Podor – PNV de Mamoudou Seydou Sall : une ambition locale qui bouscule les équilibres politiques

À Podor, le paysage politique local pourrait connaître de nouveaux bouleversements. Avec la montée en puissance du mouvement Podor Nouvelle Vision (PNV), son président Mamoudou Seydou Sall s’impose progressivement comme un acteur à surveiller dans un département longtemps marqué par des dynamiques politiques classiques et par des attentes sociales demeurées sans réponses structurelles.

Dans un contexte où la pression sociale s’accentue — chômage des jeunes, accès difficile à la terre, insuffisances du système sanitaire — le discours de Mamoudou Seydou Sall tranche avec les approches traditionnelles. Il mise sur une rhétorique de rupture, axée sur la responsabilité locale, la valorisation des ressources endogènes et une gouvernance de proximité.

Une trajectoire administrative au service d’un projet politique

Ancien étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et diplômé de l’École nationale d’Administration (ENA), Mamoudou Seydou Sall s’appuie sur son parcours dans l’administration publique pour asseoir sa crédibilité politique. Son passage dans différents services à Thiès et à Dakar lui permet aujourd’hui de revendiquer une double légitimité : celle du technicien de l’État et celle de l’acteur profondément enraciné dans les réalités du Fouta.

Originaire de Donaye, il cultive l’image d’un cadre revenu au bercail, un profil qui séduit une frange de la population lassée des promesses électorales sans lendemain.

PNV, entre mouvement citoyen et machine électorale

Fondé en 2022, le PNV se présente officiellement comme un mouvement citoyen. Toutefois, à mesure que les échéances électorales approchent, il s’affirme de plus en plus comme une structure politique en construction, cherchant à transformer l’engagement social en capital électoral.

Les actions sociales menées dans plusieurs communes du département — soutien aux écoles, appui aux structures sanitaires, dotations en équipements sportifs — apparaissent, aux yeux de certains observateurs, comme les prémices d’une stratégie d’implantation territoriale. Une méthode assumée par le leader du mouvement, qui défend une approche fondée sur le principe de « l’action avant l’élection ».

La question foncière et agricole, un terrain hautement politique

En plaçant au cœur de son discours la réforme de la loi foncière de 1964, Mamoudou Seydou Sall s’attaque à l’un des sujets les plus sensibles du département. Dans une zone où l’accès à la terre conditionne l’emploi, la stabilité sociale et la souveraineté alimentaire, cette prise de position est susceptible de redéfinir les rapports entre populations rurales, autorités locales et investisseurs.

Le plaidoyer pour une meilleure exploitation du fleuve Sénégal, ainsi que l’idée de la création éventuelle d’une région de Podor, inscrivent également le PNV dans une dynamique de revendication territoriale, susceptible d’alimenter le débat national sur la décentralisation.

Alliances tactiques et indépendance stratégique

Sur le plan politique, le PNV se dit ouvert aux alliances, sans pour autant renoncer à son identité. Le mouvement revendique une liberté stratégique, refusant toute logique d’alignement automatique. Une posture qui lui permet de dialoguer avec différents camps tout en conservant une marge de manœuvre en perspective des prochaines élections locales.

Cette position pourrait faire du PNV un faiseur de rois dans certaines communes, ou au contraire un concurrent direct des formations politiques traditionnelles.

Vers une recomposition du pouvoir local ?

Avec l’ambition affichée de conquérir des mairies, des sièges au conseil départemental et d’influencer les politiques publiques locales, Mamoudou Seydou Sall ne cache plus ses intentions. À Podor, son discours résonne comme un appel à la reconfiguration du leadership local, porté par une génération de cadres administratifs décidés à transformer leur expertise technique en pouvoir politique.

CAN 2025 : Air Sénégal met en place un vol spécial Dakar–Tanger pour accompagner les Lions en demi-finales

Qualifiés pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, les Lions de la Téranga pourront compter sur un soutien massif de leurs supporters. Consciente de l’engouement populaire suscité par le parcours de l’équipe nationale, Air Sénégal a annoncé la mise en place d’un vol direct supplémentaire entre Dakar et Tanger afin de faciliter le déplacement des fans sénégalais vers le Royaume chérifien, théâtre de cette phase décisive de la compétition.

Dans un communiqué rendu public, la compagnie aérienne nationale précise que ce vol spécial est programmé pour le 13 janvier, avec un départ de Dakar prévu à 15h45. Cette initiative vise à offrir une solution de transport rapide et pratique aux supporters désireux de vivre de près l’aventure des Lions, à un moment crucial de la CAN. Le tarif du billet est fixé à 400 000 FCFA toutes taxes comprises, dans une formule à prix unique incluant deux bagages, une offre pensée pour répondre aux besoins des voyageurs.

Air Sénégal souligne par ailleurs que le nombre de places disponibles est limité, invitant ainsi les supporters à procéder rapidement à leurs réservations afin de garantir leur présence dans les tribunes. Cette mobilisation logistique s’inscrit dans une dynamique de soutien affirmé à l’équipe nationale, dont les performances continuent de fédérer l’ensemble du pays.

Rufisque Ouest:Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience (VAE)

Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience (VAE), par Madame le Maire Astou GUEYE.
‎Une journée à laquelle les parties prenantes ont marqué de leur présence tenant compte de l’intérêt.
‎l’on peux citer Quelques représentants du cabinet MEWI Finances, l’honorable Souleymane NDOYE, le maire de Cayenne ainsi que l’hôte du jour le Ministre Moustapha Ndiéck SARE ministre de la Formation professionnelle et technique.
‎Cette rencontre a permis de passer en revue l’impact et les objectifs de l’ensemble des modules de formations offerts à la jeunesse de Rufisque.

Rufisque : Lancement officiel de la formation sur la valorisation des acquis et de l’expérience VAE

Niolanéme Extension (Mbadakhoune) : Les habitants descendent dans la rue pour dénoncer leurs conditions de vie

Les habitants de Niolanéme Extension, dans la commune de Mbadakhoune, région de Kaolack, ont exprimé ce dimanche leur profond ras-le-bol face à des conditions de vie jugées insoutenables. Revêtus de brassards rouges, ils ont organisé une manifestation pacifique pour alerter les autorités locales et nationales sur les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Parmi leurs principales préoccupations figure le manque d’eau potable, un problème qui perdure depuis près de trois mois. Les habitants dénoncent le fait de recevoir des factures malgré l’absence de service régulier, ce qu’ils considèrent comme une injustice criante. La situation est d’autant plus inquiétante qu’elle touche un quartier densément peuplé, où l’accès à l’eau est un besoin vital pour les familles.

Le mauvais état de la route reliant Niolanéme à Kaolack constitue également un sérieux handicap. Pendant la saison des pluies, le quartier devient quasi-inaccessible, rendant difficile le transport des personnes, des marchandises et même l’accès aux services de santé. Les habitants décrivent cette route comme « désastreuse » et dénoncent l’enclavement du quartier, qui aggrave leur isolement social et économique.

Autre source de préoccupation majeure, la présence d’une décharge d’ordures dans la zone. Selon les riverains, il s’agit des déchets de la ville de Kaolack qui sont déversés à Niolanéme, provoquant des nuisances olfactives et des risques sanitaires considérables. Des maladies pulmonaires ont été signalées et certains habitants estiment que des décès sont directement liés à la mauvaise gestion de cette décharge.

Le quartier fait également face à des problèmes d’insécurité et de foncier. Les habitants dénoncent l’opacité dans la gestion des terrains et le manque de sécurité dans les rues et alentours, une situation qui accroît leur sentiment de vulnérabilité.

Le porte-parole de la communauté, El Hadj Fara Diop, a rappelé que ces conditions de vie difficiles deviennent insupportables et appelle directement le Président de la République et le Premier ministre à prendre en compte leurs doléances. « Nous souffrons de maladies, nos routes sont impraticables et nous sommes confrontés à une injustice dans la gestion de l’eau et du foncier. Nous sommes fatigués et nous demandons une intervention urgente », a-t-il lancé.

Très déterminés, les habitants de Niolanéme Extension ont averti qu’ils passeront à la vitesse supérieure si leurs demandes ne trouvent pas de réponses dans les plus brefs délais. Cette mobilisation témoigne d’un quartier qui refuse de rester dans l’ombre et qui exige désormais des solutions concrètes pour améliorer son cadre de vie.

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Kaolack : mobilisation citoyenne à Niolanème pour des conditions de vie décentes

À Niolanème, quartier populaire de la commune de Mbadakhoun (région de Kaolack), la colère des habitants dépasse le simple cadre d’une revendication sociale. Elle traduit aujourd’hui une situation critique aux conséquences sanitaires, sécuritaires, environnementales et économiques alarmantes. Ce samedi, des dizaines de résidents sont descendus dans la rue pour alerter sur un quotidien devenu, selon eux, un véritable danger pour la vie humaine.

Une bombe sanitaire à ciel ouvert

L’absence d’eau potable et de système d’assainissement adéquat expose les populations à des risques sanitaires majeurs. Les eaux stagnantes, les dépôts d’ordures anarchiques et l’insalubrité généralisée favorisent la prolifération des maladies hydriques et infectieuses.

« Ici, les enfants tombent malades presque chaque semaine », témoigne une mère de famille, pointant du doigt des conditions d’hygiène jugées incompatibles avec la dignité humaine.

Les habitants dénoncent également l’éloignement des structures de santé et l’impossibilité d’évacuer rapidement les malades, faute de routes praticables, notamment en période d’hivernage.

Insécurité permanente et environnement dégradé

Au-delà du volet sanitaire, Niolanème fait face à une insécurité croissante, aggravée par l’absence d’éclairage public et la dégradation avancée des voies de circulation. La nuit, le quartier plonge dans l’obscurité totale, facilitant agressions, vols et accidents.

« Nous vivons dans la peur permanente », confie un jeune manifestant.

Sur le plan environnemental, les habitants évoquent un cadre de vie asphyxié par les déchets non collectés et les eaux usées à ciel ouvert. Une situation qui contribue non seulement à la pollution du milieu, mais aussi à la détérioration de la santé des populations.

Un désert économique sans marché

L’un des points les plus sensibles soulevés lors de cette mobilisation reste l’absence de marché fonctionnel, frein majeur au développement économique local. À Niolanème, femmes commerçantes, jeunes vendeurs et petits entrepreneurs se disent privés d’un espace structuré pour écouler leurs produits. Résultat : perte de revenus, chômage déguisé et dépendance accrue à l’économie informelle.

« Sans marché, il n’y a ni activité économique, ni autonomie pour les femmes, ni perspectives pour les jeunes », déplore un responsable communautaire. Pour les habitants, la création d’un marché moderne constitue une urgence sociale autant qu’économique.

Un appel pressant aux autorités

Les manifestants insistent : leur action n’est ni politique ni violente. Elle vise à interpeller les autorités locales et étatiques sur la nécessité d’une réponse globale et durable, intégrant santé, sécurité, environnement et développement économique.

À Niolanème, la rue est devenue l’ultime espace d’expression pour des populations qui refusent de continuer à survivre dans l’oubli. Leur message est clair : sans interventions rapides, le quartier court vers une crise humaine silencieuse.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

MBODIÈNE : L’OCRTIS saisit 196 kg de chanvre indien

La Brigade régionale des stupéfiants de Thiès, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a réalisé une importante saisie de 196 kilogrammes de chanvre indien, le 9 janvier 2026, dans la localité de Mbodiène.

Selon un communiqué de la Police nationale, l’opération a été menée au cours d’une patrouille de sécurisation effectuée par l’unité de lutte de Mbour. La drogue, soigneusement conditionnée en six (06) colis, était transportée à bord d’une charrette.

Les services de police indiquent que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les propriétaires ainsi que les convoyeurs de cette marchandise illicite.

La Police nationale rappelle par ailleurs qu’elle reste pleinement mobilisée pour assurer la sécurité des populations et invite toute personne disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le 800 00 17 00.

Aly Saleh

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

Kolda : trois individus arrêtés et plus de 5 kg de chanvre indien saisis

Le Commissariat central de Kolda a annoncé, le 8 janvier 2026, l’arrestation de trois individus et la saisie de 5,101 kilogrammes de chanvre indien, dans le cadre d’une opération de lutte contre le trafic de stupéfiants. Les trois suspects ont été placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs » et pour « offre et cession de stupéfiants », tandis que les enquêtes se poursuivent pour identifier d’éventuels complices.

Selon le communiqué de la police, les deux premiers individus ont été interpellés dans le quartier Batanguel, à la suite d’une information opérationnelle signalant un trafic de stupéfiants d’envergure dans la zone. Une perquisition effectuée à leurs domiciles a permis la saisie de trois kilogrammes de chanvre indien.

La troisième arrestation a eu lieu dans le quartier Sikilo. L’individu, reconnu comme un acteur majeur du trafic dans la région, a été d’abord trouvé en possession de deux cornets de chanvre. Une perquisition de son logement a conduit à la saisie complémentaire de 2,101 kilogrammes supplémentaires ainsi que de cinquante-quatre cornets, renforçant la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Cette opération confirme la vigilance des forces de l’ordre dans la lutte contre le trafic de drogues à Kolda, région frontalière et souvent ciblée par des réseaux de stupéfiants. Les autorités locales ont annoncé que des mesures supplémentaires seraient prises afin de démanteler complètement les filières identifiées et de prévenir la propagation de ce fléau dans la région.

Guédiawaye : 150 femmes outillées pour la transformation des produits locaux

À Guédiawaye, l’autonomisation économique des femmes a franchi une nouvelle étape avec la remise de matériels de transformation de produits locaux à 150 bénéficiaires. La cérémonie s’est tenue le 10 janvier 2025, sous la présidence du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, en présence du maire de la commune, Ahmeth Aidara, ainsi que de plusieurs acteurs locaux.

Cette initiative s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à renforcer l’économie sociale et solidaire, considérée comme un levier stratégique pour un développement inclusif et durable. Les femmes bénéficiaires ont ainsi reçu des équipements destinés à améliorer leurs capacités de transformation des produits locaux, mais également des certificats attestant de la formation qu’elles ont suivie, gage d’un meilleur encadrement technique et d’une professionnalisation accrue de leurs activités.

S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre Alioune Dione a insisté sur l’importance de l’économie sociale et solidaire dans le modèle de développement prôné par les autorités. « L’économie sociale et solidaire n’est pas une option, c’est une nécessité », a-t-il affirmé, soulignant qu’elle traduit la volonté de l’État de placer l’humain au cœur des politiques économiques. Selon lui, l’autonomisation des femmes constitue un axe prioritaire pour bâtir une économie plus inclusive, capable de générer des revenus durables et de renforcer la résilience des ménages.

Le ministre a également rappelé que l’appui à la transformation des produits locaux permet non seulement de créer de la valeur ajoutée, mais aussi de stimuler l’emploi, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines comme Guédiawaye. À travers ce type d’actions, le gouvernement entend encourager l’entrepreneuriat féminin et favoriser l’émergence de micro-entreprises capables de s’insérer durablement dans les circuits économiques.

Pour sa part, le maire de Guédiawaye, Ahmeth Aidara, a salué cette initiative qu’il juge en parfaite adéquation avec les besoins des populations locales. Il a mis en avant le rôle central des femmes dans le tissu économique de la commune et a exprimé sa satisfaction de voir des actions concrètes accompagner leur engagement et leur détermination.

Les bénéficiaires, visiblement satisfaites, ont accueilli ce soutien comme une opportunité majeure de renforcer leurs activités, d’améliorer leurs revenus et de gagner en autonomie. À Guédiawaye, cette dotation en équipements et en compétences apparaît ainsi comme un pas important vers la promotion d’une économie locale dynamique, portée par des femmes désormais mieux outillées pour transformer et valoriser les ressources locales.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Thiès : l’OCRTIS met la main sur 196 kg de chanvre indien à Mbodiène

La lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit avec fermeté dans la région de Thiès. La Brigade régionale des stupéfiants, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a réalisé une importante saisie de chanvre indien, estimée à 196 kilogrammes, le jeudi 9 janvier 2026.

Selon les informations communiquées par la Police nationale, cette opération est le fruit d’une patrouille de sécurisation menée par l’unité de lutte basée à Mbour. Les agents intervenaient dans la localité de Mbodiène lorsqu’ils ont procédé à la découverte de la marchandise illicite. Le chanvre indien était soigneusement conditionné en six colis et transporté à bord d’une charrette, un mode de convoyage souvent utilisé pour tenter d’échapper à la vigilance des forces de sécurité.

Cette saisie témoigne de la persistance des réseaux de trafic dans certaines zones rurales et périurbaines, où les trafiquants misent sur la discrétion et des moyens de transport rudimentaires pour acheminer la drogue. Grâce à la vigilance et au professionnalisme des agents de l’OCRTIS, cette cargaison a pu être interceptée avant d’atteindre sa destination finale.

Les autorités policières indiquent que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier les propriétaires de la drogue ainsi que les convoyeurs impliqués dans cette opération. L’objectif est de remonter toute la chaîne du trafic et de démanteler le réseau à l’origine de cette tentative d’acheminement.

Cette nouvelle saisie s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le trafic et la consommation de stupéfiants, menée par l’OCRTIS en collaboration avec les autres unités de la Police nationale. Les forces de sécurité réaffirment leur détermination à combattre ce fléau, qui constitue une menace sérieuse pour la santé publique, la sécurité et la stabilité sociale.

Kolda : la fête patronale du 6ᵉ bataillon d’infanterie célèbre la fraternité militaire entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée

La ville de Kolda a vibré ce vendredi 9 janvier au rythme de la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie, un événement placé sous le sceau de la fraternité militaire et de la coopération sous-régionale. Cette célébration a réuni, aux côtés des Forces de défense et de sécurité sénégalaises, d’importantes délégations militaires venues de la Gambie et de la Guinée, illustrant la solidité des liens entre armées sœurs face à des défis sécuritaires de plus en plus transfrontaliers.

La forte mobilisation des délégations étrangères a été saluée par le commandant du 6ᵉ bataillon d’infanterie, le lieutenant-colonel El Hadji Fodé Almamy Ba. Pour lui, cette présence témoigne de la dynamique actuelle de renforcement de la coopération militaire dans l’espace sous-régional. Dans son intervention, il a rappelé que les menaces sécuritaires contemporaines ne connaissent plus de frontières et exigent des réponses collectives et coordonnées. « La menace est globale et la réponse ne peut être que globale », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité de la mutualisation des moyens, des forces et des stratégies entre pays voisins.

Le même message a été porté par la délégation guinéenne. Le chef de corps du bataillon d’infanterie de Koundara, le colonel Boubacar Barry, a insisté sur l’importance d’une collaboration permanente entre les forces armées sénégalaises et guinéennes. Selon lui, le partage d’informations, la coordination opérationnelle et la conduite de patrouilles conjointes doivent s’inscrire dans une logique quotidienne afin de faire face à des menaces devenues multiformes et évolutives. Il a souligné que la présence de la délégation guinéenne à Kolda visait non seulement à renforcer cette coopération opérationnelle, mais aussi à communier avec leurs frères d’armes sénégalais et gambiens à l’occasion de cette fête patronale.

Représentant l’armée gambienne, le lieutenant-colonel Yaya Dabo a, pour sa part, magnifié l’excellence des relations militaires entre le Sénégal et la Gambie. Il a rappelé que les deux pays sont liés par une histoire commune, une géographie partagée et des liens fraternels solides, qui se traduisent par une coopération militaire étroite et exemplaire dans la sous-région.

Au-delà de son caractère festif et symbolique, la fête patronale Moussa Molo du 6ᵉ bataillon d’infanterie a ainsi servi de cadre d’expression de la volonté commune des armées sénégalaise, gambienne et guinéenne de faire front ensemble face aux défis sécuritaires. Dans un contexte régional marqué par la persistance de menaces transfrontalières, cette rencontre a réaffirmé l’engagement des forces armées des trois pays à œuvrer dans un esprit de solidarité, de fraternité et d’intégration sous-régionale au service de la paix et de la stabilité.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

Keur Diarra Bambara ensanglanté : la “route de la mort” fait encore sortir les populations dans la rue

Keur Diarra Bambara (Ndiaffate) – La colère était vive ce matin à Keur Diarra Bambara. Excédées par la répétition d’accidents de la circulation, souvent mortels, les populations ont barré la route principale pour exiger des mesures urgentes face à l’insécurité routière qui endeuille régulièrement leur village.

Dès les premières heures de la matinée, jeunes, femmes et notables, arborant des brassards rouges en signe de deuil et de protestation, ont dressé des barricades à l’aide de troncs d’arbres, de pierres et de pneus. La circulation a été totalement paralysée pendant plusieurs heures, provoquant d’importants embouteillages sur cet axe très fréquenté.

Au cœur de la mobilisation, une réalité tragique : plus d’une dizaine d’accidents mortels recensés ces dernières années, selon les habitants, sans réponse concrète des autorités compétentes. Les manifestants dénoncent notamment l’excès de vitesse, l’absence de ralentisseurs, le manque de signalisation et le non-respect du code de la route par certains usagers.

« Nous enterrons presque chaque année des membres de nos familles. Trop, c’est trop », a lancé Sidy Fofana, chef du village de Keur Diarra Bambara, la voix chargée d’émotion. Pour les populations, la route est devenue un véritable piège mortel traversant leur localité.

Environ une centaine de manifestants ont ainsi exigé l’installation immédiate de dos-d’âne, une signalisation adéquate et le renforcement des contrôles routiers. Alertées, les forces de l’ordre se sont rendues sur place pour tenter d’apaiser la situation et engager le dialogue. Toutefois, selon les protestataires, aucune solution concrète ne leur a été proposée sur le moment.

Après plusieurs heures de tension, la route a finalement été rouverte. Mais les populations, toujours déterminées, ont interpellé l’AGEROUTE, le maire de la commune de Ndiaffate ainsi que les députés de la localité, les appelant à agir sans délai pour mettre fin à ce qu’elles qualifient de « route de la mort ».

À Keur Diarra Bambara, le message est clair : sans mesures urgentes et visibles, la colère pourrait de nouveau éclater, au nom du droit à la sécurité et à la vie.

Kaolack : la Plateforme des Paysans passe au crible les promesses du Premier ministre sur la campagne arachidière

La Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) – FIPU JOTNA a tenu, ce samedi, une conférence de presse à la Chambre de commerce de Kaolack afin d’évaluer les promesses formulées par le Premier ministre, Ousmane Sonko, lors de sa récente visite dans la capitale du Saloum, relativement à la campagne arachidière en cours.

Face aux médias, le coordonnateur de la plateforme, Bassirou Ba, entouré de responsables paysans et d’acteurs du monde rural, a apporté des clarifications et rectifications sur certains engagements annoncés par le chef du gouvernement. Selon la PPS–FIPU JOTNA, plusieurs déclarations officielles ne reflètent pas fidèlement la réalité vécue par les producteurs sur le terrain.

« Les paysans continuent de faire face à de nombreuses difficultés. Les annonces faites à Kaolack ne correspondent pas entièrement aux conditions réelles dans les zones de production », a déclaré Bassirou Ba. Il a notamment pointé les problèmes persistants liés à l’accès aux semences certifiées, à la disponibilité des intrants agricoles, à la fixation des prix et à l’écoulement de la production.

La plateforme estime que la campagne arachidière demeure marquée par des retards importants, des insuffisances logistiques et une faible prise en compte des préoccupations paysannes, malgré les assurances données par les autorités. Les conférenciers ont également attiré l’attention sur la situation économique jugée préoccupante des producteurs dans plusieurs régions du pays, notamment à Kaolack, Kaffrine, Fatick, Tambacounda, Kolda, Sédhiou, Touba et Thiès.

Un accent particulier a été mis sur la problématique de la commercialisation. « Nous avons travaillé toute l’année. Nos greniers sont pleins, mais les acheteurs manquent. Sans l’ouverture des frontières, nos arachides risquent de pourrir ou d’être vendues à vil prix », a déploré Bassirou Ba.

Pour la PPS–FIPU JOTNA, le marché intérieur ne peut, à lui seul, absorber l’ensemble de la production nationale. L’exportation vers des pays voisins tels que la Gambie, la Guinée et le Mali est perçue comme une alternative indispensable pour garantir des revenus décents aux producteurs et limiter les pertes post-récolte.

Au-delà de l’ouverture des frontières, les organisations paysannes réclament un accompagnement plus soutenu de l’État, notamment à travers la fixation de prix planchers rémunérateurs, la facilitation du transport et la sécurisation des circuits de commercialisation. Elles redoutent qu’en l’absence de mesures urgentes, de nombreux producteurs ne soient contraints de vendre à perte.

