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Economie

Assemblée nationale : Tafsir Thioye relance le débat sur le surfinancement et interpelle Cheikh Diba sur le sort de 123 milliards de francs CFA

La séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025 a de nouveau mis en lumière les interrogations persistantes autour de la gestion des ressources publiques et du niveau de transparence budgétaire. Le député Tafsir Thioye a profité de l’occasion pour interpeller le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la destination de sommes jugées opaques par plusieurs parlementaires.

Le parlementaire est revenu sur le dossier des 604 milliards de francs CFA évoqués précédemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette enveloppe, qualifiée de surfinancement, avait suscité de vifs débats sur la sincérité des prévisions budgétaires et la traçabilité des fonds effectivement utilisés. Selon Tafsir Thioye, la Cour des comptes avait, dans son rapport, précisé qu’environ 181 milliards avaient été effectivement dépensés. Il en résulterait donc, d’après ses calculs, un reliquat de 123 milliards sur lequel il exige des explications claires.

S’adressant directement au ministre Cheikh Diba, le député a martelé qu’il n’était plus possible de se contenter d’estimations approximatives sur des montants aussi importants. Il a insisté sur l’obligation de rendre compte aux citoyens de l’utilisation exacte de chaque franc prélevé ou emprunté. « Où est passée cette somme ? Nous devons savoir, de manière exhaustive et documentée, la situation budgétaire du pays », a-t-il exigé.

Au-delà de cette question précise, Tafsir Thioye a dénoncé un climat de confusion entretenu, selon lui, par l’exécutif sur la lecture et l’utilisation des crédits inscrits au budget. Il a estimé que cette opacité, conjuguée à un rythme d’endettement soutenu, risquait d’exposer le Sénégal à des difficultés de soutenabilité financière. Le député n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du ratio dette/PIB, qu’il juge préoccupante. « À ce rythme, on sera à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il prévenu.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’exécutif défend la nécessité d’emprunts conséquents pour financer les priorités sociales et stimuler la relance économique, après les turbulences mondiales et nationales de ces dernières années. Mais l’opposition parlementaire, quant à elle, estime que la sincérité budgétaire et la redevabilité sont encore loin d’être garanties.

Le ministre Cheikh Diba est attendu sur des clarifications supplémentaires, notamment sur l’exécution budgétaire détaillée et la destination de ce différentiel de plus de 100 milliards de francs CFA, dont la justification reste attendue par les députés et l’opinion.


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