Dans un contexte mondial marqué par l’aggravation des effets du changement climatique, le Sénégal franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa stratégie d’adaptation. Le gouvernement vient d’annoncer un investissement de 1,5 milliard de francs CFA dans l’élaboration d’un Plan national d’adaptation (PNA), à travers le lancement du projet de mise en cohérence de la planification nationale et infranationale de l’adaptation (PNA-FVC). Ce projet est financé par le Fonds Vert pour le Climat.
Le projet, dont la durée est fixée à trois ans, sera déployé dans neuf régions du pays. Il a été officiellement lancé dans les régions de Sédhiou et Kolda, au sud du pays, ce mercredi 6 août. Ces zones ont été choisies en raison de leur forte vulnérabilité aux impacts climatiques, notamment la dégradation des ressources naturelles, l’insécurité alimentaire croissante, les sécheresses et les inondations récurrentes.
Selon Ouseynou Ndione, chargé de programme à la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts au Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, le projet a pour ambition de doter l’État d’un plan global d’adaptation prenant en compte l’ensemble des secteurs sensibles, comme l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la biodiversité ou encore les zones côtières. L’objectif est d’orienter les politiques publiques vers des approches anticipatrices, structurantes et durables.
Mais l’enjeu dépasse largement la simple production d’un document technique. Le projet entend aussi renforcer les capacités des acteurs publics et territoriaux à différents niveaux. Les services déconcentrés de l’État seront formés pour mieux intégrer les données climatiques dans leurs programmes d’action. Les collectivités territoriales seront accompagnées pour que leurs plans de développement locaux tiennent compte des risques climatiques actuels et futurs. Le projet vise également à améliorer les mécanismes de gouvernance et de coordination des politiques climatiques entre les administrations centrales et les autorités locales.
Pour Ouseynou Ndione, il s’agit avant tout de créer une dynamique de transformation durable. « Il ne s’agit pas seulement de produire un document, mais de créer les conditions pour une réelle transformation des pratiques en matière d’adaptation, dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de lancement à Kolda.
À travers le PNA-FVC, le Sénégal souhaite aussi se positionner comme un pays exemplaire dans la mobilisation des financements climatiques internationaux. En s’appuyant sur une stratégie claire, multisectorielle et territorialement ancrée, l’État espère attirer davantage de ressources pour renforcer la résilience de ses écosystèmes et de ses populations.
Cette initiative vient ainsi confirmer l’engagement du Sénégal en faveur de la transition écologique, en mettant en place les fondements d’un développement résilient, équitable et inclusif face aux défis environnementaux du XXIe siècle.