« Les paysans vivent une réalité bien différente de celle affichée par les images des nouveaux véhicules flambant neufs récemment attribués aux députés. Un contraste saisissant qui suscite colère, indignation et sentiment d’abandon dans le monde rural », a dénoncé M. Ba.

À travers cette sortie médiatique, la Plateforme des Paysans du Sénégal entend interpeller les autorités et appeler à un dialogue sincère, inclusif et permanent avec les organisations paysannes, afin de garantir une campagne arachidière viable, équitable et durable.

Dans un contexte de tensions croissantes autour de la campagne arachidière 2026, la PPS–FIPU JOTNA a également annoncé que ses membres envisagent d’exposer leurs arachides dans les rues des villes et villages dans les prochains jours. Cette initiative se veut une manifestation symbolique visant à attirer l’attention des autorités sur leurs préoccupations et à faire pression pour l’adoption de solutions concrètes.

Gare Liberté de Kaolack : l’appel pressant de Dame Lô pour des sanitaires dignes

À la gare routière Liberté de Kaolack, communément appelée « Garage Dakar », le ballet incessant des véhicules et des voyageurs rythme le quotidien. Chaque jour, des milliers de passagers y transitent, faisant de ce site un véritable poumon économique et social de la capitale du Saloum. Pourtant, derrière cette effervescence, persiste une réalité bien moins reluisante : l’absence de blocs sanitaires fonctionnels.

Alors que des travaux de réhabilitation de la voirie sont en cours, améliorant progressivement la circulation et réduisant les désagréments liés à la poussière et aux eaux stagnantes, la question de l’assainissement demeure entière. Pour de nombreux usagers, cette situation relève du paradoxe : comment moderniser une infrastructure stratégique sans y intégrer des équipements sanitaires de base ?

Chauffeurs, apprentis, commerçants et voyageurs sont unanimes. Le manque de toilettes publiques transforme chaque passage à la gare en véritable épreuve, en particulier pour les femmes, les personnes âgées, les enfants et les personnes vivant avec un handicap. Faute d’alternatives, certains se voient contraints à des pratiques insalubres, exposant ainsi le site à de sérieux risques sanitaires et environnementaux.

Président de la gare routière Liberté et président national des chauffeurs et transporteurs du Sénégal, Dame Lô tire la sonnette d’alarme. Selon lui, l’absence de blocs sanitaires porte gravement atteinte à la dignité humaine et ternit l’image de Kaolack, carrefour incontournable du transport national. « Une gare moderne ne se résume pas à des routes refaites. Elle doit offrir des conditions humaines et décentes à tous ceux qui la fréquentent », insiste-t-il.

Au-delà du confort, l’enjeu est avant tout sanitaire. Dans un espace à forte affluence, le défaut d’installations adaptées favorise la propagation de maladies et compromet les efforts de salubrité urbaine. Pour les acteurs du transport, l’urgence est donc évidente : faire de l’assainissement une priorité, au même titre que la voirie ou la sécurité.

Dame Lô en appelle ainsi aux autorités étatiques, aux collectivités territoriales ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin d’agir de manière concertée. L’objectif est clair : doter la gare routière Liberté de blocs sanitaires modernes, accessibles et inclusifs, afin d’en faire non seulement un hub de transport, mais aussi un espace respectueux de la dignité et de la santé des citoyens.

Enquête parlementaire sur Softcare : le ministère de la Santé fait le point et appelle au calme

Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) a apporté des précisions sur l’enquête en cours relative à l’inspection de l’entreprise Softcare par l’Assemblée nationale. Dans un communiqué rendu public, le département ministériel informe que les investigations se poursuivent et s’inscrivent dans le prolongement du communiqué publié le 18 décembre 2025.

Selon le MSHP, le processus d’enquête a été enclenché dès le 19 décembre 2025 avec l’intervention de son Inspection interne. Cette première phase avait pour objectif de procéder à des vérifications préliminaires afin de situer les responsabilités et d’évaluer le respect des normes sanitaires et réglementaires en vigueur au sein de l’entreprise concernée. Ces travaux initiaux ont permis de préparer le terrain pour une mission plus large et plus inclusive.

C’est dans ce cadre qu’une mission conjointe a été officiellement lancée. Composée d’experts du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, de représentants du Ministère du Commerce ainsi que d’un député de l’Assemblée nationale, cette équipe pluridisciplinaire a entamé ses travaux le mercredi 7 janvier 2026. L’objectif affiché est de mener une investigation approfondie, impartiale et rigoureuse, couvrant l’ensemble des aspects liés à la sécurité sanitaire, aux procédures de contrôle et au respect de la réglementation en vigueur.

Le ministère souligne que les conclusions de cette mission feront l’objet d’un rapport détaillé. Il assure que des informations précises, fiables et vérifiées seront communiquées au public dès que ce document sera disponible. En attendant, le MSHP invite la population à faire preuve de calme et de sérénité, tout en évitant la propagation de rumeurs ou d’informations non confirmées.

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Riz brisé ordinaire importé : le gouvernement fixe de nouveaux tarifs pour protéger le pouvoir d’achat

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, le 6 janvier 2026, la publication de l’arrêté n°000685, réglementant les prix du riz brisé ordinaire importé sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, prise après concertation avec le Conseil national de la Consommation, vise à encadrer le marché et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais face à la fluctuation des prix.

Pour le riz brisé ordinaire provenant de pays comme l’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, le Pakistan ou le Myanmar, les tarifs ont été fixés selon quatre niveaux pour la région de Dakar. Le prix importateur, correspondant à la sortie des magasins, est établi à 270 000 francs CFA la tonne. Le prix demi-gros est de 274 000 francs CFA, le prix de gros s’élève à 280 000 francs CFA par tonne, tandis que le prix de détail, celui payé directement par le consommateur, est fixé à 300 francs CFA le kilogramme.

Dans les autres régions du pays, ces tarifs de base sont conservés, mais ils pourront être majorés d’un différentiel de transport. Ce coût supplémentaire est calculé localement par chaque Conseil régional de la Consommation afin de refléter au mieux les réalités logistiques et les contraintes liées à l’acheminement des marchandises vers les zones éloignées.

L’arrêté insiste également sur l’obligation de transparence pour tous les acteurs du marché. Les prix doivent être clairement affichés dans les lieux de vente, soit par marquage, étiquetage ou affichage visible, de manière à ce que les consommateurs puissent facilement les identifier. Toute infraction, qu’il s’agisse de pratiques de prix illicites, de refus de vente ou de défaut d’affichage, sera sanctionnée conformément aux dispositions de la loi n°2021-25 relative aux prix et à la protection du consommateur.

Cette mesure réglementaire intervient dans un contexte où la stabilité des prix des denrées alimentaires de base est cruciale pour la sécurité alimentaire et le bien-être des familles sénégalaises. En fixant ces nouveaux tarifs, le ministère entend à la fois protéger les consommateurs et assurer un cadre légal clair pour les commerçants, tout en renforçant la régulation du marché du riz importé.

Ousmane Sonko et son homologue mauritanien en visite d’infrastructures stratégiques à Thiès et Dakar

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, ont effectué ce vendredi 9 janvier 2025 une visite conjointe de plusieurs infrastructures stratégiques à Thiès et à Dakar. Cette tournée, placée sous le signe de la coopération économique et industrielle entre le Sénégal et la Mauritanie, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays voisins.

La première étape de cette visite a conduit les deux chefs de gouvernement à l’usine Carrefour Médical Industries, implantée à Pout, dans la région de Thiès. Selon un communiqué publié par la Primature du Sénégal, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de consommables de dialyse, un secteur crucial pour la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale. À travers cette unité industrielle, le Sénégal renforce sa capacité de production locale de produits médicaux essentiels, réduisant ainsi sa dépendance aux importations et améliorant l’accessibilité des soins de santé pour les populations.

Sur place, Ousmane Sonko et El Moctar Ould Djay ont pu apprécier les installations, échanger avec les responsables de l’usine et s’informer sur les perspectives de développement de cette industrie, dont l’impact dépasse le seul cadre national. La visite a également permis de mettre en lumière les opportunités de coopération régionale dans le domaine pharmaceutique et biomédical, un secteur stratégique pour les deux États.

Les deux Premiers ministres se sont ensuite rendus au Port autonome de Dakar, plus précisément au niveau du môle, où ils ont visité le chantier du terminal gazier de Elton. Cette infrastructure majeure est appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des capacités énergétiques du Sénégal, à un moment où le pays se prépare à entrer pleinement dans l’ère de l’exploitation gazière. Le terminal gazier s’inscrit dans la stratégie nationale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir l’industrialisation et accompagner la transition vers une énergie plus compétitive.

Cette visite conjointe illustre la volonté des autorités sénégalaises et mauritaniennes de consolider leur coopération autour de projets structurants, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et de l’énergie. Elle témoigne également d’une convergence de vues entre Dakar et Nouakchott sur la nécessité de bâtir des partenariats solides autour d’infrastructures capables de soutenir la croissance économique et le développement durable dans l’espace sous-régional.

Assises des daaras : à Tivaouane, le ministre de l’Éducation salue un modèle exemplaire de concertation et d’inclusion

Le département de Tivaouane s’impose comme une référence nationale dans le processus préparatoire des assises des daaras. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a salué avec force la qualité de la démarche de concertation menée à l’échelle locale, qu’il a qualifiée de « modèle exceptionnel de réussite, de démocratie participative et d’inclusion ». Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de partage et de validation du rapport départemental issu des concertations communales.

Selon le ministre, Tivaouane s’est distinguée par sa capacité remarquable à fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un objectif commun : poser les bases d’une réforme concertée et durable des daaras, en droite ligne avec la directive présidentielle relative à l’organisation des assises nationales. Cette mobilisation large et inclusive, impliquant autorités administratives, éducatives, religieuses et acteurs communautaires, a permis d’instaurer une synergie constructive, rare et exemplaire, a-t-il souligné.

Pour Moustapha Guirassy, les assises des daaras ne doivent pas être perçues comme un simple débat technique sur les modèles éducatifs. Elles constituent, selon ses termes, un véritable « contrat avec le Sénégal de demain », fondé sur la reconnaissance du rôle stratégique des daaras dans la transformation systémique du pays. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages et les approches réductrices pour inscrire cette réflexion dans une vision globale de développement humain, culturel et social.

Le ministre a tenu à rappeler le rôle central des daaras dans l’histoire et la construction de la nation sénégalaise. Il a présenté cette offre éducative arabo-islamique traditionnelle comme un socle identitaire historique, essentiel à la transmission de valeurs fondamentales telles que la spiritualité, le civisme, le patriotisme, la discipline, la générosité, l’hygiène, la paix et la cohésion sociale. « On ne peut raconter l’histoire du Sénégal, de la résistance au colonialisme à la stabilité actuelle du pays, sans évoquer le rôle fondamental des daaras », a-t-il affirmé avec conviction.

Moustapha Guirassy a également mis en avant la pertinence de la démarche adoptée à Tivaouane, qui a consisté à donner la parole aux acteurs à la base avant toute décision au sommet. Pour lui, cette approche conforte le principe de souveraineté éducative, culturelle et intellectuelle du Sénégal, en parfaite cohérence avec l’Agenda Sénégal 2050 et les ambitions nationales en matière de transformation du capital humain.

Se disant « très satisfait » du déroulement du processus dans le département, le ministre a salué l’appui constant du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, dont le représentant a activement pris part à toutes les étapes de la concertation. Cette implication des autorités religieuses a largement contribué, selon lui, à créer un climat de confiance et d’adhésion autour des travaux.

Le ministre a par ailleurs souligné l’adhésion unanime de l’ensemble des parties prenantes, au-delà des différences de sensibilités et de points de vue, autour d’un objectif commun : proposer des orientations durables pour l’avenir des daaras, dans l’intérêt supérieur des enfants et du pays. « Tivaouane a montré la voie », a-t-il conclu, estimant que la conduite du processus dans ce département, avec l’onction du Khalife général des Tidianes, constitue désormais une référence pour la réussite des assises nationales des daaras.

En marge de la validation du rapport départemental, Moustapha Guirassy a effectué des visites de courtoisie auprès des Khalifes généraux des Khadres et des Tidianes, témoignant de l’importance qu’il accorde au dialogue permanent avec les autorités religieuses. Il a enfin salué la « brillante coordination » du processus, assurée par le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye, en étroite collaboration avec l’administration territoriale, l’Inspection d’académie et l’Inspection de l’éducation et de la formation.

Kédougou : soixante orpailleurs clandestins burkinabés et maliens interpellés sur les berges de la Falémé

Les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont mené une nouvelle opération d’envergure contre l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Les éléments du 34ᵉ Bataillon d’Infanterie de Moussala ont démantelé un site illégal d’extraction de minéraux précieux installé sur les berges de la Falémé, précisément dans la commune de Bembou. L’intervention s’est soldée par l’arrestation de soixante orpailleurs étrangers impliqués dans des activités minières prohibées.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), les personnes interpellées sont de nationalité burkinabé et malienne. Il s’agit de seize ressortissants du Burkina Faso et de quarante-quatre ressortissants du Mali, tous présents sur le site au moment de l’opération. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la lutte renforcée engagée par les autorités sénégalaises contre l’exploitation illégale des ressources minières, particulièrement dans les zones frontalières sensibles.

L’opération a également permis une saisie importante de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin. Les forces de sécurité ont mis la main sur neuf motocyclettes, deux brouettes, huit tricycles ainsi que quinze motopompes servant à l’extraction et au traitement du sable aurifère. En outre, quarante-deux engins artisanaux, communément appelés « cracheurs », ont été détruits sur place. Ces dispositifs, utilisés pour séparer l’or du sable, constituent un élément central de l’activité clandestine. Leur destruction vise à empêcher toute reprise immédiate des opérations illégales après le départ des forces de l’ordre.

Cette intervention s’inscrit dans le strict respect de la réglementation en vigueur concernant la protection de la Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal. Les autorités ont formellement interdit toute activité minière dans un périmètre de cinq cents mètres à partir de la rive gauche du cours d’eau, afin de préserver l’environnement, les ressources en eau et les populations riveraines. La Falémé joue en effet un rôle stratégique tant sur le plan écologique qu’économique, ce qui justifie une vigilance accrue des services de l’État.

Pour rappel, en août 2024, le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre toutes les activités minières le long de la Falémé jusqu’au 30 septembre 2027. Cette mesure forte vise à freiner la dégradation environnementale causée par l’orpaillage anarchique, à réduire les tensions sécuritaires liées à la présence massive d’orpailleurs clandestins et à mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette opération, l’armée sénégalaise réaffirme sa détermination à faire respecter l’autorité de l’État et à lutter contre les réseaux d’exploitation illégale qui menacent à la fois l’environnement, la sécurité des populations locales et la souveraineté nationale. Les personnes interpellées devraient être mises à la disposition des autorités judiciaires compétentes pour les suites légales.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Libération de l’épouse et du fils de Madiambal Diagne : le journaliste dénonce l’« incongruité » de la détention d’Omar Mbaye

Le journaliste sénégalais Madiambal Diagne a annoncé, ce jour, la libération de son épouse, Mabintou, et de son fils, Mouhamed, jusque-là incarcérés. L’information a été rendue publique à travers un message publié sur ses réseaux sociaux, à un moment particulièrement symbolique, coïncidant avec la mi-temps du match opposant le Mali au Sénégal.

Dans sa déclaration, le directeur de presse n’a pas seulement fait part de cette nouvelle qu’il qualifie implicitement de soulagement familial. Il a surtout établi un parallèle direct entre cette libération et la situation judiciaire de son ami Omar Mbaye, toujours maintenu en détention. Selon Madiambal Diagne, la sortie de prison de son épouse et de son fils met en évidence ce qu’il considère comme une incohérence manifeste dans la procédure visant ce dernier.

« À la mi-temps du match Mali–Sénégal, mon épouse Mabintou et mon fils Mouhamed sont sortis de prison. Leur libération révèle davantage l’incongruité de la détention de mon ami Omar Mbaye, retenu par un recours en cassation du Parquet. Il paie trop cher son délit d’amitié », a écrit le journaliste, dans un message au ton à la fois personnel et accusateur.

D’après ses explications, Omar Mbaye demeure privé de liberté en raison d’un pourvoi en cassation introduit par le Parquet, une démarche judiciaire que Madiambal Diagne juge excessive, voire injustifiée. Il estime que cette situation traduit un traitement inéquitable, d’autant plus que, selon lui, les éléments ayant conduit à la libération de son épouse et de son fils devraient logiquement bénéficier à son ami.

Le journaliste va plus loin en suggérant que la détention prolongée d’Omar Mbaye ne serait pas uniquement fondée sur des considérations strictement judiciaires, mais relèverait également de sa proximité personnelle avec lui. Une thèse qu’il résume par l’expression « délit d’amitié », laissant entendre que son ami subirait les conséquences indirectes de son engagement et de ses prises de position publiques.

Cette sortie médiatique relance le débat sur l’égalité de traitement devant la justice et sur l’usage des recours judiciaires, notamment le pourvoi en cassation du Parquet, dans des dossiers sensibles. Elle intervient dans un contexte où plusieurs affaires judiciaires continuent de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, notamment autour des questions de détention préventive et de respect des droits fondamentaux.

Crise à la mairie de Sédhiou : la démission annoncée du quatrième adjoint fragilise l’exécutif municipal

La mairie de Sédhiou traverse une période de fortes turbulences marquée par une crise ouverte au sommet de l’exécutif municipal. Le maire titulaire, Abdoulaye Diop, est désormais au cœur d’un bras de fer avec son quatrième adjoint, Mame Aly Diallo, qui a déposé sa lettre de démission le jeudi 8 janvier, selon des sources proches du dossier. Une décision lourde de conséquences qui révèle des tensions internes persistantes au sein de l’équipe municipale.

À l’origine de cette brouille, un échange téléphonique particulièrement houleux entre les deux responsables. La discussion portait sur l’évolution du chantier du mur de clôture du stade municipal, un projet sensible et très attendu par les populations locales. D’après les informations recueillies, la conversation aurait rapidement dégénéré, donnant lieu à des propos attribués au maire qui auraient profondément heurté Mame Aly Diallo. Se sentant atteint dans sa dignité et estimant que le climat de travail n’était plus compatible avec l’exercice serein de ses fonctions, le quatrième adjoint aurait alors pris la décision de jeter l’éponge.

Toutefois, à ce stade, cette démission n’a pas encore été officiellement entérinée par l’autorité administrative compétente. Cette situation laisse planer une certaine incertitude quant à l’issue définitive de la crise. Conscients des risques qu’une rupture durable pourrait faire peser sur la stabilité de l’exécutif municipal, plusieurs acteurs locaux et responsables politiques se sont rapidement mobilisés pour tenter de calmer le jeu.

Une médiation est ainsi en cours, menée par des « bonnes volontés » soucieuses de préserver la cohésion de l’équipe municipale. L’objectif affiché est de rapprocher les positions, d’apaiser les ressentiments et, si possible, de convaincre Mame Aly Diallo de revenir sur sa décision. Cette initiative témoigne de la volonté d’éviter une crise institutionnelle plus profonde, susceptible de paralyser l’action municipale.

L’issue de ces discussions reste toutefois incertaine. Très suivie par l’opinion publique locale, cette affaire dépasse désormais le simple cadre d’un différend personnel pour interroger la solidité de la gouvernance municipale à Sédhiou. Dans un contexte où les attentes des populations sont particulièrement fortes, notamment en matière d’infrastructures, de transparence et de gestion efficace des projets publics, cette crise interne met en lumière les fragilités et les défis auxquels fait face l’équipe dirigeante de la commune.

Enseignement supérieur : Daouda Ngom salue le rôle stratégique de l’ANAQ-Sup dans la Vision Sénégal 2050

Après sa visite au Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, s’est rendu ce jeudi 8 janvier 2026 à l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Accueilli par les responsables de l’institution, le ministre a tenu à saluer le travail accompli et à réaffirmer la place centrale de l’ANAQ-Sup dans la construction d’un enseignement supérieur performant et crédible, en droite ligne avec l’agenda national de transformation « Sénégal Vision 2050 ».

Dans une déclaration empreinte de reconnaissance, le professeur Daouda Ngom a rendu un hommage appuyé aux dirigeants actuels et passés de l’ANAQ-Sup. Il a insisté sur la continuité de l’État et la valeur du service public, soulignant que les avancées enregistrées par l’institution sont le fruit d’un engagement collectif inscrit dans la durée. Le ministre a également exprimé sa satisfaction de retrouver d’anciens collaborateurs et plusieurs acteurs du système universitaire, tout en adressant ses vœux de réussite et d’encouragement à l’ensemble du personnel.

Pour le chef du département de l’Enseignement supérieur, l’ANAQ-Sup demeure une structure clé dans l’architecture nationale de régulation de l’enseignement supérieur. Il a rappelé que ses missions d’évaluation, d’accréditation et d’assurance qualité concernent aussi bien les établissements publics que privés, garantissant ainsi la crédibilité des diplômes et la confiance des usagers du système universitaire sénégalais. À ce titre, l’institution constitue, selon lui, un pilier fondamental de l’amélioration continue de la qualité de la formation supérieure.

Le ministre a par ailleurs mis en exergue le rayonnement régional et continental de l’ANAQ-Sup. Il a cité l’appui technique et institutionnel apporté par la structure à plusieurs pays africains dans la mise en place ou le renforcement de leurs dispositifs d’assurance qualité, faisant de l’expérience sénégalaise une référence sur le continent. Cette reconnaissance internationale, a-t-il souligné, témoigne du professionnalisme et de l’expertise développés par l’ANAQ-Sup au fil des années.

Dans sa communication, le professeur Daouda Ngom a également encouragé l’institution à renforcer davantage la prise en compte de la recherche et de l’innovation dans l’ensemble de ses missions. Il a rappelé que ces dimensions font désormais partie intégrante du mandat de l’ANAQ-Sup et constituent des leviers essentiels pour l’émergence d’un enseignement supérieur compétitif, capable de répondre aux défis économiques, sociaux et technologiques du pays. À cet égard, l’étude récente menée par l’ANAQ-Sup sur l’efficacité interne des cycles universitaires, présentée en Conseil des ministres, a été saluée comme un outil stratégique d’aide à la décision publique.

Prison de Ziguinchor : un pot de « thiakry » piégé à la drogue intercepté par l’administration pénitentiaire

Une tentative d’introduction de drogue en milieu carcéral a été mise en échec à la Maison d’arrêt et de correction de Ziguinchor, mettant en lumière l’ingéniosité déployée par certains réseaux pour contourner les dispositifs de sécurité. Les faits se sont déroulés le 7 janvier dernier, lors d’un contrôle de routine mené par les éléments de l’administration pénitentiaire.

Selon des sources concordantes, les agents ont procédé à la fouille minutieuse d’un colis destiné à un détenu, parmi d’autres effets remis à l’entrée de l’établissement. À première vue, le paquet ne présentait rien d’inhabituel. Il contenait notamment un pot de « thiakry », ce dessert traditionnel à base de mil et de lait caillé, fréquemment apporté aux détenus par leurs proches.

Cependant, l’expérience et la vigilance des agents ont éveillé des soupçons. En inspectant plus attentivement le récipient, ils ont découvert qu’il renfermait une quantité de drogue soigneusement dissimulée à l’intérieur du pot, mélangée ou camouflée de manière à échapper à un contrôle superficiel. La substance illicite a immédiatement été saisie.

Le colis n’a donc jamais atteint son destinataire, et une procédure a été enclenchée afin d’identifier les auteurs et les complices de cette tentative d’introduction de produits prohibés en milieu carcéral. Une enquête interne a été ouverte, en collaboration avec les services de sécurité compétents, pour déterminer l’origine exacte de la drogue, le mode opératoire utilisé et les responsabilités engagées.

Cet incident relance la question de la circulation des stupéfiants dans les établissements pénitentiaires et souligne les défis permanents auxquels fait face l’administration pénitentiaire. À Ziguinchor comme ailleurs, les autorités assurent avoir renforcé les contrôles, tout en appelant à la collaboration des familles et des visiteurs afin de préserver la sécurité, la discipline et l’ordre au sein des prisons.

Affaire Softcare : Guy Marius Sagna exige une clarification urgente des autorités sanitaires et appelle à la suspension provisoire des produits

Ce jour, le député Guy Marius Sagna s’est rendu au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique à la tête d’une délégation citoyenne pour poser un acte fort dans le dossier dit « Softcare ». À cette occasion, il a procédé au dépôt collectif de lettres de protestation accompagnées d’une pétition, exigeant une prise de parole immédiate et sans ambiguïté des autorités sanitaires sur la situation entourant les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés de cette marque.

