La question de la prise en charge des détenus souffrant de troubles mentaux et des personnes âgées dans les prisons sénégalaises revient une nouvelle fois sur la table. En effet, lors de sa récente visite à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, la ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de plusieurs détenus vulnérables.
La ministre a révélé avoir trouvé sur place plus d’une vingtaine de personnes souffrant de troubles mentaux, ainsi que d’autres détenus très âgés, dont l’état de santé et la fragilité ne permettent plus de supporter les conditions carcérales. « La place de ces personnes n’est pas en prison », a-t-elle martelé lors d’un point de presse tenu ce jeudi, rappelant que leur présence dans un environnement carcéral constitue non seulement une atteinte à leur dignité, mais aussi une menace pour la sécurité de l’administration pénitentiaire et des autres détenus.
Cette déclaration met en lumière un problème ancien et souvent passé sous silence : l’absence de structures psychiatriques spécialisées au sein du système pénitentiaire sénégalais. De nombreux détenus présentant des troubles mentaux sont incarcérés faute d’alternatives médicales ou sociales adéquates, une situation que plusieurs acteurs des droits humains dénoncent depuis des années.
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs internautes, à l’image du journaliste Idrissa Fall Cissé, ont interpellé la ministre pour qu’elle passe rapidement à l’action. Ils appellent le gouvernement à mettre en œuvre des mesures concrètes visant à transférer ces détenus vers des établissements de santé mentale ou des centres médico-sociaux adaptés.
La ministre Yassine Fall semble consciente de l’urgence. Son engagement à revoir les conditions de détention et à renforcer la prise en charge des personnes vulnérables en prison s’inscrit dans la dynamique de réforme du système judiciaire et pénitentiaire qu’elle a lancée depuis son arrivée à la tête du ministère.
Le gouvernement sénégalais entend franchir un cap décisif dans la politique d’inclusion sociale et numérique des personnes vivant avec un handicap. À travers le Projet d’accélération de l’économie numérique du Sénégal (PAENS), l’État ambitionne de permettre à 50 % des personnes handicapées d’obtenir la carte d’égalité des chances d’ici à 2027. Cette annonce a été faite par Mamadou Lamine Faty, directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, lors d’un atelier de formation sur les outils du recensement spécial organisé cette semaine à Dakar.
Selon M. Faty, cet objectif constitue l’un des indicateurs majeurs du PAENS, un programme structurant du gouvernement visant à réduire la fracture numérique et sociale dans le pays. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des directives présidentielles appelant à une refonte de la stratégie nationale du handicap, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques de cette frange vulnérable de la population.
Les données issues du dernier recensement général font état de 1 210 726 personnes handicapées au Sénégal, soit environ 7,3 % de la population nationale. Pour M. Faty, ces statistiques mettent en évidence l’ampleur du défi : « On ne peut pas mener une politique efficace sans disposer de données fiables et pertinentes », a-t-il déclaré. C’est dans cette optique que le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a lancé une étude nationale visant à redéfinir les priorités de la stratégie d’inclusion et à adapter les interventions sociales aux réalités du terrain.
Depuis le lancement de la carte d’égalité des chances, 100 021 cartes ont été délivrées à ce jour, soit environ 9 % des personnes éligibles. Ce document, rappelons-le, permet à ses titulaires d’accéder à une série d’avantages tels que la gratuité de certains soins médicaux, l’accès facilité à l’emploi public et privé, ou encore des appuis financiers et logistiques. Pour atteindre l’objectif fixé d’ici 2027, le ministère devra encore enrôler plus de 605 000 bénéficiaires supplémentaires.
Le recensement spécial prévu dans les mois à venir, avec l’appui de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), sera déterminant pour identifier les bénéficiaires et accélérer la délivrance des cartes. Ce travail de terrain permettra également de mieux géolocaliser les populations handicapées, d’évaluer leurs besoins spécifiques et de faciliter la mise en œuvre des programmes d’accompagnement.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’action sociale et de numérisation des services publics, conformément à la vision du président Bassirou Diomaye Faye, axée sur l’équité et la participation inclusive. Le gouvernement souhaite, à travers cette démarche, faire de la carte d’égalité des chances un outil central de justice sociale, garantissant à chaque citoyen, quelle que soit sa condition, un accès équitable aux droits et aux opportunités.
L’affaire dite de la « dette cachée » continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal. Après la contre-offensive lancée par l’ancien président Macky Sall, qui réclame la publication intégrale du rapport de la Cour des comptes, plusieurs voix s’élèvent pour exiger davantage de clarté sur la gestion financière de son régime. Parmi elles, celle du député Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, qui interpelle directement l’ex-Chef de l’État sur un document clé : le décret 2017-74 du 12 janvier 2017, relatif au Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires du Sénégal (PDIES).
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’économiste et parlementaire a invité Macky Sall à faire preuve de transparence en rendant public ce décret présidentiel, qu’il considère comme un élément central pour comprendre l’origine et la nature des engagements financiers non déclarés de l’ancien régime. « Plutôt que de réclamer les rapports de la Cour des comptes, il serait plus utile qu’il publie le décret PDIES afin que les Sénégalais sachent comment ont été gérées certaines dépenses », a-t-il martelé.
Pour Mamadou Lamine Diallo, la divulgation de ce texte permettrait de « faire la lumière sur les liens entre les comptes de dépôt intitulés « Cap/Gouvernement » et le PDIES, à l’origine de dettes estimées à 167 milliards de francs CFA qui n’ont jamais été présentées à l’Assemblée nationale ». Le député dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « montage budgétaire opaque », qui aurait permis d’engager des dépenses importantes en dehors des circuits officiels du contrôle parlementaire.
L’affaire du PDIES, souvent évoquée dans les rapports d’audit internes et certaines notes du ministère des Finances, concerne un mécanisme de financement parallèle créé en 2017, officiellement pour soutenir des programmes stratégiques liés à la sécurité et à la souveraineté économique. Mais selon plusieurs observateurs, ce dispositif aurait servi à couvrir des opérations financières non justifiées, alimentant ce que certains appellent désormais la « dette cachée » du Sénégal.
Le président du mouvement Tekki, connu pour son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance économique, estime qu’il est temps de rompre avec la culture du secret budgétaire. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’utilisation de leurs ressources. Macky Sall doit des explications au peuple », a-t-il insisté, avant d’appeler la Cour des comptes et le ministère des Finances à jouer pleinement leur rôle dans la transparence et la reddition des comptes.
Cette interpellation intervient alors que la nouvelle administration a engagé une revue approfondie de la dette publique, notamment celle contractée entre 2012 et 2023, afin d’en identifier les contours, les bénéficiaires et les impacts sur les finances nationales. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a d’ailleurs affirmé sa volonté d’assainir les pratiques budgétaires héritées du passé et de publier les résultats des audits en cours.
En attendant, l’ancien chef de l’État n’a pas encore réagi publiquement à cette demande de Mamadou Lamine Diallo, qui fait désormais de la publication du décret PDIES une condition préalable à toute clarification sur la gestion de la « dette cachée ». Une affaire appelée à rebondir, tant les enjeux financiers et politiques qu’elle soulève semblent considérables.
Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a effectué une visite de terrain à la Zone d’Aménagement des Mécaniciens et Professionnels de l’Automobile (ZAMPA) de Diamniadio, dans le cadre d’une initiative visant à stimuler le développement et la modernisation de ce secteur clé de l’artisanat sénégalais.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de concertation avec les acteurs locaux et de relance de la ZAMPA, avec l’ambition d’en faire un modèle de zone artisanale moderne et compétitive. L’objectif est de créer un cadre structuré et sécurisé pour les professionnels, tout en encourageant l’innovation et la qualité des services proposés aux usagers du secteur automobile.
Au cours de cette visite, le ministre Amadou Ba a réaffirmé son engagement à soutenir la structuration du secteur de l’artisanat, soulignant l’importance de fournir aux artisans un environnement de travail propice à la créativité et à la performance. Selon lui, la modernisation de la ZAMPA contribuera non seulement à renforcer le secteur automobile, mais également à valoriser le savoir-faire des artisans et à stimuler l’économie locale.
Le ministre était accompagné par plusieurs autorités, dont le préfet de Rufisque, le sous-préfet de Diamniadio, ainsi que les directeurs généraux de l’AGETIP, de GETRAN et du Cadre de Vie. Les autorités locales et techniques mobilisées autour du projet étaient également présentes, témoignant de l’importance accordée à cette initiative.
Un drame d’une rare violence a secoué, ce jeudi, le marché central de Thiès. Une altercation entre deux individus a tragiquement viré au meurtre, après qu’un homme a été mortellement poignardé à la suite d’une banale dispute liée à une paire de chaussures, selon les informations rapportées par PressAfrik.
Les faits se sont produits en pleine journée, en plein cœur du marché, sous le regard médusé des commerçants et des passants. Selon des témoins, tout serait parti d’une vive querelle opposant deux hommes, dont l’un aurait été accusé d’avoir porté, sans autorisation, une paire de chaussures appartenant à un tiers. La tension est montée d’un cran, jusqu’à ce que le tonnerre des mots laisse place à la violence physique.
Dans la confusion, le suspect a sorti un couteau qu’il portait sur lui et a porté deux coups à la victime, l’atteignant au dos et à l’abdomen. Cette dernière s’est effondrée sur le sol, grièvement blessée, tandis que la panique s’emparait du marché. Alertés par des riverains, les éléments du poste de police de Nginth, appuyés par ceux du Groupement mobile d’intervention (GMI), ont rapidement convergé vers les lieux.
Le suspect, qui tentait de prendre la fuite, a été maîtrisé après une brève course-poursuite. Il a ensuite été conduit au poste de police pour audition. L’arme du crime, un couteau encore maculé de sang, a été saisie et versée au dossier.
La victime, quant à elle, a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Thiès. Malgré les efforts du personnel médical, elle a succombé à ses blessures quelques heures plus tard. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle ne serait pas directement impliquée dans la querelle initiale, mais aurait simplement tenté de calmer les protagonistes avant d’être mortellement touchée.
Placée en garde à vue, l’auteur présumé des faits a reconnu son implication. Devant les enquêteurs, il a expliqué que « la dispute autour d’une paire de chaussures avait dégénéré » et qu’il avait « poignardé la victime à deux reprises dans un moment de colère ».
Le corps de la victime a été déposé à la morgue de l’hôpital régional pour autopsie, tandis qu’une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame qui a profondément choqué les habitants de Thiès.
Un drame familial a bouleversé le quartier de Ouest-Foire, à Dakar. Ce jeudi 23 octobre 2025, un homme âgé de 32 ans, identifié sous les initiales B. S., a été déféré devant le tribunal de grande instance de Dakar pour répondre d’une accusation de meurtre. Il est accusé d’avoir mortellement poignardé son propre frère cadet, M. S., un étudiant de 22 ans, à la suite d’une violente altercation survenue le 11 octobre dernier au domicile familial.
Selon les informations rapportées par le site Kawtef, tout serait parti d’un différend d’ordre domestique. Dans la matinée du drame, la mère des deux frères aurait exprimé son désaccord quant à la présence de la petite amie de son fils aîné, qui avait passé la nuit chez eux. Estimant que cette situation n’était pas convenable, elle aurait demandé à son plus jeune fils, M. S., d’inviter la jeune femme à quitter la maison.
Le cadet s’est exécuté, mais ce geste a provoqué la colère de son frère aîné. Une vive dispute a alors éclaté entre les deux hommes, sous les yeux de leur mère impuissante. Les échanges verbaux ont rapidement dégénéré en bagarre. D’après les premiers éléments de l’enquête, B. S. aurait été dominé physiquement par son cadet lors de la rixe. C’est alors qu’il se serait emparé d’un couteau de cuisine et aurait porté trois coups à son frère avant de prendre la fuite en compagnie de sa compagne.
Grièvement blessé, M. S. a été évacué d’urgence vers une structure hospitalière de la capitale. Malgré les soins intensifs prodigués, le jeune étudiant a succombé à ses blessures le 18 octobre, soit une semaine après l’agression. Sa mort a plongé la famille et le voisinage dans une profonde consternation.
Pendant plusieurs jours, l’auteur présumé des faits est resté introuvable. C’est finalement après une traque menée par la brigade de gendarmerie de la Foire qu’il a été arrêté. Placé en garde à vue, B. S. a été présenté au procureur de la République ce jeudi 23 octobre. Il fait désormais face à une accusation de meurtre, un crime passible de lourdes peines selon le Code pénal sénégalais.
À Dakar, la défense de l’ancien président Macky Sall se heurte à un obstacle inattendu dans sa stratégie de communication autour du dossier dit de la « dette cachée ». Me Pierre-Olivier Sur, avocat et coordonnateur du collège d’avocats mobilisé pour assurer la défense de l’ex-chef de l’État, devait s’entretenir avec la presse nationale et internationale afin d’éclairer l’opinion sur la position de son client. Mais la tenue de cette rencontre, jugée déterminante, s’annonce plus compliquée que prévu.
Selon des informations relayées par L’Observateur, plusieurs hôtels de la capitale sénégalaise ont opposé un refus aux demandes de réservation formulées par l’Alliance pour la République (APR), le parti fondé par Macky Sall. Les établissements contactés ont, pour la plupart, décliné l’offre, évoquant des « raisons de prudence » ou, de manière plus directe, la « crainte de représailles ». Un responsable du parti, cité par le journal, affirme que ces refus seraient motivés par la sensibilité politique du dossier et le climat de tension qui l’entoure.
Cette situation embarrasse visiblement l’ex-parti au pouvoir, qui voit dans ces refus une forme de pression indirecte. D’après la même source, l’APR soupçonne certains milieux d’exercer une influence sur les établissements hôteliers, dans le but de freiner sa communication publique sur ce dossier explosif. Pour contourner ces difficultés logistiques, les responsables du parti envisagent désormais de tenir la conférence de presse dans leurs propres locaux, au siège de l’APR, situé à Mermoz.
Cette solution, bien que moins protocolaire qu’une salle d’hôtel, permettrait au parti de maintenir le rendez-vous et de garantir la parole de Me Pierre-Olivier Sur, arrivé à Dakar pour un séjour de 24 heures qualifié de décisif par ses proches collaborateurs. L’avocat français entend y présenter la ligne de défense de Macky Sall face aux accusations de mauvaise gestion et aux allégations autour de la dette publique contractée durant ses mandats.
Le commissariat central de Kaolack a réussi un important coup de filet en mettant fin aux activités d’un réseau de ressortissants nigérians impliqués dans l’exercice illégal de la médecine et la commercialisation de produits pharmaceutiques non autorisés. Six individus ont été interpellés, mardi, lors d’une opération menée par la Sûreté urbaine sous la direction du commissaire divisionnaire Souleymane Ba.
Tout est parti d’une information reçue aux environs de 14 heures, faisant état de pratiques médicales suspectes exercées par un groupe d’individus d’origine étrangère dans certains quartiers de la ville. Ces derniers proposaient des consultations, mesuraient la tension artérielle et prescrivaient divers médicaments à leurs clients, se présentant comme des spécialistes de la santé.
Aussitôt alertés, les éléments de la Brigade de Recherches se sont rendus sur les lieux et ont appréhendé un premier suspect, identifié sous le nom de H.A. Raheem, âgé de 33 ans et originaire de Lagos, au Nigéria. Conduit dans les locaux de la police, il a rapidement reconnu les faits, admettant qu’il n’agissait pas seul. Il a révélé l’existence d’un réseau bien organisé composé de plusieurs complices exerçant la même activité illégale dans différents secteurs de Kaolack.
Selon ses aveux, leur mode opératoire reposait sur une approche commerciale : ils proposaient des consultations à domicile ou dans des lieux publics, prétendaient diagnostiquer diverses maladies et vendaient ensuite des “vitamines” et compléments alimentaires à des clients souvent crédules, moyennant paiement. Ces produits étaient présentés comme des remèdes efficaces contre de multiples affections.
À la suite de ces révélations, les enquêteurs ont effectué une perquisition au domicile du suspect principal, situé dans le quartier de Médina Baye. L’opération a permis de localiser et d’interpeller cinq autres individus : B. Olanrewaju, V. Anyachebelu, W. Olajunon, B. Effiwatt et K. Tarkariku. Tous sont de nationalité nigériane et affirmaient exercer en tant que « nutritionnistes ».
La fouille du domicile a permis la découverte d’une importante quantité de produits pharmaceutiques d’origine douteuse. Parmi eux figuraient des boîtes de comprimés étiquetées « Tre-en-en », « Fibre Tablette », « Cal-Mag » et d’autres substances non homologuées. Les policiers ont également saisi des documents promotionnels rédigés en anglais, vantant les mérites de la marque « NEOLIFE ». Ces supports présentaient des slogans de nature à tromper le public, évoquant des maladies graves telles que les maladies cardiaques, le diabète, les troubles de la vue ou encore la faiblesse du système immunitaire. Les produits étaient décrits comme des solutions miracles capables de prévenir ou guérir ces affections.
Face à la gravité des faits, l’Antenne régionale de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP) a été sollicitée afin d’expertiser les médicaments saisis. L’objectif est de déterminer la composition exacte des produits, leur provenance, leur niveau de dangerosité et leur conformité aux normes sanitaires en vigueur. Cette expertise permettra également d’évaluer les risques encourus par les personnes ayant consommé ces substances.
Les six ressortissants nigérians ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Ils sont poursuivis pour exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d’autrui, usurpation de fonction et séjour irrégulier sur le territoire sénégalais. Le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance du Saloum a été informé de l’affaire et a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer l’ampleur réelle des activités du réseau et identifier d’éventuelles victimes dans la région.
La Sûreté urbaine (SU) du Commissariat central de Dakar a procédé à l’interpellation de deux individus soupçonnés d’avoir commis un vol avec usage d’arme blanche. Ces arrestations font suite à une plainte déposée par une victime le 26 juin 2025. Selon sa déclaration, elle avait été agressée par deux hommes circulant à bord d’un scooter, qui l’avaient dépouillée de ses biens après l’avoir menacée avec une arme blanche.
Dès la réception de la plainte, les enquêteurs de la Sûreté urbaine ont ouvert une enquête approfondie. Les premières investigations ont permis d’identifier l’un des suspects, rapidement localisé et interpellé. Lors d’une séance de confrontation, la victime l’a formellement reconnu comme l’un de ses agresseurs. Face aux éléments présentés, le mis en cause a fini par reconnaître les faits qui lui sont reprochés.
Une perquisition menée à son domicile a permis de découvrir plusieurs objets incriminants, confirmant son implication dans l’affaire. Les policiers y ont saisi un lot d’armes blanches, dont celle utilisée lors de l’agression, une cagoule, un sac de dame appartenant à la victime, ainsi que le scooter utilisé pour commettre le vol.
Poursuivant leurs investigations, les agents de la Sûreté urbaine sont parvenus à identifier le second suspect, présenté comme le complice du premier. Ce dernier a été arrêté dans le quartier de Petit Mbao, après une opération menée avec efficacité et discrétion.
Les deux individus ont été placés en garde à vue pour vol avec usage d’arme blanche et association de malfaiteurs. L’enquête se poursuit sous la direction du Parquet, qui devra déterminer les suites judiciaires à donner à cette affaire.
Le mouvement Guem Sa Bopp, dirigé par Bougane Guèye Dany, intensifie son offensive politique et citoyenne face à deux sujets brûlants qui agitent l’actualité nationale : l’affaire des 8 milliards de francs CFA destinés aux sinistrés de Bakel et la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces. À travers un communiqué rendu public ce mercredi 22 octobre 2025, le mouvement annonce une série d’initiatives politiques, judiciaires et citoyennes pour exiger la transparence et défendre le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Au cœur de cette mobilisation, des rencontres de haut niveau ont eu lieu à Dakar entre une délégation du mouvement conduite par Moussa Niang, Délégué national à la vie politique, et plusieurs acteurs de l’opposition parlementaire. Le mardi 21 octobre, la délégation a échangé avec le député Papa Djibril Fall, membre de la coalition Sam Sa Kaddu, avant de rencontrer le lendemain le député Mbaye Dione, figure respectée de l’opposition. Ces discussions ont principalement porté sur la gestion controversée des 8 milliards de francs CFA alloués aux populations en détresse du département de Bakel et des zones affectées par le débordement du fleuve Sénégal.
Selon Guem Sa Bopp, ce dossier illustre parfaitement les dérives d’une administration publique minée par la mauvaise gouvernance, le favoritisme et les suspicions de détournement de fonds destinés aux victimes. Le mouvement rappelle qu’une plainte a été déposée devant le Pôle judiciaire et financier, marquant une étape importante dans la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité. Pour Bougane Guèye Dany et ses collaborateurs, il ne s’agit pas d’un combat politique, mais d’un devoir républicain et moral, visant à protéger les deniers publics et à défendre les intérêts des populations marginalisées.
Dans cette dynamique, Guem Sa Bopp, soutenu par les députés Papa Djibril Fall et Mbaye Dione, réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire. Cette instance, selon eux, devra faire toute la lumière sur la gestion des fonds, identifier les responsables des malversations et restaurer la confiance, aujourd’hui ébranlée, entre l’État et les citoyens. Le mouvement insiste sur la nécessité d’un contrôle parlementaire rigoureux, seule garantie d’une gouvernance éthique et responsable.
Au-delà de cette affaire, Guem Sa Bopp s’attaque également à la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces dans les grandes surfaces, récemment annoncée par le gouvernement. Dans son communiqué, le mouvement juge cette mesure injuste, illégale et économiquement incohérente, arguant qu’elle constitue une double imposition. En effet, les transactions commerciales sont déjà soumises à la TVA, et cette nouvelle taxe revient à pénaliser deux fois le consommateur.
