Les avocats du député et maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom, sont montés au créneau ce jour lors d’une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’irrégularités majeures dans la procédure engagée contre leur client. Face aux journalistes, le collectif de défense, par la voix de Me El Hadji Amadou Sall, a évoqué des « violations graves et manifestes » des droits constitutionnels du parlementaire.
Au cœur de leurs griefs figure la saisie et l’exploitation du téléphone portable du député. Selon Me Amadou Sall, l’appareil aurait été découvert en décembre dernier lors d’une fouille inopinée. C’est à la suite de cette découverte que le ministère de la Justice aurait sollicité la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Une démarche que la défense juge disproportionnée et juridiquement contestable. « Juste pour un portable », a insisté l’avocat, estimant que la procédure repose sur des bases fragiles.
Les conseils du député soutiennent que le téléphone a été conservé pendant une dizaine de jours avant que leur client ne soit auditionné. Ils affirment également que, après le refus de Farba Ngom de communiquer son code d’accès, l’appareil aurait été « craqué » afin d’en exploiter le contenu. Pour la défense, une telle démarche constituerait une entorse grave aux droits de la défense et au respect de la vie privée.
Les avocats dénoncent en outre une perquisition qui aurait été menée en l’absence du député et de ses conseils, ce qu’ils considèrent comme une violation des règles encadrant ce type d’acte. Ils pointent également une atteinte au secret professionnel, évoquant la divulgation présumée d’échanges entre Farba Ngom et ses avocats. « La communication entre un justiciable et ses conseils est couverte par le secret professionnel. Nul n’a le droit d’y accéder », a martelé Me Amadou Sall, estimant que ce principe fondamental aurait été bafoué.
Sur le plan judiciaire, la défense rappelle que le juge du premier cabinet a accordé à leur client une liberté provisoire pour « contestation sérieuse » des faits, et non pour des raisons médicales. Une précision que les avocats jugent importante, considérant qu’elle affaiblit la thèse de l’accusation. Le parquet a toutefois interjeté appel de cette décision, relançant la procédure devant une juridiction supérieure.
Enfin, les conseils de Farba Ngom soulignent que leur client demeure député en exercice et bénéficie, à ce titre, d’une immunité parlementaire. Ils rappellent que la levée de cette immunité ne peut intervenir que pour des faits précis et dans un cadre strictement défini par la loi. Selon eux, cette protection vise à garantir l’exercice libre et indépendant du mandat parlementaire, et non à protéger une personne en tant que telle.