Baccalauréat 2025 à Mbacké : résultats contrastés au jury 1219

Les premières délibérations du baccalauréat 2025 ont commencé à livrer leur verdict dans le département de Mbacké, avec des résultats très contrastés selon les séries. Au jury 1219, installé dans les locaux de l’établissement privé Fallou Galass, la tendance générale révèle des disparités notables entre la série L1 et la série L2.

En série L1, les chiffres sont particulièrement préoccupants. Sur les 10 candidats ayant effectivement composé, aucun n’a été admis d’office. Selon le président du jury, Dr Abdou Mbaye, seuls deux d’entre eux ont été autorisés à passer les épreuves du second tour, tandis que les huit autres sont recalés. Fait notable : la majorité des candidats (8 sur 10) se présentaient en tant qu’individuels, contre seulement deux officiels.

À l’inverse, la série L2 affiche des résultats nettement plus encourageants. Sur un total de 420 candidats, 96 ont été admis d’office, dont 19 avec la mention « Assez Bien ». Par ailleurs, 150 candidats auront une seconde chance au rattrapage, ce qui porte à 246 le nombre de candidats toujours en lice après le premier tour.

Ces premiers résultats laissent entrevoir une dynamique contrastée entre les deux séries littéraires. Tandis que la L2 semble maintenir un niveau globalement satisfaisant, la L1 accuse une contre-performance qui interroge sur les conditions de préparation des candidats, en particulier ceux ayant opté pour la formule individuelle.

Kaolack – Baccalauréat 2025 : Un élève handicapé se classe premier parmi les 60 candidats en S2

Une histoire d’excellence et de détermination s’est imposée cette année à Kaolack, lors de la proclamation des résultats du baccalauréat, série S2. Un élève en situation de handicap, Pape Natango Mbaye, s’est classé premier parmi les 60 candidats de sa série au jury 1293, basé au Lycée mixte de Ngane Saër, avec la mention Bien.

L’histoire de Pape Natango Mbaye, qui écrit avec ses pieds en raison de son handicap, est désormais une véritable source d’inspiration au Sénégal. Il a brillamment obtenu son baccalauréat en série S2, se hissant au premier rang de son centre d’examen, au Lycée de Ngane à Kaolack.

Depuis huit (8) ans, Pape Natango est soutenu par l’Association JOKOO Sénégal / Deutschland, dans un parcours scolaire exemplaire, sans jamais descendre sous 17/20 de moyenne. Son succès est aussi celui d’un engagement collectif en faveur de l’inclusion, porté notamment par la Fondation CARITAS OSNABRÜCK, sous la houlette du président M. Vieux Guédel Mbodji et du manager général Alioune Marone.

L’association JOKOO réitère son appel aux autorités pour l’application intégrale de la Loi d’Orientation Sociale, afin de garantir à tous les enfants en situation de handicap un accès équitable à l’éducation. Elle salue également l’engagement de M. Samba Diakhaté, inspecteur d’académie de Kaolack, pour son rôle actif dans la promotion de l’éducation inclusive.

JOKOO adresse ses plus vives félicitations à son filleul et boursier, Pape Natango Mbaye, pour sa ténacité et son excellence, ainsi qu’à tous les acteurs de l’éducation inclusive qui œuvrent chaque jour pour un avenir plus juste et équitable.

Kaolack – Baccalauréat 2025 : Un élève handicapé se classe premier parmi les 60 candidats en S2

Une histoire d’excellence et de détermination s’est imposée cette année à Kaolack, lors de la proclamation des résultats du baccalauréat, série S2. Un élève en situation de handicap, Pape Natango Mbaye, s’est classé premier parmi les 60 candidats de sa série au jury 1293, basé au Lycée mixte de Ngane Saër, avec la mention Bien.

L’histoire de Pape Natango Mbaye, qui écrit avec ses pieds en raison de son handicap, est désormais une véritable source d’inspiration au Sénégal. Il a brillamment obtenu son baccalauréat en série S2, se hissant au premier rang de son centre d’examen, au Lycée de Ngane à Kaolack.

Depuis huit (8) ans, Pape Natango est soutenu par l’Association JOKOO Sénégal / Deutschland, dans un parcours scolaire exemplaire, sans jamais descendre sous 17/20 de moyenne. Son succès est aussi celui d’un engagement collectif en faveur de l’inclusion, porté notamment par la Fondation CARITAS OSNABRÜCK, sous la houlette du président M. Vieux Guédel Mbodji et du manager général Alioune Marone.

L’association JOKOO réitère son appel aux autorités pour l’application intégrale de la Loi d’Orientation Sociale, afin de garantir à tous les enfants en situation de handicap un accès équitable à l’éducation. Elle salue également l’engagement de M. Samba Diakhaté, inspecteur d’académie de Kaolack, pour son rôle actif dans la promotion de l’éducation inclusive.

JOKOO adresse ses plus vives félicitations à son filleul et boursier, Pape Natango Mbaye, pour sa ténacité et son excellence, ainsi qu’à tous les acteurs de l’éducation inclusive qui œuvrent chaque jour pour un avenir plus juste et équitable.

Régulation audiovisuelle : le CNRA met en demeure le Groupe Futurs Médias

Le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a décidé, ce lundi 7 juillet 2025, de mettre en demeure le Groupe Futurs Médias (GFM), propriétaire de la chaîne TFM, pour des manquements répétés aux règles encadrant la diffusion audiovisuelle.

Dans une décision officielle, le régulateur reproche à l’émission « JAKAARLO » la persistance de propos jugés grossiers, dégradants et injurieux envers des invités. Ces dérives avaient pourtant déjà fait l’objet d’une observation formelle adressée au groupe le 26 mars dernier, après la diffusion du numéro du 21 mars 2025.

Le CNRA rappelle que, lors de cette émission, un chroniqueur s’était montré particulièrement virulent, utilisant des termes susceptibles de porter atteinte à la dignité, à l’honneur et à la réputation de la personne visée. Un communiqué publié le 25 mars invitait d’ailleurs l’ensemble des médias à mettre un terme à ces pratiques jugées contraires à la réglementation et à la moralité publique.

Malgré ces avertissements, le Conseil note qu’aucune mesure corrective n’a été prise, puisque des manquements similaires ont été constatés dans l’édition du 4 juillet 2025 de « JAKAARLO ».

Le CNRA enjoint ainsi le Groupe Futurs Médias à prendre « les mesures appropriées » pour faire cesser définitivement ces dérives et à se conformer strictement à la réglementation. Le régulateur rappelle que le non-respect de cette mise en demeure expose la chaîne TFM à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de l’émission incriminée, voire de l’ensemble de ses programmes.

Inflation au Sénégal : Une pression venue de l’extérieur, un défi national

Depuis plusieurs années, le Sénégal fait face à une inflation persistante qui grève le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes. Si cette flambée des prix est parfois perçue comme le résultat de politiques économiques internes, une analyse plus fine révèle que la hausse du coût de la vie trouve largement son origine hors des frontières nationales. Le pays est confronté à une inflation principalement importée, alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires et des énergies fossiles sur les marchés internationaux.

Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les prix à la consommation ont progressé de 4,5 % en glissement annuel au premier trimestre 2025. Cette dynamique est essentiellement portée par l’augmentation du prix des produits alimentaires (+6,2 %) et de l’énergie. Deux postes de dépense cruciaux pour les ménages sénégalais.

Derrière ces chiffres, plusieurs facteurs exogènes s’entrecroisent : instabilité géopolitique dans les régions exportatrices, tensions sur les chaînes logistiques globales, hausses brutales du prix du pétrole, ou encore perturbations climatiques affectant les récoltes mondiales. Résultat : les produits de première nécessité comme le riz, le blé, l’huile ou le lait, que le Sénégal continue d’importer massivement, deviennent de plus en plus chers. À cela s’ajoute une dépendance structurelle aux carburants fossiles, dont la volatilité des cours alimente l’effet domino sur les autres secteurs économiques.

Face à cette inflation importée, les leviers de politique économique du gouvernement sénégalais apparaissent relativement restreints. Certes, des mesures d’atténuation sont régulièrement mises en œuvre : subventions ciblées sur certains produits, exonérations fiscales ponctuelles, plafonnement temporaire des prix ou encore renforcement des contrôles sur les marchés. Mais ces dispositifs ne permettent souvent que de freiner ponctuellement la hausse des prix, sans en résoudre les causes profondes.

Les autorités doivent donc manœuvrer avec précaution, entre volonté de soulager les ménages et contraintes budgétaires. À moyen terme, l’accumulation de subventions peut devenir insoutenable, surtout dans un contexte de ralentissement économique global.

Pour de nombreux économistes, la seule réponse durable réside dans une transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance aux importations, en développant les filières locales de production agricole et agroalimentaire. La relance de la culture du riz, la valorisation de l’élevage local ou encore la transformation industrielle du lait sont autant de pistes évoquées pour renforcer la souveraineté alimentaire.

De même, le développement des énergies renouvelables — solaire, éolien ou encore gaz naturel local — apparaît comme une stratégie incontournable pour limiter la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.

En attendant que ces politiques de résilience produisent leurs effets, les ménages sénégalais, notamment les plus modestes, continuent de subir au quotidien les effets d’une inflation dont les origines leur échappent. Le panier de la ménagère se vide plus vite, les budgets se serrent, et la précarité s’installe dans de nombreux foyers.

Madiambal Diagne convoqué par la Division spéciale de la cybersécurité

Le journaliste et patron du Groupe « Avenir Communication », Madiambal Diagne, a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). Sur sa page X, il a fait savoir qu’il doit se présenter ce mardi à 10h, sans avoir été informé des motifs de cette audition.

Cité Touba Renaissance : Mbackiyou Faye et les résidents en pleine guerre judiciaire

Le promoteur immobilier et homme d’affaires Mbackiyou Faye est au cœur d’un bras de fer judiciaire avec l’Association des résidents et propriétaires de la cité Touba Renaissance, une zone résidentielle qu’il a lui-même conçue et commercialisée à Ouakam. Ce différend, vieux de plusieurs années, a connu de nombreux rebondissements tant sur le plan civil que pénal, opposant d’un côté les attentes non satisfaites des résidents, et de l’autre, la contre-attaque procédurale d’un promoteur aujourd’hui sur la défensive.

Selon les informations du journal Les Échos, tout commence avec la création de la cité Touba Renaissance. Mbackiyou Faye, à l’origine du projet, avait élaboré un plan d’aménagement comprenant des terrains à usage d’habitation, mais aussi des aires de jeux, des jardins et autres espaces publics. Ce plan, validé à l’époque par les services compétents de l’urbanisme, a été l’un des principaux arguments de vente auprès des futurs acquéreurs.

Mais après la construction des maisons, les résidents ont constaté que les promesses de départ n’avaient pas été respectées. D’après l’Association, ni la voirie ni les réseaux d’assainissement n’ont été réalisés, alors que ces infrastructures incombaient au promoteur. Plus grave encore, le plan d’aménagement initial aurait été unilatéralement modifié par ce dernier : des espaces verts et lieux publics ont disparu au profit de nouveaux lotissements.

Face à cette situation, les résidents se sont organisés en association pour mener la bataille judiciaire. Une plainte pour faux et usage de faux a été déposée, accusant Mbackiyou Faye d’avoir modifié illégalement les plans initiaux. L’affaire a été confiée à la Section de recherches avant d’être transférée au Doyen des juges. Le dossier reste encore pendant devant le juge d’instruction.

En parallèle, les plaignants ont saisi le juge civil pour contraindre le promoteur à exécuter les travaux de base prévus. Le tribunal leur a donné raison, condamnant Mbackiyou Faye à réaliser les travaux de voirie et d’assainissement sous astreinte. Bien qu’il ait fait appel, la condamnation a été confirmée. Ce n’est qu’après cette décision que les travaux ont enfin été réalisés.

Après avoir été condamné au civil, Mbackiyou Faye a choisi de passer à l’offensive sur le terrain pénal. Il a déposé deux plaintes distinctes contre les responsables de l’association.

D’abord, quatre d’entre eux sont poursuivis pour destruction de biens appartenant à autrui, suite à une manifestation de protestation lors de laquelle des installations déjà construites par le promoteur ont été endommagées. Cette affaire sera examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 25 décembre 2025.

Ensuite, le président de l’association fait l’objet d’une citation directe pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles. Des propos tenus dans la presse seraient à l’origine de cette action. Le jugement, initialement prévu le 19 juin 2025, a été renvoyé au 18 décembre 2025.

Malgré cette tension palpable entre les deux parties, Les Échos rapporte que des discussions sont en cours en vue d’un éventuel règlement à l’amiable. Après des années de procédures, d’accusations croisées et d’incertitude pour les résidents, cette médiation pourrait être le seul moyen d’éviter une guerre d’usure dont personne ne sortirait réellement vainqueur.

L’affaire Touba Renaissance est emblématique des litiges de plus en plus fréquents entre promoteurs immobiliers et résidents dans les grandes zones urbaines sénégalaises. Elle pose la question du respect des engagements contractuels, du contrôle public sur l’urbanisation privée, mais aussi du droit des citoyens à vivre dans un cadre conforme aux normes annoncées.

Dans un contexte où la demande en logements ne cesse de croître, ce genre de contentieux met en lumière les failles du secteur immobilier et l’urgence de réguler davantage les pratiques des promoteurs pour protéger les acquéreurs.

Affaire Sangomar : NHV-WA écartée du marché des hélicoptères, malgré un contrat en bonne et due forme

Un scandale aux relents de favoritisme secoue le dossier du projet pétrolier de Sangomar. L’entreprise Noordzee Helikopters Vlaanderen-West Africa (NHV-WA), attributaire en 2020 du marché relatif à la fourniture de trois hélicoptères pour le transport du personnel et du fret de Woodside Energy, a été « injustement écartée » du projet, selon les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi.

Le marché, obtenu par appel d’offres, avait conduit NHV-WA à investir près de 5 milliards de francs CFA pour honorer ses engagements. Mais contre toute attente, la société a été évincée sans notification de motif valable, au profit de la société concurrente Héliconia, initialement écartée lors de l’évaluation des offres.

Dans une correspondance adressée aux nouvelles autorités sénégalaises, NHV-WA affirme que Woodside aurait évoqué des “pressions” exercées par des autorités de l’ancien régime pour justifier ce brusque revirement. « Les autorités de l’époque n’ont pas hésité à prendre un décret pour nous écarter », dénonce la société, qui va plus loin en accusant l’ancien pouvoir d’avoir souscrit dans le cabinet de la société concurrente Héliconia, en totale contradiction avec les principes de transparence et d’équité qui régissent les marchés publics.

Ce développement relance les débats sur la gouvernance du secteur extractif au Sénégal, notamment dans le contexte sensible de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Le projet Sangomar, piloté par Woodside, est l’un des plus stratégiques du pays, avec une mise en production attendue dans les mois à venir.

Face à ce qu’elle qualifie de “situation préoccupante”, NHV-WA a interpellé le gouvernement de la troisième alternance afin que lumière soit faite sur cette affaire. Elle appelle à une enquête indépendante sur les conditions de son exclusion et sur les liens éventuels entre certaines autorités de l’ancien régime et Héliconia.

Madiambal Diagne lance un défi à Pastef : « Que Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian affrontent Badara Gadiaga sur Jakarlo »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a ravivé la tension politique autour de l’émission Jakarlo-bi en lançant un défi inédit aux responsables du parti Pastef. Sur les réseaux sociaux, il a proposé l’organisation d’un débat télévisé entre le chroniqueur Badara Gadiaga et deux figures de la mouvance présidentielle : Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian.

Cette sortie survient dans un contexte de polémique nourrie par une passe d’armes virulente entre Gadiaga et le député Amadou Bâ, membre du Pastef, lors d’une précédente émission. Les propos tenus à cette occasion, notamment ceux liés à l’affaire Adji Sarr – un dossier hautement sensible au Sénégal – ont suscité une vague d’indignation chez les partisans du parti au pouvoir. Plusieurs voix proches de Pastef ont publiquement réclamé que le procureur de la République s’autosaisisse du dossier.

Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position tranchées, estime pour sa part que la démarche du parti relève d’une tentative d’intimidation à l’égard du chroniqueur. Dans un ton à la fois sarcastique et provocateur, il déclare :

« Pastef souhaite que le Procureur vole à son secours pour faire taire Badara Gadiaga. Je propose un duo de choc Fadilou Keïta-Waly Diouf Bodian sur le plateau de Jakarlo pour rabattre le caquet à Badara. Le débat démocratique serait sauf et les juges resteraient à leur place. »

Cette proposition relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et sur la capacité des responsables politiques à affronter leurs contradicteurs sur des plateaux de télévision, dans un esprit de respect du pluralisme et du débat républicain.

Fadilou Keïta, militant actif de Pastef et très présent sur la scène médiatique, tout comme Waly Diouf Bodian, directeur général de l’ARTP et également connu pour ses prises de position tranchées, n’ont pour l’instant pas officiellement réagi à la provocation de Madiambal Diagne.

En attendant une réponse de la part des intéressés, cette invitation au débat, lancée dans un contexte de polarisation extrême, risque d’agiter encore davantage l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre presse, justice et acteurs politiques.

Amadou Bâ interpelle Diomaye et Sonko : « L’heure est à l’action »

L’ancien Premier ministre et candidat arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle, Amadou Bâ, sort de sa réserve pour adresser un message direct au tandem au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. À travers un communiqué de son mouvement La Nouvelle Responsabilité (NR), il invite les nouvelles autorités à sortir d’une posture d’observation pour entrer pleinement dans celle de l’action, face aux multiples urgences économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Dans un ton ferme mais républicain, Amadou Bâ rappelle que « la démocratie constitue un acquis fondamental pour le peuple sénégalais, fruit de luttes courageuses et de sacrifices considérables ». Un acquis, selon lui, qui fait la fierté du Sénégal sur la scène internationale. Il estime toutefois que cette démocratie reste perfectible et nécessite une vigilance constante, notamment en ce qui concerne l’équilibre institutionnel.

Citant le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Nouvelle Responsabilité met en garde contre toute tentative de déséquilibrer la séparation des pouvoirs, socle de l’État de droit. « Le dialogue entre institutions est légitime, mais il doit se faire dans le respect mutuel », soutient le communiqué.

Face à la multiplication des arrestations dans un climat politique encore tendu, Amadou Bâ et son mouvement appellent à la retenue et à la responsabilité. Sans nommer de cas précis, ils dénoncent des pratiques jugées « arbitraires » en matière de privation de liberté et d’atteinte à l’expression citoyenne. Le message est clair : ces méthodes risquent de saper la stabilité et d’éroder la confiance dans les institutions.

Le mouvement en appelle ainsi à « l’engagement de tous — partis politiques, société civile, citoyens — pour défendre les libertés fondamentales et renforcer l’État de droit ».

Sur le terrain économique, le ton est tout aussi alarmiste. Amadou Bâ estime que la situation actuelle est marquée par « des tensions croissantes dans plusieurs secteurs, des difficultés persistantes en matière de pouvoir d’achat, un chômage élevé chez les jeunes et un sous-investissement dans les services sociaux de base ».

Il appelle à une vision claire et partagée du développement, en plaidant pour un dialogue national dédié aux enjeux économiques et sociaux majeurs. L’objectif, selon la Nouvelle Responsabilité, est de construire des réponses durables aux attentes légitimes des populations.

Le mouvement revient également sur les mouvements sociaux récents dans les secteurs clés comme la Santé, l’Enseignement supérieur et la Justice. Il appelle à une prise en charge urgente des revendications, tout en insistant sur une mise en œuvre plus cohérente des politiques sociales.

En cette période d’hivernage, Amadou Bâ exhorte le Gouvernement à agir vite pour soutenir le monde rural : distribution d’intrants de qualité, appui technique, équipements agricoles, mais aussi un plan d’action robuste contre les inondations et pour l’amélioration des infrastructures.

Crise dans le secteur de la Justice : L’Entente SYTJUST-UNTJ appelle au dialogue et à l’arbitrage des plus hautes autorités

Dans un communiqué transmis à Dakaractu, l’Entente SYTJUST-UNTJ a réaffirmé sa pleine disponibilité à renouer le dialogue avec les autorités sénégalaises, dans le but de sortir durablement de la crise qui paralyse actuellement les juridictions du pays. Les deux syndicats, représentant les travailleurs de la justice, ont tenu à rappeler qu’ils n’ont jamais rompu les discussions avec le gouvernement, et qu’ils restent ouverts à toute initiative venant du ministère de la Fonction publique comme de celui de la Justice.

Affichant leur attachement au dialogue républicain et à l’État de droit, les membres de l’Entente appellent à des discussions sincères et constructives, à la hauteur des enjeux de gouvernance et de stabilité institutionnelle.

Cependant, les déclarations du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, lors d’une émission télévisée ce lundi, ont suscité une vive inquiétude au sein de l’Entente. Les syndicalistes dénoncent une méconnaissance, voire une déformation des faits à l’origine de la crise. Ils fustigent également ce qu’ils perçoivent comme une interprétation “excessivement rigide” des textes réglementaires.

Selon l’Entente, certains blocages actuels résultent de la posture d’une frange de l’administration de la Fonction publique, qui s’oppose à l’application des acquis statutaires des travailleurs de la justice. Cette obstruction se ferait, affirment-ils, au mépris des engagements pris en Conseil des ministres depuis juillet 2018, et s’appuierait sur des lectures technocratiques et restrictives des textes en vigueur.

Face à ce qu’elle considère comme un “blocage persistant”, l’Entente SYTJUST-UNTJ en appelle à une implication directe du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko. Les syndicats estiment qu’un arbitrage au plus haut sommet de l’État est désormais nécessaire pour “faire émerger la vérité” et garantir la continuité du service public de la justice.

Sans une telle médiation, l’Entente avertit que la crise risque de s’approfondir, avec des conséquences graves pour les justiciables et la stabilité institutionnelle du Sénégal.

Libérée sous bracelet électronique : Aïssatou Sophie Gladima obtient une liberté provisoire dans l’affaire du centre gravimétrique de Kédougou

La commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a rendu sa décision ce lundi dans le dossier impliquant l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Inculpée dans le cadre de la gestion des fonds liés à la pandémie de Covid-19, l’ancienne responsable gouvernementale a obtenu une liberté provisoire, mais sous surveillance électronique.

Placée désormais sous contrôle judiciaire avec port de bracelet électronique, Aïssatou Sophie Gladima devra se conformer à plusieurs restrictions, notamment en matière de déplacements. Cette mesure, bien que moins contraignante qu’une détention préventive, souligne que l’affaire reste pendante devant la juridiction compétente.

L’affaire concerne la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou destiné aux orpailleurs affectés par la pandémie de Covid-19. Le projet avait été initié dans le cadre des dépenses d’urgence mises en œuvre par l’État à travers le Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force-Covid).

Selon l’accusation, des irrégularités auraient été constatées dans la passation et l’exécution des marchés liés à ce projet. Toutefois, les avocats de Mme Gladima ont affirmé que leur cliente n’a joué qu’un rôle purement administratif et limité.

Les conseils de l’ex-ministre soutiennent que la Cour des comptes n’a jamais mis en cause Mme Gladima dans ses rapports. À les en croire, elle s’est bornée à approuver les contrats, ce qui relève de ses prérogatives ministérielles, et n’est intervenue ni dans la vérification des services ni dans la procédure de paiement.

Toujours selon la défense, les actes reprochés à leur cliente relèvent des services techniques et financiers du ministère, bien après son aval initial.

Devant la Haute Cour de Justice, Aïssatou Sophie Gladima a toujours nié toute responsabilité dans ce qu’elle considère comme une tentative de l’associer à tort à une gestion irrégulière. Elle a rappelé à plusieurs reprises n’avoir eu aucune implication directe dans la mise en œuvre opérationnelle du projet.

Le « dossier Covid-19 », dans lequel sont cités plusieurs anciens ministres et hauts responsables, continue de secouer la scène politico-judiciaire sénégalaise. Les auditions, confrontations et procédures se poursuivent dans un contexte de forte demande citoyenne de reddition des comptes sur l’utilisation des fonds mobilisés durant la pandémie.

Dérapage verbal sur TFM : le face-à-face tendu entre Amadou Ba et Badara Gadiaga déclenche une tempête politico-médiatique

L’émission Jakarlo-bi, diffusée vendredi soir sur la chaîne TFM, a été le théâtre d’un échange électrique entre le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en affrontement verbal, marqué par des propos jugés offensants et provocateurs, qui ont rapidement fait réagir la sphère politique et médiatique sénégalaise.

Face à un Amadou Ba très engagé, Badara Gadiaga, habitué des débats musclés sur les plateaux de télévision, aurait tenu des propos que plusieurs personnalités qualifient d’injurieux et d’indignes à l’endroit d’un élu du peuple. Le ton est monté au point de susciter une vague de condamnations, notamment de la part de proches du pouvoir.

Waly Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar et figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, a été l’un des premiers à réagir avec fermeté. Sur ses réseaux sociaux, il a interpellé la justice :

« Les propos de Badara Gadiaga méritent une autosaisine du procureur de la République. »

Un appel direct à une réaction judiciaire pour encadrer ce qu’il perçoit comme un dépassement grave des limites de la liberté d’expression.

Mor Talla Guéye, alias Nitt Doff, président du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), a également sonné l’alarme. Dans une publication percutante, il avertit :

« Si la justice laisse passer tout ça, qu’elle ne s’étonne pas que ça dégénère un jour. »

Ce propos, empreint de gravité, reflète une inquiétude grandissante quant à la banalisation de certaines dérives verbales dans l’espace public.

La députée Mame Bousso Béye n’est pas restée en marge du débat. Sans appeler explicitement à des sanctions, elle a cependant plaidé pour une prise de responsabilité de la justice :

« Je ne demande pas à la justice d’être instrumentalisée, mais plutôt de faire son travail pour protéger les citoyens contre les insultes et les propos déplacés. »

Un positionnement qui vise à défendre les principes de respect et de dignité, tout en soulignant la nécessité d’un cadre réglementaire clair dans le traitement des infractions verbales publiques.

Alors que les critiques fusent contre Badara Gadiaga, certains, comme Fadilou Keita, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, ont orienté leurs reproches vers la chaîne TFM elle-même.

« Les dirigeants de la TFM n’auraient pas accepté que la forfaiture Gadiaga perdure si les attaques intempestives étaient destinées à Youssou Ndour », a-t-il dénoncé.

Une pique directe au propriétaire de la chaîne, accusé d’appliquer un traitement à géométrie variable dans la gestion des écarts de ses chroniqueurs.

Cet épisode relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et la responsabilité des chaînes de télévision dans la modération des propos diffusés. Alors que certains réclament des sanctions judiciaires, d’autres plaident pour un encadrement plus rigoureux des émissions à fort potentiel polémique.

Guinguinéo : la CFCG/AND CI DEEG alerte sur un danger imminent pour les populations

Guinguinéo, l’un des départements ruraux les plus anciens du Sénégal, peine toujours à décoller. Confrontée à une réalité marquée par le sous-développement, l’insécurité et un déficit criant d’infrastructures, la Convergence des Forces Citoyennes de Guinguinéo (CFCG/And Ci Deeg) a organisé une conférence de presse, ce dimanche 6 juillet 2025, pour dénoncer l’inaction des autorités et attirer l’attention sur la situation alarmante que traverse le département.

Entouré de plusieurs mouvements de soutien, dont And Faal Bamba Cissé, le leader du collectif, Bamba Cissé, a dressé un état des lieux préoccupant :

« Guinguinéo fait face à une pauvreté structurelle, à l’absence d’infrastructures de base, à un chômage endémique chez les jeunes et à un accès limité aux soins de santé », a-t-il souligné.

Insistant sur l’importance de l’unité et de la responsabilité politique, il a invité les acteurs locaux à dépasser les clivages partisans :

« La politique consiste à désigner un adversaire, mais l’adversité n’est pas l’animosité. Guinguinéo est une petite commune où tout le monde est parent. Apprenons à nous unir quand l’intérêt collectif l’exige. »

Parmi les préoccupations majeures évoquées figure l’insécurité. Le collectif a rappelé le drame survenu il y a quelques mois avec le décès non élucidé de Coumba Daly Diallo, appelant les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires dans la commune.

À cela s’ajoutent plusieurs revendications structurelles jugées essentielles pour le développement local :

L’installation d’un commissariat de police La création d’un tribunal d’instance L’ouverture d’une perception du Trésor Et l’implantation d’autres services publics indispensables au bon fonctionnement d’un département.

Le district sanitaire de Guinguinéo, avec son plateau médical vétuste et un personnel sous-équipé, incarne, selon le collectif, l’abandon dont souffre la localité. Le manque d’infrastructures sportives, notamment un stade municipal, accentue le sentiment de marginalisation chez les jeunes.

Autre symbole du déclin : l’arrêt du train, qui occupait autrefois une place centrale dans la vie économique du département.

« Le train, c’était notre vie. Il permettait de transporter les marchandises, d’aller vendre au marché de Dakar ou de recevoir des visiteurs. Depuis qu’il ne passe plus, tout est plus difficile et plus cher », a regretté Bamba Cissé.