« Une taxe sur une taxe, c’est une double peine pour le peuple », dénonce le communiqué, qui fustige une décision « déconnectée de la réalité sociale » et « motivée par la seule volonté de renflouer les caisses de l’État ». Pour le mouvement, cette politique fiscale renforce la précarité des ménages sénégalais, déjà accablés par la flambée des prix des denrées de première nécessité et la stagnation des revenus.
Face à ce qu’il qualifie d’injustice fiscale, Guem Sa Bopp prévoit une riposte multiforme. Le mouvement entend engager des concertations avec les organisations de consommateurs, saisir les plateformes citoyennes comme Nio Lank et Rappel à l’Ordre, et constituer un collectif d’avocats chargé de déposer dès le jeudi 23 octobre un recours devant la Cour suprême. Cette action en justice vise à faire annuler une taxe jugée anticonstitutionnelle, contraire aux principes fondamentaux de la fiscalité et aux droits économiques des citoyens.
Dans un ton ferme et résolument combatif, Guem Sa Bopp prévient que toute mesure qui pèse injustement sur le citoyen fera face à la mobilisation et à l’action judiciaire. Le mouvement se positionne ainsi comme un contre-pouvoir vigilant, déterminé à défendre la justice sociale et la bonne gouvernance.
« Le peuple n’est pas une vache à lait », conclut le communiqué, avant de rappeler que la rupture ne doit pas être un simple slogan politique, mais une exigence morale et républicaine. À travers ces initiatives, Guem Sa Bopp confirme sa volonté d’incarner une opposition crédible et constructive, au service de la vérité, de la transparence et du bien-être des Sénégalais.
Le président de l’Association Nouvelle Vision de l’Éducation, de la Santé et de l’Action Humanitaire, Thierno Diallo dit “Bilal”, en collaboration avec son partenaire financier Elhadji Aboubacar Bop, a convié ce mercredi 22 octobre 2025 plus d’une centaine de pensionnaires du Daara à une visite guidée du chantier en cours.
L’objectif de cette initiative était de leur permettre de découvrir l’état d’avancement des travaux et de se projeter dans leur futur cadre de vie et d’apprentissage.
Au cours de la visite, Thierno Diallo “Bilal” a détaillé les différentes étapes du projet, soulignant les efforts consentis pour offrir des conditions d’accueil et d’éducation modernes aux talibés.
Les pensionnaires, visiblement enthousiastes, ont exprimé leur fierté et leur impatience de rejoindre ce nouvel espace.
Le Daara en construction symbolise la volonté de moderniser l’enseignement coranique tout en préservant les valeurs traditionnelles.
Selon M. Diallo, les travaux devraient être achevés dans les prochains mois, marquant une étape importante pour la communauté de Gokoré Peulh, dans la commune de Mbadakhoun.
Les futurs responsables du Daara ont lancé un appel à toutes les bonnes volontés — institutions, associations et particuliers — afin qu’ils contribuent à la réussite de cette initiative porteuse d’avenir.
Les autorités ghanéennes ont annoncé, ce mercredi 22 octobre 2025, une importante opération ayant conduit au démantèlement d’un réseau de traite humaine et de cybercriminalité. Menée par le Criminal Investigation Department (CID) du Ghana Police Service, l’opération s’est soldée par l’arrestation de cinq individus et la libération de cinquante-sept ressortissants nigérians victimes d’exploitation.
Selon un communiqué signé par la Chief Inspector Brigitte Babanawo, responsable des relations publiques du CID, les suspects arrêtés ont été identifiés comme Joel Nosa, Collins Rotimi, Shadrack Lulu, Austin Amahuaro et John Uloko. Ils ont été appréhendés à Adom Estates, dans la localité de Community 25, à la suite d’une opération d’infiltration minutieusement préparée sur la base de renseignements recueillis par l’unité des opérations spéciales.
Les premières investigations ont révélé que le réseau opérait sous la couverture d’un trafic de main-d’œuvre transfrontalier. Les suspects promettaient à de jeunes Nigérians des emplois stables et des opportunités éducatives au Ghana. Une fois sur place, les victimes — âgées de 18 à 26 ans — étaient privées de liberté et contraintes à participer à des activités de cybercriminalité, notamment à des escroqueries sentimentales en ligne visant des cibles étrangères.
L’intervention de la police a permis la saisie de 77 ordinateurs portables, 38 téléphones portables, 2 véhicules, 3 téléviseurs et plusieurs autres appareils électroniques utilisés dans les opérations frauduleuses. Tous ces objets ont été placés sous scellés et feront l’objet d’une expertise médico-légale afin de retracer les activités du réseau et d’identifier d’éventuelles complicités.
Les cinquante-sept victimes secourues bénéficient actuellement d’une prise en charge médicale et psychologique dans des structures partenaires du Ghana Police Service. Les autorités ghanéennes ont précisé que les cinq suspects restent en détention provisoire, le temps de poursuivre les investigations visant à déterminer l’ampleur et les ramifications internationales de ce réseau criminel.
Dans son communiqué, le CID a profité de l’occasion pour alerter la population, en particulier les jeunes, sur les dangers liés aux fausses offres d’emploi et de bourses d’études circulant sur les réseaux sociaux. « Nous exhortons le public à rester vigilant et à ne pas céder aux propositions suspectes émanant de sources non vérifiées », a déclaré la Chief Inspector Babanawo.
Les autorités ghanéennes ont réaffirmé leur engagement à lutter sans relâche contre la traite des personnes et la cybercriminalité, deux fléaux en constante évolution en Afrique de l’Ouest. Elles ont renouvelé leur détermination à poursuivre « tous les auteurs de crimes liés à l’exploitation humaine, à la fraude en ligne et aux escroqueries électroniques ». Le CID invite enfin toute personne disposant d’informations crédibles sur des activités similaires à se rapprocher du poste de police le plus proche afin de contribuer à la lutte contre ces réseaux criminels transnationaux.
Les communes de Khombole et de Thiaroye-sur-Mer ont été distinguées lors de l’édition 2025 du Prix d’Excellence du Leadership Local (PELL). Cette reconnaissance panafricaine souligne leur engagement en faveur du développement inclusif, de la participation citoyenne et de l’innovation sociale, des dynamiques encouragées par le programme Mën Naa Ko, initié par Polaris Asso.
L’innovation locale sénégalaise a ainsi brillé sur la scène panafricaine. À l’occasion du PELL 2025, les communes de Khombole et Thiaroye-sur-Mer ont été honorées pour leur exemplarité en matière de gouvernance participative et d’innovation sociale.
Le programme, porté par Polaris Asso en partenariat avec le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, l’Ambassade de France au Sénégal et plusieurs collectivités locales, œuvre depuis 2024 à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes. Il crée des espaces citoyens dédiés à l’entrepreneuriat social, au leadership communautaire et à la participation publique via le numérique et les industries culturelles et créatives.
À Khombole, les actions menées reposent sur la transparence, la modernisation des écoles et la participation active des jeunes dans la vie communale, renforçant ainsi la confiance entre élus, citoyens et communautés éducatives.
De son côté, Thiaroye-sur-Mer a séduit le jury grâce à un programme innovant de nutrition scolaire, garantissant chaque matin un petit-déjeuner aux élèves, contribuant à améliorer la réussite et le bien-être des enfants.
Ces initiatives locales montrent qu’un leadership communautaire, fondé sur la participation citoyenne et l’innovation, peut transformer concrètement la vie des populations.
Lors du déjeuner de presse organisé par Polaris Asso ce mercredi, M. Ousseynou Gueye, Directeur exécutif de l’association, a salué des résultats concrets, extrêmement encourageants après un an et demi de mise en œuvre du programme :
“Nous voulons montrer qu’au-delà des débats partisans, il existe des territoires qui bougent, des communes qui innovent, et un pays qui change, commune par commune…” a-t-il affirmé.
Le programme, qui mobilise à ce jour sept communes — Cambérène, Yoff, Thiaroye-sur-Mer, Khombole, Mbour, Golf Sud et Thiargua — mise sur le numérique, les industries culturelles et la gouvernance participative pour impulser une nouvelle dynamique de développement local.
“Ces communes ont été distinguées pour leur capacité à innover démocratiquement, à impliquer les jeunes et à faire participer les citoyens dans la gestion publique…” a ajouté M. Gueye.
Le succès du programme repose sur une collaboration inédite entre Polaris Asso, les collectivités territoriales et le gouvernement du Sénégal.
Grâce au soutien du Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des espaces jeunes et incubateurs ESS (Économie sociale et solidaire) voient le jour dans les communes partenaires. Ces centres servent à la fois de laboratoires d’innovation sociale et de structures de formation et de financement pour les jeunes entrepreneurs.
“Le ministère apporte l’appui institutionnel, Polaris Asso équipe et anime, et la commune met à disposition l’espace. Chacun joue son rôle pour un objectif commun : renforcer l’économie sociale et solidaire à l’échelle locale…” explique Ousseynou Gueye.
Pour Magueye Boye, maire de Khombole, cette distinction marque un pas important vers la reconnaissance du rôle stratégique des communes :
“Le développement local, c’est l’intelligence de nos deux pieds : la participation des populations et l’action concrète. Il faut donner plus de pouvoirs, plus de ressources et plus de dignité aux élus locaux pour répondre efficacement aux besoins des citoyens…” a plaidé l’édile, porte-parole des maires présents.
Le maire a également insisté sur la nécessité d’un transfert accru de compétences et de moyens vers les collectivités territoriales afin de relever les défis quotidiens : inondations, éducation, santé, cadre de vie ou emploi des jeunes.
Face à l’engouement suscité par les résultats du programme, Polaris Asso envisage déjà son extension à d’autres communes du Sénégal. Des discussions sont en cours avec l’Union des associations des élus locaux (UAEL) et plusieurs partenaires institutionnels pour élargir la portée du dispositif.
“Nous voulons que le changement de mentalité et de gouvernance observé dans ces communes fasse système, qu’il inspire l’ensemble du pays…” a conclu Ousseynou Gueye.
Dans le paysage institutionnel sénégalais, rares sont les personnalités qui allient avec autant de naturel la jeunesse, la rigueur et l’engagement patriotique. Madame Sinna Amadou Gaye, actuelle Directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ), fait indéniablement partie de celles-là.
Sa trajectoire force le respect autant qu’elle inspire confiance. Femme de conviction, de méthode et d’écoute, elle incarne cette nouvelle génération de cadres qui ne se contentent pas de discourir sur le développement, mais qui s’y engagent au quotidien, avec énergie et lucidité.
Formée à l’école de l’excellence et aguerrie sur le terrain exigeant de la gestion publique, Sinna Amadou Gaye s’est imposée par un management fondé sur la proximité, l’efficacité et la clairvoyance. À la tête de l’ANPEJ, elle a insufflé une dynamique nouvelle à la politique de l’emploi des jeunes, transformant l’agence en un véritable levier d’insertion, d’entrepreneuriat et d’innovation sociale.
Sous sa gouvernance, les programmes de formation et de financement ont été repensés pour répondre aux défis réels du marché du travail : adapter les compétences des jeunes aux besoins des entreprises, encourager la création de valeur locale et renforcer la compétitivité des talents sénégalais.
Mais au-delà des chiffres et des dispositifs, c’est sa vision profondément humaine du service public qui la distingue. Pour elle, chaque jeune formé, chaque entrepreneur accompagné représente une victoire collective — une promesse tenue au nom d’un Sénégal qui croit en sa jeunesse. Discrète mais efficace, elle agit plus qu’elle ne parle. Elle sait déléguer, sans jamais se dérober à ses responsabilités. Elle écoute avant de décider, convaincue que l’autorité sans compréhension n’est qu’un vain exercice de pouvoir.
Son engagement politique est à l’image de sa personnalité : fidèle, réfléchi et résolument tourné vers l’action. Elle s’inscrit dans la continuité du projet de société du Président de la République et du Premier ministre, qu’elle accompagne avec loyauté et pragmatisme dans l’édification d’un Sénégal émergent. Chez elle, la politique n’est pas un tremplin personnel, mais une mission de service collectif, un moyen d’améliorer concrètement la vie des populations, en particulier celle des jeunes et des femmes.
Derrière le titre de Directrice générale se dévoile une femme d’influence, mais aussi de cœur. Son dynamisme, sa capacité à fédérer les énergies, son sens aigu du devoir et sa fine compréhension des enjeux socioéconomiques font d’elle une référence en matière de leadership féminin. Sinna Amadou Gaye incarne une jeunesse sénégalaise consciente de ses responsabilités, fière de servir sa nation et déterminée à ériger le travail bien fait en valeur cardinale.
Dans un monde où beaucoup se contentent d’observer les changements, elle fait partie de celles qui les provoquent — par la constance, la compétence et une conviction inébranlable.
La société SEN’EAU a annoncé ce mardi l’application d’un droit de timbre de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure rendue obligatoire par la loi n°2025 du 27 septembre 2025. Dans un communiqué transmis à la presse, l’entreprise précise que cette disposition, entrée en vigueur depuis le 4 octobre 2025, s’applique à l’ensemble des règlements en liquide réalisés auprès de ses guichets.
« En application de la loi n°2025 du 27 septembre 2025, un droit de timbre de 1 % est à payer en sus sur tous les règlements en espèces, quel qu’en soit le montant », indique SEN’EAU. Cette décision découle de la volonté des autorités fiscales de réduire les transactions en cash et d’encourager l’utilisation de moyens de paiement électroniques, jugés plus sûrs et plus traçables.
Ce nouveau prélèvement concerne uniquement les paiements en espèces. Les clients qui règlent leurs factures par chèque, virement bancaire ou via les plateformes de mobile money ne sont donc pas concernés par cette taxe. SEN’EAU souligne que le montant du droit de timbre sera calculé sur la base du montant total réglé, avant d’être ajouté au paiement dû.
L’entreprise précise qu’elle se conforme strictement aux nouvelles dispositions fiscales adoptées par l’État et assure qu’aucun prélèvement supplémentaire ne sera appliqué en dehors du cadre légal.
Cette mesure, bien qu’elle suscite déjà des interrogations parmi certains usagers, s’inscrit dans une politique plus large de modernisation du système de recouvrement des taxes et de promotion de la digitalisation des paiements au Sénégal.
Pour les consommateurs, cette réforme représente un léger surcoût sur les paiements en liquide, mais elle vise, selon le ministère des Finances, à renforcer la transparence fiscale et à favoriser les transactions électroniques, considérées comme un levier de modernisation de l’économie nationale.
Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a franchi une étape majeure dans la promotion de l’inclusion financière au Sénégal. Mardi, à Dakar, le ministre Alioune Dione a présidé la signature de conventions d’un montant global de 6,826 milliards FCFA avec plusieurs institutions de microfinance partenaires. Cet engagement marque le lancement effectif du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU), un programme stratégique visant à renforcer l’accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables.
Selon le ministre, le PACTIFU « formalise le cadre de collaboration entre le ministère et l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal) », conformément à la stratégie de finance ciblée adoptée en Conseil des ministres du 18 décembre 2024. L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la microfinance un levier central de la lutte contre la pauvreté et de la relance économique inclusive.
Au total, 18 conventions individuelles ont été signées pour un montant de 5,267 milliards FCFA, tandis que six institutions de microfinance ont reçu des chèques symboliques représentant 1,559 milliard FCFA, portant ainsi le total à plus de 6,8 milliards FCFA. Ces financements seront principalement orientés vers les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), notamment dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. L’objectif est clair : encourager la substitution aux importations, stimuler la production locale et favoriser la création d’emplois durables à travers un modèle économique équitable et participatif.
Alioune Dione a exhorté les institutions bénéficiaires à concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et adaptés aux besoins des populations cibles, tout en respectant des normes rigoureuses de gouvernance, de transparence et de performance sociale. Il a également insisté sur l’importance de lier la rentabilité économique à des finalités sociales concrètes, notamment la réduction de la pauvreté et l’autonomisation des femmes et des jeunes, deux priorités de la politique nationale d’inclusion.
En conclusion, le ministre a rappelé que la finance islamique devait jouer un rôle de plus en plus déterminant dans ce dispositif. À travers le développement des coopératives productives solidaires (CPS), ce modèle alternatif constitue, selon lui, « un pilier essentiel du développement national », capable d’offrir des solutions éthiques et durables à la finance traditionnelle.
Depuis le 4 octobre 2025, un changement important est entré en vigueur pour les clients de la société nationale des eaux, SEN’EAU. Désormais, tous les paiements effectués en espèces sont soumis à un droit de timbre de 1 %, conformément à la loi N°2025 promulguée le 27 septembre 2025. Cette nouvelle disposition fiscale concerne l’ensemble des usagers, sans distinction de catégorie, et s’applique à toutes les transactions réglées en liquide, quel que soit le montant concerné.
Concrètement, chaque client qui choisit de payer sa facture d’eau en espèces devra désormais supporter un léger surcoût correspondant à 1 % du montant total versé. Ainsi, une facture de 10 000 F CFA payée en liquide reviendra à 10 100 F CFA, les 100 F CFA supplémentaires représentant le droit de timbre exigé par la nouvelle réglementation. SEN’EAU précise que cette mesure ne résulte pas d’une décision interne, mais découle directement des nouvelles obligations fiscales imposées par le gouvernement sénégalais.
Selon les autorités, cette réforme s’inscrit dans une politique nationale visant à moderniser le système fiscal, à renforcer la transparence et à encourager la traçabilité des transactions financières. Le gouvernement entend ainsi limiter la circulation excessive d’espèces dans l’économie, un phénomène souvent associé à l’informalité et à la difficulté de suivi des flux financiers. L’objectif est également d’inciter les citoyens et les entreprises à privilégier les moyens de paiement électroniques, jugés plus sûrs, plus pratiques et plus faciles à contrôler.
De son côté, SEN’EAU invite sa clientèle à prendre en compte cette nouvelle taxe lors du règlement de leurs factures et recommande vivement de privilégier les paiements dématérialisés — notamment par transfert mobile, carte bancaire ou autres solutions numériques disponibles. L’entreprise rappelle que ces canaux offrent plusieurs avantages, dont la sécurité, la rapidité et l’absence de frais supplémentaires liés au droit de timbre.
La journaliste et patronne de presse Aïssatou Diop Fall se retrouve au cœur d’une tempête médiatico-financière après avoir été accusée par la Banque nationale pour le développement économique (BNDE) de « détournement » de fonds. L’affaire porte sur un prêt d’environ 100 millions de francs CFA, contracté en 2022 par sa société Prod ADF (SUARL), dans le cadre du lancement et du développement d’un groupe médiatique indépendant.
Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi, la fondatrice du média a tenu à apporter des éclaircissements sur ce dossier qui, selon elle, « prend une tournure injuste et malveillante ». Aïssatou Diop Fall a d’abord rappelé que le financement obtenu auprès de la BNDE entrait dans le cadre d’un partenariat transparent, soutenu par des mécanismes publics de garantie destinés à encourager l’entrepreneuriat féminin.
Elle a précisé que le montant du crédit avait été intégralement investi dans la mise en place de l’infrastructure technique et numérique de sa société, notamment la création de la chaîne YouTube du groupe, l’achat de matériel logistique, ainsi que la constitution d’un fonds de roulement pour assurer le fonctionnement quotidien de l’entreprise. « Chaque franc déboursé a été justifié et utilisé conformément à l’objet du prêt », a-t-elle déclaré face à la presse.
Concernant les modalités financières, la patronne de Prod ADF a indiqué avoir versé un dépôt de garantie équivalent à 20 % du montant total du prêt, tandis que le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) couvrait 50 % du risque bancaire. Elle affirme par ailleurs avoir respecté ses engagements initiaux en procédant à des remboursements mensuels d’environ 1 650 000 FCFA.
Toutefois, la journaliste admet que sa société a traversé une période difficile, marquée par des « attaques répétées contre son média », ce qui aurait considérablement fragilisé sa trésorerie. Face à cette situation, elle dit avoir sollicité une restructuration de la dette, conformément aux pratiques courantes dans le milieu bancaire. Cette demande, selon elle, avait été « reçue favorablement » par les services de la BNDE.
C’est donc avec « étonnement » qu’elle dit avoir appris, quelque temps plus tard, qu’une réclamation de 49 millions de francs CFA lui était adressée sous le régime UTN (Unité de Travail Nationale), accompagnée d’une plainte pour détournement. « Comment peut-on parler de détournement alors que le prêt a été utilisé pour les besoins mêmes de l’entreprise, avec un suivi régulier des décaissements ? » s’est-elle interrogée.
Pour Aïssatou Diop Fall, cette affaire s’apparente à une « cabale financière » visant à ternir son image et à affaiblir un média indépendant, porté par une femme entrepreneure. Elle a annoncé son intention de faire valoir ses droits devant la justice afin de rétablir la vérité et de défendre la réputation de son entreprise.
Dans le cadre de la politique de réorganisation et de libération de l’espace public, le Préfet du département de Mbour, Amadou Diop, a annoncé le lancement d’une vaste opération de retrait systématique des épaves de véhicules sur l’ensemble du périmètre communal. Cette initiative, d’envergure départementale, débutera officiellement le mardi 4 novembre 2025, selon un communiqué rendu public le 21 octobre.
Cette mesure s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités locales de remettre de l’ordre dans l’occupation des voies publiques et d’améliorer le cadre de vie des populations. En effet, la présence d’épaves de véhicules dans plusieurs quartiers de Mbour constitue depuis des années une véritable source de désordre urbain, d’insalubrité et parfois même d’insécurité. En procédant à leur enlèvement, l’administration préfectorale entend assurer la libre circulation des personnes et des biens, tout en favorisant une meilleure fluidité du trafic.
