise, un différend portant sur la location d’un Airbus A319 dont le contrat aurait expiré en octobre 2024. Carlyle accuse Air Sénégal de ne pas avoir restitué l’appareil dans les délais, en violation d’un accord d’achat antérieur. Le bailleur reproche également à la compagnie sénégalaise de ne pas avoir respecté les conditions contractuelles, tout en augmentant unilatéralement les prix de location et les tarifs d’achat par la suite. En réaction, Carlyle a saisi l’IATA, qui a décidé de geler les recettes d’Air Sénégal générées via son système de règlement intercompagnies.
Face à cette mesure jugée « abusive et sans fondement juridique », le directeur général adjoint d’Air Sénégal, Farba Diouf, a adressé une mise en demeure ferme au Directeur régional de l’IATA, Fabrice Sahiri. Intitulée « Contestation de la saisie conservatoire appliquée par l’IATA sur nos recettes valant mise en demeure préalable avant poursuite », la correspondance dénonce une « violation manifeste du droit OHADA », en insistant sur le caractère illégal d’une saisie sur des recettes futures. La direction d’Air Sénégal exige donc la levée immédiate de cette mesure et la restitution des fonds retenus depuis mars 2025.
Dans sa contre-offensive, la compagnie va jusqu’à accuser l’IATA de s’arroger des prérogatives supérieures à celles d’une banque centrale comme la BCEAO, et demande à l’organisation de produire les textes juridiques internationaux autorisant une telle saisie. Air Sénégal conteste aussi la méthode utilisée par Carlyle, estimant que le contentieux aurait dû être réglé dans un cadre contractuel ou arbitral, plutôt que via un gel unilatéral des avoirs.
En parallèle à la riposte juridique, la compagnie a pris une décision radicale : mettre fin à sa collaboration avec Carlyle Aviation Partners et restituer les quatre avions affrétés, soit deux Airbus A319 et deux Airbus A321. Deux de ces appareils sont déjà immobilisés à Châteauroux, en France, signe d’un désengagement entamé depuis plusieurs semaines.
Consciente des risques de perturbations que pourrait entraîner cette rupture dans sa flotte, la direction d’Air Sénégal a déjà sollicité son Conseil d’administration afin d’autoriser l’affrètement de nouveaux appareils. Selon L’Observateur, les constructeurs Boeing et Airbus ont tous deux soumis des offres de location à court terme, en attendant la validation formelle du Conseil.
Cette affaire met en lumière les difficultés structurelles auxquelles fait face Air Sénégal depuis sa création en 2016, malgré les ambitions de faire émerger une compagnie moderne et compétitive dans le ciel africain. Entre pressions financières, exigences de rentabilité et litiges commerciaux, la compagnie nationale doit désormais naviguer avec prudence pour éviter une crise plus profonde.
Le concours d’entrée en classe de Sixième vivra sa dernière édition en 2025. À partir de 2026, tous les élèves du cycle élémentaire accéderont automatiquement au collège, sans avoir à se soumettre à cette évaluation nationale longtemps considérée comme un rite de passage. C’est l’annonce majeure faite par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, lors d’une conférence de presse organisée ce lundi. Cette mesure, selon le ministre, répond d’abord à une exigence légale mais aussi à une volonté politique d’inclusion et de justice sociale.
Revenant sur les fondements juridiques de cette décision, Moustapha Guirassy a rappelé que la loi d’orientation de l’éducation nationale (loi n°91-22 du 16 février 1991) impose une obligation scolaire gratuite pour tous les enfants de 6 à 16 ans. Dès lors, maintenir un concours d’admission à la fin du cycle primaire, susceptible d’exclure certains enfants du parcours scolaire, constitue selon lui une entorse manifeste à la loi. « Il n’a pas 16 ans, il n’a pas encore fait ses 10 ans de scolarité obligatoire, mais vous l’empêchez de poursuivre son cursus parce qu’il a échoué à un concours… Ce n’est pas juste », a martelé le ministre, ajoutant qu’il s’agit pour le gouvernement de « se conformer strictement à la loi ».
La suppression de ce concours répond aussi à une logique de justice sociale. De nombreux élèves, notamment dans les zones rurales ou défavorisées, échouent non pas par manque de capacités mais en raison d’inégalités d’accès à des conditions d’apprentissage acceptables. « Ce concours détruit beaucoup de carrières », a déploré Guirassy, en référence aux destins brisés de milliers d’enfants dont le parcours éducatif s’arrête prématurément pour une note insuffisante.
En écho à la décision du Premier ministre Ousmane Sonko lors de la réunion interministérielle du 30 mai 2025, cette mesure s’inscrit dans le cadre plus large d’une réforme du cycle fondamental, visant à garantir une scolarisation continue sur 10 ans. Le ministre de l’Éducation a assuré que l’État prendra ses responsabilités pour accompagner les établissements, les enseignants, les parents et les élèves dans cette transition.
« Le gouvernement fera face à ses obligations. Il nous revient de gérer cette phase et de trouver les moyens d’accompagner les enfants durant ces 10 années de scolarité obligatoire. Il faut donc aller naturellement dans le sens de la suppression de ce concours », a conclu le ministre.
La décision soulève déjà de nombreuses réactions, entre soutien enthousiaste et inquiétudes logistiques. Toutefois, pour les autorités, il s’agit moins d’un choix politique que d’un impératif républicain : celui de garantir à tous les enfants sénégalais un droit plein et entier à l’éducation, sans barrière artificielle.
Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais prend une nouvelle tournure explosive, avec des révélations qui mettent à nu une vaste fraude impliquant transitaires, commerçants et fonctionnaires. Alors que l’enquête se poursuit à la Division des investigations criminelles (DIC), plusieurs acteurs mis en cause dans cette affaire ont commencé à coopérer, allant jusqu’à reconnaître les faits et à rembourser une partie des fonds détournés.
Selon des informations rapportées par le journal Libération, plusieurs transitaires, parmi lesquels Mamadou Ly, gérant de Médina Transit, ont fait des aveux jugés accablants par les enquêteurs. Ce dernier a reconnu avoir reçu deux chèques d’un montant cumulé de plus d’1,3 milliard de FCFA des mains de son voisin, Pape Galaye Thiaw, un commerçant de téléphones. Il affirme avoir versé à ce dernier une commission de 10%, tout en prétendant ne pas connaître l’origine frauduleuse des chèques.
Même scénario du côté de Lamine Ba, responsable de Touba Darou Salam Transit, qui a admis avoir encaissé des chèques totalisant plus de 1,4 milliard FCFA, également fournis par le même Pape Galaye Thiaw. Ce dernier, aujourd’hui introuvable, est présenté comme un simple exécutant. Selon les témoignages recueillis, il serait trop peu structuré pour avoir lui-même orchestré le vol des chèques, ce qui laisse entrevoir l’existence d’un réseau plus vaste et mieux organisé.
Les investigations ont rapidement mené vers Mansour Kane, un contrôleur du Trésor déjà incarcéré dans une autre affaire de faux chèque portant sur 400 millions FCFA. Plusieurs transitaires l’ont directement désigné comme étant au cœur du système. L’un d’eux, Abdoulaye Ba, de Niany Transit, a déclaré avoir reçu de lui un chèque de 547 millions FCFA moyennant une commission de 12%.
Extrait de prison pour être confronté à ces accusations, Mansour Kane a d’abord tout nié, avant de finir par reconnaître, face aux éléments présentés, avoir remis deux chèques à Ahmed Tidiane Nam et Ramatoulaye Fall. Il a cependant rejeté toute implication dans les autres cas, estimant qu’on cherche à faire de lui le bouc émissaire d’un système plus complexe : « J’ai exploité une faille du système, mais comme je suis le premier à avoir été arrêté, on veut tout me faire endosser », a-t-il déclaré lors de son audition.
Ces confessions ont conduit le parquet financier à demander l’élargissement des investigations. Les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne, pour déterminer l’ampleur exacte de la fraude et identifier les autres complices, notamment au sein de l’administration du Trésor.
Ce scandale met en lumière la vulnérabilité des mécanismes de contrôle dans la gestion des fonds publics et pose, une nouvelle fois, la question de la transparence et de la responsabilité dans les finances de l’État. Le public reste suspendu à l’évolution de cette affaire tentaculaire, dont les ramifications pourraient secouer davantage les institutions concernées.
Aquelques jours de la date butoir du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), fixée au 30 juin par la loi organique, une alerte majeure s’impose.
Le Sénégal fait face à une double crise budgétaire : une crise de légalité et une crise de sincérité.
D’un côté, le journal Les Échos révèle que la LFR et le DOB 2025 ont été « adoptés » par le Bureau de l’Assemblée nationale. De l’autre, le ministère des Finances annonce pour le 23 juin la publication tardive des rapports d’exécution budgétaire du 4e trimestre 2024 et du 1er trimestre 2025 alors même que les arbitrages pour les années 2026 à 2028 sont déjà en cours.
Cette double séquence confirme une rupture grave de l’ordre institutionnel.
Le journal *Les Échos* du 17 juin 2025 rapporte que le Bureau de l’Assemblée nationale a adopté la Loi de Finances Rectificative (LFR) ainsi que le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), en attente d’un calendrier de plénière.
Cette annonce, en apparence anodine, dissimule une double anomalie institutionnelle d’une extrême gravité puisque ni la LFR 2025 ni le DOB 2025 n’ont été adoptés en Conseil des ministres.
La seule référence officielle sur ces sujets figure dans les communiqués des 4 et 21 mai 2025. Le premier évoque une note de cadrage budgétaire, le second mentionne une simple préparation du DOB avant la fin juin. Aucune trace d’une adoption formelle de ces documents en Conseil des ministres n’a été retrouvée.
La LOLF n°2020‑07 du 26 février 2020 est pourtant explicite :
« Le Ministre chargé des Finances prépare les projets de lois de finances qui sont adoptés en Conseil des Ministres. »(Article 55)
« Le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle visé à l’article 51 de la présente loi organique, éventuellement accompagné des documents de programmation pluriannuelle des dépenses visés à l’article 52 de la présente loi organique, est adopté en Conseil des Ministres. Ces documents sont publics et soumis un débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale, au plus tard à la fin d deuxième trimestre de l’année.» (Article 56)
En parallèle, l’absence de LFR jusqu’à la date d’aujourd’hui et à la veille du DOB et de la nouvelle stratégie budgétaire et financière annoncée par la président de la république, constitue une anomalie gravissime.
Depuis février 2025, de nouvelles données ont été formellement constatées par la Cour des comptes. La logique budgétaire, comme l’exige la rigueur républicaine, aurait voulu qu’une Loi de Finances Rectificative soit introduite pour corriger les écarts et actualiser les équilibres macroéconomiques.
Or, rien n’a été fait. Le budget 2025 demeure inchangé malgré un contexte économique bouleversé. Il devient ainsi un document artificiel, déconnecté de la réalité mais toujours utilisé pour planifier l’avenir.
Les risques ne sont pas théoriques. Les partenaires techniques et financiers perçoivent l’absence de LFR comme un signe d’opacité, le Parlement risque de débattre du DOB sans accès aux données exécutées et les décisions publiques deviennent illisibles, fragiles et déconnectées du réel.
L’équation est simple : sans adoption formelle en Conseil des ministres, la LFR et le DOB n’ont pas de base juridique valide. Sans LFR sincère, les projections deviennent biaisées et risquées. Sans respect du calendrier, la transparence devient une fiction administrative.
La vérité budgétaire n’est pas une faveur, c’est une obligation.
Le peuple sénégalais mérite mieux que des procédures tronquées et des chiffres obsolètes. Il a droit à une gouvernance rigoureuse, à un Parlement éclairé et à des décisions fondées sur des données validées, assumées et vérifiables.
L’affaire du scandale foncier lié à la construction du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure décisive. Selon des révélations du journal Libération, plusieurs anciens hauts responsables de l’administration sénégalaise ont été placés sous bracelet électronique dans le cadre de l’enquête menée par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice.
Parmi les personnalités ciblées figurent Mame Boye Diao, ex-directeur des Domaines, Abdoulaye Sy, ancien directeur administratif et financier (DAGE) du ministère de la Justice, Daouda Diallo, ex-chef du bureau des Domaines, ainsi qu’un ancien chef du Cadastre. Ces anciens hauts fonctionnaires sont désormais soumis à un contrôle judiciaire strict, alors que les investigations se poursuivent autour des malversations présumées ayant entaché l’attribution du terrain destiné à l’édification du Palais de Justice.
Un mandat d’amener a en outre été lancé contre Mamadou Gueye, un autre ancien directeur des Domaines, actuellement introuvable et soupçonné d’avoir quitté le territoire national. Son implication dans l’affaire serait jugée centrale par les enquêteurs.
