Par la présidente de 2ADS – Ande Ak Adjaratou
Le Sénégal mérite-t-il de rester prisonnier des rivalités politiques et des bras de fer institutionnels, alors que des millions de nos concitoyens attendent des réponses urgentes à leurs préoccupations quotidiennes ?
La question mérite d’être posée avec gravité et responsabilité.
Notre pays traverse une période marquée par d’importantes attentes sociales et économiques. La cherté de la vie, le chômage des jeunes, la précarité des femmes, les difficultés du secteur privé, ainsi que les défis liés à l’accès à l’éducation et aux soins de santé constituent autant de préoccupations qui exigent des réponses courageuses et des actions concrètes.
Pourtant, l’actualité politique semble trop souvent dominée par les divergences, les rapports de force et les calculs stratégiques entre les différentes composantes du pouvoir.
La crise autour de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 en constitue une illustration préoccupante.
Certes, le Parlement exerce une mission constitutionnelle de contrôle, tandis que le Gouvernement a la responsabilité de conduire sa politique. Certes, le débat contradictoire est une exigence fondamentale de toute démocratie. Mais jusqu’où les divergences institutionnelles peuvent-elles aller sans compromettre les impératifs du développement national ?
La démocratie ne saurait se réduire à une confrontation permanente. La séparation des pouvoirs ne signifie pas la rupture du dialogue. L’indépendance des institutions ne doit jamais devenir un prétexte à l’immobilisme.
Le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre des institutions. Il a besoin d’une République fondée sur la responsabilité.
Le peuple ne doit pas être le grand oublié
Derrière les batailles politiques, il y a des femmes qui se battent chaque jour pour faire vivre leurs familles, des jeunes diplômés qui cherchent désespérément un emploi, des entrepreneurs qui peinent à maintenir leurs activités et des parents qui s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants.
Ces Sénégalais ne demandent pas des discours de confrontation. Ils attendent des solutions.
Ils attendent une gouvernance capable de transformer les ambitions politiques en résultats mesurables.
Ils attendent que les ressources publiques soient mobilisées au service des priorités nationales.
Ils attendent que les institutions travaillent pour eux, plutôt que de les exposer aux conséquences de leurs désaccords.
Il est donc urgent de replacer le citoyen au cœur de l’action publique.
La responsabilité doit prendre le dessus sur les calculs politiques
Nous devons collectivement comprendre qu’aucune institution ne peut, à elle seule, porter le destin d’une nation.
Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et les autres institutions de la République ont chacun un rôle essentiel à jouer. Leurs différences doivent contribuer à enrichir le débat démocratique, à renforcer les mécanismes de contrôle et à améliorer la qualité des décisions publiques.
Cependant, lorsque les divergences deviennent des obstacles à la mise en œuvre des politiques publiques, il devient indispensable de retrouver les voies de la concertation.
Nous ne demandons ni le silence du Parlement ni l’affaiblissement de l’Exécutif. Nous plaidons pour le respect mutuel, la responsabilité et le sens de l’État.
Le dialogue n’est pas une faiblesse. Le compromis n’est pas une capitulation. Et préserver la stabilité nationale ne signifie pas renoncer à ses convictions.
2ADS lance un appel solennel
En notre qualité de mouvement engagé en faveur de l’autonomisation des femmes et de la construction d’un Sénégal plus fort, nous lançons un appel solennel à toutes les forces vives de la Nation.
Au président de la République, nous demandons de poursuivre les efforts de rassemblement et de faire de l’apaisement institutionnel une priorité nationale.
Au Gouvernement, nous demandons de privilégier la concertation, la transparence et la recherche de solutions durables face aux défis économiques et sociaux.
Aux députés de l’Assemblée nationale, nous rappelons que leur mandat constitue avant tout une responsabilité envers le peuple. Le contrôle parlementaire doit rester exigeant, mais également constructif et résolument orienté vers l’intérêt général.
Aux responsables politiques, nous demandons de dépasser les considérations personnelles et partisanes afin de renouer avec le sens de l’engagement républicain.
Dans cette perspective, nous proposons notamment l’ouverture d’un cadre de concertation institutionnelle autour des urgences budgétaires, économiques et sociales. Celui-ci permettrait d’identifier des points de convergence, de favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes et de préserver la continuité de l’action publique.
Le Sénégal avant tout !
Notre pays dispose de ressources humaines, économiques et sociales considérables. Il peut compter sur une jeunesse ambitieuse, des femmes courageuses, des entrepreneurs engagés et une société civile dynamique.
Ce potentiel ne doit en aucun cas être sacrifié sur l’autel des rivalités politiques.
L’heure n’est plus à savoir qui remportera une bataille politique ou institutionnelle. L’urgence est de déterminer comment nous pouvons, ensemble, faire avancer le Sénégal.
L’histoire jugera nos responsabilités à l’aune des résultats obtenus, de l’amélioration des conditions de vie des populations et des perspectives offertes aux générations futures.
Le Sénégal est plus grand que nos ambitions individuelles. La République est plus forte que nos divergences. Et le peuple sénégalais ne doit jamais être pris en otage par les querelles du pouvoir.
Pour 2ADS, une conviction demeure inébranlable : le développement ne peut prospérer sans stabilité, la démocratie ne peut s’épanouir sans dialogue et la souveraineté ne prend tout son sens que lorsqu’elle contribue concrètement à améliorer les conditions de vie des populations.
Le Sénégal d’abord. Le peuple d’abord. Le développement d’abord.
La présidente de 2ADS – Ande Ak Adjaratou
Pour l’autonomisation des femmes et un Sénégal plus fort.






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