Le communiqué précise également que cette opération vise à renforcer la sécurité routière et à promouvoir un environnement plus sain et plus agréable pour les habitants. Les véhicules abandonnés ou stationnés de manière irrégulière sur la voie publique seront donc retirés par les services compétents à compter du 4 novembre. Toutefois, avant le démarrage effectif de cette campagne, le Préfet invite tous les propriétaires concernés à procéder, de manière volontaire, à l’enlèvement de leurs véhicules afin d’éviter toute mesure coercitive.
Amadou Diop a par ailleurs tenu à rappeler que cette initiative s’inscrit dans une logique d’intérêt général et ne vise nullement à sanctionner, mais à restaurer l’ordre et la propreté dans l’espace public. Il en appelle ainsi au sens du civisme, de la responsabilité et de la collaboration de tous les citoyens pour la réussite de cette opération.
Le Préfet a conclu en soulignant que la réussite de cette campagne dépendra de l’engagement collectif des populations, des collectivités locales et des forces de l’ordre, mobilisées pour redonner à Mbour un visage plus harmonieux et sécurisé.
Une opération de grande envergure a été menée par les éléments du commissariat de Jaxaay, à la suite de dénonciations répétées faisant état de fréquentations jugées douteuses dans un appartement situé à la Cité Kalia. Ces signalements faisaient mention de rassemblements réguliers d’individus du même sexe, ce qui a suscité la vigilance des forces de l’ordre.
Selon le journal Libération, les policiers ont effectué une descente musclée dans la nuit du week-end dernier, aboutissant à l’arrestation de dix-sept personnes, dont une femme. Les mis en cause ont été identifiés comme suit : Djiby Sèye, âgé de 32 ans et commerçant domicilié aux Parcelles Assainies ; Ameth Thiam, 22 ans, tailleur résidant à Malika Plage ; Mouhamet Seck, 25 ans, tailleur à Yeumbeul ; Pape Mbaye, 28 ans, également tailleur et habitant Rufisque ; Alé Lô, 18 ans, danseur originaire de Guédiawaye ; Mayacine Guèye, 36 ans, tailleur à Guédiawaye ; Serigne Saliou Fall, 27 ans, commerçant à Almadies 2 ; Assirou Niang, 25 ans, footballeur à Guédiawaye ; Aly Sané, 34 ans, tailleur à Louga ; Mouhamed Diakhaté, 18 ans, élève domicilié à Liberté 6 ; Cheikh Mbaye, 25 ans, commerçant à Keur Massar ; Aliou Cissé, 22 ans, mécanicien à Diamniadio ; Mbaye Seck, 20 ans, tailleur à Guédiawaye ; Serigne Bara Kanté, 32 ans, étudiant résidant au Lac Rose ; Mamadou Baldé, 23 ans, artiste à Grand-Yoff ; et enfin Balla Kane, 20 ans, conducteur de moto-taxi domicilié à Jaxaay.
Lors de l’intervention, la plupart des suspects étaient en tenue d’Adam, certains étant même surpris en pleins ébats sexuels. Les policiers ont découvert sur place plusieurs préservatifs usagés éparpillés dans les toilettes, des huiles de massage, des lubrifiants ainsi qu’un cornet de chanvre indien déjà entamé.
Une femme, identifiée comme Seynabou Ndong, née en 2002 à Kaolack, se trouvait également dans l’appartement. Elle a déclaré exercer comme travailleuse du sexe, mais sans détenir de carnet sanitaire, ce qui constitue une infraction supplémentaire au regard de la réglementation en vigueur.
Le conflit foncier opposant la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), dirigée par Fadilou Keita, à la famille de feu l’homme d’affaires Diallo Pitch, vient de franchir un nouveau cap. À Bambilor, des bulldozers envoyés par la CDC ont envahi le champ d’exploitation agricole appartenant à la famille Diallo, détruisant l’ensemble des plants cultivés depuis plusieurs mois. Cette opération, menée sous forte présence sécuritaire, a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur la gestion foncière au Sénégal.
Selon les informations recueillies sur place, le site agricole, exploité depuis des années par la famille Diallo, aurait été au centre d’un litige foncier opposant les héritiers à la CDC. La semaine dernière déjà, le gardien du terrain avait été expulsé manu militari, avant qu’une conférence de presse organisée par la famille pour dénoncer « une spoliation en règle » ne soit brutalement interrompue par la gendarmerie.
L’incident a pris une tournure nationale après la diffusion d’une vidéo par Cheikh Fall Guéye, membre du comité d’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Sur les images devenues virales, on voit un bulldozer raser méthodiquement les champs verdoyants de la famille Diallo, sous les regards impuissants de ses membres. La scène a profondément choqué l’opinion publique, relançant les critiques sur les méthodes jugées expéditives de certaines institutions publiques en matière de gestion des terres.
Dans une longue publication, Cheikh Fall Guéye a dénoncé ce qu’il qualifie de « visage brutal de la gestion foncière au Sénégal ». Selon lui, « derrière les mots techniques comme expropriation, déguerpissement ou contentieux, se cache une réalité plus crue : celle d’une famille qu’on prive de sa terre, de ses efforts et de sa récolte… parfois en une matinée ». Le chroniqueur s’interroge : « Fallait-il vraiment envoyer des bulldozers avant la moisson ? Fallait-il, au nom de la légalité, sacrifier la dignité et la patience d’une famille qui a cultivé, entretenu et fait vivre ce sol ? » Pour lui, l’État a, une fois de plus, « choisi la force au détriment du bon sens ».
Le professeur et journaliste Khalifa Ababacar Gaye a également fustigé l’attitude de la CDC. Dans une publication très partagée, il a écrit : « Mon sang de paysan ne peut que dénoncer cette cruauté face à cette culture détruite en deux temps trois mouvements. Peu importe le contentieux, il fallait attendre la moisson. C’est cela, humaniser la justice et le droit. »
Sur les réseaux sociaux, les réactions d’indignation se sont multipliées. De nombreux internautes ont exprimé leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la dignité humaine. « Ce qui manque dans ce pays, c’est l’empathie, savoir se mettre à la place de l’autre, ne serait-ce qu’un instant. Cet acte est lâche et ignoble. Attendez au moins qu’ils fassent leur récolte, bon sang ! », s’est emportée Adja Mbeya sur Facebook.
Un vaste trafic de carburant vient d’être mis à nu par la Brigade de recherches de la compagnie de Keur Massar. Les gendarmes, agissant sur la base d’un renseignement anonyme, ont interpellé un commerçant en flagrant délit de détention et de vente illicite de produits pétroliers. L’opération, minutieusement préparée, s’est soldée par la saisie de 770 litres de gasoil et d’essence stockés illégalement à son domicile.
Tout a commencé lorsqu’une source anonyme a alerté les forces de l’ordre sur l’existence d’un trafic de carburant à l’orée de la commune de Niague, plus précisément à Keur Marème Mbengue, dans le secteur du Lac Rose. Selon les informations recueillies, un individu y écoulait régulièrement du gasoil et de l’essence en dehors des circuits légaux.
Face à cette information, les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar ont rapidement mis en place une opération d’observation et de surveillance. L’objectif était de confirmer les soupçons et de surprendre le principal suspect en pleine activité.
Le samedi 18 octobre 2025, l’équipe de surveillance décide de passer à l’action. Les gendarmes, en civil, se rendent discrètement au domicile du suspect. Ils y trouvent le commerçant, identifié sous le nom de A. Baldé, né en 1990, en train de procéder à l’équilibrage de la contenance de plusieurs bidons remplis de carburant. Pris sur le fait, il est immédiatement interpellé.
La perquisition menée dans la foulée permet de mesurer l’ampleur du trafic. Les enquêteurs découvrent une impressionnante réserve de produits pétroliers entreposés à l’intérieur de la maison. Au total, 35 bidons de 20 litres de gasoil et d’essence, 5 bidons de 10 litres de gasoil et 20 bidons d’un litre d’essence sont saisis, pour un volume global de 770 litres.
Interrogé sur la provenance de ce carburant, A. Baldé a refusé de livrer l’identité de ses fournisseurs. Il a simplement déclaré qu’il s’agissait de « personnes qu’il croisait occasionnellement », une version jugée peu crédible par les enquêteurs.
À la suite de son arrestation, le commerçant a été conduit dans les locaux de la Brigade de recherches de Keur Massar, où il a été placé en garde à vue. Les bidons de carburant ont été saisis et consignés comme pièces à conviction.
Au terme de l’enquête préliminaire, A. Baldé a été déféré lundi dernier devant le parquet pour trafic illicite de produits pétroliers, une infraction passible de lourdes sanctions prévues par la législation sénégalaise.
Selon des informations exclusives rapportées par le journal L’Observateur, la série d’attaques à main armée qui avait récemment semé la terreur à Linguère, Thiès et Kathialy vient de connaître un tournant décisif. Les forces de police ont réussi à mettre la main sur une redoutable bande criminelle, dirigée, d’après les enquêteurs, par un personnage bien connu des réseaux sociaux : le tiktokeur Samba Kâ, alias « Rang Mouy Gaaw ». Ce dernier, âgé de 34 ans et originaire de Diaffé, a été arrêté hier en compagnie de la majorité de ses complices, marquant ainsi l’un des coups de filet les plus marquants de ces derniers mois.
Les éléments du Commissariat urbain de Linguère, à l’origine de cette opération, enquêtaient depuis plusieurs semaines sur une série de braquages audacieux qui avaient visé notamment des points de transfert d’argent et des établissements commerciaux. Le nom de Samba Kâ était apparu très tôt dans l’enquête comme celui du principal suspect. Berger de profession mais devenu une figure populaire sur TikTok, il est désormais présenté par la police comme le cerveau présumé du braquage du point Wave de Linguère, survenu dans la nuit du 8 au 9 septembre 2025.
L’arrestation du tiktokeur a été rendue possible grâce à une enquête minutieuse et à la coopération de plusieurs commissariats de la région. D’après L’Observateur, un de ses présumés complices, M. Diop, vigile originaire de Kathialy, a été le premier à tomber. Interpellé par la police, celui-ci a livré des aveux partiels, niant toute implication directe dans le braquage, mais désignant formellement Samba Kâ comme « le cerveau » de l’opération. Ces déclarations ont suffi à déclencher une vaste traque policière, qui s’est soldée par l’arrestation du principal suspect après plusieurs jours de filature et de ratissage.
Dans le cadre de cette même opération, huit autres individus ont été interpellés. Parmi eux figurent A. Dia, maçon âgé de 33 ans, A. Diouga, maçon de 23 ans, N. Diouga, 38 ans, et S. Diouga, ouvrier de 25 ans, tous domiciliés à Kathialy, ainsi que I. Fall, conducteur de moto-Jakarta résidant à Linguère. Tous seraient impliqués, à divers niveaux, dans les attaques menées ces dernières semaines dans la région.
Les investigations en cours ont permis d’établir des liens entre cette bande et plusieurs autres braquages perpétrés dans le centre du pays. Les enquêteurs soupçonnent notamment le groupe d’être à l’origine de trois attaques majeures : celle du point Wave de Linguère, celle de la station-service Elton de Thiès, et celle du restaurant Yaye Awa à Kathialy. Ces soupçons sont appuyés par des preuves matérielles et des enregistrements issus de caméras de surveillance, qui auraient permis d’identifier plusieurs membres du réseau lors des faits.
La police, qui se félicite de cette avancée significative, reste toutefois prudente. Des sources proches de l’enquête indiquent que certains complices présumés sont toujours en fuite et activement recherchés. Les forces de l’ordre poursuivent donc leurs opérations afin de mettre un terme définitif aux agissements de cette bande, dont les méthodes violentes et la mobilité avaient jusque-là compliqué le travail des enquêteurs.
Un vaste réseau mêlant proxénétisme et trafic de drogue a été mis à jour par les forces de sécurité sénégalaises dans le quartier huppé des Almadies, à Dakar. Selon les informations rapportées par Le Témoin dans son édition de mardi, ce réseau bien structuré opérait au cœur même de la capitale et ciblait une clientèle triée sur le volet, composée de personnalités influentes et de membres de la haute société.
À la tête de cette organisation se trouverait une jeune femme du nom de A. Diallo, issue d’un milieu aisé et particulièrement connue dans les milieux mondains dakarois. Cette figure de la jet-set gérait, d’après les premières investigations, un réseau de prostitution haut de gamme tout en fournissant à ses clients des substances stupéfiantes, notamment de la cocaïne et d’autres drogues dures.
A. Diallo n’agissait pas seule. Elle bénéficiait du concours d’une complice, une étudiante djiboutienne également bien introduite dans les cercles festifs de la capitale sénégalaise. Ensemble, les deux femmes auraient mis en place un système sophistiqué, combinant soirées privées, livraisons discrètes et couverture médiatique soigneusement entretenue.
Cependant, l’étau s’est rapidement resserré autour du réseau. Une série d’opérations de surveillance et d’interpellations menées par les forces de sécurité ont permis d’identifier plusieurs membres actifs et d’arrêter certains intermédiaires. Des quantités importantes de drogue, ainsi que du matériel compromettant, auraient été saisis lors des perquisitions.
Pendant ce temps, les deux principales suspectes, conscientes de la gravité de la situation, auraient pris la fuite. Des sources proches de l’enquête indiquent qu’elles se trouveraient actuellement à Dubaï, où elles sont activement recherchées grâce à une collaboration entre les autorités sénégalaises et leurs homologues étrangères.
L’affaire, encore en cours d’instruction, suscite déjà une vive émotion à Dakar, tant par l’identité des personnes impliquées que par les ramifications sociales et économiques du réseau. La révélation prochaine de l’identité complète de la principale suspecte pourrait faire grand bruit dans les milieux mondains et relancer le débat sur les dérives liées à la débauche, à la drogue et à l’argent facile dans certains cercles de la capitale.
Le Sénégal subit de plein fouet les effets du changement climatique et les populations rurales en ressentent les conséquences les plus directes. Selon la première Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité de la population selon le genre (ENREVG), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), plus de 60% des agriculteurs et éleveurs ont enregistré une baisse de rendement en raison des aléas climatiques. Les femmes sont particulièrement touchées : 62,2% d’entre elles déclarent une diminution de leur production contre 59,5% chez les hommes. En milieu rural, la situation est encore plus préoccupante puisque 68,2% des producteurs ont vu leurs rendements chuter contre 42,4% en milieu urbain. Les régions de Kolda (81,3%), Sédhiou (79,8%), Kaffrine (74,7%) et Fatick (74,6%) figurent parmi les plus affectées. Les écarts de genre persistent à travers tout le territoire. À Dakar, par exemple, 40,5% des femmes rapportent une baisse de rendement contre seulement 14% des hommes. Des disparités similaires s’observent dans des zones agricoles clés comme Diourbel (52,3% contre 36%), Kaolack (69,8% contre 57,9%), Kaffrine (74,7% contre 74,6%) et Fatick (74,7% contre 74,6%). En effet, l’accès limité des femmes à la terre, aux intrants et aux équipements agricoles accentue leur vulnérabilité. D’après les agriculteurs et éleveurs, cette situation est principalement due aux vagues de chaleur récurrentes (81,7%), l’augmentation des températures (66,9%), la diminution des précipitations (59,4%), la dégradation des terres (44%) et la désertification (35,8%). Parallèlement, la pêche n’est pas épargnée. Près de 40% des pêcheurs ont dû augmenter leur temps de travail pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques et à la dégradation de l’environnement marin. Les pêcheurs des zones urbaines sont davantage affectés (57%) que ceux des zones rurales (12,9%). Cependant dans ce secteur, les hommes restent les plus nombreux à prolonger leurs heures de pêche (47,1% contre 1,6% de femmes). Cette intensification du travail en mer est surtout liée aux vagues de chaleur récurrentes (88,8%), à la perte de biodiversité aquatique (84%), à l’augmentation des températures (67,6%) et aux épisodes de froid extrême (64,8%). Les résultats de l’étude mettent également en évidence que sur les dix premiers évènements/phéno-mènes climatiques, les femmes enregistrent des proportions plus élevées que celles des hommes en cas de perte de biodiversité aquatique / raréfaction des espèces (100% contre 83,9%), d’épisodes de froid extrême récurrents (100,0% contre 64,5) et de perte de la biodiversité terrestre et aérienne / raréfaction des espèces (81,6% contre 61,6%). Entre sécheresses, inondations, érosion côtière et perte de biodiversité, le Sénégal est confronté à une série de crises climatiques qui fragilisent les moyens de subsistance et aggravent les inégalités. Ces bouleversements menacent la sécurité alimentaire et accentuent la précarité, notamment chez les femmes. Face à ces défis, les résultats de l’enquête de l’ANSD et d’ONU Femmes rappellent l’urgence d’une adaptation inclusive, qui devrait tenir compte du rôle et des besoins spécifiques des femmes dans la résilience climatique. Qu’elles cultivent la terre ou jettent leurs filets en mer, ce sont elles qui, souvent, subissent le plus durement les caprices d’une nature en perpétuelle mutation.
Le député Thierno Alassane Sall a annoncé le lancement d’une mission de terrain dans les départements de Kébémer et de Louga à partir du jeudi 23 octobre 2025, pour une durée de quatre jours. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une initiative d’envergure nationale destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du Sénégal.
L’ancien ministre de l’Énergie a précisé que cette visite vise avant tout à « vérifier concrètement les taux de réalisation », à évaluer la matérialité des chantiers en cours et à constater sur place la disponibilité des équipements installés. Pour Thierno Alassane Sall, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité et de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’électrification rurale.
Le projet ASER-AEE Power EPC, confié à la société AEE Power, ambitionne de connecter des centaines de villages aux réseaux électriques nationaux ou isolés. L’avance de démarrage, fixée à 37 milliards de francs CFA, devait permettre à terme l’électrification de plus de 500 localités réparties principalement entre les régions de Louga et de Saint-Louis. Ces zones figurent parmi les plus concernées par le déficit énergétique rural, avec de nombreux villages encore privés d’électricité malgré les engagements pris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).
En choisissant de commencer sa tournée dans ces départements du nord, Thierno Alassane Sall entend poser un regard critique sur la gestion et le rythme d’exécution du programme. Selon lui, « il est impératif de s’assurer que les chantiers avancent réellement, que les ressources investies servent à ce pour quoi elles ont été débloquées, et que les populations rurales bénéficient effectivement du droit fondamental à l’énergie. »
Le parlementaire a également invité la presse nationale à accompagner cette mission afin de garantir une couverture médiatique transparente de la situation sur le terrain. Pour lui, la lumière publique constitue un levier essentiel de la bonne gouvernance : « Plus les citoyens sont informés, plus les acteurs sont redevables et efficaces. »
Le projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, s’il est conduit à terme dans les conditions prévues, pourrait contribuer à réduire significativement les inégalités énergétiques entre les zones urbaines et rurales, tout en stimulant l’activité économique locale à travers l’éclairage public, l’accès à l’eau potable et la dynamisation des petites entreprises.
Cette tournée de contrôle marque ainsi une étape importante dans la volonté de Thierno Alassane Sall d’imposer un suivi rigoureux des projets publics et de s’assurer que les promesses de développement ne restent pas lettre morte dans les zones les plus reculées du pays.
La ville de Rufisque fait face à une situation environnementale de plus en plus alarmante. Confrontée à une érosion côtière accélérée, la vieille cité, l’une des plus anciennes du Sénégal, voit son littoral reculer chaque année sous l’effet de la montée des eaux et des vagues dévastatrices. Devant cette menace qui met en péril des quartiers entiers, le maire Omar Cissé a lancé un appel solennel à l’État du Sénégal pour qu’il engage des actions concrètes et rapides.
Le maire s’exprimait mardi à Dakar lors d’un atelier de l’Initiative pour la résilience en Afrique, un programme conjoint de la GIZ, de la CEDEAO et de l’Union africaine, consacré à la recherche de solutions durables face aux impacts du changement climatique. « Le prochain défi, pour lequel je sollicite l’accompagnement de l’État, c’est la lutte contre l’érosion côtière », a déclaré Omar Cissé, soulignant que le phénomène constitue aujourd’hui un véritable « problème » et un « défi majeur » pour sa municipalité.
À Rufisque, l’avancée de la mer a déjà provoqué la disparition de pans entiers du littoral, détruisant des habitations et menaçant des zones densément peuplées. Certaines parties historiques de la ville, autrefois animées, sont aujourd’hui envahies par les vagues. Pour le maire, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle risque d’empirer si rien n’est fait : « La mairie n’est pas encore parvenue à protéger la ville », a-t-il reconnu, tout en saluant les efforts accomplis dans la lutte contre les inondations, un autre fléau récurrent dans la commune.
Omar Cissé a indiqué que le conseil municipal de Rufisque a engagé plusieurs initiatives pour faire face à la dégradation du littoral, notamment par la sensibilisation des populations et l’identification des zones les plus menacées. Cependant, il admet que les moyens locaux sont limités : « Nous faisons ce que nous pouvons avec nos ressources, mais la nature du problème dépasse les capacités d’une collectivité locale. Nous avons besoin de l’appui de l’État et de ses partenaires techniques et financiers. »
L’édile espère que la rencontre tenue dans le cadre de l’Initiative pour la résilience en Afrique permettra de mobiliser des financements et d’aboutir à des projets concrets, capables de renforcer la résilience de Rufisque face aux impacts du changement climatique. Selon lui, il est temps de passer des études et diagnostics aux actions réelles sur le terrain.
Outre l’érosion, Omar Cissé a également attiré l’attention sur le déficit d’infrastructures de la commune, qui aggrave sa vulnérabilité. Routes dégradées, réseaux d’assainissement insuffisants, absence d’ouvrages de protection côtière : autant de facteurs qui fragilisent encore davantage la ville face aux aléas naturels.