Ces développements surviennent dans la continuité de l’examen de la liste des 26 agents du ministère de la Justice, identifiés très tôt dans l’enquête comme potentiellement impliqués. Ce fichier interne, devenu une pièce maîtresse du dossier, alimente les soupçons sur une vaste opération de spoliation foncière orchestrée à plusieurs niveaux de l’appareil étatique.
Le dossier du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye, qui aurait dû symboliser un renforcement de l’infrastructure judiciaire dans la banlieue dakaroise, risque désormais de devenir un emblème du détournement de biens publics. Ce scandale met en lumière les failles profondes dans la gestion du patrimoine foncier de l’État, un secteur souvent critiqué pour son opacité et ses collusions politico-administratives.
Alors que les autorités judiciaires continuent de dérouler l’écheveau de ce dossier sensible, les regards se tournent vers les institutions de contrôle et de régulation pour qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la moralisation de la gestion publique. Ce nouveau coup de filet est perçu par une partie de l’opinion comme un signal fort envoyé par la justice sénégalaise, déterminée à rompre avec l’impunité longtemps associée aux crimes économiques et financiers.
Le Commissariat central de Kaolack a récemment frappé un grand coup dans la lutte contre l’insécurité urbaine et le trafic de drogue, en procédant à l’interpellation de neuf (09) individus impliqués dans une série d’activités criminelles.
L’opération, menée suite à un renseignement de source fiable, visait un groupe de jeunes qui occupait une chambre au quartier Parcelles Assainies « Peugha ». Ces individus étaient soupçonnés de se livrer à diverses activités illicites, notamment le trafic de chanvre indien, des agressions, des vols aggravés et de la prostitution clandestine.
Une perquisition effectuée à l’adresse signalée a permis, dans un premier temps, l’arrestation de six (06) personnes, parmi lesquelles figurait une jeune fille. Les éléments de preuve saisis sur les lieux renforcent la gravité des accusations : cinq (05) cornets de chanvre indien, deux (02) motos de type Jakarta, plusieurs bouteilles d’alcool, une sacoche, des cartes bancaires ainsi qu’une carte nationale d’identité.
Poursuivant leur enquête, les forces de sécurité ont appréhendé trois (03) autres individus, dont une autre jeune fille, en lien avec les faits.
L’ensemble des personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Une enquête approfondie est en cours, avec pour objectif de retrouver d’éventuels complices et de démanteler complètement ce réseau criminel.
L’affaire du terrain destiné à la construction du palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure judiciaire spectaculaire. Plusieurs anciens hauts responsables de l’État, dont l’ex-ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, sont désormais dans le viseur de la Haute cour de justice. D’après les révélations du quotidien Libération, l’instruction menée par la commission compétente a déjà abouti à une série d’inculpations et de placements sous bracelet électronique.
Ancien garde des Sceaux sous le régime de Macky Sall, Ismaïla Madior Fall est poursuivi pour corruption dans le cadre de ce dossier foncier controversé. La justice l’a inculpé et placé sous bracelet électronique, mesure alternative à la détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir facilité ou couvert des pratiques illicites lors de l’attribution du terrain litigieux.
Dans la même affaire, l’entrepreneur Cheikh Guèye, impliqué dans l’exécution du projet, et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice, ont également été mis sous bracelet électronique. Ces mesures confirment la gravité des soupçons pesant sur les modalités d’attribution et de gestion du terrain destiné à accueillir la future infrastructure judiciaire.
L’affaire s’élargit avec l’inculpation de quatre autres figures de l’ancien appareil étatique. Selon Libération, il s’agit de :
Mame Boye Diao, ex-directeur général des Domaines, Abdoulaye Sy, ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Justice, L’ancien chef du bureau des Domaines de Guédiawaye, Et l’ancien chef du bureau du Cadastre de la même localité.
Ces derniers sont tous placés sous contrôle judiciaire, avec bracelet électronique.
La commission d’instruction a par ailleurs émis un mandat d’amener à l’encontre de Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous Macky Sall, qui se trouverait actuellement à l’étranger. La Division des investigations criminelles (DIC) a été saisie pour procéder à son interpellation et organiser son retour au pays afin qu’il réponde à la justice.
Cette affaire intervient dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption et la reddition des comptes engagée par le nouveau régime. Elle met à nu de potentielles pratiques frauduleuses au plus haut niveau de l’administration foncière et judiciaire du pays. Le traitement de ce dossier sera observé de près, tant par l’opinion publique que par les acteurs de la société civile, qui réclament une gestion rigoureuse et impartiale des affaires d’État.
Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la Présidence de la République, est monté au créneau pour fustiger la réaction officielle du Sénégal face à l’escalade militaire entre Israël et l’Iran. Selon lui, la posture adoptée par les autorités sénégalaises manque à la fois de clarté et de fermeté.
« Je ne suis pas d’accord avec la posture du Sénégal. Je l’ai dit depuis le début, le Sénégal devait ouvertement dénoncer l’attitude d’Israël, qui a clairement violé le droit international en attaquant l’Iran », a-t-il affirmé lors d’une récente sortie médiatique. Pour cet acteur politique et analyste des relations internationales, la diplomatie sénégalaise a fait preuve de frilosité là où elle aurait dû adopter une position de principe.
Depuis le déclenchement des hostilités le 13 juin dernier, le conflit entre Israël et l’Iran a pris une ampleur dramatique, faisant plusieurs centaines de morts et aggravant les tensions dans une région déjà instable. Alors que certains pays africains ont choisi une neutralité silencieuse, d’autres ont émis des condamnations fermes ou exprimé leur solidarité avec l’une des parties. Le Sénégal, quant à lui, s’est limité à un communiqué appelant à la retenue et au respect du droit international.
Cheikh Oumar Diagne, tout en condamnant l’agression israélienne, appelle néanmoins les autorités sénégalaises à éviter toute implication active dans cette crise d’envergure. « C’est un conflit de géants. Que le Sénégal reste dans son coin et se limite à dénoncer », a-t-il conseillé avec un sourire, mettant en garde contre toute velléité d’envoyer des émissaires ou de tenter une médiation diplomatique.
Dans un communiqué officiel, l’ambassade des États-Unis au Sénégal a exprimé sa gratitude envers le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères pour son engagement dans les efforts visant à protéger les citoyens sénégalais, en particulier ceux se trouvant en situation irrégulière sur le sol américain.
Dans cette dynamique de coopération bilatérale, la représentation diplomatique américaine a annoncé le lancement de l’application CBP One, une plateforme numérique gratuite mise en place par le gouvernement des États-Unis. Accessible via l’Apple App Store et Google Play, cette application est spécifiquement destinée à aider les migrants en situation irrégulière qui souhaitent quitter volontairement le territoire américain.
« Le gouvernement des États-Unis a lancé l’application gratuite CBP One pour aider les personnes en situation irrégulière aux États-Unis et qui souhaitent quitter le pays volontairement », précise le communiqué.
L’ambassade américaine invite donc tous les citoyens sénégalais concernés par cette situation à télécharger CBP One afin d’accéder à des services officiels, d’obtenir des informations fiables, et de suivre les procédures adéquates pour un départ organisé et dans le respect de la loi.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté commune des deux pays de gérer les questions migratoires de manière humaine, structurée et respectueuse des droits de chacun. Elle vise aussi à réduire les risques liés à la clandestinité, souvent associés à des conditions de vie précaires et à une vulnérabilité accrue des migrants.
Le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les démarches volontaires de ses ressortissants et à travailler avec les autorités américaines dans un esprit de dialogue et de coopération.
CBP One est une application mobile développée par la Customs and Border Protection (CBP), l’agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis. Elle permet notamment de planifier des rendez-vous, d’accéder à des informations de migration légales, et de suivre les procédures administratives pour les migrants se trouvant sur le territoire américain.
Dans un communiqué officiel, l’ambassade des États-Unis au Sénégal a exprimé sa gratitude envers le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères pour son engagement dans les efforts visant à protéger les citoyens sénégalais, en particulier ceux se trouvant en situation irrégulière sur le sol américain.
Dans cette dynamique de coopération bilatérale, la représentation diplomatique américaine a annoncé le lancement de l’application CBP One, une plateforme numérique gratuite mise en place par le gouvernement des États-Unis. Accessible via l’Apple App Store et Google Play, cette application est spécifiquement destinée à aider les migrants en situation irrégulière qui souhaitent quitter volontairement le territoire américain.
« Le gouvernement des États-Unis a lancé l’application gratuite CBP One pour aider les personnes en situation irrégulière aux États-Unis et qui souhaitent quitter le pays volontairement », précise le communiqué.
L’ambassade américaine invite donc tous les citoyens sénégalais concernés par cette situation à télécharger CBP One afin d’accéder à des services officiels, d’obtenir des informations fiables, et de suivre les procédures adéquates pour un départ organisé et dans le respect de la loi.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté commune des deux pays de gérer les questions migratoires de manière humaine, structurée et respectueuse des droits de chacun. Elle vise aussi à réduire les risques liés à la clandestinité, souvent associés à des conditions de vie précaires et à une vulnérabilité accrue des migrants.
Le ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les démarches volontaires de ses ressortissants et à travailler avec les autorités américaines dans un esprit de dialogue et de coopération.
CBP One est une application mobile développée par la Customs and Border Protection (CBP), l’agence des douanes et de la protection des frontières des États-Unis. Elle permet notamment de planifier des rendez-vous, d’accéder à des informations de migration légales, et de suivre les procédures administratives pour les migrants se trouvant sur le territoire américain.
Le dossier explosif relatif à l’assiette fiscale du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, continue de faire tomber des têtes. Après l’inculpation de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, de nouvelles personnalités viennent d’être mises en cause par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.
Selon les informations du journal Libération dans son édition du mardi 17 juin, Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, a été inculpé pour corruption présumée et placé sous bracelet électronique. Une mesure identique a été prononcée contre Abdoulaye Sy, ex-directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de la Justice, ainsi que contre d’anciens responsables des bureaux des Domaines et du Cadastre de Guédiawaye.
Toujours dans le cadre de cette affaire, un mandat d’amener a été émis contre Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous le régime de Macky Sall, actuellement à l’étranger. Sa traque a été confiée à la Direction de l’Investigation Criminelle (DIC), chargée de son interpellation.
Pour rappel, deux autres mis en cause — l’entrepreneur Cheikh Guèye et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice — avaient été initialement placés sous mandat de dépôt avant de bénéficier eux aussi d’un placement sous bracelet électronique.
Dans une lettre adressée au Professeur Ndiaye, l’ancien ministre Pape Malick Ndour apporte un éclairage crucial sur la situation actuelle de la dette intérieure du Sénégal et sur la capacité du pays à mobiliser son épargne nationale pour financer ses besoins budgétaires.
Il remercie d’abord le Professeur pour sa contribution au débat sur le fonctionnement du marché UEMOA-Titres, mais précise que le vrai problème ne réside pas dans la structuration mutualisée du marché, reconnue par tous, mais plutôt dans l’incapacité spécifique du Sénégal, ces derniers mois, à mobiliser ses ressources nationales.
Pour illustrer ce propos, il cite l’exemple de la Côte d’Ivoire. Le 10 juin dernier, la Côte d’Ivoire a réussi à lever 110 milliards de FCFA, dont 109 milliards ont été souscrits par ses propres banques et investisseurs nationaux. En comparaison, le Sénégal n’a contribué qu’à hauteur de 230 millions FCFA à cette opération. Plus récemment, le 14 juin, la Côte d’Ivoire a levé 33 milliards, avec 28,3 milliards provenant de son épargne locale, sans aucune contribution du Sénégal. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et démontrent une réalité économique difficile pour le Sénégal.
Historiquement, comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal couvrait jusqu’à plus de 50 % de ses besoins de financement grâce à son épargne interne. Cette époque semble révolue. Désormais, le Sénégal dépend largement des souscriptions ivoiriennes pour financer ses émissions sur le marché régional, ce qui traduit une double faiblesse : une économie locale asphyxiée et un système bancaire national sous-liquide et frileux.
Le financement par les banques sénégalaises repose essentiellement sur les ressources longues et les dépôts issus des acteurs économiques locaux, notamment les hommes d’affaires, commerçants, PME, PMI et autres entreprises. Or, ces acteurs traversent une période économique particulièrement difficile. La morosité économique, la pression fiscale accrue, les licenciements, les difficultés administratives et politiques, le manque d’accès aux marchés publics et la raréfaction des opportunités d’affaires minent leur capacité à épargner et investir, ce qui affaiblit mécaniquement la capacité du système bancaire à soutenir l’État.
Dans ce contexte, il est illusoire de croire que les banques et investisseurs locaux peuvent continuer à financer l’État avec la même vigueur. La vitalité économique est la condition sine qua non pour mobiliser l’épargne nationale.
