Le climat social pourrait de nouveau se tendre dans le secteur de la justice. Face à l’absence d’avancées qu’il juge suffisantes dans la mise en œuvre des engagements conclus avec le Gouvernement le 7 août 2025, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) a décidé de passer à une nouvelle étape de son mouvement de revendication.
Dans un communiqué, le Bureau exécutif national annonce avoir déposé un préavis de grève auprès du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public. Le syndicat accorde ainsi aux autorités un délai de trente jours pour faire progresser les négociations et apporter des réponses concrètes aux revendications des travailleurs de la justice.
Le SYTJUST affirme avoir privilégié le dialogue et fait preuve de responsabilité au cours des derniers mois. Toutefois, il estime que les discussions engagées n’ont pas permis d’aboutir à des solutions satisfaisantes. Cette situation motive désormais son avertissement, alors que plusieurs points du protocole d’accord demeurent au centre du différend.
Au cœur des désaccords figure notamment le reclassement des travailleurs ayant suivi une formation au Centre de formation judiciaire (CFJ). Le syndicat rejette la méthode fondée sur l’attribution de « l’indice égal ou immédiatement supérieur », qu’il considère comme préjudiciable aux droits des agents concernés.
Selon le SYTJUST, cette formule risque de porter atteinte à l’ancienneté professionnelle des travailleurs et de compromettre la continuité de leur carrière. L’organisation demande donc une solution qui tienne compte des parcours professionnels et garantisse les droits acquis par les agents concernés.
Les revendications portent également sur la préservation de l’ancienneté des agents non fonctionnaires qui accèdent au corps des assistants des greffes et parquets. Pour le syndicat, leur changement de statut ne doit pas se traduire par une remise en cause des années de service déjà accomplies.
Autre point majeur du différend, le SYTJUST réclame la rétroactivité des reclassements ainsi que le paiement des rappels de salaire dus depuis juillet 2018. À ces exigences s’ajoutent le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans et la revalorisation des indemnités du personnel de la justice.
À travers ces demandes, l’organisation syndicale entend obtenir une application effective des engagements pris par les autorités et une amélioration de la situation professionnelle et financière des travailleurs concernés.
Malgré la fermeté de son avertissement, le SYTJUST affirme que le dépôt du préavis ne signifie pas la fin du dialogue. Le syndicat se dit toujours disponible pour des négociations sérieuses, mais prévient qu’il pourrait déclencher des mouvements de grève à l’expiration du délai légal de trente jours si aucune avancée significative n’est enregistrée.
Le Bureau exécutif national appelle ainsi le Gouvernement à faire preuve de la volonté politique nécessaire pour éviter une nouvelle confrontation sociale dans le secteur judiciaire. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les discussions permettront de rapprocher les positions et de prévenir une éventuelle paralysie des services concernés.
En attendant une réponse des autorités, le préavis du SYTJUST place l’application du protocole d’accord du 7 août 2025 au centre des enjeux sociaux dans le secteur de la justice.






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