Selon le parlementaire, le silence observé par le ministre de la Santé depuis le 18 décembre 2025 est particulièrement préoccupant. Il estime que cette absence de communication officielle, dans un contexte marqué par des interrogations sur la conformité sanitaire des produits Softcare, expose inutilement les femmes et les nourrissons à des risques potentiels. Pour Guy Marius Sagna, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple différend administratif et touche directement à la protection de la santé publique.

Au cœur de ses accusations figure le rôle de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP). Le député soutient que cette structure aurait autorisé l’utilisation des produits Softcare avant même la réception complète des rapports d’inspection émanant des services compétents. Il affirme que ces rapports, transmis ultérieurement, auraient contredit le communiqué initial de l’ARP en précisant que les corrections exigées n’avaient pas encore été effectuées. Dans ces conditions, les produits concernés seraient, selon lui, impropres à la consommation jusqu’à nouvel ordre.

Cette succession d’événements soulève, aux yeux du parlementaire, de sérieuses interrogations sur la gestion globale du dossier et sur le respect des procédures de contrôle sanitaire. Il s’interroge notamment sur les responsabilités engagées et sur les garanties réellement offertes aux consommateurs, en particulier aux catégories les plus vulnérables que sont les femmes et les bébés.

Face à ce qu’il considère comme une situation à risque, Guy Marius Sagna invoque le principe de précaution. Il appelle le ministre de la Santé à s’adresser directement aux Sénégalais afin de dire clairement s’il est sûr ou non de continuer à utiliser les produits Softcare. En attendant ces éclaircissements officiels, il estime que la prudence doit prévaloir et justifie ainsi son appel à la suspension provisoire de l’utilisation des serviettes hygiéniques et couches pour bébés de la marque.

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : entre fortes attentes et crispations persistantes dans le centre du Sénégal

Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide bat son plein dans le centre du pays, les attentes des producteurs demeurent élevées et les tensions bien réelles. À Kaolack, l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), pôle Centre, dresse un tableau contrasté de la situation, saluant l’implication de l’État tout en dénonçant des dysfonctionnements locaux jugés préoccupants.

La récente tournée du Premier ministre, Ousmane Sonko, consacrée à la filière arachidière, a été perçue comme un signal politique fort par de nombreux acteurs ruraux. Selon l’UNCS, cette descente sur le terrain a ravivé l’espoir d’une meilleure prise en compte des réalités vécues par les producteurs, souvent confrontés à des difficultés structurelles dans l’écoulement de leur production.

« La proximité avec les paysans et l’écoute directe de leurs préoccupations constituent une étape essentielle vers des solutions durables », estime Adnane Dème, coordonnateur du pôle Centre de l’UNCS. Pour l’organisation, la réussite de la campagne ne saurait toutefois se limiter à des annonces, mais doit s’appuyer sur une gouvernance plus juste et plus efficace de la filière.

Une filière encore fragilisée

Sur le terrain, les griefs persistent. Le non-respect du prix plancher, l’insuffisance de points de collecte fonctionnels, les lenteurs administratives et certaines pratiques spéculatives continuent de fragiliser les petits producteurs. Autant de manquements que l’UNCS juge incompatibles avec les objectifs affichés de relance de la filière et de justice sociale en milieu rural.

Au-delà des dysfonctionnements techniques, le climat dans certaines zones suscite également des inquiétudes. À Nioro du Rip, des producteurs dénoncent des comportements qu’ils qualifient d’intimidants de la part d’un responsable administratif local. Des témoignages font état d’une atmosphère de crainte, notamment dans les villages de Thiaré et Diguiraye, affectant la sérénité du déroulement de la campagne agricole.

La question de la confiance entre l’État et les producteurs

Pour l’UNCS, ces accusations, si elles venaient à être confirmées, soulèveraient un problème plus large : celui de la relation de confiance entre l’administration et les paysans. « Toute dérive contraire à l’éthique du service public fragilise la confiance et compromet les efforts de réforme engagés », alerte l’organisation.

Face à cette situation, l’UNCS appelle les autorités compétentes à agir rapidement afin de garantir la protection des producteurs et de restaurer un climat apaisé. Elle plaide également pour un encadrement administratif plus humain, axé sur l’accompagnement et le dialogue plutôt que sur la contrainte.

Vers une campagne apaisée ?

Malgré les tensions relevées, l’organisation se veut résolument constructive. Elle réaffirme sa disponibilité à travailler avec les services techniques de l’État et l’ensemble des acteurs de la filière, dans l’optique de parvenir à une campagne de commercialisation de l’arachide équitable, transparente et bénéfique pour les producteurs.

Entre volontarisme politique affiché et réalités parfois difficiles sur le terrain, la campagne arachidière 2025 apparaît ainsi comme un test majeur, tant pour la réforme de la filière que pour la crédibilité de l’action publique en milieu rural.

Projet gazier Yakaar-Teranga : le marché inquiété par l’incertitude autour des partenariats

L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.

Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.

L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.

Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.

Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.

Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.

Elinkine : la disparition d’une pirogue relance l’alerte sur la sécurité des pêcheurs artisanaux

Depuis le 27 novembre 2025, une pirogue partie d’Elinkine n’a plus donné signe de vie, plongeant familles et communautés de pêcheurs dans une inquiétude croissante. L’équipage, dont les membres affrontaient les eaux de la haute mer, reste introuvable, et le silence radio prolongé alimente l’angoisse dans toute la localité. Les proches des disparus vivent dans une tension permanente, surveillant chaque retour potentiel et espérant des nouvelles qui tardent à venir.

Face à ce drame, la communauté locale ne reste pas inactive. Une première opération de solidarité a été organisée afin de collecter des fonds destinés à financer le carburant et la nourriture pour les volontaires prêts à repartir en mer pour tenter de localiser la pirogue. Les habitants d’Elinkine, conscients de l’urgence, mobilisent leur énergie et leurs ressources pour participer à ces recherches, espérant ainsi retrouver les pêcheurs sains et saufs. Un porte-parole de la communauté a souligné sur les ondes de RFM que toutes les conditions logistiques étaient désormais réunies pour relancer les opérations de recherche et salué l’élan de générosité et de solidarité qui s’est manifesté parmi les habitants.

Cependant, cette mobilisation citoyenne met en évidence un manque criant de moyens techniques. Les pêcheurs dénoncent l’absence d’outils modernes de géolocalisation, indispensables pour sécuriser les flottes artisanales. Dans un contexte où la technologie permet de suivre des navires et de prévenir les accidents en mer, il est jugé « anormal » que des vies soient encore mises en danger faute de dispositifs appropriés. Les pêcheurs appellent l’État à intervenir pour doter le secteur artisanal de systèmes de sécurité performants, alors que les zones de pêche s’éloignent chaque année davantage des côtes et que les risques s’amplifient.

Au-delà de l’aspect humain, cette disparition met en lumière les difficultés structurelles de la pêche artisanale au Sénégal. Le Connipasse (Conseil National Interprofessionnel de la Pêche Artisanale au Sénégal) a profité de cette situation pour annoncer l’élaboration d’un plan stratégique de communication couvrant la période 2026-2029. Ce plan vise à accompagner les autorités dans la mise en œuvre de solutions durables pour renforcer la sécurité en mer, mieux organiser les flottes artisanales et préserver les ressources halieutiques locales.

La raréfaction des produits de la mer constitue un facteur aggravant. Les pêcheurs sont contraints de s’aventurer toujours plus loin et plus longtemps afin de trouver du poisson, augmentant considérablement les risques encourus. Selon le Connipasse, cette pression sur les équipages les expose à des accidents graves, voire mortels, comme en témoigne la disparition de cette pirogue. Le secteur, qui représente un pilier de l’économie locale et de l’alimentation nationale, souffre donc d’une combinaison de dangers naturels et de carences techniques et institutionnelles.

Ce drame rappelle de manière tragique l’importance d’investir dans la modernisation de la pêche artisanale. La sécurité des pêcheurs, la formation aux bonnes pratiques, la mise à disposition d’équipements adaptés et la surveillance en mer doivent devenir des priorités. La communauté d’Elinkine, tout en s’organisant pour faire face à l’urgence, appelle l’État et les partenaires à une action rapide et concrète afin de prévenir de nouvelles pertes et de protéger ce secteur vital pour la région et pour le Sénégal.

Affaire Softcare : Guy Marius Sagna et la société civile accusent le ministère de la Santé de « silence complice »

La polémique autour des produits de la gamme Softcare prend une nouvelle tournure. Un collectif d’organisations de la société civile, conduit par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, a officiellement déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Par cette démarche, les signataires entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de « silence complice » des autorités sanitaires face aux interrogations persistantes sur la supposée dangerosité de certains produits Softcare, notamment les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés, mais aussi face aux soupçons de corruption visant l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP).

L’atmosphère était lourde d’indignation sur le perron du ministère, où militants et activistes ont exprimé leur colère. Depuis le 18 décembre 2025, date à laquelle les premières alertes ont été rendues publiques concernant la qualité et la sécurité des produits Softcare, aucune communication officielle claire n’a été faite par le ministre de tutelle. Un mutisme jugé inacceptable par les manifestants, qui estiment que cette absence de réaction met directement en péril la santé des populations, en particulier celle des femmes et des nourrissons.

Pour Guy Marius Sagna, figure centrale de cette mobilisation, le silence des autorités sanitaires constitue une faute grave aux conséquences potentiellement dramatiques. Devant la presse, le député n’a pas mâché ses mots, reprochant au ministère de ne pas assumer ses responsabilités face à une situation aussi sensible. Il souligne que depuis plusieurs semaines, les citoyens restent dans l’incertitude totale, ne sachant pas s’ils doivent continuer à utiliser ou non ces produits du quotidien. Une situation qu’il juge dangereuse et indigne d’un État censé protéger la santé publique.

Le parlementaire a également tenu à rappeler que cette interpellation dépasse les clivages politiques et les considérations partisanes. Selon lui, la protection de la santé des citoyens doit rester une priorité absolue, indépendamment des régimes ou des alternances au pouvoir. Usant d’une formule volontairement frappante, il a insisté sur le fait que les principes de base en matière de responsabilité publique ne changent pas avec les gouvernements, affirmant que ce qui était vrai hier doit le rester aujourd’hui.

Au-delà du silence du ministère, le collectif s’inquiète également des soupçons de corruption évoqués au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique, censée garantir la conformité et la sécurité des produits mis sur le marché. Pour les protestataires, ces accusations, même à l’état de soupçons, exigent une réaction rapide, transparente et rigoureuse des autorités afin de restaurer la confiance des populations.

À travers ce dépôt de plainte collectif et cette action symbolique, Guy Marius Sagna et ses alliés entendent maintenir la pression sur le ministère de la Santé. Ils exigent une prise de parole officielle, des investigations indépendantes et, surtout, des mesures claires pour protéger les consommateurs. Pour eux, il en va de la crédibilité de l’État et du droit fondamental des citoyens à une information fiable lorsqu’il s’agit de leur santé et de celle de leurs enfants.

Drame sur la Transgambienne : l’accident de Farafenni fait 7 morts et plusieurs blessés graves

Le drame survenu mercredi à Farafenni, en Gambie, continue de livrer son lourd bilan. Initialement annoncé comme particulièrement meurtrier, l’accident de la circulation impliquant deux véhicules en provenance du Sénégal a vu son bilan officiellement réévalué à quinze victimes, dont sept morts et sept blessés graves, selon des sources concordantes.

S’exprimant auprès de PressAfrik, le président du mouvement des chauffeurs patriotes, Birane Diagne, a indiqué que « sept personnes sont décédées sur le coup » à la suite de la violente collision. Une information confirmée par le commandant Yatma Dièye, chef de la Division informations et relations publiques de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (Bnsp) du Sénégal. Dans des déclarations rapportées par le quotidien L’Observateur, l’officier a toutefois précisé qu’il s’agissait d’un « bilan provisoire », faisant état de quinze victimes au total, dont sept blessés graves et un blessé léger.

Le choc, d’une extrême violence, a rendu l’identification de certaines victimes particulièrement difficile. Selon les secours, deux des personnes décédées se trouvaient dans un état ne permettant pas une identification immédiate. Les corps sans vie ont été acheminés vers différentes structures sanitaires du Sénégal, six d’entre eux ayant été déposés à l’hôpital régional de Kaolack, tandis qu’un autre a été transféré à Nioro du Rip, dans le centre-ouest du pays.

Face à la gravité des blessures enregistrées, les autorités sénégalaises ont rapidement activé un dispositif d’évacuation sanitaire d’urgence. Une prise en charge par voie aérienne a été organisée afin de transférer les blessés vers Dakar, où ils doivent bénéficier de soins spécialisés dans des structures mieux équipées.

Pour rappel, l’accident s’est produit le mercredi 7 janvier aux environs de 11 heures, à quelques centaines de mètres du camp militaire de Farafenni. Un minibus de type « Cheikhou-Cherifou », d’une capacité de 15 places et en provenance de la gare routière de Ziguinchor, est entré en collision frontale avec un bus de plus de 60 places circulant en sens inverse. Les circonstances exactes du drame restent à déterminer, même si des témoignages évoquent une manœuvre dangereuse sur cet axe réputé pour sa forte fréquentation et sa dangerosité.

Ce nouveau drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière le long de la Transgambienne, un corridor stratégique mais tristement célèbre pour la fréquence des accidents mortels. En attendant les conclusions de l’enquête ouverte par les autorités gambiennes, les familles des victimes, elles, pleurent encore leurs proches, tandis que l’émotion reste vive des deux côtés de la frontière.

Lutte contre la délinquance à Dakar : la gendarmerie frappe fort lors d’une opération nocturne d’envergure

La gendarmerie nationale a mené une importante opération de sécurisation dans la capitale sénégalaise, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 janvier 2026. Cette vaste intervention, conduite entre 21 heures et 5 heures du matin par la compagnie de Gendarmerie de Dakar, s’inscrit dans le cadre du renforcement du dispositif de lutte contre la délinquance et l’insécurité urbaine.

Selon un communiqué de la maréchaussée, l’opération a été menée conjointement avec les brigades territoriales, appuyées par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI) ainsi que des équipes cynophiles spécialisées. D’importants moyens humains et matériels ont été déployés afin de quadriller plusieurs zones jugées sensibles de la capitale.

À l’issue de cette action coordonnée, quarante-six personnes ont été interpellées pour diverses infractions. Parmi elles figurent un ressortissant burkinabè, deux ressortissants guinéens et quarante-trois citoyens sénégalais. Les personnes arrêtées ont été mises à la disposition des services compétents pour les besoins de l’enquête et des procédures judiciaires en cours.

L’opération a également permis de procéder à des contrôles routiers renforcés. Vingt-et-une motos ont été immobilisées pour défaut d’assurance et absence de pièces administratives réglementaires. Trois véhicules ont également été saisis pour des manquements similaires. En outre, sept permis de conduire ont été retirés à des conducteurs en infraction, tandis qu’un montant total de quarante-huit mille francs CFA a été encaissé au titre des amendes forfaitaires.

Sur le volet de la lutte contre les stupéfiants, les gendarmes ont réalisé d’importantes saisies. Quatre-vingt-cinq comprimés d’ecstasy et douze petits cornets de chanvre indien ont été découverts et confisqués, confirmant la persistance du trafic de drogues dans certains quartiers de Dakar.

À travers cette opération coup de poing, la gendarmerie nationale réaffirme sa détermination à assurer la sécurité des personnes et des biens, tout en luttant activement contre la criminalité sous toutes ses formes. La hiérarchie rappelle par ailleurs que ce type d’opérations de sécurisation sera régulièrement reconduit afin de maintenir la pression sur les réseaux délinquants et de rassurer les populations.

Commercialisation de l’arachide : Sidy Bâ dénonce une campagne « calamiteuse » et interpelle l’État

La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.

Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.

Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.

Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.

Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.

La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.

Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.

Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.

Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.

Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.

Crise à l’Autorité de réglementation pharmaceutique : l’intersyndicale dénonce des retenues sur salaires et réclame une enquête indépendante

L’Autorité de réglementation pharmaceutique (ARP) est de nouveau secouée par une vive contestation interne. Ce jeudi 08 janvier, l’intersyndicale des agents de la structure est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « retenues sur salaires » et de tentatives de sanctions visant certains de ses membres. Des mesures que les syndicalistes considèrent comme des représailles, alors que, selon eux, leur seule revendication consiste à exiger la mise en place d’une commission d’enquête indépendante chargée de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements qui minent l’institution.

Dans un communiqué rendu public, l’intersyndicale affirme également être la cible de « menaces à peines voilées » émanant de la direction de l’ARP. Ces pressions interviendraient dans un contexte déjà fortement dégradé, marqué par ce que les agents décrivent comme une « crise grave » au sein de l’autorité. À leurs yeux, cette crise se manifeste notamment par une mauvaise gouvernance persistante, des soupçons de trafic de médicaments et des affaires à répétition, dont la plus récente concerne le dossier Sofcare, qui continue d’alimenter les controverses.

Les représentants des travailleurs disent constater « amèrement » que les dérives dénoncées depuis plusieurs mois se poursuivent, en dépit des engagements et promesses de réformes formulées par la direction et les autorités de tutelle. Ils estiment que les mesures prises jusqu’ici sont restées insuffisantes pour restaurer un fonctionnement transparent et conforme aux missions stratégiques confiées à l’ARP, notamment la régulation du secteur pharmaceutique et la protection de la santé publique.

Visa américain : une caution pouvant atteindre 15 000 dollars exigée des demandeurs sénégalais dès le 21 janvier 2026

C’est un changement d’ampleur qui vient redessiner les conditions d’accès au territoire américain pour de nombreux ressortissants sénégalais. À compter du mercredi 21 janvier 2026, toute personne sollicitant un visa américain de type B1/B2, destiné aux voyages touristiques ou d’affaires, devra s’acquitter d’une caution financière obligatoire dont le montant variera entre 5 000 et 15 000 dollars.

Désormais intégrée à la procédure consulaire, cette caution se présente comme une garantie remboursable exigée des demandeurs jugés éligibles au visa. Le montant exact sera fixé par l’agent consulaire au moment de l’entretien, selon trois paliers établis à 5 000 dollars, soit environ 2,8 millions de FCFA, 10 000 dollars ou 15 000 dollars, correspondant à près de 8,3 millions de FCFA. Cette somme vise à s’assurer que le voyageur respectera strictement la durée de séjour autorisée et quittera le territoire américain dans les délais impartis.

Au-delà de l’aspect financier, la mesure s’accompagne d’une contrainte logistique particulièrement stricte. Les voyageurs soumis à cette nouvelle disposition devront impérativement transiter, à l’aller comme au retour, par l’un des trois aéroports américains autorisés : New York (JFK), Washington (Dulles – IAD) ou Boston (Logan – BOS). Tout manquement à cette obligation pourrait entraîner la perte de la caution et compromettre sérieusement toute future demande de visa.

Les autorités américaines précisent toutefois que cette caution n’a pas vocation à être punitive lorsqu’elle est respectée. Elle est intégralement restituée dans plusieurs cas de figure, notamment lorsque le départ du territoire américain est enregistré avant ou à la date limite autorisée, lorsque le visa est délivré mais que le voyage n’a finalement pas lieu, ou encore lorsque l’entrée sur le territoire est refusée par la police des frontières à l’arrivée.

En revanche, la perte de la caution devient définitive si le voyageur dépasse la durée de séjour autorisée ou s’il tente de modifier son statut migratoire, par exemple en déposant une demande d’asile ou une procédure d’ajustement de statut, sans avoir préalablement quitté le territoire américain. Ces situations sont considérées comme des violations graves des conditions d’entrée.

Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre les dépassements de séjour, communément appelés « overstay ». Le Sénégal figure sur une liste de pays concernés par ce dispositif, aux côtés d’autres nations comme le Nigéria, la Mauritanie, le Togo ou encore le Venezuela, régulièrement cités dans les statistiques américaines relatives au non-respect des durées de séjour.

Contacté à ce sujet par le correspondant permanent du quotidien Les Échos à New York, Ahmadou Kane, le Consulat du Sénégal à New York a indiqué être dans l’attente d’une communication officielle plus détaillée de la part des autorités américaines afin de mieux informer les ressortissants sénégalais concernés.

L’influenceur Chico condamné à un an de prison ferme pour injures publiques et blasphème

L’influenceur Chekhna Nimaga, plus connu sous le pseudonyme de « Chico », s’expose à une détention prolongée après sa comparution devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Déjà poursuivi dans une autre procédure engagée par l’artiste malien Sidiki Diabaté, le prévenu a été reconnu coupable d’injures publiques et de blasphème par le biais d’un système informatique. La juridiction l’a condamné à un an de prison ferme, scellant ainsi un nouveau chapitre judiciaire lourd de conséquences pour l’influenceur installé au Sénégal.

L’affaire trouve son origine dans une série de vidéos diffusées en direct sur les réseaux sociaux. À travers ces « lives », Chico avait tenu des propos jugés particulièrement graves et offensants à l’encontre de l’islam, du prophète Muhammad (PSL) et de la communauté musulmane malienne, qu’il avait notamment qualifiée de voleuse. Ces déclarations, largement relayées et vivement dénoncées, ont suscité une forte indignation au Mali comme au Sénégal.

Déjà placé sous mandat de dépôt à la suite d’une plainte déposée par Sidiki Diabaté, l’influenceur avait été extrait de sa cellule par la Section de recherches de la gendarmerie après le dépôt de deux nouvelles plaintes. Celles-ci émanaient du Haut Conseil islamique du Mali et de la mosquée Masdjid Rahmane, plus connue sous le nom de Jaka Bambara, qui reprochaient à Chico des atteintes graves aux symboles et aux valeurs de l’islam.

Face aux enquêteurs, le prévenu a tenté de minimiser la portée de ses propos, soutenant que certaines vidéos incriminées auraient été coupées et sorties de leur contexte. Une ligne de défense qui n’a toutefois pas convaincu les autorités judiciaires, au regard de la gravité des déclarations tenues et de leur diffusion massive sur les plateformes numériques.

Confronté à l’évidence et à la pression judiciaire, Chico a fini par se confondre en regrets. Il a présenté des excuses publiques à l’ensemble de la communauté musulmane, affirmant ne pas avoir mesuré l’impact et la portée de ses propos. Des excuses tardives qui n’ont pas suffi à infléchir la décision du tribunal.

Avec cette condamnation à un an de prison ferme, l’influenceur voit son avenir immédiat s’assombrir davantage. D’autant plus que la procédure engagée par Sidiki Diabaté suit toujours son cours, laissant planer la perspective de nouvelles poursuites et d’un allongement de sa détention. Cette affaire relance, une fois de plus, le débat sur la responsabilité des influenceurs et l’usage des réseaux sociaux, où la liberté d’expression se heurte aux limites fixées par la loi et le respect des convictions religieuses.

Démantèlement d’un point de vente de drogues aux Almadies : un ressortissant guinéen interpellé avec du kush et du chanvre indien

Les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants (Brs) de Dakar ont réalisé une importante saisie de drogues, le 6 janvier dernier, aux Almadies, plus précisément dans la zone de l’ancienne piste. Cette opération a conduit à l’interpellation d’un individu en possession d’une quantité significative de produits prohibés, confirmant l’existence d’un trafic actif dans ce secteur très fréquenté de la capitale.

Selon des informations rapportées par Libération, le mis en cause est nommé Boubacar Diallo. Âgé de 22 ans, de nationalité guinéenne, il s’est présenté aux enquêteurs comme étant maçon. Son arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement précis faisant état de l’animation d’un réseau de trafic de drogues aux Almadies et dans les environs immédiats.

Sur la base de ces informations, une équipe de la Brs de Dakar a été immédiatement déployée sur le terrain afin de procéder à des opérations de surveillance ciblées. Le dispositif mis en place a permis aux agents d’identifier la cible principale. Celle-ci a été surprise en pleine séance de distribution de drogue, ce qui a conduit les forces de l’ordre à intervenir sans délai.

Lors de son interpellation, Boubacar Diallo était en possession de 66 képas de kush, une drogue de synthèse de plus en plus répandue, ainsi que de six morceaux de chanvre indien. Les policiers ont également saisi un téléphone portable et une somme de 2 500 francs CFA, des éléments susceptibles d’être exploités dans le cadre de l’enquête pour établir d’éventuelles connexions avec d’autres membres du réseau.

Interrogé sur la provenance et la paternité de la drogue saisie, le mis en cause a nié en être le propriétaire. Des dénégations qui n’ont toutefois pas convaincu les enquêteurs, au regard des circonstances de son arrestation et des éléments matériels retrouvés sur lui. L’ensemble des produits prohibés, ainsi que le téléphone portable et l’argent liquide, ont été placés sous scellés pour les besoins de la procédure.