Ainsi, ce n’est pas la structure même du marché régional qui pose problème, mais bien la situation économique interne du Sénégal. Tandis que la Côte d’Ivoire capitalise sur la confiance et la solidité de son tissu économique, le Sénégal peine à mobiliser ses propres investisseurs, se retrouvant en situation de dépendance malgré l’existence d’un marché intégré et mutualisé.
Le véritable enjeu, conclut Pape Malick Ndour, est donc d’adresser cette réalité économique avec lucidité et sans se perdre dans des débats techniques. Ce n’est pas la mutualisation du marché qui est à remettre en cause, mais la capacité du Sénégal à restaurer la confiance de ses acteurs économiques pour relancer la mobilisation de son épargne nationale.
Le Ministère des Finances et du Budget a annoncé ce lundi 16 juin 2025 un report dans la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire, relatifs au quatrième trimestre 2024 ainsi qu’au premier trimestre 2025. Ces rapports, connus sous l’appellation RTEB, sont un instrument fondamental de transparence et de redevabilité, destiné à informer les citoyens, les parlementaires et les partenaires techniques et financiers sur l’état de la gestion budgétaire de l’État.
Cette décision de report a été prise en réponse à la nécessité de garantir la sincérité et la fiabilité des données contenues dans ces rapports. Suite au récent rapport de la Cour des Comptes qui avait relevé plusieurs manquements dans la gestion budgétaire des années passées, les services du Ministère ont entrepris un exercice approfondi afin de déterminer précisément le montant et la nature des dépenses extrabudgétaires réalisées, notamment au premier trimestre 2024. L’objectif est d’intégrer ces dépenses de manière conforme dans le Tableau des Opérations Financières de l’État (TOFE) et dans les rapports d’exécution budgétaire.
Le Ministère informe également qu’une réforme majeure a été engagée concernant la gestion budgétaire. Désormais, les dépenses extrabudgétaires des exercices antérieurs ne seront plus reportées sur le budget des années suivantes. Elles seront prises en compte dans le budget de l’année au cours de laquelle elles ont effectivement été exécutées. Ce changement vise à renforcer l’orthodoxie budgétaire et à assurer une meilleure sincérité dans la présentation des finances publiques.
Ce travail de recensement, de reclassification et de fiabilisation des données fait partie intégrante de la stratégie gouvernementale visant à assainir progressivement les finances publiques, à régulariser les engagements hérités des exercices antérieurs, tout en soutenant le secteur privé dans le cadre de la relance économique nationale. Ces opérations ont nécessité un délai supplémentaire, ce qui explique le report dans la publication des rapports trimestriels.
Le Ministère des Finances et du Budget assure par ailleurs que la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire interviendra le lundi 23 juin 2025. Il réaffirme son engagement à poursuivre une politique forte de transparence budgétaire, avec une dynamique de clarté et de rigueur pour fournir une information fiable à toutes les parties prenantes.
Un scandale financier secoue actuellement la Senelec, la société nationale d’électricité du Sénégal. Selon des révélations exclusives du quotidien Libération, la banque NSIA a prélevé plus de 2 milliards de francs CFA sur les comptes de Senelec, en application d’une garantie controversée accordée en 2020 au Comité sénégalais pour la sécurité des usagers de l’électricité (Cossuel).
Les faits remontent au 29 septembre 2020, lorsque l’ancienne direction de la Senelec a signé un document engageant la société nationale comme garante à première demande auprès de la NSIA Banque. Cette garantie, référencée sous le numéro Nbs/Corp/Ds/290922020, concernait un financement de 3,3 milliards FCFA destiné à soutenir les activités de contrôle et de certification des installations électriques domestiques et publiques lancées par le Cossuel.
Toutefois, selon les informations obtenues par Libération, le Cossuel n’aurait pas respecté ses engagements contractuels vis-à-vis de la banque, ce qui a conduit la NSIA à activer la garantie. Par conséquent, la banque a directement ponctionné les comptes de la Senelec pour un montant total de 2 206 682 747 FCFA au 10 avril 2025, incluant les appels à garantie et les commissions associées.
Cette situation inattendue a pris la nouvelle direction générale de la Senelec au dépourvu. Constatant ce qu’elle qualifie de « bombe à retardement » financière, elle a décidé de réagir en saisissant la justice. Une sommation-assignation a été déposée devant le tribunal de Commerce de Dakar, demandant l’annulation pure et simple de cette garantie. La Senelec réclame également le remboursement intégral des sommes prélevées, arguant que l’engagement pris par son ancienne direction est nul et de nul effet.
Cette affaire, qui oppose aujourd’hui la société publique à la banque NSIA, soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des garanties financières et la responsabilité des anciens dirigeants dans la signature de contrats engageant lourdement les finances publiques. Le litige est désormais entre les mains de la justice commerciale, qui devra trancher sur la validité de cette garantie et le sort des fonds prélevés.
À Kolda, le personnel du Forum Civil a récemment bénéficié d’une formation intensive sur l’intelligence artificielle (IA), une avancée significative dans l’adaptation des pratiques de la société civile aux évolutions technologiques. Cette initiative, rendue possible grâce au soutien de la Mairie de Barcelone, vise à renforcer les compétences des acteurs locaux pour mieux exploiter les outils numériques dans leurs missions quotidiennes.
L’objectif principal de cette formation était de familiariser les participants avec l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la collecte, l’analyse et le partage des données. Ces données sont essentielles pour orienter efficacement les interventions auprès des communautés, des autorités locales et des partenaires, et permettent d’améliorer la prise de décision ainsi que la réactivité des organisations citoyennes.
M. Sané, directeur du Centre de Recherche et d’Essai de Kolda et formateur lors de cette session, a insisté sur l’importance de l’intelligence artificielle dans un monde où la rapidité et la qualité de l’information sont des enjeux majeurs. Il a expliqué que ces nouvelles technologies offrent des outils pratiques qui permettent d’optimiser la gestion des données et de rendre le travail citoyen plus performant.
De son côté, Me Seydi, coordinateur de la Maison du Citoyen de Kolda, a salué cette formation en soulignant son impact positif sur l’efficacité du personnel de terrain. Selon lui, cette acquisition de compétences est un atout majeur pour mieux répondre aux attentes des citoyens, améliorer la communication et assurer la qualité des interventions menées par le Forum Civil.
Cette démarche témoigne de la volonté du Forum Civil de Kolda de s’adapter aux mutations technologiques et de moderniser ses méthodes de travail. En intégrant l’intelligence artificielle dans ses processus, l’organisation se positionne comme une société civile innovante, plus connectée et plus réactive face aux défis locaux. Cette formation marque donc un pas important vers une meilleure utilisation des technologies numériques au service du développement et de la gouvernance locale.
Le Tribunal de grande instance de Mbour a rendu ce lundi 16 juin 2025 son verdict dans l’affaire du naufrage survenu au large de la Petite-Côte le 8 septembre 2024, un drame qui avait coûté la vie à quarante candidats à l’émigration clandestine. Le principal accusé, Cheikh Sall, capitaine de la pirogue et frère du maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, a été condamné à une peine de sept ans de prison ferme. Une décision qui va au-delà des deux ans requis par le parquet lors du procès tenu en mai dernier.
Son co-accusé, identifié comme étant le fournisseur du carburant ayant servi à alimenter la pirogue, a quant à lui écopé de deux ans d’emprisonnement.
Ce verdict intervient malgré un élément exceptionnel dans ce dossier : le pardon public des familles des victimes. Ces dernières avaient choisi de retirer leur plainte, exprimant leur compassion à l’endroit de l’accusé principal, dont plusieurs enfants ont péri dans le naufrage. Ce geste de clémence n’a toutefois pas été retenu par le juge, qui a estimé que la gravité des faits exigeait une réponse judiciaire ferme.
Le naufrage de septembre 2024 avait ému l’ensemble du pays. La pirogue, manifestement surchargée et mal équipée, transportait des dizaines de jeunes hommes et femmes aspirant à rejoindre clandestinement l’Europe. Elle a chaviré dans des circonstances tragiques peu après avoir quitté les côtes de Mbour. Parmi les victimes figuraient plusieurs enfants, dont ceux du capitaine lui-même, renforçant la dimension tragique de l’affaire.
Le jugement de ce lundi est perçu par certains comme un signal fort des autorités judiciaires face au phénomène récurrent des départs irréguliers par voie maritime. Alors que le Sénégal continue de faire face à une vague persistante d’émigration clandestine, cette condamnation pourrait marquer un tournant dans la répression des filières locales impliquées dans l’organisation de ces traversées périlleuses.
Le Train Express Régional (TER), fleuron du transport ferroviaire au Sénégal, a été la cible d’actes de sabotage les 13 et 14 juin 2025, selon une déclaration conjointe de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et de la Société d’Exploitation du TER (SETER). Les deux structures dénoncent avec fermeté des actions délibérées ayant visé des « équipements stratégiques essentiels à la bonne marche de la circulation ferroviaire ».
Ces actes malveillants, précisent-elles, ont occasionné d’importants ralentissements et perturbations sur l’ensemble de la ligne du TER. Le communiqué évoque notamment des retards sur plusieurs dessertes ainsi qu’un « surcoût significatif » dû aux réparations nécessaires et au remplacement des dispositifs endommagés.
Malgré ces incidents, les responsables de la SETER et de la SENTER tiennent à rassurer les usagers. Ils soulignent que la sécurité des installations n’a à aucun moment été compromise. Toutefois, en raison des dégradations, des limitations de vitesse ont été imposées par précaution, ce qui impacte momentanément la fluidité du trafic.
La direction des deux entités assure que toutes les mesures sont prises pour rétablir au plus vite la situation et pour renforcer la surveillance sur le réseau ferroviaire. Une enquête serait en cours pour identifier les auteurs de ces actes jugés « graves et préjudiciables à l’intérêt général ».
Le TER, lancé pour moderniser le système de transport et désengorger la région dakaroise, a déjà transporté des millions de passagers depuis sa mise en service. Ces actes de sabotage constituent ainsi une attaque directe contre un outil de service public et de développement national.
La société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a réagi ce lundi 16 juin 2025, après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent l’un de ses conducteurs en situation de conduite jugée « dangereuse et inappropriée », suscitant de vives réactions chez les usagers et l’opinion publique.
Dans un communiqué officiel, la direction générale de Dakar Dem Dikk confirme avoir rapidement identifié l’auteur des faits. Il s’agit du conducteur du bus urbain immatriculé 6163, en service sur l’axe Keur Massar. L’entreprise indique que « dès la réception de la vidéo et après vérification, le salarié a été immédiatement identifié et une procédure disciplinaire a été engagée sans délai ». La société précise que ces mesures sont conformes à son règlement intérieur et à ses engagements en matière de sécurité.
La direction rappelle que la sécurité des passagers et des autres usagers de la route reste une priorité absolue. « Nous ne saurions tolérer aucun manquement qui pourrait compromettre la sécurité des personnes transportées ou celle des citoyens », souligne le texte.
Dans le même communiqué, Dakar Dem Dikk informe avoir récemment mis en place une plateforme de signalement destinée à recueillir les alertes émanant des usagers. Cet outil vise à renforcer la transparence et à améliorer la réactivité de la société face aux comportements inadaptés.
L’entreprise appelle à une vigilance collective et encourage les citoyens à continuer de signaler toute situation suspecte ou dangereuse. « La sécurité routière est l’affaire de tous », conclut la note, en insistant sur l’importance de la collaboration entre la société de transport, ses passagers et l’ensemble des usagers de la route.
Une attaque armée s’est produite dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin 2025 sur l’axe routier Kothiary-Bala, dans le département de Goudiry, à l’extrême sud-est du Sénégal. Selon des informations rapportées par la RFM, trois individus encagoulés, lourdement armés, ont tendu une embuscade à un véhicule de transport en commun aux environs du village de Darou Ndioufène.
Le braquage a eu lieu peu avant minuit. D’après une source sécuritaire citée par la radio, les malfaiteurs ont surgi de l’obscurité pour barrer la route au véhicule. Armés et menaçants, ils ont contraint le chauffeur à immobiliser son véhicule. Les passagers ont ensuite été sommés de descendre avant d’être fouillés, tout comme le véhicule. Les assaillants ont ainsi pu s’emparer d’une importante somme d’argent, estimée à environ un million de francs CFA, ainsi que d’autres effets personnels appartenant aux victimes.
Après avoir accompli leur forfait, les trois braqueurs ont pris la fuite dans la nuit, laissant les passagers sous le choc. Informées dans la foulée, les forces de défense et de sécurité se sont rapidement rendues sur les lieux pour procéder aux constatations d’usage et sécuriser la zone.
Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier et retrouver les auteurs de cette attaque. À l’heure actuelle, aucun suspect n’a été arrêté. Les services de sécurité privilégient la piste d’un gang bien organisé opérant dans cette zone frontalière, connue pour ses difficultés d’accès et la porosité de ses axes secondaires.