La reprise du trafic ferroviaire apparaît dès lors comme une priorité, non seulement pour désenclaver Guinguinéo, mais aussi pour relancer son économie locale.

« Face à toutes ces préoccupations, notre devoir en tant que leaders est de rester aux côtés de la population, d’écouter, de rassurer et de continuer à porter leurs voix », a conclu M. Cissé, lançant un appel pressant aux autorités ainsi qu’à la conscience collective.

Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus de réforme du Code général des impôts. Une initiative traduisant la volonté affichée de faire passer la pression fiscale de 18% à au moins 20%, conformément au seuil recommandé par l’UEMOA.

Au cœur de cette réforme, l’élargissement de l’assiette fiscale apparaît comme la voie privilégiée par le gouvernement. Il s’agit notamment d’intégrer dans le système fiscal les secteurs jusqu’ici peu ou pas taxés : services numériques, économie informelle, secteurs bénéficiant d’exonérations jugées injustifiées, etc. À cela s’ajoutent des réformes structurelles portant sur la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation, la transparence et la promotion du civisme fiscal.

Mais pour l’économiste et expert fiscal Serigne Mbacké Sougou, cette stratégie ne permettra pas une mobilisation rapide des ressources internes. Dans une contribution publiée dans Le Soleil, il avertit : « La mise en œuvre de ces mesures nécessite du temps, et leurs effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. » Face à la contrainte immédiate de renflouer les caisses de l’État, il recommande de s’attaquer en priorité à la fiscalité indirecte, en particulier la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Serigne Mbacké Sougou propose une mesure temporaire et ciblée : relever le taux de la TVA de 18% à 20% entre juillet et décembre 2025, mais uniquement sur les biens et services consommés par les catégories sociales à hauts revenus. Ce retour au taux de TVA en vigueur avant l’harmonisation de 1998 au sein de l’UEMOA, selon lui, permettrait une amélioration immédiate de la trésorerie publique sans nuire au pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Il met toutefois en garde contre une augmentation indiscriminée des taxes indirectes. Il exclut explicitement les impôts directs comme l’Impôt sur le revenu ou les Contributions économiques, jugés moins efficaces à court terme. Il recommande aussi de ne pas toucher à la Taxe sur les affaires financières ni aux taxes spécifiques, afin de ne pas impacter négativement le coût du crédit et les prix à la consommation.

La réforme fiscale en cours s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires croissantes, avec une forte attente des populations en matière de services publics et de redistribution. Le pari du gouvernement est de trouver un juste équilibre entre urgence de financement, modernisation du système fiscal et équité sociale. L’idée d’une TVA temporairement majorée, mais ciblée, pourrait constituer une réponse pragmatique, à condition d’être accompagnée de garde-fous clairs.

Tentative d’émigration clandestine déjouée à Mbour : 23 personnes interpellées, dont 8 femmes et un bébé

Le Commissariat central de Mbour a mené, ce mercredi 3 juillet 2025, une opération de grande envergure qui a permis d’interpeller 23 candidats à l’émigration clandestine. L’intervention a eu lieu au quartier Médine, à la suite d’un signalement anonyme.

Parmi les personnes interpellées figurent 20 ressortissants guinéens, 2 gambiens et 1 sénégalais. Le groupe comptait également 8 femmes et un bébé. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que les candidats au départ s’étaient organisés en petits groupes afin d’échapper à la vigilance des autorités et de faciliter leur embarquement par voie maritime.

Les personnes arrêtées ont déclaré être venues à Mbour dans l’espoir de trouver du travail. Toutefois, elles se sont abstenues de désigner l’organisateur du voyage. À ce stade, le convoyeur présumé reste introuvable, et les recherches se poursuivent activement pour identifier et interpeller les principaux responsables de cette tentative de migration illégale.

Les autorités rappellent que l’émigration clandestine expose les candidats à de graves dangers, notamment des pertes en vies humaines. La Police nationale, plus que jamais mobilisée, réitère son engagement à lutter contre les réseaux de trafic de migrants.

Mamoudou Ibra Kane : « Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières à Cambérène et Rosso »

L’opposant Mamoudou Ibra Kane a exprimé ce samedi 6 juillet ses vives inquiétudes quant à la sincérité du gouvernement sénégalais dans la gestion des récents incidents impliquant les forces de l’ordre. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, il remet en question la volonté du pouvoir d’enquêter en toute transparence sur les bavures policières mortelles survenues à Cambérène et à Rosso.

« Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières mortelles à Cambérène et Rosso. Il faut des sanctions administratives et une ENQUÊTE INDEPENDANTE, sans arrière-pensée d’humiliation des FDS. Contexte sécuritaire sous-régional oblige », a-t-il souligné.

Ces propos interviennent alors que l’émotion reste vive après la mort de plusieurs citoyens lors d’interventions policières dans ces deux localités. À Cambérène, un jeune homme a perdu la vie lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre, un drame qui a suscité l’indignation et la visite du Premier ministre Ousmane Sonko auprès de la famille endeuillée.

À Rosso, des informations similaires font état d’une autre intervention ayant entraîné la mort d’un civil, relançant le débat sur la responsabilité et l’encadrement des forces de sécurité.

Mamoudou Ibra Kane appelle à une démarche rigoureuse et transparente. Pour lui, seule une enquête véritablement indépendante pourrait rétablir la vérité et restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de défense et de sécurité (FDS). Il insiste néanmoins pour que cette exigence de justice ne soit pas interprétée comme une volonté de fragiliser l’institution sécuritaire, surtout dans un contexte sous-régional marqué par une instabilité croissante.

L’opposant, ancien journaliste devenu figure politique, pose ainsi un défi éthique et institutionnel au nouveau pouvoir : celui de rompre avec l’impunité supposée des agents en uniforme, tout en maintenant l’équilibre dans un climat de tension sécuritaire.

Réajustement stratégique au sein de l’armée sénégalaise : Quatre zones militaires changent de commandement

L’armée sénégalaise vient d’opérer un important remaniement dans son dispositif territorial, avec la nomination de nouveaux commandants à la tête de quatre des sept zones militaires du pays. Cette série de réaffectations, qui s’inscrit dans le cadre habituel de la gestion des carrières militaires, vise à renforcer l’efficacité opérationnelle et la coordination des forces sur le terrain.

À la Zone militaire n°3, c’est le Colonel Massanrha Thiam qui prend les rênes. Il était jusqu’ici chef de la cellule emploi à l’État-major de l’Armée de Terre. Il remplace le Colonel Diouna Sow.

Dans la Zone militaire n°5, le commandement est désormais assuré par le Colonel Cheikh Gueye, ancien directeur de l’École nationale des officiers d’active (ENOA). Il succède au Colonel Yahya Diop.

La Zone militaire n°2 est désormais dirigée par le Colonel Alioune Samassa, précédemment chef de cabinet du Chef d’État-major général des Armées. Il remplace le Colonel Thierno Fall.

Enfin, à la Zone militaire n°7, c’est le Colonel El Hadj Omar Faye qui prend les commandes. Il était à la tête de l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Kaolack. Il remplace le Colonel Thierno Gningue.

Ces changements de commandement sont accompagnés de réajustements internes dans certains bataillons, afin de mieux répondre aux exigences du terrain et d’améliorer la coordination entre les différentes unités. Selon les sources militaires relayées par Emedia, il s’agit d’un exercice régulier dans le cadre de la rotation des postes de commandement, les chefs de zone étant généralement appelés à changer de poste tous les deux à trois ans.

Contrairement à certaines interprétations possibles, ces réaffectations ne sont pas liées à une situation de crise ou à un contexte sécuritaire particulier. Elles relèvent d’une logique structurelle et anticipative de la gestion des ressources humaines au sein des Forces armées sénégalaises.

Bassirou Diomaye Faye au Cabo Verde : le Sénégal célèbre les 50 ans d’indépendance du pays frère

À l’invitation de Son Excellence Monsieur José Maria Neves, Président de la République du Cabo Verde, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a pris part, ce samedi 5 juillet 2025, à la cérémonie officielle marquant le 50e anniversaire de l’indépendance du Cabo Verde.

Ce moment historique, célébré dans un esprit de solennité et de fraternité, a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains et partenaires internationaux. La présence du Président Diomaye Faye traduit l’importance que le Sénégal accorde aux relations bilatérales avec le Cabo Verde, un pays lié au Sénégal par l’histoire, la géographie, la culture et une coopération exemplaire.

À cette occasion, le Sénégal a adressé ses chaleureuses félicitations au peuple capverdien pour ce jalon important de son parcours national, en lui souhaitant paix, prospérité et succès continu.

Dans son message officiel, le Chef de l’État sénégalais a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour le renforcement des liens d’amitié, de fraternité et de coopération entre Dakar et Praia.

CAMBÉRÈNE – Visite du Premier ministre Ousmane Sonko après la mort tragique de deux jeunes : L’État s’engage à faire la lumière

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce samedi dans le quartier de Cambérène, endeuillé par la mort de deux jeunes, dont Lamine Dieng, survenue dans des circonstances troubles impliquant les forces de l’ordre. À la tête d’une forte délégation gouvernementale, le chef du Gouvernement a présenté les condoléances de l’État à la famille éplorée et réaffirmé l’engagement ferme des autorités à faire toute la lumière sur ce drame.

La visite s’est déroulée dans un climat empreint de gravité et de compassion. Ousmane Sonko a été accueilli par les proches de Lamine Dieng ainsi que des dignitaires religieux locaux, dont la mobilisation a contribué à apaiser les tensions dans cette zone sensible de la capitale.

« Le Président de la République et moi-même tenons à exprimer toute notre solidarité et notre profonde tristesse face à cette tragédie. Nous devons à la mémoire de ces jeunes la vérité, et à leurs familles la justice », a déclaré Ousmane Sonko, visiblement ému.

Le Premier ministre a également assuré que son gouvernement ne ménagera aucun effort pour accompagner les familles affectées par cette perte. Des mesures de soutien et d’assistance seront mises en œuvre rapidement, a-t-il précisé.

Prenant la parole au nom de la famille DIENG, Baye Rahne Gueye a salué cette démarche du gouvernement qu’il a qualifiée de « geste fort et rassurant ». Il a exprimé la gratitude de la famille envers les autorités, tout en insistant sur l’importance de faire la lumière sur les circonstances du décès.

« Nous avons perdu un fils, un frère, un voisin. Ce drame ne doit pas rester sans suite. Mais aujourd’hui, nous sommes réconfortés par la présence du Premier ministre et par ses engagements clairs en faveur de la vérité », a-t-il souligné.

Alors que les circonstances exactes de l’incident demeurent encore floues, l’État promet une enquête rigoureuse et transparente. Cette visite de haut niveau à Cambérène, hautement symbolique, vise à désamorcer les tensions et à ouvrir un chemin vers la vérité et la réconciliation.

Tentative de migration clandestine déjouée à Mbour : 23 personnes interpellées dont un bébé

La police de Mbour a procédé, ce jeudi, à l’arrestation de 23 individus soupçonnés de préparer un départ clandestin par voie maritime. Cette opération a été menée dans le quartier Médine, suite à un signalement anonyme ayant alerté les autorités sur des mouvements suspects dans la zone.

Parmi les personnes interpellées figurent 20 ressortissants guinéens, 2 gambiens et 1 sénégalais. Le groupe comptait également 8 femmes et un bébé, ce qui témoigne de la gravité et du désespoir qui entourent ces tentatives de migration irrégulière. Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants s’étaient répartis en petits groupes afin de contourner la vigilance des forces de sécurité.

Interrogés par les enquêteurs, les migrants ont affirmé être venus au Sénégal dans le but de trouver du travail. Toutefois, ils sont restés silencieux quant à l’identité du convoyeur, actuellement en fuite. Les autorités estiment qu’il pourrait s’agir d’un maillon important d’un réseau bien structuré de trafic de migrants.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier les responsables et démanteler le réseau qui se cache derrière cette opération. La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a été saisie pour épauler la police locale dans les investigations en cours.

Cet incident relance une fois de plus le débat sur les causes profondes de la migration clandestine en Afrique de l’Ouest, notamment la précarité économique, le chômage massif des jeunes, et l’absence de perspectives durables dans les pays d’origine.

Kaolack dans le noir : les délestages reprennent dans un pays pourtant pétrolier

Les délestages refont surface à Kaolack, plongeant chaque soir des quartiers entiers dans l’obscurité. Un paradoxe de plus en plus mal vécu dans un pays qui célèbre ses premières gouttes de pétrole.

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Médina Baye, Sam, Ndorong, Médina Mbaba, Thioffack, et d’autres quartiers vivent au rythme infernal des coupures d’électricité. Les délestages, qui surviennent presque chaque nuit, durent parfois plusieurs heures, voire jusqu’au matin.

« Chaque soir, on se prépare avec des bougies et des lampes torches. Le frigo est devenu inutile », témoigne Pape Thior, vendeur de poisson, qui dit avoir perdu plusieurs milliers de francs CFA à cause de produits avariés.

La fréquence et la durée des coupures ont brutalement augmenté. Résultat : la vie quotidienne est paralysée, les activités économiques ralentissent et le moral des habitants est au plus bas.

En 2023, le Sénégal a commencé à exploiter son pétrole offshore, annonçant une nouvelle ère d’indépendance énergétique. Mais sur le terrain, les bénéfices tardent à se faire sentir.

« On nous parle d’or noir, mais chez nous, c’est le noir tout court », ironise Abdou Salam Diop, habitant de Médina Baye.

Artisans, commerçants, restaurateurs, tous paient un lourd tribut. Dans les ateliers de couture, les machines restent à l’arrêt. Les vendeurs de glace et les petits restaurants doivent jeter leur stock. Les élèves, eux, peinent à réviser dans le noir, à quelques semaines du Bac et du BFEM.

Dans certains centres de santé, la situation est critique : les vaccins qui exigent une conservation au froid sont menacés. Certains appareils médicaux cessent de fonctionner, mettant en péril la vie des patients les plus fragiles.

L’insécurité nocturne s’aggrave. Sans éclairage public, les agressions et les vols se multiplient.

« Nous avons peur de sortir le soir. Sans lumière, on ne voit rien et les voleurs en profitent », déplore Fanta Diagne, mère de famille.

« On vit dans un pays pétrolier, mais on se croirait au Moyen Âge dès que le courant part », s’indigne Cheikh Fall, élève en classe de 3e.

Le gouvernement promet des améliorations : nouvelles centrales, renforcement du réseau de distribution d’ici 2026. Mais pour les habitants de Kaolack, l’attente devient insupportable.

Dans les rues, la colère gronde. Des voix s’élèvent, des rassemblements spontanés se multiplient. Les populations exigent des solutions immédiates.

Tant que l’accès à une électricité stable et abordable ne sera pas garanti, le rêve pétrolier risque de demeurer un mirage. Et chaque soir, dans les maisons de Kaolack, la flamme de l’espoir vacille… tout comme la lumière.

Justice – Affaire Locafrique/Dermond Oil : Khadim Ba reste en prison malgré une expertise en sa faveur

Khadim Ba, patron de Locafrique et Dermond Oil, ne recouvrira pas la liberté pour l’instant. Le juge du premier cabinet d’instruction financier a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire, suivant à la lettre le réquisitoire du parquet financier, qui s’était opposé à toute remise en liberté. Cette décision intervient malgré une expertise récemment versée au dossier, jugée pourtant favorable à l’inculpé.

Incarcéré depuis le 4 octobre 2024, Khadim Ba fait face à des accusations d’une extrême gravité :

Importation sans déclaration portant sur un montant de 63,052 milliards de francs CFA, Défaut de rapatriement de 44,601 milliards de francs CFA, Escroquerie sur les deniers publics à hauteur de 63,052 milliards de francs CFA.

Ces chefs d’inculpation s’inscrivent dans le cadre d’une vaste enquête pilotée par le parquet financier, qui cherche à faire la lumière sur des flux commerciaux et financiers illicites liés à des opérations d’importation présumées frauduleuses.

Face au magistrat instructeur, Khadim Ba a contesté fermement les faits. Il a soutenu n’avoir aucun rôle direct dans les opérations d’importation ou de transfert de fonds mis en cause. « Je ne suis ni importateur, ni transitaire, ni une banque », aurait-il plaidé, selon des informations rapportées par le journal Libération. Il va plus loin en pointant du doigt la Société africaine de raffinage (SAR), qu’il désigne comme le véritable acteur de ces opérations. En somme, il estime que ni Locafrique, ni Dermond Oil ne peuvent être impliquées dans les infractions reprochées.

Toujours selon Libération, une expertise déposée récemment dans le dossier tendait à confirmer la version de Khadim Ba. Toutefois, ni le parquet financier ni le juge d’instruction n’ont été convaincus par ses conclusions. La décision de maintenir Khadim Ba en détention semble indiquer que des éléments jugés suffisamment graves persistent contre lui.

L’affaire demeure en instruction, et les investigations se poursuivent. Mais ce refus de libération provisoire laisse entrevoir la complexité du dossier et la prudence des autorités judiciaires, soucieuses de ne pas fragiliser une enquête portant sur plus de 100 milliards de francs CFA au total.

À ce stade, Khadim Ba reste donc détenu, en attendant les prochaines étapes de cette affaire tentaculaire, où se mêlent enjeux économiques, responsabilités institutionnelles et soupçons de crimes financiers à grande échelle.

Affaire Sonko–Adji Sarr : Amadou Ba (Pastef) réplique sèchement à Madiambal Diagne et dénonce une « manipulation puérile »

Le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, n’a pas tardé à répondre aux critiques virulentes du journaliste Madiambal Diagne, à la suite de sa déclaration controversée dans l’émission Jakarlo Bi de ce vendredi 4 juillet. Dans une vidéo de huit minutes publiée sur Facebook sous le titre « Corruption de la jeunesse : mettre fin aux manipulations puériles de Madiambal et compagnie », l’élu a tenu à clarifier ses propos et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation politique.

Tout est parti d’une séquence de l’émission Jakarlo Bi, au cours de laquelle Amadou Ba, abordant l’affaire Ousmane Sonko – Adji Sarr, aurait lancé : « Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client ». Des propos qui ont fait vivement réagir Madiambal Diagne sur le réseau social X (anciennement Twitter). Le journaliste s’est indigné :

« Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client » ! Amadou Ba de Pastef a-t-il mesuré la gravité de son propos ? Quel respect pour Adji Sarr ! Quel respect pour son leader Ousmane Sonko ! Est-ce un autre coup bas entre pastefiens ? »

Face à cette sortie, Amadou Ba a contre-attaqué avec fermeté. Dans sa vidéo, il accuse Madiambal Diagne et d’autres figures médiatiques de travestir ses propos à des fins politiques. Selon lui, ses déclarations ont été sorties de leur contexte dans une volonté manifeste de nuire à sa personne et de semer la discorde au sein du parti Pastef. Le député assure qu’il ne s’agissait nullement d’une attaque contre Ousmane Sonko, qu’il dit continuer de respecter et soutenir, mais plutôt d’une mise en lumière du traitement médiatique biaisé de l’affaire.

Amadou Ba estime que Madiambal Diagne agit dans une logique de manipulation de l’opinion publique et d’instrumentalisation politique de faits sensibles. Il rappelle également que son intention première était de dénoncer l’instrumentalisation judiciaire et médiatique de l’affaire Adji Sarr, devenue selon lui un outil de persécution politique.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte toujours tendu, où chaque mot autour de l’affaire Sonko–Adji Sarr peut raviver les clivages politiques et les tensions sociales. Elle illustre également les fractures internes qui peuvent exister au sein même des soutiens de Pastef, dans un climat post-électoral encore chargé.

Attaque contre Kër Leyti : une agression contre la mémoire et la culture orale

Dans la nuit du 5 juillet 2025, un acte aussi ignoble qu’inquiétant s’est produit à Kër Leyti, la Maison de l’Oralité et du Patrimoine. Située à Keur Massar et fondée par le professeur Massamba Guèye, cette institution culturelle phare, dédiée à la sauvegarde de la parole, de la mémoire et de l’identité africaine, a été la cible de malfaiteurs. Moins de deux semaines avant la très attendue Grande Nuit du Conte, prévue le 18 juillet, ce haut lieu du récit oral a été violemment profané.

Selon les premières informations, les assaillants ont pénétré par effraction en forçant la porte du balcon menant au bureau du Directeur. Une fois à l’intérieur, ils ont commis leur forfait avec une violence manifeste. Une plainte a été immédiatement déposée auprès de la gendarmerie de Keur Massar. L’enquête, ouverte suite à une dénonciation visant un individu non encore identifié, est en cours.

Au-delà du préjudice matériel et du traumatisme que cette attaque a pu engendrer, c’est toute une symbolique qui a été visée. Kër Leyti n’est pas un simple bâtiment ; c’est un sanctuaire de la culture, un creuset de l’oralité africaine, un espace vivant de transmission intergénérationnelle. L’acte posé par ces malfaiteurs constitue une atteinte frontale à un patrimoine immatériel essentiel.

Face à cette épreuve, la réaction de la direction se veut digne et déterminée. Dans un message porteur d’espoir et de résilience, elle affirme : « Nous restons debout ! » — une réponse forte à une tentative de déstabilisation qui, loin d’affaiblir Kër Leyti, renforce son rôle central dans la défense de l’héritage culturel africain.

Ce drame appelle à une réaction ferme. Les autorités compétentes sont interpellées pour que toute la lumière soit faite, que les auteurs de cette agression soient identifiés et traduits en justice, et que les mesures nécessaires soient prises pour assurer la sécurité de ce haut lieu de culture.

Kër Leyti n’est pas seul. Plus qu’un vol, c’est un signal d’alarme. Il est de notre devoir collectif de protéger ces espaces de mémoire vivante. La culture ne se vole pas. Elle se défend, elle se transmet, elle se fortifie.

Industrie automobile sénégalaise : Serigne Mboup sonne l’alerte et interpelle l’État

Le président du Groupe CCBM dénonce une politique industrielle incohérente et appelle à un sursaut stratégique pour sauver le rêve d’une industrie automobile nationale.

Dans une prise de parole publique aussi rare que retentissante, Serigne Mboup, président du Groupe CCBM et de l’Union nationale des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal, a exprimé de profondes inquiétudes sur l’avenir de l’industrie automobile locale. Cité par le quotidien L’As, l’homme d’affaires dénonce une série de décisions étatiques qu’il juge incohérentes, et qui, selon lui, compromettent sérieusement les efforts de longue date du secteur privé national.

« Je m’exprime aujourd’hui en toute responsabilité, parce qu’il est de mon devoir de parler quand l’essentiel est en jeu », déclare-t-il, rappelant le rôle central du Premier ministre comme porteur de la vision de l’État. Bien qu’il entretienne des relations personnelles « respectueuses et sincères » avec le chef du gouvernement, Ousmane Sonko, Serigne Mboup insiste : « Il est essentiel de distinguer les liens personnels des responsabilités institutionnelles. »

Loin d’une attaque politique, Serigne Mboup présente sa sortie comme une contribution au débat national sur la souveraineté économique. Il regrette une forme de mépris croissant envers les initiatives locales : « Le secteur privé national ne rejette pas le progrès ; il exige simplement de la cohérence, de la crédibilité et du respect dans les partenariats que l’État initie. »

Selon lui, de nombreux accords sont conclus à la hâte avec des partenaires étrangers sans réelle capacité industrielle ni ancrage local. Une légèreté qui, à ses yeux, entame gravement la crédibilité du Sénégal. « Ce sont des conventions signées sur la base de promesses peu crédibles. Cette démarche fragilise notre souveraineté industrielle », martèle-t-il.

Serigne Mboup retrace, documents à l’appui, le long chemin de l’industrie automobile sénégalaise : de Berliet dans les années 1960 à Seniran Auto, en passant par Senbus. Toutes ces tentatives, selon lui, ont échoué faute de stratégie claire et d’accompagnement soutenu. Pourtant, souligne-t-il, le savoir-faire local existe bel et bien. « CCBM Automobile a livré des véhicules militaires à l’État en 2012, toujours en circulation aujourd’hui », rappelle-t-il comme preuve tangible de la capacité industrielle nationale.

Mais ce savoir-faire, dit-il, est étouffé par un marché intérieur trop étroit, une politique d’importation favorisant les partenaires étrangers, et l’absence d’un cap industriel national affirmé. « Alors que les usines locales dorment ou survivent, nous voyons l’État célébrer de nouveaux partenariats – KIA, Mercedes – sans dialogue, sans mémoire », déplore-t-il.

Dans un plaidoyer vibrant, Serigne Mboup appelle les autorités à opérer un tournant stratégique. Il fustige les entreprises étrangères qui, selon lui, ne s’intéressent au pays que pour bénéficier de la commande publique, au détriment des industriels locaux qui forment, emploient et investissent. « Ce sont des passagers de la commande publique », accuse-t-il.

Et d’ajouter : « Le Sénégal doit choisir : le courage ou la répétition. Soutenir les industriels existants avant d’importer du rêve, valoriser nos usines, nos équipes, notre ingénierie, défendre les pionniers d’ici plutôt qu’applaudir les opportunistes d’ailleurs. »

S’il réaffirme son adhésion à la Vision 2050 portée par les autorités, Serigne Mboup appelle à lui donner un contenu tangible. Pour lui, le label « Produit au Sénégal » ne doit plus être un simple slogan mais un engagement ferme et structurant. « Il faut donner un contenu réel à l’expression “produit au Sénégal” : une volonté ferme, pas une formule creuse », conclut-il.

Menace terroriste aux frontières : Thierno Alassane Sall tire la sonnette d’alarme

Face à la progression inquiétante des groupes jihadistes maliens vers la frontière sénégalaise, le député Thierno Alassane Sall alerte sur la fragilité croissante du pays. Dans une sortie publiée ce vendredi 4 juillet sur ses réseaux sociaux, il pointe du doigt la stratégie d’expansion du JNIM vers Kayes, l’état de vulnérabilité des populations frontalières et les failles internes de l’État sénégalais.

Alors que la pression jihadiste s’intensifie dans la sous-région, notamment à la frontière entre le Mali et le Sénégal, le député Thierno Alassane Sall lance un cri d’alarme. Dans un message sans détours publié ce vendredi, le président du parti La République des Valeurs estime que « la cote d’alerte est atteinte » pour le Sénégal.

Selon lui, les groupes armés affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), liés à Al-Qaïda, visent désormais Kayes, ville malienne située à seulement quelques dizaines de kilomètres du territoire sénégalais. Une progression géographique préoccupante, qui installe la menace djihadiste aux portes du pays.

« Les nouvelles à nos frontières confirment une dynamique contre laquelle nous alertent depuis des mois tous les connaisseurs : les groupes dits jihadistes sont à nos portes », déclare Thierno Alassane Sall.

S’il affirme faire confiance à la vigilance des forces de défense et de sécurité, le parlementaire se montre particulièrement préoccupé par la fragilité du tissu social et institutionnel sénégalais. Il pointe notamment la pauvreté structurelle dans les zones frontalières, l’implantation croissante de réseaux de narco-trafiquants, et la multiplication de trafics en tout genre, comme en témoignent les récentes saisies de faux billets ou de drogues.

Pour Thierno Alassane Sall, le véritable danger réside dans la vulnérabilité interne du Sénégal. Citant le ministre des Finances qui évoquait récemment une pirogue « trouée de toutes parts », et le Premier ministre Ousmane Sonko qui affirmait que le pays était au « quatrième sous-sol », le député estime que le contexte actuel est celui d’un « naufrage ».

Il ajoute que ce contexte socio-économique délétère crée un terrain fertile pour les discours jihadistes, notamment dans les zones où l’État est peu présent et les services sociaux quasi inexistants. La pauvreté, le chômage des jeunes, l’isolement et la perte de confiance dans les institutions constituent, selon lui, un cocktail explosif.

Thierno Alassane Sall va plus loin en critiquant directement le Premier ministre, qu’il accuse de ne pas être à la hauteur des défis sécuritaires. Il reproche notamment à Ousmane Sonko de contribuer à « discréditer les institutions », à travers certaines de ses sorties publiques, et de « ne pas penser à la Patrie mais à lui-même ».

Dans un contexte où les équilibres régionaux sont fragiles et les menaces transfrontalières réelles, cette mise en garde du député s’inscrit dans une série d’alertes de plus en plus fréquentes émanant de la classe politique, des experts sécuritaires et des partenaires internationaux.

Réintégration des ASP radiés : la Direction générale dément les accusations et clarifie sa position

La Direction Générale de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), dirigée par Seydina Oumar Touré, a publié ce vendredi 4 juillet 2025 un communiqué officiel en réponse aux informations diffusées la veille dans certains médias, concernant la réintégration des agents radiés.

Dans cette sortie, l’ASP dément formellement l’existence de l’entité appelée « Union des Assistants à la Sécurité de Proximité », qui a été citée comme auteur d’un communiqué accusant l’Agence de ne pas avoir respecté ses engagements vis-à-vis des agents radiés. Selon la Direction, cette structure n’est pas reconnue et ne saurait donc parler au nom de l’ensemble des ASP.