Ministère de l’Énergie : les 44 agents en cessation d’activités prêts à descendre dans la rue

Le conflit social au Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines atteint un nouveau pic. Depuis plus de 20 mois, 44 agents en cessation d’activités dénoncent la « confiscation illégale » de leurs salaires et droits sociaux, une situation qui, selon eux, illustre le fossé grandissant entre les promesses des autorités et la réalité du terrain.

Malgré les engagements institutionnels et les décisions prises au plus haut sommet de l’État, le collectif affirme que leur réintégration reste bloquée par une lenteur administrative jugée incompréhensible. Les travailleurs rappellent notamment le décret de décembre 2024 instituant le Comité de gestion du développement géologique et minier, ainsi que le Pacte social pour une croissance inclusive signé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 1er mai 2025. Pour eux, ces textes auraient dû ouvrir la voie à la reprise de leurs activités.

Le Collectif des 44 agents pointe du doigt l’incohérence entre discours officiels et pratiques administratives. Même après les instructions répétées du Président de la République Bassirou Diomaye Faye et l’installation effective du Comité de gestion en octobre 2025, l’administration minière persiste dans une logique de licenciement qu’ils jugent arbitraire. Les réunions de conciliation au Ministère du Travail n’ont jusqu’ici produit aucun résultat concret.

Face à cette impasse, les agents ont décidé de durcir le ton. Une grande marche de protestation est programmée dans les rues de Dakar le vendredi 16 janvier 2026, suivie le jeudi 22 janvier de sit-in simultanés devant toutes les directions régionales des mines. Le collectif insiste : toutes les voies juridiques et citoyennes seront exploitées pour obtenir leur réintégration immédiate.

Yeumbeul Sud : un individu interpellé pour des abus sexuels répétés sur une mineure

Le Poste de police de Yeumbeul Sud a procédé, le 6 janvier 2026, à l’interpellation d’un individu soupçonné d’abus sexuels répétés. Cette arrestation fait suite à une enquête ouverte en décembre 2025, après le dépôt d’une plainte par la mère de la victime.

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, la victime aurait subi des agressions sexuelles à trois reprises, dans des lieux différents. Les faits, d’une particulière gravité, se seraient déroulés sur une période antérieure à la plainte, dans un climat de peur et de pression. La mère de la victime a en effet expliqué aux autorités avoir longtemps hésité à saisir la justice, par crainte de représailles. Le mis en cause serait un lutteur connu et redouté dans le quartier, une réputation qui aurait contribué à instaurer un climat d’intimidation autour de la famille.

Ce n’est qu’après plusieurs semaines de démarches et sous escorte policière que la victime a pu être conduite à un examen médical, le 17 décembre 2025. Le certificat délivré à l’issue de cet examen a fait état de lésions traumatiques compatibles avec les faits dénoncés, renforçant ainsi les soupçons pesant sur le suspect et permettant aux enquêteurs d’accélérer la procédure.

L’individu a finalement été interpellé le 6 janvier 2026 par les éléments du Poste de police de Yeumbeul Sud. Placé en garde à vue, il fait actuellement l’objet d’auditions dans le cadre de l’enquête, qui se poursuit afin de déterminer avec précision les circonstances des faits, d’établir les responsabilités et de vérifier l’existence éventuelle d’autres victimes.

Guédiawaye : une collégienne de 16 ans interpellée pour avoir ébouillanté une camarade de classe

Un fait divers d’une rare gravité s’est produit dans la soirée du mardi 6 janvier à Gadaye, un quartier de la commune de Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise. Une élève âgée de 16 ans, identifiée sous les initiales L. R. Ndiaye et scolarisée en classe de 4ᵉ au collège Abdou Latif Guèye, a été interpellée puis placée en garde à vue par les éléments du commissariat de Walkhinane Nimzatt. Elle est accusée d’avoir volontairement ébouillanté une de ses camarades de classe, N. Guèye, du même âge.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, les faits se sont déroulés aux environs de 19 heures. Les circonstances exactes de l’agression restent encore floues, mais les premiers éléments de l’enquête font état d’un différend entre les deux adolescentes, toutes deux élèves dans le même établissement scolaire. Au cours de l’altercation, la mise en cause aurait utilisé de l’eau chaude pour s’en prendre à la victime, lui causant des blessures suffisamment sérieuses pour nécessiter une prise en charge médicale urgente.

Alertés après l’incident, les parents de N. Guèye ont procédé à son évacuation vers un hôpital de la localité, où elle a été admise pour recevoir des soins. Aucune précision officielle n’a, pour l’heure, été communiquée sur la gravité exacte des brûlures ni sur l’évolution de son état de santé.

De son côté, la présumée auteure des faits a été conduite au commissariat de Walkhinane Nimzatt, où elle est actuellement en garde à vue. Les enquêteurs cherchent à établir les motivations réelles de cet acte et à reconstituer avec précision le déroulement des événements. En raison de l’âge des protagonistes, la procédure est menée avec les précautions prévues par la loi en matière de justice des mineurs.

Réseau de vidéos pornographiques à Guédiawaye : des peines contrastées après un procès sous haute tension

À Guédiawaye, la justice a voulu marquer les esprits face à ce que le parquet a qualifié de « dégradation inquiétante des mœurs ». Jugée en flagrants délits devant le Tribunal de Pikine-Guédiawaye, l’affaire du réseau de production et de diffusion de vidéos pornographiques récemment démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar s’est achevée par des condamnations contrastées. Un dossier sensible et retentissant dont L’Observateur révèle les dessous.

L’affaire avait profondément choqué l’opinion publique, tant par son ampleur que par la sophistication de son mode opératoire. Le lundi 1er janvier 2026, les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar mettaient un terme aux activités d’un réseau structuré opérant à Dakar et dans sa banlieue, avec des ramifications bien au-delà des frontières nationales, notamment en Europe. L’opération a permis la saisie de 152 vidéos à caractère pornographique et l’interpellation de cinq personnes, dont celui présenté comme le principal réalisateur des contenus.

Traduit devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, le groupe était composé de M. Seck, alias Papito, âgé de 31 ans et commerçant, présenté comme l’un des cerveaux du réseau, de I. Diop, alias Flex, 35 ans, coach de basket domicilié aux HLM 5, de M. Kâ, commerçante de 37 ans résidant à Thiaroye, de A. Cissokho, 27 ans, née à Brazzaville et se présentant comme agente immobilière, ainsi que de O. L. Onugbui, Nigériane de 30 ans, prostituée déclarée.

Selon L’Observateur, l’enquête a été déclenchée à la suite d’un renseignement précis signalant l’existence d’un groupe organisé spécialisé dans la production et la diffusion de contenus pornographiques via des plateformes en ligne. Les investigations ont rapidement mis au jour des connexions directes avec des administrateurs de sites pornographiques basés en Europe, connus sous les pseudonymes de « Moustapha » et « Reniwa ». D’après les enquêteurs, M. Seck entretenait des relations étroites avec ces administrateurs, qui finançaient intégralement les tournages. I. Diop était chargé de la captation et du montage des vidéos, lesquelles étaient ensuite transmises via WhatsApp contre rémunération.

Le recrutement des participantes était assuré par M. Seck et M. Kâ, principalement dans le milieu de la prostitution. Les échanges internes et la coordination des tournages se faisaient à travers l’application Telegram. Les participants étaient rémunérés à la journée pour des scènes d’une durée moyenne de trente minutes. Pour faire tomber ce réseau, la Brigade de recherches de Keur Massar a mis en place une opération d’infiltration jugée audacieuse. Une gendarme, opérant sous couverture, a intégré durant plusieurs semaines les groupes Telegram utilisés pour le recrutement. Le 1er janvier 2026, profitant d’un faux rendez-vous organisé pour un prétendu tournage, les enquêteurs ont interpellé M. Seck. L’exploitation de son téléphone portable a permis de découvrir les 152 vidéos incriminées.

Les perquisitions menées chez les autres mis en cause ont confirmé leur implication. Du matériel de tournage, des accessoires, des préservatifs, des produits aphrodisiaques ainsi que des échanges jugés compromettants ont été saisis. Les vidéos mettaient en scène des personnes de nationalités sénégalaise, congolaise et nigériane, la plupart des femmes apparaissant le visage masqué.

À la barre, M. Seck et I. Diop ont reconnu leur participation aux tournages, tout en tentant de minimiser leur rôle dans l’organisation du réseau. Les femmes, de leur côté, ont invoqué la précarité, la manipulation ou encore l’ignorance quant à la diffusion réelle des images. Certaines ont admis l’absence de carnet sanitaire valide, tandis que d’autres ont nié toute implication active dans une organisation criminelle structurée.

Dans un réquisitoire qualifié d’explosif, le procureur de la République a insisté sur la gravité des faits et la nécessité de sanctions exemplaires afin d’endiguer un phénomène jugé préoccupant. Convaincu de la culpabilité de l’ensemble des prévenus, il avait requis cinq ans de prison ferme contre les deux principaux accusés et trois ans ferme contre les femmes.

Après délibéré, le tribunal a toutefois opté pour une ligne plus clémente. M. Seck et I. Diop ont été reconnus coupables de l’ensemble des chefs de prévention et condamnés à deux ans de prison ferme chacun. M. Kâ a écopé de trois mois de prison ferme pour association de malfaiteurs et défaut de carnet sanitaire. Quant à A. Cissokho et O. L. Onugbui, elles ont été relaxées du chef d’association de malfaiteurs, mais reconnues coupables de défaut de carnet sanitaire et condamnées à deux mois de prison assortis du sursis.

Kédougou : à Landieni, Thierno Alassane Sall face au cri de détresse des populations

En tournée dans la région de Kédougou, le député Thierno Alassane Sall est allé à la rencontre des populations locales afin d’échanger avec elles sur les difficultés de développement auxquelles elles sont confrontées. Cette démarche de proximité l’a conduit dans le village de Landieni, où le constat dressé par les habitants s’est révélé particulièrement préoccupant.

À son arrivée, le parlementaire a été interpellé par un discours sans détour du chef de village, Mamadou Yayo Diallo, qui a résumé la situation en des termes alarmants. Selon lui, Landieni vit dans un isolement quasi total, marqué par l’absence d’électricité, un accès très limité au réseau téléphonique et à internet, ainsi qu’un manque criant d’opportunités économiques. « Rien ne va dans ce village », a-t-il lancé, exprimant le ras-le-bol des populations face à des conditions de vie jugées indignes. Il a notamment insisté sur le sort des jeunes, nombreux à être diplômés mais condamnés au chômage faute d’emplois et de perspectives.

Fortes de 318 habitants, les populations de Landieni ont exposé une longue liste de besoins essentiels. Elles réclament en priorité des infrastructures de base capables d’améliorer leur quotidien, telles qu’une ambulance et un poste de santé pour faire face aux urgences médicales, ainsi qu’un réseau téléphonique fonctionnel pour rompre l’isolement du village. À cela s’ajoute la demande d’unités de transformation, indispensables pour valoriser les matières premières locales et créer de la valeur ajoutée. « Nous avons les ressources, mais nous n’avons pas les moyens de les exploiter », a déploré le chef de village, soulignant le paradoxe d’une zone riche en potentialités mais pauvre en équipements.

Les femmes du village ont également saisi l’occasion pour faire entendre leur voix. Elles ont plaidé pour l’installation de moulins afin de faciliter leurs travaux quotidiens liés à l’eau et à la transformation des produits locaux. En outre, elles ont exprimé le besoin de coopératives structurées pour leurs groupements d’intérêt économique, ainsi que de financements adaptés pour développer leurs activités génératrices de revenus. À travers ces revendications, elles espèrent améliorer durablement leurs conditions de vie et contribuer davantage à l’économie locale.

À l’issue des échanges, Thierno Alassane Sall s’est engagé à relayer fidèlement ces préoccupations auprès des autorités sénégalaises. Le député a assuré qu’il mettra tout en œuvre pour que les doléances des populations de Landieni, et plus largement de la région de Kédougou, soient prises en compte. « Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les populations à développer leur potentiel et à améliorer leurs conditions de vie », a-t-il déclaré, se voulant porteur d’espoir pour des habitants longtemps marginalisés.

Collision mortelle sur l’axe Dakar–Casamance : sept morts et plusieurs blessés graves à l’entrée de Farafenni

Une violente collision frontale a endeuillé, hier matin, l’axe Dakar–Casamance, à l’entrée de Farafenni, en Gambie. L’accident, survenu vers 10h15 à la sortie immédiate du Farafenni Bascule Bridge, a opposé un bus de transport interurbain à un minibus de type « Cheikhou Cherifou ». Le bilan provisoire fait état de sept morts et de huit blessés, dont sept dans un état grave.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, le drame s’est produit dans un virage étroit et réputé dangereux de la route transgambienne. Le minibus, qui transportait une quinzaine de passagers en provenance de Ziguinchor, aurait tenté un dépassement risqué dans ce virage aveugle. C’est à cet instant qu’il s’est retrouvé face au bus circulant en sens inverse, chargé de plus de soixante passagers à destination de la Casamance. L’impact, d’une extrême violence, n’a laissé aucune chance aux occupants des deux véhicules.

Sous la force du choc, le bus a quitté la chaussée avant de terminer sa course en contrebas, tandis que le minibus, heurté de plein fouet, s’est partiellement disloqué. Plusieurs passagers se sont retrouvés coincés dans la carcasse du véhicule. Les témoins décrivent une scène d’horreur, marquée par des corps gravement mutilés, parfois méconnaissables. Parmi les victimes figure vraisemblablement un agent de la police judiciaire qui rentrait de permission, selon des sources concordantes.

Aussitôt alertées, les autorités sénégalaises ont déclenché les opérations de secours avec l’appui de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Six corps ont été acheminés vers l’hôpital de Kaolack, tandis qu’un septième a été transféré à Nioro, en attendant les formalités d’identification avant restitution aux familles. Les blessés les plus sévèrement touchés ont été évacués par hélicoptère vers Dakar pour une prise en charge spécialisée. D’autres victimes ont été admises dans des structures sanitaires gambiennes, notamment au Ndemban Health Care Center de Bakau.

Sur les lieux, la chaussée porte encore les stigmates du drame : amas de ferraille, éclats de verre, effets personnels dispersés et traces de sang. La zone a été sécurisée par les militaires gambiens afin de faciliter les investigations. Une enquête a été ouverte pour déterminer avec précision les circonstances de l’accident. Les premières constatations orientent déjà les responsabilités vers le dépassement imprudent du minibus dans une portion de route connue pour sa dangerosité, relançant le débat sur la sécurité routière sur cet axe transfrontalier très fréquenté.

Crise de la filière arachidière : le Collectif Rappel à l’Ordre interpelle l’État et soutient les cultivateurs

La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.

Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.

Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.

La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.

Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.

Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

Logement des agents publics : l’État généralise une indemnité mensuelle de 100 000 FCFA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.

Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.

Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.

Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.

Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.

Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.

Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.

Décès de Seydou Madani Sy : le Président Bassirou Diomaye Faye salue la mémoire d’un grand serviteur de l’État

Le Sénégal est en deuil suite au décès de Seydou Madani Sy, ancien ministre, recteur et haut commis de l’État, rappelé à Dieu ce mercredi 7 janvier 2026. Figure emblématique de l’administration sénégalaise et du monde universitaire, le défunt a suscité une vive émotion au sommet de l’État. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé sa profonde tristesse et rendu un hommage appuyé à un homme dont le parcours a durablement marqué la nation.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef de l’État a fait part de son affliction face à cette disparition. « J’ai appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu de Monsieur Seydou Madani Sy », a écrit le Président Faye, soulignant l’ampleur de la perte pour le pays. Il a salué la mémoire d’un homme qu’il qualifie de « grand serviteur de l’État », insistant sur la dimension exemplaire de son engagement au service de la République.

Seydou Madani Sy fut une personnalité aux multiples responsabilités, ayant occupé des fonctions clés dans l’appareil étatique et universitaire. Premier recteur de l’Université de Dakar, il a joué un rôle fondamental dans la structuration et le rayonnement de l’enseignement supérieur sénégalais à ses débuts. Son passage à la tête de cette institution emblématique reste associé à une vision exigeante de l’excellence académique et à une gouvernance fondée sur la rigueur et le sens du devoir.

Ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice, puis Médiateur de la République, Seydou Madani Sy s’est également illustré dans le domaine judiciaire et institutionnel. À chacune de ces fonctions, il a incarné, selon le président de la République, un attachement constant aux valeurs de la République, fait de probité morale, de respect des institutions et de dévouement à l’intérêt général. Son parcours témoigne d’une vie consacrée à l’État, dans la discrétion mais avec une influence durable.

Le président Bassirou Diomaye Faye a enfin adressé ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à ses proches, ainsi qu’aux communautés universitaire et judiciaire, particulièrement touchées par cette perte. En conclusion de son message, le chef de l’État a formulé une prière empreinte de solennité et de respect : « Que la terre lui soit légère ».

Avec la disparition de Seydou Madani Sy, le Sénégal perd l’une de ses grandes figures morales et intellectuelles, dont l’héritage continuera d’inspirer les générations actuelles et futures.

Affrontements au marché Tilène : vives tensions autour des opérations de libération de la voie publique

De violents affrontements ont éclaté ce mercredi 7 janvier aux abords du marché Tilène, sur l’avenue Blaise Diagne, opposant les forces de défense et de sécurité (FDS) à des marchands ambulants. La situation, particulièrement tendue, a paralysé une partie de cet axe stratégique de la capitale et suscité l’inquiétude des riverains et des usagers de la route.

Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, les heurts ont débuté lorsque les forces de l’ordre ont sommé les commerçants ambulants de libérer la voie publique qu’ils occupaient pour leurs activités quotidiennes. Cette opération s’inscrit dans le cadre des travaux d’amélioration durable de la sécurité et de la mobilité des usagers de la route. Refusant de quitter leurs emplacements habituels, les marchands ont opposé une vive résistance, faisant rapidement monter la tension. Des échanges houleux ont dégénéré en affrontements, marqués par des jets de projectiles et des interventions musclées des forces de sécurité pour tenter de rétablir l’ordre.

Ces incidents surviennent dans un contexte bien précis lié aux préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Dans un communiqué officiel publié antérieurement, le préfet du département de Dakar avait informé les populations du démarrage imminent des travaux de mise à niveau et d’aménagement de la voirie à proximité des infrastructures sportives appelées à accueillir cet événement international. Ces travaux sont pilotés par le ministère des Infrastructures, à travers l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE Sénégal).

Dans ce cadre, il a été annoncé qu’à compter du jeudi 15 janvier 2026, plusieurs mesures de circulation entreront en vigueur. L’avenue Blaise Diagne sera temporairement fermée sur le tronçon compris entre le rond-point de l’hôpital Abass Ndao et la rue 11 de la Médina. Afin de limiter les perturbations, la circulation sera mise en double sens sur une voie du boulevard de la Gueule Tapée, tandis que des itinéraires de déviation ont été définis.

Les usagers de la route sont ainsi invités à emprunter les rues 22 et 6 de la Médina pour contourner la zone des travaux. Un dispositif de signalisation temporaire doit être déployé, avec l’appui de la police et des agents de régulation, afin d’assurer le respect strict des nouvelles mesures de circulation et de garantir la sécurité des personnes et des biens.

Les autorités appellent par ailleurs les automobilistes à faire preuve d’une vigilance accrue à l’approche de la zone concernée, à se conformer à la signalisation mise en place et à respecter les limitations de vitesse ainsi que l’ensemble des consignes de sécurité.

Naissance de la plateforme « RÉFÉRENDUM REK » : des mouvements citoyens montent au créneau pour défendre la Constitution

Un nouveau front de contestation citoyenne vient d’émerger sur la scène politique sénégalaise. Dans un communiqué conjoint rendu public le 7 janvier 2026 à Dakar, les mouvements Rappel à l’Ordre, Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), Rassemblement des Travailleurs (RTS) et Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) ont annoncé la création d’une plateforme dénommée « RÉFÉRENDUM REK ». Cette initiative s’accompagne d’un mot d’ordre sans ambiguïté : « Touche pas à notre Constitution ».

La mise en place de cette plateforme intervient dans un contexte politique marqué par le discours à la Nation prononcé le 31 décembre 2025 par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. À cette occasion, le chef de l’État avait fait part de sa volonté d’engager une réforme constitutionnelle par la voie parlementaire. Une option que les organisations signataires du communiqué rejettent catégoriquement, estimant qu’elle va à l’encontre des principes démocratiques fondamentaux.

Pour ces mouvements citoyens, la Constitution sénégalaise ne saurait être modifiée sans la consultation directe du peuple. Ils soutiennent que la loi fondamentale n’est ni la propriété du gouvernement, ni celle d’une majorité parlementaire, encore moins d’une Assemblée nationale qu’ils jugent marquée par une coloration partisane. Selon eux, la Constitution appartient exclusivement au peuple sénégalais, seul détenteur légitime de la souveraineté nationale. Toute tentative de révision opérée sans l’expression directe de cette souveraineté constituerait, à leurs yeux, une entorse grave aux fondements de la démocratie.

À travers la plateforme « RÉFÉRENDUM REK », les initiateurs entendent ainsi ériger un véritable rempart contre ce qu’ils considèrent comme une tentative de passage en force institutionnel. Ils estiment que toute réforme constitutionnelle d’envergure, en particulier celles inspirées ou issues des Assises de la justice, engage durablement l’avenir de la Nation. Dès lors, une telle entreprise ne pourrait être légitime qu’à la condition d’être soumise à l’approbation populaire par voie référendaire. À défaut, préviennent-ils, la démarche relèverait d’une atteinte caractérisée à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les gouvernants au peuple.

Dans leur déclaration, les mouvements à l’origine de la plateforme fixent clairement ce qu’ils présentent comme des lignes rouges non négociables. Ils refusent toute révision constitutionnelle sans référendum, s’opposent à toute confiscation de la souveraineté populaire et dénoncent par avance ce qu’ils qualifient de coup de force institutionnel.

Au-delà de la dénonciation, l’appel lancé par « RÉFÉRENDUM REK » se veut résolument fédérateur. Les signataires invitent l’ensemble des forces vives du pays à se mobiliser autour de cette initiative citoyenne. Ils s’adressent notamment aux partis de l’opposition, aux organisations de la société civile, aux syndicats, aux universitaires, aux journalistes, ainsi qu’aux autorités religieuses et coutumières. L’objectif affiché est de dépasser les clivages politiques et idéologiques pour défendre un principe jugé fondamental et non négociable : le droit inaliénable du peuple sénégalais à décider lui-même de l’avenir de sa Constitution.

Drame routier à Farafénni : une collision meurtrière fait au moins sept morts

Un nouveau drame de la circulation est venu endeuiller les populations de la zone de Farafénni, localité située à proximité de la frontière sénégalo-gambienne. Ce mercredi, un grave accident de la route s’est produit dans des circonstances particulièrement violentes, plongeant les riverains et les usagers de l’axe dans la stupeur et la consternation.

Selon les informations rapportées par Ibrahima Diop, membre de l’Union des Routiers du Sénégal, la collision a impliqué un minicar de la compagnie Cheikhou Chérifou et un bus circulant sur le même axe. Le choc est survenu dans un virage réputé dangereux, juste après le camp militaire, au moment où le minicar quittait la ville de Farafénni. La violence de l’impact a provoqué d’importants dégâts matériels et semé la panique parmi les passagers.

Le bilan provisoire fait état d’au moins sept personnes décédées sur le coup, tandis que plusieurs autres ont été grièvement blessées. Face à la gravité de leurs blessures, certains des rescapés ont été évacués en urgence vers des structures hospitalières de Banjul, la capitale gambienne, afin de bénéficier de soins spécialisés. Les services de secours, rapidement mobilisés, ont dû faire face à une situation particulièrement éprouvante sur les lieux du drame.

À ce stade, les circonstances exactes de l’accident n’ont pas encore été officiellement établies. Toutefois, les premiers témoignages recueillis sur place font état d’une possible manœuvre de dépassement qui aurait mal tourné dans ce tronçon de route connu pour sa dangerosité. Ce virage, souvent pointé du doigt par les usagers, serait régulièrement le théâtre d’incidents liés à l’excès de vitesse et au non-respect des règles de circulation.