Cet incident relance le débat sur la sécurité dans les zones rurales et les grands axes de transport, particulièrement dans le Sud-Est du pays où les actes de banditisme sur route sont récurrents. Les autorités locales sont appelées à renforcer la présence sécuritaire sur ces itinéraires sensibles afin de protéger les populations et les usagers de la route.
Une nouvelle tentative de migration clandestine a été déjouée à Jaxaay, dans la banlieue dakaroise. Selon un communiqué officiel transmis à la presse, les éléments du commissariat d’arrondissement de Jaxaay ont procédé à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de traversée illégale vers l’étranger. L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement signalant la présence de candidats à l’émigration irrégulière dans une maison située à l’unité 19 du quartier.
Parmi les neuf individus arrêtés figurent deux Sénégalais et sept ressortissants étrangers. Ces derniers auraient, d’après leurs déclarations recueillies par les enquêteurs, quitté leur pays d’origine, situé dans la sous-région ouest-africaine, pour rejoindre Dakar la veille de la fête de la Tabaski. Leur objectif : organiser une traversée clandestine en direction d’un pays étranger, dont la destination précise n’a pas été communiquée.
L’intervention policière a permis de localiser les suspects dans la maison signalée et de procéder à leur interpellation sans heurts. À l’issue des premières auditions, la police a décidé de placer les sept étrangers en garde à vue pour nécessité d’enquête. Quant aux deux Sénégalais, ils sont poursuivis pour des faits présumés de trafic de migrants, une infraction grave au regard de la législation sénégalaise.
Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué. L’objectif est de remonter la filière, souvent composée de passeurs organisés, de logisticiens et de facilitateurs locaux ou étrangers. La police n’écarte pas l’hypothèse d’un réseau transfrontalier actif dans plusieurs pays de la sous-région.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des tentatives de migration irrégulière, notamment en direction des îles Canaries. Les forces de sécurité sénégalaises renforcent leurs actions de prévention et de répression à travers des patrouilles, des opérations de renseignement et des actions ciblées dans les zones identifiées comme points de départ ou de regroupement.
Les autorités rappellent aux populations les dangers liés à l’émigration clandestine et appellent à la collaboration citoyenne pour signaler toute activité suspecte. Elles réitèrent leur détermination à lutter sans relâche contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité de jeunes désespérés en quête d’un avenir meilleur.
La Délégation Générale au Pèlerinage (DGP) est sortie de son silence ce lundi pour répondre aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état de prétendus retards et de difficultés de retour de certains pèlerins sénégalais depuis La Mecque. Face à la montée des inquiétudes au sein des familles et dans l’opinion publique, l’institution a apporté un démenti formel et une série de précisions sur l’état d’avancement du plan de rapatriement.
Dans son communiqué officiel, la DGP affirme qu’aucun pèlerin pris en charge par l’État sénégalais n’est abandonné en Arabie Saoudite. « Aucun pèlerin encadré par la DGP n’est laissé en rade », peut-on lire dans le document rendu public. Cette déclaration vise à apaiser les esprits alors que plusieurs internautes faisaient état de scènes de désarroi à Djeddah, suscitant une vague d’émotion dans le pays.
La DGP assure que les opérations de retour sont non seulement en cours mais qu’elles ont été lancées plus tôt que le calendrier initial ne le prévoyait. Selon l’institution, plus de 17 vols ont déjà quitté l’aéroport de Djeddah en direction de Dakar. Prévu entre le 13 et le 16 juin, le début du retour a pu être avancé au 11 juin, grâce à l’anticipation logistique et à la bonne coordination avec la compagnie Air Sénégal SA.
Néanmoins, deux vols prévus initialement les 15 et 16 juin ont été annulés puis reprogrammés en raison de contraintes techniques. Le vol 4 est désormais prévu pour le 18 juin, tandis que le vol 5 devrait décoller le 19 juin. Ces changements, bien que regrettables, sont présentés par la DGP comme des ajustements ponctuels dans une opération d’envergure impliquant plusieurs milliers de personnes.
Pour accompagner les pèlerins affectés par ces réajustements, la DGP indique qu’une cellule de suivi a été mise en place. Celle-ci est chargée d’assurer un encadrement individualisé des passagers en attente, en collaboration étroite avec les services opérationnels d’Air Sénégal. L’objectif affiché est de garantir à chaque pèlerin un retour dans des conditions optimales de sécurité, de confort et de dignité.
La DGP appelle les populations à la vigilance face aux rumeurs et exhorte les familles à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative au déroulement du Hajj. Elle réaffirme son engagement à poursuivre les opérations jusqu’au retour complet et sécurisé de tous les pèlerins sénégalais.
Cette sortie intervient dans un contexte de forte sensibilité où le moindre incident lié à l’organisation du pèlerinage peut provoquer de vives réactions. La communication rassurante de la DGP vise ainsi à contenir la polémique naissante et à rétablir la confiance autour d’un dispositif logistique aussi délicat que stratégique.
C’est un tournant judiciaire qui marque un soulagement pour Guy Marius Sagna. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant l’activiste et député à l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall. Statuant sur l’appel interjeté par M. Sagna, la juridiction a infirmé la décision rendue en première instance et prononcé la relaxe pure et simple du parlementaire.
En 2023, Guy Marius Sagna avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 200.000 FCFA, après avoir passé dix jours en détention provisoire. Une sentence prononcée suite à des propos jugés diffamatoires à l’encontre du général Moussa Fall. Le député avait immédiatement fait appel, dénonçant une décision injuste.
Ce lundi, la justice a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, lavant ainsi Guy Marius Sagna de toute accusation. L’activiste s’est réjoui de cette issue favorable via une publication sur sa page Facebook. « Aujourd’hui, la chambre correctionnelle a infirmé le jugement. Statuant à nouveau, la justice a décidé la relaxe, c’est-à-dire : le tribunal m’a déclaré non coupable des accusations du général Moussa Fall », a-t-il écrit.
Guy Marius Sagna a profité de cette décision pour rendre hommage à ses conseils. Il a salué la mémoire de Me Koureichi Ba, qui l’avait défendu en première instance, évoquant un « géant du barreau sénégalais » disparu. Il a également exprimé sa gratitude envers Me Moussa Sarr, son avocat en appel, dont il a loué la plaidoirie et l’engagement : « un autre géant du barreau sénégalais dont les plaidoiries, savoureux délices, ont été mises au service du peuple sénégalais ».
En visite officielle à Kaolack ce lundi, M. Martin Bäumer, co-président de la fondation Caritas Osnabrück (Allemagne), a parcouru plusieurs réalisations de la fondation dans la capitale du Saloum. À cette occasion, il a salué l’accueil chaleureux réservé par l’Association Jokoo Sénégal et les populations locales.
M. Bäumer a exprimé sa volonté de poursuivre les actions entamées par son prédécesseur, feu Helmut Buschmeyer, connu au Sénégal sous le nom de Yoro, décédé le 14 avril 2024. « Nous voulons continuer l’œuvre de Yoro, surtout en faveur du bien-être des enfants en situation de handicap », a-t-il déclaré.
De son côté, Vieux Guédel Mbodji, président de l’Association Jokoo Sénégal/Deutschland, a rappelé l’engagement constant des deux structures partenaires :
« L’Association Jokoo Sénégal/Deutschland et la fondation Caritas Osnabrück mènent depuis plusieurs années des actions humanitaires dans divers secteurs : la santé, le sport, et surtout l’éducation, qui est au cœur de notre mission actuelle. Rien que pour 2024, la fondation a construit six nouvelles salles de classe et attribué plus de 216 bourses scolaires annuelles aux élèves de la région. »
Au cours de leur mission, la délégation a visité l’école élémentaire publique inclusive Sérigne Aliou Cissé de Sam, un établissement qui accueille des enfants en situation de handicap. « Cette visite entre dans le cadre de notre volonté de nouer un partenariat stratégique avec l’école. Nous voulons y faire des investissements importants pour renforcer l’inclusion », a précisé M. Mbodji.
Les responsables de l’établissement ont profité de l’occasion pour exposer les difficultés rencontrées, notamment l’inaccessibilité physique, l’absence de toilettes adaptées, le manque de manuels en braille et de supports audio, ainsi que l’absence de transport scolaire adapté.
Madame Salla Sall, directrice de l’école inclusive, a plaidé pour un appui renforcé de la fondation :
« Les élèves en situation de handicap font face à de nombreux obstacles dans le système éducatif actuel. Le soutien de la fondation serait crucial pour garantir un environnement scolaire digne et adapté. »
La délégation a également visité l’école élémentaire de Kabatoki 1, où la situation est alarmante : des salles de classe vétustes, des toitures trouées, des pièces sans portes ni fenêtres.
Wally Kassé, directeur de l’école, a témoigné :
« Trois salles de classe sont à l’abandon. Les toits menacent de s’effondrer, exposant les élèves aux intempéries. Apprendre ici relève de l’héroïsme. »
La visite s’est poursuivie à Ndiébel, où la fondation a prévu de construire deux nouvelles salles de classe dans les prochains mois, toujours en partenariat avec l’Association Jokoo Sénégal.
Avec cette nouvelle dynamique insufflée par M. Martin Bäumer, la fondation Caritas Osnabrück affiche clairement son ambition : renforcer la coopération et étendre son impact dans la région de Kaolack, en plaçant l’éducation inclusive au centre de ses priorités.
Le Parti Renaissance Républicaine a franchi, ce dimanche 15 juin 2025, une étape décisive dans sa structuration, à l’occasion d’une importante session stratégique tenue à son siège national, sous la présidence effective de Monsieur Abdoulaye Diouf Sarr, président du parti.
Réunis autour d’une ambition commune pour le Sénégal, les cadres de Renaissance Républicaine ont adopté, à l’unanimité, une résolution fondatrice articulée autour de quatre décisions majeures, structurantes pour l’avenir du parti.
Dans un esprit de responsabilité républicaine, les cadres ont procédé à une lecture critique et lucide de la situation politique, économique et sociale du pays. Cette analyse a mis en lumière la nécessité d’un renouveau éthique, d’une parole politique responsable, ainsi que d’un projet clair et cohérent au service du peuple sénégalais.
Les participants ont validé la mise en place du Conseil d’Orientation Stratégique, un organe permanent de veille, d’analyse et de production intellectuelle. Véritable force de proposition, le COS accompagnera les décisions stratégiques du parti. Il sera ouvert à une pluralité d’expertises, incluant les cadres de la diaspora et les intelligences indépendantes, dans une dynamique de collaboration continue et de réflexion collective.
Une circulaire portant Charte des Cadres a été soumise et validée. Elle définit les rôles et responsabilités des cadres du parti, en mettant l’accent sur des engagements clés : exemplarité, loyauté, solidarité, ainsi qu’une participation active à la formation, à la mobilisation et à l’animation politique.
Quatre structures majeures ont été officiellement mises en place pour encadrer l’action des cadres :
L’École du Parti : dédiée à la formation idéologique, politique et citoyenne ; Le Comité scientifique : chargé de produire des analyses et des orientations sur les grandes questions nationales ; Le Réseau des Enseignants : vecteur de pédagogie politique et de transmission des valeurs républicaines ; La structure Cadres RR (CRR) : pilier de la mobilisation intellectuelle et stratégique au sein du parti.
En clôturant la séance, le président Abdoulaye Diouf Sarr a salué cette avancée organisationnelle majeure, tout en lançant un appel à la responsabilité, à l’implication collective, et à la production d’idées fortes en phase avec les aspirations du peuple sénégalais.
Par ailleurs, Monsieur Maodo Dramé a été désigné porte-parole du parti. Le président lui a adressé ses félicitations appuyées, en soulignant la dimension stratégique de cette fonction, véritable relais de la parole officielle du parti dans l’espace public.
Le centre d’examen du lycée technique Monseigneur François-Xavier Ndione de Thiès a reçu ce lundi la visite de l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Georges Faye, venu constater de visu le bon déroulement du baccalauréat technique. À l’issue de sa tournée dans les salles du centre unique de jury 1109, le constat est clair : « Toutes les dispositions ont été prises pour la bonne tenue de l’examen », s’est-il félicité.
Selon l’autorité administrative, l’organisation est conforme aux standards exigés. Les épreuves ont été acheminées à temps, les examinateurs présents, les surveillants (deux par salle) bien en poste, et le président du jury actif dès les premières heures. Autre mesure importante : l’interdiction stricte de l’usage des téléphones portables. « Toutes les personnes impliquées dans le processus sont prêtes à faire correctement le travail », a souligné Georges Faye, insistant sur le respect rigoureux des consignes.