Le document précise également que les accusations de promesses non tenues sont infondées. La Direction générale assure que des démarches concrètes sont bel et bien en cours pour permettre la réintégration des agents concernés. Ceux-ci ont déjà été identifiés, répertoriés, et ont passé avec succès la visite médicale d’aptitude, condition préalable à leur retour en activité.

Toutefois, la Direction reconnaît un léger retard dans la convocation à la formation de recyclage, une étape indispensable avant la reprise de fonction. Ce retard serait principalement dû à des contraintes budgétaires, que l’ASP indique être en train de résoudre dans les plus brefs délais.

En conclusion, la Direction Générale réaffirme son engagement en faveur de la transparence, de l’équité et du bien-être des assistants à la sécurité de proximité. Elle appelle à la patience, tout en soulignant son attachement à l’épanouissement professionnel de l’ensemble de ses agents.

Barthélemy Dias recadre Ousmane Sonko : « Le Sénégal a une opposition, mais pas celle qui appelle à la violence »

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, est sorti de sa réserve pour répondre à Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du parti Pastef, suite à ses récentes déclarations sur « l’absence d’opposition sérieuse » au Sénégal. Dans un ton ferme mais mesuré, Dias a rappelé que le pays dispose bel et bien d’une opposition légitime, tout en rejetant toute forme de violence comme mode d’action politique.

« Le pays a bel et bien une opposition. Par contre, ce n’est pas une opposition qui appelle à la violence, qui brûle les édifices publics… », a-t-il affirmé, en allusion claire aux épisodes de troubles qui ont secoué le Sénégal ces dernières années, notamment durant les périodes de tensions autour des affaires judiciaires impliquant Ousmane Sonko.

Cette déclaration intervient dans un contexte où le pouvoir exécutif, dirigé par Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, semble vouloir redéfinir les rapports avec les forces d’opposition, parfois en les accusant d’être « dépassées » ou « complaisantes » avec l’ancien régime. Barthélemy Dias, figure de la coalition Yewwi Askan Wi, entend visiblement rappeler que l’opposition ne se résume pas à une posture de rupture radicale ou à une stratégie de confrontation permanente.

En rupture depuis plusieurs mois avec Ousmane Sonko, Barthélemy Dias adopte désormais un ton plus critique vis-à-vis de la majorité actuelle, tout en refusant d’endosser les méthodes extrémistes. Son propos s’inscrit dans une logique de clarification politique : affirmer une opposition responsable, structurée, mais également vigilante face aux dérives du pouvoir, qu’elles soient anciennes ou nouvelles.

Le chef du gouvernement avait récemment mis en doute la crédibilité des partis d’opposition traditionnels, estimant qu’ils avaient perdu la confiance du peuple. Une lecture que Barthélemy Dias conteste implicitement, en réaffirmant le rôle d’une opposition démocratique respectueuse des institutions mais ferme sur ses positions.

Zeynab Sangaré accuse Abdoul Mbaye de plagiat et annonce une plainte

La journaliste d’investigation indépendante Zeynab Sangaré a lancé de graves accusations à l’encontre de l’ancien Premier ministre du Sénégal, Abdoul Mbaye. Dans une note parvenue à la rédaction de Seneweb ce vendredi 4 juillet, elle l’accuse de plagiat portant sur son ouvrage inédit intitulé « L’Afrique en quête de souveraineté face aux opportunités des conflits de la géopolitique mondiale ».

Selon Zeynab Sangaré, Abdoul Mbaye aurait publié un texte sur le site d’information SenePlus.com en reprenant « le titre exact de mon ouvrage, ainsi que ses grandes lignes, sa structure intellectuelle, ses réflexions majeures, telles qu’il les a lues dans la version intégrale que je lui avais envoyée par confiance, respect et ouverture ».

La journaliste révèle avoir proposé au Premier ministre Ousmane Sonko la préface de ce même livre, tandis qu’Abdoul Mbaye devait en rédiger la postface. Mais ce dernier aurait exprimé des réserves, affirmant — selon Sangaré — qu’« Ousmane Sonko pourrait le plagier » et qu’il préférerait « publier son texte lui-même ». Une décision qui, d’après elle, s’est matérialisée par la publication incriminée sur SenePlus.

Face à ce qu’elle considère comme une appropriation intellectuelle frauduleuse de son travail, Zeynab Sangaré annonce qu’elle entamera une procédure judiciaire contre le fondateur du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT). « Je vous annonce que je vais poursuivre Abdoul Mbaye en justice, au Sénégal comme à l’international, et que je lancerai une contre-offensive médiatique sans relâche », peut-on lire dans sa déclaration.

Sénégal : Pose de la première pierre du futur Centre national de traitement des grands brûlés à Dakar

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce vendredi à la pose de la première pierre du Centre national de traitement des grands brûlés, un projet sanitaire d’envergure qui verra le jour au sein de l’Hôpital Principal de Dakar. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Énergie, le ministre des Forces armées, le Directeur général de la Senelec, ainsi que le Général Fatou Fall, Directrice de l’Hôpital Principal.

Ce futur centre spécialisé, soutenu par la Fondation Senelec, vise à combler un vide criant dans le système de santé sénégalais. En effet, comme l’a souligné le Général Fatou Fall dans son allocution, le Sénégal recense chaque année plus de 25 000 cas de brûlure, dont environ 1 000 cas graves. « Près de 800 patients sont référés à l’Hôpital Principal de Dakar, qui ne dispose actuellement que de trois lits pour la prise en charge des brûlés graves », a-t-elle déploré.

Le Centre de traitement des grands brûlés se veut ainsi une réponse structurelle à cette problématique de santé publique, en offrant une capacité d’accueil élargie, des équipements de pointe et un personnel spécialisé. Il permettra également de réduire la dépendance du pays à des évacuations médicales coûteuses à l’étranger.

Le coût total du projet est estimé à 15 milliards de francs CFA, dont 7 milliards ont déjà été mobilisés, selon Bassirou Sylla, administrateur de la Fondation Senelec. Il a également salué l’engagement des partenaires publics et privés dans ce projet à forte valeur sociale et sanitaire.

Dans son intervention, le Premier ministre Ousmane Sonko a salué une initiative qu’il qualifie de « bâtisseuse d’espoir et de dignité », tout en réaffirmant l’engagement de l’État à améliorer l’offre de soins spécialisés au Sénégal. « Nous devons faire de notre système de santé un rempart contre la souffrance évitable, et ce centre en est une pierre angulaire », a-t-il déclaré.

Les travaux de construction devraient débuter dans les prochains mois, avec une mise en service prévue d’ici fin 2026, selon le calendrier prévisionnel communiqué par la Fondation.

Abdou Nguer entendu au fond par le juge d’instruction : une audition sous tension entre liberté d’expression et accusations lourdes

Le chroniqueur Abdou Nguer a été entendu au fond ce jeudi par le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Une étape cruciale dans le cadre de son inculpation pour diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État et apologie d’un crime ou délit, des faits qui remontent au mois de mai dernier.

Déjà détenu dans une autre affaire en cours, Abdou Nguer a été extrait de sa cellule pour comparaître devant le magistrat instructeur. Selon les informations de Seneweb, plusieurs vidéos dans lesquelles il critiquait vertement le régime en place ont été projetées au cours de l’audition. L’intéressé n’a pas nié la paternité de ses propos. Il a cependant tenu à préciser leur nature : « Il s’agissait de critiques constructives », a-t-il soutenu, tout en affirmant n’avoir jamais voulu discréditer les institutions de la République ni s’attaquer aux personnes qui les incarnent. « Mon intention était d’encourager les autorités à mieux faire », a-t-il ajouté, rejetant toute visée malveillante.

Mais ce dossier n’est pas le seul que le chroniqueur traîne devant la justice. Il est également cité dans une autre affaire liée à la mort du magistrat Mamadou Badio Camara, ancien président de la Cour suprême. Dans ce nouveau dossier, Abdou Nguer est de nouveau poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de la publication d’une vidéo suggérant la nécessité d’une autopsie du défunt.

Son co-inculpé dans cette affaire, Pape Amadou Ndiaye Diaw, soupçonné de gérer le compte TikTok « Abdou Nguer Seul », a également été entendu par le juge. C’est sur cette plateforme qu’aurait été diffusée la vidéo controversée, relançant les débats autour des circonstances du décès du magistrat.

Les multiples poursuites visant Abdou Nguer ravivent les tensions autour de la liberté d’expression au Sénégal. Ses soutiens dénoncent une justice « instrumentalisée » pour faire taire les voix dissidentes, tandis que d’autres y voient une nécessité de préserver le respect dû aux institutions et à leurs représentants.

Sénégal–FMI : L’ombre persistante de la dette cachée retarde un nouveau programme d’aide

Le Fonds Monétaire International (FMI) attend toujours des éclaircissements complets sur la dette publique du Sénégal, plus de cinq mois après la publication d’un rapport explosif de la Cour des comptes. Ce dernier avait révélé en février dernier l’existence d’environ 7 milliards de dollars de dette non déclarée, accumulée durant les dernières années du régime de Macky Sall. Pourtant, pour le FMI, ce rapport reste « incomplet et imprécis », selon des informations révélées par Jeune Afrique.

Ces révélations ont déclenché une procédure de « misreporting » au sein de l’institution de Bretton Woods. Cette procédure vise à déterminer si les autorités sénégalaises ont fourni de fausses informations lors de la signature de l’accord triennal de Facilité Élargie de Crédit (FEC), conclu en juin 2023 et portant sur un total de 1,8 milliard de dollars.

En cas de confirmation du manquement, le FMI pourrait exiger le remboursement de l’intégralité des fonds déjà décaissés ou, selon ses propres critères d’évaluation et de coopération future, décider de passer l’éponge. La décision dépendra largement de l’ampleur de la dette dissimulée et de la volonté du Sénégal de faire toute la lumière sur sa situation budgétaire.

Pour corriger les insuffisances relevées dans le rapport initial, le gouvernement sénégalais a mandaté le cabinet français Forvis Mazars, un acteur de premier plan dans le secteur de l’audit, avec pour mission de dresser un inventaire exhaustif de la dette publique. L’objectif est de cartographier, créancier par créancier, tous les engagements financiers du pays, y compris ceux qui auraient été contractés hors du cadre budgétaire habituel.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, et le Premier ministre Ousmane Sonko ont insisté sur la nécessité de transparence et de rigueur dans ce travail, jugé crucial pour restaurer la crédibilité budgétaire du Sénégal sur la scène internationale.

Le FMI a d’ores et déjà averti que la conclusion du dossier de misreporting sera un préalable incontournable à tout nouveau programme de financement. Ce dernier, s’il devait être envisagé, ne devrait pas intervenir avant septembre 2025, au plus tôt, a précisé Jeune Afrique.

Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante, des tensions sociales croissantes et un besoin urgent de financement pour des projets d’infrastructure et de relance, le retard dans la reprise de la coopération avec le FMI pourrait freiner les ambitions économiques du gouvernement Diomaye Faye.

Pour les nouvelles autorités, cette crise de confiance représente un moment charnière : soit elle expose les fragilités d’une gouvernance financière héritée du passé, soit elle devient une opportunité pour refonder la relation entre le Sénégal et ses bailleurs, sur la base de la transparence, de la redevabilité et de la soutenabilité de la dette.

Baccalauréat 2025 – Triche à Sicap Mbao : deux candidats pris avec leurs téléphones… dans le slip

Dans un climat d’extrême vigilance autour des fraudes au baccalauréat, deux candidats du centre de Diamaguène-Sicap Mbao ont repoussé les limites de l’ingéniosité en cachant leur téléphone… dans leur sous-vêtement. Un stratagème risqué qui a vite tourné court, trahi par le silence pesant et la colère de leurs camarades de salle.

Les faits se sont produits lors de la deuxième journée des épreuves du baccalauréat 2025. M.L.S (26 ans) et M.D (23 ans), tous deux candidats, avaient installé sur leur téléphone une application de correction automatique permettant d’obtenir les corrigés d’épreuves téléchargées au préalable. Conscients de l’interdiction stricte d’introduire des téléphones dans les salles, ils ont choisi une cachette aussi surprenante que compromettante : leur slip.

Espérant échapper à la vigilance des surveillants, ils ont cependant sous-estimé la conscience morale de certains de leurs camarades. C’est en effet l’indignation silencieuse dans la salle qui a mis la puce à l’oreille du président du jury.

Selon L’Observateur, c’est une ambiance tendue et des regards réprobateurs qui ont attiré l’attention du président. Ce dernier, interrompant l’épreuve de français, décide de réitérer les consignes et lance un appel inhabituel : « Que ceux qui, par mégarde, ont introduit un téléphone se signalent. »

Silence total. Décidé à faire la lumière sur ce malaise ambiant, le président ordonne une fouille ciblée. M.L.S est le premier à être découvert, son téléphone soigneusement dissimulé dans ses sous-vêtements. Confronté, il craque immédiatement et révèle l’identité de son complice, M.D, chez qui un appareil similaire est retrouvé, connecté à la même application frauduleuse.

Les deux jeunes hommes ont été exclus sur-le-champ et conduits sous escorte policière au commissariat de Sicap Mbao. Ils ont été ensuite déférés au parquet. En plus de l’annulation immédiate de leur candidature au baccalauréat, ils risquent désormais des poursuites judiciaires pour fraude et atteinte à l’intégrité du concours.

Cet incident, aussi insolite que révélateur, remet en lumière la sophistication croissante des méthodes de triche, mais aussi l’importance d’un climat d’intégrité au sein des centres d’examen. L’attitude exemplaire des autres candidats, dont la désapprobation a été décisive, témoigne d’une volonté collective de préserver l’égalité des chances.

Washington accueille cinq chefs d’État africains pour un sommet axé sur les opportunités économiques

Le président américain recevra, le mardi 9 juillet à la Maison-Blanche, cinq chefs d’État africains pour une rencontre stratégique centrée sur les opportunités économiques et les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine en Afrique. Sont attendus à Washington les présidents du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la Mauritanie et du Sénégal.

Cette réunion inaugurera un sommet de trois jours, du 9 au 11 juillet, dédié à ces cinq pays, symboles selon l’administration Trump de « nations en transition économique et politique crédible ». Ce sommet vise à renforcer les partenariats économiques et sécuritaires avec les États africains considérés comme « stables, ambitieux et ouverts à la coopération gagnant-gagnant ».

La visite s’inscrit dans la continuité du recentrage stratégique des États-Unis sur le continent africain. Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé un changement fondamental dans la manière dont les États-Unis entendent soutenir le développement en Afrique. « Nous tournons le dos à une politique d’aide étrangère fondée sur la charité et la dépendance. Désormais, nous privilégierons les nations qui démontrent à la fois la capacité et la volonté de s’en sortir par elles-mêmes », a-t-il affirmé.

Cette déclaration traduit l’application concrète du slogan « America First » cher à Donald Trump, qui souhaite que l’aide américaine se transforme en investissements stratégiques, rentables pour les deux parties. L’objectif est d’accompagner les pays africains vers une autonomie économique tout en créant de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines.

Selon la Maison-Blanche, les échanges du 9 juillet mettront en lumière les « opportunités commerciales extraordinaires » qu’offre l’Afrique dans des secteurs comme les énergies renouvelables, les technologies numériques, l’agriculture durable ou encore les infrastructures.

Les États-Unis espèrent ainsi nouer de nouveaux partenariats publics et privés avec ces pays, tout en réduisant l’influence économique croissante d’autres puissances comme la Chine et la Russie sur le continent.

Le choix des cinq États conviés à ce sommet n’est pas anodin. Washington les considère comme des exemples de stabilité institutionnelle et d’ouverture économique en Afrique. Le Sénégal, la Mauritanie et le Liberia ont récemment organisé des élections jugées transparentes. Le Gabon et la Guinée-Bissau, quant à eux, cherchent à consolider leurs réformes économiques et institutionnelles.

Pour ces pays africains, cette invitation représente une reconnaissance diplomatique forte, mais aussi une opportunité de renforcer leur attractivité sur le marché international des investissements.

Ce sommet marque une étape importante dans les relations États-Unis–Afrique, avec un ton résolument tourné vers les affaires, l’autonomie et la collaboration bilatérale. Si les promesses économiques sont bien accueillies, certains observateurs restent prudents, rappelant que l’aide au développement reste cruciale dans de nombreuses régions du continent.

Il restera donc à voir si cette approche fondée sur la réciprocité et l’investissement pourra répondre aux défis complexes du développement en Afrique tout en consolidant la position stratégique des États-Unis sur le continent.

Affaire Blue Trade Company : la Cour suprême annule la condamnation de Saliou Samb, Ferdinand Coly promet de poursuivre le combat

Un nouveau rebondissement vient marquer l’affaire qui oppose Ferdinand Coly, ancien international sénégalais, à Saliou Samb, président du Conseil départemental de Mbour. La Cour suprême a annulé la décision rendue précédemment contre M. Samb, qui avait été condamné à six mois de prison ferme et à verser 800 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Coly.

Selon le quotidien Les Échos, cette annulation est fondée sur une irrégularité de procédure. Lors de son audition, Saliou Samb n’aurait pas été informé de son droit à l’assistance d’un avocat, une omission jugée suffisamment grave par la haute juridiction pour invalider l’ensemble de la procédure judiciaire. Une décision qui relance totalement ce contentieux à fort retentissement médiatique.

L’affaire trouve son origine dans la société Blue Trade Company, spécialisée dans l’exploitation et l’exportation de produits halieutiques. Co-fondateur du projet, Ferdinand Coly accuse son ancien partenaire d’avoir orchestré une escroquerie à hauteur de 1,2 milliard de francs CFA.

Il ne serait pas le seul lésé. Un autre ancien international, Mamadou Niang, aurait investi plus de 325 millions de francs CFA dans cette société. De son côté, Saliou Samb rejette les accusations, évoquant une simple faillite de l’entreprise.

Joint par Les Échos à la suite de la décision de la Cour suprême, Ferdinand Coly a clairement indiqué son intention de déposer un rabat d’arrêt pour contester cette annulation. Son avocat, Me Pape Sène, précise qu’ils attendent la notification officielle de l’arrêt pour déterminer les suites judiciaires à engager.

« Nous avons pris acte de la décision, mais cela ne signifie pas la fin de l’affaire », a confié Me Sène, qui continue de défendre les intérêts de son client avec fermeté.

Une affaire emblématique des litiges d’affaires entre anciens sportifs et partenaires

Cette affaire illustre les risques et les désillusions fréquents dans les partenariats d’affaires noués par d’anciens sportifs à la retraite. Porté par des figures emblématiques du football sénégalais, le projet Blue Trade Company semblait pourtant bénéficier d’une crédibilité certaine.

Avec cette décision, le dossier repart quasiment à zéro sur le plan judiciaire, mais Ferdinand Coly semble déterminé à obtenir réparation.

Indépendance judiciaire : Amnesty fustige la position des magistrats sénégalais sur le Conseil supérieur de la magistrature

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a vivement critiqué la position des magistrats sénégalais sur l’indépendance de la justice, les accusant d’être en décalage par rapport aux standards de la sous-région et du reste du monde.

Dans une déclaration publiée ce vendredi, M. Gassama a pointé du doigt ce qu’il qualifie de réticence des magistrats sénégalais à défendre leur propre indépendance institutionnelle. « Les magistrats sénégalais ne veulent pas de syndicat pour défendre leurs intérêts matériels et moraux, comme la plupart de leurs collègues de la sous-région et du monde. Ils sont aussi les seuls à ne pas vouloir le départ du Président de la République du Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il dénoncé.

Cette sortie survient dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions entre l’exécutif et certaines hautes juridictions. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment lancé une charge virulente contre la Cour suprême et « certains magistrats », remettant en cause leur impartialité et leur loyauté envers le peuple.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), actuellement présidé par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, cristallise les débats depuis les Assises de la justice tenues récemment. Lors de ces consultations nationales, les magistrats ont adopté une posture prudente : ils ont laissé au président de la République le libre choix de rester ou de se retirer du CSM. Une position jugée ambiguë par plusieurs acteurs de la société civile, qui y voient un renoncement à une réforme jugée essentielle pour garantir l’indépendance de la justice.

Pour Seydi Gassama, cette posture frileuse traduit un refus d’émancipation. « Les magistrats doivent choisir entre rester dans une dépendance institutionnelle confortable ou s’affirmer en corps véritablement indépendant, au service exclusif de la loi », a-t-il ajouté dans un entretien en marge de sa déclaration.

L’indépendance de la justice était l’un des principaux axes du programme de réforme prôné par le duo Faye–Sonko durant la campagne présidentielle. Leur arrivée au pouvoir en mars 2024 avait nourri de grands espoirs quant à une refonte structurelle de l’appareil judiciaire. Mais la complexité des rapports entre les magistrats et l’exécutif, combinée à certaines résistances internes, freine visiblement l’agenda de réforme.

Le Sénégal lance un audit en profondeur de la formation de ses forces de sécurité

Le gouvernement sénégalais a décidé de repenser en profondeur la formation de ses Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette décision stratégique, annoncée à l’issue du dernier Conseil des ministres, s’inscrit dans une volonté de modernisation, de professionnalisation et de respect strict des droits humains dans toutes les interventions de l’État.

Sur instruction du Président de la République, un audit complet de la formation des FDS sera mené, sous la supervision conjointe du ministre de l’Intérieur et du ministre des Forces armées. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a exigé que les conclusions de cet audit soient remises au plus tard le 30 novembre 2025, sous forme d’un rapport circonstancié.

Cette initiative répond à un double impératif : assurer une efficacité opérationnelle face aux menaces sécuritaires tout en garantissant le respect des droits et de la dignité des citoyens, y compris dans les contextes les plus sensibles. Elle intervient dans un contexte où l’usage disproportionné de la force, les violations présumées des droits fondamentaux et les tensions entre population et forces de l’ordre ont suscité de nombreuses critiques ces dernières années.

« Il s’agit de redéfinir les règles d’engagement de nos forces publiques pour concilier le besoin de sécurité avec le respect absolu des principes républicains », a déclaré une source gouvernementale, insistant sur l’importance d’une refondation des doctrines d’intervention, qu’il s’agisse de maintien de l’ordre, d’opérations militaires, ou de missions mixtes.

Le contenu pédagogique et éthique des formations initiales et continues ; La proportionnalité dans l’usage de la force ; L’intégration systématique des droits humains dans les modules de formation ; Les méthodes de commandement et de contrôle dans les situations de crise ; Le rapport aux populations civiles et la gestion des foules.

Des experts nationaux et internationaux devraient être associés au processus, dans un souci de transparence et d’adoption des meilleures pratiques internationales, notamment celles recommandées par les Nations unies et l’Union africaine.

Cette décision marque un tournant dans la gouvernance sécuritaire du Sénégal. Elle est accueillie favorablement par plusieurs organisations de la société civile, qui réclamaient depuis des années une réforme structurelle de l’appareil sécuritaire, notamment à la suite des manifestations réprimées de manière controversée.

Le gouvernement affiche ainsi son ambition de doter le Sénégal de forces de sécurité modernes, républicaines et irréprochables, au service des citoyens et non contre eux.

Un défi de taille, mais crucial pour renforcer la confiance entre l’État et la population.

Demba Camara nommé Consul général du Sénégal à New York : une nomination attendue dans un contexte de fortes convoitises

Le poste était vacant depuis près d’un an. Le Conseil des ministres, réuni exceptionnellement ce jeudi 3 juillet 2025 au palais de la République, a procédé à une série de nominations diplomatiques. Parmi les plus attendues figurait celle du nouveau Consul général du Sénégal à New York. C’est désormais officiel : Demba Camara, économiste-planificateur, a été désigné pour occuper ce poste stratégique.

Avant sa nomination, Demba Camara occupait les fonctions de Premier conseiller à la Mission permanente du Sénégal auprès des Nations unies à New York. Sa connaissance fine des rouages diplomatiques et son ancrage dans le tissu institutionnel onusien ont sans doute pesé dans la balance. Sa nomination vient ainsi combler un vide institutionnel laissé depuis le départ d’El Hadji Amadou Ndangane Ndao, ancien titulaire du poste.

Selon le quotidien Les Échos, qui a révélé l’information, cette désignation intervient dans un contexte particulier, marqué par une vive compétition au sein des cercles diplomatiques et politiques sénégalais. Le poste, réputé influent tant sur le plan consulaire que communautaire, a suscité l’intérêt de plusieurs cadres, notamment parmi les partisans du parti Pastef, au pouvoir depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Ce choix semble traduire une volonté de continuité et de compétence technocratique. La nomination de Demba Camara est aussi un signal fort envoyé à la diaspora sénégalaise aux États-Unis, particulièrement active et attentive aux enjeux de représentation et de service public.

Le nouveau Consul général devra s’atteler à plusieurs chantiers : amélioration des services aux ressortissants sénégalais, modernisation de l’administration consulaire, renforcement des liens économiques et culturels avec la communauté, sans oublier le rôle de relais diplomatique dans une région géopolitique majeure.

Souveraineté économique : Diomaye Faye réaffirme la stratégie endogène

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé que la souveraineté alimentaire et énergétique constitue une priorité absolue pour permettre au Sénégal de résister aux chocs extérieurs.

Dans sa communication, le chef de l’État a insisté sur l’impératif de « compter sur nos propres forces ». Il a appelé à la mise en œuvre rapide de la nouvelle politique agricole, centrée sur la souveraineté alimentaire. Il a également souligné la nécessité de maîtriser stratégiquement le secteur de l’énergie et d’accélérer le processus d’industrialisation nationale.

Cette vision s’appuie sur la valorisation des terroirs et des ressources naturelles à travers des filières à forte intensité de main-d’œuvre, dans le but de créer massivement des emplois et de renforcer la résilience économique du pays.

Sénégal : Diomaye Faye valide la Loi de Finances rectificative 2025 et fixe le cap économique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 3 juillet 2025 un Conseil des ministres axé sur les priorités économiques du pays. À cette occasion, il a salué l’adoption de la Loi de Finances rectificative (LFR) pour l’année en cours, qu’il considère comme un jalon crucial dans la mise en œuvre de sa politique de redressement budgétaire et de relance économique.

Le chef de l’État a tenu à féliciter le gouvernement et l’Assemblée nationale pour “la qualité des débats” qui ont accompagné l’adoption de cette LFR. Selon lui, ces échanges ont permis de mieux informer les citoyens sur la réalité des finances publiques, marquées par des déséquilibres hérités du passé mais en voie de stabilisation.

Dans une conjoncture mondiale incertaine, Diomaye Faye a demandé au Premier ministre, Ousmane Sonko, de veiller à ce que la trajectoire d’assainissement budgétaire soit maintenue sans relâche. Cela passe notamment par une meilleure discipline dans la gestion des dépenses publiques, la rationalisation des charges de fonctionnement, et la réduction des déficits.

Le président a souligné que les ressources budgétaires doivent désormais être orientées “prioritairement vers l’investissement productif”, afin de stimuler la création d’emplois et de valeur ajoutée. Il a également insisté sur l’importance d’apurer progressivement la dette intérieure, estimée à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, qui pénalise lourdement les entreprises nationales, notamment les PME.

Ce désendettement, selon lui, doit s’accompagner d’un “soutien actif et structurant” au secteur privé national, perçu comme le principal levier d’une croissance économique inclusive et durable.

Enfin, dans une vision prospective, le président Faye a appelé son équipe gouvernementale à préparer dès maintenant le projet de Loi de Finances 2026. Celui-ci devra être aligné sur les ambitions de l’Agenda national de Transformation et de la stratégie Vision Sénégal 2050, qui dessinent les contours d’un modèle économique centré sur la souveraineté, la justice sociale et l’innovation.

L’adoption de cette Loi de Finances rectificative marque la première grande inflexion budgétaire sous l’ère Diomaye. Elle confirme la volonté du nouveau régime d’imposer une rupture dans la gouvernance des finances publiques et de redonner confiance aux partenaires économiques, nationaux comme internationaux. Reste à savoir si ces orientations ambitieuses se traduiront, dans les mois à venir, par des résultats tangibles sur le terrain.

Sénégal – Financements publics : Diomaye Faye ordonne la rationalisation de tous les dispositifs étatiques

Dans un contexte économique marqué par des exigences de performance et de souveraineté financière, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décidé de s’attaquer à la complexité et à la dispersion des mécanismes de financement publics au Sénégal. Lors du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025, le chef de l’État a lancé une vaste réforme visant à harmoniser les dispositifs existants pour les rendre plus efficaces, plus lisibles et plus orientés vers les priorités nationales.

Les structures ciblées par cette refonte sont nombreuses et couvrent des champs variés du financement public : la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE), la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), la Loterie nationale (LBA), le Fonds National de Microfinance Islamique (FONAMIF) et la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide (DER/FJ). Autant de dispositifs qui, malgré leur utilité sectorielle, souffrent parfois d’un chevauchement des missions, d’un manque de coordination ou d’une dispersion des ressources.

Le président Diomaye Faye a ainsi donné instruction au ministre des Finances et du Budget, au ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’au ministre chargé du Suivi de l’Agenda Sénégal 2050, de travailler, sous la coordination du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’élaboration d’une stratégie nationale de rationalisation des dispositifs de financement public.