Nouvel An tragique à la Sicap Liberté 5 : la fête d’adolescents vire au drame sous l’effet des drogues

Ce qui devait être un moment de joie et de célébration pour le passage à la nouvelle année s’est transformé en un véritable drame à la Sicap Liberté 5. Dans un appartement meublé loué pour l’occasion, un jeune homme a trouvé la mort dans des circonstances horrifiantes, révélant au grand jour les dangers liés à la consommation de drogues chez les adolescents et jeunes adultes. Familles, amis et voisins restent sous le choc de cette tragédie qui aurait pu être évitée.

Selon les informations recueillies par l’Observateur, huit jeunes âgés de 16 à 23 ans, principalement élèves et mécaniciens, avaient investi 130 000 FCFA pour disposer d’un appartement privé, loin des regards et des contraintes d’une fête publique. La soirée avait pour objectif de célébrer le Nouvel An dans la convivialité. Mais l’ambiance festive a rapidement dégénéré après l’introduction de substances psychotropes et de chanvre indien.

Baye Cheikh, domicilié à la rue 6 de la Médina, faisait partie du groupe. Selon les sources, il aurait fumé plusieurs joints de chanvre indien avant de consommer une demi-pilule d’ecstasy rose, connue dans le milieu sous le nom de « Tik-Tok ». La moitié restante de la pilule a été dissoute dans une tasse et partagée entre ses amis. Quelques minutes à peine après l’ingestion, Baye Cheikh a commencé à ressentir de violents maux de tête. Selon des témoins, il s’est alors levé brusquement et s’est mis à mâcher sa langue dans un geste désespéré et incompréhensible, provoquant un climat de panique parmi les jeunes présents.

Malgré les efforts désespérés de ses camarades pour le maîtriser et le secourir, la situation a rapidement dégénéré. L’arrivée des sapeurs-pompiers de Dieuppeul n’a malheureusement pas permis de sauver Baye Cheikh. La police a été alertée et un constat a été établi sur place. Les enquêteurs ont retrouvé des résidus de drogues et du matériel de consommation, confirmant que la mort était probablement due à une overdose ou à une réaction toxique sévère aux substances ingérées.

Une autopsie a été ordonnée afin de déterminer avec précision les causes du décès, tandis que l’enquête se poursuit pour comprendre les circonstances exactes de l’événement. Les amis de la victime ont été placés en garde à vue pour usage collectif de drogues psychotropes et pour non-assistance à personne en danger. Le propriétaire de l’appartement, identifié par les initiales Ch. D, est activement recherché par la police, qui tente de reconstituer le déroulé de cette soirée fatale.

Au-delà du drame individuel, cette affaire met en lumière les risques majeurs que représente la consommation de drogues dans des lieux privés, surtout chez les jeunes. Elle souligne également la nécessité d’une vigilance accrue et d’une sensibilisation plus forte sur les dangers des substances psychotropes et des pratiques festives à risque. Pour les familles et les communautés de Sicap Liberté 5, ce Nouvel An restera gravé dans les mémoires comme un avertissement tragique contre les excès et l’inconscience face aux drogues.

Pornographie clandestine au Sénégal : 152 vidéos, des millions en jeu et une filière démantelée par la gendarmerie

Une industrie souterraine, jusqu’ici opérant dans l’ombre, a été mise à jour par la Brigade de recherches de Keur Massar. Il s’agit d’un réseau de production et de diffusion de films pornographiques, estampillés « Made in Senegal », dont l’ampleur et l’organisation viennent d’être révélées après une enquête minutieuse et infiltrée. Cette opération a permis l’arrestation de plusieurs acteurs clés du réseau, dont le principal organisateur et plusieurs complices, tandis que de nombreux autres participants restent activement recherchés.

Selon les informations recueillies par Libération, six personnes ont été déférées hier au parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figure Modou Seck, présenté comme commerçant, identifié comme le recruteur principal et acteur central de la filière. Ibrahima Diop, monteur-photographe et également acteur, Mariama Ka, commerçante et prostituée, ainsi que deux ressortissantes africaines résidant au Sénégal, la Nigériane Onugbu Lobth et la Congolaise Aissatou Cissokho, complètent ce groupe d’interpellés. Les mis en cause sont poursuivis pour une série d’infractions, dont association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, et défaut de carnet sanitaire.

L’enquête a mis au jour le rôle de Modou Seck dans le réseau, qui consistait à recruter les acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution, pour des vidéos financées par deux administrateurs étrangers de plateformes pornographiques, opérant sous pseudonymes en Europe et gérant notamment Nandité.com et Nexna.com. Les tournages, réalisés dans des appartements meublés, étaient pris en charge par Ibrahima Diop, chargé du montage et de la réalisation des vidéos. Le recrutement et la communication avec les participants se faisaient essentiellement via Instagram, où une certaine « Chacha » approchait des « débutantes » et « débutants » attirés par des promesses de gains financiers.

L’affaire a été déclenchée après que des informations ont fait état de la diffusion de vidéos intimes sénégalaises sur des sites pornographiques internationaux. Pour confondre les auteurs, la gendarmerie a mis en place une infiltration, envoyant une femme gendarme se faire passer pour une actrice potentielle. Cette opération a permis l’arrestation initiale de Modou Seck, dont le téléphone portable contenait 152 vidéos pornographiques locales. L’analyse de ces contenus a révélé la participation d’acteurs et actrices sénégalais, mais aussi de ressortissants congolais et nigérians. Certaines scènes mettaient en scène des partouzes, avec des actrices parfois cagoulées, tandis que certains hommes, dont Modou Seck, apparaissaient à visage découvert.

Modou Seck a reconnu avoir généré des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités, qui mêlaient production, rôle d’acteur et recrutement. Sa collaboration a permis de remonter progressivement le réseau et d’effectuer des perquisitions fructueuses. Chez Ibrahima Diop, la gendarmerie a saisi du matériel de tournage, des préservatifs, des produits divers utilisés lors des séances, ainsi qu’un gode noir visible sur certaines vidéos.

L’enquête est loin d’être close et plusieurs acteurs, actrices et recruteurs identifiés continuent d’être activement recherchés. Les autorités avertissent que cette filière clandestine, très lucrative et bien organisée, pourrait encore révéler d’autres ramifications, renforçant la vigilance sur la cybersécurité et la protection des mineurs et adultes vulnérables au Sénégal.

Campagne arachidière 2025 : Ibrahima Hamidou Dème pointe du doigt la responsabilité du Premier ministre

La campagne arachidière 2025, censée renforcer l’économie rurale et assurer des revenus décents aux producteurs, se transforme en fiasco pour de nombreux agriculteurs et acteurs de la filière. Face aux constats alarmants de dysfonctionnements dans la collecte et la commercialisation, le Premier ministre Ousmane Sonko avait récemment reconnu publiquement des lacunes dans la conduite de cette campagne. Cette sortie, bien que sincère, n’a pas échappé aux critiques des acteurs de la société civile et des responsables politiques.

Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement politique ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), a réagi avec vigueur à cette déclaration dans un post publié sur sa page Facebook. Selon lui, les manquements relevés par le chef du gouvernement ne sauraient être attribués uniquement aux ministres sectoriels, comme le suggérait implicitement Sonko. Pour Juge Dème, la responsabilité première incombe au Premier ministre, en sa qualité de coordinateur de l’action gouvernementale.

Dans son message, le leader d’ETIC dénonce une approche « incohérente » consistant à revendiquer les succès de l’action publique tout en se déchargeant systématiquement des échecs. « Campagne arachidière catastrophique : le Premier ministre reconnaît de graves manquements tout en rejetant la faute sur ses ministres. Mais peut-on sérieusement conduire et coordonner l’action gouvernementale en se glorifiant des succès sans jamais en assumer les échecs ? » s’interroge-t-il.

Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette campagne met en lumière un déficit criant de coordination et de pilotage au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre avait le devoir d’anticiper les difficultés, d’arbitrer les choix stratégiques et d’agir avec rigueur pour éviter les écueils observés sur le terrain. La situation actuelle, caractérisée par des points de collecte non opérationnels et des producteurs pénalisés par des prix insuffisants, serait le résultat direct d’une absence de supervision proactive et d’une gestion trop laxiste des instruments de régulation de la filière.

Le président d’ETIC insiste également sur la dimension humaine et économique de ce fiasco. Les producteurs, qui représentent l’épine dorsale de l’économie rurale, se retrouvent confrontés à l’accumulation de stocks invendus, à des pertes financières et à une incertitude quant à la prochaine campagne agricole. Pour lui, ces manquements pourraient avoir des conséquences durables sur la confiance des acteurs et sur la stabilité économique des zones rurales.

En conclusion, Ibrahima Hamidou Dème appelle à une remise en question profonde de la gouvernance de la filière arachidière et à un redressement urgent de la coordination au plus haut niveau de l’État. Pour lui, seule une implication directe et responsable du Premier ministre permettra de restaurer l’efficacité de cette campagne et de protéger les intérêts des producteurs sénégalais.

Kaffrine : la filière arachide en crise, les agriculteurs pointent du doigt le ministre Mabouba Diagne

La campagne de commercialisation de l’arachide connaît une situation critique dans la région de Kaffrine, où les producteurs se retrouvent dans l’impasse face à une mévente persistante et à des prix jugés insuffisants. Dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, les sacs d’arachide s’accumulent dans les entrepôts, faute de débouchés et face à l’absence de collecteurs fiables. Les quelques intermédiaires présents sur place offrent des tarifs qui ne couvrent pas les coûts de production, plongeant les agriculteurs dans une situation financière précaire.

Toby Ba, chef du village de Yalale Diacké, ne cache pas son désarroi et son amertume. « Les populations sont fatiguées, elles ne parviennent pas à vendre leur récolte, c’est difficile ! », déplore-t-il. Il n’hésite pas à pointer du doigt le ministre de l’Agriculture, le Dr Mabouba Diagne, qu’il accuse d’inaction et d’incompétence dans la gestion de cette filière stratégique. La colère des producteurs s’explique aussi par les longues distances à parcourir pour accéder aux points de collecte officiels, combinées à des coûts logistiques élevés qui viennent grever leurs marges.

Un producteur rencontré sur place explique que le prix actuel de l’arachide « ne permet pas de couvrir les frais liés aux semences, aux engrais, à la main-d’œuvre et au transport », et que cette situation menace directement la survie économique des familles agricoles. Selon plusieurs témoignages, certains producteurs envisagent même de stocker leur récolte jusqu’à la prochaine campagne, dans l’espoir d’obtenir un meilleur prix, un pari risqué face aux aléas climatiques et aux coûts de conservation.

Face à cette crise, le député-maire de la commune de Gossas, Adama Diallo, s’est rendu sur le terrain pour témoigner son soutien aux agriculteurs et pour alerter le gouvernement sur l’urgence de la situation. Il a appelé les autorités à réviser le prix d’achat de l’arachide et à envisager l’ouverture des marchés frontaliers afin de permettre aux producteurs d’écouler leurs récoltes dans de meilleures conditions. Selon lui, cette mesure serait cruciale pour préserver la filière et garantir la prochaine campagne agricole.

Dans cette région où l’arachide constitue une source essentielle de revenus et un pilier de l’économie locale, la tension monte, et les producteurs attendent désormais des réponses concrètes du gouvernement. Les mois à venir seront déterminants pour la survie de nombreux ménages et pour l’avenir de la filière, alors que la saison agricole se profile à l’horizon et que le temps presse pour agir.

Affaire des véhicules parlementaires : Thierno Alassane Sall dénonce un « camouflage » orchestré par l’Assemblée nationale

La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.

Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.

Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.

Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».

Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.

Lutte sénégalaise : le gouvernement intensifie la lutte contre le « Simol » et annonce des mesures sévères

La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.

Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.

Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.

Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.

Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.

Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.

Goudomp : le pont de Témento, un chantier prioritaire pour lever l’enclavement et booster le développement

La question de la construction du pont de Témento, dans le département de Goudomp, refait surface en ce début d’année 2026. Depuis des années, les populations du Balantacounda vivent avec les conséquences d’un territoire enclavé, souffrant de l’isolement économique et social. La concrétisation de ce projet est perçue comme une condition sine qua non pour lever ces obstacles et favoriser un véritable développement local.

Le maire de Goudomp, Malang Vieux Cissé, a de nouveau mis en avant la nécessité de mobiliser toutes les forces autour de ce projet structurant. Interrogé par la radio locale Pkumel FM, il a insisté sur l’urgence et l’importance du chantier : « Nous devons tous nous battre ensemble pour que Goudomp soit désenclavé. Tant que ce pont n’est pas réalisé, notre département restera coupé du reste du pays », a-t-il souligné.

Au-delà de la simple amélioration de la mobilité, le maire a insisté sur les perspectives économiques offertes par cette infrastructure. Selon lui, le désenclavement du département permettrait de valoriser un potentiel agricole, commercial et halieutique considérable. La région, riche en cultures diverses et en activités de pêche, voit sa croissance freinée par l’absence de franchissements adéquats. « Nous avons un réel potentiel de développement économique qui ne peut s’exprimer tant que nous restons isolés », a-t-il ajouté.

Sur le plan social, l’isolement du Balantacounda complique également l’accès aux soins. Bien que l’hôpital de niveau 3 soit implanté à Sédhiou, à seulement une vingtaine de kilomètres, sa fréquentation reste difficile pour les habitants. Les malades sont souvent contraints de se rendre à Ziguinchor, situé à environ 80 kilomètres, pour bénéficier de soins spécialisés, une situation jugée « anormale » par plusieurs acteurs locaux.

Le secteur économique souffre lui aussi du manque d’infrastructures adaptées. Les producteurs des six bananeraies du département peinent à écouler leurs récoltes en raison de la difficulté de transport vers les marchés régionaux. Les commerçants dénoncent un véritable goulot d’étranglement qui freine l’essor de l’activité agricole et compromet les revenus des exploitants.

Face à cette situation, autorités locales et populations font de 2026 une année charnière pour le pont de Témento. Sa construction est perçue non seulement comme un outil de désenclavement mais aussi comme une clé pour impulser un développement durable et améliorer la qualité de vie des habitants de Goudomp. Pour de nombreux acteurs, la réussite de ce projet symbolise la possibilité de transformer les obstacles en opportunités et de connecter durablement le département au reste du Sénégal.

Arnaque à l’emploi : le réseau Qnet démantelé à Tivaouane Peul avait déjà escroqué plus de 17 millions FCFA

Les autorités sénégalaises viennent de frapper un grand coup contre une arnaque à l’emploi qui sévissait dans la banlieue dakaroise. Le réseau Qnet, récemment démantelé à Tivaouane Peulh, avait déjà amassé la somme colossale de 17 550 000 francs CFA, extorquée à de jeunes candidats en quête d’un avenir meilleur. Selon les investigations menées par la Brigade de proximité, cette somme représentait le cœur financier de la cellule, dont les ramifications pourraient s’étendre bien au-delà de Tivaouane Peul et de Niacourab.

Pour attirer leurs victimes, les responsables de Qnet exploitaient une plateforme numérique sur laquelle étaient publiées de prétendues offres d’emploi au sein d’une entreprise fictive. Les postulants, attirés par la perspective d’un travail stable et rémunérateur, devaient s’acquitter de frais de dossier exorbitants, allant de 600 000 à 1 500 000 FCFA. Ces montants, très élevés pour des populations souvent vulnérables, constituaient le principal levier de l’escroquerie et alimentaient les coffres du réseau.

La descente de la gendarmerie, le 4 janvier dernier, a permis la mise hors d’état de nuire de huit individus identifiés comme les cerveaux du réseau. Lors de l’opération, 24 victimes ont été retrouvées sur place. Ces dernières, originaires de différents pays de la sous-région — Bénin, Congo, Gambie, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali — et deux Sénégalais, étaient encore maintenues dans le dispositif, espérant sans doute récupérer l’argent investi ou obtenir le poste promis.

Les suspects ont été placés à la disposition de la justice, mais les enquêtes se poursuivent. Les autorités cherchent notamment à déterminer l’existence de complices locaux et à identifier d’autres cellules éventuellement actives dans la région. Les forces de l’ordre mettent en garde contre ce type de réseaux, rappelant que l’accès à un emploi ne peut être conditionné par le versement de sommes d’argent, et appellent les jeunes à la vigilance face aux promesses de gains rapides et irréalistes.

Ce dossier met en lumière la vulnérabilité des jeunes face aux arnaques liées à l’emploi, un phénomène qui prend de l’ampleur dans certaines régions du Sénégal. Les enquêteurs insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les services de sécurité et la justice pour prévenir la propagation de telles escroqueries et protéger les populations les plus exposées.

Véhicules des députés : Guy Marius Sagna fustige une « défaillance grave » et appelle à la fin du train de vie parlementaire

La controverse autour de l’acquisition de 76 véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale continue de provoquer de vives réactions sur la scène politique. Cette fois, c’est au sein même de la majorité que les critiques se font entendre. Le député Guy Marius Sagna a publiquement dénoncé, ce mardi 6 janvier, ce qu’il qualifie de « défaillance » et de « manque de vigilance » du Bureau de l’Assemblée nationale dans la gestion de ce dossier sensible.

Selon le parlementaire, l’achat de ces véhicules s’est fait dans une opacité totale, sans information préalable ni consultation des députés. Il affirme que le Bureau de l’Assemblée nationale a manqué à son devoir de transparence en procédant à cette acquisition sans associer l’ensemble des élus, alors même que la situation économique du pays impose une gestion rigoureuse des ressources publiques. Pour Guy Marius Sagna, cette absence d’information constitue une faute politique et morale.

Face à ce qu’il décrit comme un « silence complice » autour de la question des véhicules, le député estime que la majorité parlementaire, notamment le groupe des vingt députés coordonnateurs du projet, doit assumer ses responsabilités. Il appelle ces derniers à rendre des comptes et à présenter des excuses non seulement aux députés, mais également au peuple sénégalais. À ses yeux, l’Assemblée nationale, en agissant de la sorte, a envoyé un « mauvais signal » à l’opinion publique, en contradiction flagrante avec le discours de sobriété prôné par les autorités.

Guy Marius Sagna replace cette polémique dans un contexte économique particulièrement tendu. Alors que le gouvernement a récemment exposé à la population la gravité de la situation financière héritée de l’ancien régime, ainsi que ce qu’il qualifie d’« actes anti-nationaux » posés sous la présidence de Macky Sall, le Parlement se devait, selon lui, d’être exemplaire. Il soutient que les députés auraient dû accompagner les efforts de redressement par une rationalisation stricte des dépenses et une réduction significative de leur train de vie.

Pour le député, cette affaire va bien au-delà de la simple question des véhicules. Elle pose le problème plus large de la cohérence entre les discours politiques et les pratiques institutionnelles. Il juge incohérent d’exiger des sacrifices aux populations tout en maintenant, voire en renforçant, certains privilèges au sommet de l’État. Cette situation risque, selon lui, d’entamer la crédibilité des institutions et d’alimenter la défiance citoyenne.

En guise de conclusion, Guy Marius Sagna a appelé ses collègues députés à une vigilance accrue. Il les exhorte à « surveiller l’Assemblée nationale » et à veiller à ce que de telles décisions ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour lui, cette affaire doit servir de leçon et marquer un tournant vers une gouvernance parlementaire plus responsable, plus transparente et en phase avec les réalités économiques du pays.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

Accident à Louga : un mort et 45 blessés après le renversement d’un bus à Kelle Guèye

Un grave accident de la circulation s’est produit ce lundi 5 janvier 2026, dans l’après-midi, au niveau du village de Kelle Guèye, situé dans le département de Louga, au nord du Sénégal. Un bus de transport en commun s’est renversé pour des raisons qui restent encore à déterminer, provoquant un lourd bilan humain.

Selon les informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le drame a coûté la vie à une personne, tandis que 45 autres passagers ont été blessés, dont 14 grièvement. La violence du choc a semé la panique parmi les occupants du véhicule et les populations riveraines, accourues pour porter secours aux victimes avant l’arrivée des services de secours.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers se sont déployés sur les lieux pour procéder aux opérations de sauvetage et d’évacuation. Les blessés ont été acheminés en urgence vers l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga, où une prise en charge médicale a été assurée. Les cas les plus graves ont fait l’objet d’une attention particulière de la part du personnel soignant.

La gendarmerie nationale s’est également rendue sur place pour sécuriser la zone et ouvrir une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident. Les premières constatations devraient permettre d’établir si un excès de vitesse, un problème mécanique ou l’état de la chaussée est à l’origine du renversement du bus.

Cet accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière au Sénégal, notamment sur les axes secondaires souvent empruntés par les transports en commun. Chaque année, de nombreux accidents impliquant des bus et des cars rapides sont enregistrés, avec des conséquences humaines parfois dramatiques.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

Démantèlement d’un réseau de pornographie « Made in Senegal » : les dessous d’une filière clandestine mise à nu à Keur Massar

Derrière l’écran, une industrie souterraine prospérait dans une discrétion quasi totale. Une filière de production et de diffusion de films pornographiques dits « locaux », opérant sous l’appellation sulfureuse de « Made in Senegal », vient d’être démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar à l’issue d’une enquête de longue haleine marquée par une stratégie d’infiltration.

Selon les révélations du quotidien Libération, six personnes ont été arrêtées puis déférées hier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figurent Modou Seck, qui se présentait comme commerçant et apparaît comme le recruteur et l’acteur central du réseau, Ibrahima Diop, 30 ans, monteur-photographe se disant basketteur, Mariama Ka, 36 ans, commerçante domiciliée à Thiaroye, la Nigériane Onugbu Lobth, 29 ans, résidant à Yoff, la Congolaise Aissatou Cissokho, 26 ans, demeurant à Ouakam, ainsi qu’un autre mis en cause interpellé dans le cadre de l’enquête.

Les suspects sont poursuivis pour des faits lourds, notamment association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que pour défaut de carnet sanitaire, précise Libération. L’ampleur des chefs d’accusation reflète la structuration et la longévité d’un réseau qui s’était professionnalisé au fil du temps.

Les investigations ont révélé que Modou Seck entretenait des liens étroits avec deux administrateurs de sites pornographiques opérant sous pseudonymes et basés en Europe. Ces derniers géraient notamment les plateformes Nandité.com et Nexna.com, déjà connues des services de sécurité. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) avait, en effet, procédé à des arrestations dans un dossier connexe visant ces mêmes sites, désormais au cœur de cette nouvelle affaire.

Toujours selon Libération, la rencontre entre Modou Seck et les administrateurs étrangers aurait été facilitée par Mariama Ka, identifiée comme prostituée. Le fonctionnement du réseau reposait sur une organisation bien huilée : les administrateurs européens finançaient intégralement les productions, tandis que Modou Seck se chargeait du recrutement des acteurs et actrices, majoritairement issus du milieu de la prostitution. Les tournages et le montage des vidéos étaient assurés par Ibrahima Diop, dans des appartements meublés loués spécialement pour les besoins des enregistrements.

Les communications, tout comme le recrutement, se faisaient essentiellement via le réseau social Instagram. Une certaine « Chacha » y jouait un rôle clé, approchant des « débutantes » et des « débutants » attirés par la promesse de rémunérations en contrepartie de leur participation à des films pornographiques. Cette stratégie permettait d’élargir continuellement le vivier d’acteurs tout en maintenant une certaine opacité.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement signalant la diffusion de vidéos intimes mettant en scène des Sénégalais sur des plateformes pornographiques en ligne. Face à la sensibilité du dossier, les gendarmes ont opté pour une infiltration. Une femme gendarme s’est fait passer pour une actrice potentielle, une manœuvre qui a permis, dans un premier temps, l’interpellation de Modou Seck.

L’exploitation de son téléphone portable s’est révélée particulièrement accablante. Les enquêteurs y ont découvert pas moins de 152 vidéos pornographiques « locales ». L’analyse de ces contenus a montré que la majorité des acteurs et actrices étaient de nationalité sénégalaise, mais aussi congolaise et nigériane. Certaines séquences mettaient en scène des relations multiples, parfois avec des actrices cagoulées, tandis que des hommes, dont Modou Seck lui-même, apparaissaient à visage découvert.

Confronté aux preuves, Modou Seck a reconnu avoir engrangé des dizaines de millions de francs CFA grâce à ses activités d’acteur et de recruteur. Sa collaboration avec les enquêteurs a permis l’interpellation progressive des autres membres du réseau et la conduite de perquisitions jugées fructueuses.

Au domicile d’Ibrahima Diop, les gendarmes ont saisi du matériel de tournage, des accessoires visibles dans certaines vidéos, ainsi que des préservatifs et divers produits utilisés lors des séances. Libération souligne enfin que plusieurs acteurs, actrices et recruteurs, formellement identifiés, sont toujours activement recherchés. L’enquête, loin d’être close, pourrait ainsi connaître de nouveaux rebondissements dans les jours à venir.