Sur le plan des effectifs, 192 candidats sont inscrits pour cette session, avec une nette prédominance de filles, ce que l’autorité régionale considère comme « une avancée significative » en matière de genre dans les filières techniques. « Cela montre que les filles empruntent vraiment les couloirs des séries techniques, ce qui nous fait énormément plaisir », a-t-il déclaré.
Toutefois, un bémol vient assombrir ce tableau encourageant : une légère baisse du nombre de candidats par rapport à l’année précédente, qui comptait 210 inscrits. « On enregistre une différence de 18 candidats en moins, ce qui est préoccupant », regrette M. Faye. Cette tendance à la baisse pose, selon lui, la nécessité de redoubler d’efforts dans la sensibilisation autour des formations techniques et scientifiques.
« Il y a un problème, c’est vrai. Mais l’administration sénégalaise, l’État en général, est en train de faire un travail de sensibilisation, un effort réel pour promouvoir les séries techniques et scientifiques », a rassuré l’adjoint au gouverneur.
En conclusion, Georges Faye a lancé un appel appuyé aux familles et aux communautés éducatives : « On ne peut pas se développer sans la science et la technique. Il faut donc encourager nos enfants, filles comme garçons, à s’orienter vers ces filières d’avenir. »
Le Sénégal se trouve à un tournant critique de son histoire économique et institutionnelle. Depuis juin 2024, le programme triennal de 1,8 milliard de dollars signé avec le Fonds monétaire international (FMI) demeure suspendu. Ce gel fait suite aux révélations de l’Inspection générale des finances (IGF), validées par la Cour des comptes, sur des manipulations comptables opérées entre 2019 et 2024 par les autorités sortantes. Les nouvelles autorités, élues démocratiquement en mars 2024, ont elles-mêmes commandité l’audit. Pourtant, le FMI maintient sa posture et subordonne la reprise du programme à des clarifications jugées indispensables. Cette décision, prise dans un contexte de rupture assumée avec les pratiques antérieures, soulève une double interrogation : sur le sens du mandat du FMI et sur la cohérence de son action en période de réforme vertueuse.
Les faits à l’origine de la suspension relèvent de l’ancienne administration. L’actuel gouvernement a reconnu la gravité des irrégularités, engagé la correction des déséquilibres et affirmé sa volonté de transparence budgétaire. En d’autres termes, il respecte pleinement les principes que le FMI prétend défendre. En retour, l’institution ne propose ni accompagnement transitoire, ni programme intérimaire. Elle oppose un silence budgétaire à une volonté politique affirmée. Ce choix crée un précédent dangereux, où la rigueur comptable l’emporte sur le discernement institutionnel.
Des cas similaires existent. En 2016, le Mozambique a subi six années de gel après la découverte d’une dette cachée. En 2013, le Malawi a vu ses financements suspendus malgré une gouvernance renouvelée. Dans les deux cas, l’absence de soutien international a aggravé les déséquilibres et freiné les dynamiques internes de redressement. Le cas sénégalais se distingue toutefois par un élément essentiel : le choix de la vérité a précédé toute injonction. L’initiative vient du sommet de l’État. L’audit a été assumé, les conclusions rendues publiques, les engagements pris. Ignorer ce contexte reviendrait à disqualifier l’exemplarité comme critère d’appréciation.
Les données macroéconomiques confirment une vulnérabilité croissante. Le rapport Global Economic Prospects – June 2025 de la Banque mondiale a révisé à la baisse la croissance sénégalaise à 5,3 %, contre une projection initiale de 8,8 %. Le déficit budgétaire dépasse les 10 % du PIB, et la dette atteint 106 %. Les projets énergétiques accusent du retard, et les financements extérieurs s’amenuisent. Cette dégradation, aggravée par le gel du programme FMI, compromet la relance de l’investissement, la soutenabilité de la dette et la préservation des dépenses sociales. Le Sénégal paie le prix d’un vide d’accompagnement, non d’une persistance dans l’opacité.
Depuis 2018, le FMI affirme intégrer les principes de bonne gouvernance dans son évaluation des politiques économiques. Son propre cadre stratégique souligne l’importance de soutenir les pays engagés dans des réformes structurelles. À ce titre, le Sénégal constitue un cas d’école : initiative nationale, transparence institutionnelle, volonté de rupture. En maintenant la suspension, le FMI envoie un signal dissuasif aux États désireux de rompre avec les pratiques comptables douteuses. Il encourage paradoxalement la dissimulation au lieu de la vérité.
Or, des alternatives existent. En 2019, le Congo-Brazzaville a bénéficié d’un programme sous engagement progressif, bien avant la régularisation complète de ses comptes. Dans les années 2000, le Kenya a reçu un appui conditionné, adossé à une feuille de route de gouvernance. Le FMI a su, dans ces cas, conjuguer discipline et souplesse, conditionnalité et accompagnement. Rien ne justifie une approche plus rigide envers un pays qui agit en transparence et prend ses responsabilités.
Un maintien du gel aurait de lourdes conséquences. L’État devrait recourir à des financements à taux élevés, contracter des emprunts sur les marchés commerciaux ou réduire ses dépenses prioritaires. Les arriérés de paiement s’accumuleraient, les fournisseurs seraient pénalisés, et les programmes sociaux mis à mal. La réforme fiscale, déjà délicate, risquerait d’être perçue comme punitive dans un contexte de rareté budgétaire. En somme, les marges de manœuvre pour une transformation structurelle s’effondreraient.
À l’échelle sous-régionale, le message envoyé par le FMI risque d’affaiblir les dynamiques de réforme. L’Afrique de l’Ouest connaît une reconfiguration politique marquée par des transitions, des ruptures démocratiques et une remise en cause des schémas clientélistes. Le FMI a une responsabilité stratégique : encourager les gouvernements qui prennent des risques politiques pour instaurer l’intégrité, non les décourager. Sa crédibilité dépend de sa capacité à faire preuve de discernement dans des contextes complexes.
Une solution réaliste et conforme au mandat du FMI consisterait à activer une reprise graduée du programme sénégalais, encadrée par une clause de transparence renforcée. Ce mécanisme permettrait de sécuriser les flux budgétaires, d’envoyer un signal rassurant aux marchés et de préserver l’élan réformateur. Il ne s’agirait ni d’un cadeau, ni d’une indulgence, mais d’un choix rationnel, fondé sur une analyse contextuelle rigoureuse et une volonté politique manifeste.
La sortie de crise exige de dépasser les postures extrêmes. D’un côté, la rigidité technocratique du FMI ne suffit pas à guider l’action dans un contexte de transition démocratique. De l’autre, le discours souverainiste du Premier ministre sénégalais, selon lequel le pays pourrait se développer en dehors du cadre du FMI, traduit une volonté d’affirmation nationale, mais ne constitue pas une stratégie de financement soutenable à moyen terme. Entre ces deux logiques, une voie de convergence est impérative.
Le Sénégal a besoin d’un cadre financier stable pour soutenir l’investissement public, élargir les politiques d’emploi en faveur des jeunes et renforcer les filets sociaux. Le FMI, quant à lui, gagnerait en crédibilité en adaptant ses instruments aux aspirations des pays réformateurs. Ni la fermeture technocratique, ni l’isolement stratégique ne répondent aux enjeux de croissance inclusive, d’industrialisation endogène et de justice intergénérationnelle. Seul un dialogue sincère, structuré autour d’engagements mutuels, constitue une issue responsable.
Dans l’état actuel, le gel du programme FMI constitue moins une exigence technique qu’un blocage stratégique. Il expose l’institution au risque de perdre l’adhésion des pays qui croient encore à la vertu institutionnelle. Il fragilise un gouvernement réformateur, au moment même où celui-ci cherche à reconstruire la confiance. Il fait peser le coût des fautes passées sur ceux qui veulent les corriger.
Soutenir le Sénégal maintenant, dans le cadre d’une conditionnalité crédible et dans le respect des règles, serait un acte de responsabilité partagée. Ce choix permettrait de préserver l’ordre macroéconomique, de soutenir la gouvernance budgétaire et de consolider une transition politique porteuse d’exemplarité. Il revient au FMI de démontrer qu’il sait reconnaître les bons élèves, même lorsqu’ils héritent d’une salle de classe mal tenue.
Dr Abdourahmane Ba
Ingénieur statisticien – Expert en développement international, suivi et évaluation des politiques publiques et management
Un vent de sidération souffle sur le quartier de Médina Chérif Perlèle, à Kolda, après la découverte macabre du corps sans vie de l’imam Oumar Diao dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin 2025. L’homme religieux, figure respectée de la communauté locale, a été retrouvé gisant dans une mare de sang, le corps mutilé, à quelques mètres de son domicile. Un drame qui bouleverse cette paisible localité du sud du Sénégal, et qui soulève de nombreuses interrogations.
Tout commence aux premières heures du samedi matin, lorsqu’un livreur de pain, dans sa tournée habituelle, fait une découverte glaçante : le corps ensanglanté de l’imam est étendu près d’une boutique attenante à son domicile. Ses habits sont déchirés, son corps en piteux état. Reconnaissant immédiatement le défunt, le boutiquier du coin alerte le fils aîné de l’imam ainsi qu’un employé d’une boulangerie voisine.
Dans une tentative désespérée, la famille transporte Oumar Diao dans sa chambre avant de l’évacuer en urgence vers un centre de santé. Hélas, l’imam succombera à ses blessures en chemin. À leur arrivée, les agents de santé ne peuvent que constater son décès, ordonnant le transfert du corps à la morgue en attendant l’inhumation prévue le lendemain.
Alors que la famille s’affaire aux préparatifs funéraires, les laveurs mortuaires découvrent une profonde blessure au bas-ventre du défunt. Un détail qui sème le doute sur la nature de sa mort. Les autorités sont aussitôt alertées. La gendarmerie de Kolda intervient promptement, suspend le rituel de purification islamique et ordonne le transfert du corps à la morgue de l’hôpital régional pour une autopsie.
Les premiers éléments de l’enquête révèlent une scène de crime particulièrement troublante. Deux zones distinctes, situées à moins de 400 mètres du domicile de l’imam, sont retrouvées couvertes de sang : l’une sous des anacardiers, l’autre près de la boutique. Plus inquiétant encore, un couteau ensanglanté est retrouvé à proximité. Ces indices orientent les soupçons vers une mort violente, loin d’un simple accident ou d’un malaise.
La brigade de gendarmerie de Kolda a ouvert une enquête pour homicide. Plusieurs individus ont été placés en garde à vue et font actuellement l’objet d’interrogatoires. L’objectif : reconstituer le déroulé des faits, identifier les éventuels complices, et surtout comprendre les mobiles d’un acte aussi ignoble.
La mort brutale de l’imam Oumar Diao plonge Médina Chérif Perlèle dans le deuil et la consternation. Respecté pour sa piété, sa sagesse et son engagement communautaire, l’imam laisse derrière lui une famille éplorée et des fidèles sous le choc. Les habitants réclament justice, mais aussi la vérité sur ce drame qui brise la tranquillité de tout un quartier.
Alors que les hostilités entre Israël et l’Iran ont pris un tournant dramatique depuis le vendredi 13 juin, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Dakar, Hassan Asgari, a rompu le silence ce lundi dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil. Il y exhorte le gouvernement sénégalais à condamner fermement les frappes israéliennes qui ont visé plusieurs sites militaires et économiques sur le sol iranien.
Selon les bilans communiqués par les autorités iraniennes, les attaques auraient fait plus de 200 morts, plongeant la région dans une spirale de violence. En réponse, Téhéran a lancé des salves de missiles, qui auraient causé la mort d’au moins 20 personnes en Israël.
Face à cette escalade inquiétante, Hassan Asgari a adressé un clin d’œil diplomatique appuyé au Sénégal :
« Nous espérons qu’une réaction officielle du gouvernement sénégalais ne tardera pas à condamner ouvertement cette attaque barbare du régime sioniste », a-t-il déclaré.
Le diplomate iranien fonde son appel sur les liens historiques et religieux entre Dakar et Téhéran :
« Le Sénégal, pays à 95 % musulman et membre de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), occupe une place particulière dans le cœur des Iraniens. »
Il affirme également avoir reçu de nombreux messages de soutien de citoyens sénégalais, témoignant d’une solidarité populaire :
« Des Sénégalais ont spontanément dénoncé cette agression injustifiée et exprimé leur compassion pour les victimes. »
En mettant en avant la dimension religieuse de l’État sénégalais, Hassan Asgari espère provoquer une prise de position officielle de Dakar contre ce qu’il qualifie d’« agression manifeste ». À l’heure actuelle, aucune déclaration n’a été émise par les autorités sénégalaises, qui observent une position de réserve diplomatique dans un contexte international explosif.
Ce geste s’inscrit dans une tradition où des pays musulmans sont souvent sollicités pour soutenir la cause palestinienne ou dénoncer les actions d’Israël, notamment dans les enceintes internationales comme l’OCI ou les Nations Unies.