L’objectif affiché est clair : mettre fin à la fragmentation des instruments, améliorer leur gouvernance, mutualiser les ressources et maximiser l’impact économique des fonds publics. Il s’agit également de renforcer la transparence, l’évaluation des performances et la traçabilité dans l’utilisation des ressources publiques.

Au-delà de la seule rationalisation institutionnelle, le président Faye appelle à un changement de paradigme. Il souhaite que les financements publics soient davantage orientés vers le soutien à une économie endogène, capable de générer sa propre richesse à partir des potentialités nationales. Cela implique un soutien plus structuré à l’investissement productif local, à l’innovation, à la transformation industrielle et à la souveraineté économique.

Dans cette dynamique, les institutions financières publiques devront jouer un rôle de levier stratégique, en accompagnant les secteurs porteurs de l’économie sénégalaise, notamment l’agriculture, les énergies renouvelables, l’économie numérique, la santé, l’habitat social, ou encore l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Cette annonce du chef de l’État marque un tournant dans la gestion des finances publiques. Elle intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à optimiser ses ressources internes, à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à asseoir une gouvernance économique plus rigoureuse et plus performante.

Si cette réforme ambitieuse est bien conduite, elle pourrait réduire les doublons, améliorer la transparence des interventions financières publiques, et renforcer l’efficacité de l’investissement public au service du développement national.

Diplomatie économique : Diomaye veut capitaliser sur la visite en Chine

Le chef de l’État a félicité la délégation sénégalaise pour le succès de sa visite en Chine et exige un suivi rapide des accords signés.

Le président Bassirou Diomaye Faye est revenu sur le déplacement officiel de la délégation sénégalaise en République populaire de Chine. Il a salué le travail du Premier ministre et de l’équipe gouvernementale, qui ont permis de conclure plusieurs accords stratégiques avec les autorités chinoises.

Ces partenariats couvrent des domaines prioritaires tels que les infrastructures, l’agriculture, l’industrie et la formation professionnelle. Le chef de l’État a demandé un suivi « diligent et rigoureux » pour transformer ces engagements en projets concrets, au bénéfice de l’économie nationale.

Parallèlement, le président a insisté sur l’élaboration d’un document-cadre interministériel destiné à encadrer la coopération internationale et les partenariats public-privé, afin de garantir la cohérence, la transparence et l’efficacité des actions engagées.

Justice : Daouda Mine enterre définitivement l’affaire Sonko-Mame Mbaye Niang

Après le rejet de son rabat d’arrêt par la Cour suprême, Ousmane Sonko avait affirmé son intention de rouvrir le dossier judiciaire qui l’oppose à l’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang. Une posture qui a suscité de nombreux commentaires d’experts juridiques sur les possibilités et conditions d’une éventuelle révision du procès. Mais pour le journaliste Daouda Mine, spécialisé dans les questions judiciaires, le débat est clos : le leader de Pastef a définitivement perdu cette bataille judiciaire.

Invité de l’émission “Ultimatum” sur Seneweb, Daouda Mine a livré une analyse tranchée sur la situation judiciaire du Premier ministre. « Honnêtement, la vérité, c’est que l’affaire Mame Mbaye Niang – Ousmane Sonko est définitivement bouclée. Ousmane Sonko a perdu, et il a perdu définitivement », a-t-il affirmé sans détour.

Pour le journaliste, l’affaire est close sur le plan juridique, toutes les voies de recours ayant été épuisées. L’arrêt de la Cour suprême mettant fin à la procédure confirme la condamnation prononcée en appel, à savoir six mois de prison avec sursis pour diffamation. Daouda Mine rappelle cependant que cette condamnation n’a plus de conséquence sur l’éligibilité du Premier ministre, en raison de la loi d’amnistie adoptée avant l’élection présidentielle de 2024.

« Les six mois de sursis ont été purgés politiquement et juridiquement par la loi d’amnistie. Cela ne peut plus empêcher Ousmane Sonko de se présenter à une élection », a-t-il expliqué.

Si la condamnation pénale est neutralisée, la sanction civile reste entière. Le journaliste rappelle qu’en vertu du droit, l’amnistie ne s’applique pas aux intérêts civils, notamment les dommages et intérêts accordés à la partie civile. « Il devra payer les 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts. La loi d’amnistie ne préjudicie pas aux droits des tiers », a insisté Daouda Mine.

Autrement dit, bien que blanchi sur le plan pénal, Ousmane Sonko reste tenu de réparer le préjudice reconnu à Mame Mbaye Niang, sauf si ce dernier décide de renoncer au paiement ou de ne pas en réclamer l’exécution.

L’affaire qui a opposé Sonko à Mame Mbaye Niang a marqué une étape importante dans le parcours judiciaire et politique de l’actuel Premier ministre. D’abord poursuivi pour diffamation à la suite de ses accusations publiques contre l’ex-ministre, Ousmane Sonko avait vu sa condamnation confirmée en appel en mai 2023. Cette décision avait à l’époque pesé lourdement dans le débat sur sa candidature à la présidentielle.

Aujourd’hui, avec le rejet du rabat d’arrêt et l’impossibilité d’introduire un nouveau recours ordinaire, l’affaire semble juridiquement scellée, malgré la volonté affichée de Sonko de continuer la bataille.

Pour Daouda Mine, cette volonté est vaine : « Toutes les voies de recours ont été épuisées. » La procédure judiciaire semble donc arrivée à son terme — du moins jusqu’à preuve du contraire.

Le Sénégal réussit une nouvelle levée de fonds de 192,5 milliards FCFA sur le marché de l’UEMOA

Le Sénégal continue d’affirmer sa solidité financière sur le marché régional. Ce jeudi 3 juillet 2025, l’État du Sénégal, à travers la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), a réussi une levée de fonds de 192,497 milliards de FCFA sur le marché financier de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette opération a été réalisée par le biais d’une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 3 et 5 ans.

Initialement, l’État cherchait à mobiliser 175 milliards de FCFA. L’opération a suscité un fort engouement, avec une demande totale atteignant 244,710 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 139,83%. Ce résultat témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs régionaux dans la signature souveraine du Sénégal.

Le Trésor a finalement retenu 192,497 milliards de FCFA, principalement sur les BAT et les OAT à 3 ans, avec un taux d’absorption de 78,66%. Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7,18% pour les BAT et 7,53% pour les OAT à 3 ans. Les obligations seront remboursées respectivement le 2 juillet 2026 pour les BAT, et le 4 juillet 2028 pour les OAT, avec un taux d’intérêt annuel de 6,30%, payable à partir de la fin de la première année.

Depuis le début de l’année 2025, le Sénégal a levé un total de 1 262 milliards de FCFA sur le marché de l’UEMOA. Sur cette même période, l’État a honoré 512 milliards de FCFA au titre du remboursement du capital et versé 96 milliards de FCFA en intérêts. Ces chiffres traduisent une gestion prudente et proactive de la dette publique.

La réussite de cette nouvelle levée confirme la capacité du Sénégal à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique budgétaire, dans un contexte économique régional encore marqué par les défis sécuritaires et les tensions sur les prix.

Cette performance intervient dans un climat de relative incertitude au sein de la zone UEMOA, où plusieurs États font face à des contraintes budgétaires. La bonne tenue des émissions sénégalaises constitue donc un signal positif pour les marchés financiers régionaux. Elle reflète non seulement la crédibilité du Trésor sénégalais, mais aussi la résilience économique du pays, renforcée par les réformes engagées sous l’actuelle administration.

Gestion des fonds anti-COVID : Moustapha Diop face à la Haute Cour de Justice ce 4 juillet

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, comparaîtra ce vendredi 4 juillet 2025 devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette audition au fond marque une étape décisive dans la procédure judiciaire enclenchée contre lui pour détournement présumé de fonds publics.

Selon la journaliste Maty Sarr Niang, l’ex-ministre est poursuivi pour sa gestion controversée d’un montant de 2,5 milliards de francs CFA, alloué par l’État du Sénégal dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la COVID-19. Ces ressources étaient destinées à appuyer les entreprises frappées de plein fouet par la crise sanitaire, notamment à travers des programmes d’accompagnement ciblés pour les petites et moyennes entreprises.

À l’issue d’une première audition devant la Commission d’instruction, Moustapha Diop a été placé sous mandat de dépôt, décision qui a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique et dans l’opinion publique. Plusieurs observateurs y voient un signal fort de la nouvelle ère de reddition des comptes que le régime du président Bassirou Diomaye Faye entend instaurer.

Les faits qui lui sont reprochés portent, selon des sources judiciaires, sur des irrégularités dans l’attribution des financements, l’absence de justificatifs d’usage, et le non-respect des procédures de passation de marchés. L’audition de ce vendredi pourrait permettre d’approfondir les responsabilités et les circuits de décision autour de l’utilisation de ces fonds.

Moustapha Diop, ancien maire de Louga et figure influente du régime précédent, rejette toutes les accusations portées contre lui. Ses avocats dénoncent une procédure « précipitée » et affirment que leur client n’a agi qu’en respectant les directives gouvernementales de l’époque.

Ce dossier s’inscrit dans une série d’enquêtes menées par la Haute Cour de Justice visant plusieurs anciens dignitaires soupçonnés de malversations. Il pourrait avoir des implications politiques importantes, au regard du poids de Moustapha Diop dans l’ancien dispositif étatique et de l’impact symbolique d’un procès pour détournement de fonds en pleine crise sanitaire.

Crise dans le secteur de la Justice : Le ministère réagit enfin à la grève du SYTJUST et de l’UNJT

Après plus de deux semaines de silence face à la grève initiée depuis le 18 juin par les syndicats du secteur de la Justice, notamment le SYTJUST (Syndicat des Travailleurs de la Justice) et l’UNJT (Union nationale des travailleurs de la justice), le ministère de la Justice est enfin sorti de sa réserve. Dans un communiqué transmis à Dakaractu ce jeudi, la tutelle, dirigée par le ministre Ousmane Diagne, annonce une série de mesures visant à apaiser les tensions et à répondre aux revendications des grévistes.

L’alignement des greffiers de la hiérarchie B2 à la hiérarchie A2, Le reclassement des agents des hiérarchies B et C disposant d’une certaine ancienneté, vers la hiérarchie B2, selon des critères définis par les syndicats eux-mêmes.

Ces revendications, jugées légitimes par de nombreux observateurs du secteur, visent à mieux valoriser l’expérience et les qualifications des agents judiciaires, longtemps laissés en marge des réformes administratives.

Face à cette pression syndicale, le ministère annonce la mise en place d’un dispositif de formation spécifique, en concertation avec le Centre de Formation Judiciaire. Ce programme aura pour but de valoriser les parcours professionnels des agents concernés, en tenant compte de leur expérience accumulée au fil des années.

Toutefois, le communiqué rappelle que les questions liées à l’administration des agents publics relèvent de la compétence du ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Secteur public, agissant sous l’autorité du Premier ministre. Le ministère de la Justice précise avoir engagé des concertations avec cette institution, lesquelles ont permis d’aboutir à un consensus sur la voie de la formation comme passerelle vers le reclassement.

Malgré la persistance de la grève, le ministère réaffirme son attachement à un dialogue constructif avec les partenaires sociaux. « Le ministère de la Justice s’engage à conduire cette réforme dans un esprit de dialogue et de concertation, dans le respect des droits légitimes des agents de l’État et au service de l’intérêt supérieur du service public de la Justice », conclut le document.

Rosso Sénégal : Violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, une fillette blessée

La ville de Rosso Sénégal a été le théâtre de violents affrontements ce jeudi, opposant manifestants et forces de l’ordre dans un climat de tension extrême. Ce qui devait être une manifestation pacifique, autorisée par les autorités, a rapidement dégénéré en heurts, notamment dans le quartier de Niakh, où des échanges de jets de pierres et de grenades lacrymogènes ont éclaté.

Parmi les victimes collatérales de cette journée agitée, une fillette nommée Binta Diack, âgée de 9 ans, a été grièvement blessée à la joue par une grenade lacrymogène. Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), l’enfant jouait devant son domicile à Santhiaba 3 lorsque la grenade l’a atteinte. Elle a été évacuée d’urgence à l’hôpital de Richard-Toll, où elle reçoit actuellement des soins spécialisés.

Ces violences surviennent dans un contexte déjà tendu à Rosso, après le décès tragique de Talla Keita, un jeune homme de 18 ans originaire de la ville. La version officielle reste floue, mais la famille du défunt accuse les forces de l’ordre d’avoir usé d’une violence excessive, ayant conduit à sa mort. Cette situation a ravivé la colère dans la localité, où de nombreux habitants réclament justice et vérité sur les circonstances exactes du drame.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de panique, avec des habitants fuyant les nuages de gaz lacrymogène et des manifestants éparpillés dans les rues. Certains témoignages font état d’arrestations et de blessés supplémentaires, bien qu’aucun bilan officiel n’ait encore été communiqué.

Les autorités locales n’ont pour l’instant pas réagi publiquement, tandis que les habitants appellent à une désescalade rapide et à une enquête indépendante sur les récents événements.

SARAYA | La Gendarmerie démantèle un site d’orpaillage clandestin et des bars illégaux à Missirah Sirimana

Une vaste opération de sécurisation a été menée ce mercredi 2 juillet par la Gendarmerie nationale dans la commune de Missirah Sirimana, plus précisément dans les villages de Baninkhoto et Mouran, situés dans le département de Saraya, région de Kédougou. Cette intervention ciblée avait pour objectif de lutter contre l’exploitation illicite des ressources naturelles et les activités illégales connexes dans cette zone sensible.

Coordonnée par la brigade territoriale de Saraya, avec l’appui de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Salémata, l’opération a permis de démanteler un site d’orpaillage clandestin, ainsi que trois bars illégaux installés aux abords de la zone minière.

Lors de cette descente, les forces de sécurité ont mis la main sur un arsenal de matériel servant à l’exploitation illégale de l’or. Le bilan des saisies est significatif :

17 groupes électrogènes 6 motopompes 1 batterie de grand modèle 5 baffles Une grande quantité de boissons alcoolisées

Ce matériel, destiné à alimenter les activités minières illégales et les débits de boissons non autorisés, a été confisqué par la gendarmerie. Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs et commanditaires de ces installations frauduleuses.

La commune de Missirah Sirimana fait partie des nombreuses localités de la région de Kédougou régulièrement confrontées à l’orpaillage clandestin, une activité lucrative mais à forte incidence sociale, sécuritaire et environnementale. Ces exploitations sauvages favorisent l’insécurité, la dégradation des écosystèmes, et attirent divers trafics, dont ceux de boissons alcoolisées et parfois de substances prohibées.

Par cette opération, les autorités entendent réaffirmer leur engagement à faire respecter la loi dans les zones minières et à protéger les populations contre les effets pervers de l’orpaillage anarchique.

La Gendarmerie nationale appelle par ailleurs les populations locales à plus de collaboration et de vigilance, en dénonçant tout comportement suspect ou toute activité illégale.

Kaolack : Les vidangeurs de fosses septiques réclament un site d’exploitation sécurisé

À quelques heures de la visite du ministre de l’Assainissement à Kaolack, les vidangeurs de fosses septiques ont décidé de hausser le ton. Réunis au sein du Regroupement des exploitants de carrières et de fosses septiques, ils ont profité de l’événement pour interpeller les autorités sur leurs conditions de travail, qu’ils jugent précaires et dangereuses.

La principale revendication de ces professionnels de l’ombre : l’octroi d’un site d’exploitation sécurisé et conforme aux normes sanitaires pour le déversement et le traitement des boues de vidange. Actuellement, faute d’infrastructures adaptées, ils sont contraints de jeter les déchets dans des zones non autorisées, ce qui aggrave la pollution de l’environnement et les expose à des sanctions administratives.

« Nous travaillons dans des conditions extrêmement difficiles. Nous n’avons pas de site officiel pour déposer les boues, alors nous sommes souvent obligés de les déverser là où nous pouvons, au risque de polluer et d’enfreindre la loi », explique Yoro Diouf, président du regroupement.

Dans la région de Kaolack, des milliers de foyers dépendent des services de vidange pour l’entretien de leurs installations sanitaires. C’est pourquoi le collectif appelle les autorités à agir sans délai. Il exige la mise à disposition d’un site conforme, comme cela existe dans d’autres régions, notamment à Thiès.

« Nous avons déjà identifié un terrain. Mais il faut encore mobiliser des ressources pour l’aménager et le rendre fonctionnel. Nous en appelons à l’intervention conjointe des ministres de l’Environnement et de l’Assainissement pour qu’une solution durable soit trouvée », plaide Yoro Diouf.

Malgré les risques sanitaires et l’absence de reconnaissance institutionnelle, les vidangeurs affirment leur volonté de poursuivre leur mission, qu’ils jugent essentielle pour la santé publique.

« Sans notre travail, il y aurait des épidémies. Nous faisons un métier ingrat, mais vital », conclut M. Diouf, déterminé à faire entendre la voix de son secteur, souvent relégué aux marges du débat public.

Cette sortie publique marque une nouvelle étape dans le plaidoyer des acteurs de l’assainissement informel, en quête de sécurité, de dignité et de reconnaissance. Les regards sont désormais tournés vers le ministre, attendu dans les prochaines heures à Kaolack.

Présidentielle 2029 : Madiambal Diagne évoque un risque de “sabotage” entre Diomaye et Sonko

Le débat sur la présidentielle de 2029 est lancé, bien avant l’heure. Dans une publication polémique sur le réseau social X, le journaliste Madiambal Diagne s’est interrogé ce jeudi 3 juillet sur les ambitions futures du Premier ministre Ousmane Sonko et leurs implications sur la stabilité du pouvoir actuel. Selon lui, une réussite éclatante du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pourrait compromettre la légitimité de Sonko en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle.

« Encore 4 ans de confusion au sommet de l’État ? Le PM Sonko dit être candidat en 2029, sans savoir si le PR Diomaye le sera ou non. La réussite de Diomaye délégitimerait la candidature de Sonko. Alors Sonko n’a pas intérêt à la réussite de Diomaye. Sabotage en vue. Allez savoir ! », a écrit Madiambal Diagne.

Élus en tandem en mars 2024 à l’issue d’un scrutin historique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnent une nouvelle ère politique au Sénégal. Diomaye, président de la République, bénéficie du soutien du parti Pastef fondé par Sonko, son mentor politique devenu Premier ministre. Mais les ambitions présidentielles réaffirmées de ce dernier pour 2029 viennent troubler cette dynamique, ravivant les spéculations sur une possible rivalité interne.

La sortie de Madiambal Diagne jette un pavé dans la mare : suggérant un sabotage potentiel, elle alimente l’idée d’un double agenda qui pourrait nuire à la cohésion au sommet de l’État. Pour certains observateurs, cette hypothèse reflète davantage un calcul politique qu’une réalité factuelle, mais elle a le mérite de soulever un enjeu fondamental : le partage du pouvoir entre les deux figures de l’exécutif.

Face aux rumeurs et aux doutes, Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Dans une vidéo publiée mardi soir, il a fermement affirmé son droit à briguer la magistrature suprême en 2029.

« Ce dossier n’a aucun rapport avec ma candidature. De ce qui reste de mon existence, si je ne participe pas à une élection, ce serait de ma propre volonté, parce que rien ne peut m’empêcher d’être candidat », a-t-il martelé.

Une déclaration qui survient alors que la Cour suprême a récemment relancé le débat juridique sur l’éligibilité de Sonko, toujours marqué par ses déboires judiciaires passés. Mais pour le principal intéressé, les obstacles sont désormais derrière lui.

À moins de cinq mois d’exercice, l’attelage Diomaye-Sonko est confronté à un défi majeur : gouverner ensemble tout en gardant des ambitions personnelles compatibles avec l’intérêt national. Le président Faye, encore discret sur ses intentions pour 2029, reste centré sur les réformes institutionnelles et la restauration de la souveraineté économique. Sonko, de son côté, multiplie les apparitions publiques et les messages politiques à forte portée électorale.

Entre loyauté politique et calculs individuels, le tandem pourrait être mis à l’épreuve plus tôt que prévu. Si la réussite de Diomaye Faye devient incontestable, elle pourrait en effet remettre en question l’opportunité d’un changement de leadership au sein du Pastef en 2029.

À la frontière de la menace : le Général Mamadou Mansour Seck appelle à la vigilance face aux risques terroristes

À la suite de l’attaque survenue à Diboli, à seulement deux kilomètres de la frontière sénégalaise, les inquiétudes liées à une possible extension du terrorisme vers le sud du Sahel s’intensifient. Dans une interview exclusive accordée à L’Observateur, le Général Mamadou Mansour Seck, ancien Chef d’état-major général des armées (CEMGA) et ex-ambassadeur à Washington, livre une analyse lucide et rassurante sur la situation sécuritaire du Sénégal.

« Ils sont à nos portes », avertit le Général Seck, tout en appelant à ne pas céder à la panique. L’attaque de Diboli, localité malienne voisine, a ravivé les craintes d’une infiltration djihadiste vers le territoire sénégalais. Mais l’ancien chef militaire reste mesuré : « Il ne faut pas s’affoler, mais être en alerte permanente. » Pour lui, cette posture de vigilance constante est ce qui a permis au Sénégal de tenir jusqu’ici, contrairement à d’autres États sahéliens.

Selon le Général Seck, la résilience du Sénégal repose sur trois piliers : « une bonne stratégie, une bonne armée et un bon service de renseignement. » Il rappelle que le pays a su préserver sa souveraineté et sa stabilité malgré l’effondrement sécuritaire de plusieurs voisins sahéliens. Le renforcement des forces dans les zones sensibles, notamment au sud-est du pays, témoigne d’une anticipation proactive du danger.

Face à des groupes terroristes qui opèrent selon des méthodes non conventionnelles, le renseignement est fondamental : « Ce ne sont pas des chars contre des chars. Ils s’attaquent à notre société. » Le Général met l’accent sur l’importance du “Human Intelligence”, le renseignement humain, jugé indispensable pour comprendre l’ennemi, ses motivations et sa culture. Il appelle également à une meilleure coordination entre les services de sécurité : « Un service peut avoir une information, mais ne pas être le mieux placé pour agir. »

Dans ce conflit, la propagande est une arme redoutable. « Ces gens-là maîtrisent les technologies modernes de communication », alerte-t-il, évoquant notamment l’usage détourné du message religieux sur les réseaux sociaux pour embrigader des jeunes. Il plaide pour une vigilance accrue face aux discours extrémistes, et rappelle que « le Sénégal a un islam tolérant, pas celui des salafistes. »

Au-delà des forces armées, le Général Seck croit fermement à l’implication des populations dans la lutte contre le terrorisme : « Il faut des soldats sans fusil. Les citoyens doivent participer au renseignement, comme les Anglais avec Scotland Yard. » Il appelle à sensibiliser les jeunes dans les quartiers pour qu’ils signalent toute anomalie : « C’est une guerre qui se gagne aussi avec les yeux et les oreilles de la population. »

Pour faire face aux défis sécuritaires grandissants, le Général Seck suggère une hausse du budget de la Défense : « J’ai proposé au Président que le budget atteigne 2 à 3 % du PIB, comme dans les normes de l’OTAN. » Il souligne que, contrairement à d’autres pays de la région, le Sénégal n’a jamais fait appel aux forces étrangères : « Nous avons notre force, notre souveraineté, et on prend les mesures qu’il faut. »

Tout en soulignant la proximité de la menace, le Général Seck exprime une confiance assumée envers les forces sénégalaises : « Le Sénégal n’a jamais compté sur personne pour sa sécurité. J’ai confiance en nos Forces de défense et en nos services de renseignement. » Il appelle à une vigilance soutenue, un renforcement du renseignement humain, une mobilisation citoyenne et une coopération nationale renforcée pour maintenir le pays à l’abri du chaos qui frappe une grande partie du Sahel.

Immigration irrégulière : neuf candidats interceptés sur la plage de Malibu

Le fléau de l’émigration clandestine continue de hanter les côtes ouest-africaines. Ce lundi, le Commissariat d’arrondissement de Golf Sud a procédé à l’interpellation de neuf personnes sur la plage de Malibu, dans la banlieue dakaroise. Il s’agit de sept ressortissants gambiens, d’un Sénégalais et d’une Guinéenne, tous impliqués dans une tentative de migration irrégulière vers l’Espagne.

Selon les informations recueillies auprès des forces de l’ordre, le groupe avait embarqué depuis les côtes gambiennes le 25 juin dernier à bord d’une pirogue transportant plus de 100 candidats à l’aventure. Leur objectif : rejoindre l’Europe par la dangereuse voie maritime, malgré les risques élevés de naufrage ou d’interception.

Chaque passager aurait déboursé entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour financer le périlleux voyage. Des convoyeurs sénégalais sont pointés du doigt comme les organisateurs de cette traversée illégale. L’un des migrants arrêtés serait par ailleurs complice du commandant de bord, un étranger activement recherché par les autorités après avoir pris la fuite.

Sur les lieux, les policiers ont découvert des preuves accablantes : 73 bidons d’essence, des vivres en quantité et un moteur de rechange, tous abandonnés dans l’embarcation. Des éléments qui confirment la préparation minutieuse de cette tentative de voyage clandestin.

Les neuf suspects sont actuellement en garde à vue dans les locaux du commissariat. Une enquête a été ouverte pour démanteler le réseau de passeurs derrière cette opération et identifier les autres migrants impliqués.

Kaolack / Gouvernance nationale : « Le Sénégal est sous perfusion, il faut un plan d’urgence », alerte Ballé Ndiaye

Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, traverse aujourd’hui une période critique. Entre tensions économiques, crises sociales et défis environnementaux, le pays semble littéralement sous perfusion. Derrière l’image d’une nation résiliente, la réalité est bien plus préoccupante et appelle un plan d’urgence immédiat.

Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi, Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B) et par ailleurs président de la Société Internationale d’Approvisionnement et de Transit (SIAT), basée à Bamako, n’a pas mâché ses mots :

« Le Sénégal peine à décoller. Beaucoup de jeunes ont perdu la vie, d’autres leurs biens, des magasins ont été saccagés. Tout cela à cause de la manipulation politique des nouvelles autorités qui, hier dans l’opposition, promettaient monts et merveilles. Aujourd’hui au pouvoir, elles semblent ignorer les responsabilités qui incombent à leur position. Or, l’État est une continuité. »

Trois mois après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, soutenu par le Premier ministre Ousmane Sonko, Ballé Ndiaye dresse un premier bilan très critique :

« Nous constatons une absence totale de vision économique. Les prix des denrées continuent d’augmenter, le chômage des jeunes reste alarmant, et les mesures annoncées jusqu’ici ne répondent pas aux besoins urgents des populations. »

Il déplore également la gestion précipitée de la réforme fiscale, mal expliquée à la population. Selon lui, cette approche risque de décourager les investisseurs et d’alimenter davantage l’instabilité économique.

« Le gouvernement promettait la rupture et la transparence. Ce que nous voyons, c’est plutôt une concentration du pouvoir entre les mains de quelques proches alliés », fustige-t-il.

« Il faut convoquer toutes les forces vives de la nation afin que des solutions rapides soient trouvées avant que le pays ne s’effondre. Il faut revoir notre politique d’endettement, discuter avec les bailleurs, s’ouvrir davantage à l’extérieur pour rééquilibrer notre économie. »

« Le pays tourne au ralenti. Les secteurs clés du développement sont à l’arrêt. On dirait que tout le monde a jeté la clé du pays au paillasson ! »

Dans le secteur agricole, les retards dans la distribution de semences de qualité paralysent les campagnes. Les projets d’emploi et de formation pour les jeunes sont suspendus, alimentant un profond désespoir. Le climat des affaires se dégrade, et la confiance s’érode.

« Il faut aller vite. Il est temps de revoir la copie économique d’un pays qui était en voie de développement. Ce régime doit tout faire pour que le Sénégal retrouve la place qui était la sienne sur le plan international, que ce soit en matière d’éducation, de diplomatie ou de démocratie. »

Pour M. Ndiaye, le moment n’est pas à un programme classique, souvent long à mettre en œuvre, mais à un véritable plan d’urgence :

« Un bon programme peut prendre 5 à 10 ans pour produire des résultats. Et souvent, les gouvernants ne réalisent les projets qu’à la fin de leur mandat. Le Sénégal a besoin d’un plan d’action immédiat. »

Évoquant sa région d’origine, Kaolack, il rappelle son positionnement stratégique comme carrefour économique, logistique et historique. Toutefois, ce potentiel est freiné par l’insalubrité, des infrastructures délabrées, le chômage, l’insécurité, la salinisation et un leadership local fragmenté.

« Les initiatives en cours pour moderniser Kaolack sont encourageantes, mais elles nécessitent une gouvernance forte, un pilotage cohérent des projets et surtout des investissements concrets pour transformer la ville en un hub durable. »

Ballé Ndiaye se montre aussi très inquiet sur l’état des institutions fondamentales de la République.

« Aucun pays ne peut se développer sans une justice indépendante. Or aujourd’hui, on a l’impression qu’elle est piétinée, marginalisée. C’est regrettable. Pourtant, notre justice a longtemps fait la fierté du Sénégal à l’international. »

Il salue néanmoins le travail accompli par certains acteurs du système judiciaire, mais appelle à renforcer son indépendance et sa crédibilité.