Mbirkilane – Agriculture : quand un opérateur privé rétablit la confiance entre producteurs et marché

À Mbirkilane, dans un secteur agricole fragilisé par les aléas climatiques et les difficultés de commercialisation, l’action de l’opérateur économique Mor Ka illustre une dynamique rare : celle d’un acteur privé qui contribue à restaurer la confiance entre les producteurs et les circuits de vente.

Dans une filière souvent marquée par l’instabilité des prix et les retards de paiement, Mor Ka se distingue par une pratique rigoureuse fondée sur le respect des prix officiels et la transparence des transactions. Une approche qui tranche avec certaines habitudes décriées par les paysans et qui participe à la sécurisation de leurs revenus en pleine campagne agricole.

Au-delà de l’achat des productions, notamment de l’arachide, l’opérateur s’inscrit dans une logique d’accompagnement de proximité. Présent dans les zones de collecte, il facilite l’écoulement des récoltes et réduit la pression logistique qui pèse habituellement sur les producteurs, souvent confrontés à l’enclavement et au manque de débouchés fiables.

Pour de nombreux paysans du département, cette relation fondée sur la ponctualité des paiements et le respect de la parole donnée constitue un facteur de stabilité. Elle favorise non seulement la continuité de la production, mais aussi une meilleure projection économique des exploitations familiales.

À travers cette expérience, l’exemple de Mor Ka met en lumière le rôle stratégique que peuvent jouer les opérateurs économiques locaux dans la structuration des filières agricoles. Une contribution qui dépasse le simple cadre commercial pour s’inscrire dans une perspective de développement rural durable et de consolidation de l’économie territoriale.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Hypothèque frauduleuse d’un immeuble aux Almadies : Anta Babacar Ngom rétablie dans ses droits par la justice

Dakar, le 05 janvier 2026

Après plusieurs années de combat judiciaire, Madame Anta Babacar Ngom Diack a été rétablie dans ses droits par la justice sénégalaise concernant l’affaire de l’hypothèque frauduleuse de son immeuble situé aux Almadies. Cette décision marque la fin d’une tentative de spoliation immobilière concernant un bien estimé à près de 4 milliards de francs CFA.

L’affaire concerne un immeuble de R+5 en bordure de mer, qui avait été illégalement hypothéqué sur la base de faux documents dans le but d’obtenir un prêt bancaire auprès d’Orabank. Selon l’accusation, les mis en cause — Momar Samb, Tamsir Ndiaye, Tahir Hann, et Ndèye Penda Dieng — ont utilisé une fausse procuration et de faux états financiers pour orchestrer cette opération frauduleuse, présentant le bâtiment comme un simple immeuble nu.

Présente à l’audience devant la Cour d’appel de Dakar, Anta Babacar Ngom, actuelle députée à la 15ᵉ législature et cheffe d’entreprise à la tête de Sedima, a fermement nié avoir vendu son immeuble ou donné procuration à qui que ce soit. Elle a également déclaré ne jamais avoir connu les individus mis en cause, qualifiant ces faits de tentative manifeste de spoliation.

Les événements remontent à 2021 et avaient conduit, en première instance, à de lourdes condamnations pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. Malgré les dénégations des prévenus en appel, le Parquet avait requis la confirmation des peines prononcées, considérant que les charges étaient suffisamment établies.

Suite à cette longue procédure, la justice a reconnu les droits légitimes de la propriétaire, annulant les effets de l’hypothèque frauduleuse et rétablissant Anta Babacar Ngom dans la pleine jouissance de son bien.

« Je suis soulagée et satisfaite. Cette décision honore l’institution judiciaire et envoie un signal fort contre les pratiques de faux et de spoliation foncière. La vérité a fini par triompher. Je fais confiance à la justice de mon pays et je suis heureuse qu’elle ait permis de rétablir mes droits », a confié Anta Babacar Ngom à l’issue de l’audience.

Cette affaire emblématique met en lumière les enjeux cruciaux liés à la sécurisation du foncier et à la lutte contre la fraude documentaire, dans un contexte où les tentatives de spoliation immobilière demeurent une préoccupation majeure au Sénégal.

Contact Presse : Iyane Demba TINE 77 406 36 36

Dakar : le préfet annonce une application stricte de l’interdiction des charrettes et pousse-pousse dans la zone du BRT dès le 8 janvier

Le Préfet du Département de Dakar, Chérif Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye, a annoncé le renforcement de l’application de l’interdiction des véhicules à bras et à traction animale dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT), à compter du jeudi 8 janvier 2026. Cette mesure vise à mettre fin aux nombreuses violations constatées malgré l’existence d’un cadre réglementaire clair.

Selon un communiqué parvenu à la rédaction, cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui avait institué un nouveau plan de circulation dans le département de Dakar. Ce texte interdisait formellement la circulation des pousse-pousse et des charrettes dans les zones concernées par le tracé et l’exploitation du BRT, infrastructure majeure destinée à améliorer la mobilité urbaine et à fluidifier le trafic dans la capitale.

Cependant, la Préfecture constate avec regret que cette réglementation continue d’être largement ignorée par certains usagers. Malgré les rappels et les mesures de sensibilisation, des véhicules à bras et à traction animale persistent à circuler dans la zone interdite. Une situation jugée préoccupante par l’autorité administrative, qui estime qu’elle engendre de sérieuses perturbations du trafic routier, contribuant à l’encombrement de la voie publique et à la dégradation des conditions de circulation.

Le communiqué souligne également que ces véhicules sont souvent stationnés sur des espaces réservés aux piétons, notamment les trottoirs et les zones de passage. Ce comportement compromet gravement la sécurité des piétons et entrave la libre circulation des personnes, en particulier des usagers les plus vulnérables. Pour les autorités, ces pratiques vont à l’encontre des objectifs du nouveau plan de circulation et nuisent à l’efficacité du BRT.

Face à ce constat, le préfet de Dakar a décidé de durcir le dispositif de contrôle. À partir du 8 janvier 2026, tout véhicule à bras ou à traction animale circulant ou stationnant dans la zone d’influence du BRT sera systématiquement immobilisé et mis en fourrière. Les personnes en infraction s’exposeront en outre à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Par cette décision, la Préfecture de Dakar entend rétablir l’ordre dans l’espace public, garantir la sécurité des usagers de la route et des piétons, et assurer le bon fonctionnement du BRT, considéré comme un pilier essentiel de la politique de transport urbain dans la capitale sénégalaise.

À Kaolack, l’État promet un meilleur encadrement du marché de l’arachide

En visite ce lundi à Kaolack, au cœur du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle de la commercialisation de l’arachide, une filière longtemps fragilisée par des dysfonctionnements structurels et des pratiques spéculatives.

Face aux producteurs, le chef du gouvernement a tenu un discours de rupture, dénonçant sans détour des comportements qu’il juge préjudiciables aux paysans. « Nous ne pouvons pas accepter que certains achètent l’arachide à 250 francs le kilo pour la revendre à la Sonacos à 305 francs », a-t-il martelé, qualifiant ces pratiques de « malhonnêteté ».

Dans cette dynamique de régulation, Ousmane Sonko a annoncé une mesure forte : l’augmentation de la capacité d’achat de la Sonacos, qui passera de 250 000 à 450 000 tonnes d’arachides. Selon lui, cette décision vise à sécuriser l’écoulement des récoltes et à réduire la dépendance des producteurs vis-à-vis des intermédiaires.

Malgré un contexte budgétaire contraignant, hérité des exercices précédents, le Premier ministre a assuré que l’État mobilisera entre 50 et 75 milliards de francs CFA supplémentaires pour soutenir la Sonacos. Un signal fort envoyé au monde rural, souvent confronté à l’instabilité et à l’incertitude des marchés.

Reconnaissant des « défaillances dans les services de l’État », Ousmane Sonko a expliqué sa présence sur le terrain par une volonté d’écoute et de co-construction de solutions avec les acteurs de la filière. Des programmes concertés avec les producteurs sont ainsi annoncés, dans l’objectif d’assainir durablement la commercialisation de l’arachide.

Au-delà des chiffres, cette visite marque une inflexion dans la gestion de la filière arachidière, avec un État qui entend désormais jouer pleinement son rôle de régulateur, protéger les producteurs et mettre fin aux pratiques spéculatives qui minent le secteur.

Spoliation foncière à Notto-Diobass : le village de Kissane en colère contre le maire

La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».

Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.

Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.

Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.

Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.

Zone BRT : le préfet de Dakar décrète la « tolérance zéro » contre les charrettes et pousse-pousse

Les autorités administratives de Dakar durcissent le ton dans la zone d’influence du Bus Rapid Transit (BRT). Le préfet du département de Dakar a annoncé, ce lundi 5 janvier 2026, une intensification des mesures de restriction de la circulation visant les véhicules à traction animale et à bras. À partir du jeudi 8 janvier prochain, une politique de « tolérance zéro » sera strictement appliquée contre les charrettes et les pousse-pousse circulant ou stationnant dans le périmètre du BRT.

Dans un communiqué officiel, l’autorité préfectorale a tenu à rappeler les dispositions de l’arrêté n°274/P/D/DK du 26 juillet 2024, qui interdit formellement l’accès de la zone BRT à ces moyens de transport non motorisés. Cette sortie du préfet intervient dans un contexte marqué par la persistance de charrettes et de pousse-pousse sur les axes concernés, en dépit de la réglementation déjà en vigueur.

Selon le préfet de Dakar, la présence continue de ces véhicules constitue une source majeure de perturbations du trafic routier. Elle contribue, souligne-t-il, à un encombrement important de la voie publique, compromettant ainsi les efforts consentis par l’État pour garantir la fluidité et la régularité de la circulation, notamment sur les corridors stratégiques du BRT, conçus pour améliorer la mobilité urbaine dans la capitale.

Le communiqué met également en cause le stationnement anarchique observé sur les trottoirs et dans les espaces réservés aux piétons. Une situation jugée particulièrement préoccupante, car elle porte atteinte à la sécurité des usagers, notamment des personnes vulnérables, tout en entravant la circulation piétonnière dans plusieurs zones très fréquentées de Dakar.

Face à ces constats, les autorités annoncent des mesures coercitives fermes. À compter du jeudi 8 janvier 2026, les forces de sécurité procéderont à l’immobilisation systématique de tout véhicule à bras ou à traction animale surpris en circulation ou en stationnement dans la zone BRT. Le matériel saisi sera immédiatement mis en fourrière, et des poursuites judiciaires seront engagées contre les contrevenants, conformément aux dispositions légales en vigueur.

À travers cette décision, le préfet de Dakar entend instaurer un cadre de circulation plus fluide, plus sûr et conforme aux ambitions du projet BRT, présenté comme l’un des piliers de la modernisation du transport urbain dans la capitale. Il appelle enfin l’ensemble des acteurs concernés, notamment les conducteurs de charrettes et de pousse-pousse, à se conformer strictement aux directives administratives afin d’éviter les sanctions annoncées et de contribuer à l’amélioration durable de la mobilité urbaine à Dakar.

Enseignement supérieur : le SUDES-ESR/RISEP entre espoir et vigilance face aux nouveaux chantiers de l’État

L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.

Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.

En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.

Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.

Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.

« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.

Fass Boye : une pirogue transportant des candidats à la migration partie le 5 décembre reste introuvable

L’angoisse ne faiblit pas à Fass Boye, village de pêcheurs situé dans le département de Tivaouane. Depuis plus d’un mois, les habitants vivent dans une attente douloureuse après la disparition d’une pirogue transportant plusieurs jeunes candidats à la migration irrégulière. L’embarcation, partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, n’a depuis donné aucun signe de vie.

Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la pirogue transportait majoritairement des ressortissants de Fass Boye, mais également des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss, notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye. Tous avaient pris la mer avec l’espoir de rejoindre l’Espagne, via l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

Depuis cette date, aucune communication n’a été établie avec les passagers, et aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre et, jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie un habitant du village, joint par l’APS. Une absence de contact prolongée qui renforce les craintes des familles, conscientes des nombreux drames qui jalonnent la route de l’Atlantique.

Parmi les familles les plus durement éprouvées figure celle d’Aminata Boye. Cette mère de famille a vu embarquer cinq de ses enfants à bord de la pirogue disparue, dont trois garçons et deux filles. Depuis, elle vit dans une détresse silencieuse, suspendue à l’espoir d’un signe, aussi infime soit-il. Comme elle, de nombreuses mères et proches oscillent entre espoir et résignation, face à l’incertitude totale qui entoure le sort des migrants.

À Fass Boye, le quotidien est désormais rythmé par l’attente et la prière. Les autorités religieuses et coutumières du village ont organisé plusieurs séances de prières collectives, implorant la protection divine pour les disparus et le réconfort des familles. La solidarité communautaire s’est également renforcée, les habitants se rendant régulièrement auprès des familles endeuillées par l’angoisse, pour leur apporter un soutien moral et matériel.

Cette disparition remet une fois de plus en lumière les dangers de la migration irrégulière par voie maritime, un phénomène qui continue de frapper durement les communautés côtières du Sénégal. À Fass Boye, village déjà marqué par d’autres départs tragiques par le passé, l’espoir demeure fragile mais tenace, dans l’attente d’une information officielle ou d’un miracle qui viendrait rompre ce long silence.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

Détournement de fonds à la Chambre de Commerce de Ziguinchor : vers l’ouverture d’une information judiciaire

La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Ziguinchor (CCIAZ) est secouée par une grave crise institutionnelle et financière, après la publication des conclusions d’un audit commandité par les autorités de tutelle. Selon les résultats de cette mission d’inspection, des « détournements particulièrement graves » auraient été mis en évidence dans la gestion de l’institution consulaire, mettant en cause les pratiques financières de ses dirigeants.

Face à l’ampleur des irrégularités relevées, le ministère de l’Industrie et du Commerce a décidé de passer à l’étape judiciaire. Il a annoncé l’ouverture imminente d’une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits dénoncés. Cette procédure permettra notamment à l’Agence Judiciaire de l’État (AJE) de se constituer partie civile et d’engager les actions nécessaires en vue de la récupération des montants présumés détournés, mais aussi d’identifier les responsabilités pénales éventuelles.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire marque un tournant majeur pour la CCIAZ. Selon le quotidien Libération, le ministre Serigne Guèye Diop a acté la fin du cycle actuel de gouvernance de la Chambre de commerce de Ziguinchor. Dans cette perspective, il a annoncé l’organisation prochaine d’élections destinées à renouveler l’ensemble des instances dirigeantes de l’institution. L’objectif affiché est de restaurer la légitimité, la crédibilité et la confiance des opérateurs économiques de la région Sud, durement ébranlées par ce scandale financier.

Cette crise locale s’inscrit également dans une réflexion plus large sur la gouvernance des chambres consulaires à l’échelle nationale. Le ministre de l’Industrie et du Commerce travaille actuellement à une réforme en profondeur du cadre juridique régissant l’ensemble des Chambes de commerce du Sénégal. Le projet de loi en préparation vise notamment à renforcer l’autonomie de ces institutions face aux influences politiques ou extérieures, souvent accusées de peser sur leur fonctionnement.

La réforme prévoit également de mettre fin à la concentration excessive du pouvoir entre les mains des présidents de chambre, en instaurant une gestion plus collégiale et mieux encadrée. Il s’agira aussi de définir de manière plus précise les droits, les obligations et les limites des dirigeants consulaires, afin de prévenir les dérives de gestion. Enfin, le texte devrait introduire des mécanismes clairs et systématiques de destitution en cas de faute de gestion avérée ou de manquement grave aux règles de gouvernance.

L’affaire de la Chambre de commerce de Ziguinchor apparaît ainsi comme un révélateur des dysfonctionnements structurels qui minent certaines institutions consulaires. Elle pourrait surtout servir de catalyseur à une réforme longtemps attendue, dans un contexte national marqué par une exigence accrue de transparence, de bonne gouvernance et de reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques et parapubliques.

Kahone : quand les populations s’approprient le développement communal

À Kahone, le développement local ne se décrète plus uniquement depuis les bureaux municipaux. En décembre 2025, il s’est surtout vécu dans les rues, les quartiers et les places publiques, à travers une forte mobilisation citoyenne portée par le programme « En route vers les 31 décembre à Kahone ».

Pendant plusieurs semaines, la commune a vibré au rythme d’initiatives plaçant les habitants au cœur de l’action publique. Des opérations de nettoyage aux animations culturelles, en passant par les activités économiques et sociales, les populations ont répondu massivement à l’appel, donnant corps à une dynamique participative rarement observée à cette échelle locale.

Dès les premiers jours du mois, les opérations de Set Sétal ont transformé le paysage urbain. Balais à la main, jeunes et femmes se sont investis dans l’assainissement des quartiers, faisant du civisme une affaire collective. Pour beaucoup de participants, ces journées ont permis de retisser les liens de voisinage et de raviver le sentiment d’appartenance à la commune.

Cette mobilisation s’est poursuivie sur le terrain économique avec la tenue de la première foire commerciale de Kahone. Commerçants, artisans et entrepreneurs locaux y ont trouvé une tribune pour exposer leurs produits et rencontrer une clientèle élargie. Au-delà des stands, l’événement a symbolisé l’émergence d’une économie de proximité soutenue par la collectivité locale.

La dimension sociale n’a pas été en reste. À l’approche de la fin d’année, la municipalité, avec l’appui de bonnes volontés, a multiplié les gestes de solidarité en faveur des enfants et des personnes vulnérables. Une manière, selon plusieurs habitants, de rappeler que la fête peut aussi rimer avec partage et attention portée aux plus démunis.

Clôturé par un concert populaire rassemblant des milliers de personnes, le programme du mois de décembre aura surtout laissé l’image d’une commune où les citoyens ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière de la vie locale. À Kahone, cette expérience semble ouvrir la voie à une nouvelle manière de penser la gouvernance locale, fondée sur l’implication directe des populations dans la construction de leur avenir collectif.

Naufrage meurtrier au large de la Gambie : le pays endeuillé après la tragédie de migrants en mer

La Gambie est plongée dans le deuil après le naufrage dramatique d’une embarcation transportant des personnes migrantes au large de ses côtes, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Le président gambien, Adama Barrow, a exprimé vendredi sa profonde consternation face à ce drame humain qui a déjà coûté la vie à au moins sept personnes, tandis que de nombreux passagers sont toujours portés disparus.

Dans une déclaration télévisée diffusée par la présidence, le chef de l’État a fait part de sa « profonde inquiétude » après le chavirement d’un bateau qui transportait, selon les premières estimations, plus de 200 candidats présumés à l’exil. Le naufrage est survenu au large de la région de North Bank, dans le nord-ouest du pays, une zone de plus en plus empruntée par les pirogues de migration clandestine à destination de l’Europe.

Alertées par un appel de détresse, les autorités maritimes gambiennes ont lancé une opération de recherche et de sauvetage aux alentours de 01h00 du matin jeudi. Plusieurs embarcations de la marine nationale ont été mobilisées pour tenter de porter secours aux passagers. Le bateau en détresse a finalement été retrouvé échoué sur un banc de sable, laissant craindre le pire quant au sort de nombreuses personnes à son bord.

Selon le président Barrow, 102 personnes ont pu être secourues jusqu’à présent. Beaucoup d’entre elles reçoivent encore des soins d’urgence dans les structures sanitaires du pays. « Malheureusement, seuls sept corps ont été repêchés pour l’instant, mais les opérations de secours se poursuivent afin de tenter de localiser ceux qui manquent toujours à l’appel », a-t-il précisé, soulignant que le gouvernement s’emploie à apporter une assistance médicale, psychologique et humanitaire aux survivants.

Visiblement ému, le président gambien a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. « Au nom du gouvernement et du peuple de Gambie, je présente mes sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux touchés par cette déchirante tragédie », a-t-il déclaré, avant d’adresser un message de solidarité aux proches des disparus. « Je veux dire à chaque parent et proche qui attend avec anxiété de nouvelles informations que vous n’êtes pas seuls. La nation est en deuil avec vous », a-t-il ajouté, saluant au passage l’engagement de toutes les entités ayant pris part aux opérations de sauvetage.

Le chef de l’État a également indiqué que des informations plus précises sur l’identité et les nationalités des victimes seront communiquées dès que possible. Certaines des personnes à bord ne seraient pas de nationalité gambienne. Une enquête gouvernementale a par ailleurs été annoncée afin de faire la lumière sur les circonstances exactes du naufrage et d’identifier d’éventuelles responsabilités.

Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de migration irrégulière en Afrique de l’Ouest. Depuis des années, des milliers de jeunes originaires de la région tentent de rejoindre l’Europe par la dangereuse route de l’Atlantique, principalement en direction de l’archipel espagnol des Canaries. À bord d’embarcations souvent surchargées et vétustes, ces migrants affrontent des conditions de navigation extrêmement périlleuses, au péril de leur vie.

La fermeture accrue des frontières européennes et la restriction drastique de la délivrance des visas poussent de nombreux candidats à l’exil à emprunter des voies clandestines. Ces dernières années, des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Europe. Le renforcement récent des contrôles maritimes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a déplacé les points de départ des pirogues vers le sud, notamment depuis les côtes de la Gambie et de la Guinée-Conakry. Cette évolution allonge considérablement les trajets en mer et en accroît les dangers.

Dans sa déclaration, le président Barrow a insisté sur la portée symbolique et tragique de ce nouveau naufrage. « C’est un rappel douloureux de la nature dangereuse et mortelle de la migration irrégulière. Assurément, aucun rêve, voyage ou promesse ne valent la perte de vies humaines en mer », a-t-il affirmé, appelant implicitement à une prise de conscience collective.

Quelques jours auparavant, le 26 décembre, le gouvernement gambien avait déjà exprimé ses inquiétudes à la suite d’informations faisant état de la disparition d’une autre pirogue partie des côtes nord du pays le 17 novembre. Cette embarcation transportait, selon plusieurs médias locaux, plus d’une centaine de personnes, majoritairement des ressortissants gambiens, qui tentaient eux aussi de rejoindre l’Europe.

À Kaolack, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse fustige la crise des valeurs sociales

La commune de Kaolack, précisément le quartier de Dialègne Niassène, a vécu ce vendredi 2 janvier 2026 un moment de grande ferveur spirituelle à l’occasion de la ziarra annuelle dédiée à Mame Cheikhou Oumar Niasse, figure emblématique de la famille Niassène. Né vers 1889 à Daga Malick, en République de Gambie, fils de El Hadji Abdoulaye Niasse, il fut le deuxième khalif de ce dernier de 1959 à 1966.

La cérémonie officielle, marquée par le recueillement et la dévotion, a réuni autorités religieuses, dignitaires confrériques, disciples et fidèles venus de plusieurs régions du Sénégal et de la sous-région. Au-delà de l’hommage rendu à cet illustre guide religieux, l’événement a également été ponctué de prises de position fortes sur des questions sociales, économiques et morales.

Prenant la parole au nom de la famille religieuse, le porte-parole Sérigne Abdou Samha Niasse a dénoncé ce qu’il qualifie de manquements répétés de la mairie de Kaolack à ses engagements envers le foyer religieux de Dialègne Niassène. Selon lui, plusieurs promesses relatives à l’accompagnement des activités religieuses, à l’aménagement des lieux de rassemblement et à l’amélioration des infrastructures autour du site de la ziarra n’ont toujours pas été respectées. Une situation jugée incompréhensible, au regard du rôle spirituel et social que joue la famille Niassène dans la commune.

Intervenant à son tour, le Khalif de Mame Cheikhou Oumar Niasse, El Hadji Papa Omar Niasse, a exprimé de vives inquiétudes concernant la campagne arachidière 2025-2026. Il a déploré l’absence de fixation officielle du prix de l’arachide, principale culture de rente du bassin arachidier, une incertitude qui, selon lui, plonge les producteurs dans une profonde inquiétude.

« Les paysans ont déjà consenti d’énormes sacrifices, mais ils ne savent toujours pas à quel prix leur récolte sera achetée », a-t-il regretté, estimant que cette situation risque d’aggraver la précarité des familles rurales et de transformer la campagne en une période de soudure prolongée.

Le guide religieux a interpellé les autorités étatiques ainsi que les acteurs de la filière arachidière, les appelant à des mesures urgentes pour soulager le monde rural. « Quand le monde rural souffre, c’est tout le pays qui en ressent les conséquences », a-t-il rappelé, soulignant la dimension sociale et nationale de cette crise.

Sur le plan moral, le Khalif a également dénoncé la perte de repères sociaux et éthiques chez une frange de la jeunesse, ainsi que le non-respect de la parole donnée par certains gouvernants. Selon lui, les promesses non tenues nourrissent la désillusion et la perte de confiance des populations. Il a, en outre, mis en garde contre la destruction de l’image d’autrui à travers des accusations gratuites et des campagnes de dénigrement, qu’il considère comme une menace grave pour la cohésion sociale.

