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Affaire Pierre Robert : les révélations d’un suspect sur une relation intime et un système de contrôle renforcent les soupçons d’un vaste réseau

L’enquête tentaculaire impliquant le ressortissant français Pierre Robert continue de livrer de nouveaux éléments troublants. Selon des révélations du quotidien Libération, l’un des quatorze suspects actuellement placés sous mandat de dépôt à Dakar a reconnu entretenir une relation intime avec le principal mis en cause, apportant un éclairage supplémentaire sur ce dossier criminel d’une ampleur exceptionnelle mêlant exploitation sexuelle, réseaux numériques et mécanismes de manipulation.

L’affaire a été déclenchée à la suite de l’exécution au Sénégal d’une commission rogatoire internationale émise par les autorités judiciaires françaises. Dans ce cadre, les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) ont mené plusieurs opérations ayant conduit à l’arrestation de quatorze personnes. Ces dernières ont été écrouées pour des chefs d’accusation particulièrement graves, notamment association de malfaiteurs, traite d’êtres humains en bande organisée, proxénétisme en bande organisée, transmission volontaire du VIH/Sida, viols sur mineurs, actes de pédophilie, actes contre nature, ainsi que détention et usage de drogue, rapporte Libération.

Parmi les personnes incarcérées figure Amath Lô, âgé de 21 ans. Le jeune homme a été interpellé dans un appartement situé aux Almadies, un logement que Pierre Robert continuait, selon les éléments de l’enquête, de financer malgré son placement en détention.

Les investigations ont pris une nouvelle dimension lorsque les enquêteurs ont exploité plusieurs messages électroniques interceptés au cours de la procédure. Dans ces échanges, Pierre Robert appelait Amath Lô par le surnom affectif « Bb », ce qui a conduit les policiers à interroger le jeune homme sur la nature de leur relation.

Confronté à ces messages lors de son audition, Amath Lô n’a pas contesté les faits. D’après Libération, il a reconnu être « fiancé à Pierre Robert depuis février 2024 ». Le suspect a expliqué avoir fait la connaissance du ressortissant français sur Facebook en novembre 2023, alors qu’il n’était âgé que de 18 ans. Selon son récit, leur premier échange sur Messenger aurait débuté par un message dans lequel Pierre Robert se présentait ainsi : « Salut, je suis un blanc qui habite au Sénégal à Saly ».

Au fil des mois, la relation entre les deux hommes aurait évolué. Toujours selon les déclarations rapportées par Libération, Pierre Robert aurait rapidement pris en charge certains aspects matériels de la vie du jeune homme. Le 17 janvier 2024, il lui aurait trouvé une chambre à Keur Massar. Quelques semaines plus tard, le 7 février 2024, le ressortissant français serait arrivé au Sénégal.

Peu après son arrivée, il aurait conduit Amath Lô à Yoff afin de lui présenter une personne qu’il aurait décrite comme son « mari ». Dans la foulée, il lui aurait également loué un appartement dans ce quartier.

Lors de son audition, Amath Lô s’est décrit comme un « formateur au sexe » et a affirmé ne pratiquer aucune religion. Il a également déclaré que Pierre Robert organisait certaines rencontres avec d’autres hommes recrutés sur l’application Grindr. Ces derniers auraient été rémunérés pour participer à ces rendez-vous.

Toujours selon ses déclarations, ces relations étaient étroitement encadrées par le ressortissant français, qui aurait fixé plusieurs règles concernant les partenaires et la manière dont les rencontres devaient se dérouler.

L’un des aspects les plus préoccupants mis au jour par les enquêteurs concerne un système de surveillance qui aurait été mis en place dans l’appartement occupé par Amath Lô. Les policiers ont en effet découvert qu’une caméra dissimulée aurait été installée dans le logement, permettant à Pierre Robert de suivre à distance ce qui s’y déroulait.

Parmi les éléments versés au dossier figure également un message intercepté par les enquêteurs dans lequel le suspect français se plaint d’un dysfonctionnement technique, écrivant simplement : « La caméra ne fonctionne pas ».

Ces découvertes viennent renforcer l’hypothèse des enquêteurs selon laquelle un système structuré d’exploitation et de contrôle aurait été mis en place. Les investigations se poursuivent désormais autour de l’exploitation des preuves numériques, des témoignages et des nombreux éléments matériels saisis au cours de l’enquête.


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