« Le Parlement n’est pas la propriété d’un parti politique, encore moins un lieu pour insulter l’opposition. C’est une institution de contrôle du pouvoir exécutif, et non une caisse de résonance d’un pouvoir partisan. »

Pour Ballé Ndiaye, la situation est grave mais pas désespérée. Il appelle les nouvelles autorités à faire preuve de responsabilité, d’ouverture et d’efficacité :

« Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. Il faut sauver le Sénégal tant qu’il est encore temps. »

Disparition tragique de Diogo Jota : le football perd l’un de ses plus beaux visages

Le 2 juillet 2025 restera gravé dans les mémoires comme l’un des jours les plus sombres pour le monde du football. Diogo Jota, attaquant de Liverpool et international portugais, a perdu la vie dans un terrible accident de la route sur l’autoroute A-52, près de Cernadilla, en Espagne. À ses côtés, son frère André, également footballeur, a lui aussi succombé dans les mêmes circonstances tragiques. La disparition soudaine de ces deux passionnés du ballon rond a plongé toute une planète sportive dans le deuil et la stupéfaction.

Il était peu après minuit lorsque le véhicule des deux frères a quitté la chaussée, avant de s’embraser dans des circonstances encore inexpliquées. À l’arrivée des secours, il était malheureusement trop tard. Les pompiers, ambulanciers et agents de la Guardia Civil, accourus sur les lieux, n’ont pu que constater l’irréparable. La scène, d’une violence inouïe, restera sans doute longtemps gravée dans les esprits de ceux qui y ont assisté.

Si les causes exactes de l’accident demeurent inconnues à ce stade, l’impact est déjà dévastateur. Le football européen, et plus particulièrement portugais, perd l’un de ses plus brillants ambassadeurs, à seulement 28 ans.

Formé à Paços de Ferreira, Diogo Jota avait gravi les échelons avec un mélange de talent brut, d’intelligence de jeu et d’une rigueur exemplaire. Après des passages remarqués à l’Atlético Madrid et surtout à Wolverhampton, c’est à Liverpool qu’il avait véritablement explosé. Sous les ordres de Jürgen Klopp, il avait rapidement conquis Anfield grâce à sa polyvalence, son sens du but et sa capacité à briller dans les grands rendez-vous.

À 28 ans, il incarnait la maturité tactique et l’humilité, dans un monde parfois trop prompt à l’esbroufe. Jota n’était pas seulement un buteur redoutable ; il était aussi un travailleur acharné, un coéquipier exemplaire, et un homme discret dont le professionnalisme forçait le respect.

Depuis l’annonce de sa mort, les hommages affluent du monde entier. Liverpool a publié un communiqué bouleversant, saluant “un joueur exceptionnel, mais surtout un homme rare”. Les supporters, en larmes, ont improvisé une veillée à Anfield, déposant fleurs, maillots et bougies aux abords du stade.

La Fédération portugaise, quant à elle, a décrété un deuil national dans le football. Cristiano Ronaldo, João Félix, Bernardo Silva… tous ont exprimé leur chagrin, leur stupeur, et leur admiration pour celui qu’ils considéraient comme un frère de terrain.

Au-delà de son palmarès et de ses statistiques, Diogo Jota laisse une empreinte humaine et émotionnelle profonde. Son sourire après un but, sa modestie lors des interviews, sa générosité en dehors du terrain… autant de traits qui faisaient de lui un joueur aimé, mais surtout un homme respecté.

Il incarnait cette génération de footballeurs modernes capables d’être performants sans jamais perdre leur humanité. Sa mort soudaine rappelle la fragilité de la vie, même pour ceux que l’on croit invincibles dans la lumière des stades.

Le football continuera, comme la vie. Mais il le fera avec une douleur au cœur, un vide dans les vestiaires, et une pensée persistante pour celui qui aurait encore tant à offrir. Diogo Jota n’est plus, mais son souvenir demeure.

Repose en paix, Diogo. Le football ne t’oubliera jamais.

Tragédie à Fass Delorme : Le jeune chanteur Lamine Diallo poignardé à mort, son présumé meurtrier arrêté

Le Sénégal est en deuil. Le monde de la musique sénégalaise pleure l’un de ses jeunes talents les plus prometteurs. Lamine Diallo, étoile montante révélée par l’émission Sen Petit Gallé, a été sauvagement poignardé le 1er juillet 2025 à Fass Delorme, un quartier populaire de Dakar. Il n’avait que 22 ans.

En plus d’être un étudiant assidu à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop, Lamine Diallo incarnait l’avenir de la scène musicale sénégalaise. Sa voix unique, sa sensibilité artistique et son charisme lui avaient valu une reconnaissance grandissante, bien au-delà des plateaux télévisés. Sa disparition brutale a plongé ses proches, ses camarades, mais aussi l’ensemble du monde culturel dans une profonde consternation. De nombreuses figures du milieu artistique ont salué la mémoire d’un jeune homme « talentueux, respectueux et humble ».

L’affaire a pris une tournure dramatique lorsque les enquêteurs du commissariat du 4e arrondissement ont procédé à l’arrestation d’un suspect : A. Fall, un jeune homme de 26 ans, originaire de Saint-Louis mais résidant à Khar-Yalla. Interpellé quelques heures après les faits, il a été placé en garde à vue.

Dans une déclaration glaçante rapportée par L’Observateur, le suspect est revenu sur les circonstances de la tragédie. Il affirme avoir été surpris par le comportement de Lamine Diallo, qu’il connaissait et fréquentait. Selon ses dires, la victime l’aurait rejoint dans une chambre à Fass Delorme, dans une maison que les deux jeunes hommes avaient l’habitude de fréquenter. C’est là que la situation aurait dégénéré.

« Il a commencé à me faire des caresses… », aurait-il confié aux enquêteurs. Se disant choqué, A. Fall affirme avoir perdu le contrôle, s’emparant d’un couteau posé sur une table pour frapper Lamine au niveau de l’aine gauche. Le coup, unique mais d’une extrême gravité, a causé une hémorragie massive.

Transporté d’urgence à l’hôpital Abass Ndao, Lamine Diallo y a été pris en charge par les équipes médicales, mais n’a pu être sauvé. Il a succombé à ses blessures peu après son admission. Le parquet de Dakar a ordonné une autopsie, confiée à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff (HOGIP), tandis que le corps du jeune artiste repose à la morgue de l’hôpital Abass Ndao.

Le suspect A. Fall a été placé sous mandat de dépôt pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il devra répondre de ses actes devant la justice, dans une affaire aussi sensible qu’épineuse, mêlant drame humain, tension sociale et deuil national.

La mort de Lamine Diallo rappelle cruellement la fragilité de la vie, mais aussi la nécessité de protéger les jeunes talents du pays. Alors que les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux, une question taraude : comment un avenir aussi prometteur a-t-il pu être anéanti de manière aussi brutale ?

Le verdict du procès de Moustapha Diakhaté reporté au 9 juillet en raison de la grève des greffiers

L’ancien député Moustapha Diakhaté devra patienter encore une semaine avant de connaître l’issue de son procès pour offense au chef de l’État. Attendu ce mercredi 2 juillet 2025, le verdict a été reporté au 9 juillet prochain, une décision dictée par la paralysie partielle de l’appareil judiciaire sénégalais, conséquence directe de la grève des greffiers en cours.

Comme le rapporte le quotidien Les Échos, c’est le président de l’audience qui a annoncé ce report à la dernière minute, expliquant que la décision n’a pu être rédigée et formalisée en l’absence des greffiers. Ce contretemps rallonge de facto la détention provisoire de Moustapha Diakhaté, incarcéré dans le cadre de cette affaire depuis plusieurs semaines.

Pour rappel, l’ancien parlementaire est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant une partie des prérogatives du président de la République. Les faits qui lui sont reprochés remontent à des déclarations publiques dans lesquelles il avait qualifié certaines autorités de « gougnafiers », un terme jugé outrageant par le parquet.

Lors de la dernière audience, le ministère public avait requis une peine de trois mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 200 000 F CFA. En défense, les avocats de Moustapha Diakhaté ont invoqué la liberté d’expression et plaidé la relaxe pure et simple de leur client.

L’APR fustige Ousmane Sonko après sa condamnation : “Un Premier ministre en opposition permanente au pouvoir”

Dans un communiqué virulent, l’Alliance Pour la République dénonce l’attitude de M. Sonko après sa condamnation pour diffamation, l’accusant de populisme, d’incompétence et de nuire à l’image du Sénégal.

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République prend acte du verdict prononcé par la Cour suprême, qui condamne définitivement Monsieur Ousmane Sonko pour le délit de diffamation à l’encontre de notre camarade Monsieur Mame Mbaye Niang, ancien ministre.
Fidèle à ses habitudes puériles, M. Sonko a étalé une nouvelle fois son manque de culture d’État et de retenues à travers un live sur les réseaux sociaux, dans lequel il a ridiculisé le Président de la République, outragé les magistrats et menacé les citoyens qui auraient commis le tort d’avoir un avis contraire au sien.
S’honorant en tant que parti républicain de ne jamais commenter les décisions de justice ni au pouvoir ni dans l’opposition, l’APR dénonce la clochardisation des institutions par le parti Pastef, et la manière avec laquelle le Premier ministre s’emploie à abaisser les magistrats, en violation de la tradition sacrée de séparation des pouvoirs et de nos us et coutumes républicaines.
De surcroît, Le Premier ministre tente de masquer son incompétence chronique et son incapacité clinique par l’injure, la calomnie et l’outrance verbale.
Face aux difficultés qui assaillent les populations dans leur quotidien, aux finances publiques exsangues, à l’isolement diplomatique du Sénégal, au chômage endémique et à la perte du pouvoir d’achat des ménages, Ousmane Sonko se complaît dans une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités à propos de la gestion antérieure.
Tout se passe comme si le fumeux “projet” se réduisait aux attaques contre le Président Macky Sall et son régime; M. Sonko oubliant que l’attente des Sénégalais n’est pas la rumination du passé de ses turpitudes mais la satisfaction du minimum vital pour les Sénégalais.
Tous les Sénégalais savent que l’APR a laissé un pays stable dont les signaux économiques étaient au vert et dont la réputation à l’extérieur était solide.
Parce que son impuissance à impulser une action gouvernementale efficace et performante est devenue manifeste aux yeux du Peuple sénégalais, M. Sonko invente un nouveau concept en politique : l’opposition au pouvoir. Il a remplacé l’action par le bavardage inutile et le résultat par la complainte.
Parce que l’agitation fébrile ne saurait masquer une incompétence notoire et un populisme primaire, il est attendu du gouvernement des réponses précises et urgentes aux préoccupations des populations dont l’espoir s’est mué en déception et en désolation.
Les Sénégalais attendent d’un premier ministre digne de ce nom des solutions et non des éructations le long des discours d’impuissance.
Enfin, l’Alliance Pour la République condamne les délires du premier Ministre Ousmane Sonko sur son obsession à détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale avec des déclarations aussi fausses qu’irresponsables sur le taux d’endettement du pays.

Dakar, le 2 juillet 2025
Le Secrétariat Exécutif National

Sénégal – Justice : L’Entente SYTJUST-UNTJ lance une grève de 48 heures pour dénoncer l’inaction du gouvernement

L’Entente SYTJUST-UNTJ, regroupant le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), a annoncé une grève de 48 heures prévue les jeudi 3 et vendredi 4 juillet 2025. Cette mobilisation vise à protester contre l’inertie du gouvernement face aux revendications persistantes du personnel judiciaire.

Dans un communiqué transmis à Dakaractu, les deux organisations syndicales expriment leur profond mécontentement face à l’absence de solutions concrètes, malgré les nombreuses relances et les négociations engagées avec les autorités compétentes. Elles dénoncent en particulier une mauvaise interprétation des textes réglementaires par les services du ministère de la Fonction publique, qu’elles identifient comme un obstacle majeur à la résolution des différends.

Face à ce qu’elles qualifient d’impasse, les syndicats appellent à une mobilisation forte et à la résilience de l’ensemble des travailleurs du secteur de la justice. Pour eux, la grève constitue un outil légitime et nécessaire afin de défendre les droits des agents et d’exiger un traitement équitable de leurs doléances.

« La grève est une expression démocratique face à l’immobilisme de l’État. Nous n’avons d’autre choix que de faire entendre notre voix », souligne l’Entente dans son communiqué.

Cette nouvelle action s’inscrit dans un contexte social tendu au sein du système judiciaire sénégalais, où les frustrations liées aux conditions de travail, aux retards dans les avancements et aux lenteurs administratives alimentent depuis plusieurs mois une profonde crise.

L’Entente SYTJUST-UNTJ rappelle toutefois qu’elle reste ouverte au dialogue. Elle réaffirme sa volonté de parvenir à des solutions concrètes et durables, condition sine qua non pour restaurer un climat social apaisé dans les juridictions.

Kaolack / Environnement : L’adjointe au maire chargée de l’assainissement appelle la population à s’engager pour la propreté de la commune

Dans le cadre de sa politique d’amélioration du cadre de vie et de lutte contre l’insalubrité, l’adjointe au maire chargée de l’assainissement de la commune de Kaolack, Mme Madjiguène Diouf, a lancé ce mercredi un appel vibrant à l’endroit des habitants, les invitant à s’impliquer davantage dans la préservation de la propreté de leur cadre de vie.

S’adressant aux responsables de quartiers et aux associations de jeunes, elle a souligné l’importance de la propreté et insisté sur le rôle fondamental de l’assainissement pour la santé publique et le bien-être collectif.

« Nous ne pouvons pas réussir l’assainissement sans la participation active des citoyens. Chacun doit être un acteur de la propreté. Il ne suffit pas de compter sur les services municipaux », a-t-elle déclaré.

Mme Diouf a également rappelé que la commune a récemment renforcé ses moyens logistiques, notamment par l’acquisition de nouveaux camions-bennes, l’installation de poubelles publiques supplémentaires, ainsi que l’organisation de journées de curage des canaux.

Pour accompagner cet appel, une série d’activités sera lancée, notamment des campagnes de sensibilisation dans les différents quartiers.

Malgré les efforts déjà fournis, certains quartiers continuent de faire face à une insalubrité persistante, due en grande partie à la prolifération de dépôts sauvages d’ordures et au manque d’engagement de certains habitants, a déploré Mme Diouf.

Un engagement salué par les populations, à l’image du quartier Sam.

« C’est une bonne chose. Nous avons besoin d’être sensibilisés régulièrement. La salubrité, c’est d’abord l’affaire de chaque ménage », a confié Mme Ndèye Sarr, résidente du quartier.

Avec cette nouvelle dynamique, la mairie espère bâtir une commune plus propre, plus saine et exemplaire, en misant sur la responsabilité collective.

P. Diddy acquitté des charges les plus graves mais reconnu coupable de transport à des fins de prostitution

New York, 2 juillet 2025 – Le verdict est tombé au terme d’un procès pénal très suivi et hypermédiatisé : la star du hip-hop P. Diddy, de son vrai nom Sean Combs, a été acquitté des accusations de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, mais reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution, mercredi, au tribunal fédéral de Manhattan.

Ce procès, qui a captivé l’opinion publique pendant plusieurs semaines, mettait en jeu des accusations lourdes : organisation de marathons sexuels avec des prostitués masculins, coercition psychologique sur plusieurs femmes, et création d’un réseau criminel baptisé « freak-offs ». Les douze jurés ont délibéré pendant trois jours avant de rendre leur verdict final ce matin.

L’acquittement pour trafic sexuel et association de malfaiteurs, deux chefs passibles de lourdes peines – notamment la prison à vie – a été accueilli avec un soulagement visible par la défense de P. Diddy. Son avocat, Marc Agnifilo, a immédiatement demandé que son client puisse être libéré sous conditions, estimant que les accusations les plus graves ayant été rejetées, une détention préventive ne se justifiait plus.

Néanmoins, la condamnation pour transport de personnes à des fins de prostitution, en violation de la loi fédérale américaine (notamment la Loi Mann), reste un délit sérieux. Le juge Arun Subramanian a salué le travail des jurés, les remerciant pour leur sens du devoir civique et annonçant qu’il statuerait ultérieurement sur la peine.

Durant le procès, les témoignages ont dressé un portrait glaçant du magnat de la musique. Deux femmes, dont la chanteuse Cassie (compagne de P. Diddy de 2007 à 2018) et une autre témoin identifiée sous le pseudonyme de “Jane”, ont accusé Combs de les avoir entraînées dans des pratiques sexuelles extrêmes, sous contrainte, et filmées à leur insu. L’accusation a évoqué un véritable système organisé, où les femmes étaient forcées à participer à ces « freak-offs », pendant que le producteur regardait, se masturbait ou filmait.

Les jurés ont eu accès à des vidéos de ces rencontres ainsi qu’à une séquence de vidéosurveillance montrant P. Diddy agressant physiquement Cassie dans un hôtel de Los Angeles, une preuve décisive pour l’accusation.

À 55 ans, P. Diddy voit son image de mogul de l’industrie musicale brutalement ternie. Fondateur de Bad Boy Records, mentor de The Notorious B.I.G., et star planétaire avec son album No Way Out, il avait aussi bâti un empire dans les affaires, notamment dans l’industrie des spiritueux. Mais depuis 2023, sa réputation s’effondre.

C’est cette année-là que Cassie dépose une plainte au civil pour viol, évoquant une décennie de comportements « violents » et « déviants ». Le dossier est rapidement classé après un accord confidentiel, mais déclenche une série de plaintes similaires menant à l’ouverture du présent procès pénal.

La procureure Maurene Comey, figure montante du parquet, a livré une plaidoirie finale percutante : « L’accusé pensait être intouchable. Mais il n’est pas Dieu. » Elle avait appelé à une condamnation sur l’ensemble des chefs d’accusation, insistant sur l’emprise psychologique et les menaces exercées par le rappeur.

La défense, de son côté, a mis en avant la complexité des relations intimes de son client, qualifiant son style de vie de « polyamoureux », et contestant le caractère criminel de ces pratiques. Les avocats ont tenté de discréditer les témoins en soulignant les contradictions et les intérêts financiers présumés.

P. Diddy, visiblement ému, avait prié en silence juste avant l’annonce du verdict. Il attend désormais la fixation de sa peine, qui pourrait aller jusqu’à 10 ans de prison selon la gravité retenue pour le chef de transport en vue de prostitution. Des observateurs évoquent également la possibilité d’une peine aménagée ou conditionnelle.

Le CNG de lutte mobilise des avocats pour sauver le combat Balla Gaye 2 vs Siteu

Le Président du Comité National de Gestion (CNG) de la lutte, Malick Ngom, est monté au créneau ce mardi 2 juillet 2025 pour tenter de sauver l’un des combats les plus attendus de la saison : Balla Gaye 2 vs Siteu, prévu le 20 juillet prochain. Face à la polémique liée à la suspension pour dopage du lutteur de Diamaguène, le patron de la lutte a annoncé avoir saisi des avocats pour explorer les voies de recours légales.

Lors d’un point de presse organisé dans les locaux de l’Arène nationale, Malick Ngom a tenu à clarifier les faits. Selon lui, le promoteur Baye Ndiaye, patron d’Albourakh Events, avait officialisé le combat dès le 9 janvier 2025, soit bien avant que ne survienne la moindre procédure disciplinaire visant Siteu. Cette chronologie est importante, selon lui, pour établir la bonne foi de toutes les parties engagées.

Malick Ngom a confirmé que l’Organisation Régionale Antidopage Afrique (ORADA), zones 1 et 2, a bel et bien notifié au CNG la suspension de Siteu et de son manager Max Mbergane. La lettre officielle a été reçue le samedi 28 juin 2025 à 19h26 précises, a-t-il détaillé, documents à l’appui. Cette notification intervient à moins d’un mois du combat, plongeant les amateurs dans une grande incertitude.

« Nous sommes en discussion avec des conseils juridiques pour voir s’il est possible d’introduire un recours, ou au moins d’obtenir un sursis à exécution, en attendant un arbitrage en bonne et due forme », a déclaré le président du CNG. Il affirme que le CNG reste attaché au respect des règles antidopage, mais souligne que le timing de cette décision pourrait priver la lutte sénégalaise d’un événement majeur, attendu aussi bien par les sponsors que par les supporters.

Dans le monde de la lutte, le choc Balla Gaye 2 vs Siteu est perçu comme une affiche de prestige, capable de relancer l’intérêt populaire pour une saison jusque-là marquée par plusieurs reports. La suspension de Siteu jette donc un sérieux doute sur sa tenue, malgré les efforts en cours.

Tragédie à Mbour : Lamine Diallo, jeune talent de “Sen Petit Gallé”, poignardé à mort

La scène musicale sénégalaise est en deuil. Lamine Diallo, ancien candidat de l’émission “Sen Petit Gallé”, a perdu la vie dans des circonstances dramatiques, ce mardi 1er juillet 2025, à Mbour. Le jeune homme, âgé d’une vingtaine d’années, a été poignardé lors d’une altercation qui aurait dégénéré, selon les premières informations relayées par la RFM.

Originaire de Mbour et étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Lamine Diallo s’était fait remarquer lors de l’édition 2022-2023 de “Sen Petit Gallé”, un concours de jeunes talents très prisé au Sénégal. Doté d’un grand calme et d’un esprit studieux, il avait marqué les esprits par sa voix, sa prestance et sa discipline.

Ngoné Ndour, directrice de Prince Art et figure emblématique de l’émission, a exprimé son choc et sa tristesse à l’antenne de la RFM. « On a eu cette information et j’ai appelé sa maman qui l’a confirmée. Apparemment, il a été poignardé hier vers midi par un de ses amis. J’ai eu l’information vers 17-18 heures. Je n’ai pas encore tous les détails. Ils m’ont juste dit que c’était une bagarre », a-t-elle confié, la voix nouée par l’émotion.

Elle se souvient d’un jeune homme respectueux et attachant : « Lamine était un garçon très calme. On a que de beaux souvenirs avec lui. Il y a à peu près un mois, il est passé au bureau pour nous rendre visite. »

Les circonstances exactes du drame restent encore floues. Une enquête est en cours pour déterminer les responsabilités et éclaircir les raisons ayant conduit à ce geste fatal. D’après les premières informations, la dispute aurait éclaté entre Lamine et un ami proche, avec qui il entretenait des relations depuis plusieurs années.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages d’hommage affluent, soulignant la perte d’un jeune talent promis à un avenir brillant. Parents, amis, camarades d’université et anciens participants de “Sen Petit Gallé” pleurent la disparition d’un frère, d’un ami, d’un modèle.

Paix à son âme.

Mort de Vieux Talla Keïta : la famille brise le silence et exige justice

La famille du jeune homme décédé à Rosso-Sénégal accuse la police de violences ayant entraîné sa mort et réclame une enquête indépendante.

La famille de Vieux Talla Keïta, ce jeune homme décédé dans des circonstances controversées à Rosso-Sénégal, est enfin sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce mercredi 2 juillet, elle s’insurge contre ce qu’elle qualifie de « dissimulation organisée » autour des conditions de la mort de leur fils.

Selon ses proches, Vieux Talla Keïta aurait été violemment battu par des agents de police, au cours d’une intervention musclée qui aurait eu des conséquences fatales. « Il ne s’agit pas d’un accident, mais d’une bavure policière. Vieux Talla a été sauvagement tabassé », dénonce la famille dans une déclaration aussi claire que poignante.

Elle rejette catégoriquement toute version officielle qui ne reconnaîtrait pas la brutalité exercée à l’encontre du jeune homme. Pour elle, la vérité ne saurait être étouffée sous des rapports maquillés ou des silences institutionnels. « Nous exigeons justice. Pas de faux rapports. Pas de silence complice. Pas d’oubli », martèle-t-elle avec fermeté.

Dans son appel, la famille réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, loin des structures qu’elle juge potentiellement impliquées ou influencées. Elle demande également des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de cet acte, si les faits sont confirmés.

Ce cri du cœur intervient alors que les premiers résultats de l’autopsie, rendus publics par certains médias, indiquaient l’absence de traces visibles de violence physique. Une version qui accentue la frustration des proches du défunt et renforce leur suspicion d’une tentative de blanchiment des responsabilités.

Pour beaucoup, ce nouveau drame soulève une fois de plus la question des abus présumés commis par certaines unités de police, dans un climat national encore marqué par des tensions entre forces de l’ordre et population.

Charlatanisme, viol et tentative d’IVG : Demba Fall encourt 5 ans de prison dans une affaire mêlant mysticisme et abus

Pikine-Guédiawaye, 1er juillet 2025 – Une affaire à la fois complexe, troublante et révélatrice des dérives possibles du recours aux pratiques mystiques a été jugée hier devant la chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. Au cœur du dossier : Demba Fall, 49 ans, commerçant connu à Diamaguène pour ses pratiques ésotériques. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, charlatanisme, tentative d’interruption volontaire de grossesse (IVG) et viol sur une jeune femme de 22 ans, Isseu Gueye. Le parquet a requis cinq ans de prison ferme à son encontre.

Tout débute par un simple mal de ventre que la victime, Isseu Gueye, attribue à une forme d’empoisonnement mystique. Célibataire et enceinte, elle se rend chez Demba Fall, présenté dans son quartier comme un guérisseur. Très vite, l’affaire prend une tournure dramatique. Demba Fall la met en contact avec un autre guérisseur, Ibrahima Diarra, 72 ans, censé « résoudre le problème ».

Selon les informations rapportées par L’Observateur, la jeune femme se voit administrer potions, poudres à diluer dans du café, et bains mystiques, sans aucun effet notable. Face à l’échec des traitements, le vieux guérisseur finit par avouer son impuissance : « Je ne peux rien faire contre une grossesse aussi avancée. » C’est alors que la jeune femme décide de porter plainte.

L’enquête judiciaire révèle un triangle trouble entre Demba Fall, Ibrahima Diarra et la jeune femme. Tous trois sont inculpés pour association de malfaiteurs, tentative d’IVG et charlatanisme, tandis que Demba Fall est également poursuivi pour viol. Le parquet estime que les actes posés visaient clairement à interrompre illégalement la grossesse de la victime, alors enceinte de sept mois.

Selon la version de la victime, elle aurait subi des rituels violents, une perte de conscience, des douleurs intenses, des pertes de sang, et une sensation de pénétration lors d’un de ces bains mystiques. Ces allégations sont partiellement confirmées par un certificat médical versé au dossier.

À la barre, Demba Fall nie catégoriquement les faits. Il reconnaît avoir reçu la jeune femme et lui avoir donné des talismans, mais affirme n’avoir joué qu’un rôle d’intermédiaire entre elle et Ibrahima Diarra. Il évoque un prêt de 45 000 francs CFA et affirme avoir été menacé par la famille de la plaignante. Quant au viol, il le réfute totalement, assurant qu’aucun rapport sexuel n’a eu lieu.

Son avocat rejette l’ensemble des accusations, insistant sur l’absence de preuve matérielle et la non-comparution de la victime à l’audience. Il plaide que les pratiques mystiques évoquées relèvent des traditions locales, non du charlatanisme illégal, et affirme que le fait que l’enfant ait vu le jour contredit l’accusation de tentative d’IVG.

Le procureur, de son côté, a livré un réquisitoire sans concession. Il évoque des « dénégations fallacieuses », une manipulation spirituelle assimilable à un viol et une concertation avérée entre Demba Fall et Ibrahima Diarra pour interrompre la grossesse. Il estime que la vulnérabilité de la victime a été exploitée par les deux hommes et requiert cinq ans de prison ferme pour chacun.

L’affaire, désormais mise en délibéré, sera tranchée le 15 juillet. Au-delà des responsabilités individuelles, ce dossier met en lumière les dangers liés à certaines pratiques mystiques non encadrées. Lorsqu’elles franchissent les limites du consentement, elles peuvent se transformer en instruments de contrôle, de violence et d’abus.

Procès de Bachir Fofana : tensions au tribunal et renvoi contesté de l’audience au 16 juillet

Le journaliste et chroniqueur Bachir Serigne Cheikh Sarr Fofana a comparu ce mardi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles » dans l’affaire de l’attribution du marché d’achat de véhicules pour l’Assemblée nationale. Ce qui s’annonçait comme une audience classique a vite viré à la tension, provoquant une suspension et un renvoi de l’affaire au 16 juillet prochain, une décision vivement contestée par la défense.

L’audience avait pourtant démarré dans le calme. À la barre, le prévenu Bachir Fofana a assumé les propos tenus dans une vidéo projetée en salle. Il y affirmait : « Le nommé Cheikh Guèye, arrêté dans une affaire de corruption impliquant l’ancien ministre Ismaïla Dior Fall, est l’attributaire du marché des véhicules de l’Assemblée nationale. »

Face au juge, Fofana a maintenu qu’au moment de ces déclarations, il croyait à leur véracité : « Je me suis basé sur une source fiable et des vérifications auprès de concessionnaires. Par la suite, on m’a informé que d’autres personnes avaient remporté le marché. Si cela se confirme, je ferai un rectificatif. » À la question du juge de savoir s’il maintenait toujours ses propos, il a répondu clairement : « Non, car d’autres informations les contredisent aujourd’hui. »

Interrogé par son avocat Me El Hadji Diouf, le journaliste a expliqué l’origine de ses informations : « Je suis dans la chambre 48 de la prison de Rebeuss. C’est là que Cheikh Guèye a été de passage. Ses codétenus m’ont dit qu’il leur avait affirmé avoir gagné le marché en question. » Cette révélation a semblé raviver les tensions entre la défense et la présidence du tribunal.

