Sénégal : Le président Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent leur unité lors d’une visite au Bénin

Alors que les rumeurs de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko alimentaient les débats ces derniers jours, une démonstration d’unité a été faite ce mardi 15 juillet 2025. À l’occasion d’un voyage officiel à Cotonou, au Bénin, le chef de l’État sénégalais était accompagné de son chef de gouvernement, affichant une entente visible et assumée.

Dans une vidéo largement partagée par la présidence sénégalaise, les deux hommes apparaissent côte à côte, sereins et souriants, dans une ambiance qui tranche avec les rumeurs persistantes d’un malaise au sommet de l’exécutif. Au-delà des images, c’est le choix musical qui a retenu l’attention : le fond sonore de la vidéo officielle est une interprétation de la chanson « Plus Fort » de Youssou Ndour, assurée par le Bataillon de la Musique des Forces armées sénégalaises.

Ce morceau, extrait de l’album Coono du reer, est une ode à l’unité, à l’écoute mutuelle et à la paix. À travers les paroles emblématiques — « Aimons-nous et échangeons afin d’avoir une paix éternelle » — le message est clair : au-delà des divergences supposées, c’est la cohésion, la solidarité et la volonté de travailler ensemble qui priment.

Dans un contexte national marqué par des défis économiques, sociaux et institutionnels, ce geste revêt une forte portée symbolique. Il envoie un signal d’apaisement et de stabilité à l’opinion publique sénégalaise, mais aussi aux partenaires internationaux du pays.

Le président Diomaye Faye, dans ses récentes prises de parole, n’a pas manqué de souligner la complexité de la situation héritée. Mais c’est justement dans cette complexité que semble s’ancrer une volonté ferme de gouverner dans l’unité et la complémentarité avec son Premier ministre.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Dérives autoritaires : Bougane Guèye Dany tire la sonnette d’alarme sur l’emprisonnement de Badara Gadiaga

Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.

Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.

Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.

Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.

Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.

Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.

Réponse de Cheikh Oumar Sy à Monsieur Elimane Pouye : La société civile n’a pas peur du débat. Elle l’appelle même de tous ses vœux.

Cher Elimane Pouye,


Dans votre tribune au ton respectueux, vous avez choisi de répondre à l’interpellation du Premier ministre Ousmane Sonko sur la place et le financement de la société civile. Le débat est sain, et nul n’en conteste la légitimité. Mais à vouloir trop justifier l’injustifiable, on risque de verser dans une défense malhabile d’un propos que vous qualifiez vous-même d’ »incident clos », alors qu’il trahit une posture récurrente de dénigrement. Je vous le dis sans ambages : la société civile sénégalaise n’a jamais fui le débat. Elle l’a souvent initié, nourri, encadré et parfois même protégé au péril de ses libertés et de sa sécurité.

Rappelons quelques vérités utiles à la mémoire collective.

1. La société civile a toujours été au rendez-vous du débat républicain

La société civile sénégalaise n’a pas attendu M. Sonko pour réfléchir à sa propre place dans la gouvernance publique. Depuis des décennies, elle organise des fora, produit des rapports d’évaluation, dialogue avec les institutions et forme les citoyens aux principes de la transparence, de la participation et de la redevabilité. Elle a été au cœur des dynamiques démocratiques les plus importantes de notre pays, des assises nationales au M23, du contrôle citoyen du budget à la réforme de la fiscalité.

Vous semblez aussi l’oublier un peu vite, mais c’est la société civile qui, en 2011, au plus fort des dérives du régime de Wade, a été à l’avant-garde de la mobilisation du 23 juin. Parmi les figures emblématiques de ce sursaut républicain, Landing Mbissane Seck alias Kilifeu, membre actif du mouvement Y’en a marre, qui aujourd’hui occupe le poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) du Grand Théâtre. Un symbole fort du passage de la société civile à l’institutionnalisation de l’engagement.

De même, Guy Marius Sagna, aujourd’hui député sous la bannière de PASTEF, fut l’un des membres fondateurs du FRAPP, une organisation de la société civile parmi les plus engagées sur les questions de souveraineté, de justice sociale et de défense des libertés. Ces deux parcours — de la société civile à l’institution — démontrent que la société civile n’est pas en guerre contre le politique, elle en est parfois le terreau.

Et vous le savez mieux que quiconque : la société civile vous a sollicité, à plusieurs reprises, dans des cycles de formation et de renforcement de capacités sur les politiques budgétaires et fiscales. Elle ne vous a jamais exclu, ni réduit à un adversaire. Elle vous a reconnu comme un intellectuel engagé au service de l’administration publique.

2. La société civile n’est pas la presse, ni un acteur politique encagoulé

Vous laissez entendre, à l’instar de M. Sonko, que la société civile jouerait un double jeu : celui d’une co-gouvernance dissimulée ou d’un pouvoir de l’ombre. C’est une confusion dangereuse. Contrairement à la presse, la société civile ne vit pas de la ligne éditoriale du sensationnel. Contrairement aux partis politiques, elle ne cherche pas le pouvoir, mais à en contrôler l’usage. La société civile propose, alerte, évalue, mais ne gouverne pas. Ce que vous appelez « co-gouvernance » n’est qu’un autre nom de la participation citoyenne — un pilier central de toute démocratie digne de ce nom.

3. C’est la société civile qui a tendu la main à Ousmane Sonko quand l’État l’a lâché

Quand M. Sonko a été radié de la fonction publique, ce sont des organisations de la société civile qui lui ont offert des contrats de consultance, lui permettant de garder la tête hors de l’eau. Ces faits, bien connus dans le milieu, devraient suffire à tempérer les discours accusateurs actuels. La société civile n’a pas à rougir de son engagement : elle a protégé ceux que l’État voulait marginaliser, elle a soutenu ceux que le système voulait briser.

4. Le financement extérieur est une conséquence, non un choix de confort

Affirmer qu’il faut « encadrer » le financement extérieur de la société civile revient à insinuer qu’elle disposerait d’alternatives internes viables. Or, l’État sénégalais n’a jamais sérieusement soutenu financièrement les organisations de la société civile, malgré leur rôle fondamental dans la consolidation de la démocratie, la justice sociale et le développement local. La vérité est simple : si la société civile reçoit des financements extérieurs, c’est parce que l’État est absent. Pire, dans de nombreuses zones du pays, c’est elle qui pallie les insuffisances budgétaires et structurelles de l’État, dans la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, l’entrepreneuriat et la gouvernance locale.

Ce n’est pas une anomalie ; c’est une contribution. Et cela crée des milliers d’emplois, mobilise des expertises locales, renforce les capacités des jeunes, des femmes, des parlementaires et des collectivités territoriales. C’est donc un acteur de développement et non une menace pour la souveraineté.

5. Il est temps de sortir du soupçon permanent

Le débat sur la régulation du financement de la société civile mérite d’être posé dans un cadre sérieux, apaisé, inclusif. Pas dans un discours partisan ou des invectives stériles. Les ONG et associations sont, en majorité, déjà tenues à des obligations de transparence vis-à-vis de leurs bailleurs et des autorités de tutelle. Vouloir les encadrer davantage sans offrir une alternative nationale de financement, c’est vouloir les museler. La souveraineté ne se décrète pas contre les partenaires, mais se construit avec des mécanismes crédibles de financement endogène.

En définitive, M. Pouye, la société civile n’est pas un ennemi de la démocratie sénégalaise. Elle en est un pilier, parfois plus stable que ceux du pouvoir. Elle continuera d’accepter le débat, même lorsqu’il est lancé avec mépris ou malveillance. Parce qu’elle croit à la République, à la vérité partagée et à la dignité du dialogue.

Avec respect mais sans concessions,
 

Cheikhou Oumar Sy

Ancien Parlementaire
Citoyen politique engagé, acteur de la société civile

Alioune Tine répond à Ousmane Sonko : « Une société civile libre ne fait pas allégeance au pouvoir »

Dans un contexte politique de plus en plus tendu entre le pouvoir et certaines voix indépendantes, le fondateur de Africa Jom Center, Alioune Tine, a réagi vigoureusement aux récentes critiques émises par le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’une sortie médiatique, ce dernier s’en est pris à la société civile et à d’autres acteurs qu’il accuse d’adopter des postures critiques envers le régime.

Invité sur Radio Sénégal, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les attaques contre la société civile traduisent une dérive inquiétante vers un modèle de Parti-État incompatible avec les principes démocratiques. « Cette perspective de Parti État ne colle pas avec la présence d’une société civile libre, qui reste une sentinelle face à un pouvoir », a-t-il martelé.

Le défenseur des droits humains a tenu à rappeler que la société civile, par essence, n’est pas un appareil d’adhésion ni d’opposition systématique, mais un levier d’équilibre démocratique. « La société civile n’a ni vocation de faire acte d’allégeance ni de soutien à un quelconque pouvoir. Elle a un rôle d’alerte et de veille devant toute injustice ou manque de transparence dans la gestion de l’État », a-t-il souligné.

Revenant sur l’histoire récente du Sénégal, Alioune Tine a insisté sur l’importance de la société civile dans les grandes transformations politiques du pays. Il a notamment évoqué son rôle décisif dans la 3e alternance démocratique qui a conduit à l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Un engagement qu’il compare à celui mené en 2011-2012 contre la tentative de modification constitutionnelle, avec le slogan resté célèbre : « Touche pas à ma Constitution ! »

Quant à la question sensible du financement de la société civile, soulevée par Sonko lors de sa dernière déclaration, Alioune Tine n’a pas esquivé. Tout en réaffirmant sa position de longue date, il plaide pour une autonomie financière des acteurs civiques : « Que les Africains financent eux-mêmes leur société civile mais en les soutenant dans la perspective d’indépendance pour mener convenablement leur mission. » Et de conclure, non sans insister : « Quand on prône la souveraineté, il faut alors financer sa société civile. »

Tensions au sommet de l’État : Des médiations discrètes entre Diomaye et Sonko pour préserver l’unité gouvernementale

Des signaux discrets mais préoccupants d’un malaise entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko agitent les cercles du pouvoir à Dakar. Selon le quotidien Les Échos, un ballet de réunions confidentielles s’est tenu ce week-end dans les plus hautes sphères de l’État, notamment au Palais présidentiel, au Cabinet du Premier ministre, et au Petit Palais, la résidence officielle d’Ousmane Sonko.

Ces rencontres, menées à huis clos, auraient mobilisé d’importants médiateurs du régime, soucieux de préserver la stabilité de la gouvernance à peine quatre mois après l’installation du nouveau pouvoir. Les divergences entre les deux piliers de l’exécutif restent pour l’instant non dévoilées, mais les tractations nocturnes laissent entrevoir l’ampleur des efforts déployés pour éviter une rupture.

Parmi les acteurs clés de cette médiation figure le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Selon des sources concordantes, ce dernier a écourté une mission politique en France, annulant au passage une rencontre avec les partisans du PASTEF à Paris, pour regagner Dakar dimanche. Une décision qui témoigne de l’urgence de la situation et de son implication personnelle dans la recherche d’un terrain d’entente.

Malgré l’absence de toute communication officielle, le calme apparent dans la sphère publique contraste avec l’intensité des discussions qui, selon des indiscrétions, se sont poursuivies tard dans la nuit. Le silence des deux camps alimente les spéculations, tout en révélant une volonté partagée d’éviter toute escalade visible.

Ce climat de tensions intervient dans un contexte politique où les attentes populaires restent fortes envers le duo Diomaye-Sonko, qui a incarné l’espoir d’un renouveau démocratique après les turbulences du régime précédent. Mais la cohabitation entre deux figures au charisme affirmé, chacune portée par une légitimité propre, semble désormais mise à l’épreuve par les réalités du pouvoir.

En coulisses, l’enjeu est de taille : maintenir la cohésion au sommet pour préserver l’élan du changement, rassurer les partenaires et éviter que les divisions internes ne fragilisent une gouvernance encore jeune.

Madiambal Diagne réagit à l’arrestation de Badara Gadiaga : « Ce n’est pas en emprisonnant qu’on résout les problèmes du Sénégal »

Le patron du Quotidien met en garde contre l’instrumentalisation de la justice et appelle à recentrer le débat sur les vraies priorités nationales.

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025, continue de susciter une vive polémique au Sénégal. Parmi les voix les plus critiques, celle du journaliste Madiambal Diagne s’est fait entendre. Le patron du journal Le Quotidien a publié un message tranchant sur le réseau social X (ex-Twitter), où il exprime son désaccord avec la tournure judiciaire prise par cette affaire.

« Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… », a-t-il écrit.

Par ces mots, Madiambal Diagne dénonce ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire ou, à tout le moins, une stratégie de diversion qui détournerait l’attention de la population des véritables défis auxquels le pays est confronté : chômage endémique, vie chère, accès aux soins, et dégradation du pouvoir d’achat.

Ce message ne s’adresse pas seulement aux autorités actuelles, mais aussi à l’opinion publique. En évoquant la métaphore bien connue de la « cruche qui va souvent à l’eau », le journaliste laisse entendre qu’une telle logique répressive pourrait un jour se retourner contre ses auteurs. Il met en garde contre une utilisation politique de la justice, dans un contexte déjà marqué par des tensions entre libertés individuelles et maintien de l’ordre.

Badara Gadiaga, connu pour ses prises de position critiques dans l’émission Jakaarlo sur TFM, est accusé de « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État ». Des accusations lourdes qui ont choqué une partie de la société civile et des défenseurs de la liberté d’expression.

Pour ses soutiens, dont Madiambal Diagne, cette arrestation symbolise un climat de plus en plus préoccupant pour les libertés démocratiques au Sénégal. « Emprisonner un journaliste ou un chroniqueur ne fait pas avancer la gouvernance, ni ne résout les urgences sociales », a rappelé un autre confrère, sous couvert d’anonymat.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, la gestion des voix critiques suscite débat. Si beaucoup saluent la volonté de rupture affichée par le nouveau régime, d’autres s’inquiètent de certaines décisions perçues comme des atteintes à l’État de droit.

Retour à l’Assemblée nationale : Ousmane Sonko face à un imbroglio juridique

En évoquant la possibilité de réintégrer l’Assemblée nationale en cas de limogeage de la Primature, le Premier ministre Ousmane Sonko a relancé un débat épineux mêlant droit parlementaire, chronologie politique et situation pénale personnelle. Une déclaration faite ce week-end, lors de l’installation du Conseil national de son parti, Pastef, dans laquelle il affirme pouvoir “reprendre son siège de député” suspendu à son entrée au gouvernement.

Mais cette perspective, en apparence simple, soulève plusieurs interrogations juridiques de fond.

Adopté récemment, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en son article 124 que la suspension du mandat de député en cas d’entrée au gouvernement peut être levée automatiquement à la fin des fonctions ministérielles, sauf renonciation écrite irrévocable. En clair, un député devenu ministre retrouve son siège dans un délai d’un mois après avoir quitté le gouvernement.

Cependant, ce mécanisme, bien que clair dans son principe, se heurte dans le cas d’Ousmane Sonko à trois obstacles majeurs.

Le premier frein réside dans le principe juridique fondamental de non-rétroactivité de la loi. Or, Ousmane Sonko a été nommé Premier ministre avant la révision du règlement intérieur. Dès lors, son cas ne relèverait pas de cette nouvelle disposition, qui ne peut s’appliquer qu’à des situations survenues après son adoption.

Deuxième point de tension : la séquence des événements. Ousmane Sonko a été désigné Premier ministre avant son élection à l’Assemblée nationale. Il n’a donc jamais siégé en tant que député dans cette législature, ni suspendu un mandat effectivement exercé. Le texte parle pourtant de députés élus puis nommés, ce qui ne correspond pas à sa trajectoire.

Enfin, le dossier est encore plus complexe du fait de sa condamnation judiciaire pour diffamation, récemment confirmée dans l’affaire l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Si cette condamnation devient définitive après le rejet du rabat d’arrêt, elle pourrait entraîner l’invalidation de son mandat parlementaire, sur la base de l’article 61 de la Constitution. Cette disposition prévoit la perte automatique du mandat pour tout député condamné à une peine privative de liberté, une mesure qui ne peut être enclenchée qu’à la demande du ministre de la Justice.

Certains partisans de Sonko évoquent la loi d’amnistie adoptée début 2024 comme une solution pour neutraliser les effets de cette condamnation. Mais selon plusieurs juristes, la Constitution prime sur une loi ordinaire. Ainsi, même amnistié, l’effet juridique de l’article 61 pourrait s’appliquer si le Parlement en est officiellement saisi par le garde des Sceaux.

Face à ce faisceau de contraintes, les interprétations divergent. Des juristes proches du pouvoir estiment que Sonko ne peut en aucun cas retrouver son siège, en raison de la combinaison des trois verrous : chronologie, réglementation non applicable rétroactivement et condamnation judiciaire.

D’autres, plus favorables à l’opposition, défendent une lecture souple du règlement intérieur. Selon eux, la simple suspension du mandat parlementaire, même sans prise de fonction à l’Assemblée, suffirait à permettre un retour, si la fonction gouvernementale prend fin.

Au-delà de la seule personne d’Ousmane Sonko, cette affaire teste la solidité des institutions sénégalaises face à un cas juridique inédit. Elle pose également la question de l’interprétation des textes dans un contexte fortement politisé, où chaque mot du règlement intérieur ou de la Constitution peut devenir l’enjeu d’un bras de fer entre pouvoir exécutif, opposition et Parlement.

Barthélemy Dias en tournée en France : soutien à Diomaye, mise en garde contre Sonko

En déplacement politique en France, Barthélemy Dias a profité de sa tournée pour tenir une série de rencontres avec la diaspora sénégalaise, marquant clairement ses positions dans le paysage politique sénégalais. Entre soutien au président Bassirou Diomaye Faye et mise en garde contre un éventuel retour d’Ousmane Sonko sur la scène parlementaire, le maire de Dakar a livré un discours sans détour, confirmant les tensions croissantes au sein de l’opposition.

De Paris à Bagnolet, en passant par Mantes-la-Jolie et Beauvais, le leader du mouvement Sénégal Bi Nu Bokk a multiplié les appels à la mobilisation politique de la diaspora. Il a invité ses compatriotes de l’extérieur à s’organiser autour d’un projet d’« alternance anticipée », estimant que l’échéance de 2029, théoriquement celle de la prochaine présidentielle, pourrait être bousculée. « Beaucoup de choses vont se passer bien avant », a-t-il prévenu, laissant entendre que l’instabilité actuelle pourrait précipiter des changements majeurs.

Mais c’est surtout sa prise de position sur le président Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko qui a retenu l’attention. Selon des propos rapportés par Les Échos, Barthélemy Dias a réitéré son soutien au chef de l’État, qu’il présente comme « l’incarnation d’un espoir républicain ». Il a toutefois lancé un avertissement à peine voilé : « Le président actuel doit être protégé des contradictions internes de son entourage. » Une critique claire, bien que non nommée, à l’endroit d’Ousmane Sonko, actuel Premier ministre, qu’il accuse de semer le trouble au sommet de l’État.

Le point d’orgue de ses déclarations a été atteint lorsque Dias s’est exprimé sur la possibilité d’un retour de Sonko à l’Assemblée nationale, une hypothèse évoquée de manière récurrente dans le débat public. Sa réaction a été aussi directe que tranchée : « S’il revient à l’Assemblée, on ira le chercher pour l’en sortir. » Cette déclaration radicale pose une ligne rouge et révèle la profondeur des fractures au sein même du camp des anciens alliés de l’opposition.

Cette sortie médiatique de Barthélemy Dias, qui contraste avec la retenue habituelle de certains responsables politiques, confirme l’émergence d’un nouveau rapport de force. Si son discours s’inscrit dans une volonté d’éviter, selon lui, les dérives populistes, il risque également d’envenimer davantage les tensions déjà palpables entre les différentes factions qui ont soutenu l’alternance de mars 2024.

Barthélémy Dias sur le retour de Sonko à l’Assemblée : une ligne rouge qu’il refuse de franchir

En déplacement en France ce week-end, Barthélémy Dias a livré une déclaration sans détour qui risque de raviver les tensions entre figures majeures de l’opposition sénégalaise. Le président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, reçu par les membres de son organisation dans la diaspora, a réagi à l’annonce d’Ousmane Sonko qui, récemment, a affirmé envisager de retrouver son siège de député à l’Assemblée nationale.

Pour Barthélémy Dias, un tel scénario serait inacceptable, tant sur le plan moral que juridique. Prenant la parole devant son auditoire, il a exprimé sa position sans équivoque : « Je l’ai entendu dire qu’il peut retrouver son siège à l’Assemblée nationale du Sénégal. Laissez-moi vous dire que s’il fait son retour, alors je retrouverai également ma place à l’Assemblée nationale, car il a été définitivement condamné et, par conséquent, il n’a plus sa place à l’hémicycle. »

Cette déclaration fait écho à son propre passé judiciaire. Barthélémy Dias a rappelé qu’il avait lui-même été écarté du Parlement à la suite d’une décision de justice, estimant que le principe doit être le même pour tous, sans traitement de faveur. Selon lui, la condamnation définitive d’Ousmane Sonko devrait logiquement entraîner la perte de son mandat parlementaire et empêcher toute réinstallation dans son fauteuil de député.

Au-delà de cette question institutionnelle, l’ancien maire de Dakar a profité de son intervention pour répondre frontalement aux récentes critiques du Premier ministre. Ousmane Sonko avait en effet déclaré qu’au Sénégal, l’opposition n’existait plus, la qualifiant d’inexistante et incapable de peser sur les débats politiques. Ces propos n’ont manifestement pas été digérés par Barthélémy Dias qui, d’un ton ferme, a répliqué : « Il dit qu’au Sénégal il n’y a pas d’opposition. Il saura que nous sommes des acteurs politiques qui ont toujours privilégié le combat. »

Barthélémy Dias a conclu son allocution en annonçant qu’il reprendra le flambeau de la contestation dès son retour au Sénégal, laissant entendre qu’il n’entend ni céder le terrain politique ni laisser prospérer ce qu’il considère comme une injustice démocratique. Cette sortie marque un nouveau palier dans la rivalité désormais ouverte entre deux personnalités qui, hier encore, faisaient figure d’alliés dans la lutte contre le pouvoir en place.

Le bras de fer autour de la légitimité parlementaire et la capacité de l’opposition à exister dans l’hémicycle s’invite donc une fois de plus au cœur du débat public, alors que le pays traverse une phase politique incertaine et propice aux recompositions.

Tensions dans la société civile : échange musclé entre Me Ciré Clédor Ly et Seydi Gassama

La société civile sénégalaise traverse une zone de turbulence. Un échange virulent oppose Me Ciré Clédor Ly, avocat engagé et figure médiatique des luttes démocratiques, à Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. Au cœur de la polémique : une sortie au vitriol de Me Ly contre certaines organisations de la société civile qu’il accuse de masquer des « réseaux d’influence défendant des intérêts occultes ».

Dans un texte rendu public récemment, Me Ciré Clédor Ly s’en est pris à une partie de la société civile, qu’il estime être en décalage avec les aspirations populaires. Selon lui, certaines structures se sont transformées en « instruments d’influence » au service d’agendas étrangers ou partisans. Il dénonce « une instrumentalisation des droits humains » et pointe un double discours de la part de ces organisations lorsqu’il s’agit de dénoncer les violations, notamment pendant les périodes de répression politique.

Face à ces propos, la réaction de Seydi Gassama ne s’est pas fait attendre. Le responsable d’Amnesty International Sénégal a vigoureusement défendu l’honneur des organisations de défense des droits humains, qualifiant les accusations de Me Ly d’« injustes » et révélatrices d’une « mauvaise foi manifeste » ou, à défaut, d’une « mémoire courte ».

« Me Ciré Clédor Ly, vos propos à l’endroit des organisations des droits humains sont injustes », a-t-il écrit, rappelant l’historique de l’engagement sans faille de ces structures, y compris dans les périodes les plus sombres du régime de Macky Sall. « Il faut être de mauvaise foi ou avoir la mémoire courte pour les tenir », a-t-il insisté.

Seydi Gassama a également recadré Me Ly sur ses allusions à la Cour pénale internationale (CPI). Ce dernier avait laissé entendre que des crimes relevant de la compétence de la CPI seraient restés impunis, insinuant un deux poids deux mesures. Une lecture contestée par Gassama : « En tant qu’avocat associé à cette Cour, vous devez savoir comment elle fonctionne, et surtout quels crimes relèvent de sa compétence, crimes qui sont bien définis dans le statut par l’ensemble des États du monde », a-t-il rappelé.

Cet échange traduit une fracture profonde au sein même du camp des défenseurs des libertés et de la démocratie. Alors que le Sénégal tente de tourner la page d’une longue période de turbulences politiques, les divergences de stratégie, de méthode — et désormais de discours — deviennent de plus en plus visibles. Certains acteurs, comme Me Ciré Clédor Ly, estiment que des compromis inavoués affaiblissent la sincérité du combat citoyen. D’autres, comme Seydi Gassama, refusent les procès d’intention et appellent à plus de cohérence et de reconnaissance du travail accompli.