Le cas de Rufisque est loin d’être isolé. De Saint-Louis à Saly, en passant par Joal, Kayar ou Dakar, plusieurs localités du littoral sénégalais subissent de plein fouet les effets de l’érosion marine. Des centaines de familles ont déjà été déplacées, des écoles et des commerces détruits, et des pans d’activités économiques menacés. Selon les experts, près de 70 % du littoral sénégalais présente aujourd’hui un risque élevé d’érosion.
Pour de nombreux observateurs, la réponse doit être nationale et intégrée. Les collectivités locales ne peuvent agir seules face à ce défi environnemental d’une telle ampleur. L’appel du maire de Rufisque résonne donc comme un cri d’alarme pour la sauvegarde d’un patrimoine historique et d’un espace vital, symbole de l’identité urbaine et maritime du Sénégal.
La ville de Saint-Louis s’apprête à vivre une importante opération de désencombrement de la voie publique. À partir du samedi 25 octobre 2025, la préfecture du département lancera une campagne de retrait systématique des épaves de véhicules abandonnés ou en stationnement irrégulier dans l’ensemble du périmètre communal.
Dans un communiqué signé par Abdoukhadre Dieylani Bâ, adjoint au préfet, les autorités administratives précisent que cette mesure s’inscrit dans une politique de réorganisation urbaine visant à rendre à la circulation et aux riverains les espaces publics longtemps occupés par des carcasses de véhicules et autres obstacles.
Selon le communiqué, l’opération a plusieurs objectifs : assurer la libre circulation des personnes et des biens, améliorer le cadre de vie des habitants, mais aussi renforcer la sécurité et la salubrité publiques. En effet, les épaves de véhicules, souvent abandonnées sur les trottoirs, dans les parkings ou le long des artères principales, constituent à la fois une gêne à la mobilité urbaine et un risque sanitaire. Elles favorisent l’insalubrité et servent parfois de repaires à des activités illicites.
La préfecture invite d’ores et déjà les propriétaires concernés à procéder volontairement à l’enlèvement de leurs véhicules avant le début de l’opération. À défaut, les services techniques compétents interviendront pour le retrait forcé des épaves, aux frais des contrevenants. « Cette mesure n’a pas pour but de punir, mais de restaurer l’ordre et la propreté dans nos espaces publics », souligne une source administrative.
Le préfet du département de Saint-Louis en appelle au sens de civisme et de responsabilité des citoyens pour la réussite de cette initiative d’intérêt général. Il rappelle que la propreté et la fluidité urbaine dépendent aussi de l’implication de chaque habitant dans la préservation de son environnement immédiat.
Cette campagne s’inscrit dans la dynamique nationale de désencombrement des voies publiques, initiée depuis plusieurs mois par le ministère de l’Intérieur et les collectivités territoriales. Après Saint-Louis, d’autres régions du pays devraient suivre dans les semaines à venir, afin d’harmoniser les efforts de modernisation urbaine et d’amélioration du cadre de vie dans toutes les grandes agglomérations du Sénégal.
Avec cette initiative, les autorités locales entendent donner un nouvel élan à la politique d’assainissement et d’embellissement de la ville tricentenaire, fidèle à sa vocation de capitale régionale historique, touristique et culturelle.
Le Sénégal continue de renforcer sa position de modèle africain en matière de transition énergétique. Selon les chiffres officiels communiqués mardi par Cheikh Niane, secrétaire général du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le pays a atteint une puissance installée totale de 1 903,8 mégawatts (MW), dont 29,1 % proviennent désormais des énergies renouvelables.
Cette performance marque une étape importante dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique, lancée depuis plusieurs années pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et favoriser une production d’énergie plus propre et durable.
Lors de l’atelier de validation de l’Enquête nationale sur les énergies renouvelables, Cheikh Niane a insisté sur l’importance d’une approche basée sur des données fiables. « Je réaffirme notre engagement à faire de la donnée statistique et de l’analyse rigoureuse les fondements d’un secteur énergétique performant et résilient », a-t-il déclaré. Cette enquête constitue, selon lui, « la première photographie statistique complète du secteur énergétique sénégalais », intégrant aussi bien les usages des entreprises que ceux des ménages.
Les résultats révèlent toutefois des disparités marquées entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les différents segments économiques. Le directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), Diouma Kobor, a précisé que 93,3 % de la production d’énergie utilisée par les entreprises proviennent encore des sources fossiles, contre 6,7 % d’origine renouvelable. À l’inverse, le monde rural recourt davantage aux énergies vertes grâce à la multiplication des kits solaires individuels et des mini-réseaux électriques autonomes, qui permettent de pallier le déficit de raccordement au réseau national.
Pour Abdou Diouf, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cette enquête offre désormais aux décideurs un outil stratégique pour calibrer les politiques publiques. « Nous avons pu mesurer la puissance installée des systèmes solaires domestiques, le volume réel de production, mais aussi la perception des ménages face aux énergies vertes », a-t-il expliqué. Ces informations serviront à mieux orienter les incitations fiscales, les programmes d’investissement et les projets de modernisation du secteur.
Les partenaires techniques et financiers saluent cette initiative. Catherine Phuong, représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a souligné que cette base de données « parle le langage des banques de développement, des fonds climat et des investisseurs privés ». Elle pourrait ainsi faciliter l’accès du Sénégal aux financements verts et permettre de mettre à jour les indicateurs d’accès universel à l’énergie, notamment la part du solaire dans le mix énergétique.
Pour le secrétaire général Cheikh Niane, cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision d’un Sénégal énergétiquement autonome, fondée sur la transparence statistique, la planification rationnelle et la souveraineté énergétique. « Nous voulons bâtir un secteur solide, durable et souverain, où chaque décision repose sur la preuve », a-t-il conclu.
Le magistrat sénégalais Idrissa Sow a été porté à la tête de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), l’un des organes les plus importants de l’Union africaine en matière de protection et de promotion des droits humains sur le continent. Basée à Banjul, en Gambie, la CADHP a pour mission de veiller au respect et à la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée en 1981, et considérée comme le texte fondateur du système africain de protection des droits fondamentaux.
Cette élection marque une nouvelle étape dans la carrière d’Idrissa Sow, reconnu pour son engagement constant en faveur de la justice, de la gouvernance et des droits humains. Magistrat chevronné, il a exercé plusieurs fonctions de responsabilité au sein de la magistrature sénégalaise avant d’être nommé membre de la CADHP. Son parcours exemplaire et sa connaissance approfondie des enjeux juridiques et institutionnels du continent ont largement plaidé en sa faveur lors du processus de désignation.
Pour le Sénégal, cette nomination revêt une portée symbolique et diplomatique majeure. Selon des sources relayées par Emédia, elle conforte la position du pays comme un acteur de référence sur la scène africaine, notamment dans les domaines de la démocratie, de la transparence institutionnelle et de la promotion des droits de l’homme. Dakar s’impose ainsi comme une voix écoutée dans les débats relatifs à la gouvernance et à l’État de droit en Afrique.
Sous la présidence d’Idrissa Sow, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples devrait renforcer ses actions en matière de suivi des violations des droits fondamentaux, de dialogue avec les États membres de l’Union africaine et de sensibilisation à la culture des droits humains. Les défis sont nombreux, allant de la protection des défenseurs des droits humains à la lutte contre les atteintes aux libertés fondamentales dans certaines régions du continent.
Le journaliste et patron de presse sénégalais Madiambal Diagne est désormais libre de tous ses mouvements en France. Selon des informations obtenues par Seneweb, il a été entendu ce mardi devant le parquet général de Versailles dans le cadre de la procédure d’extradition engagée contre lui à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par le Sénégal.
Au cours de son audition, Madiambal Diagne a présenté sa version des faits et apporté des éclaircissements sur sa situation judiciaire, notamment sur les raisons pour lesquelles il conteste le mandat d’arrêt dont il fait l’objet. La Cour d’appel, après examen du dossier, a estimé qu’il n’était pas nécessaire de le maintenir en détention. Elle a ainsi autorisé son retour à son domicile, mais sous contrôle judiciaire, le temps que la procédure suive son cours.
Le contrôle judiciaire implique que le journaliste reste à la disposition de la justice française en attendant la décision définitive concernant sa possible extradition vers le Sénégal. Cette mesure traduit une forme de liberté encadrée, sans placement en détention provisoire.
Dans un communiqué rendu public, le collectif d’avocats de Madiambal Diagne a vigoureusement dénoncé la procédure en cours, qualifiant la demande d’extradition d’« infondée » et « politiquement motivée ». Ses conseils estiment que les accusations mentionnées dans le mandat sénégalais ne reposent sur aucun élément concret et que leur client fait l’objet d’une instrumentalisation judiciaire.
Pour rappel, Madiambal Diagne, directeur général du groupe Avenir Communication, est cité dans une information judiciaire ouverte à Dakar. Celle-ci porte sur des transactions financières suspectes d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA, relevées dans un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières).
L’affaire suscite une profonde émotion à Diourbel. Selon les informations rapportées par Libération, le parquet de la ville a procédé, hier, à l’exhumation du corps d’un bébé né prématuré, dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte après un drame survenu devant l’hôpital régional Heinrich Lübke. Les premiers éléments de l’enquête sont particulièrement accablants et laissent entrevoir de graves manquements dans la prise en charge médicale de la mère.
D’après le récit du journal, tout est parti d’un signalement reçu par la police le samedi 18 octobre 2025, aux environs de 15 heures. Les autorités ont été informées qu’une jeune femme avait accouché la veille, entre 21 heures et 22 h 30, juste devant la porte principale de l’hôpital régional. Selon les premières constatations, la patiente s’était présentée dans la structure sanitaire pour y accoucher, mais elle aurait été refoulée par le personnel de la maternité au motif qu’il n’y avait « pas de place » disponible.
Livrée à elle-même, en plein travail, la jeune femme aurait fini par accoucher devant la devanture de l’hôpital, dans des conditions extrêmement précaires. Le nouveau-né, né prématurément, serait décédé sur place, avant même de recevoir la moindre assistance médicale.
Alerté, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Diourbel a immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de situer les responsabilités. Dans le cadre de cette procédure, plusieurs témoignages ont déjà été recueillis, notamment celui de la grande sœur de la victime, Ndiague Ndiaye, dite Astou Ndiaye, âgée de 44 ans et domiciliée à Ngohé.
Entendue par les enquêteurs, cette dernière a confirmé que sa sœur n’avait pas été admise à la maternité malgré les signes évidents d’un accouchement imminent. Elle a également précisé que le personnel n’était intervenu qu’après la naissance du bébé, alors que celui-ci ne présentait plus de signes de vie. Le corps du nourrisson a ensuite été enterré le lendemain, samedi, dans leur village natal de Ngohé.
Face à la gravité des faits, le parquet de Diourbel a ordonné l’exhumation du corps du bébé afin de permettre la réalisation d’une autopsie. Cette expertise médicale vise à déterminer les causes exactes du décès et à établir s’il résulte d’une négligence ou d’un retard dans la prise en charge de la mère.
Parallèlement, les auditions se poursuivent au sein des services de police. Plusieurs membres du personnel de la maternité ont été convoqués et entendus sur procès-verbal. Certains agents seraient directement mis en cause dans le rapport préliminaire consulté par Libération, lequel fait état de graves manquements dans la chaîne de soins et de responsabilité médicale.
Une vive protestation a éclaté à Madina Baffé, où les jeunes et notables de la localité ont organisé une marche pacifique pour dénoncer ce qu’ils qualifient de gestion « opaque et discriminatoire » des opportunités d’emploi au sein de la société minière Managem. Cette mobilisation, conduite par Souleymane Samoura, Fodé Alpha Tandian et Taha Camara, visait à attirer l’attention des autorités locales et nationales sur un malaise social grandissant au sein des populations riveraines.
Les manifestants, rassemblés dans une atmosphère à la fois calme et déterminée, ont exprimé leur profond sentiment d’exclusion face aux recrutements effectués par la société minière. Selon eux, les jeunes de Madina Baffé et des villages environnants sont largement écartés des emplois offerts, alors même qu’ils subissent directement les impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière. « Nous réclamons simplement justice et équité », ont scandé les protestataires, déplorant une politique d’embauche qui favoriserait des travailleurs venus d’autres régions du pays, voire de l’étranger.
Derrière cette mobilisation se cache un sentiment de marginalisation croissant. Les jeunes accusent Managem de négliger les communautés locales, pourtant premières concernées par les activités de la mine. Ils estiment que cette situation alimente les frustrations et accentue la fracture sociale entre la société minière et les populations hôtes.
Les manifestants ont également lancé un appel appuyé au respect du contenu local, une disposition inscrite dans la législation minière sénégalaise et censée garantir la participation active des entreprises et travailleurs locaux dans la chaîne d’exploitation. Ils reprochent à Managem de recourir massivement à des prestataires extérieurs, ce qui, selon eux, prive les structures locales d’opportunités économiques importantes. Pour les habitants, le respect du contenu local n’est pas seulement une obligation légale, mais un levier essentiel de développement communautaire, capable de créer des emplois durables et de favoriser une redistribution équitable des bénéfices issus de l’exploitation minière.
Au-delà de la revendication d’emplois, les populations de Madina Baffé appellent à une meilleure prise en compte de la responsabilité sociale de l’entreprise. Elles exhortent les autorités administratives et les dirigeants de Managem à instaurer un dialogue franc, inclusif et constructif afin d’apaiser les tensions et de répondre aux attentes légitimes des riverains.
Le quartier de Golf-Sud, non loin de Cambérène, a été le théâtre d’un drame d’une rare violence dans la nuit du 16 au 17 octobre 2025.
Aliou Badara Tall, âgé de 41 ans, originaire du village de Diakhaté dans la commune de Ndiédieng (département de Kaolack), et vigile de profession, a été sauvagement agressé à l’arme blanche vers trois heures du matin, selon des sources proches de la victime.
Malgré son évacuation d’urgence à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, le quadragénaire a succombé à ses blessures d’une extrême gravité.
Selon le certificat d’inhumation, l’agression subie par A. B. Tall témoigne d’une brutalité inouïe. Le rapport médico-légal établi par le chef du service d’Anatomie et de Cytologie Pathologiques de l’hôpital Idrissa Pouye fait état de plaies profondes et létales.
Résidant aux Parcelles Assainies, Unité 11, la victime serait décédée d’un choc hémorragique secondaire à une plaie pénétrante de la région parotidienne gauche.
L’arme utilisée, vraisemblablement une lame tranchante de grande taille, aurait provoqué des lésions irréversibles : section de la veine jugulaire externe, atteinte du nerf vague et de l’artère carotide externe, ainsi qu’une perforation de l’oropharynx, avec présence de sang dégluti dans l’estomac, selon le rapport médical.
Très éprouvée, la famille du défunt dénonce un acte barbare et réclame justice.
« Nous ne voulons pas que cette affaire soit étouffée. Il a simplement fait son travail. Il mérite justice », a déclaré Omar Cissé, un proche parent de la victime.
Le commissariat d’arrondissement de Golf-Sud a ouvert une enquête afin d’identifier et d’arrêter l’auteur ou les auteurs de ce crime d’une rare sauvagerie. Les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur les circonstances et les motivations de cette agression mortelle.
Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, a été arrêté en France sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats à Seneweb, mettant ainsi un point d’attention sur une affaire judiciaire qui suscite déjà de vives réactions au Sénégal et au-delà.
Cette arrestation intervient dans le cadre d’une information judiciaire portant sur de présumées transactions suspectes. Selon les premières indications, ces opérations, détaillées dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), concernent un montant total de 21 milliards de francs CFA. Les investigations sont en cours afin de déterminer l’origine et la nature exacte de ces fonds, ainsi que la responsabilité éventuelle de Madiambal Diagne dans ces opérations financières.
Le groupe Avenir Communication, bien connu dans le paysage médiatique et entrepreneurial sénégalais, se retrouve ainsi au cœur d’une affaire qui pourrait avoir des répercussions importantes, tant sur le plan judiciaire qu’économique. Les avocats de Madiambal Diagne n’ont pas encore fait de déclaration officielle sur les suites de cette arrestation, mais le dossier est suivi de près par les autorités compétentes, tant en France qu’au Sénégal.
Cette affaire soulève également des questions sur le contrôle et la transparence des transactions financières de grande envergure dans le pays, et pourrait influencer les prochaines mesures de régulation et de surveillance mises en place par les institutions financières et judiciaires sénégalaises.
Un drame d’une rare violence a secoué la localité de Samakoung, dans le département de Sédhiou, le jeudi 9 octobre 2025. Borry Sonko, un habitant du village, a battu à mort son épouse, B. Mandiang, mère de quatre enfants, après l’avoir soupçonnée d’infidélité. Le meurtrier présumé, qui avait pris la fuite juste après les faits, a été retrouvé en Gambie avant d’être remis aux autorités sénégalaises.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout serait parti d’un simple malentendu conjugal. Ce jour-là, B. Mandiang avait reçu sur son téléphone un transfert d’argent provenant d’un parent établi à Dakar. Cette somme devait être redistribuée à plusieurs membres de sa famille vivant dans la région. Pour éviter toute confusion, la jeune femme a aussitôt appelé l’expéditeur afin de s’assurer de la part de chacun.
C’est à cet instant que son mari, Borry Sonko, a surpris la conversation. Entendant une voix masculine au bout du fil, il a aussitôt cru que son épouse entretenait une relation avec un autre homme. Submergé par la jalousie, il a arraché le téléphone et s’est violemment jeté sur sa femme, la rouant de coups avec une brutalité extrême. Les cris de détresse de la victime ont alerté les proches, qui sont intervenus pour tenter de la sauver.
Au lieu d’alerter les autorités, la famille de Borry Sonko a préféré dissimuler le drame, espérant étouffer l’affaire. Craignant que la gravité des blessures ne soit découverte, ils ont décidé d’évacuer la jeune femme vers l’hôpital régional de Ziguinchor, plutôt que celui de Sédhiou, plus proche. Mais malgré les soins reçus, B. Mandiang a succombé à ses blessures quelques heures après son admission.
À l’annonce de sa mort, le mari violent a immédiatement pris la fuite. Pendant plusieurs jours, il est resté introuvable dans la région avant de franchir la frontière pour se réfugier en Gambie. Pendant ce temps, la gendarmerie de Sédhiou, informée des faits, a ouvert une enquête et procédé aux constats d’usage. La dépouille de la victime a été inhumée le samedi suivant, dans une atmosphère de profonde douleur.
Après dix jours de cavale, la traque du fugitif a finalement pris fin grâce à une étroite collaboration entre les forces de sécurité sénégalaises et gambiennes. Les enquêteurs ont réussi à localiser Borry Sonko dans le village de Bourfout, en territoire gambien. Pris par surprise, il a été arrêté par la police locale avant d’être remis, dimanche dernier, aux gendarmes de Sédhiou.
Entendu par les enquêteurs, le mis en cause a reconnu les faits. Il devrait être déféré dans les prochains jours devant le parquet de Sédhiou pour « homicide volontaire » sur son épouse. Ce drame, qui endeuille une famille et un village tout entier, relance une fois de plus le débat sur les violences conjugales, fléau persistant dans plusieurs régions du pays.
Le son des rires d’enfants a de nouveau envahi les ruelles sablonneuses de Singuère Diola. Après plus de deux décennies d’exode forcé à cause du conflit en Casamance, les habitants de ce petit village de la commune de Kaour, dans le département de Goudomp, célèbrent un symbole fort du retour à la vie : l’ouverture de leur première école élémentaire.
Cette réalisation a été rendue possible grâce au leadership du maire Sékhou Samb Ndiaye, qui a procédé, ce lundi 20 octobre 2025, à la réception officielle de deux (02) salles de classe entièrement construites.
L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un partenariat fructueux entre la municipalité et le Programme de Développement Économique Communal (PDEC).
La cérémonie, présidée par les autorités locales, a réuni une foule nombreuse composée d’enseignants, d’élèves, de parents d’élèves et de notables du village. Tous sont venus témoigner leur reconnaissance pour cette œuvre qui vient renforcer les infrastructures scolaires de la localité.
Prenant la parole, le maire Sékhou Samb Ndiaye a réaffirmé son engagement en faveur de l’éducation :
« Parler peu mais travailler beaucoup, c’est notre credo. Ces deux salles de classe ne sont qu’un début. L’école est le socle du développement et nous continuerons à investir dans l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
Le représentant du PDEC a, de son côté, salué la qualité du partenariat avec la municipalité de Kaour et la rigueur dans l’exécution des travaux. L’entrepreneur, l’équipe municipale et la population ont également été félicités pour leur implication tout au long du processus.
Ces nouvelles infrastructures permettront d’améliorer considérablement les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants, tout en réduisant la surcharge dans certaines classes.
Cette réception marque une étape importante dans la politique de développement local impulsée par la mairie de Kaour, qui fait de l’éducation une priorité.
L’initiative vient ainsi renforcer la dynamique communautaire autour d’un objectif commun : offrir à chaque enfant de Singuère Diola un cadre d’étude digne et propice à la réussite.
La disparition tragique du jeune footballeur sénégalais Cheikh Touré continue de susciter une vive émotion au Sénégal comme dans la diaspora. Depuis l’annonce de son décès à Kumasi, au Ghana, la solidarité ne faiblit pas. En quelques heures seulement, une vaste mobilisation s’est organisée pour venir en aide à sa famille et rapatrier sa dépouille.