Lorsque Me El Hadji Diouf a voulu poursuivre son interrogatoire, un échange houleux s’est engagé avec le président de séance. L’incident a forcé le juge à suspendre l’audience. Dans un premier temps, le procès a été renvoyé au 16 juillet 2025. Cependant, après concertation et apaisement des tensions, la séance a repris dans la même journée.

Les avocats de la défense, notamment Mes El Hadji Amadou Sall, Moustapha Dieng, Aboubacry Barro et Pape Sène, ont dénoncé ce renvoi comme une atteinte flagrante aux droits de la défense. Ils ont estimé que rien ne justifiait un tel report et ont exigé la poursuite immédiate du procès.

L’affaire Bachir Fofana intervient dans un contexte de forte crispation entre certains médias et les institutions. Journaliste connu pour ses prises de position tranchées, Fofana cristallise un débat national sur la liberté d’expression, la responsabilité des journalistes, et la transparence des marchés publics.

Affaire Talla Keïta à Rosso Sénégal : l’autopsie écarte la piste de violences, deux policiers suspendus

L’affaire Talla Keïta, du nom de ce jeune homme de 18 ans décédé dans des circonstances initialement troubles à Rosso Sénégal, connaît un premier tournant décisif. Les résultats préliminaires de l’autopsie, réalisés à l’hôpital général Idrissa Pouye (ex-CTO), viennent éclairer les causes de sa mort, tout en suscitant de nouvelles interrogations sur la gestion de l’affaire par les autorités.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’examen médico-légal n’a révélé aucune trace de violence physique susceptible d’avoir causé la mort du jeune Talla Keïta. Les médecins légistes concluent à un décès dû à une tumeur du foie décompensée en hypertension portale, une affection interne grave, souvent silencieuse, qui peut se manifester brutalement sans signes précurseurs évidents.

Cette conclusion éloigne donc, pour le moment, l’hypothèse d’un décès causé par des violences policières ou une interpellation brutale, comme certains témoignages ou soupçons initiaux pouvaient le laisser entendre.

Malgré cette conclusion médicale, les deux agents de police en service lors des faits ont été immédiatement suspendus. Dans un communiqué transmis à la presse, la Division de la communication et des relations publiques de la Police nationale a précisé que cette mesure s’appuie sur l’article 22 de la loi n°2009-18 du 9 mars 2009 relative au statut du personnel de la Police nationale.

Cet article autorise la suspension d’un agent en cas de faute grave présumée, à titre conservatoire, en attendant les résultats des enquêtes administrative et judiciaire en cours. Ainsi, les deux policiers concernés seront prochainement traduits devant un conseil d’enquête, conformément aux procédures disciplinaires internes.

Si les résultats de l’autopsie viennent dissiper certains doutes sur les causes directes du décès, l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles Talla Keïta a été interpellé ou pris en charge par les forces de l’ordre, et si des manquements professionnels ou éthiques ont pu être commis.

Rejet du rabat d’arrêt de Sonko : le professeur Mounirou Sy tranche le débat juridique

Malgré le rejet de la Cour suprême, l’universitaire estime qu’Ousmane Sonko reste pleinement éligible grâce à la loi d’amnistie de 2024.

Le rejet du recours en rabat d’arrêt introduit par les avocats d’Ousmane Sonko, ce mardi 1er juillet 2025, continue de susciter des remous dans les milieux politiques et juridiques. Si certains y voient une entrave à la trajectoire politique du leader de Pastef, le professeur Mounirou Sy, maître de conférences à l’Université Iba Der Thiam de Thiès et président de l’Alliance pour une Dynamique Nouvelle (ADN), offre une lecture radicalement différente. Dans une contribution transmise à la presse, l’universitaire affirme sans ambages : « Monsieur Ousmane Sonko est et demeure éligible nonobstant le rejet du rabat d’arrêt. »

Pour éclairer l’opinion, le professeur Sy retrace le cheminement judiciaire du dossier. « En première instance, M. Ousmane Sonko avait été condamné à deux mois avec sursis et à 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Mame Mbaye Niang », rappelle-t-il. Ce dernier ayant fait appel, la Cour d’appel alourdit la peine à six mois avec sursis, maintient les 200 millions et ajoute une contrainte par corps.

La défense du leader de Pastef s’est alors pourvue en cassation devant la Cour suprême. Celle-ci a confirmé l’arrêt d’appel, tout en annulant la contrainte par corps, qualifiant au passage la diffamation d’« infraction politique » — un point décisif selon le professeur Sy.

Cette qualification de l’infraction comme étant politique change, pour l’universitaire, toute la grille d’analyse. En effet, la loi d’amnistie de 2024 a effacé toutes les infractions politiques commises entre 2021 et 2024. De ce fait, explique-t-il, « l’action publique était de facto éteinte », rendant toute idée d’inéligibilité juridiquement infondée. Il rappelle d’ailleurs que cette situation avait déjà permis à Ousmane Sonko de se présenter aux élections législatives de 2022.

Dès lors, pour le professeur Sy, la question du rabat d’arrêt n’avait que peu d’enjeu politique ou électoral. « On pouvait se demander quel était l’objectif visé, puisque les droits politiques de l’intéressé étaient déjà rétablis », interroge-t-il. Sa réponse est claire : « Le but principal était sans doute l’annulation des dommages et intérêts ».

En effet, si l’amnistie éteint les poursuites pénales, elle ne touche pas aux droits des tiers. « La loi est explicite : elle ne peut porter atteinte aux droits civils. Ainsi, l’obligation de verser les 200 millions à Mame Mbaye Niang demeure », précise le professeur Sy. Selon lui, c’est là que résidait l’intérêt stratégique du rabat d’arrêt, davantage que dans une quelconque ambition de réhabilitation électorale.

Au-delà de la lecture juridique, le professeur Mounirou Sy en appelle à la maturité de la classe politique. « On combat un adversaire politique sur le terrain politique et non dans le champ judiciaire », martèle-t-il. Il invite aussi à un respect strict des institutions républicaines : « Tout acteur politique, qu’il soit au pouvoir ou à l’opposition, doit honorer les membres de la Cour suprême, de la Cour des Comptes et du Conseil constitutionnel. »

Pour le professeur Sy, la situation est limpide : Ousmane Sonko est réintégré dans le fichier électoral et reste éligible sans l’ombre d’un doute. La temporalité des faits et leur nature politique les font entrer dans le périmètre de la loi d’amnistie, ce qui efface toute barrière juridique à sa participation aux futures joutes électorales. Si la page judiciaire semble tourner, reste désormais à savoir comment les acteurs politiques choisiront d’écrire la suite — sur le terrain des urnes plutôt que celui des tribunaux.

Cour suprême : la requête en rabat d’arrêt de Sonko rejetée, ses avocats dénoncent une justice « biaisée »

Les chambres réunies de la Cour suprême ont rendu, ce mardi, une décision très attendue dans l’affaire opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. La haute juridiction a rejeté la requête en rabat d’arrêt introduite par le leader du parti Pastef, confirmant ainsi les décisions rendues en première instance et en appel.

Pour les conseils de Sonko, cette décision marque une nouvelle dérive du système judiciaire sénégalais. Visiblement courroucé, Me Ousmane Oussynou Fall a dénoncé une justice à deux vitesses et mis en cause le président de la Cour suprême, Souleymane Kane.

« Si nous venons ici, devant la Cour suprême, alors que tout le monde connaît les péripéties qu’on a traversées durant cette procédure… et qu’on vient ici pour conforter la décision de ces juges, cela ne me surprend nullement de ce premier président de la Cour suprême », a-t-il martelé devant la presse.

L’avocat estime que la requête en rabat était légitime et fondée en droit, soulignant que le rejet de celle-ci est « politiquement motivé » et entérine les « violations » précédentes.

À l’inverse, le camp de Mame Mbaye Niang savoure ce qu’il qualifie de triomphe judiciaire total. Me Elhadj Diouf, un des avocats de l’ex-ministre, n’a pas caché sa satisfaction.

« Mame Mbaye Niang a gagné et a tout gagné. Il a toujours gagné. Nous nous réjouissons de notre Justice qui a fait preuve de courage, d’indépendance et de lucidité pour le Sénégal », a-t-il déclaré avec emphase.

La Cour suprême a en effet non seulement déclaré la requête irrecevable, mais elle a également condamné Ousmane Sonko aux dépens, renforçant ainsi la position de la partie civile.

Ce rejet constitue un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire opposant Sonko à Mame Mbaye Niang, dans le cadre d’une affaire de diffamation liée au projet PRODAC. La décision, qui intervient dans un contexte politique toujours sous tension, risque de raviver les critiques sur l’impartialité du système judiciaire.

Pour les partisans de Sonko, cette issue conforte leur thèse d’un « harcèlement judiciaire », tandis que ses adversaires y voient la preuve d’un État de droit fonctionnel.

Cambérène sous tension : entre révolte populaire et flambée de l’insécurité

Ce quartier populaire de la banlieue dakaroise vit des heures sombres. Alors que les tensions entre les jeunes manifestants et les forces de l’ordre persistent, une autre menace, plus sournoise, s’infiltre dans le quotidien des habitants : une montée inquiétante de la criminalité.

Dans les ruelles de Cambérène, la colère des jeunes, alimentée par des frustrations sociales et politiques, se manifeste régulièrement à travers des rassemblements, parfois heurtés, face aux forces de l’ordre. Mais derrière cette agitation visible, un climat de peur se développe, nourri par des actes d’agression de plus en plus fréquents.

Selon plusieurs témoignages, des individus mal intentionnés profitent du tumulte ambiant pour commettre des actes de violence ciblés, notamment contre les motocyclistes. Ces derniers, souvent pris pour cibles sur les axes secondaires, rapportent des attaques brutales : interceptions à moto, vols sous la menace d’armes blanches, passages à tabac, et dans certains cas, dépossessions totales de leurs engins.

« C’est devenu dangereux de circuler seul, même en plein jour. On ne sait plus si on risque d’être gazé, agressé ou interpellé », confie Mamadou, un conducteur de moto-taxi habituel de la zone. Comme lui, nombreux sont ceux qui redoutent désormais de se déplacer librement, piégés entre les échauffourées sporadiques et l’insécurité grandissante.

Face à cette situation alarmante, la police de l’unité 15 des Parcelles Assainies a renforcé sa présence sur le terrain. Des patrouilles régulières sont observées dans plusieurs zones sensibles du quartier. Cependant, leur présence ne semble pas totalement apaiser les esprits. Les jeunes, toujours mobilisés, continuent de faire entendre leur mécontentement, parfois dans une confrontation directe avec les forces de l’ordre.

« Nous ne sommes pas des bandits, mais des citoyens frustrés. Que la police arrête de nous mettre dans le même sac que les agresseurs », s’indigne un manifestant, capuché et visiblement agacé par l’amalgame croissant entre rébellion politique et criminalité ordinaire.

Les habitants, quant à eux, se sentent pris en étau. Entre le feu des revendications sociales et la menace tangible de la délinquance, leur quotidien devient de plus en plus oppressant. Commerces fermés plus tôt, circulation réduite, repli sur soi… Cambérène est aujourd’hui un quartier sous pression.

Déclaration d’Ousmane Sonko : Thierno Alassane Sall contre-attaque avec virulence

Au lendemain de la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko sur ses plateformes digitales, les réactions se multiplient. Dans son adresse, le chef du gouvernement est longuement revenu sur l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à Mame Mbaye Niang, ancien ministre sous le régime de Macky Sall. Un dossier désormais symbolique du bras de fer entre l’ancien opposant et les institutions judiciaires du pays. Mais M. Sonko ne s’est pas arrêté là : il a élargi son propos à des considérations plus générales sur la situation du pays, évoquant notamment des lenteurs administratives, des blocages dans la justice, et des freins à la mise en œuvre de sa politique.

Cette sortie n’a pas tardé à faire réagir l’opposition. Fidèle à son franc-parler, le député Thierno Alassane Sall (TAS) a critiqué sans ménagement le Premier ministre. « Ousmane Sonko, ou la recherche permanente d’un bouc émissaire », a-t-il déclaré dans un message posté dans la foulée de l’intervention du chef du gouvernement. Selon lui, M. Sonko serait un homme « angoissé par son incapacité à redresser l’économie du pays, désorienté face aux questions sociales lancinantes, meurtri par son propre dossier judiciaire ».

TAS va plus loin en dressant le portrait d’un dirigeant isolé : « À l’entendre, tout le monde serait ligué contre lui : la justice, l’opposition, le Président de la République qui manquerait de poigne, son administration qu’il juge “incompétente”. Le voilà presque à crier au complot, comme en mars 2021, et à réclamer qu’on lui accorde un pouvoir qu’il contrôle pourtant déjà pleinement. »

Pape Alé Niang s’aligne sur Ousmane Sonko : « Le principal problème du Sénégal, c’est sa justice »

Dakar, le 2 juillet 2025 – Le journaliste d’investigation Pape Alé Niang est une fois de plus monté au créneau, cette fois pour soutenir ouvertement les propos tenus récemment par Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, il dénonce avec vigueur le fonctionnement de la justice sénégalaise, qu’il accuse d’être au cœur des crises politiques du pays.

« Le principal problème du Sénégal, c’est sa justice », déclare Niang, reprenant les mots de Sonko. Pour le journaliste, le système judiciaire sénégalais souffre d’un mal profond : sa dépendance présumée vis-à-vis du pouvoir exécutif. Il va jusqu’à accuser certains magistrats de « servilité », les tenant pour responsables de nombreuses injustices :

« Combien d’innocents ont été jetés en prison par des magistrats serviles, toujours prêts à exécuter les basses besognes ? », s’interroge-t-il avec amertume.

Cette sortie virulente intervient dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice est relancé, notamment après les multiples arrestations d’opposants et d’activistes ces dernières années.

Malgré ses critiques, Pape Alé Niang accorde un mérite au Conseil constitutionnel pour avoir « su préserver le processus électoral de 2024 dans une période trouble ». Cette déclaration fait référence à la crise préélectorale qui avait fait craindre un report de l’élection présidentielle. Pour Niang, cette institution a joué un rôle stabilisateur, contrastant avec d’autres organes judiciaires dont il dénonce la partialité.

Selon le journaliste, les crises politiques à répétition qui ont secoué le Sénégal auraient pu être évitées si la justice avait joué pleinement son rôle de rempart républicain :

« Les citoyens perdent confiance quand la justice n’est plus perçue comme un arbitre impartial mais comme un instrument aux mains de l’exécutif », souligne-t-il.

Pape Alé Niang a conclu son message en promettant de revenir prochainement sur cette question de manière « plus détaillée ». Une annonce qui laisse présager de nouvelles révélations ou analyses, dans un pays où le débat sur la réforme du système judiciaire reste plus que jamais d’actualité.

Kaolack : Atelier de sensibilisation sur le FSRP – Un souffle d’espoir pour la résilience alimentaire en Afrique de l’Ouest

Dans un contexte marqué par l’insécurité alimentaire croissante en Afrique de l’Ouest, la région de Kaolack a accueilli ce mardi un atelier de sensibilisation et de partage autour du West Africa Food System Resilience Program (FSRP), ou Programme de Résilience du Système Alimentaire. L’événement, tenu dans le cadre d’un Comité régional de développement (CRD), a réuni autorités administratives et territoriales, ainsi que de nombreux acteurs du secteur agricole et de l’élevage.

Le continent ouest-africain fait face à des défis récurrents : sécheresses prolongées, inondations destructrices, conflits locaux et crises sanitaires, autant de chocs qui menacent gravement les systèmes alimentaires. Pour y remédier, le FSRP, un programme ambitieux soutenu par la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA), propose une approche régionale et intégrée de résilience.

Présent à Kaolack, le Dr Mouhamadou Lamine Dia, coordonnateur du programme FSRP, a détaillé les objectifs du projet et les mécanismes de financement mis en place :

« Nous sommes ici pour sensibiliser les parties prenantes sur les modalités de mise en œuvre du FSRP, notamment à travers les financements à coûts partagés. C’est un programme d’envergure doté de 230 millions de dollars, visant à renforcer la résilience des filières agricoles et pastorales dans les régions ciblées », a-t-il expliqué.

Le FSRP se décline en trois fenêtres de financement, en fonction de l’envergure des projets :

1ère fenêtre : pour 1 579 bénéficiaires, avec des financements de 3 à 5 millions FCFA, assortis d’une subvention de 70 % ; 2ème fenêtre : pour 701 bénéficiaires, avec des montants de 6 à 28,5 millions FCFA, subventionnés à hauteur de 50 % ; 3ème fenêtre : pour 15 projets de grande envergure, avec un financement de 28,5 à 285 millions FCFA, dont 30 % seront subventionnés.

Pour garantir l’efficacité et la durabilité des investissements, le FSRP fixe des critères de sélection précis. Les porteurs de projets individuels doivent justifier d’au moins une année d’expérience, tandis que les groupements doivent afficher un minimum de deux années d’existence active. Les filières ciblées incluent à la fois les productions de saison sèche (riz, mil, sorgho, maïs, fonio) et les cultures horticoles comme la banane, la pomme de terre et l’oignon.

Le programme accorde également une attention particulière aux filières d’élevage, notamment le lait, la viande de volaille, ainsi que les espèces ovines, bovines, caprines et porcines.

Cet atelier à Kaolack marque une étape clé dans la mise en œuvre décentralisée du FSRP. Il permet de mobiliser les parties prenantes autour d’une initiative qui pourrait transformer durablement l’agriculture et l’élevage dans la région. Pour les bénéficiaires potentiels, il s’agit d’une opportunité stratégique d’accroître leur productivité, d’améliorer leur résilience face aux chocs climatiques et d’accéder à des financements adaptés à leurs besoins.

Pa Assane Seck alerte sur les tensions entre le pouvoir et la presse : « Ce bras de fer ne peut perdurer »

Le journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pa Assane Seck, a vivement critiqué la détérioration des relations entre la presse sénégalaise et le nouveau régime, lors d’un entretien accordé à Actusen.sn, repris par Source A. Face à un climat qu’il juge délétère, il appelle les autorités à renouer avec les médias et à renforcer la communication institutionnelle.

Selon Pa Assane Seck, l’administration du président Bassirou Diomaye Faye donne le sentiment d’entretenir une relation de méfiance avec les journalistes. « Ce bras de fer ne peut perdurer », avertit-il, soulignant que la presse reste un vecteur essentiel de diffusion des actions gouvernementales. Il invite ainsi les autorités à « revenir à de meilleurs sentiments » pour construire un partenariat apaisé avec les acteurs du secteur.

Le journaliste pointe particulièrement le manque de visibilité autour des initiatives gouvernementales. Il cite en exemple le récent déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko en Chine, largement relayé à l’international, mais passé sous silence dans les médias sénégalais. « On ne peut pas se contenter de communiquer uniquement sur les réseaux sociaux. L’État doit miser sur les canaux officiels et institutionnels », a-t-il plaidé.

Dans cette optique, Pa Assane Seck interpelle directement le ministre de la Communication, qu’il appelle à plus d’engagement pour rétablir un dialogue constructif avec les organes de presse.

Abordant le cas du journaliste Bachir Fofana, incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles, Seck estime que la voie judiciaire n’était pas la meilleure option. « Si j’étais à la place de El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, je n’aurais pas saisi la justice. Un simple démenti aurait suffi », a-t-il déclaré, en référence à l’affaire qui doit être jugée ce mercredi.

Enfin, le journaliste de la RTS a mis en lumière les difficultés économiques que traverse le secteur. Le blocage des fonds d’appui à la presse et l’absence de réponse des autorités face aux multiples alertes des professionnels inquiètent. « La presse a exposé ses difficultés, mais c’est comme si son cri de détresse était tombé dans l’oreille d’un sourd », regrette-t-il.

Kaolack / Éducation : La tournée traditionnelle de visite des centres d’examen du baccalauréat

Comme chaque année, à l’occasion du baccalauréat, les autorités éducatives ont effectué leur tournée traditionnelle de visite des centres d’examen. Ce moment, à la fois symbolique et stratégique, vise à s’enquérir du bon déroulement des épreuves et à encourager les candidats.

« Nous venons de boucler la tournée traditionnelle des centres d’examen du baccalauréat, session 2025. Nous avons visité quatre centres : Pie XI, le lycée Valdiodio Ndiaye, le lycée mixte de Ngane Saër et le lycée de Koutal. De manière générale, nous sommes satisfaits du déroulement des épreuves. Aucun incident n’a été signalé dans l’ensemble des centres visités », a souligné Mamadou Habib Camara, adjoint au gouverneur chargé du développement.

Pour sa part, l’inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a salué le bon démarrage des épreuves :

« Comme l’a rappelé M. le gouverneur, aucun incident n’a été signalé, bien que quelques absences aient été enregistrées du côté des candidats. Il faut rappeler que l’inspection d’académie de Kaolack compte 39 centres, dont 29 principaux et 10 secondaires. Concernant les effectifs, nous avons 10 554 candidats pour les séries littéraires, 1 456 pour les séries scientifiques, soit un total de 12 010 candidats. En parallèle, 1 620 surveillants ont été mobilisés. »

La visite poursuit plusieurs objectifs :

S’assurer des conditions matérielles : disponibilité des salles, sécurité, distribution des sujets, respect des horaires et présence effective des surveillants. Rassurer les candidats : la présence des autorités constitue un soutien moral important, surtout face au stress que représente cet examen. Motiver les acteurs éducatifs : enseignants, surveillants et chefs de centre sont encouragés à maintenir la discipline et la transparence.

S’agissant du lycée sénégalo-gambien de Banjul, l’inspecteur Diakhaté a précisé :

« L’ambiance est studieuse et sereine. Les candidats, issus de différentes séries, ont pris place dans les salles dès les premières heures de la matinée. Sous la supervision vigilante des surveillants et examinateurs, les épreuves se déroulent dans le calme et dans le strict respect des règles. »

Nguélou illuminé : Idrissa Gana Gueye et l’association For Hope électrifient 13 villages grâce à l’énergie solaire

L’association For Hope, en partenariat avec Vivo Energy Sénégal et sous l’impulsion de son ambassadeur, le footballeur international Idrissa Gana Gueye, a procédé ce dimanche à l’inauguration de la troisième phase de son ambitieux projet d’électrification rurale par énergie solaire.

La cérémonie s’est tenue dans la communauté rurale de Nguélou, située dans le département de Guinguinéo (région de Kaolack), où la population a chaleureusement accueilli cette initiative porteuse d’espoir et de transformation.

L’objectif du projet est clair : fournir une électricité fiable, durable et abordable aux communautés rurales, trop souvent laissées en marge du développement énergétique. Grâce à cette troisième phase, 13 villages et plus de 400 foyers bénéficient désormais d’un accès à l’électricité solaire.

Les visiteurs ont pu découvrir les nouvelles installations photovoltaïques, déployées dans les foyers, les écoles, les postes de santé, ainsi que dans une maison communautaire dédiée à l’autonomisation des femmes. Ces infrastructures représentent un pas concret vers une meilleure qualité de vie pour des milliers de personnes.

La journée s’est clôturée dans une ambiance festive, avec un match de gala opposant l’équipe For Hope à une équipe locale. Moment fort de la rencontre : l’ouverture du score par Idrissa Gana Gueye lui-même, auteur d’une superbe frappe. For Hope l’emportera finalement par 2 buts à 0, scellant une journée de partage, d’émotion et de fraternité.

Avec 122 sélections en équipe nationale, Idrissa Gana Gueye n’est pas seulement une légende sur les terrains : il s’impose aussi comme un acteur engagé du développement social, plaçant son influence au service de causes nobles. Son implication au sein de For Hope incarne une vision solidaire du sport et une volonté sincère d’apporter la lumière là où elle manque.

« Une lumière qui donne de l’espoir », tel pourrait être le slogan de cette belle initiative citoyenne, qui allie innovation, solidarité et impact durable.

Sénégal – Médias : Les Assises nationales livrent leurs conclusions pour refonder le secteur

Le comité scientifique des Assises nationales des Médias a rendu publiques ce mardi les principales conclusions issues de plusieurs mois de concertation autour de l’avenir du paysage médiatique sénégalais. Présentant les recommandations, Mactar Silla, président dudit comité et ancien directeur général de la RTS, a appelé à une réforme en profondeur du secteur pour le rendre plus performant, sécurisé et économiquement viable.

Premier chantier évoqué : la refonte du cadre juridique et institutionnel régissant les médias. Mactar Silla a pointé du doigt l’obsolescence de l’actuelle autorité de régulation, estimant qu’elle n’est plus en phase avec les exigences du moment. Il propose la mise en place d’un organe moderne, plus autonome et mieux outillé, capable de superviser tous les types de médias – traditionnels comme numériques – ainsi que la publicité.

« Il est temps de doter le Sénégal d’un dispositif institutionnel robuste, adapté aux réalités actuelles du secteur », a-t-il affirmé, en plaidant également pour un arsenal juridique renforcé, intégrant la sécurité des journalistes et des techniciens dans un contexte national et international de plus en plus volatile.

Le rapport insiste également sur la nécessité de revoir les contenus proposés par les médias. Pour Mactar Silla, il s’agit de produire « des contenus qui reflètent nos réalités culturelles et sociales, tout en s’alignant sur les mutations liées au numérique ». Cela implique, selon lui, une formation continue du personnel, un renforcement des capacités dans toutes les branches du secteur et une professionnalisation accrue des pratiques.

« Le contenu, c’est le cœur du métier. Sans contenu pertinent, on ne peut espérer regagner la confiance du public », a souligné le doyen des médias.

La dimension économique a été au centre des préoccupations des Assises. La précarité financière de nombreuses structures médiatiques est considérée comme un frein majeur à l’indépendance et à la qualité du journalisme. Pour y remédier, le comité propose de nouveaux modèles économiques fondés sur la diversification des sources de revenus, l’innovation technologique, et l’exploration de partenariats inspirés des meilleures pratiques internationales.

« L’indépendance éditoriale ne peut être garantie que si les médias sont économiquement solides », a soutenu Mactar Silla. Il appelle l’État à jouer un rôle d’accompagnement sans interférer dans les lignes éditoriales : « Cela ne signifie pas être la voix de son maître. Si des faits avérés méritent d’être dénoncés, cela doit se faire avec éthique et respect de la déontologie journalistique. »

Concluant son intervention, Mactar Silla a exhorté les autorités à traduire ces recommandations en politiques publiques ambitieuses et courageuses. « Il en va de la crédibilité du Sénégal démocratique et de la capacité des médias à jouer pleinement leur rôle dans le développement du pays. »

Dette publique : Dakar réagit aux turbulences sur les marchés et lance un audit indépendant

Face à la baisse des obligations sénégalaises sur les marchés internationaux, le gouvernement opte pour la transparence en annonçant un audit complet de la dette publique entre 2019 et 2024.

Le ministère sénégalais des Finances et du Budget a réagi aux récentes baisses des obligations souveraines du pays libellées en dollars, constatées sur les marchés internationaux. Dans un communiqué consulté par L’Observateur, les autorités attribuent cette volatilité en grande partie à la publication d’un rapport émis par un analyste d’une banque internationale, évoquant des irrégularités dans la gestion de la dette publique.

En réponse aux critiques formulées par la Cour des comptes dans son rapport de février 2025 — rapport fondé sur un échantillon limité de prêteurs —, le gouvernement sénégalais a décidé de confier à un cabinet international indépendant une revue exhaustive de l’ensemble de la dette publique contractée entre 2019 et 2024. Cette initiative, qui concernera tous les bailleurs de fonds, a pour objectif de renforcer la crédibilité du pays et de répondre à toute interrogation liée à la soutenabilité de sa dette.

« Cette décision traduit notre volonté ferme de transparence et de responsabilité budgétaire », a insisté le ministère.

Selon les chiffres communiqués par les services compétents, la dette de l’administration centrale est estimée à 20 738 milliards de FCFA à fin 2023, contre 23 563 milliards projetés à fin 2024, soit une hausse d’environ 13,6 % en un an. Cette évolution est suivie de près dans un contexte où les investisseurs internationaux se montrent de plus en plus attentifs à la gestion macroéconomique des pays émergents.

Le ministère a par ailleurs tenu à rassurer les partenaires techniques et financiers, précisant que les échanges techniques avec le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent activement. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre du processus de clarification relatif à une situation de misreporting (erreurs ou omissions dans les données transmises), identifiée récemment.

Sénégal – Marché du travail au 1er trimestre 2025 : Moins d’actifs, mais plus d’emplois

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) vient de publier les résultats de l’Enquête nationale sur l’Emploi au Sénégal (ENES) pour le premier trimestre 2025. Ce rapport met en lumière des dynamiques contrastées du marché du travail, marquées par un recul de l’activité globale, une légère hausse de l’emploi, et des disparités persistantes entre sexes, âges et milieux de résidence.