Me Ciré Clédor Ly : « La révolution sénégalaise ne doit pas s’arrêter à une alternance formelle »

Dans une tribune d’une rare intensité, Me Ciré Clédor Ly, avocat et figure de la lutte pour les libertés, revient avec force sur les événements ayant conduit à la rupture politique du 24 mars 2024 au Sénégal. Loin de se satisfaire de l’alternance qui a vu l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, il alerte sur les signes précoces d’un essoufflement révolutionnaire et appelle à une vigilance absolue pour que le combat du peuple ne soit pas trahi.

Me Ly rappelle que la révolution sénégalaise ne s’est pas opérée dans le confort d’une transition démocratique paisible, mais dans la douleur d’un peuple opprimé, sacrifiant sa jeunesse et affrontant un régime autoritaire qui n’a pas hésité à verser dans la violence. Arrestations arbitraires, tortures, disparitions forcées, instrumentalisation de la justice : autant de pratiques que l’avocat qualifie de crimes systémiques, couverts par une justice soumise et une indifférence internationale notoire.

« Ce sacrifice était à la hauteur des promesses de souveraineté, de justice sociale et de lutte contre la corruption, incarnées par le Projet », souligne-t-il.

Selon Me Ciré Clédor Ly, ce n’est pas une troisième alternance qu’a connue le Sénégal, mais une véritable révolution. Une classe opprimée s’est levée, guidée par une direction claire, imposant la rupture par les urnes là où la violence menaçait. Pourtant, il dénonce le fait que cette victoire historique est aujourd’hui menacée par les manœuvres des anciens réseaux du régime déchu, qui se repositionnent au sein de l’État.

« Le Sénégal semble avoir failli dès le commencement, en maintenant au cœur de l’appareil d’État les bras armés et les esprits du régime déchu », regrette-t-il.

Me Ly alerte sur le désenchantement d’une jeunesse longtemps mobilisée, reléguée à l’arrière-plan au profit de figures compromises du passé. Pour lui, le maintien ou la nomination à des postes stratégiques d’anciens adversaires de la révolution est un contresens historique, contraire à l’esprit de rupture porté par le peuple.

Il appelle à une purge courageuse de l’administration, de la justice, de la sécurité et du renseignement, et à la mise en place de mécanismes rigoureux pour juger les crimes économiques et politiques du passé.

« Du nouveau ne peut éclore dans la puanteur d’une eau usée », martèle-t-il.

L’avocat s’inquiète également de l’instrumentalisation de certaines organisations dites de la société civile, accusées de défendre des intérêts occultes, et de la fragilité des procédures judiciaires en cours contre les anciens dignitaires. Il redoute que ceux-ci finissent par échapper à la justice, voire se retournent contre l’État pour réclamer réparations.

« Il y a lieu de redouter que les vampires de l’économie soient simplement placés sous bracelet électronique ou relaxés pour vices de procédure. »

Face à ces menaces, Me Ciré Clédor Ly en appelle à une mobilisation unie autour du tandem Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye, qu’il considère comme l’incarnation fidèle des aspirations du peuple.

« Ce qui unit le tandem est plus fort que ce que l’esprit peut imaginer », affirme-t-il.

Il conclut en appelant les Sénégalais et les panafricanistes à défendre sans relâche les acquis révolutionnaires et à faire front commun pour que la transformation historique du pays ne soit pas détournée.

Yoro Dia plaide pour rompre la « démocratie de Sisyphe » et faire du Sénégal une exception économique

Dans une cérémonie de dédicace organisée ce 12 juillet 2025 devant un public nombreux composé d’intellectuels, de responsables politiques, d’universitaires et de journalistes, Yoro Dia a présenté ses deux nouveaux essais politiques publiés aux éditions L’Harmattan Sénégal. La rencontre, présidée par la ministre d’État Aïssata Tall Sall, a été l’occasion d’un appel solennel à repenser les fondements démocratiques du Sénégal.

Le premier ouvrage, intitulé Les intellectuels sénégalais dans la marche vers la première alternance : L’exception démocratique en question, revient sur le rôle déterminant de la société intellectuelle et médiatique dans l’instauration d’un cadre démocratique solide, couronné par la première alternance pacifique en 2000. S’appuyant sur une trentaine d’entretiens avec des penseurs et universitaires, Yoro Dia montre comment les élites ont contribué à la structuration du débat public et à la conscientisation des citoyens.

Mais c’est dans son second livre, Le Sénégal : La démocratie de Sisyphe – Sociologie politique de l’État légal à l’État de droit, que l’auteur développe une thèse plus dérangeante. En empruntant l’image du mythe grec de Sisyphe, condamné à recommencer sans fin le même effort stérile, il décrit un système politique sénégalais prisonnier d’une répétition sans issue. « Depuis 1983, le débat politique n’a pas évolué », observe-t-il, pointant la récurrence des querelles sur les règles du jeu électoral et la gestion des alternances.

Selon Yoro Dia, cette « démocratie de Sisyphe » absorbe l’énergie et l’intelligence de la classe politique sans permettre un véritable bond en avant. Le Sénégal, pourtant doté d’une stabilité rare en Afrique et d’une administration structurée, peine à transformer ces atouts en résultats économiques concrets. « La classe politique gaspille son potentiel intellectuel dans des querelles institutionnelles », regrette-t-il.

Pour sortir de ce cycle stérile, Yoro Dia appelle à passer de l’État légal, principalement préoccupé par la conquête et la conservation du pouvoir, à un État de droit véritablement orienté vers l’intérêt général et le progrès économique. « Il est temps de transformer l’exception démocratique en exception économique », insiste-t-il, invitant les décideurs à rompre avec les réflexes politiciens qui freinent le développement.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

Alioune Tine tourne en dérision les attaques de Sonko et relance le débat sur le financement de la société civile

Dans une ambiance politique de plus en plus tendue, la société civile sénégalaise n’échappe pas aux critiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko, connu pour ses prises de position tranchées, a récemment qualifié certains membres de la société civile de “fumiers”, suscitant une vague d’indignation. Parmi les voix qui se sont élevées pour répondre, celle d’Alioune Tine, figure respectée du militantisme des droits humains, se distingue par son ton à la fois ironique et ferme.

Interrogé par L’Observateur, le fondateur du think tank Afrika Jom Center a choisi de répliquer avec humour : « C’est trop grave. Je ne souhaite pas répondre à ses attaques en tant que doyen des fumiers (rires). » Une manière subtile de désamorcer la charge verbale tout en soulignant l’absurdité de l’insulte.

Mais au-delà de la plaisanterie, Alioune Tine n’élude pas le fond du débat. Il appelle le Premier ministre à donner suite à son intention de faire voter une loi interdisant les financements étrangers pour les organisations de la société civile. « Ce serait une bonne chose », estime-t-il, tout en balayant les soupçons d’instrumentalisation par des bailleurs internationaux : « Il pense que c’est l’argent qui nous intéresse, mais il se trompe encore. »

L’ancien président de la Raddho revendique l’indépendance financière de son organisation. « À Afrika Jom Center, on a fonctionné trois ans sans financement, sans sous. Ce n’est pas l’argent qui nous fait exister. Avec ce qu’on gagne dans la consultance, on fonctionne mieux et on est plus efficace. » Une déclaration qui se veut preuve de résilience et de crédibilité dans un contexte où les ONG sont souvent accusées de rouler pour des intérêts extérieurs.

Ce nouvel épisode dans les relations déjà tendues entre le pouvoir et la société civile souligne l’importance d’un dialogue respectueux dans un État démocratique. Si la critique est légitime, elle ne saurait justifier les attaques ad hominem, encore moins les tentatives de discrédit systématique. Alioune Tine, fidèle à son style, oppose à la nervosité politique une posture à la fois apaisée et déterminée — celle d’un militant qui, après des décennies de combat, sait que la dignité vaut bien plus que la polémique.

Mandat parlementaire de Sonko : Ndiaga Sylla précise l’incompatibilité en cas de condamnation pénale définitive

L’expert électoral Ndiaga Sylla est revenu ce vendredi sur la polémique juridique autour du statut parlementaire d’Ousmane Sonko, Premier ministre et ancien député. Cette sortie intervient alors que certains responsables de Pastef et des soutiens du chef du gouvernement évoquent sa possible réintégration à l’Assemblée nationale, si Ousmane Sonko venait à quitter ses fonctions exécutives.

Ndiaga Sylla rappelle d’abord que la loi d’amnistie récemment votée par l’Assemblée nationale a pour effet de lever certaines sanctions électorales, notamment l’inéligibilité automatique prévue à l’article L.30 du Code électoral. Mais il souligne que cette amnistie ne peut produire aucun effet sur les dispositions constitutionnelles.

Selon l’expert, la Constitution est claire : l’article 61 prévoit la radiation d’un député condamné pénalement de façon définitive. Ndiaga Sylla cite le texte sans ambiguïté : « Le membre de l’Assemblée nationale qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du Ministre de la Justice. »

Il précise que cette disposition a déjà été appliquée dans le passé, notamment dans l’affaire Barthélémy Dias, dont la condamnation définitive avait entraîné l’incompatibilité du mandat de député en cours de législature.

Dans le cas d’Ousmane Sonko, la décision de la Cour suprême relative au rabat d’arrêt, rendue récemment, a eu pour effet de rendre définitive sa condamnation pour diffamation. Cette condamnation n’ayant pas été effacée par une grâce présidentielle, elle produirait donc les conséquences prévues par la Constitution.

Ndiaga Sylla indique également que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit la possibilité, pour un député devenu ministre, de reprendre son siège après la cessation de ses fonctions gouvernementales. Toutefois, si le député est frappé par une condamnation pénale définitive, l’incompatibilité s’impose immédiatement, et le ministre de la Justice peut demander la radiation de la liste des parlementaires.

Ces précisions juridiques interviennent dans un climat de tension, où les partisans d’Ousmane Sonko dénoncent une instrumentalisation de la justice pour l’écarter, tandis que l’opposition et certaines voix de la société civile pointent la nécessité de respecter strictement la Constitution et les règles d’incompatibilité.

Le débat risque de se prolonger, alors que la question de l’éligibilité et de la légitimité politique d’Ousmane Sonko cristallise déjà de fortes crispations au sein de la classe politique et nourrit les incertitudes sur la stabilité institutionnelle du pays.

Affaire Badara Gadiaga : Khalifa Sall dénonce une « fracture dans le socle du droit » et exige sa libération

Le président du Mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Sall, est monté au créneau pour condamner la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier puis placé en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Dans un texte ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien total au journaliste et dénoncé ce qu’il considère comme une dérive liberticide du pouvoir en place.

Pour Khalifa Sall, l’arrestation de Badara Gadiaga constitue bien plus qu’un simple fait divers judiciaire. Selon lui, il s’agit d’une attaque frontale contre les principes essentiels de la République et de la démocratie sénégalaise. « Sa détention n’est pas une simple injustice, c’est une fracture dans le socle du droit », a-t-il écrit, soulignant qu’un État qui redoute les mots et les opinions différentes se place de lui-même dans une position de faiblesse. « Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a-t-il ajouté.

Le leader socialiste a également insisté sur la portée symbolique de cette mesure qu’il assimile à une volonté de museler la liberté d’expression et d’installer la peur chez tous ceux qui osent critiquer l’action publique. « Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il prévenu, invitant les autorités à revenir à la raison et à cesser toute politique d’intimidation.

Khalifa Sall a finalement lancé un appel pressant pour que Badara Gadiaga recouvre immédiatement sa liberté, au même titre que tous les prisonniers d’opinion actuellement détenus. Il a exhorté le pouvoir à garantir le respect strict des droits fondamentaux, rappelant qu’aucune démocratie digne de ce nom ne peut se construire sur la répression et le silence imposé.

Ousmane Sonko, toujours député : la suspension du mandat encadrée par le nouveau Règlement intérieur

Selon l’honorable Amadou Ba, le Premier ministre n’a jamais démissionné de l’Assemblée nationale et pourra retrouver son siège après son départ du gouvernement, malgré les critiques de l’opposition.

Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a jamais démissionné de son poste de député. Il a tout simplement « SUSPENDU » son mandat qui est incompatible avec la qualité de membre du Gouvernement.

D’ailleurs, le nouveau Règlement intérieur de l’assemblée nationale (RIAN) règle définitivement la question en précisant et encadrant juridiquement, la procédure de suspension et de réintégration du député nommé membre du Gouvernement ou à une fonction incompatible avec le mandat de député.

Par conséquent, le Premier ministre peut retrouver son mandat de député dès qu’il quittera ses responsabilités de membre du Gouvernement.

Les Opposants qui ont la haine de Ousmane Sonko en bandoulière, iront de déception en désillusion s’ils comptent sur des artifices et artefacts juridiques pour s’opposer au Premier ministre qui a déjoué tous les traquenards politico-juridiques les plus sophistiqués jamais ourdis contre un homme politique au Sénégal depuis l’indépendance.

Honorable député Amadou Ba

Kaolack / Politique : La remobilisation des militants, un défi majeur pour le mouvement Taxawu

Le mouvement Taxawu Sénégal de Khalifa Sall a lancé une vaste opération de remobilisation de ses militants à travers le pays. Objectif : ressouder les rangs à l’approche des prochaines échéances électorales et redonner un nouveau souffle à la machine militante.

À Kaolack, les militants et sympathisants de la section locale étaient face à la presse ce mercredi pour informer l’opinion nationale et internationale des stratégies mises en place en vue de leur participation aux prochaines élections municipales.

À cette occasion, Diokel Gadiaga, responsable régional du mouvement, a annoncé officiellement la candidature de Taxawu Sénégal à la mairie de Kaolack.

Pour atteindre ses objectifs, le mouvement mise sur une série d’actions concrètes : tournées de proximité, recensement des militants, réunions de quartier, visites aux membres de longue date, et surtout, un discours renouvelé, centré sur les valeurs fondatrices du parti.

« Il fallait renouer le contact humain, aller sur le terrain, écouter les frustrations et proposer des solutions concrètes », a déclaré Diokel Gadiaga.

Dans son intervention, le responsable a dressé un tableau sombre de la situation nationale. « Ces dernières années, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, traverse une période difficile », a-t-il souligné. Il a évoqué une crise économique aiguë et des tensions politiques marquées par l’arrestation d’opposants, contribuant à instaurer un climat d’incertitude et de frustration généralisée.

Le mouvement alerte également sur la dégradation continue des conditions de vie. La flambée des prix des denrées de première nécessité — riz, huile, sucre — touche durement les ménages les plus modestes. Le chômage des jeunes demeure préoccupant, accentuant le sentiment d’abandon, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales.

« Les femmes, notamment dans les campagnes, peinent à écouler leurs produits agricoles, et de nombreux jeunes n’envisagent d’avenir qu’à travers l’émigration clandestine », a déploré M. Gadiaga.

À travers cette opération de remobilisation, le mouvement Taxawu Sénégal espère reconquérir sa base, élargir son électorat et s’imposer comme une alternative crédible lors des prochaines élections locales. À Kaolack, la dynamique semble enclenchée, mais le défi reste de taille dans un contexte national aussi fragile qu’incertain.

Birahim Seck tacle Ousmane Sonko : « Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Au lendemain du discours musclé d’Ousmane Sonko lors de l’installation du Conseil national de Pastef, la société civile, par la voix de l’un de ses membres les plus en vue, a tenu à répondre avec fermeté. Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil, a sèchement recadré le Premier ministre sur sa page X (anciennement Twitter), dénonçant ses attaques contre la société civile sénégalaise.

Dans un message tranchant, Birahim Seck a accusé Ousmane Sonko de se servir de la société civile comme d’un bouc émissaire pour masquer ses difficultés à gouverner :

« Arrêtez de prendre la Société Civile pour prétexte de votre impuissance aiguë à gouverner. Elle était là avant vos cris de tribune et elle survivra à la PETITE loi que vous proposerez… »

Une déclaration cinglante, en réponse aux propos d’Ousmane Sonko qui, la veille, avait vivement critiqué certaines organisations de la société civile, les accusant d’être silencieuses, voire complices, face à ce qu’il qualifie de “manœuvres hostiles contre le pouvoir légitime”.

Dans sa publication, Birahim Seck ne s’arrête pas là. Il conclut avec une attaque frontale contre le style et la posture politique du chef du gouvernement :

« Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère, sans profondeur et sans cap. »

Cette sortie traduit le malaise grandissant entre une partie de la société civile et le nouveau pouvoir. Si Ousmane Sonko et ses alliés ont longtemps bénéficié du soutien implicite ou explicite de certains activistes dans leur combat contre le régime précédent, la donne semble aujourd’hui avoir changé. Les critiques se multiplient sur la manière dont le gouvernement gère les affaires publiques depuis son installation.

Dans un contexte où les attentes sont énormes, cette passe d’armes révèle également les tensions autour des réformes institutionnelles annoncées, notamment celle visant à mieux encadrer l’action de la société civile et de certains corps intermédiaires. Pour Birahim Seck, il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à museler les voix critiques sous couvert de réformes.

Sénégal – Arrestation de Badara Gadiaga : le parti Rewmi dénonce une dérive autoritaire et réclame sa libération immédiate

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga continue d’alimenter un vif débat national, tant elle cristallise les tensions autour des questions de liberté d’expression au Sénégal. Depuis sa garde à vue survenue avant-hier, les réactions fusent de toutes parts, notamment dans les milieux politiques, les cercles de la société civile et parmi les défenseurs des droits humains.

Parmi les premières voix à dénoncer cette arrestation, celle du parti Rewmi, dirigé par l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental, Idrissa Seck. Dans un communiqué publié ce jeudi, la formation politique n’a pas mâché ses mots, fustigeant ce qu’elle considère comme une “atteinte grave à la liberté d’expression”.

« Le parti Rewmi constate une récurrence des atteintes aux libertés publiques, dont la dernière en date est la convocation de Badara Gadiaga. Nous condamnons cette attitude des nouvelles autorités et demandons sa libération sans délai », peut-on lire dans le communiqué.

Rewmi s’inquiète d’un climat politique de plus en plus tendu, où les voix critiques feraient l’objet d’un harcèlement judiciaire. Selon le parti, cette dynamique fragilise les fondements d’un débat démocratique sain et pluraliste.

En apportant son soutien total à Badara Gadiaga, le parti étend également sa solidarité à toutes les personnes poursuivies ou détenues pour avoir exprimé des opinions dissidentes. Cette posture traduit, selon Rewmi, une volonté de préserver l’espace civique et de prévenir toute dérive autoritaire, même sous un régime issu d’un changement démocratique récent.

La mise en cause de Badara Gadiaga fait suite à des propos tenus dans l’émission Jakaarlo, diffusée sur la TFM. Bien que les autorités n’aient pas encore officiellement communiqué sur les motifs exacts de sa garde à vue, de nombreux observateurs estiment qu’il s’agit là d’une tentative d’intimidation, destinée à restreindre la parole publique.

Des organisations de la société civile, des journalistes et des acteurs politiques, comme Khalifa Sall et Pape Djibril Fall, ont eux aussi élevé la voix contre cette détention, parlant de “menace contre les droits fondamentaux”.

Dans son communiqué, le parti Rewmi appelle les Sénégalais à “rester vigilants face à toute tentative de remise en cause des acquis démocratiques obtenus de haute lutte”. Il exhorte également le gouvernement à faire preuve de retenue et à respecter scrupuleusement les principes de l’État de droit.

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Ousmane Sonko frappe fort au King Fahd Palace : ses proches lui renouvellent un soutien sans faille

C’est un Premier ministre au ton tranchant et résolument offensif qui a présidé, ce mercredi, la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef, tenue au prestigieux King Fahd Palace. Ousmane Sonko, fidèle à son style direct, n’a épargné personne : ni la société civile, ni la presse, ni même son propre gouvernement, encore moins le président de la République.

Dans un discours aux allures de réquisitoire, Sonko a dénoncé avec fermeté ce qu’il considère comme des dérives internes et des complots externes. Sa cible principale : ceux qu’il soupçonne de trahison ou d’abandon des idéaux de rupture et de transformation pour lesquels le peuple a voté. Une sortie qui a provoqué un large écho sur la scène politique et médiatique.

Peu après cette adresse musclée, plusieurs figures de Pastef et du gouvernement ont affiché publiquement leur adhésion au discours du Premier ministre, le présentant comme un acte de vérité et un rappel nécessaire à la discipline et à l’engagement.

Parmi eux, Pape Alé Niang, directeur général de la RTS, a sobrement partagé une citation de Sonko en y ajoutant : « Le devoir de servir, l’obligation de redresser », une manière de rappeler que les responsabilités institutionnelles doivent s’aligner avec les valeurs fondatrices du régime.

Guy Marius Sagna, député connu pour sa radicalité et sa fidélité aux principes de justice sociale, a été encore plus explicite : « Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements. » Une formule martelée comme un serment de combat.

Du côté des responsables exécutifs, Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar, a salué « un Premier ministre très fort », accompagné d’un émoji cœur. Il a également relayé un slogan qui prend de l’ampleur dans les cercles sonkistes : « Le redressement en marche. »

Mais c’est sans doute Abass Fall, figure historique du parti, qui a livré le message le plus personnel et le plus enflammé. « Loyauté vis-à-vis de cet homme qui a tout donné à son pays. Tambali thi moom, yam thi moom ! Notre maître à penser ! », a-t-il lancé, avant de prévenir : « Rien ne se fera dans ce pays sans toi ! Les conspirations du système pour t’isoler ne passeront pas. »

À travers cette offensive verbale et le soutien immédiat de ses alliés, Ousmane Sonko semble envoyer un double signal. À ses partisans d’abord, qu’il appelle à la vigilance, à la loyauté et à la rigueur dans l’action. Mais aussi à l’establishment politique et aux relais institutionnels, qu’il accuse de vouloir ralentir, voire saboter, l’élan de transformation engagé depuis l’élection du président Diomaye Faye.

Khalifa Sall dénonce la détention de Badara Gadiaga : « Une fracture dans le socle du droit »

Le président du mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier. Dans une déclaration ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien sans réserve au journaliste, pointant du doigt une atteinte grave aux libertés fondamentales.

« Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a écrit Khalifa Sall dans un texte diffusé ce jeudi.

Pour le leader socialiste, la mise en garde à vue de Badara Gadiaga dépasse le simple cadre judiciaire. Elle révèle, selon lui, une dérive inquiétante du pouvoir en place qui, au lieu de garantir les droits, chercherait à museler les voix dissidentes.

« Ce n’est pas une simple injustice, mais une fracture dans le socle du droit », a-t-il martelé, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Khalifa Sall s’inscrit ainsi dans la lignée de nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et journalistes, qui ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime. L’ancien député appelle à un respect strict des droits des personnes arrêtées, y compris ceux qu’il qualifie de prisonniers d’opinion.

« Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il ajouté.

En conclusion, Khalifa Sall exige la libération immédiate de Badara Gadiaga ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. Il appelle à un sursaut démocratique et à la restauration d’un climat de dialogue et de liberté, sans lequel, selon lui, aucune démocratie ne peut survivre.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

Crise au sommet : Madiambal Diagne met Diomaye Faye au pied du mur

La dernière sortie d’Ousmane Sonko continue de susciter des réactions tranchées dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Au cœur de cette tempête, le journaliste Madiambal Diagne a pris la parole pour adresser une mise en garde directe au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Dans une déclaration sans détour, Madiambal Diagne estime que le Président de la République n’a désormais plus d’autre issue que de trancher dans le vif. « Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : Le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef… Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a-t-il déclaré.

Ces propos, lourds de conséquences, interviennent dans un climat politique tendu, où les déclarations incendiaires du Premier ministre Sonko ont profondément clivé l’opinion. En ciblant une large frange des institutions et des forces vives de la Nation, Sonko semble avoir élargi le fossé qui le sépare non seulement de l’opposition mais également de certains cercles de la société civile et des médias.

GFM à Sonko : « Nous opposons notre métier à vos menaces »

Le bras de fer entre Ousmane Sonko et le Groupe Futurs Médias (GFM) prend une nouvelle tournure. Après que le leader de Pastef a, sans le nommer, appelé ses partisans à bouder le groupe médiatique, estimant qu’il mène une campagne contre son parti, la riposte ne s’est pas fait attendre. Dans un éditorial publié ce vendredi, le quotidien du groupe monte au créneau, dénonçant un « appel explicite au boycott » et une tentative de mise au pas de la presse.

L’éditorial ne mâche pas ses mots : « Ce n’était ni un écart d’humeur, ni une parole de trop. C’était un acte politique calculé. » Pour GFM, les attaques du Premier ministre relèvent d’une stratégie assumée visant à discréditer le groupe et à l’exclure du débat public. Une « déclaration de guerre » dont les racines remontent, selon le texte, à plusieurs années de tensions et de soupçons d’hostilité entretenue par Ousmane Sonko à l’égard de la presse privée.

GFM reconnaît ses erreurs passées, notamment dans le traitement de l’affaire Tullow Oil, mais refuse d’en faire un péché éternel. « Cette critique, oui, est légitime. Mais elle ne saurait être érigée en faute originelle », insiste le texte, rejetant l’idée d’une culpabilité permanente.

L’éditorial accuse Sonko de faire dans la stigmatisation, le populisme et la manipulation des perceptions. Il dénonce un procédé visant non pas à améliorer la presse, mais à l’intimider et à l’étiqueter comme ennemie du peuple.