À l’initiative de l’influenceur Mame Balla Mbow, une cagnotte en ligne a été lancée afin de couvrir les frais liés au rapatriement du corps et à l’organisation des funérailles. L’élan de générosité a été immédiat : à peine quelques heures après son ouverture, la collecte affichait déjà la somme de 3 405 000 FCFA, soit 68 % de l’objectif fixé.
« J’avais fixé un délai au 10 novembre, pensant que l’objectif ne serait pas atteint rapidement. Nous sommes déjà à 68 %, d’ici quelques heures ce sera fait et nous fermerons la cagnotte », a déclaré Mame Balla Mbow, visiblement ému par la réactivité et la solidarité des internautes.
Le drame remonte au 17 octobre 2025. Cheikh Touré, âgé de 18 ans, avait quitté le Sénégal pour le Ghana après avoir été contacté par des individus se présentant comme des recruteurs de football. Ces derniers lui auraient promis un essai dans un club professionnel ghanéen. Malheureusement, il s’agissait d’un piège macabre. À son arrivée à Kumasi, le jeune joueur aurait été enlevé et retenu en otage, sa famille recevant par la suite des demandes de rançon.
Les circonstances de sa mort demeurent troubles. Selon les premières informations, un individu nommé Issah, qui se serait présenté comme le frère de Cheikh Touré, a conduit le jeune homme à l’hôpital public de Manhyia le 16 octobre, affirmant qu’il souffrait de graves douleurs abdominales. Mais les médecins ont rapidement constaté que le footballeur était déjà décédé à son arrivée. Après ce constat, Issah a transféré le corps à la morgue Ebenezer de Tafo, à Kumasi.
La police régionale d’Ashanti a immédiatement ouvert une enquête afin d’élucider les circonstances du décès. Les enquêteurs ghanéens ont relevé plusieurs incohérences dans les déclarations d’Issah, renforçant la thèse d’un meurtre prémédité. Les autorités du Ghana travaillent désormais en étroite collaboration avec la police sénégalaise pour identifier les auteurs de ce crime et assurer que justice soit rendue.
En attendant les conclusions de l’enquête, la famille de Cheikh Touré reste plongée dans la douleur. Le jeune homme, décrit par ses proches comme « ambitieux, humble et passionné de football », nourrissait de grands rêves de carrière professionnelle. Sa mort tragique met une nouvelle fois en lumière les dérives du trafic de faux recruteurs sportifs, un phénomène en pleine expansion en Afrique de l’Ouest.
Alors que l’émotion reste vive, la mobilisation pour rapatrier le corps du défunt au Sénégal se poursuit, symbole d’une solidarité nationale face à la tragédie.
Dans un élan de solidarité et de soutien à l’éducation religieuse, une association dénommée « Association Nouvelle Vision de l’Éducation, de la Santé et de l’Action Humanitaire » a lancé un ambitieux projet de construction d’un daara moderne et d’un lieu de culte. L’objectif est d’accompagner les sérignes daaras dans leur noble mission de formation spirituelle et sociale des jeunes.
Selon le président de l’association, Thierno Diallo dit “Bilal”, ce projet vise à offrir de meilleures conditions d’apprentissage et d’hébergement aux talibés, tout en permettant aux maîtres coraniques d’évoluer dans un environnement plus digne et structuré.
« Nous voulons moderniser le daara tout en préservant nos valeurs religieuses et culturelles. C’est un devoir moral envers les enfants et les enseignants du Coran », a-t-il déclaré.
Le futur complexe comprendra des salles de classe équipées, un dortoir, un réfectoire, ainsi qu’une mosquée pouvant accueillir plusieurs centaines de fidèles. Il sera érigé à Gokoré, dans la commune de Mbadakhoun, une localité qui ne dispose actuellement d’aucune mosquée.
Pour la réalisation de ce projet, l’association bénéficie du soutien financier d’Elhadji Aboubacar Bop, un partenaire de longue date qui a contribué à la réussite de plusieurs initiatives portées par l’organisation.
Les sérignes daaras et la population de Gokoré Peulh ont salué cette initiative, soulignant qu’elle répond à un besoin urgent de modernisation des structures d’enseignement religieux, tout en respectant la tradition islamique sénégalaise.
Ce projet symbolise une nouvelle étape dans l’amélioration des conditions de vie et d’éducation dans les daaras, au service d’un islam de paix, de savoir et de solidarité.
Lors d’une récente cérémonie religieuse, Thierno Diallo “Bilal” a lancé un vibrant appel aux bonnes volontés, les invitant à soutenir toutes les initiatives à caractère religieux qui contribuent à la cohésion sociale et au développement spirituel du pays.
Il a également interpellé le président Bassirou Diomaye Faye, l’invitant à accompagner et encourager les porteurs de projets religieux œuvrant pour la paix, la solidarité et le renforcement des valeurs morales au sein des communautés.
Selon M. Diallo, de telles initiatives constituent un levier essentiel pour la stabilité et le développement durable du Sénégal, en favorisant l’unité nationale et la transmission des valeurs culturelles et spirituelles.
Un drame d’une rare douleur secoue la région de Diourbel. Astou Ndiaye, une jeune femme enceinte, a perdu son bébé après avoir été, selon plusieurs témoignages, refoulée à l’entrée de l’hôpital régional de Diourbel, faute de place disponible au service de maternité. Les faits se sont déroulés en fin de semaine, devant l’établissement hospitalier, provoquant une vive émotion et une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.
Face à l’ampleur de la polémique, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cette tragédie.
Invité de l’émission Soir d’Info sur la TFM, Cheikh Seck, secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la santé (FDTS), a réagi à cette affaire en appelant à la prudence et à une analyse approfondie avant tout jugement hâtif. Pour lui, cette situation met en lumière les failles du système de prise en charge des urgences obstétricales, mais elle nécessite avant tout une approche méthodique.
« J’analyse en tant qu’agent de santé. Quand on parle d’hôpital ou de la maternité qui s’y trouve, c’est la structure au sommet de la pyramide sanitaire », a-t-il déclaré. Selon lui, l’hôpital régional de Diourbel, en tant qu’établissement public de santé de niveau 3, dispose d’un plateau technique important et ne peut normalement référer des cas que vers Dakar. « Il faut donc une analyse beaucoup plus profonde par rapport à la situation », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’un audit complet.
Cheikh Seck insiste sur le fait que chaque décès maternel doit faire l’objet d’une enquête détaillée pour situer les responsabilités à tous les niveaux de la chaîne sanitaire. « Cette femme a porté sa grossesse pendant neuf mois. Faisait-elle ses consultations prénatales ? Y a-t-il eu, au cours de ces visites, des anomalies qui justifient qu’elle ne devait pas accoucher dans un poste de santé ? À quel moment est-elle arrivée à l’hôpital ? Tous ces éléments doivent être examinés avant de tirer des conclusions », a-t-il expliqué.
Le syndicaliste pointe également du doigt un autre problème récurrent dans le système de santé : les retards fréquents des patientes à consulter les structures médicales. « Les malades ne viennent souvent pas à temps. Ils attendent le dernier moment et les risques sont énormes. On peut avoir une rupture prématurée de la membrane, une hémorragie. Souvent, les lenteurs avant d’arriver à l’hôpital aggravent la situation », a-t-il regretté.
Toutefois, Cheikh Seck rappelle qu’en matière de santé publique, un principe demeure inaliénable : toute urgence doit être prise en charge, quelles que soient les contraintes de place ou de personnel. « Si des difficultés avaient été détectées, la parturiente ne devait pas être éconduite. Quelle que soit la situation, les urgences doivent être levées. C’est ce qu’on nous apprend en santé publique », a-t-il martelé.
En attendant les conclusions de l’enquête et de l’audit médical annoncé, le syndicaliste invite à la retenue et à la responsabilité. « Il est plus judicieux d’attendre les conclusions de l’audit pour comprendre exactement ce qui s’est passé. C’est à partir de là que nous pourrons parler en toute responsabilité », a-t-il conclu.
La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) se retrouve au centre d’une controverse concernant l’attribution de son marché de gardiennage, suite à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquant un « deal » douteux. Face à l’indignation et aux suspicions d’irrégularités, la Cellule de Passation des Marchés de l’institution a tenu à clarifier la situation en rappelant les règles strictes du Code des Marchés publics.
Selon les informations relayées, la société Fambène Sécurité aurait été écartée du marché malgré une offre inférieure de 13 millions de FCFA par rapport à celle retenue. L’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) se serait, quant à elle, vue attribuer le contrat, suscitant des interrogations sur la légitimité du choix.
Dans un communiqué officiel, la LONASE a apporté des précisions chiffrées. L’appel d’offres ouvert (AOO) a reçu quatre propositions : Sypress Sécurité avec 644 418 828 F CFA, Fambène Sécurité avec 800 834 376 F CFA, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) avec 813 492 000 F CFA, et Vigassistance Sénégal avec 1 495 526 100 F CFA. Si le montant de l’offre de Fambène Sécurité était inférieur de 13 millions à celui de l’ASS, la différence financière n’était pas le seul critère déterminant. Le communiqué souligne que le dossier d’appel d’offres exigeait notamment une attestation de ligne de crédit garantissant la capacité du prestataire à couvrir ses charges de fonctionnement sans dépendre des paiements du marché.
Or, la garantie bancaire fournie par Fambène Sécurité ne remplissait pas cette exigence. La banque mentionnait que la ligne de crédit, pouvant aller jusqu’à 50 millions de FCFA, serait examinée au cas par cas et pouvait être refusée selon sa discrétion, ne constituant donc pas une garantie ferme et absolue. La Commission des Marchés a jugé que cette condition s’écartait substantiellement des exigences du dossier et ne permettait pas d’assurer la bonne exécution du contrat. En conséquence, l’ASS a été retenue, son offre respectant l’ensemble des critères techniques et financiers fixés par l’appel d’offres.
La LONASE a également insisté sur le contrôle a priori effectué par la Direction centrale des marchés publics (DCMP), qui a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, certifiant ainsi la légalité du processus de passation. L’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans « SUD Quotidien », confirmant la conformité de la procédure.
L’institution conclut son communiqué en rappelant son attachement au respect strict du décret N° 2022-2295 portant Code des Marchés publics et met fin, selon elle, aux controverses autour de l’attribution de ce marché de gardiennage.
En visite à la Maison d’arrêt et de correction des femmes de Liberté 6 ce lundi, la ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yacine Fall, a constaté la surpopulation et la longue détention des femmes dans les prisons. La prison de Liberté 6 compte aujourd’hui 154 détenues, un chiffre alarmant, dont 87 % sont en attente de jugement. Mme Fall a lancé un appel au système judiciaire pour « accélérer les dossiers ».
Une prison au bord de l’asphyxie
La Maison d’arrêt et de correction des femmes de Liberté 6 est au bord de l’asphyxie. C’est le constat sans appel dressé ce lundi par la ministre de la Justice lors d’une visite de terrain destinée à mieux appréhender les réalités du milieu carcéral. Après une première visite à la prison pour hommes de Rebeuss, Mme Fall a été confrontée à une situation de surpopulation critique : l’établissement, d’une capacité théorique de 100 places, accueille aujourd’hui 154 détenues.
La détention préventive, cœur du problème
Plus que le chiffre global, c’est sa décomposition qui révèle l’ampleur du dysfonctionnement. Sur les 154 femmes incarcérées, seules 20 ont été condamnées. Les 134 autres, soit 87 % de l’effectif, sont des prévenues en attente de jugement. Une situation que la ministre a qualifiée de particulièrement difficile, soulignant que la promiscuité et le surpeuplement portent atteinte à la dignité humaine. Selon Mme Fall, la racine du problème est la longueur des détentions préventives.
Cette visite a également été l’occasion pour la ministre d’échanger avec les détenues et le personnel pénitentiaire. Ces derniers ont soulevé un certain nombre de problèmes structurels, mais aussi des difficultés qui peuvent être résolues à court terme.
Des besoins spécifiques pour 3 % de la population carcérale
La ministre a rappelé que les femmes, bien que ne représentant que 3 % de la population carcérale sénégalaise, ont des « besoins spécifiques » consacrés par les instruments internationaux, notamment les Règles de Bangkok adoptées par l’ONU.
« Les femmes détenues doivent être protégées contre les abus, les discriminations et les violences », a-t-elle insisté, soulignant l’importance de l’accès aux soins, y compris la santé reproductive, ainsi que la nécessité d’une attention particulière pour les femmes enceintes et les mères accompagnées d’enfants. Des besoins que l’inadaptation des infrastructures et la surpopulation actuelle rendent difficiles à satisfaire.
Un appel pour « accélérer les dossiers »
Face à cette urgence, Mme Yacine Fall a annoncé des actions sur deux fronts. D’abord, la tenue imminente d’une réunion avec l’administration pénitentiaire pour identifier les mesures pouvant être prises à court terme.
Ensuite, et c’est là le fond du problème, elle a lancé un appel aux maisons de justice et aux responsables du système judiciaire afin d’accélérer les dossiers et répondre à l’éminente question de la surpopulation carcérale.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté de réforme affichée par l’exécutif. La ministre a rappelé l’engagement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, concrétisé par la tenue des Assises nationales sur la réforme de la justice en mai et juin.
« La question carcérale reste un défi central pour notre système judiciaire », a conclu Mme Fall, réaffirmant sa responsabilité de s’attaquer à cet enjeu à la jonction de la dignité humaine, de la sécurité et de la réforme des institutions.
Kumasi, 20 octobre 2025 – La police ghanéenne a annoncé ce lundi l’ouverture d’une enquête concernant les circonstances entourant la mort de Cheikh Touré, un jeune Sénégalais âgé de 20 ans, dont le corps a été déposé à la morgue Ebenezer de Tafo, dans la région d’Ashanti.
Selon le communiqué officiel du Commandement de la police, les premières investigations ont permis d’identifier un individu prénommé Issah, qui se serait présenté comme le frère du défunt. Les éléments recueillis indiquent que c’est ce dernier qui aurait conduit Cheikh Touré à l’hôpital public de Manhyia le 16 octobre. À son arrivée, la victime était décrite comme étant « dans un état critique, présentant plusieurs blessures abdominales », Issah expliquant que le jeune homme aurait été victime d’un accident.
Toutefois, la police précise que les dossiers hospitaliers révèlent que Cheikh Touré était déjà décédé au moment de son admission, confirmant ainsi que l’état critique signalé par Issah ne correspondait pas à la réalité médicale. Toujours selon les autorités, c’est ce même individu qui aurait ensuite transporté la dépouille à la morgue d’Ebenezer.
Le Commandement de la police a souligné dans son communiqué que tous les moyens sont mobilisés afin de mener une enquête approfondie pour élucider les circonstances exactes de la mort de Cheikh Touré et déterminer la responsabilité des personnes impliquées. Les autorités ghanéennes s’engagent à fournir des éclaircissements dès que les investigations auront progressé.
La vulnérabilité environnementale des populations sénégalaises atteint un niveau préoccupant. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité des populations selon le genre (ENREVG), présentés ce lundi 20 octobre à Dakar, huit Sénégalais sur dix ont déjà été victimes ou témoins d’une catastrophe ou d’un risque environnemental. Cette étude, rendue publique par le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la statistique, placée cette année sous le thème : « Favoriser le changement grâce à des statistiques et des données de qualité disponibles pour tous. »
Selon Abdou Diouf, l’écrasante majorité de la population vit dans un environnement exposé à des menaces multiples. L’étude a répertorié pas moins de 43 types de risques, parmi lesquels figurent la proximité des décharges publiques, la salinisation des terres, la sécheresse, la pollution de l’air ou encore les tempêtes de poussière. Les risques liés à la chaleur et à la poussière sont les plus courants, touchant respectivement six à sept Sénégalais sur dix, ce qui témoigne d’une exposition quasi généralisée à des conditions climatiques extrêmes.
Le rapport indique que 43 % des personnes interrogées ont eu accès à un système d’alerte précoce, notamment lors des vagues de chaleur et des tempêtes de sable. Toutefois, près de la moitié de la population déclare ne pas être informée à temps. Cette situation, selon le directeur général de l’ANSD, révèle « la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et les capacités d’adaptation communautaire ». Le manque d’information rapide et fiable sur les phénomènes météorologiques accentue la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines.
Les conséquences de cette exposition aux risques environnementaux sont lourdes pour de nombreux ménages. Environ 15 % des foyers interrogés ont signalé des dégâts matériels, tandis que 26 % affirment que leurs moyens de subsistance ont été affectés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de la foresterie sont particulièrement touchés, mettant en péril la sécurité alimentaire et les revenus de milliers de familles. Abdou Diouf a aussi insisté sur le fait que « les femmes, les enfants et les personnes vivant avec un handicap sont les groupes les plus exposés », en raison de leur plus grande dépendance aux ressources naturelles et de leur faible accès à l’information et aux moyens de protection.
Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’ANSD a plaidé pour une promotion accrue des emplois verts et un renforcement de l’éducation environnementale dans les communautés. Il a également souligné l’importance de la collecte et de l’exploitation des données issues de nouvelles sources, telles que la téléphonie mobile et les données numériques, dans un contexte d’ouverture et de transparence statistique. Ces données, a-t-il affirmé, permettront d’éclairer les politiques publiques de manière plus efficace et de mieux anticiper les catastrophes environnementales.
De son côté, Abdourahmane Ndiaye, de la Direction de la planification et de la veille environnementale, a salué cette enquête qu’il considère comme « une traduction concrète de la volonté du Sénégal de fonder ses politiques publiques sur des données fiables et scientifiquement établies ».
La directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, Mireille Kamitatou, a pour sa part félicité le « partenariat exemplaire entre l’ANSD et les institutions internationales », soulignant que le Sénégal fait figure de pionnier dans la production de statistiques intégrant la dimension genre.
Cette étude vient ainsi rappeler l’urgence d’une action concertée pour faire face aux menaces environnementales croissantes. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression démographique, la planification fondée sur des données scientifiques devient un impératif national pour protéger les populations les plus vulnérables.
La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) est depuis quelques jours au cœur d’une vive polémique concernant l’attribution de son marché de gardiennage évalué à plus de 813 millions de francs CFA. Des rumeurs, propagées sur les réseaux sociaux, évoquent un « deal » suspect entre la direction de l’entreprise publique et la société attributaire, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS). Les internautes et plusieurs observateurs y voient un cas de favoritisme, arguant qu’une autre entreprise, Fambène Sécurité, avait proposé une offre financière inférieure de 13 millions de francs CFA. Face à la controverse, la Cellule de Passation des Marchés de la LONASE a rompu le silence, brandissant le Code des Marchés Publics et donnant des explications détaillées pour justifier sa décision.
Selon le communiqué de la LONASE, quatre sociétés avaient soumissionné à l’appel d’offres ouvert pour le marché de gardiennage de ses locaux. Il s’agit notamment de Sypress Sécurité, Fambène Sécurité, Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) et Vigassistance Sénégal. Les offres déposées variaient considérablement, mais les deux plus compétitives étaient celles de Fambène et d’ASS, séparées par un écart de 13 millions de francs CFA. Cette différence de prix, jugée minime, a suffi à déclencher une vague de suspicion. Mais, selon la LONASE, ce n’est pas le prix seul qui détermine le choix final d’un adjudicataire dans un marché public, car les critères techniques et financiers priment sur le montant proposé lorsqu’il s’agit d’assurer l’exécution correcte du contrat.
L’institution précise que le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) comportait un critère de qualification financière obligatoire, qualifié de « non négociable ». Chaque société devait fournir une attestation de ligne de crédit délivrée par une banque, prouvant sa capacité à couvrir ses charges de fonctionnement pendant l’exécution du contrat, sans dépendre des paiements de la LONASE. C’est sur ce point précis que la société Fambène Sécurité a été recalée.
La LONASE souligne que l’attestation bancaire présentée par Fambène Sécurité n’offrait aucune garantie ferme sur la disponibilité des fonds nécessaires. Le document fourni par la banque indiquait simplement qu’elle serait « disposée, si toutes les conditions sont réunies, à étudier toute demande de crédit jusqu’à hauteur de 50 millions de francs CFA », tout en précisant qu’elle restait « libre d’accepter ou de rejeter ladite demande ». Pour la commission d’évaluation, cette formulation conditionnelle est incompatible avec les exigences du DAO, car elle ne constitue pas une ligne de crédit effective, mais une simple promesse soumise à appréciation future.
En revanche, la société Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) a, selon la LONASE, rempli toutes les conditions exigées, aussi bien sur le plan technique que financier. Son offre, bien que légèrement plus élevée, a été jugée complète et conforme aux critères du marché. La Commission des Marchés a donc recommandé son attribution, décision qui a par la suite reçu l’aval de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP). Celle-ci a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, validant la régularité du processus d’évaluation et d’attribution.
La LONASE précise que l’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans le journal Sud Quotidien, conformément aux dispositions du décret n° 2022-2295 portant Code des Marchés Publics. Ce texte encadre les procédures de passation de marchés et impose un strict respect des règles de transparence et de concurrence. En se conformant à ce décret, la direction générale estime avoir agi dans la légalité la plus absolue.
Face aux accusations de favoritisme, la LONASE insiste sur le fait que le choix de l’ASS repose exclusivement sur des critères techniques et administratifs, et non sur des considérations politiques ou personnelles. L’entreprise rappelle qu’elle a mené tout le processus sous la supervision de la DCMP, garant institutionnel du respect des règles en matière de marchés publics.
Cependant, malgré ces clarifications, la polémique continue d’enfler sur les réseaux sociaux, où certains observateurs estiment que l’écart de 13 millions entre les deux offres aurait pu être négligé au profit d’une société locale réputée sérieuse. D’autres, en revanche, saluent la rigueur administrative de la LONASE, qui a préféré privilégier la conformité technique à la tentation du moindre coût.
Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité de la confiance du public dans les procédures de passation des marchés publics au Sénégal, souvent perçues comme opaques, même lorsqu’elles respectent la lettre de la loi. Pour la LONASE, cette affaire illustre surtout la complexité de concilier transparence, performance financière et rigueur administrative dans un contexte de forte suspicion généralisée.
En conclusion, si la LONASE se félicite d’avoir respecté les normes juridiques et techniques qui encadrent les appels d’offres, cette affaire révèle une fois de plus la nécessité pour les entreprises publiques de renforcer leur communication et leur pédagogie sur les décisions de gestion, afin d’éviter que les zones d’ombre administratives ne se transforment en scandales médiatiques.
Un vent de contestation souffle sur la société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD). Ce lundi, les travailleurs ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « manque de considération » de la Direction générale. Réunis autour de la coordination des syndicats, ils exigent des améliorations urgentes de leurs conditions de travail et surtout la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient d’« historique ».
Le mouvement social, initié depuis plusieurs semaines, s’est transformé en véritable bras de fer entre les représentants du personnel et la direction dirigée par Assane Mbengue. Selon Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, plusieurs points de revendication avaient été soumis lors d’une réunion tenue le 3 juillet dernier avec le Directeur général, mais « rien n’a bougé depuis ». « Nous avons l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk joue au dilatoire. L’accord d’établissement devait être signé depuis le mois de mai, et nous n’avons toujours aucune avancée concrète », a-t-il déploré.
Au cœur des revendications, la signature de cet accord d’établissement apparaît comme une question de dignité pour les travailleurs. Ce document, attendu depuis des années, devait harmoniser les droits et avantages du personnel et instaurer un cadre clair pour les relations professionnelles au sein de la société. « Cet accord est essentiel pour nous. Il fixe nos conditions de travail, nos primes, nos droits à la retraite et les avantages sociaux. Sans lui, nous restons dans une précarité administrative », a expliqué Masseck Ndiaye.
Les conditions de travail jugées « extrêmement difficiles » sont également au centre des plaintes. Les employés dénoncent un environnement dégradé, notamment la vétusté des bus et le manque de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. « Les receveurs tombent en période de canicule à cause de la chaleur insupportable dans les bus non climatisés », a alerté M. Ndiaye. Il a également fait une comparaison avec le personnel du Bus Rapid Transit (BRT), récemment mis en service : « Regardez les conditions de travail du BRT. Dakar Dem Dikk existe depuis plus de vingt ans et pourtant, les travailleurs sont traités comme s’ils n’étaient pas dans une entreprise publique. »
Les travailleurs réclament aussi l’octroi d’une indemnité de logement, l’augmentation des salaires et le paiement des primes non encore versées. Ces revendications, selon eux, sont légitimes face à la hausse du coût de la vie et aux sacrifices quotidiens consentis pour assurer le transport des populations de la capitale.
Pour Mor Wade, délégué du personnel, la rupture du dialogue social est l’une des causes principales du conflit. « Au début, le Directeur général avait affiché une volonté d’écoute et de collaboration. Mais depuis quelque temps, il ne reçoit plus directement les représentants des travailleurs. Il nous renvoie systématiquement au DRH et les procès-verbaux ne reflètent jamais fidèlement nos échanges », a-t-il regretté.
Face à cette situation, les syndicats ont décidé d’adopter un plan d’action progressif. Le port des brassards rouges, premier signal de contestation, a été observé « à 100 % » par les travailleurs, selon leurs responsables. Une requête a déjà été adressée à la Direction du Travail, et une lettre d’ultimatum sera envoyée à la Direction générale pour exiger la signature de l’accord d’établissement dans un délai de quinze jours. « Si rien n’est fait, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », a prévenu Mor Wade, tout en précisant que l’objectif immédiat n’est pas de paralyser les activités, mais d’alerter l’opinion publique.
Les syndicats ont d’ores et déjà prévu d’organiser une grande conférence de presse le vendredi 24 octobre afin d’exposer en détail les difficultés rencontrées par les employés et de sensibiliser les autorités sur l’urgence d’agir. Déterminés à obtenir gain de cause, les travailleurs de Dakar Dem Dikk affirment qu’ils poursuivront leur mobilisation « jusqu’à la satisfaction totale » de leurs revendications.
Ce mouvement, s’il venait à s’intensifier, pourrait impacter lourdement le transport urbain dakarois, déjà marqué par une forte pression liée à la fréquentation quotidienne des usagers. Entre frustrations syndicales et crispation managériale, Dakar Dem Dikk traverse une période de turbulences sociales dont l’issue dépendra largement de la volonté de la direction à renouer le dialogue.
Daba Mbodj, plus connue sous le pseudonyme de “Gaïndé Macky” et reconnue pour sa proximité avec l’Alliance pour la République (APR), le parti politique anciennement au pouvoir, a été condamnée ce lundi par le tribunal à deux mois de prison, dont un mois ferme.
L’affaire remonte à une interpellation de Mme Mbodj par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Elle avait été placée en garde à vue pour des faits d’« injures publiques » et de « propos contraires aux bonnes mœurs ». Selon les autorités, la militante avait diffusé une vidéo dans laquelle elle proférait des propos injurieux à l’encontre des militants du parti Pastef et de son leader, Ousmane Sonko.
Au cours du procès, le tribunal a examiné les différentes accusations portées contre Mme Mbodj. Après délibération, les juges ont décidé d’écarter les faits d’« injures publiques » et ont retenu uniquement l’infraction de « discours contraire aux bonnes mœurs ». Cette décision se traduit par une peine totale de deux mois d’emprisonnement, dont un mois ferme.
Cette condamnation intervient dans un contexte politique sensible, marqué par des tensions entre différents acteurs et partis politiques. Le jugement suscite déjà des réactions diverses au sein de l’opinion publique, certains dénonçant une atteinte à la liberté d’expression, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit de l’application stricte de la loi.
Ce lundi, les employés de la Société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD), ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges, symboles de leur ras-le-bol face à la situation au sein de l’entreprise. Lors d’un point de presse, les représentants syndicaux ont exprimé leurs revendications, notamment l’amélioration des conditions de travail et la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient « d’historique ».
Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, a rappelé que de nombreux points soulevés lors d’une réunion avec le Directeur Général, Assane Mbengue, le 3 juillet dernier, n’ont toujours pas trouvé de solution. Selon lui, le principal point de tension réside dans le retard de la signature de l’accord d’établissement, qui aurait dû être effectif depuis le mois de mai. « On a l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk est en train de jouer au dilatoire », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de cet accord pour les employés.
Les conditions de travail représentent un autre sujet de préoccupation majeur. Masseck Ndiaye a dénoncé l’état des bus, rappelant que, notamment en période de canicule, les receveurs sont exposés à de grandes difficultés. « Allez voir les conditions de travail du personnel du BRT. Et Dakar Dem Dikk a fait plus de 20 et quelques années avant que le BRT n’arrive », a-t-il comparé, soulignant le retard accusé par la société en matière de modernisation et de sécurité.
Outre l’accord d’établissement et l’amélioration des conditions de travail, les syndicats demandent l’octroi d’une indemnité de logement pour tous les employés, une augmentation des salaires ainsi que le paiement des primes non versées. Mor Wade, délégué du personnel, a déploré le manque de collaboration avec la direction. Selon lui, si le Directeur Général a « réalisé beaucoup de choses » à son arrivée, il a « commencé à reculer ». Il a également dénoncé le fait que M. Mbengue ait cessé de recevoir directement les représentants du personnel, les renvoyant au service des ressources humaines, alors que les procès-verbaux des réunions ne reflètent pas toutes les revendications.
Le plan d’action des travailleurs a débuté par le port des brassards rouges, un mot d’ordre respecté à 100 %, selon Masseck Ndiaye. Les syndicats ont également saisi la Direction du Travail et prévoient d’envoyer une lettre d’ultimatum au Directeur Général, lui donnant un délai de 15 jours pour signer l’accord d’établissement. Mor Wade a averti : « S’il ne réagit pas, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », tout en précisant que le point de presse visait avant tout à alerter l’opinion publique et non à perturber immédiatement le service.
Après l’interpellation de l’influenceuse Adji Mass Guèye, les arrestations se poursuivent dans la sphère TikTok. La mère de Mame Ndiaye Savon a été conduite ce lundi à la Brigade de recherche de Faidherbe. Elle est accusée d’avoir tenu, dans une vidéo devenue virale, des propos jugés offensants envers des proches de sa fille.
Les arrestations continuent de secouer le réseau social TikTok, qui devient de plus en plus le théâtre de polémiques et de dérives verbales. Après l’interpellation de l’influenceuse Adji Mass Guèye, placée sous mandat de dépôt pour « discours contraire aux bonnes mœurs », une nouvelle arrestation a été signalée ce lundi. Il s’agit cette fois de la mère de l’influenceuse Mame Ndiaye Savon, figure bien connue du commerce en ligne et des vidéos virales.
Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, la mère de Mame Ndiaye Savon a été arrêtée et conduite à la Brigade de recherche de Faidherbe. Elle est visée par une enquête pour « injures publiques », à la suite d’une vidéo qui a récemment circulé sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, elle aurait tenu des propos jugés offensants à l’égard de certaines amies de sa fille, provoquant un tollé sur TikTok et au-delà.
Cette nouvelle arrestation intervient dans un climat tendu marqué par la multiplication des contentieux liés aux publications en ligne. Depuis plusieurs semaines, les autorités semblent accentuer leur vigilance face aux dérapages verbaux et aux comportements jugés inappropriés sur les réseaux sociaux. Des influenceurs et utilisateurs de TikTok sont ainsi régulièrement interpellés pour des propos considérés comme injurieux ou contraires aux bonnes mœurs.
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a encore été faite par la gendarmerie sur les suites judiciaires de cette affaire. Toutefois, cette interpellation suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la communauté TikTok sénégalaise, où les tensions s’exacerbent entre partisans et détracteurs de ces figures de la toile.
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, ce lundi 20 octobre 2025, l’ouverture d’une enquête interne à la suite du décès tragique d’un nouveau-né survenu à l’hôpital régional de Diourbel. Selon les premières informations rapportées par Seneweb, le drame serait consécutif à une défaillance dans la prise en charge médicale d’une patiente, ce qui a conduit à la perte du nourrisson.
Dans un communiqué, le ministère a tenu à exprimer sa « profonde compassion » et ses « sincères condoléances » à la famille endeuillée. Il a également indiqué que l’enquête engagée vise à faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès et à identifier les éventuelles responsabilités à chaque étape du processus de soins. L’objectif, précise le département ministériel, est de comprendre ce qui s’est réellement passé et de garantir que des mesures correctives soient prises en conséquence.
« Toutes les conséquences nécessaires seront tirées et les mesures appropriées seront prises », a assuré le ministère, qui se veut ferme sur la question de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Cette affaire relance d’ailleurs le débat sur la gestion des urgences et la responsabilité médicale dans les structures sanitaires publiques du pays.
Réaffirmant son engagement à consolider le système de santé, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a réitéré sa détermination à éviter que de tels drames ne se reproduisent. Il assure demeurer mobilisé pour améliorer la prise en charge des patients et renforcer la confiance des populations dans les services hospitaliers.
Le rêve de Cheikh Touré s’est brisé dans des circonstances atroces. Le jeune gardien de but de 18 ans, pensionnaire de l’académie Esprit Foot de Yeumbeul, a perdu la vie au Ghana, dans ce qui s’apparente à une sordide affaire d’escroquerie et d’extorsion. Le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a confirmé ce samedi la terrible nouvelle : le corps sans vie du jeune footballeur a été déposé à la morgue Ebenezer de Tafo, dans la région d’Ashanti, à environ 200 kilomètres d’Accra.
Cheikh Touré avait quitté le Sénégal avec l’espoir de passer des tests de football au Ghana, première étape d’un parcours censé le mener vers le Maroc. Mais ce voyage s’est transformé en cauchemar. Selon les informations rapportées par le journal Libération, le jeune homme serait tombé entre les mains d’un réseau spécialisé dans l’extorsion de fonds, qui piège de nombreux jeunes à travers de fausses promesses d’opportunités sportives ou professionnelles.
Dès son arrivée au Ghana, Cheikh Touré a été pris en otage. Ses ravisseurs ont exigé à sa mère une somme de 850 000 francs CFA pour prétendus « frais » de procédure. Sous la menace et l’inquiétude, la famille a fini par envoyer 650 000 francs CFA en deux versements. Après le second envoi, toute communication avec le jeune homme a cessé. Lorsque la mère, inquiète de ne plus avoir de ses nouvelles, a tenté d’en savoir plus, un des ravisseurs lui a simplement indiqué que son fils avait subi un « choc ». En réalité, selon des sources proches de l’enquête, Cheikh Touré serait mort des suites de tortures, comme en témoignent les blessures visibles sur son corps retrouvé vêtu d’un simple caleçon.
Cette tragédie a profondément ému l’opinion publique. D’autant plus que le jeune gardien, orphelin de sœur et fils unique, incarnait l’espoir de sa famille. Les autorités sénégalaises ont immédiatement pris les choses en main, en coordination avec leurs homologues ghanéennes. Une enquête est en cours, alors que plusieurs autres jeunes, dont un certain Bamba – ami proche de Cheikh et celui qui l’aurait encouragé à effectuer le voyage – seraient toujours entre les mains des ravisseurs.
Les premiers éléments de l’enquête laissent entendre que les auteurs ne seraient pas ghanéens, bien qu’ils opèrent depuis le Ghana. Les échanges audios interceptés révèlent qu’ils s’expriment en français sans accent anglais, ce qui laisse supposer qu’il s’agit de ressortissants de pays francophones voisins.
Cette affaire rappelle tristement les méthodes utilisées par certains réseaux se réclamant de la société « Qnet ». Ces organisations, déjà pointées du doigt au Sénégal et dans la sous-région, attirent de jeunes victimes par des annonces trompeuses de recrutement ou de placement à l’étranger, avant de les séquestrer et de les rançonner. En juillet 2025, le commissariat de Saint-Louis avait ainsi démantelé un groupe de onze individus impliqués dans des activités similaires, après la dénonciation d’un enseignant-chercheur. Ces derniers avaient été arrêtés pour association de malfaiteurs, escroquerie et tentative d’extorsion de fonds, à la suite de la séquestration d’une jeune fille malienne attirée par une fausse offre d’emploi au Sénégal.
Le drame de Cheikh Touré vient donc relancer le débat sur la vigilance face aux réseaux d’escroquerie transfrontaliers qui prospèrent en Afrique de l’Ouest, exploitant les rêves de jeunesse et la détresse économique. En attendant les conclusions de l’enquête ouverte au Ghana, les autorités sénégalaises appellent à la prudence et promettent de tout mettre en œuvre pour retrouver et traduire les responsables devant la justice.
En détention préventive depuis le 2 octobre 2025, les militants du parti Pastef, Mandoumbé Diop, plus connu sous le nom de Lamignou Darou, et Serigne Mbaye Diagne, alias Boy Dakar, ont été fixés sur leur sort ce lundi. Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict en les condamnant à une peine d’un mois de prison ferme.
Les deux prévenus étaient poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment « discours contraires aux bonnes mœurs », « injures via un système informatique » et « menaces de castration visant un groupe ethnique ». Ces faits, jugés graves par le parquet, s’inscrivaient dans le cadre d’échanges et de publications sur les réseaux sociaux qui ont suscité une vive polémique.
Lors de l’audience tenue le 15 octobre dernier, le procureur de la République avait requis une peine de six mois d’emprisonnement ferme, estimant que les propos tenus par les accusés dépassaient le cadre de la liberté d’expression et constituaient une atteinte à la dignité humaine. La défense, pour sa part, avait plaidé la relaxe, soutenant que les propos incriminés relevaient du débat politique et qu’ils ne visaient pas à attiser la haine ou à menacer qui que ce soit.
Après délibération, le tribunal a finalement opté pour une condamnation plus clémente, fixant la peine à un mois ferme. Une décision qui tient compte, selon plusieurs observateurs, de la situation personnelle des deux militants et de la nature du dossier.
Cette condamnation intervient dans un contexte politique marqué par une recrudescence des poursuites contre des activistes et sympathisants du Pastef, formation dissoute puis reconstituée autour de la figure de son leader, Ousmane Sonko. Elle relance le débat sur les limites entre la liberté d’expression et le respect des lois encadrant la communication en ligne.
C’est une révélation inédite que Robert Bourgi a faite lors de son passage sur la chaîne YouTube H5 Motivation. L’avocat et conseiller politique franco-libanais, figure emblématique de la Françafrique, est revenu sur un sujet qu’il avait déjà évoqué à plusieurs reprises : les relations entre certains présidents français et des marabouts africains. Mais cette fois, il est allé plus loin en dévoilant pour la première fois le nom de l’un de ces guides spirituels.
Selon Robert Bourgi, plusieurs dirigeants français, dont François Mitterrand et Jacques Chirac, sollicitaient régulièrement les conseils spirituels de marabouts venus d’Afrique. Parmi eux figurait un homme originaire du Sénégal, Chérif Haidara. Ce dernier, présenté par Bourgi comme un « saint homme », a profondément marqué la vie du président Chirac, mais également celle de l’avocat lui-même.
« Il a une avenue à son nom, à Ziguinchor », a précisé Robert Bourgi, en évoquant la mémoire du marabout. « Il a travaillé des décennies durant pour Chirac. En 1988, il m’avait dit : “Il va perdre.” En 1995, alors que Chirac était à 14 % dans les sondages et que Balladur s’envolait, il m’avait dit : “Il va gagner.” » L’histoire lui a donné raison : Jacques Chirac remporta effectivement l’élection présidentielle cette année-là.
Robert Bourgi confie également que, reconnaissant de cette victoire, Jacques Chirac s’est montré « très généreux » envers Chérif Haidara. Les liens entre le président français et le marabout sénégalais allaient bien au-delà du simple rapport spirituel : ils reposaient sur une relation de confiance tissée au fil des années.
Mais l’histoire prend un tour plus personnel lorsque Bourgi évoque sa propre relation avec le marabout. Chérif Haidara aurait aussi été son guide spirituel, au point de lui sauver la vie lors d’une période particulièrement difficile. « Entre 1989 et 1990, j’ai traversé une grave dépression nerveuse. C’est lui qui m’en a sorti », a confié l’avocat avec émotion.
Décédé depuis plusieurs années, Chérif Haidara repose aujourd’hui à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. Robert Bourgi a tenu à souligner qu’il se rendait souvent sur sa tombe pour se recueillir et lui rendre hommage. « J’y allais tout le temps », dit-il, comme pour témoigner d’un lien qui, malgré la mort, semble ne jamais s’être rompu.
Déférée ce lundi matin devant le procureur de la République, Adja Seynabou Guèye, plus connue sous le nom d’Adji Mass, a été placée sous mandat de dépôt, selon les informations confirmées par son avocat, Me Aboubacry Barro. La jeune femme, figure bien connue des réseaux sociaux, est poursuivie pour “discours contraire aux bonnes mœurs”, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal sénégalais.
L’affaire trouve son origine dans une série de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles Adji Mass aurait tenu des propos jugés obscènes, provocants et contraires aux valeurs sociales et culturelles du pays. Ces publications ont suscité une vive polémique sur internet, divisant l’opinion publique entre partisans de la liberté d’expression et défenseurs de la morale publique.
Selon des sources judiciaires, après son interpellation et son audition par les enquêteurs, le dossier a été transmis au parquet qui a décidé de la traduire devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le procès est prévu pour ce mercredi, ce qui laisse peu de temps à la défense pour préparer sa plaidoirie.
De son côté, Me Aboubacry Barro a dénoncé une procédure “expéditive” et un “traitement disproportionné” à l’encontre de sa cliente. L’avocat compte plaider la bonne foi d’Adji Mass, estimant que ses propos relèvent davantage de la provocation verbale que d’une véritable atteinte aux bonnes mœurs.
La mise en détention de l’influenceuse a immédiatement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes dénoncent une “chasse aux sorcières” contre les créateurs de contenu. D’autres, au contraire, estiment que la justice a raison de sévir contre les dérives observées en ligne.
Me Amadou Sall, avocat et ancien Garde des Sceaux (2009-2010), a donné son avis par rapport à la relance du dossier des morts survenus lors des manifestations de 2021 à 2024. Bien qu’il se dise « indigné » par la perte de 80 jeunes vies, il a insisté sur la nécessité de situer toutes les responsabilités de manière objective. Selon lui, la justice doit d’abord cibler ceux qui ont publiquement appelé les jeunes au « mortal kombat » ou au « Gatsa Gatsa », les invitant à « assumer les conséquences » de leur appel à l’émeute.
« Ils ont déclaré qu’il y a 80 personnes qui ont perdu la vie lors des manifestations préélectorales de 2021-2024. On ne peut pas ne pas s’indigner face à ces décès qui, pour la plupart, sont des jeunes. Mais, avant de poursuivre Macky Sall pour ces morts, il faut savoir que toutes les victimes atteintes par balles ont toutes été autopsiées. En faisant l’autopsie, les balles ont été extraites des corps sans vie et on sait d’où elles proviennent », a-t-il souligné lors de son passage à l’émission « Face au Jury » de ce dimanche 19 octobre 2025.
Par ailleurs, la robe noire a estimé que relancer ce dossier est un précédent dangereux. Toutefois, il a exigé que toutes les responsabilités soient situées après les enquêtes et autopsies, en ciblant ceux qui ont appelé les jeunes au « mortal combat » ou au « Gatsa Gatsa ». Il les a invité à assumer les conséquences que cela pourrait engendrer.
