Justice
Affaire de la surfacturation du riz : le juge prononce un non-lieu, mais le parquet relance la procédure
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par
Diack
Le feuilleton judiciaire de la prétendue surfacturation du riz connaît un nouveau rebondissement. Le juge d’instruction du premier cabinet a rendu une ordonnance de non-lieu, estimant que le dossier ne contient pas d’éléments suffisants pour justifier l’ouverture d’un procès. Selon le magistrat, l’enquête n’a pas permis d’établir la moindre infraction pénale, écartant ainsi toute responsabilité des principaux mis en cause.
Cette décision concerne notamment les importateurs Rayan Hachem, Moustapha Ndiaye et Mohamed Dieng, ainsi qu’Aliou Sow, ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) au ministère du Développement communautaire, alors dirigé par Mansour Faye. Ces derniers, qui avaient été placés au cœur de l’affaire, sortent donc blanchis à ce stade de la procédure. Toutefois, cette issue provisoire ne marque pas la fin du dossier : le Parquet de la République a interjeté appel de l’ordonnance, prolongeant ainsi la bataille judiciaire autour de cette affaire très médiatisée.
L’affaire trouve son origine dans une commande de 30 000 tonnes de riz passée durant la pandémie de Covid-19, pour un montant d’environ 2,749 milliards de francs CFA. Cette opération, censée répondre à l’urgence d’approvisionnement en denrées alimentaires dans le cadre du plan de résilience économique et sociale, avait rapidement suscité la controverse. Des observateurs et acteurs de la société civile avaient dénoncé une possible surfacturation, évoquant l’absence d’appel d’offres, des écarts de prix significatifs par rapport aux standards du marché, ainsi qu’un manque de transparence dans les procédures de contrôle et d’exécution des marchés publics.
Au fil des mois, plusieurs protagonistes avaient été entendus par la justice, dont Moustapha Ndiaye, PDG de la société CCMN, fournisseur principal de la commande, et Aliou Sow, soupçonné d’avoir facilité certaines transactions au sein du ministère. Ces derniers avaient toujours clamé leur innocence, soutenant que toutes les procédures avaient été respectées dans un contexte d’urgence sanitaire.
L’ordonnance de non-lieu vient ainsi confirmer la thèse de l’absence de preuves tangibles contre les mis en cause. Néanmoins, la décision du parquet de faire appel ravive les tensions autour de cette affaire, dont les enjeux politiques et financiers demeurent considérables. En effet, le dossier a cristallisé une partie des critiques adressées à la gestion des fonds d’urgence durant la période du Covid-19, période déjà marquée par des soupçons de mauvaise gouvernance dans plusieurs programmes publics.
L’appel du parquet ouvre donc un nouveau chapitre judiciaire. Si la Cour d’appel venait à confirmer le non-lieu, les mis en cause seraient définitivement blanchis. En revanche, si la décision était infirmée, le dossier pourrait être rouvert, avec à la clé un éventuel procès. D’ici là, le débat public autour de la transparence dans la gestion des fonds d’État et des marchés publics reste plus que jamais d’actualité.
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