Face aux attaques, GFM réaffirme son attachement au pluralisme politique et à l’indépendance rédactionnelle. « Nous ne boycotterons pas Pastef. Pas plus que nous ne boycotterons l’APR, le FDR, l’opposition ou le pouvoir », peut-on lire. La rédaction se dit prête à couvrir aussi bien les victoires que les dérives, en toute liberté.

L’éditorial évoque également la mémoire d’un ancien collaborateur, feu Ibrahima Diakhaby, qui avait été un soutien de Sonko, comme symbole de la diversité des opinions acceptées au sein du groupe.

La réponse de GFM se termine sur une mise au point sans ambages : la liberté de la presse n’est ni une faveur ni une concession politique. « Ce droit, vous n’avez pas à nous l’octroyer. […] Ce droit est durable, irréversible, constitutionnel. Et nous le tiendrons debout. »

TENSIONS POLITIQUES : Sonko vacille sous l’effet Gadiaga

Ousmane Sonko, figure de proue de la nouvelle gouvernance, semble de plus en plus déstabilisé par une montée en puissance qu’il n’avait sans doute pas anticipée : celle du chroniqueur Badara Gadiaga. Le Premier ministre, qui s’était illustré ces dernières années par sa verve et son aisance dans les rapports de force politiques, donne désormais l’image d’un homme dépassé, sur la défensive, et parfois même à la limite de la provocation.
Face à la vague de soutien populaire dont bénéficie Gadiaga, actuellement sous le coup d’une garde à vue prolongée pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, Sonko a perdu de sa superbe.
Avant-hier, devant les locaux de la Division spéciale de la Cybersécurité (DSC), la scène était pourtant saisissante : un flot impressionnant de personnes ont fait le déplacement pour apporter leur soutien à celui qu’ils considèrent comme une voix libre et audacieuse. Un raz-de-marée humain que même les plus sceptiques peinent à ignorer. Mais Ousmane Sonko, dans un déni qui frôle l’aveuglement, a balayé la réalité d’un revers de main en affirmant : « à 20 heures, il n’y avait même pas trois personnes là où il y avait l’audition. » Un propos qui en dit long sur la gêne du chef du Gouvernement, d’autant plus qu’il s’est lancé dans une série d’attaques violentes, allant jusqu’à qualifier une frange de la société civile de « fumiers » ; un vocabulaire qui tranche avec l’image d’un homme d’État censé rassembler. Sonko est allé plus loin en brandissant la menace d’une loi visant à interdire les financements étrangers à destination de la société civile.
Par ailleurs, il a ouvert un nouveau front en déclarant la guerre au Groupe Futurs Médias (GFM), accusé de collusion avec ses détracteurs.
Pendant ce temps, Badara Gadiaga, de son côté, continue de tenir tête. Selon des informations obtenues par « Dakarois Quotidien », le chroniqueur aurait refusé de répondre aux enquêteurs sur ses avoirs, estimant avoir déjà signé un procès-verbal lors d’une précédente garde à vue.
La Dakaroise

Ousmane Sonko sur la situation nationale : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité »

Face aux critiques croissantes et aux appels à sa démission, le Premier ministre Ousmane Sonko a répliqué avec fermeté ce jeudi 10 juillet 2025, lors de la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Se positionnant au cœur du débat politique, il a rejeté l’idée d’une crise généralisée au Sénégal, pointant plutôt un déficit d’autorité de l’État comme cause principale des tensions actuelles.

« Leur seul problème, c’est moi », a-t-il lancé, visant une partie de l’opposition qu’il accuse de nourrir une obsession à son encontre. Pour Sonko, ses détracteurs cherchent à l’écarter pour mieux affaiblir le Président Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, cette stratégie ne prospérera pas car le pays n’est pas en crise au sens propre : « Le Sénégal n’a pas de crise, il a un problème d’autorité. Il est temps de prendre nos responsabilités », a-t-il martelé, appelant à un sursaut de gouvernance et à la restauration de l’autorité publique.

Sur sa situation personnelle, Ousmane Sonko a balayé d’un revers de main toute idée de départ : « Que ceux qui espèrent ma démission déchantent. Je ne reculerai pas d’un pas », a-t-il affirmé, se disant prêt à continuer le combat politique, même depuis l’hémicycle. Il a également souligné que seul le Président Diomaye Faye, en tant que détenteur des pouvoirs constitutionnels, pourrait mettre fin à sa fonction de chef du gouvernement. Mais jusqu’à nouvel ordre, il reste pleinement engagé.

En conclusion, Sonko a revendiqué une triple légitimité : celle issue des urnes lors des élections législatives, celle de sa nomination au gouvernement, et celle de son engagement politique de longue date. Dans un contexte de tension et d’attaques verbales entre camps adverses, cette sortie vise à resserrer les rangs au sein de Pastef, tout en réaffirmant son rôle de figure centrale du pouvoir actuel.

Pastef en tension : Sonko dénonce des clans internes et alerte sur la dérive du parti

Le leader de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a livré un discours sans détour ce jeudi, à l’occasion d’une rencontre de son parti, en exprimant son inquiétude face à l’évolution interne de la formation politique. Alors que le pouvoir est désormais entre les mains de l’ex-opposition, Sonko déplore un relâchement général, un manque d’initiative face aux attaques extérieures, et surtout, l’émergence de divisions qu’il juge dangereuses.

Selon lui, une partie des militants et responsables se laisse gagner par l’inaction et les calculs personnels. « Pendant qu’on nous attaque de toutes parts, le parti tarde à réagir. Les rares réactions viennent des jeunes sur les réseaux sociaux, souvent sans responsabilités officielles », a-t-il fustigé. Il a également mis en garde contre des agissements qu’il lie à des financements occultes : « Certains reçoivent des financements pour semer le désordre dans le pays. »

Le Premier ministre a été encore plus virulent à l’égard de ce qu’il considère comme une dynamique de sabotage interne. Il affirme avoir identifié des individus au sein même de Pastef qui, mus par des ambitions présidentielles pour 2029, formeraient déjà des clans dans l’ombre. « Ils ne représentent qu’une minorité, mais ils s’activent déjà pour la présidentielle, au point de déstabiliser nos bases. Je les connais », a-t-il déclaré avec fermeté.

Ousmane Sonko a conclu son propos par un appel au sursaut collectif, demandant aux membres du parti de revenir à l’esprit de discipline, de loyauté et de solidarité qui les avait unis durant les années de lutte. « Ce n’est pas normal que le pouvoir nous divise alors que l’opposition nous avait soudés », a-t-il averti, tout en réaffirmant sa détermination à défendre les fondements de Pastef contre toute tentative de fragmentation interne.

Sonko promet une loi contre le financement étranger des ONG et annonce des réformes ambitieuses

Lors de l’installation officielle du Conseil national de Pastef-Les Patriotes, ce jeudi, Ousmane Sonko a exprimé son exaspération face à ce qu’il considère comme l’influence excessive d’une partie de la société civile sénégalaise sur la gouvernance nationale. S’exprimant devant ses partisans, le Premier ministre a dénoncé le poids jugé disproportionné de ces organisations dans l’espace public, les accusant de vouloir dicter l’action gouvernementale.

« Le système reste encore en place et une partie de la société civile continue d’exercer une pression constante. Nous sommes arrivés au pouvoir après un long combat et sur la base d’un projet clair, mais certains veulent désormais gouverner à notre place », a déclaré Ousmane Sonko, estimant que cette situation était sans équivalent à l’international.

Dans une offensive politique assumée, le leader de Pastef a annoncé qu’il préparait une proposition de loi destinée à interdire le financement étranger des organisations de la société civile sénégalaise. Selon lui, ces financements seraient un moyen de peser sur l’action de l’État. « Ils sont financés de l’extérieur pour surveiller l’État dans toutes ses actions. Leurs rapports ne sont destinés qu’aux bailleurs », a-t-il affirmé, promettant de s’attaquer frontalement à ce qu’il qualifie de dérive.

Ousmane Sonko a enfin réitéré sa volonté de mener des réformes profondes dans le cadre du mandat confié par les électeurs sénégalais. Il a assuré que le gouvernement n’hésiterait pas à affronter les puissances d’influence, qu’elles soient locales ou étrangères, afin de préserver la souveraineté et l’indépendance du pays.

Magistrature : Ousmane Sonko dément toute demande d’audience avec l’UMS et assume ses propos

Le Premier ministre et leader de Pastef, Ousmane Sonko, a profité de l’installation du Conseil national de son parti ce jeudi pour réagir aux rumeurs selon lesquelles il aurait sollicité une rencontre avec l’Union des magistrats du Sénégal (UMS). D’un ton ferme, il a balayé ces allégations qu’il juge infondées.

« Je n’ai jamais sollicité une audience avec l’UMS », a-t-il déclaré sans détour devant ses militants et cadres de Pastef. Rappelant qu’il a toujours assumé ses positions vis-à-vis de l’appareil judiciaire, Ousmane Sonko a précisé qu’en tant qu’opposant puis responsable politique, il n’a jamais hésité à dire ce qu’il pensait du fonctionnement de la justice sénégalaise. Pour lui, il est essentiel de faire la distinction entre la magistrature, qu’il décrit comme une composante seulement, et la justice dans son ensemble.

Le chef du gouvernement est également revenu sur le rôle qu’ont joué certains magistrats sous l’ancien régime. Il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice, qui, selon lui, a permis d’emprisonner des innocents et d’empêcher des candidatures politiques, sans susciter de réaction de la part des corps concernés. « Il y a deux ans, certains magistrats se laissaient instrumentaliser sans jamais protester. C’est maintenant qu’ils trouvent leur voix ? », s’est-il interrogé.

Réaffirmant sa détermination à assumer tous ses propos, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne craint pas d’exprimer ses convictions, ni de porter un regard critique sur les dérives passées. Pour lui, la justice doit être au service de l’État de droit et non un instrument de règlement de comptes politiques.

Ousmane Sonko somme Pastef de boycotter les médias hostiles et promet de leur « faire face »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu ce jeudi 10 juillet 2025 une déclaration au ton particulièrement ferme à l’endroit des médias qu’il accuse de s’acharner contre son parti. Déterminé à rompre avec une pratique qu’il considère contre-productive, le chef du gouvernement a intimé l’ordre à ses partisans de ne plus fréquenter les plateaux télévisés de certaines chaînes qu’il estime ouvertement hostiles au Pastef.

Ousmane Sonko a rappelé qu’il avait déjà exprimé ce point de vue lorsqu’il était dans l’opposition, sans pour autant être entendu. Il a souligné que la progression politique de Pastef n’a jamais dépendu de ces médias traditionnels, mais qu’elle s’est bâtie grâce à la mobilisation numérique de la jeunesse sénégalaise. Selon lui, la présence récurrente de ses responsables dans des émissions hostiles n’a pas empêché que ces chaînes continuent à nourrir un discours systématiquement critique contre le parti. Il a cité l’exemple du débat télévisé impliquant le chroniqueur Badara Gadiaga et le député Amadou Bâ, où ce dernier, dit-il, a dû se défendre seul face à une atmosphère qu’il juge partiale et agressive.

Dans sa prise de parole, le Premier ministre a accusé ces télévisions d’avoir toujours cherché à nuire au Pastef. Il s’est interrogé sur les motivations réelles de ceux qu’il considère comme des adversaires acharnés et a dénoncé l’acharnement médiatique contre sa formation. Selon lui, si la presse avait eu le pouvoir d’orienter la volonté populaire, Pastef n’aurait jamais connu l’ascension qui l’a conduit à la tête du pays. Il a également précisé qu’il ne met pas toute la presse dans le même sac, mais qu’il vise spécifiquement des médias qui, selon lui, ont pris fait et cause contre le projet politique qu’il porte.

Ousmane Sonko a conclu en réaffirmant qu’il assumait pleinement cette position de fermeté. Il a annoncé qu’il mènerait lui-même le combat contre les dérives qu’il impute à ces télévisions, promettant de s’opposer frontalement à celles qu’il juge déterminées à nuire à son action gouvernementale. Selon lui, cette ligne de tolérance zéro est désormais la seule réponse appropriée à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation et de déstabilisation. Il a enfin mis en garde ceux qui espèrent que le gouvernement restera passif face à ces attaques, en martelant qu’ils se trompent lourdement.

Ousmane Sonko hausse le ton : tolérance zéro face aux attaques médiatiques et mise en garde directe au Président Diomaye

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de rompre le silence et d’adopter une posture ferme. Agacé par ce qu’il qualifie de « climat médiatique nuisible et malsain », il a annoncé qu’il n’y aurait désormais plus aucune tolérance face aux attaques personnelles dont il se dit victime. Dans une déclaration musclée, il a dénoncé avec virulence les propos qu’il juge répétés et injustifiés à son encontre, accusant certaines plumes et voix médiatiques d’entretenir volontairement la confusion et la haine.

Prenant la parole sur un ton particulièrement offensif, Ousmane Sonko a mis en avant sa position institutionnelle et sa vie privée pour justifier cette nouvelle ligne de fermeté. Il a estimé qu’il était inadmissible, pour un homme investi de responsabilités nationales et internationales, d’être constamment la cible d’invectives et d’insultes publiques. « Pour quelqu’un qui est père d’un garçon en âge de se marier, qui a lui-même des épouses et assume d’importantes responsabilités en représentant le Sénégal à l’international, il est inadmissible d’être la cible d’individus proférant toutes sortes d’insanités », a-t-il dénoncé.

Le Premier ministre a ensuite dirigé ses flèches vers certains acteurs de la société civile, qu’il a désignés comme responsables d’une partie de cette escalade verbale. Sans détour, il les a qualifiés de « fumiers », estimant qu’ils avancent masqués derrière des causes prétendument citoyennes alors qu’ils poursuivraient en réalité des intérêts politiques. Sonko a prévenu que son gouvernement ne resterait plus passif face à ces attaques qu’il juge attentatoires à la dignité des institutions et à sa personne. « Quiconque pense que nous allons rester passifs face à ces agissements se trompe lourdement », a-t-il lancé.

Enfin, dans un avertissement qui n’est pas passé inaperçu, il a interpellé le président Bassirou Diomaye Faye en l’appelant à prendre ses responsabilités pour réguler la situation et faire cesser ce qu’il décrit comme des dérives médiatiques dangereuses pour la stabilité du pays. Ousmane Sonko a clairement signifié que, si des mesures concrètes n’étaient pas prises rapidement, il se réservait le droit d’agir lui-même. Il a conclu en comparant cette situation à celle des grandes démocraties, soulignant que « même dans les démocraties les plus avancées à travers le monde, ce genre de dérives ne serait jamais toléré ». Ces propos tranchants illustrent un tournant dans sa communication et laissent présager une intensification du bras de fer entre le gouvernement et certains segments de la presse et de la société civile.

Dérives autoritaires et économie en panne : la CDS tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut républicain

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) est sortie de sa réserve ce jeudi à Dakar. Dans un contexte politique marqué par une succession d’arrestations de chroniqueurs et une crispation palpable du climat national, la coalition de partis de gauche a tenu une conférence de presse pour exprimer sa profonde inquiétude.

Face aux journalistes, Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), a livré une analyse sévère de l’état du pays. Selon lui, le Sénégal traverse une période critique sur tous les plans. Il a pointé « des dérives autoritaires en cours », une économie qu’il juge « à l’arrêt », ainsi qu’une diplomatie qu’il estime en « régression inquiétante ». Pour Nicolas Ndiaye, le régime en place, depuis sa prise de fonction, tâtonne sans orientation claire et sans cohérence dans la conduite des affaires publiques.

Le responsable politique est allé jusqu’à affirmer que le pays est « en danger » à plusieurs niveaux. Il a insisté sur le fait que le Sénégal est fragilisé sur le plan démocratique, avec des atteintes répétées aux libertés et aux droits humains, mais aussi sur le plan économique et social, où la pauvreté et le chômage accentuent la défiance envers les institutions. Selon la CDS, cette situation installe un climat de peur et d’incertitude qui menace la stabilité et la cohésion nationale.

Face à ce qu’ils considèrent comme une crise profonde et multiforme, les leaders de la CDS estiment qu’un silence serait coupable. Nicolas Ndiaye a martelé qu’il était urgent d’appeler à un « sursaut républicain » pour engager une refondation morale et opérationnelle de l’action publique. Selon lui, taire les dérives actuelles reviendrait à trahir les principes qui fondent l’engagement des partis progressistes : la défense de l’intérêt général, la sauvegarde de la démocratie et l’exigence d’une gouvernance républicaine exemplaire. La CDS promet de poursuivre la mobilisation citoyenne afin de préserver les acquis démocratiques et de mettre fin à l’immobilisme économique qui plombe le pays.

Pape Djibril Fall dénonce la garde à vue de Badara Gadiaga : « Ce n’est pas une démocratie, c’est une dérive autoritaire »

Le député Pape Djibril Fall a, une nouvelle fois, exprimé son soutien indéfectible au chroniqueur Badara Gadiaga, toujours retenu en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Ce jeudi, il s’est rendu devant les locaux de ladite division, renouvelant une présence déjà remarquée la veille. L’élu a vigoureusement dénoncé une arrestation qu’il juge injustifiée et profondément alarmante pour l’état de la démocratie au Sénégal.

« Ce qui se passe aujourd’hui ridiculise l’État du Sénégal. Cela ridiculise Ousmane Sonko, son camp, et son clan », a-t-il lancé devant la presse. Selon lui, le placement en garde à vue de Badara Gadiaga pour avoir interprété une décision de justice en langue nationale est non seulement disproportionné, mais surtout révélateur d’une dérive institutionnelle.

Pour Pape Djibril Fall, l’affaire dépasse de loin le cadre judiciaire. « Ce n’est pas une démocratie, c’est anticonstitutionnel. On n’acceptera pas qu’on fasse du Sénégal une dictature », a-t-il affirmé avec gravité, pointant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Il accuse notamment le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, d’agir sous les ordres du pouvoir exécutif, évoquant une perte d’indépendance de l’appareil judiciaire : « On lui donne des ordres, il exécute. »

Dans une déclaration forte, le député a également salué la posture de Badara Gadiaga, qu’il décrit comme un homme digne et déterminé : « Il est très serein, c’est un combattant. Sa culture politique, son parcours, ses efforts pour ce pays dépassent largement ceux de Sonko. »

Pape Djibril Fall appelle enfin à un recentrage du débat national sur les vraies urgences du moment : l’emploi, la stabilité économique et le respect des droits fondamentaux. Il déplore que, pendant que des milliers de Sénégalais perdent leur travail, le pouvoir semble plus préoccupé par des règlements de comptes politiques que par la gestion des crises sociales.

Affaire Gadiaga : La Nouvelle Responsabilité dénonce une atteinte à la liberté d’expression

Le mouvement politique s’indigne de la garde à vue du chroniqueur et appelle à la défense des libertés publiques.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le mouvement La Nouvelle Responsabilité a vivement réagi à la garde à vue de Badara Gadiaga, chroniqueur à l’émission Jakaarlo, interpellé par la Division spéciale de la cybercriminalité pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs.

« La garde à vue de M. Gadiaga, à la suite de son audition par la Division Spéciale de la cybercriminalité, est une atteinte préoccupante à la liberté d’expression. Badara Gadiaga n’a fait qu’exercer un droit fondamental : celui de s’exprimer », déclare le mouvement dans sa note.

Se joignant à de nombreuses voix au sein de l’opposition, La Nouvelle Responsabilité condamne ce qu’elle qualifie de dérive liberticide et appelle à une mobilisation pour la sauvegarde des droits fondamentaux. « Dans une démocratie, aucune voix ne doit être muselée. Nous refusons la banalisation de l’intimidation contre les esprits libres et restons mobilisés pour défendre les libertés publiques. »

Enfin, le mouvement conclut sa déclaration en exprimant sa solidarité à l’endroit du chroniqueur ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions : « Tout notre soutien à Badara Gadiaga et à tous les autres détenus. La liberté ne se négocie pas. »

Arrestation de Badara Gadiaga : le Parti Rewmi dénonce une dérive et exige sa libération immédiate

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga continue de provoquer une vague d’indignation au Sénégal. Depuis son placement en garde à vue mercredi, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’atteinte à la liberté d’expression. Parmi elles, le Parti Rewmi est monté au créneau pour condamner fermement la démarche du pouvoir.

Dans un communiqué rendu public, la formation dirigée par Idrissa Seck déplore une « récurrence des atteintes aux libertés publiques » depuis l’installation des nouvelles autorités. Selon Rewmi, la convocation de Badara Gadiaga illustre une volonté manifeste de restreindre la parole libre et critique, pourtant garantie par la Constitution.

Le parti exige la libération sans délai du chroniqueur de la TFM et affirme lui apporter « son soutien total », ainsi qu’à toutes les personnes poursuivies ou détenues pour avoir exprimé leurs opinions. Pour Rewmi, le respect du droit fondamental à la liberté d’expression constitue un socle incontournable de la démocratie sénégalaise, que nul pouvoir ne saurait ébranler.

Alors que l’affaire prend une dimension nationale, le Parti Rewmi appelle les autorités à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue, plutôt que l’instrumentalisation de la justice pour museler les voix discordantes.

Adji Mbergane Kanouté au régime : « Les Sénégalais sont anxieux et impatients… mettez fin à ces convocations et arrestations »

Dans un contexte de crispation politique grandissante, l’Union pour le Développement du Sénégal / Authentique (UDS/A) sort de son silence pour adresser une mise en garde au pouvoir en place. Par la voix de sa présidente, Adji Mbergane Kanouté, la formation politique invite les autorités à recentrer leurs priorités sur les urgences économiques et sociales plutôt que sur les convocations et arrestations à répétition.

Dans un communiqué publié ce jeudi, l’UDS/A rappelle que les Sénégalais ont clairement tranché dans l’affaire Sweet Beauté en accordant leur confiance à Bassirou Diomaye Faye et à Ousmane Sonko lors de la présidentielle de mars et des législatives de novembre 2024. À ce titre, le parti considère que cette affaire est moralement, légitimement et définitivement close, et que le nouveau pouvoir doit tourner la page pour se concentrer sur les défis concrets.

Adji Mbergane Kanouté insiste sur la nécessité de répondre à la forte attente des populations : des ménages frappés par la cherté de la vie, des jeunes désillusionnés par le chômage, des familles vulnérables espérant le retour des bourses de sécurité familiale et des malades confrontés à un système de santé inaccessible. « Si on ne peut se passer des sujets politiques, le contexte difficile que vivent les ménages exige que le nouveau régime rassure les Sénégalaises et les Sénégalais, anxieux et impatients », affirme le communiqué.

L’UDS/A exhorte enfin les dirigeants actuels à mettre un terme aux mesures coercitives ciblant journalistes, chroniqueurs, opposants et membres de la société civile. Pour Adji Mbergane Kanouté, ces voix critiques sont les véritables poumons de la démocratie, et leur liberté conditionne la vitalité de l’État de droit.

Samba Sy met en garde contre les dérives du pouvoir : « Les ressorts essentiels de la Nation sont attaqués »

Dans une sortie remarquée dans L’Observateur, Samba Sy, ancien ministre et secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), aujourd’hui coordonnateur du Front pour la défense de la République (FDR), a lancé une sévère mise en garde contre ce qu’il qualifie de dérives préoccupantes du pouvoir en place. Selon lui, le Sénégal fait face à une crise politique et institutionnelle d’autant plus grave qu’elle provient de l’intérieur même de l’appareil d’État.

« Les ressorts essentiels de la Nation sont attaqués », a-t-il déclaré, soulignant que les menaces ne viennent plus d’acteurs extérieurs, mais de ceux qui « détiennent aujourd’hui les leviers de l’État ». L’homme politique estime que l’exercice du pouvoir a eu pour effet de « grossir les traits » de certains dirigeants et de révéler des comportements « inquiétants » qui mettent en péril la stabilité du pays.

L’ancien ministre a notamment dénoncé le climat délétère qui s’installe entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il a particulièrement critiqué les propos du Premier ministre Ousmane Sonko à l’endroit des magistrats, qualifiés d’« affligeants » et dangereux pour l’équilibre républicain. « Même un citoyen simple ne devrait pas s’exprimer ainsi », a-t-il martelé, estimant que « délégitimer la justice, c’est fragiliser tout l’édifice social ».

Au-delà de l’impact institutionnel, Samba Sy alerte également sur les conséquences économiques d’un tel discours. À ses yeux, les attaques verbales contre l’appareil judiciaire et les remises en cause systématiques de l’ordre établi nuisent à la confiance des investisseurs et à la stabilité économique. « Ce type de discours, porté pour faire ombrage au régime sortant, nous a valu le sort qui est le nôtre aujourd’hui », a-t-il conclu.

Alioune Sall dénonce une campagne de dénigrement contre Ousmane Sonko

Le membre de PASTEF fustige les attaques médiatiques « orchestrées par les anciens tenants du pouvoir » et réaffirme l’engagement du parti pour un Sénégal juste, souverain et transparent.

