La Banque mondiale a publié un rapport consacré à l'essor urbain en Afrique subsaharienne, qualifiée d'« ultime frontière de l'urbanisation ». Le Sénégal y apparaît à un tournant de son histoire démographique, rapporte PressAfrik, qui a consacré deux articles au document.
Une « prime » urbaine, mais une productivité poussive
Vivre en ville procure aux ménages sénégalais des avantages, notamment une « prime » urbaine de dépenses nettement supérieure, surtout à Dakar. Mais la croissance démographique rapide se heurte à une productivité faible. Le principal obstacle, selon le rapport, est le « manque relatif de pôles d'emplois accessibles dans des emplacements stratégiques de la ville ». Avec des transports fragmentés et coûteux, beaucoup de travailleurs se déplacent à pied, ce qui limite leur accès aux emplois formels.
Orienter l'expansion avant qu'il ne soit trop tard
L'institution recommande de « diriger l'investissement public là où son impact sur l'emploi et l'investissement privé sera le plus fort », à travers des programmes d'aménagement intégrés. En périphérie, face à une expansion rapide et non planifiée, elle préconise d'« orienter cette expansion avant que les coûts n'augmentent » : tracer tôt les grandes artères, protéger les zones exposées aux risques climatiques et permettre le regroupement des parcelles au sein de macro-îlots.
Réformer la fiscalité foncière
Près de la moitié des espaces urbains dont le pays aura besoin d'ici 2050 restent à bâtir, et « les seules ressources publiques ne peuvent répondre à l'ampleur des besoins d'investissement ». Le rapport plaide pour élargir l'assiette de l'impôt foncier, recenser les propriétés par système d'information géographique, numériser la facturation et doter les communes de ressources propres via des baux fonciers ou des redevances.
Il recommande aussi de récupérer une partie de la plus-value foncière créée par les investissements publics et de développer des partenariats public-privé, dans un cadre « transparent, sécurisé et attractif », pour faire de l'urbanisation un « moteur durable de croissance économique et de création d'emploi ».






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