Il a, par ailleurs, fait savoir que « les soldats du Sénégal ne détiennent pas de Kalachnikov, mais plutôt des M16, HK, et Famas, qui sont des armes de pointe, tout comme la gendarmerie ».
Quant à la police, il a signalé que « la plupart d’entre elles utilisent les Famas ». « Il y a également des balles de Kalachnikov, mais, ce sont les douanes qui les utilisent le plus, et le plus souvent ce sont des balles récupérées des « bandes » lors des opérations de sécurisation. L’État du Sénégal n’a jamais acheté des balles de Kalachnikov destinées à l’armée, cela ne fait pas partie de leur dotation. Donc si l’on trouve ne serait-ce qu’une seule balle de Kalachnikov, il faut se demander d’où provient-elle. Il faut aussi chercher à identifier le responsable qui a tiré et qui lui a donné l’ordre de le faire. Si l’ordre vient de la gendarmerie, on demande à la gendarmerie d’ouvrir une enquête à ce propos, et si c’est la police, on fait pareil. Mais, est-ce que l’on sait ce que cela peut engendrer ? » a- t-il indiqué.
Me Sall a ainsi fait un rappel de ce qui, selon lui, est à la base de tous ces morts. « Il ne faut pas oublier que les gens ne se sont pas levés brusquement pour envahir les rues. C’est une personne qui les a invités à sortir manifester au péril de leur vie, estimant que plus on enregistre de morts, plus le Kombat est houleux (« Gatsa Gatsa », « Mortal kombat »). Il a même déclaré dans des vidéos que tous les morts seront imputés à celui qui était à la tête du pays. Il y a des vidéos où l’on appelle à une mobilisation de 200 mille personnes pour aller déstabiliser le président sortant au Palais de la République », a déclaré Me Amadou Sall.
Interpellé sur les Pick-Up aperçus également dans des vidéos qui sortaient du siège de l’APR pour rejoindre les manifestations, il a déclaré ne pas être au courant, précisant que cela ne l’engageait pas. Il a ajouté : « On a vu des Pick-Up, des personnes armées de mitraillette, de Kalachnikov sur les routes, des personnes armées qui tiraient à bout portant sur des habitations, tout cela parce qu’une tierce personne a appelé à aller se battre. Aujourd’hui, ils disent vouloir apporter la lumière sur ces morts, malgré la loi d’amnistie, puis ils mettent cela de côté et cherchent à inculper le président Macky Sall. Il est temps que les gens se ressaisissent. Il faut savoir que ce pays n’appartient à personne, ce n’est pas un héritage familial, ni une propriété privée acquise par achat, encore moins un bien acquis par compétences. Donc si on te porte à la tête du pays, il faut savoir le gérer. Rouvrir ce dossier est un précédent dangereux. Mais bon, qu’ils l’ouvrent. Toutefois, une fois lancé, que chacun assume ses responsabilités », a-t-il conclu.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le climat social est marqué par une intensification des mobilisations citoyennes. À Dakar, les rues ont de nouveau vibré ce week-end sous le signe de la contestation. Après la marche du mouvement « Ñoo Lank » vendredi, organisée pour dénoncer la cherté de la vie, une nouvelle manifestation a eu lieu samedi. Plusieurs centaines de personnes ont parcouru le trajet de Liberté 6 au Jet d’eau, exigeant la libération de Farba Ngom, maire des Agnam, placé en détention dans le cadre d’une instruction financière.
Face à cette recrudescence des rassemblements, certaines voix issues du camp présidentiel ont appelé à interdire les manifestations, arguant que les discours tenus lors de ces événements risquent d’attiser la tension politique. Ces appels à restreindre la liberté de rassemblement ont suscité une vive réaction dans la société civile.
Parmi les voix les plus critiques figure Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui s’est exprimé sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’activiste a mis en garde contre les conséquences d’une politique d’interdiction systématique :
« L’État doit continuer à autoriser et à encadrer les manifestations qui doivent être pacifiques. Les interdictions entraînent la défiance et la violence », a-t-il déclaré.
Pour Seydi Gassama, la liberté de manifester demeure un droit fondamental garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il rappelle que le rôle des autorités est d’assurer la sécurité publique sans pour autant restreindre les libertés individuelles. Selon lui, interdire les rassemblements revient à alimenter la frustration et à ouvrir la voie à des affrontements imprévisibles.
Cette sortie du défenseur des droits humains intervient dans un contexte où le débat sur les libertés publiques reprend de la vigueur. Entre la volonté du gouvernement d’assurer l’ordre public et la détermination des citoyens à exprimer leurs revendications, le Sénégal se trouve à un tournant délicat de sa vie démocratique.
Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une éventuelle interdiction des manifestations. Mais le message de Seydi Gassama résonne comme un avertissement : la paix sociale, selon lui, ne saurait se construire sur la répression des libertés, mais sur le dialogue, la confiance et le respect du droit de manifester pacifiquement.
Les agents de la Brigade commerciale des Douanes de Kalifourou, relevant de la Subdivision de Kolda, ont réalisé une opération d’envergure le vendredi 17 octobre 2025. Selon les informations rapportées par Emedia, une importante quantité de cocaïne, estimée à 115 kilogrammes et évaluée à 9,2 milliards de francs CFA, a été saisie. L’intervention a également conduit à l’arrestation de deux individus de nationalité étrangère, présumés impliqués dans ce trafic international de stupéfiants.
Les faits se sont déroulés aux environs de neuf heures du matin. Les douaniers, agissant sur la base d’informations précises, ont intercepté un véhicule de type Toyota Tundra en provenance d’un pays limitrophe. Lors du contrôle, ils ont découvert 100 plaquettes de cocaïne soigneusement dissimulées dans des compartiments spécialement aménagés à l’intérieur de la carrosserie. Ce dispositif ingénieux visait à tromper la vigilance des forces de sécurité, mais n’a pas résisté à la vigilance des agents, aguerris aux nouvelles formes de contrebande.
Les échantillons prélevés ont été soumis à des tests par le Laboratoire national de la Police technique et scientifique, qui ont confirmé sans équivoque qu’il s’agissait bien de cocaïne. Cette saisie spectaculaire intervient un mois seulement après une autre opération similaire menée par le même poste frontalier, illustrant l’intensification du trafic de drogue dans la zone sud du pays.
Les autorités douanières ont salué la réussite de cette opération, rendue possible grâce à l’utilisation de techniques d’investigation avancées et à la coordination entre les différentes unités de la Direction régionale des Douanes du Sud. Elles ont également souligné la complexité croissante des méthodes employées par les trafiquants, qui redoublent d’ingéniosité pour contourner les contrôles.
Dans un communiqué, l’Administration des Douanes a réaffirmé sa détermination à poursuivre sans relâche la lutte contre le trafic de stupéfiants sous toutes ses formes, que ce soit par voie terrestre, maritime ou aérienne. Elle a par ailleurs lancé un appel à la collaboration des populations, invitant les citoyens à signaler toute activité suspecte afin de contribuer à la sécurisation du territoire national.
Un différend d’envergure oppose la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à la famille du défunt homme d’affaires Diallo dit “Pithie”. En cause : une vaste assiette foncière exploitée depuis plus de quarante ans par les héritiers, que la CDC revendique désormais comme sienne. Le litige, déjà ancien, a pris une tournure explosive ces derniers jours avec des expulsions musclées et plusieurs interpellations.
La tension est montée d’un cran à Bambilor. Depuis quelques semaines, la famille Diallo “Pithie” accuse la CDC d’avoir entrepris un véritable « forcing » pour s’approprier ses terres, qu’elle exploite depuis 1980. Selon les héritiers, l’institution publique chercherait à combler un déficit dans un projet immobilier en difficulté. La situation a dégénéré jeudi dernier avec l’expulsion des gardiens qui surveillaient la propriété et l’intervention des forces de l’ordre.
Ce samedi matin, une conférence de presse organisée par les héritiers sur le site en litige a été interrompue par la gendarmerie. D’après les témoins, les forces de l’ordre ont mis fin à la rencontre avant d’interpeller six membres de la famille, dont trois fils du défunt milliardaire. « La conférence de presse se tenait sur un terrain privé appartenant à notre père. Ils n’avaient aucun droit d’y mettre fin. Ils ont arrêté nos frères, nos neveux et nos cousins », a dénoncé Abou Diallo, l’un des fils héritiers.
Selon lui, la CDC aurait brusquement revendiqué la propriété de l’assiette foncière, forte de 112 hectares, sans fondement légal. « Un bon jour, la CDC débarque pour dire que cette assiette lui appartient. Pourtant, notre famille l’exploite depuis plus de 40 ans avec des documents légaux enregistrés à la mairie », a-t-il déclaré.
Les héritiers soupçonnent une manœuvre visant à récupérer leurs terres afin de combler un déficit dans un programme immobilier lancé par la CDC en 2019 à Bambilor. « La CDC n’a que 150 hectares à Bambilor. Elle devait livrer 4 468 parcelles, mais n’en a distribué qu’un millier. Il lui manque plus de 3 000 parcelles, et pour combler ce gap, elle tente d’accaparer des assiettes foncières privées, avec la complicité d’un lobby étatique », a accusé Abou Diallo.
Le jeune héritier a également dénoncé ce qu’il considère comme une opération d’intimidation. Il affirme que la Direction de l’Exploitation et de la Sécurité des Opérations (DESCOS), initialement saisie pour arbitrer le litige, aurait été contournée au profit d’une intervention musclée. « Le commandant de la DESCOS avait demandé des documents pour clarifier la situation. Mais un autre commandant de gendarmerie est arrivé jeudi avec une dizaine de pick-up pour expulser nos gardiens. »
Sa sœur, Assi Diallo, a de son côté fustigé les méthodes utilisées par les tracteurs dépêchés sur le site. Selon elle, des champs de papayes, d’arachides et de citronniers ont été détruits en pleine nuit, malgré un ordre de suspension des travaux. « Ils viennent souvent la nuit pour éviter les contrôles. Nos cultures ont été rasées. Nous interpellons le chef de l’État pour qu’il mette fin à cette injustice. Nous sommes prêts à mourir pour défendre l’héritage de notre père », a-t-elle lancé avec émotion.
Face à cette escalade, la famille Diallo “Pithie” promet de poursuivre le combat par les voies légales. Elle affirme avoir « confiance en la justice » mais dénonce un « bradage foncier orchestré avec la complicité de certaines structures étatiques », citant notamment les services de l’impôt, du cadastre et de l’urbanisme.
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police aux Frontières (DPAF), a transmis ce vendredi au Procureur de la République du Pôle judiciaire financier le dossier de cinq individus accusés d’être impliqués dans une vaste opération de trafic de migrants. Ces arrestations font suite à l’interception par la Marine nationale d’une pirogue transportant 124 personnes, en route vers les côtes espagnoles.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants avaient embarqué dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025, depuis la localité de Barra, en Gambie. Leur embarcation a été interceptée le lendemain, vers midi, à environ 50 milles nautiques au large des côtes gambiennes. Alertées, les autorités maritimes sénégalaises ont procédé à une opération de secours qui a permis de sauver l’ensemble des passagers.
Parmi les 124 migrants interceptés, on compte 14 Sénégalais, 85 Gambiens — dont 57 hommes, 11 femmes et 17 mineurs —, 8 Guinéens, un ressortissant bissau-guinéen et 16 Maliens. La diversité des nationalités témoigne de l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de mobiliser des réseaux organisés opérant dans plusieurs pays de la sous-région.
Les auditions menées par la DNLT ont permis d’identifier cinq capitaines présumés, engagés pour conduire la pirogue jusqu’aux côtes espagnoles. Ces derniers auraient reçu des compensations financières importantes en échange de leurs services. D’après les enquêteurs, le voyage devait durer plusieurs jours, avec pour destination finale les îles Canaries, point d’entrée habituel vers l’Europe pour les migrants originaires d’Afrique de l’Ouest.
Les cinq suspects ont été déférés devant le parquet pour répondre des chefs d’association de malfaiteurs et de trafic de migrants. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet du Pôle judiciaire financier afin de remonter la filière et d’identifier les véritables organisateurs de cette traversée clandestine.
Les autorités sénégalaises, tout comme leurs homologues gambiennes, multiplient depuis plusieurs mois les opérations conjointes de surveillance maritime pour tenter d’endiguer le phénomène des départs irréguliers vers l’Europe. Malgré ces efforts, les routes migratoires restent actives, alimentées par le désespoir et les promesses illusoires des passeurs.
L’émotion et l’inquiétude continuent de grandir au Sénégal après l’annonce du décès tragique du jeune footballeur Cheikh Touré au Ghana. Le drame, survenu dans des circonstances encore floues, prend désormais une tournure plus inquiétante avec la disparition de ses deux compagnons de voyage, Bamba et Momo, dont on est sans nouvelles depuis plusieurs jours.
Dans un communiqué officiel, le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a confirmé la découverte du corps sans vie de Cheikh Touré. Selon le ministre Cheikh Niang, la dépouille a été déposée à la morgue Ebenezer de Tafo, en territoire ghanéen, et toutes les dispositions nécessaires sont actuellement prises pour son rapatriement au Sénégal. Le communiqué précise également que des investigations ont été ouvertes afin de faire toute la lumière sur cette tragédie et de déterminer les circonstances exactes du décès.
Mais si la mort de Cheikh Touré a été officiellement confirmée, le sort de ses deux compagnons, Bamba et Momo, demeure entouré de mystère. Aucune déclaration officielle n’a pour l’instant permis d’éclairer leur situation, alimentant les rumeurs et les craintes les plus vives au sein de leurs familles. Plusieurs sources locales évoquent la possibilité d’un enlèvement, hypothèse que les proches des disparus prennent très au sérieux.
Ces derniers ont d’ailleurs diffusé, samedi 18 octobre, une vidéo dans laquelle ils affirment avoir pu entrer en contact avec les deux jeunes hommes par appel vidéo. Dans ce court échange, Bamba et Momo apparaissent visiblement apeurés, parlant à voix basse et semblant sous contrainte. Ce témoignage a ravivé les inquiétudes et renforcé la conviction qu’ils seraient retenus contre leur gré.
Face à cette situation dramatique, les familles des disparus appellent à une large mobilisation nationale. Elles demandent aux autorités sénégalaises d’intensifier leurs efforts diplomatiques et de coopérer étroitement avec les services de sécurité ghanéens pour retrouver Bamba et Momo sains et saufs. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur solidarité, partageant le hashtag #FreeBambaEtMomo pour réclamer la vérité et la justice.
Alors que le corps de Cheikh Touré s’apprête à être rapatrié, la douleur de ses proches se mêle désormais à la peur et à l’incertitude. À Kaolack comme à Yeumbeul, où le jeune gardien de but avait fait ses débuts à l’académie Esprit Foot, l’émotion est à son comble. La communauté sportive sénégalaise, profondément choquée, appelle à la vérité sur cette affaire qui bouleverse tout un pays.
Chers autorités, Mesdames et Messieurs les représentants des confessions religieuses, Distingués invités, chers frères et sœurs,
C’est avec une émotion sincère que je m’adresse à vous aujourd’hui, dans ce lieu de prière empreint de sérénité. Ma présence ici dépasse le simple cadre d’un échange interreligieux, incarnant l’intime conviction que les fils d’Abraham, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, sont liés par une même lumière, celle de la dignité humaine et du respect mutuel.
Je remercie de tout cœur mon ami, mon frère, le Grand Rabbin de Seine-Saint-Denis pour son accueil fraternel.
– Le Grand Rabbin Moché Moïse Lewin, dont la sagesse et l’engagement pour la diplomatie religieuse inspirent profondément ceux qui croient en la force du dialogue interreligieux. Par sa parole et son action, il nous montre que la foi peut être un pont entre les peuples, un instrument de paix et de fraternité véritable. Ce geste, au-delà de sa portée symbolique, nous rappelle qu’en des temps troublés, la diplomatie religieuse demeure l’un des rares remparts contre la fracture des âmes et la division des peuples. Son combat de longue date pour la paix et la coopération interreligieuse force le respect. Je comprends pleinement pourquoi le Président de l’État d’Israël l’a choisi pour représenter la communauté juive lors du Colloque international sur la diplomatie religieuse à Dakar, un événement que mon ONG a coorganisé avec l’Université Cheikh Anta Diop. Là-bas, il a laissé des traces indélébiles dans les esprits par la profondeur de ses interventions et la sincérité de son engagement. Qu’il en soit vivement remercié.
Je tiens également à remercier chaleureusement Monsieur Jean-Michel Genestier, Maire du Raincy, pour sa présence et son soutien. – Vous êtes un homme de terrain et de conviction. Sous votre impulsion, la ville du Raincy est devenue un espace de coexistence pacifique, un exemple de vivre-ensemble, où le respect de chacun fait la fierté de tous.
– Je salue également Monsieur Ludovic Toro, Maire de Coubron et Conseiller régional d’Île-de-France, dont le parcours illustre une politique du cœur, attentive à la dignité humaine et au bien commun. Homme de dialogue et de bienveillance, il incarne cette alliance précieuse entre responsabilité publique et humanisme spirituel.
Cette assemblée traduit de manière concrète ce que Dieu nous a enseigné à propos de la diversité des hommes. En effet, le Saint Coran nous enseigne, dans la sourate Al-Hujurât : ﴿ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ﴾ « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. »
Par conséquent, la diversité n’est ni une menace ni un obstacle, mais un dessein divin. Elle est une invitation à la rencontre, à la reconnaissance de l’autre dans sa singularité.
À l’échelle du monde, cette reconnaissance doit se traduire par une diplomatie des consciences, une diplomatie religieuse qui transcende les appartenances et s’adresse à ce qu’il y a de plus universel en chacun de nous : le cœur humain. Elle nous enseigne que la paix ne s’impose pas par la force, mais se construit par le respect, la patience et l’écoute sincère. Elle nous rappelle que le croyant, quel qu’il soit, reconnaît en tout être humain une parcelle du divin.
Le Coran dit encore, dans la sourate Hud : « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule communauté. » Ainsi, l’unité ne consiste pas à effacer les différences, mais à les faire dialoguer. À tisser, entre traditions, des liens qui ouvrent un horizon commun — celui d’une humanité réconciliée.
Judaïsme, christianisme et islam puisent à la même source, partagent une mémoire millénaire, et parfois, une même espérance.
C’est pourquoi nous devons dépasser l’idée passive de « coexistence » pour entrer résolument dans celle, plus exigeante, de co-construction spirituelle. Nous ne sommes pas simplement appelés à vivre côte à côte, mais à bâtir ensemble un monde plus juste, plus humain.
Depuis cette synagogue, je veux lancer un appel : que nos religions ne soient plus perçues comme des frontières d’identité, mais comme des foyers de lumière partagée. Ensemble, nous avons la responsabilité de témoigner que la foi, loin de diviser, peut unir ; qu’elle peut devenir un langage d’espérance dans un monde en quête de sens.
Il est dit dans le Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière. » Et le Coran fait écho à cet enseignement : « Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière. » Cette convergence est le signe que dans la profondeur de nos textes sacrés se trouvent les graines d’une fraternité universelle.
Et justement, aujourd’hui, un frémissement d’espoir traverse un conflit que l’on croyait figé. Après des mois de violence et de souffrances, un cessez-le-feu a été conclu entre Israël et le Hamas. Des otages ont été libérés, des prisonniers relâchés, et l’aide humanitaire circule à nouveau vers Gaza. Au-delà des tractations, ce sont des vies sauvées, des familles réunies, des blessures pansées.
À ce moment charnière, je souhaite exprimer un appel sincère à la paix entre Israël et la Palestine. Il est essentiel que le dialogue soit maintenu avec les deux parties. Les deux peuples, dans leur histoire, leur souffrance et leur espérance, sont pleinement conscients que seule une voie de respect mutuel peut mener à une paix durable. Aucun des deux ne peut être ignoré si l’on veut construire une solution juste. C’est par la parole, l’écoute et la reconnaissance de l’humanité de l’autre que pourra émerger une paix véritable.
Soutenus par des partenaires internationaux, certains leaders ont osé remettre la paix au centre du discours. Le chemin reste incertain, mais un pas a été franchi. Ce signe, si fragile soit-il, appelle chacun de nous à la vigilance, à l’engagement. Car la paix n’est pas un miracle, c’est un effort quotidien. C’est le choix, répété chaque jour, de tendre la main plutôt que de brandir le poing. Nous devons accompagner cette dynamique, la renforcer, et rappeler au monde que ce qui unit les hommes est plus fort que ce qui les divise.
Pour conclure,
Mes frères, mes sœurs, Mes amis,
Ce moment que nous partageons ici dépasse les mots. Il est rare, profond, et historique. Oui, aujourd’hui, un Khalife musulman s’adresse à vous depuis une synagogue — un lieu saint du peuple du Livre. Et ce simple fait, à lui seul, est un message au monde : celui que la foi peut rassembler là où les peurs ont divisé, que Dieu n’appartient à personne, mais qu’Il réside dans le cœur de ceux qui aiment et respectent.
Je ressens dans ce lieu une émotion sincère, celle d’un frère qui retrouve d’autres frères. Les murs de cette synagogue, témoins de tant de prières, accueillent aujourd’hui l’écho d’une prière musulmane : une prière pour la paix, pour la vie, pour l’humanité. Ce n’est pas un hasard si nos pas nous ont conduits ici. C’est un signe. Un signe que le dialogue entre les croyants est possible, qu’il est même nécessaire, et qu’il peut devenir le souffle qui guérit les blessures du monde.
Je vous avoue, mes amis, qu’en ce moment précis, je ne me sens pas invité : je me sens chez moi. Parce qu’ici, je sens la présence du même Dieu, le souffle du même amour, la lumière de la même espérance. Et c’est cela, le miracle du vivre-ensemble : quand nos différences cessent d’être des murs pour devenir des fenêtres ouvertes sur la fraternité.