Chers compatriotes,

Une fois encore, notre Président de parti, Ousmane SONKO, fait l’objet d’attaques ignominieuses, injustifiées et malhonnêtes de la part d’individus sans visage, camouflés en chroniqueurs, mais dont l’unique mission est de semer le trouble et la division au Sénégal.

Ces politiciens encagoulés, serviteurs zélés d’un système moribond, instrumentalisent certains médias irresponsables pour tenter de salir l’honneur d’un homme et d’un mouvement qui incarnent l’espoir d’un Sénégal juste et souverain.

Cette stratégie de provocation permanente, orchestrée par ceux qui ont tenté un coup d’État institutionnel en février 2024, est inacceptable dans une République qui se veut démocratique.

Macky Sall, Amadou Bâ, Sidiki Kaba et leurs troubadours, installés à l’Assemblée nationale entre 2017 et 2024, pour servir leurs desseins inavouables, n’ont visiblement pas renoncé à leurs manœuvres destructrices.

Balayés par une volonté populaire irrépressible entre mars et novembre 2024, ils persistent dans leur obsession du chaos, utilisant des mercenaires médiatiques pour détourner l’attention des Sénégalais des véritables enjeux notamment la reddition des comptes et la fin de l’impunité pour les pillages et les falsifications dont ils se sont rendus coupables.

Mais qu’ils comprennent ceci, Pastef n’est pas dupe.

Aux Patriotes de Pastef, rappelons leur que notre engagement pour la transformation du Sénégal n’a jamais été aussi ferme.

Rappelons à ceux qui croient que le « Gatsa Gatsa » est rangé dans les tiroirs parce que nous assumons désormais les responsabilités gouvernementales qu’ils se trompent lourdement.

Chers Patriotes, disons à ceux qui imaginent que nous les laisserons entraver le Juub Jubaal Jubbanti, cette marche inexorable vers la justice et la transparence, doivent déchanter.

Comme le dit l’adage, « Qui peut le plus, ne saurait ne pas faire le moins ».

Notre projet de société, Inchallah se réalisera avec le peuple sénégalais, comme nous l’avons promis.

Face aux défis du développement, de la création de richesse partagée et de la souveraineté nationale, nous restons déterminés.

Et face aux manigances politiques de ces opposants couards, qui se cachent derrière des hurleurs de plateaux télévisés, notre réponse sera ferme, légale et républicaine.

Le Sénégal avancera, malgré les calculs mesquins de ceux qui refusent de voir émerger une nouvelle ère.

Notre Président de parti, aujourd’hui à la tête de l’exécutif, saura conduire cette bataille avec lucidité et courage, entouré de ses troupes et du peuple qui l’a porté au pouvoir.

À bon entendeur, salut.

Alioune SALL
Membre de PASTEF

Sénégal – Le PDS dénonce une dérive autoritaire et exige la fin des arrestations arbitraires

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a exprimé, ce mardi, sa « vive préoccupation » face à ce qu’il qualifie de « multiplication des arrestations et convocations arbitraires » visant des voix dissidentes. Dans une déclaration ferme et sans détour, la formation politique libérale dénonce des pratiques qu’elle assimile à « des dérives d’un pouvoir autoritaire » et appelle le président Bassirou Diomaye Faye à « prendre ses responsabilités ».

Selon le PDS, ces actes traduisent une volonté manifeste d’« instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins de répression », au détriment de la liberté d’opinion et d’expression, piliers jugés essentiels de toute démocratie. « Ce droit inaliénable ne peut être sacrifié au profit d’une volonté de contrôle ou de silence imposé », insiste le communiqué.

Fidèle à son histoire de lutte pour les libertés, le parti de Me Abdoulaye Wade réaffirme son attachement à la consolidation démocratique du Sénégal. « Nous n’accepterons jamais que les acquis chèrement obtenus par les générations passées soient remis en cause par des pratiques liberticides », martèle-t-il.

Dans cette logique, le PDS appelle le chef de l’État à mettre un terme immédiat à ce qu’il considère comme des « convocations et arrestations injustifiées », au nom d’un climat de liberté et de sérénité, indispensable selon lui à la cohésion nationale.

La déclaration intervient dans un contexte tendu, marqué par la convocation ce jour du chroniqueur Badara Gadiaga, dont le cas semble avoir été un élément déclencheur de la réaction du parti. Le PDS lui apporte un « plein soutien » et exige « la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion ».

Par ailleurs, le PDS exhorte les autorités à « se recentrer sur les véritables urgences » qui affectent le quotidien des Sénégalais. Il cite notamment « la flambée du coût de la vie, la précarité sociale, le chômage des jeunes, la crise du système éducatif et sanitaire » et souligne « la nécessité urgente d’une relance économique audacieuse ».

Sénégal – Talla Sylla : « Le peuple ne suivra que pour des avancées concrètes et palpables »

Dans une déclaration empreinte de gravité et de lucidité, l’ancien maire de Thiès, Talla Sylla, est revenu sur les causes profondes de la rupture entre le régime de Macky Sall et le peuple sénégalais. Pour le président du parti Jëf-Jël, la sanction électorale infligée à l’ancien pouvoir ne s’explique pas uniquement par les politiques économiques ou sociales, mais surtout par un bilan immatériel désastreux, marqué par les atteintes aux libertés et à la justice.

« Le Sénégal : une nation ancrée dans la liberté et la justice. Si le régime de Macky Sall a été sanctionné, c’est principalement en raison de son bilan immatériel », a-t-il affirmé.

Talla Sylla insiste sur la maturité démocratique du peuple sénégalais, qui a démontré à plusieurs reprises qu’il ne se laisse ni dominer, ni intimider durablement.

« Il ne faut jamais confondre un peuple silencieux avec un peuple qui se tait », a-t-il averti, en référence à ceux qui pensent que l’absence de soulèvement équivaut à l’acceptation.

L’homme politique rappelle que le Sénégal est le fruit de combats historiques pour la démocratie, et qu’il n’a pas attendu l’alternance de 2012 ou l’arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2014 pour exister politiquement.

« Le Sénégal n’est pas né en 2014. Nous en sommes à la troisième alternance démocratique, fruit du combat et des sacrifices de générations entières face à des adversités bien plus grandes. »

Dans une confession personnelle rare, Talla Sylla est revenu sur son propre parcours, marqué par la persécution politique.

« J’ai été interpellé, arrêté, emprisonné et même victime de tentatives d’assassinat à plusieurs reprises. Mais je suis resté inébranlable aux côtés des authentiques républicains et démocrates. »

Son engagement, dit-il, a toujours reposé sur la défense des principes républicains et la volonté de bâtir un Sénégal juste et équitable.

Talla Sylla se veut également pédagogique, citant une maxime comme une mise en garde contre les dérives autoritaires :

« D’une petite erreur on peut toujours faire une erreur monstrueuse, il suffit d’y insister, de lui trouver des justifications profondes, de la mener à son terme. »

Il appelle ainsi à rompre définitivement avec toute stratégie politique basée sur la domination et la peur :

« Il est grand temps de tourner le dos à une approche vouée à l’échec : celle de soumettre les Sénégalais. »

L’ancien ministre conseiller conclut son intervention par un appel clair à la nouvelle gouvernance, l’invitant à ne pas s’endormir sur le rejet du passé, mais à répondre aux attentes urgentes des citoyens.

« Notre peuple ne suivra que pour des avancées concrètes et palpables. Les Sénégalais aspirent à mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux se loger et mieux s’instruire. »

Visite de Diomaye Faye aux États-Unis : Gueum Sa Bopp annonce une manifestation à Washington ce 9 juillet

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye est attendu aux États-Unis pour une visite officielle sur invitation de son homologue américain, Donald Trump, le mouvement « Gueum Sa Bopp » entend faire entendre sa voix à Washington. Ce mardi 8 juillet, la Cellule des cadres du mouvement, dénommée « les Jambaars », a annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique dans la capitale américaine, prévue pour ce mardi 9 juillet, jour d’arrivée du chef de l’État sénégalais.

Face à la presse, les responsables de Gueum Sa Bopp ont précisé avoir saisi leurs « partenaires démocratiques » établis aux États-Unis pour coordonner cette mobilisation. Leur objectif est de sensibiliser l’opinion internationale sur ce qu’ils qualifient de « répression silencieuse qui se poursuit au Sénégal, malgré les promesses de rupture et de renouveau démocratique » formulées par les nouvelles autorités.

Cette initiative marque un tournant dans la posture du mouvement dirigé par Bougane Gueye Dany, qui a décidé de porter la contestation sur le plan international. En plus de la manifestation de Washington, le mouvement annonce une série d’actions diplomatiques. Dès ce jeudi, une tournée sera lancée auprès des représentations diplomatiques présentes à Dakar, ainsi que des organisations internationales spécialisées dans la défense des droits humains.

Les cadres de Gueum Sa Bopp ont également déclaré qu’« une délégation de haut niveau » serait dépêchée dans plusieurs pays pour saisir les instances internationales compétentes, avec l’appui de leurs antennes implantées dans la diaspora. Cette campagne de plaidoyer vise, selon eux, à « alerter le monde sur les contradictions et les dérives » qu’ils attribuent à l’actuel pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une série de tensions entre le pouvoir et certains segments de la presse et de la société civile, alimentées notamment par les convocations récentes de journalistes devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) et la mise en demeure adressée par le CNRA à la télévision TFM.

Aïssatou Tall Sall riposte à Sonko : « S’il cherche une opposition, la voilà ! »

Dans un climat politique déjà tendu, la passe d’armes entre Aïssatou Tall Sall et le Premier ministre Ousmane Sonko révèle l’ampleur du fossé qui sépare la majorité et l’opposition au Sénégal. En réaction aux propos de Sonko, qui affirmait récemment que « l’opposition n’existe plus dans ce pays », la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a choisi de répliquer sans ambages.

Face aux militants et journalistes réunis pour l’écouter, l’ancienne ministre a tenu à rappeler que l’opposition qu’elle incarne ne se résume pas à des agitations médiatiques, encore moins à des actes de violence. « Nous sommes bel et bien là, une opposition debout, ferme, déterminée — pas une opposition de pyromanes », a-t-elle martelé, dénonçant ce qu’elle considère comme une volonté délibérée de caricaturer toute voix critique.

Aïssatou Tall Sall a accusé Ousmane Sonko de vouloir amalgamer l’exercice démocratique normal de l’opposition avec les périodes de contestation violente que le Sénégal a connues ces dernières années. Pour elle, cette stratégie vise à délégitimer toute contestation et à museler les contradictions essentielles à la vitalité démocratique. « Si pour lui s’opposer c’est brûler, insulter et détruire, alors qu’il sache que ce n’est pas notre école », a-t-elle lancé, précisant qu’elle défend une ligne politique respectueuse des institutions, mais intraitable sur les principes républicains.

Soucieux de ne pas laisser l’opinion croire qu’il n’existe plus d’alternative politique crédible au pouvoir actuel, Aïssatou Tall Sall a rappelé que l’opposition qu’elle dirige n’a pas à rougir de son bilan ni de ses convictions. Selon elle, elle se distingue de celle qu’a incarnée le parti Pastef sous Macky Sall, par sa capacité à conjuguer fermeté et responsabilité. « L’opposition que nous portons est celle de la construction, du dialogue et de la fermeté démocratique, loin du chaos politique », a-t-elle précisé.

Dans un ton résolument offensif, elle a réaffirmé que Takku Wallu Sénégal ne se contentera jamais d’un rôle figuratif dans l’hémicycle et qu’elle compte continuer à interpeller le gouvernement à chaque manquement. « Nous ne sommes pas là pour applaudir, mais pour dénoncer chaque dérive, chaque écart, et rappeler que le Sénégal ne commence pas en 2024 », a-t-elle souligné, évoquant la nécessité d’honorer l’héritage démocratique et institutionnel accumulé depuis des décennies.

À travers cette sortie musclée, Aïssatou Tall Sall adresse un message clair au Premier ministre et à la majorité présidentielle : l’opposition existe, elle est organisée, et elle n’a pas l’intention de rester silencieuse. Dans un contexte politique marqué par la crispation et la méfiance entre camps rivaux, ses propos augurent d’une législature qui promet d’être particulièrement animée.

Assemblée nationale : Aïssatou Tall Sall tire la sonnette d’alarme et dénonce une dérive autoritaire

Aïssatou Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a livré une critique incisive et sans concession à l’issue de la session parlementaire qui vient de s’achever. Dans un discours empreint de gravité, elle a dénoncé une exclusion systématique de l’opposition et une concentration excessive du pouvoir entre les mains de la majorité parlementaire, qu’elle accuse d’œuvrer à « anéantir » toute voix dissidente. Avec ses 17 députés, Takku Wallu se présente comme une opposition responsable, engagée fermement dans la défense de l’intérêt général.

L’ancienne ministre et députée a pointé du doigt une Assemblée nationale « tirée par l’exécutif », dans laquelle les initiatives législatives émises par les députés sont largement marginalisées au profit de lois élaborées sous la seule influence du gouvernement, souvent sans débat réel ni prise en compte des propositions des parlementaires. Elle a dénoncé avec véhémence l’obstruction dont seraient victimes les propositions de loi, citant en exemple le rejet catégorique d’une proposition de loi portée par Thierno Alassane Sall. « Lorsqu’un député soumet un projet de loi, nous lui faisons obstacle. C’est inadmissible », a-t-elle insisté.

Aïssatou Tall Sall a également critiqué la conduite du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye. Elle l’a accusé de ne pas respecter le règlement intérieur en participant directement aux débats parlementaires, un comportement contraire à l’article 69 du règlement. Selon elle, le président confondrait son rôle institutionnel avec celui d’un militant du parti PASTEF, ce qui contribue à fragiliser la neutralité de la présidence de l’Assemblée. Elle a évoqué plusieurs épisodes tumultueux où, selon elle, Malick Ndiaye aurait outrepassé ses prérogatives, notamment en intervenant de manière partiale lors des discussions.

La présidente de Takku Wallu a rappelé que la mission essentielle de l’opposition n’est pas d’être un simple ornement au sein de l’Assemblée, mais bien de jouer un rôle de contrepoids rigoureux. Elle a souligné qu’une opposition responsable soutient toute initiative bénéfique pour le pays, mais qu’elle s’oppose fermement à toute mesure qu’elle juge néfaste. Elle appelle donc à ce que la prochaine session parlementaire soit marquée par un « respect rigoureux du règlement intérieur » et une reconnaissance authentique de la place de l’opposition dans les débats.

Sur le plan institutionnel, Aïssatou Tall Sall a vivement condamné les récentes attaques du Premier ministre Ousmane Sonko contre la justice. En sa qualité d’avocate, elle a exprimé son inquiétude face à la gravité de ces propos, soulignant que « le jour où la confiance dans la justice sera ébranlée, ce sera l’achèvement de la République ». Elle a plaidé pour un rétablissement rapide de la sérénité institutionnelle, un respect mutuel entre les différents pouvoirs, et la préservation des fondements de la République.

En conclusion, la présidente de groupe a lancé un appel solennel à tous les acteurs politiques pour qu’ils œuvrent à sauvegarder la dignité et la réputation de l’Assemblée nationale. Elle a insisté sur le fait que le respect des règles, la conduite neutre des séances et la reconnaissance pleine et entière de l’opposition sont autant de marques d’« élégance républicaine ». Takku Wallu Sénégal, tout en affirmant sa volonté de poursuivre son combat au sein du Parlement, exige désormais d’être traitée avec le respect que lui confère la Constitution.

Session parlementaire 2024-2025 : Takku Wallu Sénégal dresse un bilan critique et appelle à des réformes

À l’occasion de la clôture de la session ordinaire unique 2024-2025, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a dressé un constat sévère sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration prononcée par son vice-président, le député Djimo Souaré, le groupe a dénoncé une série de « dérives graves et répétées » qu’il impute à la majorité parlementaire et à la présidence de l’institution.

Selon Takku Wallu Sénégal, la session écoulée s’est caractérisée par un effacement quasi-total de l’initiative parlementaire, confisquée selon eux par l’exécutif. Le groupe dénonce une Assemblée nationale transformée en simple chambre d’enregistrement, incapable de garantir la séparation des pouvoirs. Il accuse le pouvoir exécutif d’avoir dicté le rythme des débats, orienté les priorités législatives et marginalisé les députés de l’opposition dans le processus décisionnel. Parmi les exemples cités figurent la suppression d’institutions constitutionnelles, le blocage systématique de propositions de loi émanant des députés, et des violations répétées du règlement intérieur.

Le groupe parlementaire a également pointé du doigt le comportement du président de l’Assemblée nationale, accusé d’avoir usurpé la parole au mépris de l’article 69 du règlement intérieur. Takku Wallu estime que ces interventions intempestives, souvent dirigées contre les députés de l’opposition, ont contribué à déséquilibrer les débats et à décrédibiliser l’hémicycle. Le non-respect de l’article 74, qui encadre les questions préalables, est également cité comme un exemple flagrant d’atteinte à l’équité dans les discussions. Dans ce contexte, les parlementaires de Takku Wallu ont exhorté le président de l’Assemblée à « prendre de la hauteur » et à rompre avec une stratégie de communication « vouée à l’échec ».

Réagissant aux accusations récentes selon lesquelles certains députés auraient perçu des indemnités exceptionnelles ou bénéficié de prêts à l’occasion des fêtes religieuses, Takku Wallu Sénégal a fermement démenti. « Aucun de nos membres n’a touché le moindre franc », a déclaré Djimo Souaré, précisant que le groupe avait décliné toute offre de prêt pour la Tabaski. Il a dénoncé une campagne de dénigrement orchestrée par des députés de la majorité, accusés d’alimenter la polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux, dans le but de ternir l’image des parlementaires de l’opposition.

Malgré ce climat tendu, le groupe n’a pas manqué de rendre hommage au président sortant Macky Sall. Il a salué son « courage politique » et son « rayonnement international », rappelant que Takku Wallu demeure solidaire de l’ancien chef de l’État. Enfin, les responsables du groupe ont tenu à féliciter l’ensemble de leurs membres pour leur engagement et leur implication durant cette session parlementaire particulièrement agitée.

À quelques mois de la prochaine rentrée parlementaire, les lignes de fracture semblent déjà bien tracées. Entre tensions politiques, rivalités internes et guerre des récits, la prochaine session s’annonce électrique. Takku Wallu Sénégal entend bien peser de tout son poids pour que les réformes institutionnelles soient à l’ordre du jour et que la démocratie parlementaire retrouve ses lettres de noblesse.

Manquements à l’Assemblée nationale et mainmise de l’exécutif : Takku Wallu charge El Malick Ndiaye

Le groupe parlementaire de l’opposition Takku Wallu Sénégal est monté au créneau ce lundi 7 juillet au siège de l’Alliance pour la République (APR) pour dénoncer ce qu’il qualifie de dérives graves dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, dont la session ordinaire 2024-2025 s’est achevée le 30 juin dernier. Dans une déclaration lue par le député Djimo Souaré, la formation parlementaire a dressé un réquisitoire sévère contre la présidence de l’institution, accusée d’être totalement sous l’influence de l’exécutif.

Selon Djimo Souaré, l’Assemblée nationale est devenue « une institution à la remorque du gouvernement ». Le parlementaire a pointé du doigt la multiplication d’initiatives émanant exclusivement de l’exécutif, au détriment de l’indépendance parlementaire. Il a cité la suppression de certaines institutions constitutionnelles, les levées d’immunité parlementaire jugées intempestives, et le blocage systématique des propositions de loi émanant de députés, notamment ceux de l’opposition. Le député a également dénoncé la violation répétée du règlement intérieur par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

Le groupe Takku Wallu estime que ces pratiques entachent gravement l’équité et le bon déroulement des débats démocratiques. Djimo Souaré a notamment rappelé le non-respect des dispositions de l’article 74 du règlement intérieur, qui autorisent l’auteur d’une question préalable à reprendre la parole après une intervention. Or, selon lui, ce droit a été systématiquement bafoué lors de plusieurs séances plénières.

Autre grief majeur formulé par l’opposition : la participation active du président de l’Assemblée nationale aux débats en séance publique. Takku Wallu estime que ces prises de parole, souvent orientées contre les députés de l’opposition, violent frontalement l’article 69 du règlement intérieur, qui interdit au président de commenter ou de répondre aux interventions des parlementaires.

Dans sa déclaration, le groupe a invité El Malick Ndiaye « à prendre de la hauteur » et à se départir d’une posture qu’il juge partisane et vouée à l’échec. Il a également mis en garde contre une stratégie de communication qu’il accuse de chercher à discréditer l’opposition et à travestir la réalité des débats parlementaires.

Enfin, Takku Wallu a tenu à lever toute équivoque sur les avantages financiers supposés des députés. Le groupe a formellement démenti l’existence d’une « indemnité de plénière de 100.000 francs CFA », affirmant qu’aucun de ses membres n’a jamais perçu une telle rémunération, ni sous la 14e législature ni dans l’actuelle 15e législature.

Par cette sortie, l’opposition confirme sa volonté de continuer à dénoncer publiquement ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire et un affaiblissement sans précédent du rôle de contrôle du Parlement sur l’action gouvernementale.

Madiambal Diagne lance un défi à Pastef : « Que Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian affrontent Badara Gadiaga sur Jakarlo »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a ravivé la tension politique autour de l’émission Jakarlo-bi en lançant un défi inédit aux responsables du parti Pastef. Sur les réseaux sociaux, il a proposé l’organisation d’un débat télévisé entre le chroniqueur Badara Gadiaga et deux figures de la mouvance présidentielle : Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian.

Cette sortie survient dans un contexte de polémique nourrie par une passe d’armes virulente entre Gadiaga et le député Amadou Bâ, membre du Pastef, lors d’une précédente émission. Les propos tenus à cette occasion, notamment ceux liés à l’affaire Adji Sarr – un dossier hautement sensible au Sénégal – ont suscité une vague d’indignation chez les partisans du parti au pouvoir. Plusieurs voix proches de Pastef ont publiquement réclamé que le procureur de la République s’autosaisisse du dossier.

Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position tranchées, estime pour sa part que la démarche du parti relève d’une tentative d’intimidation à l’égard du chroniqueur. Dans un ton à la fois sarcastique et provocateur, il déclare :

« Pastef souhaite que le Procureur vole à son secours pour faire taire Badara Gadiaga. Je propose un duo de choc Fadilou Keïta-Waly Diouf Bodian sur le plateau de Jakarlo pour rabattre le caquet à Badara. Le débat démocratique serait sauf et les juges resteraient à leur place. »

Cette proposition relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et sur la capacité des responsables politiques à affronter leurs contradicteurs sur des plateaux de télévision, dans un esprit de respect du pluralisme et du débat républicain.

Fadilou Keïta, militant actif de Pastef et très présent sur la scène médiatique, tout comme Waly Diouf Bodian, directeur général de l’ARTP et également connu pour ses prises de position tranchées, n’ont pour l’instant pas officiellement réagi à la provocation de Madiambal Diagne.

En attendant une réponse de la part des intéressés, cette invitation au débat, lancée dans un contexte de polarisation extrême, risque d’agiter encore davantage l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre presse, justice et acteurs politiques.

Amadou Bâ interpelle Diomaye et Sonko : « L’heure est à l’action »

L’ancien Premier ministre et candidat arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle, Amadou Bâ, sort de sa réserve pour adresser un message direct au tandem au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. À travers un communiqué de son mouvement La Nouvelle Responsabilité (NR), il invite les nouvelles autorités à sortir d’une posture d’observation pour entrer pleinement dans celle de l’action, face aux multiples urgences économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Dans un ton ferme mais républicain, Amadou Bâ rappelle que « la démocratie constitue un acquis fondamental pour le peuple sénégalais, fruit de luttes courageuses et de sacrifices considérables ». Un acquis, selon lui, qui fait la fierté du Sénégal sur la scène internationale. Il estime toutefois que cette démocratie reste perfectible et nécessite une vigilance constante, notamment en ce qui concerne l’équilibre institutionnel.

Citant le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Nouvelle Responsabilité met en garde contre toute tentative de déséquilibrer la séparation des pouvoirs, socle de l’État de droit. « Le dialogue entre institutions est légitime, mais il doit se faire dans le respect mutuel », soutient le communiqué.

Face à la multiplication des arrestations dans un climat politique encore tendu, Amadou Bâ et son mouvement appellent à la retenue et à la responsabilité. Sans nommer de cas précis, ils dénoncent des pratiques jugées « arbitraires » en matière de privation de liberté et d’atteinte à l’expression citoyenne. Le message est clair : ces méthodes risquent de saper la stabilité et d’éroder la confiance dans les institutions.

Le mouvement en appelle ainsi à « l’engagement de tous — partis politiques, société civile, citoyens — pour défendre les libertés fondamentales et renforcer l’État de droit ».

Sur le terrain économique, le ton est tout aussi alarmiste. Amadou Bâ estime que la situation actuelle est marquée par « des tensions croissantes dans plusieurs secteurs, des difficultés persistantes en matière de pouvoir d’achat, un chômage élevé chez les jeunes et un sous-investissement dans les services sociaux de base ».

Il appelle à une vision claire et partagée du développement, en plaidant pour un dialogue national dédié aux enjeux économiques et sociaux majeurs. L’objectif, selon la Nouvelle Responsabilité, est de construire des réponses durables aux attentes légitimes des populations.

