Ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications devant les députés concernant les interrogations suscitées par une supposée diminution du budget alloué à l’Enseignement supérieur pour l’année 2026. Selon lui, la polémique repose sur une interprétation « trop arithmétique » des chiffres, qui ne tient pas compte des réaménagements récents du périmètre budgétaire.
À première vue, les crédits affectés au secteur semblent effectivement en recul, passant de 308,5 milliards de francs CFA en 2025 à 301 milliards en 2026. Cependant, Cheikh Diba a expliqué que cette baisse apparente est liée au transfert, prévu dès septembre 2026, d’une partie des investissements — notamment ceux liés aux constructions universitaires — vers le ministère des Infrastructures. Cette réaffectation budgétaire modifie la lecture globale des chiffres.
Le ministre a précisé que si l’on réintègre les montants concernés, soit 35,88 milliards issus de ressources intérieures et 16,5 milliards provenant de ressources extérieures, le budget réel consacré à l’Enseignement supérieur atteint en réalité 353,5 milliards de francs CFA. Il s’agit, insiste-t-il, d’une hausse de 45 milliards par rapport à 2025. Pour Cheikh Diba, cette progression démontre clairement « l’importance que les nouvelles autorités accordent à l’enseignement supérieur », un secteur considéré comme stratégique pour le développement national.
Sur le plan des ressources humaines, le ministre a également confirmé l’autorisation de recrutement de 500 enseignants-chercheurs en 2026. Cette opération, estimée à 9 milliards de francs CFA, vise à renforcer les effectifs d’encadrement et à améliorer la qualité pédagogique dans les universités publiques. Elle intervient dans un contexte où les retards académiques et les perturbations du calendrier universitaire restent des préoccupations majeures.
Le gouvernement entend ainsi amorcer dès 2026 la récupération progressive du temps perdu dans les établissements, en s’attaquant à l’un des « quatre mois supplémentaires » qui prolongent indûment l’année universitaire. L’objectif est de poursuivre cet effort chaque année afin de parvenir à une stabilisation complète du calendrier d’ici 2028. Ce chantier constitue, selon les autorités, un élément central de la réforme globale de l’enseignement supérieur.
Avec ces mesures combinées — revalorisation du budget effectif, recentrage des investissements, renforcement des ressources humaines et plan de stabilisation académique — l’exécutif ambitionne de redonner une dynamique durable au secteur, tout en répondant aux attentes pressantes des étudiants, enseignants et acteurs universitaires. Les débats parlementaires se poursuivent dans le cadre de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).