Alors que l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) se transforme en bras de fer politique à l’Assemblée nationale, le parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) hausse le ton. Dans un communiqué publié ce 6 novembre 2026, la formation politique dénonce les calculs partisans qui, selon elle, prennent le pas sur l’intérêt général. Elle appelle le Premier ministre à engager la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter le texte. Face à cette crise institutionnelle, l’ARC réitère également son exigence de dissolution de l’Assemblée nationale à compter du 2 décembre prochain.
La crise autour du budget national continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 6 novembre, l’Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) déplore la tournure essentiellement politicienne que prend l’examen de la loi de finances rectificative. Pour le parti, le budget de la Nation ne saurait être instrumentalisé à des fins de règlements de comptes politiques ou de manœuvres de déstabilisation institutionnelle.
Les urgences sociales sacrifiées sur l’autel des rivalités politiques
L’ARC rappelle que le Sénégal traverse une période socio-économique particulièrement délicate, marquée notamment par la cherté de la vie, les inondations, le chômage des jeunes, l’insécurité ainsi que les difficultés d’accès aux soins de santé et à l’éducation.
Autant de préoccupations qui, selon la formation politique, devraient constituer les principales priorités des pouvoirs publics. Le parti met ainsi en garde contre les conséquences d’un blocage institutionnel prolongé, estimant que les premières victimes seraient les ménages, les travailleurs et les couches les plus vulnérables de la population.
Un tel scénario pourrait, selon l’ARC, entraîner l’interruption de certains programmes publics, le gel des investissements et un affaiblissement du secteur privé, avec des répercussions directes sur l’économie nationale.
Tout en reconnaissant la légitimité des débats portant sur la transparence et la sincérité des prévisions budgétaires, le parti refuse que la gestion des finances publiques soit réduite à un affrontement entre deux camps politiques. Il invite ainsi les parlementaires à dépasser leurs divergences et à privilégier une démarche constructive, guidée par l’intérêt général et le devoir de servir les populations.
L’article 86 de la Constitution et la dissolution de l’Assemblée nationale en ligne de mire
Face au risque de paralysie de l’action publique, l’ARC demande au gouvernement d’assumer pleinement ses responsabilités constitutionnelles. La formation politique exhorte notamment le Premier ministre à recourir aux dispositions de l’article 86 de la Constitution afin d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale et permettre ainsi l’adoption du projet de loi de finances rectificative.
Au-delà de cette exigence, le parti réitère son appel au président de la République pour la dissolution de l’Assemblée nationale. Il souhaite que cette mesure soit envisagée dès le 2 décembre 2026, date qu’il présente comme l’échéance du délai légal applicable.
Pour l’ARC, cette option permettrait de sortir de l’impasse institutionnelle actuelle et de mettre fin à ce qu’elle considère comme un blocage entretenu par une majorité parlementaire déconnectée des préoccupations des Sénégalais.
À travers cette sortie, la formation politique appelle ainsi les acteurs institutionnels à prendre leurs responsabilités afin que les intérêts des populations ne continuent pas de pâtir des rivalités politiques.






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