Le mouvement revient également sur les mouvements sociaux récents dans les secteurs clés comme la Santé, l’Enseignement supérieur et la Justice. Il appelle à une prise en charge urgente des revendications, tout en insistant sur une mise en œuvre plus cohérente des politiques sociales.

En cette période d’hivernage, Amadou Bâ exhorte le Gouvernement à agir vite pour soutenir le monde rural : distribution d’intrants de qualité, appui technique, équipements agricoles, mais aussi un plan d’action robuste contre les inondations et pour l’amélioration des infrastructures.

Attaques contre Badara Gadiaga : Thierno Alassane Sall dénonce le « comportement sectaire » de Pastef

Le député et président de la République des valeurs (Rv), Thierno Alassane Sall, a vivement critiqué le Pastef, qu’il accuse d’entretenir un rapport opportuniste à l’État de droit et aux principes démocratiques. Dans une publication sur X, l’ancien ministre a dénoncé le « double discours » du parti dirigé par Ousmane Sonko, qu’il accuse de défendre la justice et les institutions uniquement lorsque cela sert ses intérêts.

« Pastef montre tous les jours sa véritable nature. Celle d’une secte qui pense que l’État de droit est une fiction à invoquer que lorsqu’il sert ses intérêts ou ceux de son gourou », a-t-il écrit.

Selon Thierno Alassane Sall, le mouvement au pouvoir a manqué une occasion de faire la démonstration de son attachement aux institutions après les critiques virulentes du Premier ministre contre certains magistrats. Il souligne qu’aucune voix n’a été élevée dans les rangs de Pastef pour réclamer l’autosaisine du procureur, alors que, selon lui, ces mêmes responsables politiques « le font avec excès dès qu’une parole heurte leurs chefs ».

Le député a également évoqué le cas du chroniqueur Abdou Nguer, qu’il présente comme victime d’un « acharnement judiciaire » et d’une incarcération prolongée pour des motifs qu’il juge infondés. Il estime que cette tendance à « l’intolérance aux opinions adverses » favorise la multiplication des prisonniers d’opinion.

Dans le même registre, Thierno Alassane Sall a dénoncé les pressions récentes visant Badara Gadiaga après ses propos critiques à l’égard du parti présidentiel. « Entre la République et leur parti, les Pastefiens ont choisi, et ils n’ont pas choisi la République », a-t-il accusé.

En conclusion, il a alerté sur les risques d’un affaiblissement durable du principe d’égalité devant la loi. « Désormais, tout donne à penser qu’au Sénégal la loi ne s’applique plus de la même façon à tous. Ceux qui détournent le regard auront demain leur part de responsabilité », a-t-il averti.

Djimbo Souaré sur le plan de redressement triennal de Sonko : « Il y a une incohérence »

Le député Djimbo Souaré, président du Conseil départemental de Goudiry, s’est interrogé publiquement sur le « plan de redressement triennal » présenté par le Premier ministre Ousmane Sonko dans un live diffusé sur les réseaux sociaux. Pour l’élu du groupe parlementaire Takku-Wallu, ce plan n’apparaît dans aucun des documents officiels examinés récemment à l’Assemblée nationale, notamment lors du débat d’orientation budgétaire.

Invité de l’émission Face au jury ce dimanche 6 juillet, Djimbo Souaré a rappelé que le samedi 28 juin 2025, les députés avaient adopté la loi de finances rectificative et débattu du Document de programmation pluriannuelle (DPP) 2025-2027. Or, selon lui, ce dernier ne fait nulle part mention d’un quelconque « plan de redressement ».

« Si le document annoncé par le Premier ministre est différent du DPP, il y a incohérence », a-t-il affirmé, visiblement agacé. Il s’interroge sur la cohérence institutionnelle entre l’exécutif et le Parlement : « Cela signifie-t-il que nos discussions à l’Assemblée n’avaient aucune importance ? Je me pose des questions sur la teneur et la fiabilité du document soumis au débat », a-t-il poursuivi.

Djimbo Souaré estime qu’il est urgent d’éclaircir les choses. À ses yeux, la clarté budgétaire est une exigence démocratique : « Il faut qu’on nous dise si le DPP est le même que le plan de redressement triennal. S’il s’agit de deux documents distincts, cela voudrait dire que le débat d’orientation budgétaire n’avait pas lieu d’être », a-t-il martelé.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte politisation du débat économique, alors que le gouvernement multiplie les annonces sur sa stratégie de transformation structurelle. Mais pour une partie de l’opposition, la communication de l’exécutif reste floue et parfois en décalage avec les procédures légale

Offensive politique coordonnée : le Pastef exerce-t-il une pression sur la justice pour l’arrestation de Badara Gadiaga ?

Le climat politique sénégalais connaît une nouvelle zone de turbulences après l’épisode tendu du dernier numéro de l’émission Jakaarlo. Le chroniqueur Badara Gadiaga s’y est retrouvé au centre d’un vif échange avec le député Amadou Bâ, membre influent du parti Pastef.

Depuis cet affrontement télévisé, plusieurs figures de premier plan de la majorité présidentielle, parmi lesquelles Waly Diouf Bodian et la députée Mame Bousso, se sont relayées sur les réseaux sociaux pour réclamer l’intervention de la justice contre Badara Gadiaga. Cette succession d’appels quasi simultanés à des poursuites judiciaires, relayés publiquement par des responsables politiques, interroge sur la nature de cette démarche : s’agit-il d’une simple réaction collective à des propos jugés injurieux ou d’une offensive coordonnée pour faire pression sur les magistrats ?

La question est d’autant plus sensible qu’elle survient quelques jours après l’arrestation du journaliste Bachir Fofana, placé en garde à vue pour avoir soulevé des interrogations sur la gestion financière de l’Assemblée nationale. Cette arrestation, dénoncée par plusieurs organisations de défense des libertés, avait déjà alimenté les craintes d’un climat de répression contre les voix critiques.

Le contexte national se révèle d’autant plus tendu que le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’une récente intervention sur les réseaux sociaux, avait lui-même émis de virulentes critiques à l’encontre de certaines composantes du pouvoir judiciaire, qu’il accuse d’acharnement ou de partialité dans des dossiers le concernant.

Cette séquence politique, marquée par une multiplication des polémiques et des interpellations de journalistes et chroniqueurs, soulève des inquiétudes sur l’équilibre entre la liberté d’opinion et les tentatives de criminalisation de la critique. Elle ouvre également un débat de fond sur la capacité de la justice sénégalaise à rester imperméable aux injonctions politiques.

Affaire à suivre.

Mbaye Dione, SG de l’AFP, sur la gestion de l’actuel pouvoir : « Nous sommes loin de la rupture… »

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a livré un constat sévère sur les quinze premiers mois de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche sur la RFM, le responsable politique a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un fossé entre les promesses de rupture et la réalité de la gestion du pouvoir.

« Après 15 mois d’exercice, je suis resté sur ma faim. Nous sommes loin de la rupture », a-t-il affirmé d’emblée, estimant que le fonctionnement actuel reproduit les mêmes travers qui étaient dénoncés sous les régimes précédents. « Et pire, avec moins de résultats », a-t-il ajouté, fustigeant l’absence de changement concret dans la conduite des affaires publiques.

Dans son analyse, Mbaye Dione a pointé des dysfonctionnements qu’il juge graves dans plusieurs secteurs. Il a notamment évoqué la persistance des soupçons d’enrichissement personnel visant des directeurs généraux, la continuité de pratiques de corruption et de clientélisme, ainsi que la distribution jugée opaque des aides et avantages divers, comme le « sukeur Koor » (cadeaux distribués pendant le Ramadan) et l’octroi de billets pour le pèlerinage à La Mecque.

Sur le plan des libertés publiques, l’ancien compagnon politique de Moustapha Niasse a également exprimé ses inquiétudes. Il a dénoncé des atteintes à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, domaines dans lesquels il attendait des avancées notables, compte tenu des engagements pris par le nouveau pouvoir durant la campagne électorale.

Ce bilan critique intervient alors que l’AFP, qui vient d’officialiser sa rupture avec la coalition Benno Bok Yakaar, se positionne désormais comme une force d’opposition autonome, déterminée à incarner une alternative crédible. Mbaye Dione, à travers ce discours, semble vouloir ouvrir un nouveau cycle politique pour son parti, en se distinguant à la fois de l’ancien système et des actuels tenants du pouvoir.

Politique : l’AFP officialise sa rupture avec BBY et révèle ses ambitions pour les élections locales prochaines

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a marqué un virage décisif dans l’histoire de sa formation politique. Invité de l’émission Grand Jury sur la RFM, ce dimanche 6 juillet 2025, il a annoncé la fin officielle du compagnonnage avec la coalition Benno Bok Yakaar, après plus d’une décennie de partenariat politique.

« L’AFP ira en locomotive. Soit nous irons seuls, soit nous serons dans une coalition où l’AFP sera la locomotive », a-t-il affirmé, sans équivoque, affichant la volonté d’inscrire le parti dans une nouvelle dynamique autonome. Il a précisé que la rupture avec Benno Bok Yakaar n’est pas un simple désaccord conjoncturel, mais un choix stratégique assumé de rompre avec toute logique de dépendance partisane. « Nous n’avons plus l’objectif de nous embarquer dans des partis politiques, quelle que soit leur force », a-t-il martelé, signe d’un cap résolument tourné vers l’émancipation politique.

Dans la perspective des élections locales prévues en 2027, l’AFP s’engage dans une vaste entreprise de redynamisation de ses structures internes. Mbaye Dione a annoncé un programme de restructuration qui concernera tous les échelons du parti : régions, départements, communes, ainsi que les sections des différentes catégories socioprofessionnelles. Il s’agit notamment des cadres, des enseignants, des étudiants et des personnes vivant avec un handicap. L’objectif affiché est clair : redonner un souffle nouveau au parti et renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire national.

Pour le secrétaire général, l’enjeu dépasse la seule conquête du pouvoir. Il s’agit aussi, selon ses mots, de démontrer que l’AFP dispose de solutions concrètes et crédibles aux difficultés que rencontrent les Sénégalais. Cette déclaration marque un tournant majeur dans la trajectoire d’un parti longtemps perçu comme un allié secondaire au sein de Benno Bok Yakaar.

À moins de deux ans des scrutins locaux, l’AFP se présente désormais comme une force politique déterminée à jouer les premiers rôles, dans un contexte où la recomposition du paysage politique sénégalais s’accélère. Cette prise de distance avec les anciennes alliances annonce une nouvelle phase, celle d’une quête d’autonomie et de leadership affirmé, que Mbaye Dione entend incarner.

Performances des agences publiques : Lansana G. Sakho passe à la loupe les principes du New management public

Lansana Gagny Sakho propose une réflexion critique sur le fonctionnement des agences publiques au Sénégal, en s’appuyant sur les concepts du « New management public » et sur la gouvernance des entités parapubliques. Dans son ouvrage intitulé Les agences publiques d’exécution face au défi de la performance : cas du Sénégal, paru aux éditions L’Harmattan, il dresse un état des lieux sans concession des limites qui freinent la modernisation de l’administration.

Son analyse met en évidence une série de dysfonctionnements structurels. Selon lui, la nomination des responsables à la tête de ces agences obéit rarement à des critères objectifs fondés sur la compétence et la performance. Il estime que les organes délibérants, qui devraient exercer un rôle stratégique, se voient souvent relégués à un statut purement consultatif, sans réelle capacité de contrôle ni d’impulsion.

L’auteur pointe également le caractère inachevé des textes réglementaires, notant qu’ils ne prévoient pas de mécanismes clairs de révocation des directeurs qui échoueraient à atteindre les objectifs fixés. Une lacune majeure, selon lui, qui entretient un système où la responsabilité et la reddition des comptes demeurent floues.

Fort d’une expérience de près de deux décennies dans les rouages de l’administration, Lansana G. Sakho, aujourd’hui président du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et des grands projets (APIX), revisite les principes du New public management. Il montre en quoi ces approches managériales, inspirées du secteur privé, peuvent contribuer à renforcer l’efficacité et l’impact des politiques publiques, à condition d’être adaptées au contexte sénégalais.

L’ouvrage, préfacé par le Dr Abdou Karim Guèye, Inspecteur général d’État à la retraite, formule des recommandations précises visant à améliorer la gouvernance et le pilotage des agences d’exécution. Pour Lansana G. Sakho, la modernisation de l’administration passe par l’exigence d’une culture de résultats, une clarification des responsabilités et la mise en place d’outils d’évaluation rigoureux.

Mamoudou Ibra Kane : « Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières à Cambérène et Rosso »

L’opposant Mamoudou Ibra Kane a exprimé ce samedi 6 juillet ses vives inquiétudes quant à la sincérité du gouvernement sénégalais dans la gestion des récents incidents impliquant les forces de l’ordre. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, il remet en question la volonté du pouvoir d’enquêter en toute transparence sur les bavures policières mortelles survenues à Cambérène et à Rosso.

« Je doute de la volonté du pouvoir de faire la lumière sur les bavures policières mortelles à Cambérène et Rosso. Il faut des sanctions administratives et une ENQUÊTE INDEPENDANTE, sans arrière-pensée d’humiliation des FDS. Contexte sécuritaire sous-régional oblige », a-t-il souligné.

Ces propos interviennent alors que l’émotion reste vive après la mort de plusieurs citoyens lors d’interventions policières dans ces deux localités. À Cambérène, un jeune homme a perdu la vie lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre, un drame qui a suscité l’indignation et la visite du Premier ministre Ousmane Sonko auprès de la famille endeuillée.

À Rosso, des informations similaires font état d’une autre intervention ayant entraîné la mort d’un civil, relançant le débat sur la responsabilité et l’encadrement des forces de sécurité.

Mamoudou Ibra Kane appelle à une démarche rigoureuse et transparente. Pour lui, seule une enquête véritablement indépendante pourrait rétablir la vérité et restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de défense et de sécurité (FDS). Il insiste néanmoins pour que cette exigence de justice ne soit pas interprétée comme une volonté de fragiliser l’institution sécuritaire, surtout dans un contexte sous-régional marqué par une instabilité croissante.

L’opposant, ancien journaliste devenu figure politique, pose ainsi un défi éthique et institutionnel au nouveau pouvoir : celui de rompre avec l’impunité supposée des agents en uniforme, tout en maintenant l’équilibre dans un climat de tension sécuritaire.

Badara Gadiaga s’en prend violemment au député Amadou Bâ : “Quand on parle d’éthique, vous devez raser les murs”

L’émission de ce vendredi a donné lieu à un échange particulièrement tendu entre le député de la majorité présidentielle, Amadou Bâ, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Les deux hommes se sont opposés frontalement sur le dossier sensible dit “Sweet Beauté”, qui continue de cristalliser les passions au Sénégal.

Tout est parti d’une intervention d’Amadou Bâ, qui s’était lancé dans une défense de son parti, le Pastef, face aux critiques récurrentes sur les accusations de dérives verbales et de radicalisme. Visiblement irrité, Badara Gadiaga est alors monté au créneau, reprochant au parlementaire et à son camp de manquer de légitimité morale.

« Vous devez raser les murs quand les gens parlent d’éthique et de déontologie. Votre leader a été condamné pour corruption de la jeunesse. Rien que pour cette affaire, vous n’avez pas droit à la parole », a-t-il lancé, le ton empreint de colère.

Malgré les tentatives de modération du présentateur et des autres invités pour calmer le débat, le chroniqueur est resté ferme, accusant Pastef de vouloir donner des leçons alors que le parti porterait, selon lui, une lourde responsabilité morale et politique.

« Le parti Pastef n’est pas exempt de reproches. Vous êtes mal placés pour donner des leçons de morale car votre passé, on le connaît », a poursuivi Badara Gadiaga, avant de conclure son intervention, visiblement déterminé à ne laisser aucun doute sur sa position.

Cette passe d’armes intervient alors que le débat politique reste sous tension depuis la prise de fonction du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, Premier ministre et figure centrale de l’affaire “Sweet Beauté”. Ce dossier, dans lequel Sonko a été condamné en 2023, continue d’alimenter la division entre ses soutiens et ses adversaires.

Amadou Bâ, de son côté, a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de diabolisation » et réaffirmé que Pastef reste « un parti profondément attaché aux valeurs de probité ». Il a appelé à « tourner la page » et à « se concentrer sur les priorités des Sénégalais ».

Affaire Sonko–Adji Sarr : Amadou Ba (Pastef) réplique sèchement à Madiambal Diagne et dénonce une « manipulation puérile »

Le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, n’a pas tardé à répondre aux critiques virulentes du journaliste Madiambal Diagne, à la suite de sa déclaration controversée dans l’émission Jakarlo Bi de ce vendredi 4 juillet. Dans une vidéo de huit minutes publiée sur Facebook sous le titre « Corruption de la jeunesse : mettre fin aux manipulations puériles de Madiambal et compagnie », l’élu a tenu à clarifier ses propos et dénoncer ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation politique.

Tout est parti d’une séquence de l’émission Jakarlo Bi, au cours de laquelle Amadou Ba, abordant l’affaire Ousmane Sonko – Adji Sarr, aurait lancé : « Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client ». Des propos qui ont fait vivement réagir Madiambal Diagne sur le réseau social X (anciennement Twitter). Le journaliste s’est indigné :

« Adji Sarr est une prostituée, Sonko un client » ! Amadou Ba de Pastef a-t-il mesuré la gravité de son propos ? Quel respect pour Adji Sarr ! Quel respect pour son leader Ousmane Sonko ! Est-ce un autre coup bas entre pastefiens ? »

Face à cette sortie, Amadou Ba a contre-attaqué avec fermeté. Dans sa vidéo, il accuse Madiambal Diagne et d’autres figures médiatiques de travestir ses propos à des fins politiques. Selon lui, ses déclarations ont été sorties de leur contexte dans une volonté manifeste de nuire à sa personne et de semer la discorde au sein du parti Pastef. Le député assure qu’il ne s’agissait nullement d’une attaque contre Ousmane Sonko, qu’il dit continuer de respecter et soutenir, mais plutôt d’une mise en lumière du traitement médiatique biaisé de l’affaire.

Amadou Ba estime que Madiambal Diagne agit dans une logique de manipulation de l’opinion publique et d’instrumentalisation politique de faits sensibles. Il rappelle également que son intention première était de dénoncer l’instrumentalisation judiciaire et médiatique de l’affaire Adji Sarr, devenue selon lui un outil de persécution politique.

Cette passe d’armes intervient dans un contexte toujours tendu, où chaque mot autour de l’affaire Sonko–Adji Sarr peut raviver les clivages politiques et les tensions sociales. Elle illustre également les fractures internes qui peuvent exister au sein même des soutiens de Pastef, dans un climat post-électoral encore chargé.

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République accuse Ousmane Sonko de dérives verbales et d’autoritarisme

Réunie ce vendredi 4 juillet 2025 au siège de Taxawu Sénégal, la Conférence des Leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a dressé un tableau sévère de la situation politique et sociale du Sénégal, pointant nommément la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dès l’ouverture de cette rencontre, les responsables du FDR ont tenu à exprimer leur profonde compassion aux familles des victimes des violences policières récemment survenues à Cambérène et Rosso. Le Front a présenté ses condoléances « attristées » et a réaffirmé sa solidarité envers les populations endeuillées.

Mais c’est surtout le climat politique et la posture du chef du Gouvernement qui ont concentré les critiques les plus vives. Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion, le FDR dit constater avec « inquiétude et désolation » que la scène nationale est dominée par « les dérives verbales du Premier ministre Ousmane Sonko » et par « une kyrielle de procès pour délits d’opinion intentés contre des journalistes, des responsables politiques et des citoyens ».

Le Front dénonce notamment la multiplication de déclarations jugées menaçantes ou outrageantes, que ce soit à l’Assemblée nationale lors de séances de questions au Gouvernement, à l’étranger devant des militants ou lors d’interventions publiques relayées en direct sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Le FDR s’alarme de cette confusion des rôles entre le citoyen, le chef de parti et le chef du Gouvernement. Selon la coalition, cette confusion se double d’une tonalité inquiétante. « Le Premier ministre révèle une conception profondément problématique non seulement du pouvoir, mais aussi de la République, de la démocratie et de la liberté d’expression », souligne le communiqué.

Le FDR s’est particulièrement attardé sur une déclaration prononcée par Ousmane Sonko depuis Pékin, où il avait affirmé que « c’est parce que Dieu ne l’a pas fait Président que certains parlent alors qu’ils devaient raser les murs ». Pour le Front, il ne s’agit pas d’une « simple maladresse », mais d’un propos « d’une gravité extrême », qui trahit un « état d’esprit autoritaire » et s’apparente à une « menace directe, à peine voilée, contre tous ceux qui exercent leur droit légitime à la critique dans un pays démocratique ».

Les attaques répétées contre la magistrature ont également été relevées par l’opposition. Le FDR estime qu’en contestant systématiquement les juges dès lors qu’il est mis en cause ou qu’il perd un procès, Ousmane Sonko affiche un « manque notoire de respect des institutions socles de la République » censées protéger tous les citoyens.

« Ces paroles ne relèvent pas de quelques écarts anodins », poursuit le communiqué, mais s’inscrivent dans une « séquence continue de propos violents, injurieux, intimidants et stigmatisants ». Pour le FDR, elles constituent des « menaces proférées contre les institutions, la presse, l’opposition et la société civile » et traduisent « une vision autoritaire du rôle de l’État » ainsi qu’une « incapacité notoire de supporter la contradiction ».

Barthélemy Dias recadre Ousmane Sonko : « Le Sénégal a une opposition, mais pas celle qui appelle à la violence »

L’ancien maire de Dakar, Barthélemy Dias, est sorti de sa réserve pour répondre à Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du parti Pastef, suite à ses récentes déclarations sur « l’absence d’opposition sérieuse » au Sénégal. Dans un ton ferme mais mesuré, Dias a rappelé que le pays dispose bel et bien d’une opposition légitime, tout en rejetant toute forme de violence comme mode d’action politique.

« Le pays a bel et bien une opposition. Par contre, ce n’est pas une opposition qui appelle à la violence, qui brûle les édifices publics… », a-t-il affirmé, en allusion claire aux épisodes de troubles qui ont secoué le Sénégal ces dernières années, notamment durant les périodes de tensions autour des affaires judiciaires impliquant Ousmane Sonko.

Cette déclaration intervient dans un contexte où le pouvoir exécutif, dirigé par Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, semble vouloir redéfinir les rapports avec les forces d’opposition, parfois en les accusant d’être « dépassées » ou « complaisantes » avec l’ancien régime. Barthélemy Dias, figure de la coalition Yewwi Askan Wi, entend visiblement rappeler que l’opposition ne se résume pas à une posture de rupture radicale ou à une stratégie de confrontation permanente.

En rupture depuis plusieurs mois avec Ousmane Sonko, Barthélemy Dias adopte désormais un ton plus critique vis-à-vis de la majorité actuelle, tout en refusant d’endosser les méthodes extrémistes. Son propos s’inscrit dans une logique de clarification politique : affirmer une opposition responsable, structurée, mais également vigilante face aux dérives du pouvoir, qu’elles soient anciennes ou nouvelles.

Le chef du gouvernement avait récemment mis en doute la crédibilité des partis d’opposition traditionnels, estimant qu’ils avaient perdu la confiance du peuple. Une lecture que Barthélemy Dias conteste implicitement, en réaffirmant le rôle d’une opposition démocratique respectueuse des institutions mais ferme sur ses positions.

Sénégal : Pose de la première pierre du futur Centre national de traitement des grands brûlés à Dakar

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce vendredi à la pose de la première pierre du Centre national de traitement des grands brûlés, un projet sanitaire d’envergure qui verra le jour au sein de l’Hôpital Principal de Dakar. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Énergie, le ministre des Forces armées, le Directeur général de la Senelec, ainsi que le Général Fatou Fall, Directrice de l’Hôpital Principal.

Ce futur centre spécialisé, soutenu par la Fondation Senelec, vise à combler un vide criant dans le système de santé sénégalais. En effet, comme l’a souligné le Général Fatou Fall dans son allocution, le Sénégal recense chaque année plus de 25 000 cas de brûlure, dont environ 1 000 cas graves. « Près de 800 patients sont référés à l’Hôpital Principal de Dakar, qui ne dispose actuellement que de trois lits pour la prise en charge des brûlés graves », a-t-elle déploré.

Le Centre de traitement des grands brûlés se veut ainsi une réponse structurelle à cette problématique de santé publique, en offrant une capacité d’accueil élargie, des équipements de pointe et un personnel spécialisé. Il permettra également de réduire la dépendance du pays à des évacuations médicales coûteuses à l’étranger.

Le coût total du projet est estimé à 15 milliards de francs CFA, dont 7 milliards ont déjà été mobilisés, selon Bassirou Sylla, administrateur de la Fondation Senelec. Il a également salué l’engagement des partenaires publics et privés dans ce projet à forte valeur sociale et sanitaire.