Selon les données de l’ANSD, 56,0 % des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus) ont participé au marché du travail au premier trimestre 2025. Ce taux d’activité, en baisse de 2,5 points de pourcentage par rapport à la même période en 2024, reste plus élevé chez les adultes (68,6 %) que chez les jeunes (47,7 %).

Les disparités de genre sont également notables : les hommes sont plus nombreux à participer au marché du travail que les femmes, aussi bien en milieu urbain (65,5 % contre 48,7 %) qu’en milieu rural (62,8 % contre 47,1 %). Globalement, le niveau de participation est légèrement plus élevé dans les zones urbaines (57,0 %) que dans les zones rurales (54,4 %).

Malgré cette baisse du taux d’activité, le taux d’emploi a enregistré une légère progression, passant de 40,0 % au premier trimestre 2024 à 40,4 % en 2025. Cette amélioration est principalement observée en milieu urbain, où le taux atteint 45,6 %, contre seulement 32,5 % en zone rurale.

Les adultes présentent un taux d’emploi nettement plus élevé (56,0 %) que les jeunes (30,4 %), confirmant leur rôle dominant sur le marché de l’emploi. Les hommes, eux, continuent de bénéficier d’une meilleure insertion professionnelle que les femmes, quel que soit le groupe d’âge.

La part de l’emploi salarié dans le total des emplois a légèrement augmenté, s’établissant à 41,6 % contre 40,7 % un an plus tôt. Toutefois, cette progression masque d’importants déséquilibres.

Les hommes sont beaucoup plus représentés dans l’emploi salarié (47,8 %) que les femmes (30,3 %). En zone urbaine, cet écart se creuse davantage (54,6 % pour les hommes contre 36,3 % pour les femmes), tandis qu’en zone rurale, il atteint 34,8 % pour les hommes contre seulement 15,2 % pour les femmes. Chez les jeunes, la proportion d’emplois salariés est paradoxalement plus élevée (55,1 %) que chez les adultes (30,3 %), suggérant un recours accru au salariat chez les nouveaux entrants sur le marché.

L’analyse de la structure de la population occupée révèle que les travailleurs pour compte propre restent majoritaires, représentant 51,7 % des actifs occupés, loin devant les salariés (38,4 %) et les aides familiaux (7,5 %).

Cette répartition varie fortement selon le sexe : 61,6 % des femmes travaillent à leur propre compte, contre 46,1 % des hommes. À l’inverse, les hommes sont davantage représentés parmi les salariés (44,8 % contre 27,3 % pour les femmes). Les femmes sont également plus nombreuses à exercer en tant qu’aides familiales (10,1 % contre 6,1 % chez les hommes).

En termes de secteurs d’activité, le tertiaire domine largement avec 57,2 % des emplois, notamment grâce aux activités de commerce et de réparation (43,9 % du secteur). Il est suivi du secondaire (22,0 %) et du primaire (20,8 %), illustrant la poursuite de la tertiarisation de l’économie sénégalaise.

Le taux de chômage élargi a connu une baisse notable, passant de 23,2 % au premier trimestre 2024 à 21,7 % un an plus tard. En revanche, le taux de chômage selon la définition stricte du Bureau international du travail (BIT) s’établit à 4,9 %.

Malgré cette amélioration, les jeunes restent fortement touchés, avec un taux de chômage élargi de 27,0 %, contre 16,0 % chez les adultes. Les femmes sont également plus affectées par le chômage, quelle que soit la tranche d’âge, selon les observations du journal Libération.

Disparition de deux jeunes à Cambérène : tensions, rumeurs et enquête en cours

Le quartier de Cambérène, dans la banlieue dakaroise, est sous tension depuis la disparition mystérieuse de deux jeunes hommes, sur fond d’incident impliquant un agent de police. L’affaire, qui suscite une vive émotion dans la population, a provoqué ce lundi en fin de journée des troubles à l’ordre public, marquant une escalade préoccupante.

Tout commence dans la nuit du dimanche 22 juin, lorsque qu’un agent de police, en service à la 7e compagnie, se rend au commissariat de l’Unité 15 des Parcelles Assainies. Il y déclare avoir été agressé alors qu’il tentait d’intervenir pour stopper une rixe sur la plage de Cambérène. D’après ses déclarations, l’un des assaillants lui aurait asséné un coup de couteau dans le dos, après lui avoir projeté du gaz lacrymogène au visage. L’agent blessé a été évacué d’urgence à l’hôpital Principal par son propre père, qui se trouvait sur les lieux. Le certificat médical fait état d’une incapacité temporaire de travail (ITT) de 15 jours. Une plainte a été déposée contre X.

Dans la foulée, une patrouille est envoyée sur les lieux pour appréhender les agresseurs présumés. À l’arrivée des policiers, deux individus prennent la fuite en direction de la mer et, selon les témoignages recueillis, s’y seraient jetés. Malgré l’intervention des secours et l’aide de riverains, les recherches ont été suspendues vers 2 heures du matin, sans résultat.

Le 26 juin, une femme signale la disparition de son fils, porté disparu depuis le 21 juin. Après la présentation d’une photo, l’agent agressé aurait reconnu une certaine ressemblance entre le disparu et l’un de ses agresseurs, sans pouvoir toutefois confirmer son identité en raison de l’obscurité au moment de l’agression.

La situation prend une tournure explosive ce lundi 30 juin, vers 18 heures, lorsque des jeunes manifestants érigent des barricades et incendient des pneus sur la VDN 3, au niveau de la passerelle de Cambérène. Les protestations, liées à la disparition des deux jeunes, ont gravement perturbé la circulation et nécessité une intervention musclée des forces de l’ordre.

Des rumeurs sur la découverte des corps des deux disparus ont circulé dans la soirée. Cependant, les hôpitaux Principal et Dalal Jamm ont démenti avoir reçu des victimes de noyade ces derniers jours. En revanche, deux corps ont été retrouvés sur la plage de la BCEAO, et des sources indiquent qu’ils seraient originaires de Cambérène, sans qu’un lien formel avec les jeunes disparus ne soit encore établi.

Face à la colère montante et aux spéculations, la Police nationale a ouvert une enquête. Elle affirme rester pleinement mobilisée pour faire toute la lumière sur cette affaire sensible, qui cristallise les tensions dans ce quartier déjà éprouvé par un sentiment de marginalisation.

Le gouvernement lance une offensive pour sauver les sociétés publiques en difficulté

Le gouvernement sénégalais entend redonner un second souffle aux sociétés publiques et parapubliques en proie à des difficultés financières. Parmi les entités ciblées figurent notamment La Poste, Air Sénégal, la Sonacos, la Société nationale de recouvrement (SNR) et Dakar Dem Dikk (DDD), toutes confrontées à des défis structurels majeurs.

Lors du débat d’orientation budgétaire tenu samedi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a annoncé la mise en œuvre de deux mesures clés destinées à assurer la relance de ces structures stratégiques. Il s’agit, d’une part, de la création d’un fonds de relance et, d’autre part, de l’installation d’un comité interministériel de restructuration.

Selon les précisions rapportées par Le Soleil, le fonds de relance aura pour vocation de financer les opérations de recapitalisation, les plans de redressement, les restructurations, ainsi que de couvrir les besoins en fonds de roulement des entreprises ciblées. Cet instrument financier vise à redonner de la solvabilité aux structures étatiques en difficulté, dont certaines peinent à honorer leurs engagements les plus élémentaires.

En parallèle, un comité de pilotage sera mis en place sous la tutelle directe de la Primature. Sa mission : accompagner chaque entreprise dans l’élaboration de son plan de redressement, en facilitant l’identification de solutions financières et juridiques adaptées. Il s’agira également d’assurer une coordination efficace entre les ministères concernés et d’encadrer les processus de transformation à mettre en œuvre.

Cette double initiative traduit la volonté du gouvernement de préserver l’emploi, assainir la gestion des sociétés publiques, et réduire leur dépendance vis-à-vis du Trésor public. Ces mesures interviennent dans un contexte économique tendu, où la rationalisation des dépenses publiques et l’efficacité des services sont devenues des impératifs.

Centre Rokku Mi Rokka / Mboro : Valérie Dione, fondatrice de MARIE GRÂCE, remet un important lot de dons aux enfants

Valérie Dione, fondatrice de MARIE GRÂCE (Groupe d’Action pour une Citoyenneté et un Entrepreneuriat Solidaires), a effectué une visite solidaire au Centre d’Accueil Rokku Mi Rokka à Mboro. À cette occasion, elle a remis un important lot de dons composé de matériel scolaire, de denrées alimentaires et de produits d’hygiène, destiné aux enfants en situation de handicap pris en charge par le centre.

La coordinatrice du centre, Mme Khardiata Ka, s’est réjouie de ce geste, qu’elle a qualifié de providentiel :

“Ce don arrive à point nommé. Les enfants du centre, qui vivent tous avec un handicap, sont trop souvent oubliés par une partie de la population. Ce geste nous rappelle que la solidarité existe encore.”

Un engagement citoyen et solidaire

Dans son allocution, Mme Dione a expliqué la mission de MARIE GRÂCE, qui regroupe des personnes de bonne volonté et des acteurs citoyens engagés en faveur d’une citoyenneté active, responsable et solidaire :

“Notre vision est simple : être solidaires, agir en citoyens. Ce moment, bien que symbolique, porte un message fort : celui du partage, de l’empathie et de l’engagement envers les plus vulnérables. Le don que nous apportons aujourd’hui n’est pas qu’un ensemble d’objets ; c’est l’expression d’un lien humain, d’une main tendue, d’un regard bienveillant posé sur chaque enfant ici présent.”

Elle a également annoncé que ce geste ne marque qu’un début, et que MARIE GRÂCE compte poursuivre son accompagnement du centre dans sa mission essentielle.

Un centre dédié à l’accompagnement spécifique des enfants en situation de handicap

Depuis sa création, le Centre Rokku Mi Rokka accueille chaque année plus de 40 enfants vivant avec divers types de handicaps, notamment :

Handicap physique, Infirmité motrice cérébrale (IMC), Autisme, Trisomie 21, Troubles mentaux ou du langage.

L’accompagnement est personnalisé, organisé autour de quatre salles pédagogiques adaptées :

Salle Yaakar : 9 enfants atteints de différents handicaps, Salle des Poussins : 7 enfants avec trisomie ou handicaps moteurs, Salle des Papillons : 9 enfants souffrant d’autisme ou de déficiences mentales, Salle Diambars (et Passerelle) : 7 enfants présentant des troubles du comportement, du langage ou une IMC.

Des paroles fortes et émouvantes

Dans un discours touchant, Mme Ka a exprimé sa gratitude :

“Le geste de solidarité que vous posez aujourd’hui ne représente pas simplement une aide matérielle. C’est un message : Vous n’êtes pas seuls. Grâce à ce soutien, nous pourrons enrichir nos activités, améliorer nos équipements et continuer à bâtir un environnement propice à l’épanouissement de chaque enfant.”

Elle a tenu à remercier tous ceux qui rendent cette mission possible : éducateurs, soignants, bénévoles, mais surtout les enfants :

“Ce sont eux qui nous enseignent la patience, la résilience et la joie de chaque petit progrès. Vous êtes la raison pour laquelle nous avançons chaque jour.”

Mme Dione, quant à elle, a salué l’engagement de l’équipe :

“Merci à toute l’administration, aux éducateurs, soignants, bénévoles du centre. Vous êtes les artisans discrets de mille sourires. Et vous, chers enfants, vous êtes une source d’inspiration. Votre courage et votre lumière nous rappellent chaque jour la beauté de la résilience.”

Un appel aux autorités

Profitant de cette cérémonie, Mme Khardiata Ka a lancé un appel solennel aux autorités locales et nationales :

“Le centre a besoin de soutien institutionnel. Il fonctionne actuellement grâce aux efforts de ses fondateurs et à des appuis ponctuels. Pourtant, il est au service de tous les Sénégalais.”

Un lieu d’espoir

Pour rappel, le Centre Rokku Mi Rokka, porté par l’ONG éponyme, est un espace dédié au bien-être, à l’inclusion et à l’épanouissement des enfants et jeunes vivant avec un handicap au Sénégal. Il se veut plus qu’un lieu d’accueil : un espace d’apprentissage, de soins, de développement personnel et de partage, dans le respect et la dignité.

Projet gazier GTA : Mc Dermott et ses partenaires visés par une enquête pour fraude fiscale et infractions douanières

Une plainte de la Douane sénégalaise contre Mc Dermott et ses partenaires, Oma Sénégal SA et Oma Logistics SA, a déclenché une enquête judiciaire pour des faits graves, notamment de fraude fiscale, de non-respect des engagements contractuels, d’exportation sans déclaration et de non-représentation de marchandises sous douane. Le parquet financier a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) pour faire la lumière sur ce dossier à fort enjeu économique.

D’après le journal Libération, qui révèle l’affaire, l’enquête cible principalement Mc Dermott, entreprise impliquée dans le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), pour lequel elle avait affrété dix navires. La société avait signé un contrat avec les sociétés Oma Sénégal SA et Oma Logistics SA, chargées d’assurer toutes les formalités douanières liées à l’entrée et aux opérations de ces navires dans la zone économique exclusive (ZEE) du Sénégal.

Selon la plainte déposée par l’Administration des Douanes, six des dix navires concernés avaient obtenu une admission temporaire exceptionnelle, un régime douanier permettant leur présence dans les eaux sénégalaises pour une période déterminée et dans un cadre strictement défini. Mais les autorités reprochent à Mc Dermott d’avoir violé les termes de ce régime : les six navires seraient sortis de la zone économique exclusive sans en informer les autorités compétentes, en violation flagrante des règles douanières.

Plus inquiétant encore, les quatre autres navires n’ont, selon la même source, jamais mis le pied dans les eaux sénégalaises, alors qu’une admission temporaire avait été émise en leur faveur. Cette situation constitue une infraction douanière majeure au regard du Code des douanes, qui impose la représentation des marchandises ou équipements bénéficiant de régimes suspensifs.

La Douane estime le préjudice financier à plus de 845 milliards de francs CFA (exactement 845 051 333 011 FCFA), un montant colossal qui soulève des interrogations sur les pratiques de certains acteurs opérant dans les grands projets d’hydrocarbures au Sénégal.

Le parquet financier, saisi de l’affaire, a ordonné à la Division des investigations criminelles de procéder à des investigations approfondies. Plusieurs chefs d’accusation sont évoqués : fraude fiscale, non-représentation de marchandises sous douane, exportation non déclarée et manquement aux engagements contractuels.

L’affaire intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à assurer la transparence et la bonne gouvernance autour de ses ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz. Si les faits sont avérés, ils pourraient non seulement entraîner des sanctions pénales et financières, mais aussi nuire à l’image du pays auprès des investisseurs et partenaires internationaux.

Affaire à suivre.

KEBEMER : UNE COMMUNE MALADE DE SES DIRIGEANTS

La gestion d’un Etat est une somme de complexités, pour une commune aussi mais dans une moindre mesure.

Pour commencer, parlons du rôle du maire d’une commune.

Le maire exerce à la fois des fonctions d’exécution et dereprésentation.

Dans le cadre de sa fonction exécutive : il exécute les délibérations du conseil municipal, exerce des pouvoirs délégués par le conseil municipal. il dispose enfin de ses pouvoirs propres : la gestion administrative de la commune, la police administrative, la délivrance des permis de construire, la gestion des déchets. Dans l’exercice de ses missions, il prend des arrêtés et représente la commune en justice.

Dans ces missions de représentant de l’Etat : il est officier d’Etat civil. Il est, en outre, chargé de soutenir les compétences transférées : éducation, santé, adduction d’eau et d’électrification et entretien de la voirie. Il assure la promotion des activités économiques, commerciales et d’échanges.

En clair, il exerce des missions très importantes pour la bonne marche de la commune.

Comment accède-t-on au poste de maire ?

Par la voie démocratique : la personne ayant une ambition pour sa commune prépare sa profession de foi, va aux élections et les électeurs lui font confiance.

Une fois élu, il lui appartient de respecter ses promesses en sebasant sur les leviers mis à sa disposition : l’administration communale, le budget et les soutiens multiformes de l’Etat.

La ville est un établissement humain et sa bonne gestion se retrouve dans la capacité du maire à concilier l’ensemble des complexités pour en faire un espace où il fait bon vivre. Une capacité managériale est donc nécessaire pour gérer une commune.

Ainsi, le maire doit se donner les moyens nécessaires pour dérouler sa profession de foi après que les populations lui ont fait confiance en le portant à la tête de la commune.

Si nous revenons dans une ville comme KEBEMER, on peut se poser des questions sur la capacité des dirigeants à respecter leurs promesses électorales.

En effet, les promesses attendues ne sont jamais arrivées.  La ville est en complète désuétude, minée par le manque d’investissement et l’abandon des populations à leur sort.

L’outil principal pour un maire pour mener à bien sa politique est le budget mis à sa disposition après son adoption par le Conseil municipal. Dans un précédent article, je rappelais la baisse tendancielle du budget de fonctionnement de la commune qui est passé de 575 millions F en 2021 à 380 millions F en 2025. Quant au budget d’investissement, sa stagnation est quasi permanente depuis plus de 5 ans, avec une moyenne de 200 millions F par an qu’il a de la peine à mobiliser.

Les conséquences sont connues de tous les habitants, une ville en déclin et sans perspectives.

La raison, c’est l’incapacité des autorités municipales à recouvrer les ressources attendues.

La contribution des populations à la gestion de la ville sous la forme de paiement des impôts est un devoir. Cependant, ce paiement est lié à la capacité contributive de chaque habitant.  

Quand, le maire ne veut pas recouvrer les impôts, il ignore non seulement sa mission mais aussi, il fait également preuve de manquements graves par rapport ses obligations. Le manque de courage de recouvrer les impôts n’est pas un gain politique. Au contraire, c’est l’inverse, car sans les ressourcesattendues, le maire est incapable de dérouler une moindre action et de respecter ses promesses de campagne.

La ville est un espace social, culturel et économique et les hommes et femmes qui y résident et y travaillent doivent bénéficier d’un environnement approprié à même de leur permettre de mener correctement leurs activités commerciales, culturelles et d’échanges. 

Un budget incapable d’être exécuté pénalise les populations les plus défavorisées. De surcroit, les prestations et les services publics attendus de la commune pour améliorer le cadre de vie des habitants ne sont pas offerts rendant les conditions de vie plus difficiles. 

Les infrastructures communales en font également les frais, toutes en délabrement ou en abandon faute d’un programme d’entretien. Quant à la création de nouvelles infrastructures, il n’y aucune perspective.

Comment, une telle situation peut s’expliquer ? 

En briguant les suffrages des KEBEMEROIS, le maire avec l’appui de son conseil municipal à la responsabilité morale de tout faire pour respecter ses engagements.

Il s’agit entre autres de conduire à plus de prospérité, de soutenir les populations démunies, d’investir dans les programmes sociaux, in fine d’améliorer le cadre de vie des populations. 

Aujourd’hui, les engagements pris devant les KEBEMEROIS ne sont pas respectés. On a voulu simplement être maire pour en faire un trophée politique mais non pour une quelconque volonté de soutenir les populations.

Si on se positionne dans le déni et dans l’incapacité de recouvrer le budget, on se considère comme étranger aux souffrances des habitants car on dispose de revenus suffisants pour vivre confortablement sans se soucier du sort despopulations qui ont besoin du soutien de la commune.

La municipalité vient de lancer l’élaboration de son nouveau plan de développement pour les cinq prochaines années. A-t-on fait l’évaluation et le bilan du précédent PDC ? il est devenu à la mode de procéder à ce genre d’exercice pour faire bonne figure tout en sachant qu’il sera ranger dans les tiroirs.

Le modèle de gestion actuel a étouffé tous les élans de progrès, paralysé l’institution communale et brisé le lien de confiance entre la commune et les populations.

Après deux ans et demi de mandat, un bilan à mi-parcours doit être fait pour évaluer les résultats obtenus. 

En attendant, nous appelons les KEBEMEROIS à créer une grande coalition pour changer les choses.

Le temps de l’action est arrivé. Il faut agir pour sortir la ville de KEBEMER de l’ornière.

 

AMADOU KEBE

AND SUXALI KEBEMER

Vers une réforme en profondeur du secteur de l’eau : Cheikh Tidiane Dièye annonce une nouvelle ère pour l’équité et la résilience

Au lendemain de l’ouverture d’un atelier de réflexion sur la gouvernance du secteur hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a animé une conférence de presse remarquée, marquant une nouvelle étape dans la réforme du secteur de l’eau au Sénégal. Il y a exposé les contours d’une stratégie ambitieuse qui entend rompre avec les pratiques improvisées du passé et garantir un accès équitable, durable et résilient à l’eau pour tous les citoyens.

Le ministre a rappelé avec insistance que « le droit à l’eau ne doit plus être un privilège, mais une garantie pour tous les citoyens, qu’ils vivent en milieu urbain ou rural ». Il a souligné les inégalités flagrantes dans l’accès à l’eau, évoquant notamment la situation de la commune de Fimela, en proie à des pénuries persistantes. « Les besoins ne peuvent plus attendre. Des solutions durables sont en vue pour soulager les populations de Fimela », a-t-il assuré au micro de Dakaractu Mbour.

Ce plaidoyer en faveur de l’équité territoriale s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large, portée par la Lettre de politique sectorielle de l’eau et de l’assainissement 2025–2050, issue des concertations nationales tenues récemment à Kaolack. Cette feuille de route repose sur trois axes principaux :

La refondation du ministère, pour une administration modernisée, réactive et mieux outillée face aux enjeux hydriques. Une gouvernance durable et transparente des ressources, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau. L’équité territoriale, pilier central de la réforme, visant un accès juste et équilibré à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire national.

Alors que la saison des pluies bat son plein, le ministre a également abordé la question des inondations, qui reviennent chaque année tel un fléau dans de nombreuses localités. Il a tenté de rassurer l’opinion publique, affirmant que « des dispositifs sont déjà en place pour anticiper les risques ». Parmi les mesures évoquées : le curage des canalisations, l’entretien régulier des stations de pompage et une veille opérationnelle dans les zones les plus vulnérables.

Cependant, sur le terrain, la réalité peine à refléter ces engagements. Chaque hivernage, les mêmes scènes se répètent : maisons inondées, routes impraticables, écoles fermées, quartiers entiers paralysés par des eaux stagnantes. Un quotidien difficile pour des milliers de Sénégalais, surtout dans les zones périurbaines et les quartiers précaires, où les interventions se font souvent attendre.

En conclusion de sa prise de parole, Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé la volonté du gouvernement de « rompre avec l’improvisation et de bâtir une politique de l’eau plus juste, plus proactive et plus humaine ». Un engagement salué, mais qui devra désormais se traduire par des actions concrètes, visibles et durables.

Prédictions des Saltigues de Djegem : Entre alertes mystiques et appel à la reconnaissance

Djegem, Sénégal – Réunis durant 48 heures dans leur sanctuaire sacré, les Saltigues de Djegem, gardiens des savoirs mystiques et de la médecine traditionnelle sérère, ont livré leurs visions sur l’avenir du pays. Des révélations teintées d’inquiétudes mais aussi d’espoirs, à travers lesquelles ils interpellent la société et les autorités sur des phénomènes à venir, tout en plaidant pour une meilleure reconnaissance de leur rôle ancestral.

L’une des principales alertes lancées par les Saltigues concerne une recrudescence d’accidents sur l’axe autoroutier Mbour – Fatick – Kaolack. Selon eux, certaines zones seraient habitées par des entités mystiques néfastes, responsables d’une hausse d’accidents. Pour y remédier, ils recommandent des sacrifices rituels précis : une vache blanche et un mouton femelle noir et blanc, à offrir pour apaiser ces forces invisibles.

L’axe Sandiara – Ndiaganiao n’est pas en reste. Les Saltigues y voient une dangerosité accrue, notamment due à la forte présence de motos Jakarta. Là encore, des offrandes spécifiques sont jugées nécessaires pour prévenir les drames.

Autre révélation inquiétante : l’apparition d’une maladie inédite durant la saison des pluies. Sans en préciser la nature, les Saltigues affirment que cette épidémie pourra être combattue à l’aide de remèdes traditionnels, notamment à base de plantes médicinales comme le “Domou Reub Reub”, les feuilles de “Mbatt Mare” et le “Kadd”, à consommer selon un dosage précis pour hommes et femmes.

Sur le plan sociopolitique, les Saltigues voient se profiler des manifestations et un climat de tension croissant. Ils exhortent les agents de l’administration publique à se prémunir contre cette instabilité en procédant à des offrandes de sucre et d’eau pendant quatre vendredis d’affilée. Un geste symbolique et mystique censé garantir la paix sociale.

Concernant la campagne agricole, les prédictions annoncent de fortes précipitations accompagnées de vents soutenus. Si la culture de l’arachide s’annonce prometteuse, celle du mil devrait en revanche souffrir, notamment à cause de la présence de créatures spirituelles appelées “Wankh”, connues pour nuire aux récoltes.

Au-delà des visions et rituels, les Saltigues ont tenu à adresser un message clair aux autorités. Ils demandent un encadrement légal de la médecine traditionnelle, qu’ils pratiquent depuis des générations et qui continue de séduire de nombreux Sénégalais en quête de soins naturels et spirituels. Ils réclament également un soutien logistique, notamment la sécurisation de leur site sacré à Djegem, afin de préserver cet espace de transmission et de guérison.

Par leurs paroles et leurs rituels, les Saltigues de Djegem s’inscrivent comme des acteurs à part entière de la vie nationale. À la croisée des chemins entre tradition et modernité, ils rappellent que la sagesse ancestrale a encore son mot à dire face aux défis contemporains. En lançant leurs alertes et en tendant la main aux autorités, ils réaffirment leur volonté de contribuer à la paix, à la santé et à la stabilité du Sénégal.

Siteu suspendu pour deux ans : l’ORAD-Zone II exige l’application stricte de la sanction

L’affaire du lutteur Siteu franchit un nouveau palier. Selon des informations relayées par L’Observateur, l’Organisation régionale antidopage pour la Zone II Afrique (ORAD-Zone II) a officiellement saisi le Comité national de gestion de la lutte (CNG) ainsi que l’Organisation nationale antidopage du Sénégal (ONADS). Objet de cette correspondance : exiger le respect strict de la suspension de deux ans infligée au célèbre lutteur.

La décision, prise le 8 mai 2025, repose sur les dispositions du Code mondial antidopage, ratifié par le Sénégal. Elle fait suite au refus de Siteu de se soumettre à un contrôle antidopage à l’issue de son combat contre Modou Lô. Ce refus est assimilé, par les règles en vigueur, à un contrôle positif. Et dans ce cas de figure, la sanction est automatique, à moins d’un recours formel.

Or, aucune contestation n’a été introduite par Siteu ni par son entourage dans les délais impartis, ce qui a rendu la sanction définitive. L’ORAD-Zone II, en se référant à l’article 2.3 du Code mondial antidopage, considère donc que le CNG et l’ONADS sont dans l’obligation de faire respecter cette décision.

Le CNG, de son côté, affirme avoir été mis devant le fait accompli, n’ayant pas été directement informé de la procédure initiale. Néanmoins, cette position ne devrait pas influencer l’issue de l’affaire, car le Sénégal s’est engagé à travers ses institutions sportives à appliquer les décisions des structures antidopage reconnues.

Cette suspension, qui s’étend du 8 mai 2025 au 7 mai 2027, prive Siteu de toute activité liée à la lutte pendant deux saisons complètes, un coup dur pour le lutteur de Lansar, dont la carrière était en pleine relance après son affrontement très médiatisé avec Modou Lô.

Alors que les amateurs de lutte s’interrogent sur l’avenir de Siteu, ce dossier met en lumière la nécessité de renforcer l’application des normes antidopage dans les sports de combat au Sénégal et de mieux informer les athlètes sur leurs droits et obligations.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Cheikh Diba lève le voile sur une situation budgétaire alarmante

La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, déposée tardivement à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte économique et budgétaire tendu. Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un exposé sans détour sur l’état des finances publiques du Sénégal, marqué par un creusement du déficit budgétaire, une contraction du PIB et une révision à la baisse des recettes.

Selon Cheikh Diba, cette LFR est le fruit d’un « long processus de réajustement mené dans l’urgence » par les services techniques du ministère. La reprogrammation du cadre macroéconomique s’est imposée à cause de plusieurs facteurs défavorables : la conjoncture économique mondiale défavorable, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la politique commerciale des États-Unis, la volatilité du dollar, ainsi que la découverte de charges non anticipées liées à la dette publique.

Conséquence directe : une baisse significative du Produit intérieur brut (PIB), révisé à la baisse de 907 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les 260 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires attendues ne seront pas au rendez-vous.

Dans un discours volontariste, le ministre a tenu à rassurer quant à sa volonté de transparence : « Je ne serai pas un ministre des Finances qui maquille les chiffres », a-t-il martelé, rejetant toute manipulation comptable consistant à intégrer des recettes postérieures à l’année budgétaire concernée.