Le Sénégal, qui entretient à la fois des relations diplomatiques avec Israël et l’Iran, se retrouve dans une position délicate. Une réaction trop tranchée pourrait affecter son équilibre géopolitique dans une région sahélienne déjà sous tension, où les jeux d’alliances se répercutent parfois dans les politiques locales.
Un nouvel épisode vient secouer la gouvernance des marchés publics au Sénégal. Dans une question écrite adressée au ministre des Finances et du Budget, l’honorable député Thierno Alassane SALL, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), soulève de graves irrégularités dans l’émission de garanties d’assurance par la SONAC au profit de l’entreprise espagnole AEE POWER EPC.
Selon le député, la SONAC aurait délivré des garanties d’un montant total de 56 millions d’euros (environ 36,5 milliards FCFA) à AEE POWER EPC dans le cadre du marché de l’électrification rurale, sans que les primes exigées n’aient été payées à la date d’émission des garanties. Une pratique qui, si elle est avérée, viole frontalement les règles du Code des assurances de la CIMA, notamment l’article 13 qui subordonne la validité du contrat à la perception préalable de la prime.
AEE POWER EPC s’était vu attribuer un marché portant sur l’électrification de localités dans plusieurs régions (Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis, Tambacounda). Comme le veut la procédure, les avances de démarrage et de dépenses engagées, ainsi que la garantie de bonne exécution, ont été conditionnées à la présentation de garanties dûment émises. Mais les documents comptables consultés par le député montrent que les primes n’étaient pas encore virées sur le compte de la SONAC à la date de délivrance des garanties, ce qui jette un sérieux doute sur la légalité de la procédure.
Pire encore, la société AEE POWER Sénégal – filiale locale du groupe espagnol – a saisi à plusieurs reprises l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) pour dénoncer la situation, dès août 2024. À son tour, l’ARCOP a saisi officiellement la SONAC en juillet 2024 pour exiger des preuves de paiement des primes dans un délai de 72 heures. À ce jour, selon Thierno Alassane SALL, aucune réponse n’a été fournie par la société d’assurance étatique.
Dans sa correspondance datée du 12 juin 2025, le député demande expressément au ministre des Finances de fournir la chronologie exacte de la délivrance des garanties et du paiement effectif des primes. En tant qu’autorité de tutelle de la SONAC, le ministre est interpellé pour éclairer les députés, mais aussi l’opinion publique, sur les conditions opaques entourant cette opération.
Cette affaire soulève une fois de plus la problématique de la transparence dans les garanties financières d’État, notamment dans les projets stratégiques financés par des partenaires internationaux. Elle met également en lumière les risques systémiques liés à une gestion laxiste des obligations contractuelles dans les marchés publics.
Alors que le gouvernement Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la reddition des comptes, cette affaire pourrait devenir un test de crédibilité pour les autorités. Les députés, les organismes de régulation et l’opinion attendent désormais des clarifications urgentes sur cette situation, qui pourrait avoir des implications juridiques, financières et diplomatiques.
Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty International, est monté au créneau ce dimanche 15 juin, lors de son passage à l’émission Jury du dimanche (JDD). Il y a dénoncé avec vigueur la tournure que prend, selon lui, la justice sénégalaise dans le cadre de la reddition des comptes, en particulier à travers l’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien parlementaire.
Pour M. Tine, l’arrestation de Moustapha Diakhaté pour avoir exprimé ses opinions est non seulement injustifiée, mais symptomatique d’un climat de régression des libertés. « Les propos de Moustapha Diakhaté ne méritent pas l’emprisonnement », a-t-il tranché, rappelant que ce dernier, malgré ses excès verbaux, reste une figure politique singulière qui mérite d’être traitée avec discernement et respect.
« Moi-même, j’ai été victime de ses attaques verbales très violentes, mais ce n’est pas une raison pour vouloir le faire taire par la prison », a-t-il ajouté, tout en condamnant fermement les agressions verbales dans le débat public, que celles-ci viennent du pouvoir ou de l’opposition. « Ces violences verbales sont contraires à l’esprit démocratique », a-t-il insisté.
Mais au-delà du cas Diakhaté, c’est l’approche globale de la politique pénale que l’ancien président de la Raddho remet en question. « C’est le principe même de la politique pénale actuelle qui est en cause. On ne devrait pas humilier les gens. On peut pratiquer la reddition des comptes avec fermeté, mais cela doit se faire dans le respect strict des droits humains », a-t-il martelé.
Alioune Tine estime que la judiciarisation des affaires publiques doit s’affranchir des considérations politiques : « Si on laisse la justice faire son travail de manière indépendante, sans pression politique, les citoyens n’auront pas l’impression d’être ciblés ou humiliés. »
L’expert en droits humains appelle donc à une réforme urgente de la politique pénale, pour aligner son fonctionnement sur les obligations internationales du Sénégal. « Le respect de la dignité humaine doit être au cœur de toute procédure judiciaire », a-t-il plaidé.
Dans un contexte marqué par une volonté affichée du nouveau pouvoir d’assainir la gestion publique à travers la reddition des comptes, Alioune Tine alerte sur les dérives possibles. « On ne peut pas réclamer la justice et en même temps sacrifier les principes fondamentaux des droits humains. C’est une contradiction dangereuse pour notre démocratie », conclut-il.
Invité de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD ce dimanche, l’ancien ministre de l’Urbanisme et actuel maire de Kaffrine, Abdoulaye Seydou Sow, est revenu sur sa participation controversée au dialogue national du 28 mai dernier. Une démarche qu’il assume pleinement, malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son parti, l’Alliance pour la République (APR), alors dans l’opposition.
Réagissant aux critiques sur son choix d’avoir répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye, M. Sow s’est voulu clair : « On ne peut pas boycotter un dialogue, quelles que soient les circonstances politiques. » Il explique avoir partagé cette position au sein du parti lors d’une réunion du sous-comité mis en place par l’ancien président Macky Sall.
Selon lui, la posture du boycott ne servait pas les intérêts de l’opposition : « Je leur ai dit que si ça ne tenait qu’à moi, on prendrait part au dialogue. Le président ne va pas nous faire du tort pour avoir donné notre point de vue. » Et de rappeler que lors du dialogue initié par Macky Sall, certains responsables de l’opposition, dont Oumar Sarr, avaient bien participé malgré l’incarcération de Karim Wade à l’époque.
Pour Abdoulaye Seydou Sow, deux raisons justifient la présence de l’opposition à ce dialogue : d’abord pour éviter qu’elle « ne se casse », ensuite pour « garder une position face au pouvoir ». Une stratégie politique assumée, qu’il dit avoir défendue devant l’assistance lors de sa prise de parole au dialogue.
M. Sow a également précisé qu’il n’avait pas été informé officiellement de l’interdiction faite aux membres de l’APR de participer au dialogue. « Je l’ai appris à la conférence de presse », confie-t-il. Il cite à ce propos une célèbre formule de Me Abdoulaye Wade : « Si tu manges un repas dont tu ne sais comment il a été préparé, si tu en meurs, tu es responsable de ta mort. » Manière de dégager sa responsabilité et de souligner l’ambiguïté des instructions au sein du parti.
Il rappelle avoir été transparent sur sa décision : « Lors d’une réunion préparatoire, j’ai dit que j’irais au dialogue en tant que maire et en tant que citoyen. Personne ne m’en a empêché. On m’a juste dit qu’on n’encourageait pas les maires à y aller, mais cela n’a rien d’une interdiction formelle. »
Et de souligner, non sans ironie, que le 4 avril dernier, plusieurs présidents d’institutions avaient participé à une rencontre officielle avec le chef de l’État, sans en informer le parti. « Ça aussi, c’est une forme de dialogue », glisse-t-il.
Pour Abdoulaye Seydou Sow, l’APR commet une erreur stratégique en refusant d’assister au dialogue. Il prend à témoin la participation d’Oumar Youm aux Assises nationales sous Wade pour justifier la pertinence de sa propre démarche : « Si c’était à refaire, je le referais », insiste-t-il, convaincu d’avoir agi dans l’intérêt du débat démocratique.
Le 21 juin prochain, Louga accueillera le lancement officiel de l’Association Terang’Aby, portée par la basketteuse internationale Aby Gaye. Conçu comme une véritable plateforme d’échange et de mobilisation autour de l’avenir des jeunes filles sénégalaises, cet événement s’annonce comme un moment clé pour les politiques publiques en matière d’éducation, de sport et d’action sociale.
À la croisée du sport, du développement personnel et de l’autonomisation, le projet Terang’Aby incarne une approche holistique du développement de la jeunesse féminine. Il s’inscrit pleinement dans les orientations nationales en matière d’égalité des genres, de promotion du leadership féminin, ainsi que d’inclusion par le sport et l’éducation.
Une table ronde sur la confiance en soi et l’estime de soi chez les jeunes filles ; Une seconde table ronde sur l’importance de l’éducation des filles au Sénégal, avec la participation d’experts de l’éducation formelle et non formelle.
À l’heure où le gouvernement sénégalais réaffirme son engagement en faveur de l’inclusion sociale et de l’égalité des chances, la présence attendue de représentants du Ministère des Sports, du Ministère de l’Éducation nationale, et du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection des enfants donne une portée institutionnelle forte à cette initiative.
“Terang’Aby repose sur l’idée que le sport peut être un levier de transformation sociale, particulièrement pour les filles issues de zones marginalisées. Parce qu’il renforce la confiance en soi et incite à la persévérance scolaire, ce projet mérite un soutien officiel, institutionnel et durable”, a déclaré Aby Gaye, initiatrice de l’événement.
Et d’ajouter : “Je ne viens pas seule. Je viens avec une vision. Une vision qui croise les champs du sport, de l’éducation et de l’action sociale – des domaines que les ministères de tutelle portent et incarnent au quotidien.”
L’Association JOKOO SÉNÉGAL/DEUTSCHLAND a eu l’honneur de parrainer, ce samedi 14 juin 2025, la fête de fin d’année de la Case des Tout-Petits de Bongré.
Dans son discours, la Directrice de l’établissement a mis en lumière le partenariat solide qui unit la Case des Tout-Petits à l’Association JOKOO, ainsi qu’à ses partenaires allemands, notamment la Fondation Caritas Osnabrück. Ce soutien indéfectible s’est manifesté à travers plusieurs dons : jouets, téléviseur, et chaises.
Elle a également salué la mémoire du regretté président Helmut Buschmeyer, qui avait marqué les esprits par une visite mémorable au sein de l’école.
Aujourd’hui, cette belle dynamique se poursuit grâce à l’implication du Manager général, M. Alioune Marone, représentant le président de l’association, M. Vieux Guedel Mbodj.
La fête fut un moment riche en enseignements et en émotions, illustrant l’engagement commun pour un partenariat éducatif durable et bénéfique à l’épanouissement des tout-petits.
La ville de Kaolack a accueilli ses premières pluies de l’hivernage. Une aubaine pour les agriculteurs, mais aussi un rappel brutal des défis persistants liés à l’infrastructure urbaine. À cette occasion, le maire de la ville, Serigne Mboup, s’est adressé à la population à travers un discours empreint de lucidité et d’appel à l’unité.
Le premier magistrat de Kaolack a su capter l’essence des difficultés auxquelles la ville est confrontée, tout en exprimant une profonde gratitude envers les citoyens pour leur engagement. Il a rappelé que si la pluie est une bénédiction, elle met également à nu les faiblesses structurelles de la ville.
« Depuis 60 ans, Kaolack attend des investissements sérieux », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de moderniser les infrastructures vieillissantes et de finaliser les projets inachevés.
Il a lancé un appel à une mobilisation collective, impliquant autorités, élus, société civile et citoyens, afin d’obtenir des réponses durables face aux intempéries.
Serigne Mboup a également dénoncé certains comportements nuisibles, tels que le dépôt d’ordures dans les caniveaux ou encore les actes de sabotage qui aggravent la situation.
« Kaolack, c’est notre maison. Respectons-la », a-t-il insisté, invitant chaque habitant à devenir acteur du changement, plutôt que simple spectateur.
Il a par ailleurs sollicité le soutien actif de l’État, estimant que « la mairie seule ne peut tout faire ». Le maire a exhorté la majorité présidentielle à passer des discours aux actes concrets, afin de soutenir efficacement les efforts locaux.
En remerciant les services publics, le génie militaire et toutes les personnes œuvrant discrètement sur le terrain, il a souligné l’importance de signaler les problèmes plutôt que de simplement les filmer.
« La salubrité est notre responsabilité partagée », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation urgente de camions, d’aides et de vivres avant que la situation ne s’aggrave.
