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Le monde / Afrique

Abidjan accueille un parterre de dirigeants africains pour l’investiture d’Alassane Ouattara

Une effervescence diplomatique inhabituelle a animé Abidjan ce lundi, alors qu’une dizaine de chefs d’État africains, trois anciens présidents et de nombreux représentants de puissances internationales ont convergé vers la capitale économique ivoirienne…

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Abidjan accueille un parterre de dirigeants africains pour l’investiture d’Alassane Ouattara

Une effervescence diplomatique inhabituelle a animé Abidjan ce lundi, alors qu’une dizaine de chefs d’État africains, trois anciens présidents et de nombreux représentants de puissances internationales ont convergé vers la capitale économique ivoirienne pour assister à l’investiture d’Alassane Ouattara. Cette présence massive illustre la place stratégique qu’occupe désormais la Côte d’Ivoire sur l’échiquier continental et international, tout en marquant l’ouverture d’un nouveau chapitre politique pour le pays.

La cérémonie s’est déroulée au Palais présidentiel du Plateau, où le chef de l’État a prêté serment devant le Conseil constitutionnel. Par cet acte solennel, Alassane Ouattara entame son quatrième mandat à la tête de la nation, après avoir été réélu le 25 octobre dernier avec près de 90 % des suffrages exprimés. Devant les juges, l’ancien directeur général adjoint du FMI s’est engagé à « respecter et défendre la Constitution », à « incarner l’unité nationale » et à « veiller aux intérêts supérieurs de la Nation », réaffirmant ainsi sa volonté de poursuivre la ligne directrice qui a marqué l’ensemble de ses mandats précédents.

La mobilisation internationale autour de cet événement a été exceptionnelle. Plusieurs dirigeants africains ont fait le déplacement, parmi lesquels Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de Mauritanie, John Dramani Mahama du Ghana, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Julius Maada Bio de Sierra Leone, Joseph Nyuma Boakaï du Liberia, Azali Assoumani des Comores, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, João Lourenço d’Angola et Adama Barrow de Gambie. Faure Gnassingbé, président du Togo, et Ismaël Omar Guelleh, chef de l’État djiboutien, étaient également annoncés.

La présence de trois anciens dirigeants, Goodluck Jonathan du Nigeria, Nana Akufo-Addo du Ghana et Mahamadou Issoufou du Niger, a apporté une dimension symbolique supplémentaire. Leur participation témoigne de la capacité d’Alassane Ouattara à maintenir, au fil de ses mandats, un vaste réseau de relations diplomatiques et régionales.

Au-delà du continent africain, les grandes puissances ont également montré leur intérêt pour la stabilité politique et économique de la Côte d’Ivoire. Les États-Unis étaient représentés par Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, tandis que la France avait dépêché Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux. La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie figurait elle aussi parmi les personnalités invitées.

Cette investiture marque la conclusion d’un processus électoral particulier, au cours duquel Alassane Ouattara a opéré un retour décisif sur le devant de la scène politique. En 2020, le président avait pourtant évoqué son intention de céder la place à une nouvelle génération. Il avait alors expliqué, lors de l’annonce de sa candidature, que « le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », invoquant les défis sécuritaires et économiques persistants dans la sous-région.

Au lendemain de sa réélection, le chef de l’État avait souligné que ce nouveau mandat serait placé sous le signe de la continuité, de la stabilité et du renforcement démocratique. « Cette victoire est avant tout celle du peuple, qui a choisi la démocratie, la paix et la stabilité », avait-il affirmé devant son gouvernement.

À 83 ans, Alassane Ouattara entame ce mandat dans un contexte régional contrasté. Si la Côte d’Ivoire bénéficie d’une croissance économique soutenue et d’une stabilité politique relative, l’opposition continue de contester la légitimité de ce quatrième mandat, le qualifiant « d’anticonstitutionnel » et dénonçant l’exclusion de plusieurs de ses figures majeures lors du processus électoral.

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