Dans une chronique publiée par Seneweb, intitulée « Lfr : l'erreur politique de Pastef ! », l'auteur estime que le parti au pouvoir s'est trompé de méthode en menaçant de bloquer le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 si ses amendements ne sont pas pris en compte. « On peut avoir raison sur le fond et se tromper lourdement sur la méthode », écrit-il.
Des revendications « qui méritent le débat »
Le chroniqueur reconnaît la légitimité de plusieurs revendications portées par les députés de Pastef : l'encadrement des fonds spéciaux de la Présidence, la baisse des taxes sur le diesel, la revalorisation des bourses familiales ou encore la remise en question de certains arbitrages liés au Fonds monétaire international. Mais, juge-t-il, menacer de bloquer un texte budgétaire dans un pays confronté à de fortes tensions financières reste « un pari risqué ».
Les chiffres du gouvernement
Il rappelle les données avancées par le Premier ministre : 340 milliards de FCFA de recettes en moins, 540 milliards de charges supplémentaires et des arriérés de paiement de l'État estimés à 1 956 milliards. Il admet que la réduction de 555 milliards de crédits d'investissement « interpelle » et que le Parlement « n'est pas une chambre d'enregistrement », mais souligne qu'entre amender un texte et menacer de le bloquer, « il existe une frontière ».
L'auteur relève aussi que la loi de finances initiale avait été adoptée par les députés de Pastef lorsqu'Ousmane Sonko, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale, était encore Premier ministre. Il évoque l'audience accordée à ce dernier par le khalife général des mourides, sans lui prêter de portée politique, et cite l'inquiétude des marchés et la baisse des obligations sénégalaises en dollars.
« Reculer n'est pas toujours capituler »
Selon lui, les premières victimes d'un blocage seraient les entreprises en attente de paiement, les ménages et les sinistrés des inondations de Touba. « Le Sénégal n'a besoin ni d'un Parlement docile ni d'un gouvernement soustrait au contrôle démocratique », conclut-il, appelant à « un débat exigeant, mais constructif ».






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