Le journaliste Bachir Fofona a été déféré, ce vendredi, au parquet de Dakar par la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc). Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de déclarations polémiques sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale.
Interpellé mercredi sur ordre du ministère public, Bachir Fofona a été placé en garde à vue dans les locaux de la Dsc, après avoir relayé sur les réseaux sociaux des informations jugées erronées et non vérifiées concernant un prétendu scandale lié aux conditions d’achat desdits véhicules. Selon les autorités, ses propos auraient contribué à propager une fausse information susceptible de troubler l’ordre public et de jeter le discrédit sur une institution républicaine.
Le journaliste passera la journée dans les locaux du tribunal, communément appelés « la cave », en attendant d’être présenté au procureur de la République. Il appartiendra à ce dernier de décider d’un éventuel placement sous mandat de dépôt ou d’une remise en liberté provisoire.
Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse et la responsabilité des journalistes, dans un contexte national marqué par des tensions entre certains organes de presse et les autorités judiciaires. Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté d’expression suivent de près cette procédure, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation de la justice pour museler les voix critiques.