Enfin, El Hadji Papa Omar Niasse a insisté sur l’importance d’un retour à la Sunna du Prophète Mouhammed (PSL), présentée comme un modèle intemporel de paix, de respect et de vivre-ensemble. Il a exhorté la jeunesse à s’attacher davantage à l’éducation religieuse, à la pratique de la prière et aux valeurs morales de l’islam, convaincu que ces repères constituent un rempart contre les dérives et une source de stabilité pour la société.

L’EXODE DES COMPÉTENCES SÉNÉGALAISES : SYMPTÔME D’UNE CRISE D’ATTRACTIVITÉ NATIONALE.

Le récent communiqué du Ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, adressé aux recteurs d’universités et daté du 31 décembre 2025, interpelle à plus d’un titre. Il y est question du recrutement d’une cinquantaine d’enseignants-chercheurs sénégalais par un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Le ton du document laisse transparaître une préoccupation légitime quant au respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur dans les universités publiques sénégalaises.

Cependant, au-delà de la dimension administrative et juridique de cette situation, se pose une question fondamentale que nous ne pouvons plus éluder : pourquoi le Sénégal perd-il ses compétences ?

Un phénomène qui dépasse le cadre universitaire

L’affaire des enseignants-chercheurs n’est pas un cas isolé. Elle constitue plutôt la partie visible d’un iceberg bien plus imposant : la migration massive des compétences sénégalaises vers la sous-région ouest-africaine, le continent et même l’Occident.

Aujourd’hui, dans les aéroports de la sous-région, dans les couloirs des institutions régionales, dans les sièges des entreprises multinationales installées en Afrique de l’Ouest, il est aisé de constater la présence croissante d’experts, de cadres, de professionnels de santé, de spécialistes du développement, d’artistes et même de personnalités publiques sénégalaises qui ont choisi d’exercer leurs talents ailleurs qu’au pays de la Teranga.

Des secteurs entiers sont concernés : la santé, où médecins et infirmiers qualifiés partent vers des horizons plus attractifs ; le monde des affaires, où entrepreneurs et managers trouvent des écosystèmes plus favorables ; l’enseignement supérieur et la recherche, comme le démontre le présent cas ; le développement durable et agricole, où l’expertise sénégalaise s’exporte massivement ; sans oublier les médias, les arts et la culture, où des figures de renommée nationale choisissent désormais d’autres destinations.

Du Sénégal, terre d’accueil, au Sénégal, terre d’exil

Cette situation interroge d’autant plus qu’elle représente un renversement historique. Le Sénégal a longtemps incarné, dans l’imaginaire collectif ouest-africain, l’Eldorado régional, le phare intellectuel, la terre d’opportunités et d’excellence. Dakar était ce mégaphone culturel et académique, ce carrefour où se croisaient les ambitions, les talents et les innovations. Le pays attirait les compétences de toute la sous-région.

Aujourd’hui, ce sont les propres fils et filles du Sénégal qui prennent le chemin inverse, rejoints parfois par des ressortissants d’autres nationalités qui, eux aussi, ne voient plus dans le Sénégal cette destination privilégiée d’antan.

Que s’est-il passé ?

Éviter la stigmatisation, privilégier l’analyse.

Face à cette situation, certaines voix se sont élevées pour réclamer des sanctions contre les enseignants-chercheurs concernés. J’ai personnellement entendu un ancien recteur d’université défendre cette position. Avec tout le respect que je lui dois, je pense qu’il parle avec le cœur, dans l’émotion du moment.

Or, dans une situation aussi complexe et structurelle, on ne peut se permettre de parler uniquement avec le cœur . Il faut prendre du recul, analyser, comprendre et raisonner avec lucidité.

Ces enseignants-chercheurs, ces médecins, ces experts, ces entrepreneurs ne sont pas des traîtres à sanctionner. Ils sont des symptômes d’un dysfonctionnement systémique. Ils sont des professionnels en quête de conditions de travail décentes, de reconnaissance de leurs compétences, de rémunérations dignes de leurs qualifications, d’environnements stimulants pour l’exercice de leur métier.

La question n’est donc pas : “Comment punir ceux qui partent ?” mais plutôt : “Pourquoi le Sénégal n’attire plus ?”

Des signaux qui ne trompent pas

Pendant que le débat public sénégalais se consume dans des joutes politiciennes, des discours souverainistes parfois déconnectés des réalités économiques concrètes, et des polémiques stériles, d’autres pays de la sous-région progressent, réforment, innovent et attirent.

Récemment, la République de Guinée a été classée par l’agence de notation Standard & Poor’s comme la deuxième économie de l’Afrique francophone**. Cette performance, aussi inédite soit-elle, n’a pas suscité l’attention qu’elle mérite dans les analyses stratégiques sénégalaises. Elle témoigne pourtant d’une dynamique réelle : celle de pays qui, malgré leurs défis, créent progressivement des conditions favorables à l’investissement, à l’entrepreneuriat et à l’épanouissement des compétences.

Le Sénégal, pendant ce temps, semble enlisé dans une forme d’autosatisfaction rhétorique qui contraste avec les départs quotidiens de ses meilleurs cadres.

Mon témoignage : un parcours emblématique.

Je m’exprime aujourd’hui non seulement en tant qu’observateur, mais aussi en tant qu’acteur de cette migration des compétences. Né au Sénégal, en Casamance, j’ai grandi en Côte d’Ivoire où j’ai effectué mes études secondaires. Mon parcours professionnel m’a conduit à travailler successivement dans le secteur bancaire, dans des institutions étatiques, au Ministère du Commerce, puis comme Directeur Général de structures de développement au Sénégal

Aujourd’hui, c’est la sous-région qui valorise mon expérience et mes compétences . Je ne suis ni le premier ni le dernier à emprunter ce chemin. Des milliers de Sénégalais qualifiés vivent la même réalité : une expertise formée au Sénégal, parfois aux frais de l’État sénégalais, mais mise au service d’autres nations qui ont su créer les conditions de son expression.

Recommandations pour inverser la tendance

Il est encore temps d’inverser cette dynamique préoccupante, mais cela exige une transformation profonde et sincère. Voici quelques pistes concrètes :

  1. Réformer les conditions de travail et de rémunération dans la fonction publique

Les grilles salariales des enseignants-chercheurs, des médecins, des cadres de l’administration doivent être revues à la hausse et alignées sur les standards régionaux compétitifs. Un professeur d’université ou un médecin spécialiste ne devrait pas gagner trois à quatre fois moins au Sénégal que dans un pays voisin.

  1. Créer un environnement propice à l’excellence académique et scientifique.

Les universités sénégalaises doivent bénéficier d’investissements massifs : laboratoires modernes, bibliothèques numériques, budgets de recherche conséquents, infrastructures dignes. Comment demander à un chercheur de rester quand il manque de moyens pour mener ses travaux ?

  1. Valoriser et reconnaître les compétences nationales

Il faut mettre fin à la culture du mépris des expertises locales. Trop souvent, le Sénégal recrute des consultants internationaux à prix d’or pour des missions que des experts sénégalais pourraient accomplir avec autant, sinon plus, d’efficacité.

  1. Stabiliser l’environnement politique et économique.

Les investisseurs, comme les talents, fuient l’incertitude. Le climat politique doit être apaisé, les règles du jeu économique clarifiées et stabilisées, la justice rendue de manière équitable et prévisible.

  1. Créer un cadre incitatif pour le retour des compétences de la diaspora.

Plutôt que de sanctionner ceux qui partent, pourquoi ne pas créer des programmes attractifs pour favoriser leur retour ? Exonérations fiscales temporaires, facilités d’installation, postes à responsabilité, projets structurants : les leviers existent.

  1. Engager un dialogue national sur la fuite des cerveaux.

Cette question ne peut être traitée par décrets ministériels ou circulaires administratives. Elle mérite un véritable débat national associant universitaires, syndicats, secteur privé, diaspora et pouvoirs publics.

Conclusion : un appel à la lucidité et à l’action

Le communiqué du Ministre de l’Enseignement supérieur exprime une préoccupation légitime. Mais la solution ne réside pas dans le rappel à l’ordre des partants, elle réside dans la transformation profonde du système qui les pousse à partir.

Le Sénégal dispose d’un capital humain exceptionnel, formé dans des institutions de qualité, pétri de valeurs de travail et d’excellence. Mais ce capital s’évapore, se dilue, s’exile. Ce n’est pas une fatalité, c’est un choix politique.

Nous pouvons encore inverser la tendance , mais cela exige courage, lucidité et réformes structurelles profondes. Le temps de l’autosatisfaction est révolu. Le temps de l’action est venu.

Nos compatriotes qui choisissent d’autres cieux ne sont pas des adversaires. Ils sont des lanceurs d’alerte. Écoutons-les. Comprenons-les. Et surtout, créons les conditions pour que leur talent puisse, demain, s’exprimer pleinement au service du Sénégal.

Driss Junior DIALLO
Consultant International au Cabinet du Premier Ministre de Guinée
Expert en Administration Publique et Privée, En Développement Durable et des Chaînes de Valeurs Agricoles, En Sécurité et Sûreté des aéroports, etc.

Driss Jr. DIALLO,
Conseiller/Consultant,
Auditeur en Sécurité Nationale Pays;
Expertise Géopolitique, Intelligences, Diplomatie, Défense, Paix;
Expertise Négociations, Financements Publiques et bailleurs,
Expertise Structurations Financières de Projets,
Expertise relations Internationales;
Expertise Filières Agricoles,
Expertise Entrepreneuriat,
Spécialiste Accompagnements des Jeunes,
Ingénieur Financier & Business Developper;
CEO GAB

« Homme de l’Année » : Cheikh Mahy Cissé appelle à la citoyenneté et à un journalisme responsable

Désigné « Homme de l’Année » de la commune de Kaolack par le média La Voix du Saloum, Cheikh Mahy Cissé, imam de la Grande Mosquée, a mis à profit cette distinction pour lancer un vibrant appel à la citoyenneté et à la responsabilité collective. Il a interprété cet honneur comme un encouragement adressé à tous les Sénégalais dont les actions sont guidées par l’intérêt général et le rayonnement du pays.

Dans son allocution, l’imam a particulièrement insisté sur le rôle primordial des médias dans la société. « Le métier de journalisme est noble, car il peut diffuser de bonnes nouvelles, éduquer les peuples et unir les nations », a-t-il souligné. Toutefois, il a mis en garde contre les dérives d’un journalisme qui propage la haine, engendre des conflits et attise les divisions. Appelant la presse à assumer pleinement sa mission éducative, il a insisté sur la nécessité de penser aux enfants et à la jeunesse, qu’elle est censée informer et former, afin de leur garantir un avenir sain.

Cheikh Mahy Cissé a également rappelé que la construction nationale relève de la responsabilité de chaque citoyen, quel que soit son domaine d’activité. S’appuyant sur un enseignement islamique, il a précisé : « L’islam ne fait pas de distinction entre les actions mondaines et la dévotion spirituelle. Même débarrasser la rue d’une brindille est un acte d’adoration. »

Enfin, il a exprimé sa gratitude à l’État du Sénégal pour son soutien à son action sociale, matérialisé par le classement de l’hôpital qu’il construit en centre de santé de niveau 2, ainsi que par l’affectation d’un médecin généraliste. Une illustration concrète de son plaidoyer en faveur d’une citoyenneté active au service de la communauté.

Pikine : quatre individus interpellés pour vol à l’arraché lors du combat de lutte Général Malika – Alioune Seye 2

Le Commissariat d’arrondissement de Pikine a procédé, le 1er janvier 2026, à l’interpellation de quatre personnes soupçonnées de vol à l’arraché. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre des opérations de sécurisation mises en place à l’occasion du combat de lutte très attendu opposant Général Malika à Alioune Seye 2.

Selon des sources policières, les forces de l’ordre avaient déployé un important dispositif afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens durant cet événement sportif qui a drainé une foule considérable. C’est au cours de ces patrouilles et contrôles renforcés que les agents ont repéré et neutralisé les individus mis en cause, accusés d’avoir profité de l’affluence pour commettre des vols à l’arraché.

Les suspects ont été immédiatement conduits dans les locaux du commissariat, où ils ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les premiers éléments recueillis laissent penser qu’ils agissaient de manière opportuniste, ciblant des spectateurs distraits dans la cohue autour de l’arène.

L’enquête est en cours afin de déterminer l’étendue exacte des faits reprochés, d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires et de vérifier si les personnes interpellées appartiennent à un réseau plus structuré. Les autorités policières rappellent, par ailleurs, leur engagement à maintenir une vigilance accrue lors des grands rassemblements populaires, afin de prévenir les actes de délinquance et de garantir la sécurité des citoyens.

Douanes sénégalaises : une performance historique de recouvrement en 2025

La Direction générale des Douanes a réalisé une performance remarquable au titre de l’exercice budgétaire 2025, en dépassant largement les objectifs de recouvrement fixés par la loi de finances. Selon un communiqué officiel transmis à la rédaction, les recouvrements effectifs se sont établis à 1.286,1 milliards de francs CFA au 31 décembre 2025, contre un objectif annuel de 1.246,2 milliards. Il en résulte une plus-value de 39,9 milliards de francs CFA, traduisant une dynamique positive et soutenue de la fiscalité douanière.

Cette performance est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans une progression notable par rapport à l’année précédente. En effet, les recettes recouvrées en 2025 affichent une hausse de 103,6 milliards de francs CFA comparativement aux réalisations de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de l’administration douanière dans la mobilisation des ressources publiques.

Parallèlement aux recouvrements directs, les liquidations douanières ont atteint un niveau jamais égalé. Celles-ci, qui englobent les recettes collectées pour le compte d’autres administrations nationales telles que les Impôts et Domaines, ainsi que pour des organisations communautaires comme l’UEMOA et la CEDEAO, se chiffrent à 1.618,4 milliards de francs CFA. Ce montant constitue un record absolu et illustre le rôle central des Douanes dans le dispositif global de collecte des recettes de l’État.

La Direction générale des Douanes souligne que les 1.286,1 milliards de francs CFA recouvrés représentent la contribution directe de l’administration douanière au Budget national au titre de la fiscalité douanière. Cette performance s’inscrit pleinement dans l’option stratégique de souveraineté budgétaire prônée par les Hautes Autorités du pays, visant à renforcer l’autonomie financière de l’État par une mobilisation accrue des ressources internes.

Plusieurs facteurs expliquent ces résultats probants. L’administration met en avant le renforcement de la régularisation des recettes issues des importations de produits pétroliers, une meilleure maîtrise de l’assiette fiscale des produits à fort rendement, ainsi qu’un durcissement de la lutte contre la fraude commerciale. À cela s’ajoutent l’exploitation plus efficace du renseignement commercial et l’analyse approfondie des données, qui ont permis d’optimiser les contrôles et de sécuriser davantage les recettes.

La poursuite de la dématérialisation et de la digitalisation des procédures douanières, y compris au niveau des unités intérieures, a également contribué à améliorer la performance globale. Cette modernisation s’est accompagnée de l’instauration d’un climat de confiance avec les acteurs du dédouanement, favorisant une meilleure conformité et une collaboration plus fluide entre l’administration et les opérateurs économiques.

Au-delà de l’aspect financier, la Direction générale des Douanes est restée fermement engagée dans la lutte contre le trafic illicite et la criminalité transnationale organisée. Au cours de l’année 2025, les services douaniers ont saisi 1.374 kilogrammes de produits illicites, pour une contre-valeur estimée à plus de 82,4 milliards de francs CFA. À ces saisies s’ajoutent d’importantes quantités de faux médicaments, dont la valeur marchande est évaluée à près de 2 milliards de francs CFA, témoignant de la vigilance constante des Douanes face aux menaces pesant sur l’économie et la santé publique.

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : la voix religieuse se fait porte-voix de la détresse paysanne

Dans le bassin arachidier de Kaolack, la campagne agricole 2025 ne se limite plus à une simple question de rendement ou de prix au kilogramme. Elle est devenue une préoccupation sociale majeure, au point de susciter l’intervention de figures religieuses de premier plan. À Médina Baye, Cheikh Sidy Araby Niass, Khalif de Cheikh El Hadji Mouhammad Zeynabou Niass, a publiquement exprimé son inquiétude face à la situation difficile que traversent les producteurs agricoles.

Lors d’une intervention empreinte de gravité et de responsabilité morale, le guide religieux a dressé un constat alarmant : la précarité persistante des paysans, en dépit des annonces officielles censées améliorer le déroulement de la campagne. Selon lui, les difficultés liées à la commercialisation de l’arachide et des autres céréales continuent de peser lourdement sur les ménages ruraux, compromettant leur stabilité économique et sociale.

Au-delà des chiffres et des discours institutionnels, Cheikh Sidy Araby Niass a insisté sur la dimension humaine de la crise. Retards dans l’écoulement de la production, faibles revenus, incertitude permanente : autant de facteurs qui, selon lui, portent atteinte à la dignité des paysans et fragilisent la cohésion sociale dans les zones rurales. « Lorsque le paysan souffre, c’est toute la société qui est ébranlée », a-t-il rappelé, appelant à une prise de conscience collective.

Le Khalif a également dénoncé des dysfonctionnements structurels dans l’organisation de la filière arachidière, évoquant notamment l’absence de mécanismes de protection efficaces contre la spéculation et les pertes financières. Pour lui, ces insuffisances traduisent un écart préoccupant entre les engagements annoncés et la réalité vécue sur le terrain.

Dans un pays où l’arachide demeure un pilier de l’économie agricole, la sortie de Cheikh Sidy Araby Niass résonne comme un véritable signal d’alarme. Elle rappelle le rôle historique des autorités religieuses en tant que médiateurs sociaux et défenseurs des plus vulnérables. À Kaolack, cette prise de parole vient ainsi renforcer les appels à des réformes urgentes, fondées sur la transparence, la justice économique et le respect de la parole donnée.

Alors que la campagne arachidière 2025 se poursuit dans un climat de tensions et d’incertitudes, cette interpellation morale remet le paysan au centre du débat et invite les décideurs à repenser les politiques agricoles à l’aune des réalités humaines du monde rural.

Saly : un vigile écroué pour vol avec violence et usurpation de fonction

Un fait divers aussi choquant que révélateur d’une usurpation d’autorité a conduit à l’incarcération de M. Diallo Diop, vigile de profession, marié et père de famille. Il est poursuivi pour vol avec violence et usurpation de fonction, et a été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Mbour depuis lundi dernier. Les faits se sont produits dans la station balnéaire de Saly, haut lieu touristique du département de Mbour.

Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition du vendredi 2 janvier, l’agression s’est déroulée dans la nuit du samedi 27 décembre, aux environs de minuit, à Saly Carrefour. Vêtu d’un uniforme de police, Diallo Diop aurait accosté une travailleuse du sexe nigériane, identifiée sous le nom de M. Ogoro, devant un bar de la localité. Se faisant passer pour un agent des forces de l’ordre en patrouille, il lui aurait intimé l’ordre de lui remettre l’argent qu’elle avait gagné au cours de la nuit.

Face au refus catégorique de la jeune femme, la situation aurait rapidement dégénéré. Toujours selon la même source, le faux policier se serait livré à une violence extrême, rouant la victime de coups avant de lui arracher son téléphone portable et la somme de 20 000 francs CFA. La scène, d’une rare brutalité, s’est déroulée en pleine voie publique.

La tentative de fuite de l’agresseur a toutefois été de courte durée. Des agents de la brigade de recherches, en patrouille dans le secteur au même moment, ont surpris l’altercation. Une course-poursuite s’en est suivie avant que Diallo Diop ne soit finalement maîtrisé et interpellé. Il a ensuite été conduit au commissariat de police de Saly Portudal pour les besoins de l’enquête.

Devant les enquêteurs, le mis en cause a tenté de minimiser les faits en livrant une version totalement différente. Il a soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une agression, mais plutôt d’un différend lié à une « passe » tarifée à 3 500 francs CFA, survenue dans un bâtiment en construction. Concernant l’uniforme de police, il a affirmé qu’il s’agissait d’un simple « cadeau » offert par un cousin adjudant, cherchant ainsi à écarter toute intention frauduleuse.

Ces explications n’ont cependant pas convaincu les autorités judiciaires. Le parquet de Mbour, estimant les charges suffisamment graves et étayées, a décidé de le placer sous mandat de dépôt. Diallo Diop devra désormais répondre de ses actes devant la justice, tandis que cette affaire relance le débat sur l’usurpation de fonction et la sécurité dans les zones touristiques du pays.

Recrutement en Guinée : le ministre Daouda Ngom interpelle les universités publiques sénégalaises

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a exprimé de vives préoccupations à la suite de la découverte de la présence de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais sur une liste d’admis à un recrutement dans la fonction publique d’un pays voisin, en l’occurrence la République de Guinée. Ces enseignants-chercheurs seraient actuellement en exercice dans les universités publiques du Sénégal.

Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre indique avoir pris connaissance de cette situation à travers des documents officiels relatifs audit recrutement. Selon lui, l’enrôlement d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la fonction publique d’un autre État pose un sérieux problème au regard des dispositions légales et réglementaires qui encadrent le statut et les obligations des enseignants-chercheurs au sein des universités publiques sénégalaises.

Le Pr Daouda Ngom estime que cette situation est susceptible d’avoir des répercussions négatives sur le fonctionnement normal des établissements d’enseignement supérieur, notamment en ce qui concerne la continuité des enseignements, le suivi des étudiants et le bon déroulement des activités de recherche. Elle soulève également la question de la gestion des ressources humaines dans un contexte marqué par un besoin constant de personnel qualifié au sein des universités publiques du pays.

Dans cette perspective, le ministre a instruit les recteurs des universités publiques de se saisir sans délai de cette affaire. Il leur a demandé de procéder à un examen approfondi de la situation administrative et contractuelle des enseignants-chercheurs concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs engagements vis-à-vis de l’État du Sénégal et de leurs établissements d’affectation.

Le ministre a également exigé que les recteurs l’informent, dans les meilleurs délais, des résultats de leurs diligences, notamment en ce qui concerne les mesures envisagées ou déjà prises pour le règlement de cette affaire jugée préoccupante. L’objectif affiché est d’assurer une gestion optimale et coordonnée des ressources humaines, tout en garantissant la continuité et la qualité du service public d’enseignement supérieur et de recherche.

En conclusion de sa circulaire, le Pr Daouda Ngom a tenu à souligner l’importance qu’il accorde à l’exécution effective de cette instruction. Il a rappelé aux responsables universitaires leur responsabilité dans la préservation des intérêts du système universitaire national et dans le respect strict des textes en vigueur régissant la fonction d’enseignant-chercheur au Sénégal.

Nouvelle affaire d’abus de confiance : Seydina Fall « Boughazéli » de nouveau dans les filets de la justice

Le feuilleton judiciaire de Seydina Fall, plus connu du grand public sous le surnom de « Boughazéli », connaît un nouvel épisode. À peine condamné à deux mois de prison ferme pour abus de confiance, l’homme de 56 ans se retrouve encore une fois confronté à la justice, dans une affaire aux relents de pratiques immobilières douteuses.

Selon les révélations du quotidien Libération, Seydina Fall a été extrait de sa cellule de la prison centrale de Rebeuss le 30 décembre dernier pour être placé en garde à vue par les éléments de la sûreté urbaine du commissariat de Guédiawaye. Cette nouvelle procédure fait suite à une plainte déposée par une dame identifiée par les initiales A. Sall, qui met en cause « Boughazéli » ainsi qu’un courtier immobilier du nom de Moustapha Ndiaye.

Récemment reconverti en agent immobilier, Seydina Fall est accusé d’abus de confiance dans le cadre d’une affaire de location immobilière. D’après les déclarations de la plaignante, elle aurait été mise en relation avec le courtier Moustapha Ndiaye pour la location d’un appartement présenté comme étant la propriété de Seydina Fall. Après des discussions et un accord verbal entre les parties, ce dernier aurait perçu, dès le mois de novembre 2025, la somme de 370 000 francs CFA, remise contre une décharge. En contrepartie, il se serait engagé à mettre rapidement l’appartement à la disposition de la future locataire.

Cependant, cette promesse ne sera jamais honorée. Malgré le paiement effectué, A. Sall n’a jamais pu accéder au logement en question. Face au silence et à l’absence de solution, elle a fini par saisir les autorités compétentes, estimant avoir été flouée. L’enquête ouverte à la suite de cette plainte a rapidement mis en lumière des zones d’ombre, notamment le rôle du courtier impliqué dans la transaction.