Enfin, Serigne Mboup a interpellé la presse et les influenceurs, les invitant à devenir des relais positifs et responsables, évitant de ternir l’image de Kaolack. Il a salué les efforts constants de la diaspora kaolackoise, soutien discret mais ô combien patriotique, et a conclu son discours par un message d’espoir et de solidarité.
Le manque d’eau demeure un véritable calvaire pour les populations rurales. À Ngayène Sabakh, commune située dans la région de Kaolack, l’eau est une denrée rare et précieuse. Chaque matin, avant même le lever du soleil, femmes, enfants, et parfois même des personnes âgées parcourent de longues distances avec des bidons jaunes vides à la recherche de quelques litres d’eau.
« Les habitants de Ngayène Sabakh sont confrontés à une pénurie d’eau récurrente, plongeant la commune dans une situation extrêmement difficile. Le forage unique qui alimente la localité est dans un état de délabrement avancé et ne parvient plus à fournir de l’eau en quantité ni en qualité suffisantes », a déploré le maire, Goumba Gaye.
Ce forage, datant des années 2000-2009, était à l’époque dimensionné pour une population bien inférieure à celle d’aujourd’hui. Or, cette population a depuis doublé, voire triplé, rendant le dispositif totalement insuffisant. À cela s’ajoutent les dommages subis par le château d’eau, qui laisse désormais échapper une quantité importante d’eau, aggravant davantage la situation.
La pression sur les ressources hydriques s’est intensifiée avec l’arrivée massive de transhumants, attirés par la forêt classée de Ngayène Sabakh. « Les besoins en eau ont considérablement augmenté, et nos infrastructures ne sont plus à la hauteur », a souligné l’autorité territoriale.
Face à cette situation critique, les populations n’ont d’autre choix que de se tourner vers des puits pour s’approvisionner, comme l’a rappelé le maire. Elles ont même adopté une solution de fortune : l’installation de pompes sur les puits. Toutefois, l’eau ainsi obtenue n’est pas potable et peut présenter des risques sanitaires.
Ce déficit en eau potable compromet gravement les activités économiques de la commune, notamment l’agriculture, l’élevage et le commerce local. C’est pourquoi le maire Goumba Gaye lance un appel pressant à l’État et aux autorités compétentes pour que des solutions urgentes et durables soient trouvées.
Garantir l’accès à une eau potable de qualité est plus qu’un besoin : c’est une urgence vitale pour les populations de Ngayène Sabakh.
Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE) met en garde les citoyens sénégalais contre le renforcement des dispositifs de sécurité aux frontières des États-Unis. Dans un communiqué officiel, le ministère informe que les autorités américaines ont récemment mis à jour leur politique migratoire dans le but de lutter plus fermement contre l’immigration irrégulière.
Parmi les principales mesures annoncées figurent la mise en place de sanctions pénales et administratives à l’encontre de toute personne reconnue coupable de tentative ou d’acte d’immigration irrégulière. Les États-Unis entendent également interdire l’entrée sur leur territoire à toute personne impliquée, y compris celles ayant commis des infractions dans le passé ou disposant d’antécédents judiciaires.
Pour les étrangers actuellement en situation irrégulière, un mécanisme de départ volontaire a été instauré. Il est accessible via l’application CBP Home Mobile, disponible à l’adresse www.dhs.gov/cbphome. Cette démarche permet à ceux qui choisissent de quitter volontairement le territoire américain de bénéficier d’un appui financier au retour et d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires.
Le ministère rappelle aux Sénégalais désireux de se rendre aux États-Unis de s’assurer de la validité de leurs visas avant le départ, de respecter strictement les durées de séjour autorisées, et de se rapprocher du réseau diplomatique et consulaire sénégalais pour toute information complémentaire sur les conditions d’entrée et de séjour.
Les représentations diplomatiques et consulaires du Sénégal aux États-Unis poursuivent par ailleurs leurs actions de sensibilisation auprès des ressortissants sénégalais. Elles collaborent étroitement avec l’administration américaine dans le cadre des excellentes relations de coopération bilatérale entre les deux pays.
Ce rappel intervient dans un contexte où les tentatives d’entrée irrégulière aux États-Unis se multiplient, exposant de nombreux migrants à des risques considérables. Le gouvernement sénégalais réitère son engagement à protéger ses citoyens tout en appelant à une plus grande vigilance face aux dangers de l’émigration clandestine.
L’administration Trump envisage une nouvelle vague de restrictions d’entrée sur le territoire américain, cette fois dirigée vers 36 pays supplémentaires, dont le Sénégal. Selon une note interne du Département d’État, consultée par The Washington Post, un délai de 60 jours est accordé aux pays concernés pour se conformer à de nouvelles exigences sécuritaires, sous peine d’être frappés d’une interdiction totale ou partielle de voyage.
La liste comprend principalement des pays africains — 25 au total — mais aussi des États d’Asie centrale et des Caraïbes. Le Sénégal y figure aux côtés de la Gambie, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Nigeria, du Burkina Faso, du Cameroun, de l’Égypte, de Djibouti, entre autres.
Dans le mémo signé par le secrétaire d’État Marco Rubio, il est exigé que chaque pays présente un plan d’action d’ici mercredi 8h00, détaillant les mesures prises pour améliorer la fiabilité de ses documents d’identité, la coopération sécuritaire avec les États-Unis et le contrôle migratoire.
Les motifs évoqués par Washington incluent une faiblesse institutionnelle, l’incapacité à contrôler les fraudes documentaires, un taux élevé de dépassement de visa, et dans certains cas, des soupçons d’« activités antisémites et antiaméricaines ». Le Département d’État laisse néanmoins entendre que certains pays pourraient éviter ces sanctions s’ils acceptent des accords de réadmission ou de « pays tiers sûr ».
Cette nouvelle offensive migratoire s’inscrit dans la continuité de la proclamation du 4 juin dernier, qui avait déjà ciblé 19 pays. Si la mesure est mise en œuvre, elle représenterait un durcissement considérable de la politique d’immigration américaine.
De nombreux observateurs dénoncent une politique discriminatoire et stigmatisante. Les critiques rappellent les précédentes interdictions ciblant majoritairement des pays à majorité musulmane et considèrent cette initiative comme une manœuvre électorale de Donald Trump, à quelques mois d’une éventuelle reconquête de la Maison Blanche.
Une affaire familiale aux allures de drame moral s’est retrouvée ce jeudi devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel. Serigne Sène, poursuivi pour abus de confiance, a comparu pour avoir vendu sans autorisation cinq bœufs appartenant à son père, Ibrahima Sène, âgé de 76 ans. Le tribunal a décidé d’ajourner le prononcé de la peine au 9 octobre prochain, conditionnant sa décision au remboursement intégral de la somme réclamée : 2,5 millions de francs CFA.
Les faits remontent à 2023. Cette année-là, le père confie à son fils aîné cinq bœufs fraîchement acquis. Mais quelques mois plus tard, à la surprise générale, Serigne Sène revend les animaux à un prix dérisoire de 225 000 francs CFA, sans en aviser son père. Ce dernier, apprenant les faits après coup, se sent trahi et réclame la restitution des bêtes ou, à défaut, le remboursement de leur valeur estimée à 2,5 millions de francs CFA.
Une tentative de règlement à l’amiable a été envisagée au sein de la famille, mais elle s’est soldée par un échec. Ibrahima Sène, se disant profondément blessé par ce qu’il qualifie de “trahison”, a alors porté plainte, entraînant l’inculpation de son propre fils et son placement sous mandat de dépôt.
À la barre, devant le juge Saliou Mbengue, Serigne Sène n’a pas nié les faits. Il a reconnu avoir vendu les bœufs et a tenté de justifier son acte en expliquant avoir utilisé l’argent pour acheter d’autres vaches. Se voulant conciliant, il s’est engagé à rembourser intégralement son père. Il a déjà versé un premier acompte d’un million de francs CFA et promet de solder le reste d’ici octobre.
Mais les mots les plus poignants sont venus du père, très affecté : « C’était mon fils jusque-là, mais désormais, Serigne Sène est devenu un étranger à mes yeux. Il a fait preuve d’un total manque de respect envers moi », a-t-il déclaré avec amertume.
Le procureur Papa Khalil Fall a choisi de s’en remettre à l’appréciation du tribunal. Quant aux avocats de la défense, Me Serigne Diongue et Me Cheikh Ngom, ils ont soutenu que les conditions de l’abus de confiance n’étaient pas réunies, plaidant la relaxe de leur client. À défaut, ils ont sollicité une application clémente de la loi.
Au lendemain de la marche du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES), le ministère de la Santé a réagi en appelant à l’apaisement. Intervenant sur les ondes de la RFM, le coordonnateur à la communication dudit ministère, Amadou Sow, a exprimé le regret de voir le conflit atteindre ce niveau de tension.
« Nous déplorons cette situation. Le ministère de la Santé fait des efforts pour corriger les manquements soulevés par les grévistes », a-t-il déclaré, en soulignant notamment l’existence d’un arrêté ministériel destiné à améliorer la prise en charge médicale dans les structures accueillant ces professionnels en formation.
Abordant la question sensible des congés de maternité, M. Sow a précisé que le cœur du problème réside dans le statut même des médecins en spécialisation, qui relèvent avant tout du ministère de l’Enseignement supérieur. « L’ancrage institutionnel de ces médecins n’est pas du ressort exclusif du ministère de la Santé, qui reste un service utilisateur », a-t-il expliqué.
Face à la mobilisation du COMES, le ministère de la Santé assure avoir engagé une dynamique de concertation. Amadou Sow a annoncé la mise en place d’un comité regroupant les représentants du collectif ainsi que d’autres partenaires sociaux. Objectif : trouver ensemble des solutions structurelles et durables.
« Si l’on poursuit dans cette logique de dialogue, nous parviendrons avec le COMES à des solutions viables pour l’ensemble des parties », a conclu le porte-parole du ministère.
Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.
Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).
Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.
Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.
Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.
Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.
L’expert électoral Ndiaga Sylla a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la création d’une Cour constitutionnelle au Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il a salué cette réforme institutionnelle, la qualifiant de « garantie pour le respect des droits de l’homme ». Il a également souligné que la constitutionnalisation de la Commission électorale, désormais dotée d’une autonomie renforcée, constitue une avancée majeure dans le processus de modernisation du système électoral sénégalais.
Toutefois, Ndiaga Sylla invite les autorités à aller plus loin dans l’esprit de rupture et de refondation démocratique. Il plaide notamment pour la suppression de la disposition du Code électoral relative à la déchéance électorale automatique, qu’il juge contraire aux standards internationaux en matière de droits humains.
Selon lui, cette mesure a injustement empêché plusieurs figures politiques de se présenter à des élections, citant nommément Karim Wade, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, et potentiellement Barthélémy Dias.
« La déchéance électorale automatique dont ont été victimes des acteurs politiques devrait être supprimée en application des standards internationaux », a-t-il insisté.
En marge de sa tournée économique dans la région de Saint-Louis, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu une importante audience avec les élus locaux, notamment les maires et présidents des conseils départementaux, accompagnés de leur ministre de tutelle. Cette rencontre, rapportée par L’Observateur, s’est inscrite dans le cadre de la mise en œuvre des pôles territoires, Saint-Louis représentant le Pôle territorial nord.
Au cours de cette séance d’échanges directs et ouverts, le ministre de l’Aménagement du territoire, Balla Moussa Fofana, et son équipe ont exposé les grandes lignes du projet de développement du Pôle nord, en mettant en exergue les nombreuses opportunités économiques et sociales que recèle cette partie du pays.
Soucieux d’un dialogue inclusif, le chef de l’État a donné la parole à chacun des responsables locaux présents. Il a écouté avec attention les différentes doléances formulées, allant des questions de financement à celles liées aux infrastructures ou à l’aménagement du territoire.
En réponse, le président Faye a rassuré ses interlocuteurs : les fonds de dotation destinés aux collectivités territoriales seront très prochainement mis à disposition. Une mesure vivement attendue, qui permettra de soutenir la mise en œuvre des politiques locales de développement.
Clôturant l’audience, le président de la République a salué la qualité des échanges et réaffirmé sa volonté d’instaurer une gouvernance territoriale inclusive, tournée vers les résultats et affranchie des clivages politiques. Pour lui, l’avenir du développement national passe par une collaboration étroite entre l’État central et les collectivités territoriales.
Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé la suspension de la mise en œuvre du programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (plus de 1000 milliards de F CFA) destiné au Sénégal. Cette décision fait suite à des révélations explosives sur des maquillages des comptes publics entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall. Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), validé par la Cour des comptes, a levé le voile sur de graves irrégularités comptables qui ont compromis la confiance du FMI.
Alors que le gouvernement actuel, par la voix du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait une reprise des négociations en avril suivie d’un nouvel accord en juin, ces espoirs se sont évaporés. En conférence de presse la semaine dernière, Julie Kozack, directrice du département Communication du FMI, a refroidi les attentes en déclarant : « Nous attendons les résultats finaux de l’audit ». Elle a ajouté qu’il n’y avait « pas encore de calendrier précis » pour une reprise des discussions avec les autorités sénégalaises.
