Le projet de budget 2027 du ministère de l’Industrie et du Commerce n’a pas obtenu l’approbation des députés en commission. Réunis ce samedi 7 novembre 2026, les membres de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à celle des Affaires économiques, ont rejeté le projet défendu par le ministre Dr Serigne Guèye Diop. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par les discussions autour des orientations budgétaires de l’État et les interrogations sur les moyens consacrés au développement économique du Sénégal.
Au cœur des débats, la forte contraction des ressources prévues pour le département de l’Industrie et du Commerce. Pour l’exercice 2027, les crédits de paiement sont arrêtés à 58,7 milliards de FCFA, contre environ 150,13 milliards de FCFA en 2026. Cette évolution représente une baisse de 60,89 %, soit une diminution de plus de 91 milliards de FCFA en valeur absolue.
La tendance est encore plus marquée au niveau des autorisations d’engagement. Celles-ci passent d’environ 356 milliards de FCFA en 2026 à 62,87 milliards de FCFA pour 2027, soit une chute de 82,34 %. Une réduction importante qui soulève des interrogations sur la capacité du ministère à soutenir les investissements structurants, à accompagner les entreprises et à mettre en œuvre les programmes annoncés dans les secteurs industriel et commercial.
Lors de l’examen du document budgétaire, plusieurs députés ont exprimé leurs réserves sur la cohérence des prévisions présentées. Les critiques ont notamment porté sur ce qu’ils considèrent comme un manque de sincérité budgétaire, mais également sur le niveau d’ambition des allocations proposées au regard des défis économiques auxquels le Sénégal est confronté.
Les parlementaires ont ainsi questionné l’adéquation entre les ressources prévues et les objectifs assignés au ministère, dans un contexte où la transformation industrielle, la promotion du secteur privé, le développement des unités de production locales et le renforcement du commerce constituent des enjeux majeurs pour l’économie nationale.
Cette baisse significative des enveloppes budgétaires intervient également à un moment où les pouvoirs publics affichent leur volonté d’accélérer la souveraineté économique et de renforcer la production nationale. Pour les députés critiques, les moyens financiers inscrits dans le projet de budget ne semblent pas suffisamment traduire les ambitions affichées dans ces domaines.
Le rejet en commission constitue ainsi un nouveau désaccord autour des choix budgétaires du gouvernement. Il intervient alors que l’examen des budgets ministériels se poursuit à l’Assemblée nationale, dans un climat marqué par des divergences entre les représentants du pouvoir exécutif et les parlementaires sur les priorités de dépenses publiques.






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