Dans son intervention, le Premier ministre Ousmane Sonko a salué une initiative qu’il qualifie de « bâtisseuse d’espoir et de dignité », tout en réaffirmant l’engagement de l’État à améliorer l’offre de soins spécialisés au Sénégal. « Nous devons faire de notre système de santé un rempart contre la souffrance évitable, et ce centre en est une pierre angulaire », a-t-il déclaré.

Les travaux de construction devraient débuter dans les prochains mois, avec une mise en service prévue d’ici fin 2026, selon le calendrier prévisionnel communiqué par la Fondation.

Demba Camara nommé Consul général du Sénégal à New York : une nomination attendue dans un contexte de fortes convoitises

Le poste était vacant depuis près d’un an. Le Conseil des ministres, réuni exceptionnellement ce jeudi 3 juillet 2025 au palais de la République, a procédé à une série de nominations diplomatiques. Parmi les plus attendues figurait celle du nouveau Consul général du Sénégal à New York. C’est désormais officiel : Demba Camara, économiste-planificateur, a été désigné pour occuper ce poste stratégique.

Avant sa nomination, Demba Camara occupait les fonctions de Premier conseiller à la Mission permanente du Sénégal auprès des Nations unies à New York. Sa connaissance fine des rouages diplomatiques et son ancrage dans le tissu institutionnel onusien ont sans doute pesé dans la balance. Sa nomination vient ainsi combler un vide institutionnel laissé depuis le départ d’El Hadji Amadou Ndangane Ndao, ancien titulaire du poste.

Selon le quotidien Les Échos, qui a révélé l’information, cette désignation intervient dans un contexte particulier, marqué par une vive compétition au sein des cercles diplomatiques et politiques sénégalais. Le poste, réputé influent tant sur le plan consulaire que communautaire, a suscité l’intérêt de plusieurs cadres, notamment parmi les partisans du parti Pastef, au pouvoir depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye.

Ce choix semble traduire une volonté de continuité et de compétence technocratique. La nomination de Demba Camara est aussi un signal fort envoyé à la diaspora sénégalaise aux États-Unis, particulièrement active et attentive aux enjeux de représentation et de service public.

Le nouveau Consul général devra s’atteler à plusieurs chantiers : amélioration des services aux ressortissants sénégalais, modernisation de l’administration consulaire, renforcement des liens économiques et culturels avec la communauté, sans oublier le rôle de relais diplomatique dans une région géopolitique majeure.

Sénégal : Diomaye Faye valide la Loi de Finances rectificative 2025 et fixe le cap économique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 3 juillet 2025 un Conseil des ministres axé sur les priorités économiques du pays. À cette occasion, il a salué l’adoption de la Loi de Finances rectificative (LFR) pour l’année en cours, qu’il considère comme un jalon crucial dans la mise en œuvre de sa politique de redressement budgétaire et de relance économique.

Le chef de l’État a tenu à féliciter le gouvernement et l’Assemblée nationale pour “la qualité des débats” qui ont accompagné l’adoption de cette LFR. Selon lui, ces échanges ont permis de mieux informer les citoyens sur la réalité des finances publiques, marquées par des déséquilibres hérités du passé mais en voie de stabilisation.

Dans une conjoncture mondiale incertaine, Diomaye Faye a demandé au Premier ministre, Ousmane Sonko, de veiller à ce que la trajectoire d’assainissement budgétaire soit maintenue sans relâche. Cela passe notamment par une meilleure discipline dans la gestion des dépenses publiques, la rationalisation des charges de fonctionnement, et la réduction des déficits.

Le président a souligné que les ressources budgétaires doivent désormais être orientées “prioritairement vers l’investissement productif”, afin de stimuler la création d’emplois et de valeur ajoutée. Il a également insisté sur l’importance d’apurer progressivement la dette intérieure, estimée à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, qui pénalise lourdement les entreprises nationales, notamment les PME.

Ce désendettement, selon lui, doit s’accompagner d’un “soutien actif et structurant” au secteur privé national, perçu comme le principal levier d’une croissance économique inclusive et durable.

Enfin, dans une vision prospective, le président Faye a appelé son équipe gouvernementale à préparer dès maintenant le projet de Loi de Finances 2026. Celui-ci devra être aligné sur les ambitions de l’Agenda national de Transformation et de la stratégie Vision Sénégal 2050, qui dessinent les contours d’un modèle économique centré sur la souveraineté, la justice sociale et l’innovation.

L’adoption de cette Loi de Finances rectificative marque la première grande inflexion budgétaire sous l’ère Diomaye. Elle confirme la volonté du nouveau régime d’imposer une rupture dans la gouvernance des finances publiques et de redonner confiance aux partenaires économiques, nationaux comme internationaux. Reste à savoir si ces orientations ambitieuses se traduiront, dans les mois à venir, par des résultats tangibles sur le terrain.

Présidentielle 2029 : Madiambal Diagne évoque un risque de “sabotage” entre Diomaye et Sonko

Le débat sur la présidentielle de 2029 est lancé, bien avant l’heure. Dans une publication polémique sur le réseau social X, le journaliste Madiambal Diagne s’est interrogé ce jeudi 3 juillet sur les ambitions futures du Premier ministre Ousmane Sonko et leurs implications sur la stabilité du pouvoir actuel. Selon lui, une réussite éclatante du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye pourrait compromettre la légitimité de Sonko en tant que candidat à la prochaine élection présidentielle.

« Encore 4 ans de confusion au sommet de l’État ? Le PM Sonko dit être candidat en 2029, sans savoir si le PR Diomaye le sera ou non. La réussite de Diomaye délégitimerait la candidature de Sonko. Alors Sonko n’a pas intérêt à la réussite de Diomaye. Sabotage en vue. Allez savoir ! », a écrit Madiambal Diagne.

Élus en tandem en mars 2024 à l’issue d’un scrutin historique, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnent une nouvelle ère politique au Sénégal. Diomaye, président de la République, bénéficie du soutien du parti Pastef fondé par Sonko, son mentor politique devenu Premier ministre. Mais les ambitions présidentielles réaffirmées de ce dernier pour 2029 viennent troubler cette dynamique, ravivant les spéculations sur une possible rivalité interne.

La sortie de Madiambal Diagne jette un pavé dans la mare : suggérant un sabotage potentiel, elle alimente l’idée d’un double agenda qui pourrait nuire à la cohésion au sommet de l’État. Pour certains observateurs, cette hypothèse reflète davantage un calcul politique qu’une réalité factuelle, mais elle a le mérite de soulever un enjeu fondamental : le partage du pouvoir entre les deux figures de l’exécutif.

Face aux rumeurs et aux doutes, Ousmane Sonko n’a pas tardé à réagir. Dans une vidéo publiée mardi soir, il a fermement affirmé son droit à briguer la magistrature suprême en 2029.

« Ce dossier n’a aucun rapport avec ma candidature. De ce qui reste de mon existence, si je ne participe pas à une élection, ce serait de ma propre volonté, parce que rien ne peut m’empêcher d’être candidat », a-t-il martelé.

Une déclaration qui survient alors que la Cour suprême a récemment relancé le débat juridique sur l’éligibilité de Sonko, toujours marqué par ses déboires judiciaires passés. Mais pour le principal intéressé, les obstacles sont désormais derrière lui.

À moins de cinq mois d’exercice, l’attelage Diomaye-Sonko est confronté à un défi majeur : gouverner ensemble tout en gardant des ambitions personnelles compatibles avec l’intérêt national. Le président Faye, encore discret sur ses intentions pour 2029, reste centré sur les réformes institutionnelles et la restauration de la souveraineté économique. Sonko, de son côté, multiplie les apparitions publiques et les messages politiques à forte portée électorale.

Entre loyauté politique et calculs individuels, le tandem pourrait être mis à l’épreuve plus tôt que prévu. Si la réussite de Diomaye Faye devient incontestable, elle pourrait en effet remettre en question l’opportunité d’un changement de leadership au sein du Pastef en 2029.

Kaolack / Gouvernance nationale : « Le Sénégal est sous perfusion, il faut un plan d’urgence », alerte Ballé Ndiaye

Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, traverse aujourd’hui une période critique. Entre tensions économiques, crises sociales et défis environnementaux, le pays semble littéralement sous perfusion. Derrière l’image d’une nation résiliente, la réalité est bien plus préoccupante et appelle un plan d’urgence immédiat.

Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi, Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B) et par ailleurs président de la Société Internationale d’Approvisionnement et de Transit (SIAT), basée à Bamako, n’a pas mâché ses mots :

« Le Sénégal peine à décoller. Beaucoup de jeunes ont perdu la vie, d’autres leurs biens, des magasins ont été saccagés. Tout cela à cause de la manipulation politique des nouvelles autorités qui, hier dans l’opposition, promettaient monts et merveilles. Aujourd’hui au pouvoir, elles semblent ignorer les responsabilités qui incombent à leur position. Or, l’État est une continuité. »

Trois mois après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, soutenu par le Premier ministre Ousmane Sonko, Ballé Ndiaye dresse un premier bilan très critique :

« Nous constatons une absence totale de vision économique. Les prix des denrées continuent d’augmenter, le chômage des jeunes reste alarmant, et les mesures annoncées jusqu’ici ne répondent pas aux besoins urgents des populations. »

Il déplore également la gestion précipitée de la réforme fiscale, mal expliquée à la population. Selon lui, cette approche risque de décourager les investisseurs et d’alimenter davantage l’instabilité économique.

« Le gouvernement promettait la rupture et la transparence. Ce que nous voyons, c’est plutôt une concentration du pouvoir entre les mains de quelques proches alliés », fustige-t-il.

« Il faut convoquer toutes les forces vives de la nation afin que des solutions rapides soient trouvées avant que le pays ne s’effondre. Il faut revoir notre politique d’endettement, discuter avec les bailleurs, s’ouvrir davantage à l’extérieur pour rééquilibrer notre économie. »

« Le pays tourne au ralenti. Les secteurs clés du développement sont à l’arrêt. On dirait que tout le monde a jeté la clé du pays au paillasson ! »

Dans le secteur agricole, les retards dans la distribution de semences de qualité paralysent les campagnes. Les projets d’emploi et de formation pour les jeunes sont suspendus, alimentant un profond désespoir. Le climat des affaires se dégrade, et la confiance s’érode.

« Il faut aller vite. Il est temps de revoir la copie économique d’un pays qui était en voie de développement. Ce régime doit tout faire pour que le Sénégal retrouve la place qui était la sienne sur le plan international, que ce soit en matière d’éducation, de diplomatie ou de démocratie. »

Pour M. Ndiaye, le moment n’est pas à un programme classique, souvent long à mettre en œuvre, mais à un véritable plan d’urgence :

« Un bon programme peut prendre 5 à 10 ans pour produire des résultats. Et souvent, les gouvernants ne réalisent les projets qu’à la fin de leur mandat. Le Sénégal a besoin d’un plan d’action immédiat. »

Évoquant sa région d’origine, Kaolack, il rappelle son positionnement stratégique comme carrefour économique, logistique et historique. Toutefois, ce potentiel est freiné par l’insalubrité, des infrastructures délabrées, le chômage, l’insécurité, la salinisation et un leadership local fragmenté.

« Les initiatives en cours pour moderniser Kaolack sont encourageantes, mais elles nécessitent une gouvernance forte, un pilotage cohérent des projets et surtout des investissements concrets pour transformer la ville en un hub durable. »

Ballé Ndiaye se montre aussi très inquiet sur l’état des institutions fondamentales de la République.

« Aucun pays ne peut se développer sans une justice indépendante. Or aujourd’hui, on a l’impression qu’elle est piétinée, marginalisée. C’est regrettable. Pourtant, notre justice a longtemps fait la fierté du Sénégal à l’international. »

Il salue néanmoins le travail accompli par certains acteurs du système judiciaire, mais appelle à renforcer son indépendance et sa crédibilité.

« Le Parlement n’est pas la propriété d’un parti politique, encore moins un lieu pour insulter l’opposition. C’est une institution de contrôle du pouvoir exécutif, et non une caisse de résonance d’un pouvoir partisan. »

Pour Ballé Ndiaye, la situation est grave mais pas désespérée. Il appelle les nouvelles autorités à faire preuve de responsabilité, d’ouverture et d’efficacité :

« Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. Il faut sauver le Sénégal tant qu’il est encore temps. »

L’APR fustige Ousmane Sonko après sa condamnation : “Un Premier ministre en opposition permanente au pouvoir”

Dans un communiqué virulent, l’Alliance Pour la République dénonce l’attitude de M. Sonko après sa condamnation pour diffamation, l’accusant de populisme, d’incompétence et de nuire à l’image du Sénégal.

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République prend acte du verdict prononcé par la Cour suprême, qui condamne définitivement Monsieur Ousmane Sonko pour le délit de diffamation à l’encontre de notre camarade Monsieur Mame Mbaye Niang, ancien ministre.
Fidèle à ses habitudes puériles, M. Sonko a étalé une nouvelle fois son manque de culture d’État et de retenues à travers un live sur les réseaux sociaux, dans lequel il a ridiculisé le Président de la République, outragé les magistrats et menacé les citoyens qui auraient commis le tort d’avoir un avis contraire au sien.
S’honorant en tant que parti républicain de ne jamais commenter les décisions de justice ni au pouvoir ni dans l’opposition, l’APR dénonce la clochardisation des institutions par le parti Pastef, et la manière avec laquelle le Premier ministre s’emploie à abaisser les magistrats, en violation de la tradition sacrée de séparation des pouvoirs et de nos us et coutumes républicaines.
De surcroît, Le Premier ministre tente de masquer son incompétence chronique et son incapacité clinique par l’injure, la calomnie et l’outrance verbale.
Face aux difficultés qui assaillent les populations dans leur quotidien, aux finances publiques exsangues, à l’isolement diplomatique du Sénégal, au chômage endémique et à la perte du pouvoir d’achat des ménages, Ousmane Sonko se complaît dans une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités à propos de la gestion antérieure.
Tout se passe comme si le fumeux “projet” se réduisait aux attaques contre le Président Macky Sall et son régime; M. Sonko oubliant que l’attente des Sénégalais n’est pas la rumination du passé de ses turpitudes mais la satisfaction du minimum vital pour les Sénégalais.
Tous les Sénégalais savent que l’APR a laissé un pays stable dont les signaux économiques étaient au vert et dont la réputation à l’extérieur était solide.
Parce que son impuissance à impulser une action gouvernementale efficace et performante est devenue manifeste aux yeux du Peuple sénégalais, M. Sonko invente un nouveau concept en politique : l’opposition au pouvoir. Il a remplacé l’action par le bavardage inutile et le résultat par la complainte.
Parce que l’agitation fébrile ne saurait masquer une incompétence notoire et un populisme primaire, il est attendu du gouvernement des réponses précises et urgentes aux préoccupations des populations dont l’espoir s’est mué en déception et en désolation.
Les Sénégalais attendent d’un premier ministre digne de ce nom des solutions et non des éructations le long des discours d’impuissance.
Enfin, l’Alliance Pour la République condamne les délires du premier Ministre Ousmane Sonko sur son obsession à détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale avec des déclarations aussi fausses qu’irresponsables sur le taux d’endettement du pays.

Dakar, le 2 juillet 2025
Le Secrétariat Exécutif National

Sortie d’Ousmane Sonko : l’APR accuse le Premier ministre d’« incompétence chronique » et de dérives graves

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République (APR) est monté au créneau ce mardi 2 juillet 2025 pour exprimer sa vive réaction après la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, consécutive au rejet de sa requête en rabat d’arrêt par la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Dans un communiqué transmis à la presse, la formation politique de l’ancien président Macky Sall se dit consternée par ce qu’elle qualifie d’« attaques répétées » du chef du gouvernement contre les institutions judiciaires et les magistrats. L’APR accuse Ousmane Sonko de « ridiculiser le Président de la République, d’outrager les magistrats et de menacer les citoyens », dénonçant des propos jugés indignes de la posture d’un chef du gouvernement.

Pour le parti, la posture actuelle du Premier ministre n’est qu’un écran de fumée visant à dissimuler une réalité qu’il peine à affronter : son incapacité à proposer des réponses concrètes aux nombreux défis économiques et sociaux du pays. « Face aux difficultés économiques et sociales, Ousmane Sonko a remplacé l’action par le bavardage inutile, et le résultat par la complainte permanente », souligne le communiqué. Selon l’APR, il adopte « une posture irresponsable faite de médisance et de contre-vérités ».

L’APR va plus loin en qualifiant l’attitude du chef du gouvernement d’« incompétence chronique ». Selon les cadres du parti, Ousmane Sonko, au lieu de gouverner, se livre à des attaques systématiques contre ses prédécesseurs et les institutions qu’il devrait plutôt protéger. Ils estiment qu’il cherche à masquer ses propres failles par « l’injure, la calomnie et l’outrance verbale ».

Sur le plan international, le communiqué s’en prend également à la rhétorique du Premier ministre. Selon l’APR, ses récentes déclarations sur le taux d’endettement du Sénégal nuisent à l’image du pays. Le parti l’accuse de vouloir « détruire le peu d’image qui reste du Sénégal sur la scène internationale », affirmant que ses propos sur la situation financière du pays sont « aussi faux qu’irresponsables ».

À travers cette sortie virulente, l’APR montre qu’elle n’entend pas laisser le terrain médiatique au chef du gouvernement. Elle entend désormais jouer pleinement son rôle d’opposition, en dénonçant ce qu’elle considère comme des dérives dans la gestion de l’État et en exigeant que le débat politique reste centré sur la vérité, la compétence et le respect des institutions.

Kaolack / Environnement : L’adjointe au maire chargée de l’assainissement appelle la population à s’engager pour la propreté de la commune

Dans le cadre de sa politique d’amélioration du cadre de vie et de lutte contre l’insalubrité, l’adjointe au maire chargée de l’assainissement de la commune de Kaolack, Mme Madjiguène Diouf, a lancé ce mercredi un appel vibrant à l’endroit des habitants, les invitant à s’impliquer davantage dans la préservation de la propreté de leur cadre de vie.

S’adressant aux responsables de quartiers et aux associations de jeunes, elle a souligné l’importance de la propreté et insisté sur le rôle fondamental de l’assainissement pour la santé publique et le bien-être collectif.

« Nous ne pouvons pas réussir l’assainissement sans la participation active des citoyens. Chacun doit être un acteur de la propreté. Il ne suffit pas de compter sur les services municipaux », a-t-elle déclaré.

Mme Diouf a également rappelé que la commune a récemment renforcé ses moyens logistiques, notamment par l’acquisition de nouveaux camions-bennes, l’installation de poubelles publiques supplémentaires, ainsi que l’organisation de journées de curage des canaux.

Pour accompagner cet appel, une série d’activités sera lancée, notamment des campagnes de sensibilisation dans les différents quartiers.

Malgré les efforts déjà fournis, certains quartiers continuent de faire face à une insalubrité persistante, due en grande partie à la prolifération de dépôts sauvages d’ordures et au manque d’engagement de certains habitants, a déploré Mme Diouf.

Un engagement salué par les populations, à l’image du quartier Sam.

« C’est une bonne chose. Nous avons besoin d’être sensibilisés régulièrement. La salubrité, c’est d’abord l’affaire de chaque ménage », a confié Mme Ndèye Sarr, résidente du quartier.

Avec cette nouvelle dynamique, la mairie espère bâtir une commune plus propre, plus saine et exemplaire, en misant sur la responsabilité collective.

Rejet du rabat d’arrêt de Sonko : le professeur Mounirou Sy tranche le débat juridique

Malgré le rejet de la Cour suprême, l’universitaire estime qu’Ousmane Sonko reste pleinement éligible grâce à la loi d’amnistie de 2024.

Le rejet du recours en rabat d’arrêt introduit par les avocats d’Ousmane Sonko, ce mardi 1er juillet 2025, continue de susciter des remous dans les milieux politiques et juridiques. Si certains y voient une entrave à la trajectoire politique du leader de Pastef, le professeur Mounirou Sy, maître de conférences à l’Université Iba Der Thiam de Thiès et président de l’Alliance pour une Dynamique Nouvelle (ADN), offre une lecture radicalement différente. Dans une contribution transmise à la presse, l’universitaire affirme sans ambages : « Monsieur Ousmane Sonko est et demeure éligible nonobstant le rejet du rabat d’arrêt. »

Pour éclairer l’opinion, le professeur Sy retrace le cheminement judiciaire du dossier. « En première instance, M. Ousmane Sonko avait été condamné à deux mois avec sursis et à 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Mame Mbaye Niang », rappelle-t-il. Ce dernier ayant fait appel, la Cour d’appel alourdit la peine à six mois avec sursis, maintient les 200 millions et ajoute une contrainte par corps.

La défense du leader de Pastef s’est alors pourvue en cassation devant la Cour suprême. Celle-ci a confirmé l’arrêt d’appel, tout en annulant la contrainte par corps, qualifiant au passage la diffamation d’« infraction politique » — un point décisif selon le professeur Sy.

Cette qualification de l’infraction comme étant politique change, pour l’universitaire, toute la grille d’analyse. En effet, la loi d’amnistie de 2024 a effacé toutes les infractions politiques commises entre 2021 et 2024. De ce fait, explique-t-il, « l’action publique était de facto éteinte », rendant toute idée d’inéligibilité juridiquement infondée. Il rappelle d’ailleurs que cette situation avait déjà permis à Ousmane Sonko de se présenter aux élections législatives de 2022.

Dès lors, pour le professeur Sy, la question du rabat d’arrêt n’avait que peu d’enjeu politique ou électoral. « On pouvait se demander quel était l’objectif visé, puisque les droits politiques de l’intéressé étaient déjà rétablis », interroge-t-il. Sa réponse est claire : « Le but principal était sans doute l’annulation des dommages et intérêts ».

En effet, si l’amnistie éteint les poursuites pénales, elle ne touche pas aux droits des tiers. « La loi est explicite : elle ne peut porter atteinte aux droits civils. Ainsi, l’obligation de verser les 200 millions à Mame Mbaye Niang demeure », précise le professeur Sy. Selon lui, c’est là que résidait l’intérêt stratégique du rabat d’arrêt, davantage que dans une quelconque ambition de réhabilitation électorale.

Au-delà de la lecture juridique, le professeur Mounirou Sy en appelle à la maturité de la classe politique. « On combat un adversaire politique sur le terrain politique et non dans le champ judiciaire », martèle-t-il. Il invite aussi à un respect strict des institutions républicaines : « Tout acteur politique, qu’il soit au pouvoir ou à l’opposition, doit honorer les membres de la Cour suprême, de la Cour des Comptes et du Conseil constitutionnel. »

Pour le professeur Sy, la situation est limpide : Ousmane Sonko est réintégré dans le fichier électoral et reste éligible sans l’ombre d’un doute. La temporalité des faits et leur nature politique les font entrer dans le périmètre de la loi d’amnistie, ce qui efface toute barrière juridique à sa participation aux futures joutes électorales. Si la page judiciaire semble tourner, reste désormais à savoir comment les acteurs politiques choisiront d’écrire la suite — sur le terrain des urnes plutôt que celui des tribunaux.

Cour suprême : la requête en rabat d’arrêt de Sonko rejetée, ses avocats dénoncent une justice « biaisée »

Les chambres réunies de la Cour suprême ont rendu, ce mardi, une décision très attendue dans l’affaire opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. La haute juridiction a rejeté la requête en rabat d’arrêt introduite par le leader du parti Pastef, confirmant ainsi les décisions rendues en première instance et en appel.

Pour les conseils de Sonko, cette décision marque une nouvelle dérive du système judiciaire sénégalais. Visiblement courroucé, Me Ousmane Oussynou Fall a dénoncé une justice à deux vitesses et mis en cause le président de la Cour suprême, Souleymane Kane.

« Si nous venons ici, devant la Cour suprême, alors que tout le monde connaît les péripéties qu’on a traversées durant cette procédure… et qu’on vient ici pour conforter la décision de ces juges, cela ne me surprend nullement de ce premier président de la Cour suprême », a-t-il martelé devant la presse.

L’avocat estime que la requête en rabat était légitime et fondée en droit, soulignant que le rejet de celle-ci est « politiquement motivé » et entérine les « violations » précédentes.

À l’inverse, le camp de Mame Mbaye Niang savoure ce qu’il qualifie de triomphe judiciaire total. Me Elhadj Diouf, un des avocats de l’ex-ministre, n’a pas caché sa satisfaction.

« Mame Mbaye Niang a gagné et a tout gagné. Il a toujours gagné. Nous nous réjouissons de notre Justice qui a fait preuve de courage, d’indépendance et de lucidité pour le Sénégal », a-t-il déclaré avec emphase.

La Cour suprême a en effet non seulement déclaré la requête irrecevable, mais elle a également condamné Ousmane Sonko aux dépens, renforçant ainsi la position de la partie civile.

Ce rejet constitue un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire opposant Sonko à Mame Mbaye Niang, dans le cadre d’une affaire de diffamation liée au projet PRODAC. La décision, qui intervient dans un contexte politique toujours sous tension, risque de raviver les critiques sur l’impartialité du système judiciaire.

Pour les partisans de Sonko, cette issue conforte leur thèse d’un « harcèlement judiciaire », tandis que ses adversaires y voient la preuve d’un État de droit fonctionnel.

