La tension judiciaire monte entre Abdoulaye Sylla, dirigeant de l’entreprise Ecotra, et Fadilou Kéita, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) du Sénégal, dans une affaire mêlant accusations de détournement de fonds et litige foncier. Ce dossier, qui agite l’opinion publique depuis plusieurs mois, connaît une nouvelle étape avec l’ouverture d’une enquête officielle.
Ce mercredi 1er avril, Fadilou Kéita est attendu à la Sûreté urbaine où il doit être entendu par les enquêteurs à partir de 10 heures. Cette convocation intervient à la suite d’instructions du procureur, qui a jugé nécessaire de faire toute la lumière sur des faits particulièrement graves. Au cœur de l’enquête figurent un présumé détournement de deux milliards de francs CFA ainsi que des accusations liées à l’appropriation de terrains appartenant à la CDC.
L’origine de cette affaire remonte à une intervention médiatique de Fadilou Kéita sur une web télévision. Lors de cette émission, il avait publiquement affirmé avoir saisi la justice contre la société Ecotra. Il accusait cette dernière d’avoir illégalement acquis des terrains relevant du patrimoine de l’institution qu’il dirige, tout en évoquant un détournement de fonds d’un montant important.
Ces déclarations ont immédiatement suscité une vive réaction du côté d’Ecotra. L’entreprise a catégoriquement rejeté les accusations, les qualifiant de mensongères et dénuées de tout fondement. Elle a dénoncé une atteinte à son image et à sa crédibilité dans un secteur stratégique comme celui du bâtiment et des travaux publics.
Dans la foulée, une riposte judiciaire a été enclenchée par les avocats de la société. Me Demba Ciré Bathily, agissant pour le compte d’Ecotra, a déposé une plainte visant à la fois Fadilou Kéita et la web télévision ayant diffusé les propos incriminés. Les faits invoqués incluent la diffamation, la diffusion de fausses nouvelles ainsi que la complicité. La défense d’Ecotra réclame l’ouverture d’une enquête approfondie afin de déterminer les responsabilités et d’assurer l’application stricte de la loi pénale.