Cheikh Diba a indiqué que le déficit budgétaire, qui atteignait 11,6 % en 2024, sera ramené à 7,08 % en 2025, avec un objectif de 5 % à l’horizon 2027. Pour atteindre cette trajectoire, le gouvernement a revu ses priorités et engagé une démarche de rationalisation des dépenses dans tous les ministères. « Ce n’est pas de l’austérité. Il s’agit d’ingénierie budgétaire », a-t-il précisé pour justifier les coupes budgétaires opérées.

Un des points les plus sensibles évoqués par le ministre concerne la découverte de 125 milliards de FCFA de charges d’intérêts issues de dettes contractées hors du circuit budgétaire officiel. Pour éclaircir cette situation, le gouvernement a mandaté un audit confié au cabinet Mazars, permettant d’obtenir une cartographie complète de l’endettement public, y compris la dette bancaire locale, la dette extérieure et les passifs du secteur parapublic.

Cheikh Diba salue cette initiative comme un « acte de responsabilité » visant à asseoir une gestion financière plus rigoureuse.

La gestion active de la dette a permis de dégager 800 milliards de FCFA d’espace budgétaire pour 2025, mais les besoins globaux de financement dépassent les 5 000 milliards, dont plus de 4 000 milliards destinés au remboursement du principal de la dette. Le ministre n’a pas manqué de souligner le caractère hérité de cette charge : « Il faut payer », dit-il, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations.

Concernant le recours accru au Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a tenu à rassurer : « Le FMI ne nous apprend rien. Il veille simplement au respect des principes fondamentaux de gouvernance budgétaire. »

Cette LFR s’inscrit également dans une dynamique de réforme structurelle. Le ministre a annoncé une refonte de l’architecture budgétaire, avec une restructuration des programmes en lien direct avec l’agenda national de transformation. « Chaque ministère devra intégrer cet agenda dans ses priorités. C’est ainsi que les politiques publiques auront un impact réel », a-t-il expliqué.

Répondant aux interrogations et critiques des parlementaires, Cheikh Diba a affiché une volonté d’ouverture et de dialogue. « Nous acceptons toutes les critiques constructives. Mais évitons les généralisations approximatives. Nous avons une obligation de résultats, vis-à-vis de nos concitoyens, mais aussi des marchés et de nos partenaires », a-t-il conclu.

Thierno Bocoum tacle Ousmane Sonko : « Une dérive autoritaire inquiétante »

Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.

Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.

Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.

Le collectif « Rappel à l’ordre » en tournée dans les foyers religieux : un cri d’alerte contre les dérives du pouvoir

Kaolack, 30 juin 2025 – Le collectif citoyen « Rappel à l’ordre », connu pour ses prises de position critiques envers le régime en place, a entamé une tournée nationale auprès des foyers religieux du pays. Objectif : alerter les Khalifes généraux sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes du pouvoir exécutif.

C’est à Kaolack que le mouvement a débuté sa campagne de sensibilisation. Conduit par l’activiste Karim Xrum Xakh, le collectif s’est d’abord rendu à Médina Baye, puis à Léona Niassène et enfin à Sagne Bambara. Partout, les membres du mouvement ont été reçus avec courtoisie, exposant leur lecture de la situation nationale marquée, selon eux, par une restriction des libertés, des dérives autoritaires et un climat social tendu.

Dans ses échanges avec les guides religieux, le collectif a insisté sur « la nécessité pour les autorités spirituelles de jouer leur rôle de régulation sociale », face à ce qu’il qualifie de menaces sur la démocratie, la justice et la stabilité du pays. « Le Sénégal est à la croisée des chemins. Il est impératif que ceux qui ont encore la parole écoutée par tous s’expriment au nom de la vérité et de la justice », a déclaré Karim Xrum Xakh lors de son passage à Médina Baye.

Selon ses initiateurs, cette tournée se poursuivra dans d’autres foyers religieux à travers le territoire national, avec le même message : un appel à la vigilance, à la mobilisation pacifique et à la préservation des acquis démocratiques.

Le collectif « Rappel à l’ordre », actif sur les réseaux sociaux et sur le terrain, s’est imposé comme une voix dissonante face au pouvoir. S’il dérange certains cercles proches du régime, il trouve un écho grandissant auprès d’une partie de la jeunesse et des citoyens inquiets de l’évolution du climat politique national.

Lat Diop autorisé à réintégrer le ministère des Finances malgré sa détention

L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt reprendre du service au sein de la fonction publique. Selon le journal Les Échos, dans son édition du lundi 30 juin 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a récemment signé une attestation de reprise de service en faveur de Lat Diop, administrateur civil de formation. Ce document l’autorise officiellement à réintégrer son département d’origine, malgré sa situation judiciaire actuelle.

Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis septembre 2024. Il fait l’objet de lourdes accusations, notamment de détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux, pour un montant estimé à 8 milliards de francs CFA. Les faits reprochés seraient liés à sa gestion à la tête de la Lonase. Malgré sa détention, l’ancien ministre clame son innocence et dénonce une cabale politique.

Ses avocats, après plusieurs demandes rejetées, ont introduit une nouvelle requête de liberté provisoire, arguant de contestation sérieuse des charges retenues contre lui. Le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier n’a cependant pas encore rendu sa décision sur cette demande.

L’attestation de reprise de service délivrée par le ministre Cheikh Diba soulève des interrogations dans l’opinion publique et chez certains observateurs de la vie politique et administrative. Peut-on envisager la réintégration d’un haut fonctionnaire en détention provisoire, sans issue judiciaire définitive ? La question soulève des enjeux à la fois juridiques, éthiques et politiques, dans un contexte où le nouveau pouvoir affiche une volonté de rupture et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Bacary Cissé élu président de la Ligue régionale de football de Ziguinchor : un tournant pour le Sud du Sénégal

Le journaliste sportif et conseiller de Sadio Mané, Bacary Cissé, a été élu ce samedi président de la Ligue régionale de football de Ziguinchor, à l’issue d’une assemblée générale décisive tenue dans la capitale du Sud. Figure influente du paysage footballistique sénégalais, Cissé succède à Irama Djiba avec l’ambition clairement affirmée de repositionner Ziguinchor au cœur des dynamiques nationales du ballon rond.

Porté par une large adhésion autour de son projet baptisé « Le sursaut », le nouveau président a immédiatement donné le ton d’un mandat qu’il souhaite placé sous le signe de la réforme, de la justice sportive et de l’unité régionale. « Il faut que la voix de Ziguinchor soit une et indivisible à l’échelle nationale. Nous sommes la troisième Ligue régionale après Dakar et Thiès, mais nous sommes les dindons de la farce à la Fédération », a-t-il déclaré avec fermeté, dénonçant la marginalisation persistante de sa région dans les instances décisionnelles de la Fédération sénégalaise de football (FSF).

L’élection de Bacary Cissé ne se limite pas à un simple changement à la tête d’une ligue régionale. Elle intervient dans un contexte national hautement stratégique, à quelques semaines de l’Assemblée générale élective prévue le 2 août 2025, où sera désigné le nouveau président de la FSF. Ce rendez-vous, qui cristallise les tensions et les ambitions au sein de la gouvernance du football sénégalais, pourrait voir la montée en puissance de nouvelles voix régionales, plus affirmées et déterminées à peser sur les grandes orientations du sport roi au Sénégal.

Dans cette perspective, l’influence médiatique, le réseau personnel et l’engagement historique de Bacary Cissé en faveur du football local pourraient jouer un rôle clé dans les futurs équilibres électoraux. Conseiller du joueur international Sadio Mané, respecté dans les milieux sportifs et reconnu pour sa rigueur professionnelle, le nouveau président est déjà perçu comme un acteur incontournable des prochaines discussions autour de la gouvernance du football national.

Longtemps bastion du football sénégalais, la région de Ziguinchor dispose d’un vivier de talents et d’une ferveur populaire qui ne demandent qu’à être mieux valorisés. En se dotant d’une direction dynamique et ambitieuse, la Ligue régionale espère relancer ses clubs, renforcer les infrastructures locales et faire entendre la voix du Sud dans les débats nationaux.

« Ce n’est pas une question de personnes, mais de respect institutionnel. Nous voulons travailler avec tout le monde, mais dans la dignité et pour l’intérêt supérieur du football sénégalais », a martelé Bacary Cissé, appelant à une mobilisation collective autour des enjeux à venir.

Avec cette élection, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le football à Ziguinchor. Une ère que Bacary Cissé veut construire sur la transparence, la performance et l’unité. À quelques semaines du grand rendez-vous fédéral d’août, tous les regards seront tournés vers les nouveaux leaders régionaux. Et à Ziguinchor, la voix qui s’élèvera désormais portera l’empreinte d’un homme de conviction, de terrain et de vision.

Litige entre Tony Sylva et son ex-épouse Aïda Bâ : La Cour suprême tranche ce mardi 1er juillet

L’affaire opposant l’ancien gardien des Lions du Sénégal, Tony Sylva, à son ex-épouse Aïda Bâ, revient devant la Cour suprême ce mardi 1er juillet. Il s’agit d’un contentieux judiciaire né du partage de biens consécutif à leur divorce, dans lequel les deux parties s’accusent mutuellement de manœuvres frauduleuses.

Au cœur du litige : un immeuble que Tony Sylva affirme avoir été dissimulé volontairement par son ex-compagne lors de la liquidation de leur patrimoine commun. L’ex-international sénégalais estime son préjudice à 50 millions de francs CFA, une somme qu’il réclame en réparation.

Après une première condamnation d’Aïda Bâ pour abus de confiance, confirmée en appel, cette dernière avait introduit un pourvoi en cassation. La Chambre pénale de la Cour suprême avait rejeté ce recours, déboutant ainsi l’ex-épouse. Mais Aïda Bâ ne s’est pas avouée vaincue : elle a choisi de contester la décision en sollicitant l’intervention des chambres réunies de la plus haute juridiction du pays.

Ce mardi, la Cour suprême statuant en formation plénière devra donc trancher définitivement ce différend, mettant fin à une bataille judiciaire entamée il y a plusieurs années.

Selon Seneweb, qui cite le journal Les Échos, ce contentieux privé, devenu affaire publique en raison de la notoriété des protagonistes, suscite un grand intérêt dans les milieux judiciaires et sportifs.

Si la décision de la Cour suprême confirme les précédents jugements, Aïda Bâ devra s’acquitter des réparations. Dans le cas contraire, Tony Sylva pourrait voir s’effondrer ses espoirs d’obtenir justice dans une affaire qu’il qualifie de “trahison morale et financière”.

Suspension de Siteu : Le CNG affirme n’avoir reçu aucune notification officielle

Le monde de la lutte sénégalaise est secoué par une affaire de dopage impliquant l’un de ses lutteurs les plus populaires. L’Organisation régionale antidopage (ORAD) Afrique – Zone 2 et 3 a prononcé une suspension de deux ans à l’encontre de Siteu, star de l’écurie Lansar, pour violation des règles antidopage. La sanction court du 24 novembre 2024 au 24 novembre 2026.

Les faits reprochés à Siteu remontent à son combat contre Modou Lô, disputé le 24 novembre dernier. Alors que son adversaire avait accepté de se soumettre au test antidopage, Siteu, lui, s’était abstenu, ce qui constitue une infraction selon le code mondial antidopage.

Cependant, cette décision semble avoir pris de court le Comité national de gestion de la lutte (CNG). Interrogé sur la question, son président, Malick Ngom, a déclaré avoir appris la nouvelle par voie de presse, au même titre que le grand public. « Nous venons de voir cette décision au même titre que vous. C’est pourquoi nous déroulons nos activités comme en temps normal », a-t-il confié à la presse.

Cette situation pose un flou juridique et organisationnel autour du très attendu combat entre Siteu et Balla Gaye 2, programmé pour le 20 juillet 2025. Faut-il s’attendre à un report, voire une annulation ? Le patron du CNG reste prudent : « Je ne saurais le dire car, encore une fois, on n’a pas encore de notification. »

En attendant une clarification officielle, la tension monte dans le monde de la lutte. Si la suspension est confirmée, elle constituerait un coup dur pour Siteu, dont le retour sur les arènes était très attendu après sa défaite contre Modou Lô. Elle poserait aussi un sérieux problème logistique et financier pour les promoteurs et sponsors engagés dans l’organisation du combat du 20 juillet.

Affaire à suivre.

Pape Matar Sarr célèbrement accueilli à Fayako : entre ferveur populaire et engagement pour le développement local

L’international sénégalais Pape Matar Sarr, sociétaire du club anglais de Tottenham et récent champion de la Ligue Europa, a effectué ce dimanche une visite hautement symbolique dans le village de Fayako, situé dans la commune de Djirnda, département de Foundiougne. Le joueur, accompagné de sa famille, a été accueilli en héros par les populations de ce village insulaire, berceau de ses origines.

Dès son arrivée à Fayako, l’ambiance était à la fête, portée par les chants traditionnels sérères et une foule en liesse venue exprimer sa gratitude à celui qu’elle considère comme un fils prodige. Selon des informations rapportées par L’Observateur, cette visite annuelle, devenue une tradition, a revêtu un caractère particulier cette année, en raison des nombreux gestes solidaires posés par le joueur à l’endroit de sa communauté.

À l’occasion de la cérémonie d’accueil, les autorités locales et les habitants ont exprimé leurs doléances à leur illustre invité. Après avoir salué ses nombreuses réalisations — dont la distribution régulière de kits alimentaires aux 56 foyers du village — les habitants ont insisté sur une préoccupation majeure : l’électrification de Fayako, encore hors du réseau national.

Pape Matar Sarr, fidèle à son image de jeune engagé et responsable, n’a pas tardé à répondre par des gestes forts et concrets. Il a ainsi offert à l’école du village un ordinateur portable, une imprimante, une photocopieuse, des documents pédagogiques et un panneau solaire. Il a également contribué à l’extension de la case de santé par un don de ciment et de fer, et soutenu la réfection de la mosquée par des seaux de peinture. À cela s’ajoutent des jeux de maillots, des ballons de football pour les jeunes, ainsi que 50 gilets de sauvetage pour les pêcheurs.

Très ému par l’accueil qui lui a été réservé, le joueur formé à Génération Foot a réaffirmé son attachement profond à Fayako et son ambition d’y jouer un rôle majeur dans le développement local. « Mon souhait pour Fayako dépasse de loin vos doléances. J’ai beaucoup de projets pour ce village. Je vous comprends, je sais bien ce que vous voulez », a-t-il déclaré devant une foule conquise.

Concernant l’électrification, Pape Matar Sarr a tenu à rassurer : « La procédure est en cours. J’espère que d’ici peu de temps, Fayako sera électrifié ». Il a par ailleurs annoncé vouloir construire sa maison dans le village, avec un démarrage possible du chantier avant le Fayako de 2026, sous réserve de l’appui administratif du maire.

En guise de reconnaissance pour son engagement constant et désintéressé, les autorités locales ont élevé Pape Matar Sarr au rang de Citoyen d’honneur de la commune de Djirnda. Un titre symbolique qui vient saluer l’homme derrière le footballeur : un jeune Sénégalais enraciné, solidaire et résolument tourné vers l’avenir de sa communauté.

Cheikh Yérim Seck relaxé : Mimi Touré déboutée dans le procès en diffamation

Le journaliste Cheikh Yérim Seck a été relaxé par le tribunal correctionnel de Dakar dans l’affaire qui l’opposait à l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite Mimi Touré. Cette décision, rendue près de quatre mois après l’audience du 26 février 2025, met un terme à une procédure judiciaire déclenchée par une plainte en diffamation.

À l’origine du litige, un article publié par Cheikh Yérim Seck sur le site Seneweb, le 20 octobre 2024, sous le titre : « Les mesquineries du trio Diomaye-Sonko-Mimi contre Macky Sall ». Dans ce texte, le journaliste soutenait qu’une réunion s’était tenue au palais présidentiel entre le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et Mimi Touré. Selon lui, cette rencontre visait à élaborer une stratégie pour empêcher l’ancien président Macky Sall, alors en séjour au Maroc depuis la fin de son mandat le 2 avril 2024, de revenir au Sénégal.

Cheikh Yérim Seck affirmait également que la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, ferait vivre un « calvaire » à Macky Sall, sous l’influence directe d’Aminata Touré.

Considérant ces allégations comme mensongères et attentatoires à son honneur, Mimi Touré avait saisi la justice. Elle réclamait à Cheikh Yérim Seck la somme de 500 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Le procureur de la République, lui, avait requis une peine de six mois de prison avec sursis à l’encontre du journaliste.

Dans son jugement rendu public ce lundi 30 juin 2025, le tribunal correctionnel de Dakar a rejeté la demande de la partie civile. Le juge a prononcé la relaxe pure et simple de Cheikh Yérim Seck, estimant que les éléments constitutifs du délit de diffamation n’étaient pas réunis.

Ainsi, Mimi Touré a été déboutée de toutes ses prétentions, y compris sa demande de réparation financière.

Ce verdict relance le débat sur les limites de la liberté d’expression et la responsabilité des journalistes dans un contexte politique tendu. Il intervient dans un climat où les relations entre anciens et nouveaux dirigeants sénégalais sont scrutées de près, tout comme les prises de position de figures politiques comme Aminata Touré.

Pour Cheikh Yérim Seck, cette décision représente une victoire judiciaire et, pour certains, un signal en faveur de la liberté de la presse. Du côté de Mimi Touré, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à l’issue du procès.

Affaire « Keur Yeurmandé » : Ndella Madior Diouf renvoyée en police correctionnelle après 18 mois de détention

Le procès de la fondatrice de la pouponnière « Keur Yeurmandé » approche à grands pas. Dix-huit mois après sa mise sous mandat de dépôt, Ndella Madior Diouf sera jugée en police correctionnelle pour une série de charges liées aux maltraitances présumées infligées à des nourrissons, dont plusieurs ont trouvé la mort.

L’affaire avait provoqué un vif émoi au Sénégal en décembre 2023, après la découverte de graves cas de négligence et de violences dans cette pouponnière située à Dakar. Six bébés y auraient succombé à des traitements inhumains, selon les résultats de l’enquête de la brigade de protection de la Sûreté urbaine, tandis que 48 autres enfants, en état de santé préoccupant, avaient dû être pris en charge par des structures spécialisées.

Dans son édition du lundi 30 juin 2025, Les Échos rapporte que Ndella Madior Diouf et ses coaccusés ont été renvoyés en jugement. Le journal cite une source proche du dossier, affirmant que certaines charges initialement retenues par le parquet ont été abandonnées par le juge d’instruction. Toutefois, les griefs restants restent lourds : homicide involontaire, complicité d’homicide, traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation de soins et d’aliments ayant entraîné la mort, obtention illégale de certificats de décès, mise en danger de la vie d’autrui, et exploitation d’une pouponnière sans autorisation.

Malgré plusieurs demandes de liberté provisoire restées sans suite, Ndella Madior Diouf demeure incarcérée en attendant son procès. Lors de son audition au fond, elle a nié en bloc toutes les accusations portées contre elle.

Trois coaccusés sont également poursuivis dans cette affaire : son assistant Cheikh Tidiane Ndiaye, le gardien Djiby Sow, et El Hadji Sène, animateur à la radio Saphir FM. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir clandestinement enterré deux bébés morts dans des conditions troubles. Selon Les Échos, certains de ces prévenus seraient en fuite, une carence qui sera actée par procès-verbal en l’absence de comparution au tribunal.

Financement du développement : le Président Diomaye Faye plaide pour une mobilisation souveraine des ressources internes

Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a participé ce lundi à l’ouverture solennelle de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement. Organisée sous l’égide des Nations Unies, cette rencontre d’envergure mondiale réunit à Séville plusieurs Chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les principaux dirigeants des institutions financières et économiques multilatérales, dont l’ONU, la Banque mondiale, le FMI, l’OMC et l’ECOSOC.

Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le surendettement des pays en développement et l’urgence climatique, cette conférence se veut un cadre stratégique de réflexion et d’action pour repenser les mécanismes de financement du développement durable. L’enjeu : construire un nouvel ordre économique mondial plus équitable, inclusif et résilient.

Les travaux, qui se poursuivent cet après-midi en séance plénière, seront marqués par l’intervention attendue du Président Diomaye Faye. Le Chef de l’État sénégalais portera la voix de l’Afrique et du Sénégal sur un axe stratégique : la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, pierre angulaire d’une souveraineté budgétaire et économique durable.

Dans son discours, le Président Faye devrait insister sur la nécessité pour les pays du Sud de rompre avec une dépendance excessive aux financements extérieurs et de renforcer leur capacité à mobiliser des ressources internes à travers une fiscalité plus juste, la lutte contre l’évasion fiscale, une meilleure gouvernance budgétaire et la valorisation du potentiel productif local.

Cette vision s’inscrit dans la continuité de l’ambition portée par le Sénégal de bâtir une économie souveraine, verte et solidaire, à travers une refondation des politiques publiques orientées vers la justice sociale et l’investissement dans les secteurs porteurs tels que l’éducation, la santé, l’agriculture durable et les énergies renouvelables.

La participation du Président sénégalais à cette conférence traduit ainsi la volonté du Sénégal de peser dans les débats mondiaux sur l’avenir du financement du développement, et d’apporter une contribution africaine forte à la redéfinition des règles du jeu économique international.

Institutionnaliser l’évaluation pour éviter le naufrage

L’évaluation des politiques publiques n’est plus un luxe technocratique. Elle constitue désormais une condition de survie pour l’État sénégalais, confronté à une dérive budgétaire sans précédent et à une désarticulation croissante entre ambition politique et efficacité institutionnelle. La Loi de Finances Rectificative 2025 envoie un signal d’alerte sévère : un déficit global atteignant 2 186,2 milliards FCFA, soit 8,8 % du PIB, bien au-delà des normes communautaires. Cette trajectoire n’est pas seulement financière. Elle révèle un État sans boussole évaluative, incapable de distinguer l’utile du superflu, ni d’opérer des arbitrages fondés sur des résultats.

L’endettement, devenu outil ordinaire de financement, illustre cette déconnexion. Le service de la dette atteint 1 787,1 milliards FCFA, dont 852,7 milliards pour les seuls intérêts. Cette pression absorbe près de 40 % des recettes budgétaires, traduisant une logique d’accumulation sans évaluation préalable de la valeur générée. Douglass North (1990) a montré que les performances économiques d’un État sont inextricablement liées à la qualité de ses institutions. Le Sénégal illustre aujourd’hui l’inverse : des instruments institutionnels incapables d’encadrer l’action publique, notamment dans l’analyse des projets financés par emprunt.

L’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 révèle une gestion axée sur l’absorption des crédits, plutôt que sur la redevabilité des résultats. Le ministère de la Santé a mobilisé plus de 80 milliards FCFA sans qu’aucune donnée ne permette de mesurer l’impact sur les soins primaires, la rétention du personnel ou la performance hospitalière. Dans le secteur énergétique, les subventions croissantes ne sont adossées à aucun dispositif d’évaluation de l’équité d’accès ni de l’efficacité économique. L’État gère sans rétroaction, sans modélisation de l’effet des politiques, sans ancrage empirique dans la performance des institutions, comme le souligne Grindle (1997).

La révision à la baisse des recettes fiscales, ramenées à 2 584,8 milliards FCFA, reflète l’inefficacité d’un appareil fiscal mal outillé. L’absence d’évaluation ex ante empêche l’anticipation des décrochages. Une stratégie fiscale rationnelle suppose une capacité de prévision et de simulation fondée sur des évidences. Peters (2019) insiste sur la nécessité de systèmes d’apprentissage administratif pour gouverner dans l’incertitude. Le Sénégal peine encore à construire cet espace, préférant les déclarations de conformité à l’examen empirique de ses instruments budgétaires.

La prolifération des agences sans bilan documenté renforce l’opacité. Certaines structures continuent de recevoir des crédits inchangés, voire augmentés, sans obligation de produire une théorie du changement ni des indicateurs de performance. DiMaggio et Powell (1983) avaient déjà alerté sur la tendance des bureaucraties à mimer la conformité institutionnelle sans efficacité réelle — un phénomène d’isomorphisme qui caractérise aujourd’hui nombre d’organismes publics sénégalais. L’évaluation, dans ce contexte, devient l’outil permettant de distinguer la structure utile de la coquille vide.

Les cellules d’évaluation dispersées entre la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale opèrent sans cadre unificateur. Elles produisent des rapports sans valeur stratégique, non intégrés aux cycles budgétaires, et rarement pris en compte dans les réformes sectorielles. L’absence d’un organe central indépendant empêche toute montée en puissance institutionnelle. Comme le soutiennent Andrews et al. (2017), la capacité de l’État à produire des politiques efficaces repose sur des dispositifs d’apprentissage adaptatif, conditionnés par l’usage d’informations crédibles et systématisées.

Le contraste est saisissant avec la Vision 2050, adoptée en 2024, qui engage le pays dans une transformation structurelle. Les allocations budgétaires actuelles n’intègrent ni les cibles opérationnelles de cette stratégie, ni une hiérarchisation de l’impact sectoriel. Meyer et Rowan (1977) rappelaient que la formalisation sans instrumentation évaluative conduit à des structures mythiques, détachées des réalités. C’est exactement ce que vit le Sénégal : un discours stratégique ambitieux, appuyé sur des instruments obsolètes ou absents.

D’autres pays africains ont démontré que l’évaluation peut transformer les pratiques étatiques. Le Kenya conditionne certains financements à des résultats mesurés. L’Ouganda impose l’évaluation préalable des projets d’envergure. Le Rwanda intègre des contrats de performance directement dans la planification. Ces dynamiques sont structurantes car elles s’appuient sur des lois-cadres, des institutions pérennes et une logique de redevabilité publique. Goldman et al. (2018) soulignent que l’émergence de systèmes nationaux d’évaluation efficaces repose sur une combinaison entre volonté politique, capacité technique et pression sociale.

Le Sénégal a l’occasion d’initier une rupture. Une loi-cadre sur l’évaluation pourrait définir les responsabilités, les obligations de transparence, les cycles d’intégration budgétaire et les critères d’objectivation des politiques. Elle pourrait s’accompagner d’un organe autonome, doté de ressources, capable de produire des méthodologies communes et de garantir l’indépendance des analyses. Picciotto (2013) a démontré que l’indépendance des mécanismes évaluatifs détermine leur influence sur les réformes.

À court terme, un décret d’application pourrait rendre obligatoire l’inclusion de modules évaluatifs dans les revues budgétaires sectorielles. À moyen terme, chaque ministère devrait institutionnaliser une unité d’évaluation adossée à la planification. Ces cellules devraient produire annuellement un rapport public structuré sur les effets et l’efficience de leurs interventions. À long terme, une culture de l’usage de l’évidence devra se substituer à la logique de conformité déclarative. Comme l’affirmait Fischer (1998), toute réforme durable repose sur un changement cognitif dans les modes de légitimation des politiques publiques.

Il devient donc impératif que les évaluations ex post soient rattachées aux débats parlementaires, que les indicateurs de valeur publique deviennent centraux dans les arbitrages, et que l’administration dispose d’un référentiel commun d’évaluation. Le pilotage stratégique d’un État ne peut plus se contenter d’un suivi mécanique de l’exécution financière. Il doit s’appuyer sur des savoirs situés, comparables et interprétables, comme l’avaient recommandé Schön et Argyris (1996) et Ba (2021).

Institutionnaliser l’évaluation au Sénégal n’est pas un ajustement technique. C’est une réforme systémique, qui engage la soutenabilité financière, la crédibilité des institutions et la cohésion sociale. Sans cela, l’État continuera de fonctionner dans le brouillard, sans cap, sans boussole, avec pour seul horizon l’aggravation du déficit, l’effritement de la confiance publique et la désorientation de l’action gouvernementale.

Dr. Abdourahmane Ba

Expert en Développement International, Politiques Publiques, Management et Suivi-Évaluation

Kaolack / Santé : L’ONG CRRF et l’Association And Xékh Hépatite en croisade contre cette maladie mortelle

L’hépatite B, maladie silencieuse mais redoutable, continue de faire des ravages au Sénégal, en particulier dans la région du Saloum. Conscients de la gravité de la situation, l’ONG Centre Régional de Recherche et de Formation (CRRF) et l’Association And Xékh Hépatite B ont décidé d’unir leurs forces pour sensibiliser les populations et leur offrir un accompagnement adapté, notamment dans les zones rurales.

Ce samedi 29 juin 2025, le village de Kossi Baye, dans la commune de Ndiaffate (département de Kaolack), a accueilli une journée de sensibilisation consacrée à cette maladie.

« Nous voulons briser le silence autour de l’hépatite B. Beaucoup de personnes ignorent leur statut sérologique, ce qui favorise la propagation du virus », a déclaré Médoune Koné, président de l’Association And Xékh Hépatite.

Cette initiative s’inscrit dans une série d’activités communautaires prévues tout au long de l’année, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’information et aux soins de santé reste limité.

De son côté, Ibrahima Diouf, chargé du projet VIHEILLIR au CRRF, a souligné que l’objectif principal de l’organisation est de réduire significativement la prévalence non seulement de l’hépatite B, mais aussi de l’hépatite C, de l’hypertension artérielle, du diabète, du cancer du col de l’utérus et de l’anus – des pathologies qui continuent d’affecter de nombreuses communautés, notamment en milieu rural et périurbain.

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