Déclaration d’Ousmane Sonko : Thierno Alassane Sall contre-attaque avec virulence

Au lendemain de la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko sur ses plateformes digitales, les réactions se multiplient. Dans son adresse, le chef du gouvernement est longuement revenu sur l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à Mame Mbaye Niang, ancien ministre sous le régime de Macky Sall. Un dossier désormais symbolique du bras de fer entre l’ancien opposant et les institutions judiciaires du pays. Mais M. Sonko ne s’est pas arrêté là : il a élargi son propos à des considérations plus générales sur la situation du pays, évoquant notamment des lenteurs administratives, des blocages dans la justice, et des freins à la mise en œuvre de sa politique.

Cette sortie n’a pas tardé à faire réagir l’opposition. Fidèle à son franc-parler, le député Thierno Alassane Sall (TAS) a critiqué sans ménagement le Premier ministre. « Ousmane Sonko, ou la recherche permanente d’un bouc émissaire », a-t-il déclaré dans un message posté dans la foulée de l’intervention du chef du gouvernement. Selon lui, M. Sonko serait un homme « angoissé par son incapacité à redresser l’économie du pays, désorienté face aux questions sociales lancinantes, meurtri par son propre dossier judiciaire ».

TAS va plus loin en dressant le portrait d’un dirigeant isolé : « À l’entendre, tout le monde serait ligué contre lui : la justice, l’opposition, le Président de la République qui manquerait de poigne, son administration qu’il juge “incompétente”. Le voilà presque à crier au complot, comme en mars 2021, et à réclamer qu’on lui accorde un pouvoir qu’il contrôle pourtant déjà pleinement. »

Pape Alé Niang s’aligne sur Ousmane Sonko : « Le principal problème du Sénégal, c’est sa justice »

Dakar, le 2 juillet 2025 – Le journaliste d’investigation Pape Alé Niang est une fois de plus monté au créneau, cette fois pour soutenir ouvertement les propos tenus récemment par Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, il dénonce avec vigueur le fonctionnement de la justice sénégalaise, qu’il accuse d’être au cœur des crises politiques du pays.

« Le principal problème du Sénégal, c’est sa justice », déclare Niang, reprenant les mots de Sonko. Pour le journaliste, le système judiciaire sénégalais souffre d’un mal profond : sa dépendance présumée vis-à-vis du pouvoir exécutif. Il va jusqu’à accuser certains magistrats de « servilité », les tenant pour responsables de nombreuses injustices :

« Combien d’innocents ont été jetés en prison par des magistrats serviles, toujours prêts à exécuter les basses besognes ? », s’interroge-t-il avec amertume.

Cette sortie virulente intervient dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice est relancé, notamment après les multiples arrestations d’opposants et d’activistes ces dernières années.

Malgré ses critiques, Pape Alé Niang accorde un mérite au Conseil constitutionnel pour avoir « su préserver le processus électoral de 2024 dans une période trouble ». Cette déclaration fait référence à la crise préélectorale qui avait fait craindre un report de l’élection présidentielle. Pour Niang, cette institution a joué un rôle stabilisateur, contrastant avec d’autres organes judiciaires dont il dénonce la partialité.

Selon le journaliste, les crises politiques à répétition qui ont secoué le Sénégal auraient pu être évitées si la justice avait joué pleinement son rôle de rempart républicain :

« Les citoyens perdent confiance quand la justice n’est plus perçue comme un arbitre impartial mais comme un instrument aux mains de l’exécutif », souligne-t-il.

Pape Alé Niang a conclu son message en promettant de revenir prochainement sur cette question de manière « plus détaillée ». Une annonce qui laisse présager de nouvelles révélations ou analyses, dans un pays où le débat sur la réforme du système judiciaire reste plus que jamais d’actualité.

Pa Assane Seck alerte sur les tensions entre le pouvoir et la presse : « Ce bras de fer ne peut perdurer »

Le journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pa Assane Seck, a vivement critiqué la détérioration des relations entre la presse sénégalaise et le nouveau régime, lors d’un entretien accordé à Actusen.sn, repris par Source A. Face à un climat qu’il juge délétère, il appelle les autorités à renouer avec les médias et à renforcer la communication institutionnelle.

Selon Pa Assane Seck, l’administration du président Bassirou Diomaye Faye donne le sentiment d’entretenir une relation de méfiance avec les journalistes. « Ce bras de fer ne peut perdurer », avertit-il, soulignant que la presse reste un vecteur essentiel de diffusion des actions gouvernementales. Il invite ainsi les autorités à « revenir à de meilleurs sentiments » pour construire un partenariat apaisé avec les acteurs du secteur.

Le journaliste pointe particulièrement le manque de visibilité autour des initiatives gouvernementales. Il cite en exemple le récent déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko en Chine, largement relayé à l’international, mais passé sous silence dans les médias sénégalais. « On ne peut pas se contenter de communiquer uniquement sur les réseaux sociaux. L’État doit miser sur les canaux officiels et institutionnels », a-t-il plaidé.

Dans cette optique, Pa Assane Seck interpelle directement le ministre de la Communication, qu’il appelle à plus d’engagement pour rétablir un dialogue constructif avec les organes de presse.

Abordant le cas du journaliste Bachir Fofana, incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles, Seck estime que la voie judiciaire n’était pas la meilleure option. « Si j’étais à la place de El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, je n’aurais pas saisi la justice. Un simple démenti aurait suffi », a-t-il déclaré, en référence à l’affaire qui doit être jugée ce mercredi.

Enfin, le journaliste de la RTS a mis en lumière les difficultés économiques que traverse le secteur. Le blocage des fonds d’appui à la presse et l’absence de réponse des autorités face aux multiples alertes des professionnels inquiètent. « La presse a exposé ses difficultés, mais c’est comme si son cri de détresse était tombé dans l’oreille d’un sourd », regrette-t-il.

TAS charge Ousmane Sonko : « Un Premier ministre désorienté et meurtri par son propre dossier judiciaire »

La réplique n’a pas tardé. Alors que le Premier ministre Ousmane Sonko dénonçait mardi soir sur Facebook « l’hypocrisie » de certains leaders politiques concernant la liberté d’expression et les dérives verbales, Thierno Alassane Sall a réagi avec virulence. Dans une publication tranchante, l’opposant et président de la République des Valeurs s’en est pris à ce qu’il qualifie de dérive personnelle d’un chef de gouvernement « en perte de repères ».

« C’est un Premier ministre angoissé par son incapacité à redresser l’économie du pays, désorienté face aux questions sociales lancinantes, meurtri par son propre dossier judiciaire, qui a étalé sans retenue ses états d’âme ce soir », écrit Thierno Alassane Sall.

Pour lui, Ousmane Sonko cherche en permanence à désigner des boucs émissaires, refusant d’assumer ses responsabilités en tant que chef du gouvernement. TAS estime que le leader de Pastef, au lieu de se concentrer sur les priorités économiques et sociales du pays, ressasse ses contentieux judiciaires et accuse tous azimuts.

« À l’entendre, tout le monde serait ligué contre lui : la justice, l’opposition, le Président de la République qui manquerait de poigne, son administration qu’il juge ‘incompétente’. Le voilà presque à crier au complot, comme en mars 2021 », tacle-t-il.

L’ancien ministre du gouvernement Sall y voit une stratégie politique fondée sur la victimisation, à rebours des attentes des Sénégalais. Selon lui, le Premier ministre semble oublier qu’il est aujourd’hui aux commandes du pays et détient les leviers du pouvoir.

Débat sur l’inéligibilité d’Ousmane Sonko : Me Bamba Cissé tranche la polémique

L’avocat Me Bamba Cissé a tenu à mettre un terme à ce qu’il qualifie de « désinformation » et de « manipulation abjecte » autour de la question de l’inéligibilité de son client, Ousmane Sonko. Dans une déclaration rendue publique, il a affirmé que ce débat juridique est aujourd’hui « dépassé » et n’a plus lieu d’être.

Pour Me Cissé, les interprétations qui circulent dans certains cercles politiques et médiatiques entretiennent artificiellement une polémique close depuis plusieurs mois. Il rappelle d’abord que la Cour suprême avait partiellement cassé l’arrêt rendu dans l’affaire de diffamation opposant Ousmane Sonko au ministre Mame Mbaye Niang. « La Cour suprême avait, en effet, cassé partiellement l’arrêt Mame Mbaye Niang au motif que la contrainte par corps ne peut s’appliquer à l’infraction supposée commise par M. Sonko, assimilée selon la Cour à une infraction politique », a précisé l’avocat. Il ajoute que cette décision figure dans l’arrêt numéro 1 du 4 janvier 2024.

Me Cissé souligne qu’au-delà de cette décision judiciaire, la loi d’amnistie adoptée le 1er mars 2024 est venue lever toute ambiguïté sur la situation pénale et électorale d’Ousmane Sonko. Citant l’article premier de la loi, il rappelle qu’« sont amnistiés, de plein droit, tous les faits susceptibles de revêtir la qualification d’infraction criminelle ou correctionnelle, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, ayant des motivations politiques, y compris celles faites par tous supports de communication ». Pour l’avocat, ce texte législatif a permis à son client de retrouver pleinement ses droits civiques et politiques, notamment le droit de vote et l’éligibilité aux fonctions électives.

Il est également revenu sur l’audience tenue récemment devant les Chambres réunies de la Cour suprême, rappelant qu’elle n’avait aucunement pour objet de rouvrir le dossier au fond. « L’audience portait exclusivement sur l’examen de l’existence ou non d’erreurs de procédure commises par les juges. La Cour a exercé un contrôle normatif, en se limitant au droit et sans vocation à revenir sur des faits désormais éteints par la loi d’amnistie », a-t-il détaillé.

En conclusion, Me Bamba Cissé estime que toutes les tentatives visant à relancer le débat sur la légitimité électorale d’Ousmane Sonko ne reposent sur aucun fondement juridique sérieux. « Le débat sur l’éligibilité ou non de M. Ousmane Sonko n’est plus à l’ordre du jour depuis la loi d’amnistie numéro 2024-09 du 13 mars 2024 », a-t-il insisté, invitant les uns et les autres à se concentrer sur les enjeux réels qui intéressent les Sénégalais.

Papa Djibril Fall recadre Ousmane Sonko : « Il n’y a pas de murs à raser… parce que vous avez tout mis à terre »

Le ton est monté d’un cran entre le député Papa Djibril Fall et le Premier ministre Ousmane Sonko. Réagissant aux récentes déclarations du chef du gouvernement, qui avait accusé certains acteurs politiques d’avoir causé tant de tort au pays qu’ils devraient désormais « raser les murs », le parlementaire a choisi de riposter avec fermeté.

Face à la presse, ce mardi, Papa Djibril Fall a d’abord ironisé sur la formule de Sonko, avant d’adresser un message sans détour : « Il n’y a pas de murs à raser parce que vous avez tout mis à terre. Si vous avez des tentatives à la dictature aussi, cela ne passera pas. »

Le député, connu pour ses prises de position indépendantes, a également interpellé le Premier ministre sur l’état général du pays. Selon lui, le Sénégal fait face à une conjoncture extrêmement difficile. « Concentrez-vous sur les urgences du pays. Le Sénégal est en train de suffoquer, car il est asphyxié », a-t-il averti, pointant du doigt la situation économique, les tensions sociales et l’instabilité institutionnelle.

Accompagné de ses camarades du mouvement « Serviteurs », Papa Djibril Fall a réaffirmé son engagement à défendre les principes démocratiques et la séparation des pouvoirs. Il a mis en garde contre toute dérive autoritaire, appelant à « un climat apaisé, respectueux de la pluralité et de la contradiction démocratique ».

Ces déclarations illustrent le climat politique tendu qui prévaut entre l’exécutif et certaines composantes de l’opposition parlementaire. Elles interviennent dans un contexte où le gouvernement Diomaye-Sonko est confronté à de fortes attentes de résultats et à la nécessité de restaurer la confiance avec une partie de la classe politique.

Le gouvernement lance une offensive pour sauver les sociétés publiques en difficulté

Le gouvernement sénégalais entend redonner un second souffle aux sociétés publiques et parapubliques en proie à des difficultés financières. Parmi les entités ciblées figurent notamment La Poste, Air Sénégal, la Sonacos, la Société nationale de recouvrement (SNR) et Dakar Dem Dikk (DDD), toutes confrontées à des défis structurels majeurs.

Lors du débat d’orientation budgétaire tenu samedi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a annoncé la mise en œuvre de deux mesures clés destinées à assurer la relance de ces structures stratégiques. Il s’agit, d’une part, de la création d’un fonds de relance et, d’autre part, de l’installation d’un comité interministériel de restructuration.

Selon les précisions rapportées par Le Soleil, le fonds de relance aura pour vocation de financer les opérations de recapitalisation, les plans de redressement, les restructurations, ainsi que de couvrir les besoins en fonds de roulement des entreprises ciblées. Cet instrument financier vise à redonner de la solvabilité aux structures étatiques en difficulté, dont certaines peinent à honorer leurs engagements les plus élémentaires.

En parallèle, un comité de pilotage sera mis en place sous la tutelle directe de la Primature. Sa mission : accompagner chaque entreprise dans l’élaboration de son plan de redressement, en facilitant l’identification de solutions financières et juridiques adaptées. Il s’agira également d’assurer une coordination efficace entre les ministères concernés et d’encadrer les processus de transformation à mettre en œuvre.

Cette double initiative traduit la volonté du gouvernement de préserver l’emploi, assainir la gestion des sociétés publiques, et réduire leur dépendance vis-à-vis du Trésor public. Ces mesures interviennent dans un contexte économique tendu, où la rationalisation des dépenses publiques et l’efficacité des services sont devenues des impératifs.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dresse un bilan réformateur à la clôture de la session parlementaire

C’est un discours de clôture riche en annonces que le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a livré à l’issue de la session parlementaire 2024-2025. Dans un hémicycle attentif, il a dressé le bilan d’une session marquée par de profondes réformes et un engagement collectif qu’il a qualifié de remarquable.

Évoquant les progrès accomplis, El Malick Ndiaye a affirmé que les changements initiés traduisent une volonté claire d’incarner « un Parlement plus exigeant, plus transparent et plus redevable ». Loin d’un simple discours de fin de session, son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations entamées au sein de l’institution.

L’un des points centraux abordés par le président a été la lutte contre les pratiques budgétaires qu’il a jugées peu justifiées. Il a notamment dénoncé un gaspillage documentaire insoutenable et une inefficacité dans la gestion des ressources administratives. Ce constat a motivé une série de décisions drastiques visant à rationaliser les dépenses, alléger les charges et instaurer une culture de sobriété au sein de l’Assemblée.

La suppression de certains avantages jusque-là accordés aux députés illustre cette nouvelle orientation. El Malick Ndiaye a évoqué la fin des crédits téléphoniques et des primes de plénière, la suppression des appuis financiers lors des fêtes religieuses, ainsi que la réduction des frais de mission et du quota des pèlerins. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche de rigueur et de transparence budgétaire.

Sur le plan administratif et fonctionnel, des réformes ont été entamées pour moderniser l’appareil parlementaire. Le président de l’Assemblée a cité la refonte du règlement intérieur, la révision du statut du personnel et l’introduction de procédures de gestion financière plus rigoureuses. Ces changements visent à adapter le fonctionnement de l’Assemblée nationale aux exigences contemporaines en matière de gouvernance.

La modernisation technologique a également occupé une place importante dans le discours du président. Il a annoncé la mise en place d’un nouveau site internet pour faciliter l’accès à l’information parlementaire, l’attribution d’adresses mail officielles à tous les députés, l’instauration d’un système de pointage électronique, ainsi que la distribution de tablettes numériques pour digitaliser les travaux parlementaires.

Autre innovation majeure, la création d’une chaîne parlementaire a été intégrée au règlement intérieur. Selon El Malick Ndiaye, cette chaîne n’a pas vocation à devenir un média traditionnel, mais plutôt à jouer un rôle pédagogique et citoyen. Elle sera, selon lui, un levier de transparence et un outil pour rapprocher davantage les citoyens de leurs représentants.

Sur le registre des politiques publiques, le président a salué la création d’une commission chargée de leur évaluation. Il a également mis en avant la mise en place d’un système de comptabilité conforme aux normes, ainsi qu’un organe interne de passation des marchés. Il a rappelé que les réformes ont permis d’avancer sur plusieurs revendications syndicales internes, tout en consolidant la diplomatie parlementaire du Sénégal.

En conclusion, El Malick Ndiaye a salué l’engagement de ses collègues députés et les a appelés à maintenir le cap des réformes. Il a insisté sur la nécessité de construire une Assemblée nationale qui incarne véritablement les aspirations du peuple sénégalais, en étant plus proche, plus efficace et plus transparente.

Ce bilan dressé à la clôture de la session confirme l’ambition d’El Malick Ndiaye de faire du Parlement sénégalais une institution moderne, sobre, rigoureuse et au service exclusif de la République.

Vers une réforme en profondeur du secteur de l’eau : Cheikh Tidiane Dièye annonce une nouvelle ère pour l’équité et la résilience

Au lendemain de l’ouverture d’un atelier de réflexion sur la gouvernance du secteur hydraulique, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a animé une conférence de presse remarquée, marquant une nouvelle étape dans la réforme du secteur de l’eau au Sénégal. Il y a exposé les contours d’une stratégie ambitieuse qui entend rompre avec les pratiques improvisées du passé et garantir un accès équitable, durable et résilient à l’eau pour tous les citoyens.

Le ministre a rappelé avec insistance que « le droit à l’eau ne doit plus être un privilège, mais une garantie pour tous les citoyens, qu’ils vivent en milieu urbain ou rural ». Il a souligné les inégalités flagrantes dans l’accès à l’eau, évoquant notamment la situation de la commune de Fimela, en proie à des pénuries persistantes. « Les besoins ne peuvent plus attendre. Des solutions durables sont en vue pour soulager les populations de Fimela », a-t-il assuré au micro de Dakaractu Mbour.

Ce plaidoyer en faveur de l’équité territoriale s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large, portée par la Lettre de politique sectorielle de l’eau et de l’assainissement 2025–2050, issue des concertations nationales tenues récemment à Kaolack. Cette feuille de route repose sur trois axes principaux :

La refondation du ministère, pour une administration modernisée, réactive et mieux outillée face aux enjeux hydriques. Une gouvernance durable et transparente des ressources, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau. L’équité territoriale, pilier central de la réforme, visant un accès juste et équilibré à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire national.

Alors que la saison des pluies bat son plein, le ministre a également abordé la question des inondations, qui reviennent chaque année tel un fléau dans de nombreuses localités. Il a tenté de rassurer l’opinion publique, affirmant que « des dispositifs sont déjà en place pour anticiper les risques ». Parmi les mesures évoquées : le curage des canalisations, l’entretien régulier des stations de pompage et une veille opérationnelle dans les zones les plus vulnérables.

Cependant, sur le terrain, la réalité peine à refléter ces engagements. Chaque hivernage, les mêmes scènes se répètent : maisons inondées, routes impraticables, écoles fermées, quartiers entiers paralysés par des eaux stagnantes. Un quotidien difficile pour des milliers de Sénégalais, surtout dans les zones périurbaines et les quartiers précaires, où les interventions se font souvent attendre.

En conclusion de sa prise de parole, Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé la volonté du gouvernement de « rompre avec l’improvisation et de bâtir une politique de l’eau plus juste, plus proactive et plus humaine ». Un engagement salué, mais qui devra désormais se traduire par des actions concrètes, visibles et durables.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Cheikh Diba lève le voile sur une situation budgétaire alarmante

La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, déposée tardivement à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte économique et budgétaire tendu. Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un exposé sans détour sur l’état des finances publiques du Sénégal, marqué par un creusement du déficit budgétaire, une contraction du PIB et une révision à la baisse des recettes.

Selon Cheikh Diba, cette LFR est le fruit d’un « long processus de réajustement mené dans l’urgence » par les services techniques du ministère. La reprogrammation du cadre macroéconomique s’est imposée à cause de plusieurs facteurs défavorables : la conjoncture économique mondiale défavorable, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la politique commerciale des États-Unis, la volatilité du dollar, ainsi que la découverte de charges non anticipées liées à la dette publique.

Conséquence directe : une baisse significative du Produit intérieur brut (PIB), révisé à la baisse de 907 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les 260 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires attendues ne seront pas au rendez-vous.

Dans un discours volontariste, le ministre a tenu à rassurer quant à sa volonté de transparence : « Je ne serai pas un ministre des Finances qui maquille les chiffres », a-t-il martelé, rejetant toute manipulation comptable consistant à intégrer des recettes postérieures à l’année budgétaire concernée.

Cheikh Diba a indiqué que le déficit budgétaire, qui atteignait 11,6 % en 2024, sera ramené à 7,08 % en 2025, avec un objectif de 5 % à l’horizon 2027. Pour atteindre cette trajectoire, le gouvernement a revu ses priorités et engagé une démarche de rationalisation des dépenses dans tous les ministères. « Ce n’est pas de l’austérité. Il s’agit d’ingénierie budgétaire », a-t-il précisé pour justifier les coupes budgétaires opérées.

Un des points les plus sensibles évoqués par le ministre concerne la découverte de 125 milliards de FCFA de charges d’intérêts issues de dettes contractées hors du circuit budgétaire officiel. Pour éclaircir cette situation, le gouvernement a mandaté un audit confié au cabinet Mazars, permettant d’obtenir une cartographie complète de l’endettement public, y compris la dette bancaire locale, la dette extérieure et les passifs du secteur parapublic.

Cheikh Diba salue cette initiative comme un « acte de responsabilité » visant à asseoir une gestion financière plus rigoureuse.

La gestion active de la dette a permis de dégager 800 milliards de FCFA d’espace budgétaire pour 2025, mais les besoins globaux de financement dépassent les 5 000 milliards, dont plus de 4 000 milliards destinés au remboursement du principal de la dette. Le ministre n’a pas manqué de souligner le caractère hérité de cette charge : « Il faut payer », dit-il, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations.

Concernant le recours accru au Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a tenu à rassurer : « Le FMI ne nous apprend rien. Il veille simplement au respect des principes fondamentaux de gouvernance budgétaire. »

Cette LFR s’inscrit également dans une dynamique de réforme structurelle. Le ministre a annoncé une refonte de l’architecture budgétaire, avec une restructuration des programmes en lien direct avec l’agenda national de transformation. « Chaque ministère devra intégrer cet agenda dans ses priorités. C’est ainsi que les politiques publiques auront un impact réel », a-t-il expliqué.

Répondant aux interrogations et critiques des parlementaires, Cheikh Diba a affiché une volonté d’ouverture et de dialogue. « Nous acceptons toutes les critiques constructives. Mais évitons les généralisations approximatives. Nous avons une obligation de résultats, vis-à-vis de nos concitoyens, mais aussi des marchés et de nos partenaires », a-t-il conclu.

Thierno Bocoum tacle Ousmane Sonko : « Une dérive autoritaire inquiétante »

Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.

Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.

Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.

Le collectif « Rappel à l’ordre » en tournée dans les foyers religieux : un cri d’alerte contre les dérives du pouvoir

Kaolack, 30 juin 2025 – Le collectif citoyen « Rappel à l’ordre », connu pour ses prises de position critiques envers le régime en place, a entamé une tournée nationale auprès des foyers religieux du pays. Objectif : alerter les Khalifes généraux sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes du pouvoir exécutif.

C’est à Kaolack que le mouvement a débuté sa campagne de sensibilisation. Conduit par l’activiste Karim Xrum Xakh, le collectif s’est d’abord rendu à Médina Baye, puis à Léona Niassène et enfin à Sagne Bambara. Partout, les membres du mouvement ont été reçus avec courtoisie, exposant leur lecture de la situation nationale marquée, selon eux, par une restriction des libertés, des dérives autoritaires et un climat social tendu.

Dans ses échanges avec les guides religieux, le collectif a insisté sur « la nécessité pour les autorités spirituelles de jouer leur rôle de régulation sociale », face à ce qu’il qualifie de menaces sur la démocratie, la justice et la stabilité du pays. « Le Sénégal est à la croisée des chemins. Il est impératif que ceux qui ont encore la parole écoutée par tous s’expriment au nom de la vérité et de la justice », a déclaré Karim Xrum Xakh lors de son passage à Médina Baye.

Selon ses initiateurs, cette tournée se poursuivra dans d’autres foyers religieux à travers le territoire national, avec le même message : un appel à la vigilance, à la mobilisation pacifique et à la préservation des acquis démocratiques.

Le collectif « Rappel à l’ordre », actif sur les réseaux sociaux et sur le terrain, s’est imposé comme une voix dissonante face au pouvoir. S’il dérange certains cercles proches du régime, il trouve un écho grandissant auprès d’une partie de la jeunesse et des citoyens inquiets de l’évolution du climat politique national.

Lat Diop autorisé à réintégrer le ministère des Finances malgré sa détention

L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt reprendre du service au sein de la fonction publique. Selon le journal Les Échos, dans son édition du lundi 30 juin 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a récemment signé une attestation de reprise de service en faveur de Lat Diop, administrateur civil de formation. Ce document l’autorise officiellement à réintégrer son département d’origine, malgré sa situation judiciaire actuelle.

Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis septembre 2024. Il fait l’objet de lourdes accusations, notamment de détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux, pour un montant estimé à 8 milliards de francs CFA. Les faits reprochés seraient liés à sa gestion à la tête de la Lonase. Malgré sa détention, l’ancien ministre clame son innocence et dénonce une cabale politique.

Ses avocats, après plusieurs demandes rejetées, ont introduit une nouvelle requête de liberté provisoire, arguant de contestation sérieuse des charges retenues contre lui. Le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier n’a cependant pas encore rendu sa décision sur cette demande.

L’attestation de reprise de service délivrée par le ministre Cheikh Diba soulève des interrogations dans l’opinion publique et chez certains observateurs de la vie politique et administrative. Peut-on envisager la réintégration d’un haut fonctionnaire en détention provisoire, sans issue judiciaire définitive ? La question soulève des enjeux à la fois juridiques, éthiques et politiques, dans un contexte où le nouveau pouvoir affiche une volonté de rupture et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

La CDC s’engage à verser 25 milliards FCFA à l’État : Fadilou Keïta détaille les ambitions de l’institution

Invité de l’émission En vérité sur Radio Sénégal, le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a annoncé une contribution exceptionnelle de l’institution aux finances publiques : un versement minimum de 25 milliards de francs CFA à l’État du Sénégal d’ici la fin de l’année. Une décision qui s’inscrit dans une dynamique de soutien affirmé aux efforts budgétaires du gouvernement.

« Cette année, nous voulons donner à l’État du Sénégal au minimum 25 milliards de francs CFA. On a les capacités de le faire », a déclaré M. Keïta.

Malgré des créances impayées de l’État envers la CDC, le Directeur général a tenu à souligner la résilience et l’engagement de l’institution. Ce soutien financier s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer le rôle stratégique de la CDC comme catalyseur de la relance économique et de l’investissement public.

« Nous voulons montrer que la CDC est un acteur clé, capable de mobiliser des ressources pour accompagner les politiques de développement », a-t-il affirmé.

Abordant un autre volet essentiel de l’action de la CDC, M. Keïta est revenu sur le programme de logement social initié depuis 2019, mais resté en suspens plusieurs années. Il a annoncé une évolution significative du dossier, avec la livraison imminente de plus de 4 600 parcelles viabilisées.

« Récemment, nous avons publié un communiqué annonçant la livraison prochaine de plus de 4 600 parcelles. C’est un projet qui date de 2019, longtemps bloqué, mais toutes les diligences ont été réglées par nos techniciens », a-t-il précisé.

Cependant, la remise effective des terrains aux bénéficiaires reste conditionnée au paiement intégral des soldes dus. Un appel a ainsi été lancé aux acquéreurs pour régulariser leur situation.

« Ce qui bloque maintenant, ce sont les soldes que les bénéficiaires doivent encore payer pour récupérer leurs parcelles », a-t-il ajouté.

À travers ces annonces, la CDC réaffirme sa vocation première : mobiliser l’épargne nationale, sécuriser les ressources de l’État et investir dans des projets structurants à fort impact socio-économique. Le Directeur général a réitéré l’engagement de la CDC à jouer pleinement son rôle de bras financier stratégique de l’État, dans un contexte marqué par des défis budgétaires et une forte demande sociale.

Fadilou Keïta brise le silence sur son salaire et appelle à une transparence généralisée sur les avantages des autorités

Le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a pris la parole pour clarifier le débat enflé autour de son salaire, au moment où les critiques se multiplient sur la rémunération des responsables publics. Invité sur la Radio Sénégal Internationale (RSI), il a tenu à mettre les choses au clair : « Ce n’est pas moi qui fixe mon salaire. C’est l’État qui en décide », a-t-il affirmé d’un ton ferme.

Fadilou Keïta a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement ciblée, rappelant son passage par la case prison : « Ceux qui alimentent ce débat étaient bien silencieux lorsque nous avons été emprisonnés pendant 15 mois sans percevoir de salaire. » Il assure qu’il a sciemment rendu public le montant de sa rémunération, dans un souci de transparence, car « les Sénégalais ont le droit de savoir ».

Le Directeur de la CDC n’a pas manqué de souligner que certains de ses prédécesseurs touchaient un salaire supérieur au sien, sans que cela n’émeuve l’opinion publique. « Je ne suis pas le mieux payé des Directeurs généraux », a-t-il lancé, tout en accusant certains de vouloir « ternir l’image de l’État ». Il les met en garde : « Ils répondront devant la justice. »

Au-delà de son cas personnel, Fadilou Keïta a élargi la réflexion à une problématique plus vaste : celle des avantages accordés aux responsables publics, souvent critiqués mais rarement clarifiés. Il appelle ainsi l’État à légiférer sur les différentes formes de rémunérations indirectes : « Nous sommes dans un pays où existent des caisses noires, des fonds politiques, des primes, des fonds communs… Je pense que l’État doit légiférer sur tout cela, et que tout le monde s’y soumette. »

Cheikh Diba à l’Assemblée nationale : « Serrons les coudes pour surmonter la précarité budgétaire »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2025, le Ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu un discours empreint de gravité, appelant à l’unité nationale et à la responsabilité collective face aux défis économiques actuels.

Prenant la parole devant les députés de l’Assemblée nationale, le ministre a défendu les choix budgétaires opérés par le gouvernement, tout en soulignant l’ampleur des efforts nécessaires pour remettre le pays sur les rails. « Nous avons toujours été les premiers à poser les questions sur la table pour en discuter et apporter les solutions idoines », a-t-il déclaré, appelant à un débat constructif.

Cheikh Diba a dénoncé certaines prises de position qu’il juge « puériles », face à ce qu’il considère comme des urgences nationales. « Je suis au regret de constater que certains s’adonnent à des débats puérils face aux enjeux et urgences de l’heure », a-t-il fustigé, en référence aux critiques parfois virulentes formulées dans l’hémicycle.

Dans un contexte économique tendu, marqué par un resserrement des marges budgétaires, le ministre a insisté sur la nécessité d’une solidarité nationale. « Soyons solidaires et serrons les coudes pour franchir les obstacles auxquels nous faisons face », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que le pays traverse une période de précarité budgétaire et financière.

Le projet de loi de finances rectificative 2025, présenté comme un ajustement nécessaire au regard des nouvelles priorités gouvernementales, a suscité un vif débat entre la majorité et l’opposition. Toutefois, le gouvernement reste ferme sur sa ligne : rationaliser les dépenses, prioriser les secteurs vitaux, et restaurer la confiance des partenaires techniques et financiers.

Assemblée nationale – Projet de loi de finances rectificative 2025 : Le gouvernement enclenche une refondation budgétaire sous haute contrainte

L’examen du projet de loi n°11/2025 portant loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025 se poursuit à l’Assemblée nationale dans un climat économique international tendu et sur fond de remise en question profonde de la gestion budgétaire passée. Présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ce projet ne se limite pas à un simple réajustement technique : il s’inscrit, selon ses mots, dans une « dynamique de refondation » visant à restaurer la transparence, la crédibilité et l’efficacité des finances publiques sénégalaises.

Dès l’ouverture de son intervention, le ministre a dressé un tableau sombre des contraintes exogènes qui pèsent sur l’économie nationale. Il a notamment cité la montée des tensions commerciales internationales, exacerbée par la récente hausse des droits de douane imposée par la nouvelle administration américaine, et les ripostes de leurs partenaires. À cela s’ajoutent les perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, la fermeté des politiques monétaires des grandes banques centrales et le spectre grandissant d’une récession mondiale, dont la probabilité est passée de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

Ces facteurs se traduisent, pour les pays africains comme le Sénégal, par une contraction de la demande extérieure, une volatilité accrue des cours des matières premières, et des coûts de financement toujours élevés.

Au-delà des facteurs internationaux, la LFR 2025 est fortement influencée par les conclusions du rapport d’audit de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques. Le document, très attendu, a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans les pratiques budgétaires, notamment un recours excessif et non encadré à l’endettement, des dépenses hors budget, et une opacité dans la reddition des comptes.

Face à ces constats alarmants, l’État sénégalais affirme avoir engagé une stratégie de redressement fondée sur trois piliers : transparence, discipline budgétaire et préservation des objectifs de développement.

Mise en œuvre des recommandations de la Cour des comptes : Cela inclut notamment le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe, une réforme du système de comptabilité publique, et l’application stricte du principe d’autorisation parlementaire pour tout nouvel emprunt. Publication régulière des données budgétaires et de la dette publique : Un effort de transparence destiné à rétablir la confiance des citoyens et des partenaires financiers. Prise en charge des dettes bancaires non budgétisées : La LFR intègre désormais le paiement des intérêts d’une dette contractée hors du circuit budgétaire pour un montant de 125 milliards de FCFA.

Au-delà des ajustements financiers, c’est bien une nouvelle philosophie de gestion publique que le gouvernement semble vouloir initier. L’ambition affichée est de sortir d’un système marqué par l’opacité et les pratiques dérogatoires, pour entrer dans une ère de rigueur, d’efficience et de redevabilité.

Ce tournant pourrait marquer un changement de paradigme dans la gouvernance budgétaire sénégalaise, à condition que les engagements pris se traduisent rapidement en actions concrètes, et que le Parlement joue pleinement son rôle de contrôle.

LFR 2025 – Le député Tafsir Thioye relance le débat sur la gestion des 604 milliards FCFA : « Où est passée cette somme ? »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Tafsir Thioye a vivement interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la gestion d’une enveloppe de 604 milliards FCFA, évoquée par le Premier ministre lors de précédentes communications.

Selon les données rendues publiques par la Cour des comptes, seuls 181 milliards FCFA auraient été effectivement dépensés, laissant apparaître un reste non justifié de 123 milliards FCFA, après des vérifications intermédiaires. Une situation que le parlementaire juge préoccupante, pointant du doigt un manque de clarté dans l’utilisation des ressources publiques.

« Où est passée cette somme ? », s’est interrogé Tafsir Thioye, devant ses collègues parlementaires et le ministre. « Nous devons avoir une lecture exhaustive de la situation budgétaire. Mais visiblement, il y a trop de confusion dans l’utilisation du budget », a-t-il dénoncé.

L’élu s’inquiète également de l’évolution rapide de la dette publique du Sénégal, qu’il estime en voie de devenir insoutenable si les tendances actuelles se poursuivent.

« À ce rythme, nous serons à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il averti, appelant à une gestion plus rigoureuse et transparente des finances publiques.

Face à ces remarques, le ministre Cheikh Diba a été sommé d’apporter des explications détaillées sur la traçabilité des dépenses liées à cette enveloppe et sur les mécanismes de contrôle budgétaire en place.

Cette interpellation illustre une tension persistante entre l’exécutif et certains membres de l’Assemblée nationale, dans un contexte où la crédibilité budgétaire et la soutenabilité de la dette sont devenues des enjeux majeurs pour la stabilité économique du pays. La LFR 2025, qui prévoit par ailleurs un ajustement des prévisions de croissance et un décaissement exceptionnel de 500,9 milliards FCFA pour régler des arriérés intérieurs, ne fait pas l’unanimité.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Assemblée nationale – Loi de Finances Rectificative 2025 : Me Aïssata Tall Sall charge le ministre des Finances

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, la présidente du groupe parlementaire “Liberté, Démocratie et Changement”, Me Aïssata Tall Sall, n’a pas mâché ses mots. Face au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a livré une critique rigoureuse de la stratégie budgétaire du gouvernement, pointant des incohérences dans les prévisions de recettes et la gestion des dépenses.

Prenant la parole devant l’hémicycle, Me Aïssata Tall Sall s’est inquiétée d’un écart jugé préoccupant entre les prévisions de la Loi de Finances initiale (LFI) et celles proposées dans la LFR 2025. Selon elle, l’État chercherait à combler un manque de 1 140 milliards FCFA, sans apporter de garanties solides quant aux sources de financement.

« Où trouvez-vous l’argent, Monsieur le ministre ? », a-t-elle lancé, dénonçant des mesures “peu fiables” pour combler le gap budgétaire.

La députée a aussi mis en lumière une contradiction apparente dans le discours du gouvernement : d’un côté, une promesse de rationalisation des dépenses, de l’autre, une hausse importante de la pression fiscale prévue pour atteindre 20 % d’ici 2025.

« Vous dites que c’est pour un taux de 0,5 % que vous avez accepté de doubler les dépenses du budget général. Ensuite, vous parlez de mobiliser les ressources… mais en quoi consiste cette mobilisation ? En une augmentation de la pression fiscale ! », s’est-elle insurgée.

Pour l’élue, cette hausse brutale pèserait lourdement sur les ménages et les entreprises dans un contexte économique déjà tendu.

Poursuivant son argumentaire, Me Aïssata Tall Sall a remis en cause la cohérence des projections macroéconomiques présentées par le ministère. Elle a notamment souligné une contradiction entre les prévisions du déficit budgétaire dans le Plan national de développement (annoncé à 3 % en 2025 puis en 2029) et celles de la LFR.

« Il y a un réel problème avec les chiffres. Je vous l’ai dit la dernière fois. Ces incohérences sapent la crédibilité des documents budgétaires que vous nous soumettez », a-t-elle martelé.

Au-delà de la critique technique, l’intervention de Me Aïssata Tall Sall sonne comme une mise en garde politique. À travers son ton ferme et sa connaissance des dossiers, elle appelle à une plus grande rigueur dans la gestion des finances publiques, tout en s’érigeant en vigie face à un exécutif qu’elle accuse de manquer de transparence et de cohérence.

Alors que le pays traverse une période de redressement économique post-crise et de transition politique, ces alertes ne manqueront pas de nourrir le débat parlementaire sur la viabilité de la trajectoire budgétaire du Sénégal.

Affaire Bachir Fofana : Pape Djibril Fall charge le président de l’Assemblée nationale en pleine séance plénière

Lors du débat sur la loi de finances rectificative 2025, le député de l’opposition accuse El Malick Ndiaye d’être à l’origine de l’incarcération du militant politique Bachir Fofana.

La tension était palpable ce vendredi à l’Assemblée nationale du Sénégal, alors que les députés débattaient du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2025. Un moment législatif qui a été marqué par une sortie virulente du député d’opposition Pape Djibril Fall. Profitant de la tribune parlementaire, l’élu a dévié du cadre budgétaire pour interpeller le président de l’institution, El Malick Ndiaye, sur l’affaire judiciaire impliquant le militant politique Bachir Fofana, actuellement placé sous mandat de dépôt pour diffusion présumée de fausses nouvelles.

Dans une déclaration ferme, Pape Djibril Fall a pointé sans détour la responsabilité du président de l’Assemblée dans ce qu’il qualifie de « régression démocratique ». « Tu fais partie de ceux qui symbolisent la régression démocratique du Sénégal, parce que si Bachir Fofana se trouve actuellement en prison, c’est de ta faute », a-t-il lancé, devant une hémicycle figée par la gravité des propos.

L’affaire Bachir Fofana continue de susciter un vif émoi dans l’opinion publique. Militant actif sur les réseaux sociaux et proche de la mouvance contestataire, Fofana est poursuivi pour avoir relayé des informations présumées erronées sur un marché public relatif à l’achat de véhicules destinés aux députés. Des accusations que plusieurs voix, notamment dans les rangs de l’opposition, considèrent comme politiquement motivées.

Pape Djibril Fall, qui n’en est pas à sa première prise de position contre les dérives institutionnelles, a saisi l’occasion pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression et un climat de plus en plus liberticide. Son intervention, brève mais percutante, a ravivé les tensions au sein de l’hémicycle, certains députés réagissant avec indignation, tandis que d’autres l’ont salué pour son courage politique.

Pour l’heure, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, n’a pas réagi officiellement à ces accusations directes. Mais cette passe d’armes illustre le climat électrique qui règne au sein du Parlement, à l’heure où les nouvelles autorités sont scrutées sur leur capacité à garantir les libertés publiques dans un contexte de transition politique sensible.

Dette publique : L’APR et Thierno Alassane Sall exigent des comptes sur les 10 200 milliards FCFA contractés en deux ans

La tension monte autour de la question de la dette publique au Sénégal. Dans un contexte économique tendu, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, et le député Thierno Alassane Sall ont tous deux exprimé leurs inquiétudes et critiques concernant l’endettement massif contracté par le nouveau régime en place. Un chiffre cristallise le débat : 10 200 milliards FCFA sur deux ans. Le gouvernement, de son côté, défend sa gestion et dénonce une manipulation des données.

Dans un communiqué publié jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « 10 200 milliards d’endettement sans résultats visibles ». Pour l’ancienne majorité, il est inconcevable qu’un tel niveau d’endettement n’ait produit aucun impact perceptible sur le quotidien des Sénégalais. Le parti exige des explications précises sur la destination de ces montants : 4 500 milliards FCFA contractés en 2024 et 5 700 milliards déjà prévus pour 2025.

Face à ces critiques, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a réagi ce samedi 28 juin devant l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il a tenu à rassurer l’opinion et les députés sur la régularité et la transparence des opérations financières de l’État. « Ces 10 000 milliards ne sont pas de la responsabilité du gouvernement actuel », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main les accusations portées par l’APR.

Le ministre a aussi précisé que les travaux liés aux différents engagements budgétaires ont été bouclés en décembre dernier, mais n’ont pas encore fait l’objet de discussions parlementaires approfondies. Selon lui, « l’appel d’offres est sérieux et répond à tous les besoins exprimés », tout en insistant sur l’ouverture du gouvernement à toute collaboration visant à détailler les affectations budgétaires.

Le député Thierno Alassane Sall n’a pas mâché ses mots. Dans une publication sur Facebook, il a dressé un tableau sombre de la situation financière du pays. « Les chiffres de cette LFR (Loi de finances rectificative) sont implacables : la dette va s’envoler à 5 715,5 milliards FCFA en 2025 », a-t-il déploré, accusant le régime de creuser la dette sans bénéfices concrets pour la population.

Le parlementaire pointe un échec généralisé : pas d’impact sur le chômage, la vie chère, l’enseignement supérieur, le monde rural, ni sur la santé publique. Pire encore, il accuse : « Pendant ce temps, les néo-apparatchiks se gavent de fonds politiques, financés par la dette ». Pour lui, les Sénégalais subissent les conséquences d’une gouvernance dispendieuse, entre prix à la pompe élevés, pénurie de produits de première nécessité et austérité imposée aux couches les plus vulnérables.

Ce nouvel épisode illustre la fracture entre l’opposition et le gouvernement autour de la politique budgétaire. Tandis que l’APR et certains députés dénoncent une dérive financière, le pouvoir actuel se veut rassurant, invoquant l’héritage lourd laissé par le précédent régime et affirmant œuvrer pour la relance économique.

Alors que les débats sur la Loi de finances rectificative battent leur plein, la polémique sur la dette risque de s’intensifier. Dans un pays où le coût de la vie reste un sujet brûlant, les citoyens, eux, attendent des actes concrets. Et surtout, des résultats visibles.

Sénégal – Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dénonce une campagne de désinformation et porte plainte contre le journaliste Bachir Fofana

Dans une affaire qui secoue l’institution parlementaire sénégalaise, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a été entendu par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une enquête portant sur la diffusion présumée de fausses informations liées à l’achat de véhicules pour les députés.

Au cœur de cette affaire : des accusations relayées par le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana, selon lesquelles le marché public relatif à l’acquisition de ces véhicules aurait été attribué à Cheikh Guèye, un individu actuellement sous contrôle judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs.

Face aux enquêteurs, le président de l’Assemblée nationale, cité par le journal Libération, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » orchestrée dans le but de ternir son image et de discréditer l’institution parlementaire. Selon lui, ces accusations, relayées massivement sur les réseaux sociaux et certains médias, reposent sur des allégations « mensongères » et « malveillantes ».

« Je suis un homme politique et président de l’Assemblée nationale, au service de la République du Sénégal. Cette double qualité fait de moi une personnalité publique très suivie. Ainsi, la moindre information me concernant est vivement commentée, avec de forts relents politiques et médiatiques », a-t-il déclaré.

El Malick Ndiaye déplore que cette affaire ait été utilisée pour jeter un discrédit injuste sur l’hémicycle : « Des individus malintentionnés, avec leurs complices, s’évertuent depuis quelque temps à diffuser de fausses nouvelles sur l’acquisition de véhicules par l’Assemblée nationale. »

Le président du Parlement réfute fermement les allégations d’un lien entre l’Assemblée nationale et une quelconque procédure judiciaire en cours, en l’occurrence celle impliquant Cheikh Guèye. Il considère que l’affirmation selon laquelle ce dernier aurait obtenu le marché de fourniture de véhicules est « une manipulation de l’opinion publique », soutenue par certains « chroniqueurs supposés » et largement diffusée via les plateformes numériques.

« Une telle information, largement relayée par un système informatique, est attentatoire à la crédibilité de l’institution parlementaire. Elle cherche à faire le lien entre des commandes de véhicules légalement effectuées et un système présumé de corruption », a-t-il martelé.

Sur la base des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, El Malick Ndiaye a décidé de saisir la justice. Une plainte a été déposée contre Bachir Fofana, ainsi que contre tout complice ou commanditaire présumé. Le journaliste, interpellé en milieu de semaine, a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu pour mercredi prochain.

Cette affaire, à la croisée du droit, de la politique et de la liberté de la presse, suscite déjà de vives réactions au sein de l’opinion publique. Si certains dénoncent une tentative d’intimidation des voix critiques, d’autres estiment nécessaire de préserver la dignité des institutions face à la prolifération de fausses informations.

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

Assemblée nationale : les députés adoptent la révision du Règlement intérieur

Les députés de la 15ᵉ législature ont procédé, ce vendredi, à l’adoption de la proposition de loi n°10/2025 portant révision du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le texte a été approuvé à une très large majorité, recueillant 138 voix favorables et une seule abstention.

Cette réforme vise à doter les élus du peuple des instruments nécessaires pour mener à bien leurs missions constitutionnelles. Selon les initiateurs du texte, le nouveau dispositif permettra aux parlementaires de légiférer, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques dans des conditions renforcées, conformément aux exigences de la Charte fondamentale.

Au cours de la séance, plusieurs amendements ont été soumis au débat, notamment ceux portés par les députés Maguette Sène et Anta Babacar Ngom. Après examen, ces propositions ont été rejetées par l’Assemblée nationale.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Le Sénégal revoit ses ambitions à la baisse mais injecte 500 milliards FCFA pour soulager son économie

Malgré un contexte économique mondial incertain et des défis internes croissants, le gouvernement sénégalais a adopté une Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2025, marquée par une double dynamique : un ajustement prudent des prévisions macroéconomiques et une réponse vigoureuse au besoin de liquidités internes, avec une enveloppe exceptionnelle de 500,9 milliards FCFA destinée au paiement des arriérés de la dette intérieure.

Initialement projetée à 10,7 %, la croissance du PIB pour l’année 2025 a été révisée à 8 %, une baisse significative mais toujours robuste dans un environnement sous tension. Cette révision prend en compte le ralentissement de l’activité économique mondiale, la modération des recettes attendues du secteur pétro-gazier, ainsi que les aléas climatiques pesant sur la campagne agricole.

Dans le même temps, le déficit budgétaire est réévalué à 7,82 % du PIB, bien au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA (3 %), traduisant la volonté du gouvernement de soutenir l’activité malgré les pressions sur les finances publiques. Ce niveau de déficit, quoique élevé, est justifié par la priorité donnée à la relance économique et au règlement de passifs pesants sur les entreprises nationales.

La grande annonce de cette LFR 2025 réside dans le dédblocage de 500,9 milliards FCFA pour le remboursement des arriérés de la dette intérieure. Cette mesure phare vise à soulager les entreprises nationales, particulièrement les PME, étranglées par les retards de paiement de l’État. Ce règlement attendu devrait :

Fluidifier la trésorerie des entreprises locales Stimuler l’investissement privé Renforcer la confiance entre les opérateurs économiques et l’administration Réduire les risques de faillites en cascade dans certains secteurs clefs (BTP, fourniture, services publics délégués, etc.)

En clair, c’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques, dans un contexte où la relance repose en grande partie sur la vitalité du tissu productif national.

Le gouvernement sénégalais affiche ainsi une volonté affirmée de soutenir son économie tout en corrigeant ses projections avec réalisme. Le ministre des Finances a souligné que cette révision ne remet pas en cause les grandes priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), mais en ajuste les instruments pour mieux faire face aux urgences conjoncturelles.

Le Sénégal espère, avec ces mesures, stimuler la demande interne, restaurer la confiance des investisseurs, et préserver les acquis macroéconomiques dans la perspective d’une stabilisation à moyen terme. La consolidation des finances publiques reste un objectif, mais elle passe désormais par une relance ciblée et responsable, centrée sur la solvabilité de l’État vis-à-vis de ses partenaires économiques internes.

La LFR 2025 est à la fois un acte de réalisme budgétaire et un geste de confiance envers l’économie nationale. Le pari du gouvernement : payer ses dettes pour relancer la machine économique, tout en gardant le cap des réformes structurelles. Reste à voir si cette injection de liquidités portera les fruits escomptés et permettra au Sénégal de préparer une reprise solide, inclusive et durable à l’horizon 2026.

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