Convoqué par les enquêteurs pour s’expliquer, Moustapha Ndiaye ne s’est pas présenté, compliquant davantage le travail des policiers, selon Libération. Cette absence alimente les soupçons autour d’un possible montage frauduleux et renforce la gravité des accusations portées contre les deux hommes.

Pour sa part, Seydina Fall, extrait de prison pour les besoins de l’enquête, a choisi de garder le silence lors de son audition. Il a indiqué vouloir attendre la présence de son avocat avant toute déclaration. Conformément à la procédure, son droit à un conseil lui a été notifié avant son placement en garde à vue, intervenu le 30 décembre à 14 heures 04 minutes précises.

Fatick – Éducation : le lycée de Passy, un investissement stratégique contre l’exode scolaire

La pose de la première pierre du lycée de Passy, présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, marque bien plus que le lancement d’un chantier estimé à 3,5 milliards de francs CFA. Elle symbolise une réponse concrète à un déficit structurel de l’offre éducative dans cette commune du département de Fatick, longtemps confrontée à l’exode scolaire de ses élèves.

Pendant des années, l’absence d’un établissement d’enseignement secondaire a contraint de nombreux collégiens et lycéens à se déplacer quotidiennement vers des localités voisines, les exposant aux risques de décrochage scolaire, à la fatigue et à des charges financières supplémentaires pour les familles. Avec une capacité d’accueil de 1 500 élèves, le futur lycée ambitionne de freiner cette dynamique et de rééquilibrer l’accès à l’éducation post-collège.

S’étalant sur une durée de 18 mois, le projet prévoit la construction de 24 salles de classe ainsi que d’un laboratoire, intégrant des innovations à caractère écologique. Cette approche s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir des infrastructures publiques durables, adaptées aux défis environnementaux actuels.

Pour le chef du gouvernement, ce chantier vise à corriger un retard historique. Soixante-cinq ans après l’indépendance du Sénégal, Passy amorce enfin la construction d’un lycée à la hauteur de son statut et de ses ambitions. Un signal fort adressé aux collectivités territoriales, dans un contexte où l’État affiche sa volonté de réduire les inégalités territoriales en matière d’éducation.

Du côté des autorités locales, le soulagement est palpable. Le maire de Passy, Baye Niass, voit dans ce projet un levier de développement humain et social. Au-delà de l’infrastructure, il s’agit d’un investissement dans le capital humain, susceptible d’améliorer les performances scolaires, de renforcer l’employabilité future des jeunes et de favoriser la stabilisation des familles au sein de la commune.

Si les populations saluent unanimement cette initiative, elles restent néanmoins attentives au respect des délais et à la qualité des travaux. Pour elles, l’enjeu est clair : faire de ce lycée un véritable pôle d’excellence éducative, capable de transformer durablement le paysage scolaire local.

À Passy, la pose de la première pierre du lycée ne marque donc pas seulement le début d’un chantier, mais nourrit l’espoir d’un avenir où l’éducation devient un droit pleinement accessible, et non un parcours d’obstacles.

Clôture des 72 heures de Passy : Ousmane Sonko réaffirme la reddition des comptes et le refus de toute impunité

La commune de Passy a servi de cadre, ce jeudi 1er janvier 2026, à un message politique fort du Premier ministre Ousmane Sonko, à l’occasion de la clôture des 72 heures culturelles et sportives. Devant une foule acquise à sa cause, le chef du gouvernement a saisi l’opportunité pour revenir sur l’un des piliers majeurs de l’action du nouveau pouvoir : la reddition des comptes et la lutte implacable contre l’impunité.

Dans un discours empreint de fermeté, Ousmane Sonko a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, il n’est nullement question d’oubli, de pardon automatique ou d’arrangements politiques lorsqu’il s’agit de la gestion des deniers publics. Tous ceux qui ont détourné ou mal utilisé les ressources de l’État devront, a-t-il martelé, répondre de leurs actes devant la justice. Pour le Premier ministre, cette exigence n’est ni une revanche ni un acharnement, mais un impératif moral et républicain destiné à restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

Poursuivant son propos, le chef du gouvernement est revenu sur ce qu’il considère comme de graves erreurs de priorisation dans les politiques publiques menées par le passé. Il a dénoncé une mauvaise orientation des ressources nationales, estimant que des secteurs essentiels tels que l’agriculture, l’élevage, l’industrie et les services sociaux de base n’ont pas bénéficié des investissements nécessaires, au détriment du développement économique et social du pays. À ses yeux, cette situation explique en grande partie la vulnérabilité de larges franges de la population et la dépendance persistante du Sénégal vis-à-vis de l’extérieur.

Pour illustrer concrètement ses propos, Ousmane Sonko a pris l’exemple du secteur stratégique des phosphates. Il a jugé incohérente et inacceptable la situation dans laquelle le Sénégal, pourtant producteur de phosphate, continue d’importer massivement de l’engrais. Le Premier ministre a révélé que plus de 90 % de l’acide phosphorique produit par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) était exporté avant d’être réimporté par le pays, une pratique qu’il affirme avoir arrêtée. Pour lui, cette décision incarne l’essence même du combat porté par Pastef, fondé sur la souveraineté économique et la valorisation des ressources nationales au profit des Sénégalais.

S’adressant particulièrement à la jeunesse, Ousmane Sonko a appelé à la vigilance face aux discours qu’il juge trompeurs ou contraires à cette vision de rupture. Il a insisté sur la nécessité pour les jeunes de comprendre les enjeux réels de la gouvernance et de ne pas se laisser distraire par des narratifs visant à banaliser les dérives du passé.

Le Premier ministre a également élargi sa réflexion à la responsabilité citoyenne, dénonçant la normalisation de la corruption et certaines pratiques politiques consistant à distribuer de l’argent pour acheter des soutiens. Selon lui, ces comportements contribuent à affaiblir la démocratie et à pervertir le sens même de l’engagement politique.

Dans un ton grave, Ousmane Sonko a rappelé que la politique repose avant tout sur la confiance des citoyens. « Un homme politique ne vit que de la confiance du peuple », a-t-il averti, soulignant que sa perte marque inévitablement la fin d’une carrière politique. Il a insisté sur le fait que la politique ne saurait être une affaire de mondanités, de combines ou de détournement de fonds publics, mais un engagement au service exclusif de l’intérêt général.

Concluant son intervention, le leader de Pastef a souligné que chaque décision prise par les dirigeants devra être assumée, non seulement devant le peuple, mais également devant Dieu. Un message à forte portée éthique, qui s’inscrit dans la volonté affichée du nouveau régime de rompre avec les pratiques du passé et de bâtir une gouvernance fondée sur la responsabilité, la transparence et la redevabilité.

Université de Touba : l’UCAK engage le processus d’accréditation de ses diplômes et consolide son ancrage académique

L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba franchit une étape décisive dans son développement institutionnel et académique. Après avoir obtenu l’habilitation officielle de l’État du Sénégal, l’établissement est désormais engagé dans le processus d’accréditation de ses diplômes de licence et de master, à la suite d’un avis favorable de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Une avancée majeure qui confirme l’ambition de l’UCAK de s’inscrire durablement dans le paysage universitaire national et international.

L’annonce a été faite ce mercredi par le président du Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim (CCAK), Serigne Ahmadou Badawi Mbacké, lors d’un point de presse tenu à Touba. Selon lui, l’université entre dans « une autre phase stratégique », celle de l’accréditation des diplômes, qui constitue un jalon essentiel pour la reconnaissance académique des formations dispensées. Il s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue de cette nouvelle étape, estimant que l’expérience acquise durant le processus d’habilitation constitue un atout majeur.

Trois ans après le démarrage effectif des enseignements, Serigne Ahmadou Badawi Mbacké a qualifié l’habilitation obtenue par l’UCAK de résultat « majeur », soulignant qu’elle n’est pas une fin en soi, mais plutôt le point de départ d’un processus d’amélioration continue. Pour lui, l’accréditation des diplômes est déterminante, car elle conditionne non seulement la reconnaissance nationale et internationale des parchemins délivrés, mais atteste également du respect des standards de qualité exigés dans l’enseignement supérieur moderne.

Cette reconnaissance institutionnelle traduit, selon les responsables de l’université, la conformité de l’UCAK aux critères académiques, pédagogiques et administratifs définis par les autorités sénégalaises et les référentiels internationaux. Elle renforce aussi la crédibilité de l’établissement auprès des étudiants, des partenaires académiques et du monde professionnel, en garantissant que les formations proposées répondent aux exigences de rigueur scientifique et de professionnalisation.

De son côté, le recteur de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, le professeur Lamine Gueye, a tenu à rappeler la vocation inclusive de l’institution. Insistant sur l’ouverture de l’UCAK, il a souligné qu’il ne s’agit nullement d’une université régionale ou communautaire au sens restrictif, mais d’un établissement ouvert à tous les Sénégalais, et au-delà, désireux de se former dans les sciences islamiques, la langue arabe ou les autres filières professionnelles enseignées au sein de l’université.

Le recteur a également mis en avant la dimension sous-régionale que l’UCAK commence à prendre, avec l’accueil, cette année, d’étudiants venus de plusieurs pays voisins. Une dynamique qui conforte l’ambition de l’université de devenir un pôle académique de référence, alliant enseignement religieux, sciences humaines et formations professionnalisantes, dans le respect des valeurs culturelles et spirituelles portées par la ville sainte de Touba.

En s’engageant résolument dans le processus d’accréditation de ses diplômes, l’UCAK confirme ainsi sa volonté de concilier héritage spirituel et exigences académiques contemporaines. Une orientation qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité de l’université, contribuer à la diversification de l’offre d’enseignement supérieur au Sénégal et offrir de nouvelles perspectives aux étudiants, tant sur le plan académique que professionnel.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

Accident mortel sur la route de Diourbel : 03 morts dont deux enfants

Un drame de la circulation s’est produit sur la route de Diourbel, causant la mort de trois personnes, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. L’accident, d’une extrême violence, a profondément bouleversé les populations locales.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s’agit de Dieynaba Diallo, âgée de 21 ans, de Aissatou Babou, âgée de 3 ans, fille de Daouda et de Dieynaba Diallo, et de Aissatou Ba, âgée de 6 ans, fille de Djibril Ba et de Diariatou Ba. Toutes étaient domiciliées à Keur Cheikh.

Selon les premières informations recueillies, un camion a violemment percuté les trois personnes, provoquant leur décès sur le coup. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer, mais la gravité de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes, dont deux enfants.

Les corps sans vie ont été évacués et déposés à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel, où les familles, sous le choc, se sont rendues pour les formalités d’usage.

Le chauffeur du camion mis en cause a été identifié sous les initiales M. N., né le 10 janvier 1990 à Touba, fils d’Ousmane et d’Aida Diouf, domicilié au quartier Médinatoul. Il a été interpellé par les forces de sécurité puis placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités compétentes

Message à la Nation : le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme son engagement au service de l’intérêt général

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a tenu à réaffirmer avec force son engagement au service exclusif de l’intérêt général. Dans une allocution empreinte de gravité et de solennité, le chef de l’État a rappelé le sens de la mission qui lui a été confiée par le peuple sénégalais, assurant que rien ne saurait le détourner de cette responsabilité historique.

Insistant sur la portée morale et républicaine de sa fonction, Bassirou Diomaye Faye a déclaré vouloir exercer la magistrature suprême avec hauteur d’esprit et retenue. « La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toute circonstance », a-t-il affirmé, avant de souligner sa détermination à gouverner avec humilité, écoute et lucidité. Pour le président de la République, l’exercice du pouvoir ne saurait être guidé par des considérations personnelles ou partisanes, mais exclusivement par la recherche du bien commun.

Dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales et économiques, le chef de l’État a tenu à rassurer les Sénégalais sur sa ligne de conduite. « Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal », a-t-il martelé, rappelant que la stabilité nationale et la cohésion sociale demeurent des piliers fondamentaux de son action politique.

Poursuivant son propos, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la République n’exige pas la perfection de ses dirigeants, mais impose en revanche des valeurs cardinales telles que la sincérité, la loyauté et la constance dans l’effort collectif. Selon lui, ces principes doivent guider l’action publique et servir de socle à la refondation institutionnelle et morale du pays. Il a ainsi appelé à une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens pour bâtir un Sénégal plus juste et plus solidaire.

Conscient des défis à relever, le président de la République a salué le choix opéré par le peuple sénégalais lors de la dernière élection présidentielle. Il a estimé que les Sénégalais ont clairement exprimé leur refus de la résignation, préférant « l’espérance et l’action » à l’immobilisme. Ce choix, a-t-il souligné, constitue à la fois un message fort et une obligation pour les autorités, appelées à traduire cette aspiration au changement en politiques publiques concrètes et efficaces.

À travers ce message de fin d’année, Bassirou Diomaye Faye a ainsi réaffirmé sa volonté de gouverner dans la fidélité aux idéaux républicains, en plaçant l’intérêt général, la paix sociale et l’unité nationale au cœur de son action, tout en appelant les Sénégalais à rester mobilisés autour du projet de transformation du pays.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Message à la Nation du 31 décembre 2025 : voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Sénégalaises, Sénégalais, Mes Chers compatriotes
Nous voici au terme d’une année exigeante. Une année d’efforts, qui appelle un regard lucide sur le chemin parcouru et une parole claire sur celui qui s’ouvre devant nous.
Ce   moment  est  d’abord  celui  de  la reconnaissance.

Reconnaissance envers nos forces de défense et de sécurité, qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, discipline et un sens élevé du devoir.
Reconnaissance envers nos autorités religieuses et coutumières, gardiennes de l’équilibre social, de l’apaisement des consciences et des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble.
Reconnaissance aussi envers les Sénégalaises
et les Sénégalais, d’ici comme de la diaspora.

De votre bravoure, de vos mains, de votre intelligence et de votre patience naît, chaque jour, cette force tranquille qui fait tenir la Nation et éclaire son avenir.

Mes chers compatriotes,
Le serment que j’ai prêté devant la Nation et devant Dieu engage ma conscience et ma responsabilité au plus haut niveau. Il exprime mon devoir de respecter la Constitution, de protéger la République et de servir, avec la même exigence, chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais.

Cette fidélité au serment s’accorde avec une fidélité tout aussi essentielle, celle qui lie notre action au projet de transformation que nous avons porté devant le peuple. Ce projet, fondé sur la justice, la souveraineté, la transparence, l’équité et la dignité humaine, reste la boussole de nos choix. J’y demeure attaché avec constance, dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti.

L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, un moment de vérité. Elle a mis au jour des déséquilibres profonds, révélé l’ampleur des défis  accumulés  et  rappelé  l’exigence  de
redresser l’État avec  sérieux, méthode  et transparence.

Un travail approfondi a été mené à l’interne et avec nos partenaires, afin d’établir un diagnostic partagé et de dessiner des solutions durables.
Dans le même mouvement, des avancées concrètes ont été réalisées.

La continuité de l’État a été assurée, les services publics renforcés et les secteurs les plus vulnérables accompagnés. La baisse progressive des prix des produits essentiels s’est traduite par un allègement réel du coût de la vie.

Les mesures de réduction des prix de plusieurs produits essentiels ont représenté 342 milliards 500 millions de francs CFA d’économies pour les ménages en 2025. Cet effort se poursuivra en 2026.
Je tiens, à cet égard, à saluer l’engagement du Premier ministre, Ousmane Sonko, et de l’ensemble du Gouvernement.

L’amélioration progressive de l’environnement des   affaires,   l’intensification   de   notre

diplomatie économique et la tenue du Forum Invest in Sénégal ont renforcé la crédibilité du pays et consolidé son positionnement comme une destination d’investissement fiable et attractive.
Mes chers compatriotes,
La décision politique de porter le Registre national unique à un million de ménages a rendu l’action sociale plus juste et plus efficace, en orientant les appuis vers celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Cette exigence d’équité s’est prolongée par un soutien accru à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes avec l’émergence de 1060 coopératives productives solidaires.
Dans le domaine de la santé, le Gouvernement a constamment cherché à améliorer le quotidien des familles. Des structures de proximité ont été ouvertes ou réhabilitées, les plateaux techniques renforcés, le SAMU rapproché des terroirs et des maternités mises à niveau.

Cet effort s’est traduit, en 2025, par l’ouverture de 34 postes de santé et le déploiement de 76 ambulances médicalisées. Ce nombre sera porté à 112 ambulances médicalisées, en 2026.
L’année 2025 a également marqué des progrès décisifs dans le champ productif, notamment grâce à la mise à disposition d’équipements appropriés et d’intrants suffisants aux acteurs agricoles. Dans les campagnes, la production céréalière a dépassé 2 500 000 tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé une dynamique porteuse.

L’industrie a connu un tournant avec la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, recréant plus de 2 300 emplois directs. Cet effort se poursuivra en 2026, grâce à une dotation de 25 milliards destinée au renouvellement de l’outil de production.

À l’échelle nationale, plus de 8 000 PME ont été accompagnées, permettant de consolider ou de créer près de 130 000 emplois directs et indirects.

Mes chers compatriotes,
Préparer l’avenir signifie aussi investir dans la jeunesse et dans le savoir. 2 401 salles de classe ont été livrées, accompagnées de 1 389 blocs administratifs, 1 112 blocs d’hygiène et 92 kilomètres de clôtures sécurisées. 2 000 enseignants ont été recrutés dans les zones prioritaires et plus de 500 enseignants- chercheurs vont rejoindre les universités, les ISEP et les écoles supérieures.
8 nouveaux ISEP vont renforcer l’accès à une
formation   professionnelle   supérieure   de

qualité, tandis que les réformes des curricula, l’intégration des daara dans l’éducation nationale, la réorientation vers les sciences, les technologies, les formations professionnelles et le numérique vont accompagner cette transformation.

Enfin, les infrastructures ont continué de transformer la vie quotidienne. Près de 280 kilomètres de routes ont été livrés, plus de 100 kilomètres de pistes rurales ont reconnecté 86 localités, et l’accès à l’eau potable comme à l’électricité   s’est   élargi   avec   831.799 concitoyens qui ont eu pour la première fois accès à l’électricité.

Ces résultats, parmi d’autres, rapprochent les familles, soutiennent l’activité économique et redonnent souffle à des zones longtemps enclavées.

Mes chers compatriotes,
L’année 2025 a été celle de la rigueur et de la résilience ainsi que de la consolidation de la transparence et de la vérité dans notre démarche. Grâce à une réduction drastique du train  de  vie  de  l’Etat,  à  une  gestion  plus

exigeante, à la renégociation de contrats et à la rationalisation de plusieurs niches, l’État a dégagé plusieurs ressources qui seront intégralement consacrés aux investissements prioritaires de 2026.
L’année qui s’ouvre sera ainsi celle de la relance effective de l’investissement public.

Dans l’éducation, afin d’accélérer l’éradication des abris provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage, 29 milliards sont prévus au titre de l’année 2026, sur un budget global  de  62,8  milliards  destinés  à  la

construction et l’équipement de 2.500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50.000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres.

L’enseignement supérieur et la formation professionnelle et technique ne seront pas en reste avec budget prévisionnel de 31 milliards pour la construction, la réhabilitation et l’équipement des bâtiments dans les universités, notamment.

La santé bénéficiera d’un effort majeur, avec 91 milliards de francs  CFA destinés  à  la construction de 35 centres de santé de proximité de grand standing, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio et au renforcement des plateaux médicaux sur l’ensemble du territoire national.

L’accès à l’eau constituera une priorité stratégique. Le Grand Transfert d’Eau sera lancé avec un premier financement public de
50 milliards. Il permettra de mobiliser un volume de 1,8 millions de m3 par jour afin de prendre en charge, sur le long terme, les besoins en eau potable des centres urbains du

Sans compter l’irrigation de près de 15.000 hectares en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement du secteur de l’élevage.
L’hydraulique rurale sera aussi renforcée avec la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable d’un montant de 55 milliards de FCFA, pour la réalisation, entre autres, de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Les infrastructures connaîtront une accélération significative. Plus de 100 milliards seront engagés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards pour renforcer les services de base et désenclaver les territoires.
La construction du deuxième pont de Ziguinchor, avec une dotation initiale de 25

milliards de FCA, améliorera durablement la mobilité dans cette région.
Dans le même temps, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont l’impact est déjà significatif, s’étendra progressivement aux autres départements des régions du sud.

Le monde rural bénéficiera d’investissements ciblés, avec 18 milliards dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées, ainsi que plus de 91 milliards pour les agropoles du Sud et du

Centre,  afin  de  renforcer  la  production,  la transformation locale et l’emploi.
Dans le domaine de l’énergie, l’année 2026 marquera une accélération décisive avec le raccordement prévu de 3.637 localités supplémentaires, représentant 113.654 ménages et environ 1.235.755 personnes.

Parallèlement, le Sénégal franchira une étape majeure vers la connectivité universelle, avec le déploiement d’antennes satellitaires permettant à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à l’internet en 2026,

ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Enfin, l’accès au logement sera soutenu par 20 milliards de francs CFA, destinés à impulser le programme des 30 000 logements et le programme de rénovation urbaine.
Ces choix traduisent une conviction claire : le Sénégal dispose des ressources, de l’intelligence collective et de la capacité de travail nécessaires pour se relever, se transformer et bâtir son avenir par ses propres efforts, avec sa jeunesse comme moteur et son peuple comme force.

 Mes chers compatriotes,
Le Sénégal a choisi de demeurer fidèle à ce qui fonde sa force : une démocratie vivante, un État de droit exigeant et une tradition de dialogue profondément enracinée.
C’est dans cet esprit de continuité et de responsabilité que les réformes engagées ont été poursuivies afin de renforcer la solidité et la crédibilité de nos institutions.

L’Office national de lutte contre la corruption a été installé à l’issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, selon un principe désormais étendu à plusieurs autres entités de la République, pour consacrer la compétence, l’intégrité et le mérite comme critères de gouvernance publique.

Dans la même dynamique de réformes, les comités ad hoc issus des Assises de la Justice et du Système politique ont achevé leurs travaux. Ils ont permis de poser les bases d’une traduction  juridique  des  recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation.

Fidèle à l’engagement de consolider durablement l’État de droit, les projets de textes relatifs à la révision de la Constitution, à la Cour constitutionnelle, au Conseil supérieur de la Magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que le projet de Code électoral seront présentés en Conseil des Ministres et transmis à l’Assemblée nationale au courant du premier trimestre 2026.

Les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption cohérent, aligné sur la durée du mandat et le rythme de la Nation.

Mes chers compatriotes,
Sur la scène africaine et internationale, le Sénégal a poursuivi son œuvre de paix, de solidarité et de coopération. Il a renforcé ses alliances sur le Continent, consolidé sa contribution à la prévention des risques sécuritaires et porté une voix claire en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et plus efficace, au service de l’humanité.

La décision du soixante huitième Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO de confier, pour la première fois, au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation en constitue une reconnaissance forte et sans équivoque.

Mes chers compatriotes,
Au cœur de notre Nation, la jeunesse constitue une force qui ne s’érode jamais malgré les épreuves.

Un Peuple-Un But-Une Foi
C’est d’abord pour elle que j’ai décrété 2026, « année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ».
Notre pays accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026, premier événement olympique sur le sol africain. Ce rendez-vous dépasse le cadre du sport. Il est un symbole de confiance, de capacité et d’ouverture. Il nous appartiendra d’y montrer, avec exigence, ce que le Sénégal sait offrir au monde : une jeunesse disciplinée, un peuple hospitalier et une Nation capable de tenir ses engagements.

Un Peuple-Un But-Une Foi
Mes chers compatriotes,
La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toutes circonstances. Je continuerai, donc à remplir cette mission avec humilité, écoute et lucidité. Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal.

La République ne nous demande pas d’être parfaits. Elle exige de nous la sincérité des intentions, la loyauté des engagements et la constance dans l’effort commun.

Je sais combien les attentes sont fortes mais vous avez refusé la résignation et choisi l’espérance et l’action pour la transformation de notre Sénégal.

Mais avant de conclure, mes chers compatriotes, je veux dire avec force qu’aucune violence n’est tolérable dans la République, en particulier celles faites aux femmes, les féminicides et toutes les atteintes commises contre les plus vulnérables. L’État poursuivra sans relâche la prévention, la protection des victimes et la sanction implacable des auteurs, afin que la dignité, la sécurité et la vie soient garanties à toutes et à tous.

Que l’année 2026 apporte la santé, la paix des esprits et l’harmonie dans tous les foyers.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2026.
Que Dieu bénisse le Sénégal et l’Afrique !
Vive la République.

Vive le Sénégal.

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