Le journal Enquête rapporte également que Mme Kozack a insisté sur la complexité du dossier, lié aux « fausses déclarations » et nécessitant « un processus rigoureux et long ».
Cette suspension intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les nouvelles autorités sénégalaises. Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye fait face à des défis budgétaires majeurs, marqués par des besoins de financement urgents dans les secteurs sociaux, les infrastructures et la dette publique. La perte d’un appui budgétaire aussi conséquent compromet sérieusement la mise en œuvre de ses ambitions de rupture.
Selon plusieurs économistes, cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État, qui pourrait être contraint de revoir ses priorités, retarder certains projets structurants ou recourir à des financements alternatifs, souvent plus coûteux.
Dans ce climat tendu, le gouvernement s’est engagé à faire toute la lumière sur la gestion passée des finances publiques. L’audit en cours, mené avec l’appui de partenaires techniques, devrait permettre d’identifier les responsabilités et de renforcer les mécanismes de transparence et de reddition des comptes.
Mais pour rétablir la confiance du FMI, la route semble encore longue. Comme l’a indiqué Julie Kozack, « le traitement de ce dossier exige un processus rigoureux ». Il faudra donc attendre les conclusions de l’audit et, probablement, des mesures concrètes de redressement pour espérer une relance des négociations.
Le bras de fer entre le Sénégal et le FMI marque une véritable épreuve de vérité pour le pays. Entre l’héritage d’une gouvernance budgétaire contestée et les attentes pressantes d’un changement de cap, le nouveau régime joue gros. Rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers apparaît aujourd’hui comme une priorité absolue pour éviter un choc économique et social à court terme.
Les relations économiques entre la Chine et le Sénégal viennent de franchir un cap décisif. Le gouvernement chinois a annoncé la suppression totale des droits de douane sur les produits en provenance de 53 pays africains, dont le Sénégal. Une décision stratégique qui ouvre de nouvelles perspectives aux exportateurs sénégalais désireux de s’implanter durablement sur le marché chinois.
C’est lors d’une conférence de presse tenue à Pékin que le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a officialisé cette mesure. Elle a été annoncée en marge de la réunion ministérielle des coordinateurs sur la mise en œuvre des actions de suivi du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), qui s’est tenue à Changsha, dans la province du Hunan. À cette occasion, le président chinois Xi Jinping a adressé une lettre de félicitations dans laquelle il a réaffirmé l’engagement de la Chine en faveur d’une solidarité économique renforcée avec le continent africain.
Pour le Sénégal, cette suppression des barrières tarifaires constitue une opportunité exceptionnelle. Elle devrait favoriser l’accès des produits sénégalais – agricoles, halieutiques, artisanaux ou encore transformés – au marché chinois, en pleine expansion. Dans un contexte de diversification économique et de recherche de nouveaux débouchés commerciaux, cette mesure pourrait contribuer à renforcer la balance commerciale du Sénégal et à soutenir la création d’emplois dans les filières exportatrices.
Les opérateurs économiques sénégalais sont invités à tirer pleinement parti de cette ouverture, en adaptant leurs standards de production aux exigences du marché chinois, notamment en matière de qualité, de traçabilité et d’emballage.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a profité de la rencontre pour présenter cinq grandes propositions destinées à renforcer une coopération sino-africaine de qualité. Parmi ces principes figurent la défense du libre-échange, le soutien à la solidarité du Sud, le développement durable, la sécurité partagée, ainsi qu’une coopération mutuellement bénéfique.
Des principes qui s’inscrivent en droite ligne avec les orientations stratégiques du Sénégal, lequel mise sur des partenariats équitables et porteurs de croissance inclusive, conformément au Plan Sénégal Émergent (PSE).
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large où la Chine réaffirme son rôle d’acteur clé dans le développement économique du continent africain. À travers des politiques commerciales plus ouvertes et un soutien accru à l’industrialisation locale, Pékin entend bâtir un partenariat durable et équilibré avec ses partenaires africains.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fermement rejeté l’idée selon laquelle les entreprises opérant au Sénégal seraient soumises à une pression fiscale excessive. Lors d’un échange avec la presse jeudi à Dakar, le chef du gouvernement a assuré que la fiscalité nationale est conforme aux standards internationaux et que l’État œuvre activement à garantir un environnement d’investissement sécurisé et équitable.
« Je ne pense pas que le Sénégal soumette les entreprises qui investissent sur son sol à plus de pression fiscale qu’ailleurs dans le monde. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé en réponse à une question sur les récents audits sectoriels et les redressements fiscaux visant certaines sociétés.
Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques anciennes où certaines entreprises étrangères pouvaient, selon lui, opérer librement sans s’acquitter pleinement de leurs obligations fiscales. Il a attribué ces dérives à des complicités internes, à des défaillances administratives et à l’inaction des anciennes autorités politiques.
« Cela est révolu. Nous avons aujourd’hui un cadre fiscal qui n’est pas répressif mais qui n’est pas permissif non plus », a-t-il déclaré, soulignant que ce système s’applique de manière uniforme à tous les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.
Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un vaste chantier de réformes législatives visant à moderniser et clarifier les règles du jeu économique au Sénégal. « Le code des investissements, le code minier, le code pétrolier, le code des impôts, le code des douanes… tous les codes sont en cours de réforme », a-t-il précisé. L’objectif est de rendre le pays plus attractif, tout en assurant une fiscalité juste et équilibrée.
Selon lui, ces réformes ne doivent pas être perçues comme des obstacles à l’investissement, mais comme des garanties d’un climat sain et compétitif.
« Nous créons les conditions de la sécurité de l’investissement dans ce pays : sécurité juridique mais aussi sécurité tout court », a insisté Sonko, en promettant un accompagnement de l’État pour tous les investisseurs de bonne foi.
En contrepartie, il exige le respect des lois et des engagements fiscaux. « Ce que l’on attend de ces investisseurs, c’est qu’ils travaillent, créent des emplois, paient des impôts. »
Le Premier ministre n’a pas manqué de lancer un avertissement à ceux qui espéreraient bénéficier de passe-droits ou perpétuer des pratiques extractivistes. « Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas au Sénégal », a-t-il averti, se disant opposé à tout modèle où des sociétés étrangères exploiteraient les ressources naturelles sans retombées économiques significatives pour le pays.
Un vent de soupçons souffle sur un projet d’électrification rurale au Sénégal, dans lequel une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA aurait été indûment versée à la société espagnole AEE Power EPC, sans que les travaux n’aient débuté. Cette affaire, rapportée par Le Quotidien, soulève de graves interrogations sur la gestion des fonds publics et la transparence des marchés internationaux.
Selon les informations recueillies, ce montant a été débloqué dans le cadre d’un contrat entre l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) et la société espagnole AEE Power EPC. Pourtant, les travaux prévus dans le cadre de ce marché, censé améliorer l’accès à l’électricité de 600 000 personnes dans plusieurs régions sénégalaises, n’avaient pas encore commencé au moment du versement.
Plus inquiétant encore, des transferts financiers suspects ont été identifiés par les autorités espagnoles vers Chypre, l’Égypte et le Sénégal. Ces mouvements de fonds jugés irréguliers ont conduit à l’ouverture d’une enquête de la police espagnole, qui cherche à retracer la destination exacte des sommes avancées.
Cette affaire n’est pas née dans l’opacité. En octobre 2024, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait déjà suspendu le marché, dénonçant plusieurs zones d’ombre, notamment autour de l’utilisation de 37 milliards FCFA issus d’une offre spontanée présentée par AEE Power EPC. Malgré les alertes, une avance de 2,425 milliards FCFA avait tout de même été versée.
La banque Santander, principal bailleur de fonds du projet, et l’agence espagnole de crédit à l’exportation (Cesce), ont exprimé leur profonde inquiétude. Cesce a notamment suspendu son financement, évoquant un manque de transparence de la part de l’entreprise espagnole. Les avocats de AEE Power Sénégal, de leur côté, ont admis l’existence de transferts inexpliqués et ont eux-mêmes dénoncé des irrégularités internes, allant jusqu’à pointer une utilisation de l’avance à des fins étrangères au projet initial.
Malgré ce climat de suspicion, la Cour suprême du Sénégal, dans une décision rendue en février 2025, a annulé la suspension décidée par l’ARCOP. Ce feu vert judiciaire permet théoriquement la reprise du projet, au grand dam de plusieurs acteurs financiers et institutionnels toujours préoccupés par la traçabilité des fonds.
L’enquête menée en Espagne se poursuit, avec l’objectif de faire la lumière sur ces décaissements non justifiés, qui ternissent une fois de plus l’image de la coopération internationale dans le domaine des infrastructures essentielles.
Alors que des dizaines de milliers de foyers attendent toujours l’électricité, ce scandale soulève des questions fondamentales : à qui profite réellement l’électrification rurale ? Et surtout, qui devra répondre des fonds évaporés ?
Le Sénégal est une nouvelle fois endeuillé par un drame routier. Après les récents accidents de Mboro-sur-Mer, qui ont fait six morts et neuf blessés, et celui survenu sur l’autoroute Ila Touba à hauteur de Bambey, qui a coûté la vie à une personne et blessé quinze autres, un nouvel accident mortel est survenu ce vendredi sur la route des Carrières, au niveau du village de Diack, dans la commune de Ngoundiane.
Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le véhicule impliqué transportait cinq passagers qui revenaient de funérailles dans un village de la localité. C’est sur le chemin du retour que le drame s’est produit. À la suite d’une mauvaise manœuvre du chauffeur, la voiture a quitté la chaussée pour tomber dans un fossé. Le choc a immédiatement provoqué un incendie, piégeant les occupants dans l’habitacle.
Parmi les passagers, trois personnes ont trouvé la mort dans des circonstances particulièrement atroces : Ndiame Yandé Gning, chef du village de Dior, Alioune Dione, président-directeur général de Ngoundiane Carreaux, et Mbaye Soung Dione. Malgré leurs efforts pour s’extraire du véhicule, ils ont été calcinés dans les flammes. Les deux autres passagers ont réussi à s’échapper de justesse, souffrant toutefois de blessures.
Alertés par les flammes et les cris, des riverains se sont précipités sur les lieux pour tenter de porter secours, avant d’alerter les gendarmes. Les sapeurs-pompiers, dépêchés sur place, ont procédé à l’évacuation des corps sans vie vers l’hôpital le plus proche. Une enquête a été immédiatement ouverte pour déterminer les causes précises de l’accident.
Ce nouveau drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière au Sénégal. Selon les données de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), relayées par L’Observateur, plus de 3 500 personnes perdent la vie chaque année dans des accidents de la circulation dans le pays.
L’État du Sénégal a réussi, ce vendredi 13 juin 2025, à lever près de 77 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), à l’occasion d’une adjudication de bons et obligations du Trésor organisée à Dakar. Cette opération de mobilisation de ressources financières, portant initialement sur un montant de 70 milliards FCFA, a connu un fort engouement de la part des investisseurs de l’espace UEMOA, traduisant un taux de couverture de 113,18 %.
Dans les détails, les soumissions ont atteint un total de 79,228 milliards FCFA, avec un taux d’absorption final de 97,19 %, ce qui témoigne d’un net intérêt du marché pour la dette souveraine sénégalaise. Deux instruments financiers étaient proposés lors de cette adjudication : des bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours, arrivant à échéance le 14 juin 2026, et des obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une durée de trois ans, avec maturité au 2 juin 2028.
Concernant les BAT d’un an, les souscriptions ont atteint 44,7 milliards FCFA, dont 42,471 milliards ont été retenus. Le taux marginal sur cette ligne s’est établi à 6,98 %, avec un rendement moyen pondéré de 7,25 %. Du côté des OAT, la totalité du montant proposé, soit 34,528 milliards FCFA, a été servie. Le rendement moyen enregistré est de 7,44 %, pour un prix marginal de 95,30 %.
Au total, 21 investisseurs issus de l’Union ont pris part à cette opération. Parmi eux, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le premier souscripteur, avec 40,18 milliards FCFA d’allocations retenues. Le Sénégal lui-même arrive en seconde position avec 28,286 milliards FCFA, tandis que le Bénin a placé 6,365 milliards FCFA. Le Burkina Faso et le Togo figurent également parmi les participants à cette émission.
Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement des besoins budgétaires du gouvernement sénégalais pour l’exercice 2025. Elle reflète également la confiance soutenue des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal, malgré un contexte économique régional tendu. Le succès de cette opération, qui conjugue diversification des maturités et mobilisation rapide de ressources, renforce la crédibilité du pays sur les marchés financiers de l’UEMOA.