Que cette rencontre ne soit pas un souvenir éphémère, mais le point de départ d’une alliance spirituelle nouvelle, entre les fils d’Abraham, entre les enfants de Dieu. Que nos cœurs, juifs, chrétiens et musulmans, continuent de battre au même rythme : celui de la paix, du respect et de la dignité humaine.
Et que ce jour, ici au Raincy, reste gravé dans nos mémoires comme le jour où la foi a vaincu la peur, où la prière a triomphé de la méfiance, et où l’amour de Dieu a uni ceux que le monde croyait séparés.
Pancartes à la main, banderoles rouges attachées autour de la tête, les partisans de Mouhamadou Farba Ngom ont envahi, ce samedi 18 octobre 2025, l’avenue Bourguiba à Dakar. Venus de plusieurs localités du pays, ils ont répondu à l’appel du Comité de Résistance Populaire « Free Farba », déterminés à faire entendre leur voix et à réclamer, une fois de plus, la libération du maire d’Agnam, qu’ils considèrent comme un « détenu politique ».
Dès les premières heures de la matinée, des centaines de manifestants ont afflué vers le point de rassemblement, dans une ambiance à la fois revendicative et disciplinée. Les slogans scandés, les chants engagés et les messages inscrits sur les pancartes traduisaient la même volonté : obtenir la libération immédiate de leur leader. Sur plusieurs affiches, on pouvait lire : « Justice pour Farba », « Non à la détention arbitraire » ou encore « Libérez nos otages politiques ».
Les organisateurs ont insisté sur le caractère pacifique de la mobilisation, qui s’est déroulée sous la surveillance des forces de l’ordre déployées tout le long de l’avenue Bourguiba. Aucun incident majeur n’a été signalé, preuve, selon les manifestants, de leur maturité et de leur attachement à la voie démocratique.
Au nom du comité, plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« injustice flagrante ». Selon eux, Farba Ngom est victime d’une instrumentalisation politique de la justice. « Notre camarade est un otage politique. Sa place n’est pas en prison mais parmi les siens, à Agnam, pour continuer à servir sa communauté », a déclaré l’un des porte-parole du mouvement, qui a également appelé les autorités à privilégier l’apaisement et le dialogue.
La marche a aussi été l’occasion pour les sympathisants du maire d’Agnam d’exiger la libération de tous les autres détenus politiques à travers le pays. Ils ont réaffirmé leur solidarité envers toutes les victimes d’arrestations jugées arbitraires et ont promis de poursuivre le combat jusqu’à l’obtention de la libération totale de leurs camarades.
Ce samedi 18 Octobre les héritiers de Feu DIALLO PITHIE ont organisés un point de presse sur leur site privé avant d’être stopper de force par la gendarmerie . Des échanges houleuses ont de suite éclater et certains ayants droit arrêter par la gendarmerie. Au micro Abou DIALLO fils de Diallo PITHIE a déclare »mon pere a eu ce terrain depuis 1980 et c’est en 1983 qu’il a obtenu ses papiers délivrer par l’administration d’alors. Dans ces champs nous y pratiquons toutes formes de cultures. Il poursuit « Nous dénonçons avec vigueur l’implication de la CDC qui est venu détruire toutes nos recoltes sur un faux bail qu’elle a obtenue avec la complicité de l’administration actuelle . Il conclu »Ce qu’il faut retenir est que nous les héritiers de Diallo PITHIE, nous ne céderons aucun centimètre de nos terres quoique cela nous coûte »
Le Sénégal est sous le choc après la mort tragique de Cheikh Touré, jeune gardien de but prometteur de l’académie Esprit Foot de Yeumbeul. Le corps sans vie du joueur a été découvert au Ghana, dans des circonstances particulièrement insoutenables selon plusieurs sources concordantes. Cette disparition brutale a plongé sa famille, ses proches et le monde du football sénégalais dans une profonde tristesse.
Selon les informations rapportées par Seneweb, la dépouille du jeune athlète a été déposée à la morgue d’un hôpital à Accra, la capitale ghanéenne. Les autorités locales auraient exigé le paiement d’une somme d’argent à la famille avant toute restitution du corps, une situation qui ajoute à la douleur et à l’indignation des proches de la victime.
Les premiers éléments de l’enquête laissent entrevoir un scénario glaçant. Cheikh Touré aurait été piégé par un réseau d’escrocs se faisant passer pour des recruteurs sportifs. Ces individus lui auraient fait miroiter un test de football au Maroc, une opportunité en or pour le jeune homme dont le rêve était de percer dans le monde du sport et d’aider ses parents à sortir de la précarité. Convaincu par la proposition, il aurait quitté le Sénégal, ignorant qu’il se dirigeait en réalité vers un guet-apens.
Arrivé au Ghana, Cheikh Touré aurait été kidnappé par ses prétendus recruteurs, qui ont ensuite pris contact avec sa famille pour exiger une rançon. Malgré les efforts désespérés des proches pour réunir la somme demandée, ils n’ont pas réussi à satisfaire les exigences des ravisseurs. Quelques jours plus tard, la famille apprenait avec horreur l’exécution du jeune footballeur.
Cette tragédie a provoqué une vague d’émotion et de colère sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes, sportifs et figures publiques ont exprimé leur indignation. Tous réclament justice et vérité dans cette affaire qui illustre une fois de plus les dangers auxquels sont exposés les jeunes Africains attirés par les promesses d’agents douteux et de faux recruteurs.
L’académie Esprit Foot de Yeumbeul, où Cheikh Touré évoluait, a également exprimé sa profonde douleur et appelé les autorités sénégalaises à intervenir d’urgence pour rapatrier la dépouille du jeune homme. Les dirigeants de l’académie ont demandé une coopération étroite entre les autorités sénégalaises et ghanéennes afin que la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame et que les responsables soient identifiés et punis.
La disparition tragique de Cheikh Touré met en lumière un fléau grandissant : celui des trafics humains et des arnaques liées au football africain, où de jeunes talents, souvent vulnérables, deviennent les proies d’individus sans scrupules exploitant leurs rêves et leurs espoirs.
Au-delà de l’émotion, cette affaire appelle à une réflexion nationale sur la protection des jeunes sportifs et la régulation du milieu du recrutement footballistique. Le destin brisé de Cheikh Touré rappelle, dans la douleur, que derrière chaque rêve d’Europe ou de carrière internationale se cachent parfois des réseaux mortels.
Quatre-vingts ans après le massacre des tirailleurs sénégalais au camp de Thiaroye, à Dakar, l’histoire semble enfin prête à livrer ses vérités. Longtemps dissimulée, manipulée et tronquée, cette tragédie, symbole de l’ordre colonial et de ses violences, refait surface sous l’impulsion d’universitaires sénégalais décidés à restituer à la mémoire nationale une part occultée de son histoire.
Le président du Comité de commémoration du 80e anniversaire, le Pr Mamadou Diouf, a déclaré que « l’histoire est partie prenante mais n’est pas au cœur de cette affaire. Elle nous appartient. Et c’est nous qui la construisons ». Selon lui, ce travail de vérité, amorcé depuis plusieurs années, est loin d’être terminé. De nombreux documents demeurent cachés, et des faits essentiels restent à révéler.
Le massacre de Thiaroye, survenu à l’aube du 1er décembre 1944, fut une tragédie humaine d’une rare cruauté. Des tirailleurs sénégalais, anciens combattants ayant participé à la libération de la France, furent abattus sans pitié alors qu’ils réclamaient simplement leur pécule et un traitement égal à celui de leurs frères d’armes français. Depuis, l’événement a été entouré d’un silence pesant, d’omissions volontaires et de récits officiels biaisés.
Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, des historiens et archéologues sénégalais ont présenté les premières conclusions de leurs travaux, après la remise d’un livre blanc au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Parmi eux figuraient le Pr Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration, la Pr Rokhaya Fall, présidente de la Commission établissement des faits, le Pr Jouga Benga, membre de la Commission traitement et exploitation, le Pr Moustapha Sall, président de la Commission archéologie, et la Dr Aïssata Thiam, archéologue chargée des relations extérieures. Ensemble, ils ont dévoilé des révélations glaçantes sur cette page sombre de l’histoire coloniale.
Le Pr Mamadou Diouf a dénoncé « une entreprise délibérée de dissimulation par l’administration française ». Selon lui, de nombreux documents relatifs à Thiaroye se trouvent encore dans des archives inaccessibles, parfois même en Allemagne. Il souligne que les autorités françaises de l’époque ont sciemment évité toute reconnaissance officielle, craignant de se retrouver devant un tribunal international similaire à celui de Nuremberg. À ce jour, personne ne peut affirmer avec certitude combien de tirailleurs ont été fusillés, torturés ou exécutés. « On n’en connaît ni le nombre exact ni les noms », déplore-t-il.
Les recherches archéologiques menées par le Pr Moustapha Sall et son équipe ont déjà permis des découvertes troublantes. Autour d’un vieux baobab considéré comme témoin du drame, plusieurs tombes ont été localisées. Les premières fouilles ont mis au jour sept corps dans des positions anormales, certains présentant des traces de balles réelles, d’autres des signes de mutilations, de clous incrustés ou encore des côtes manquantes. L’un des crânes retrouvés était ouvert, tandis qu’un autre corps semblait avoir été enterré vivant, la bouche grande ouverte. Tous portaient des insignes militaires, confirmant qu’ils étaient en service au moment de leur mort.
Ces éléments, d’une force symbolique et historique considérable, relancent la nécessité de poursuivre les investigations. Les chercheurs envisagent désormais d’élargir le périmètre des fouilles à d’autres sites comme le lycée de Thiaroye, le camp militaire ou encore le forail de Diamaguène. Des technologies modernes, notamment des radars de pénétration du sol capables d’explorer jusqu’à 20 mètres de profondeur, seront utilisées pour identifier d’éventuelles sépultures collectives.
La prochaine étape portera sur l’analyse génétique des victimes. « On peut encore extraire l’ADN de ces victimes », a assuré le Pr Moustapha Sall. Cette approche pourrait permettre d’identifier les tirailleurs inhumés anonymement et de restituer leur mémoire à leurs familles.
Pour le Pr Mamadou Diouf, la quête de vérité ne se limite pas à un devoir de mémoire. Elle ouvre aussi la voie à la justice historique. Une fois les faits établis, estime-t-il, les familles des victimes, mais aussi les États africains concernés, pourront légitimement réclamer réparation à la France pour ces crimes coloniaux restés impunis.
Le Commissariat d’arrondissement de Ndorong, à Kaolack, a réussi une importante opération de police dans la nuit du 15 au 16 octobre 2025, avec l’arrestation de trois individus soupçonnés de vols répétés de motos “Jakarta”. Cette interpellation fait suite à une alerte donnée par des habitants du quartier Dialégne, qui avaient réussi à maîtriser des suspects avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Alertée par un appel téléphonique, une équipe de police s’est immédiatement rendue sur les lieux. À leur arrivée, les agents ont procédé à l’arrestation des trois individus et à la saisie de quatre motos en leur possession. Ces engins avaient été signalés volés quelques heures plus tôt, aux environs de trois heures du matin, dans le quartier de Thioffack, où leurs propriétaires les avaient garés devant leurs domiciles.
Les premiers éléments de l’enquête ont permis de remonter la piste du trafic jusqu’à un vendeur de melons, identifié comme le principal receleur des motos volées. Ce dernier aurait servi d’intermédiaire dans l’écoulement des engins, facilitant ainsi la revente rapide des biens dérobés. Deux autres complices présumés, impliqués dans le même réseau, ont également été appréhendés au cours de l’opération.
Les trois mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du Commissariat de Ndorong. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier d’éventuelles complicités et de déterminer l’étendue du réseau de recel et de vol de motos dans la région.
La police vient de porter un coup dur à la criminalité organisée dans la banlieue dakaroise. Après plusieurs semaines d’investigation, les limiers du commissariat central de Guédiawaye ont réussi à mettre la main sur les membres du gang “Thiely” — un groupe de motards particulièrement redouté pour ses braquages nocturnes et sa méthode d’agression aussi audacieuse qu’efficace : les faux accrochages.
Une méthode glaçante et bien rodée
D’après les informations rapportées par L’Observateur, le gang “Thiely” — qui signifie “l’aigle” en wolof — avait mis au point une technique d’attaque d’une simplicité déconcertante. Un motard fonçait délibérément sur un véhicule pour simuler un accrochage. Pris de panique ou par réflexe, le conducteur descendait pour constater les dégâts. C’est à ce moment précis que surgissaient d’autres complices, qui profitaient de la confusion pour dérober sacs, téléphones, argent ou documents, avant de s’enfuir à vive allure sur leurs motos, souvent dépourvues de plaques d’immatriculation.
Les attaques se multipliaient depuis plusieurs mois dans les quartiers de Sahm, Tally Boumack, Thiaroye et Tally Boubess, plongeant la population dans un climat d’insécurité et de peur, surtout la nuit.
Le coup de trop : un braquage de 30 millions FCFA
Le 25 août 2025, le gang commet une erreur fatale. Ce soir-là, A. Diagne, commerçant à Bène Tally, transporte 30 millions de francs CFA en liquide et un chèque de 1,32 million à bord de sa Kia Sorento. Arrivé au croisement Sahm, il est encerclé par trois motards. L’un percute volontairement son véhicule, tandis qu’un autre profite de la confusion pour ouvrir la portière et s’emparer du sac contenant l’argent.
L’affaire prend immédiatement une tournure sérieuse. Alertés, les policiers de Guédiawaye se mobilisent et exploitent les images de vidéosurveillance ainsi que plusieurs témoignages concordants. Très vite, ils repèrent une moto Beverly grise sans plaque, aperçue sur plusieurs scènes de braquage. Après plusieurs jours de filature, les enquêteurs parviennent à interpeller les deux principaux suspects : M. Bâ, alias “Ino”, et son complice M. Ndiaye.
Un réseau bien structuré mis à nu
Les premières auditions révèlent l’existence d’un véritable réseau de voleurs à moto, bien organisé et actif dans plusieurs zones de la banlieue. Les investigations conduisent rapidement à deux autres suspects : A. Dione, âgé de 28 ans, et M. Bâ, 22 ans, vendeur de motos à Guédiawaye. Leur arrestation, parfois mouvementée, permet aux enquêteurs de confirmer que les braqueurs disposaient d’un système structuré, comprenant des exécutants, des guetteurs et des receleurs chargés d’écouler les biens volés.
Lors des confrontations, plusieurs victimes identifient formellement les suspects, notamment “Ino”, présenté comme le conducteur principal et cerveau opérationnel du groupe.
Des saisies spectaculaires et un butin estimé à plus de 62 millions FCFA
Les perquisitions menées dans différents quartiers ont permis de récupérer une partie du butin ainsi qu’un impressionnant lot de matériel de luxe. Les policiers ont notamment saisi une arme à feu de marque Taurus, plusieurs téléphones iPhone haut de gamme — modèles 11, 13, 15 et 16 Pro Max —, des chèques, des cartes grises et divers documents administratifs appartenant à des victimes. Le préjudice total est estimé à 62 580 000 francs CFA.
La fameuse moto Beverly grise, utilisée lors des braquages, a également été saisie. Elle a pu être formellement identifiée grâce à une fissure sur le pare-brise décrite par l’une des victimes, le politicien Babacar Mbaye Ngaraf.
Une affaire qui ébranle Guédiawaye
L’arrestation du gang “Thiely” a provoqué un vif émoi dans la commune de Guédiawaye. Des jeunes motards, supposés proches des suspects, se sont même rassemblés devant le commissariat central pour tenter d’intimider certaines victimes. Face à ces manœuvres, plusieurs de ces dernières ont décidé de se regrouper en collectif afin de suivre la procédure judiciaire et réclamer justice.
Selon une source proche du dossier, citée par L’Observateur, d’autres membres du réseau seraient toujours en fuite, notamment les receleurs et les complices chargés de revendre les objets volés.
La récente intervention du Fonds Monétaire International (FMI) continue d’alimenter le débat sur la transparence des comptes publics au Sénégal. En réaction à la sortie du directeur général adjoint de l’institution, Gemayel, l’ancien ministre et membre de l’Alliance pour la République (APR), Pape Malick Ndour, a tenu à faire part de ses réserves, tout en pointant les limites de la supervision internationale en matière de gouvernance financière.
Dans un entretien avec L’Observateur, le représentant du FMI a annoncé la mise en place prochaine d’un groupe d’experts indépendants chargé « de comprendre ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et quelles mesures correctrices doivent être envisagées ». Une initiative que Pape Malick Ndour juge révélatrice d’un certain flou persistant autour de la sincérité et de la fiabilité des données financières communiquées par le gouvernement.
Pour l’ancien ministre, cette décision du FMI pose une question fondamentale de cohérence : « Comment peut-on, d’un côté, confirmer certaines choses et, de l’autre, mandater des experts externes pour “comprendre ce qui s’est passé” ? » s’interroge-t-il. Selon lui, cette démarche traduit le malaise du Fonds face à une situation encore mal maîtrisée. « La vérité est que le FMI n’a jusqu’à présent pas bien compris, même si, par souci diplomatique et dans le respect du principe de souveraineté des États, il accorde un certain crédit aux chiffres avancés par le régime en place », ajoute-t-il.
Pape Malick Ndour estime par ailleurs que la sortie du directeur général adjoint du FMI « ancre désormais dans le débat public l’idée d’un audit externe crédible et impartial ». Il rappelle que, comme l’avait déjà indiqué le Chef de l’État lors de son entretien sur France 24, le FMI cherche lui-même à comprendre « ce qui se cache vraiment derrière cette histoire » de divergence dans les comptes publics.
Selon lui, les récentes déclarations du Fonds ne font que confirmer les doutes persistants de l’institution quant à la clarté des finances publiques. « Cette sortie du Chef de mission confirme ainsi les doutes du FMI quant à la clarté et la fiabilité des comptes publics tels que présentés par le nouveau régime », soutient Pape Malick Ndour. Il regrette surtout le manque de transparence dans la communication des documents officiels, notamment « le rapport du cabinet Mazars, pourtant considéré comme l’un des plus importants, mais toujours tenu secret ».
Le 17 octobre 2025, Air Sénégal a franchi une étape majeure dans la structuration du secteur aérien national en officialisant la création effective de ses filiales. Cette initiative concrétise la mise en place du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié, conformément aux décisions adoptées lors du Conseil interministériel du 3 avril 2025, présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’une des sept résolutions adoptées au cours de ce Conseil, portant sur la création de filiales d’Air Sénégal SA ainsi que sur la prise de participation de la compagnie nationale dans certaines structures existantes. Les nouvelles entités créées sont Air Sénégal Express, le Centre Industriel de Diass (CID), l’Institut de Formation Air Sénégal (IFAS), Teranga Catering, Teranga Hôtel et Teranga Online, qui inclut un centre d’appels.
Selon la compagnie aérienne, cette structuration stratégique permet à Air Sénégal de se positionner comme un acteur central d’un écosystème aérien intégré, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, allant du transport aérien à la maintenance, en passant par la formation, les services aéroportuaires et la restauration à bord.
Le Directeur général d’Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a souligné l’importance de cette étape, affirmant que la création du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié constitue une avancée décisive dans la structuration de l’industrie aérienne nationale. « Ce projet, voulu par les autorités, traduit la détermination d’Air Sénégal à bâtir un écosystème intégré et compétitif », a-t-il déclaré.
Parallèlement à la création de ces filiales, la compagnie poursuit le renforcement de ses participations dans plusieurs structures stratégiques. Elle détient désormais 75 % des parts dans 2AS et 100 % dans 2AS Technics, tandis que des négociations sont en cours pour acquérir une participation significative dans Teranga Sûreté Aéroportuaire (TSA).
Ces initiatives s’inscrivent dans la vision du gouvernement sénégalais de bâtir un groupe aérien intégré, durable et économiquement autonome. Elles visent également à renforcer la crédibilité internationale d’Air Sénégal et à consolider sa position de compagnie de référence dans la sous-région.
Créée en 2016 et opérationnelle depuis 2018, Air Sénégal ambitionne de devenir le leader du transport aérien en Afrique de l’Ouest, s’appuyant sur son hub stratégique de l’Aéroport international Blaise Diagne. À ce jour, elle dessert treize destinations avec une flotte composée de deux Airbus A330-900 Neo, trois Airbus A320 et deux ATR 72-600.
L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a annoncé jeudi l’entrée dans la dernière phase de la campagne nationale d’identification des abonnés de la téléphonie mobile. Cette initiative, lancée dans le but de renforcer la sécurité publique et de protéger les consommateurs, impose à chaque utilisateur de s’assurer que son numéro de téléphone est correctement enregistré avant le 31 octobre 2025, date de clôture définitive des régularisations.
Selon l’ARTP, l’identification des abonnés constitue une obligation légale destinée à garantir la fiabilité du parc de numéros actifs et à prévenir les usages frauduleux. Cette opération est menée en partenariat avec les principaux opérateurs du pays, à savoir Sonatel, Yas, Expresso, Hayo et Promobile, avec le soutien technique de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF). Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des communications électroniques.
Cette campagne avait déjà connu une première étape majeure le 31 mars 2025, avec la suspension des lignes dont les abonnés n’avaient pas été identifiés. À compter du 29 septembre, les opérateurs ont reçu instruction de procéder à la résiliation définitive de ces lignes. L’ARTP invite désormais les abonnés concernés à se rapprocher sans délai de leurs opérateurs afin de finaliser la procédure avant la date butoir du 31 octobre. L’autorité précise qu’aucune demande de régularisation ne sera acceptée après cette échéance et en appelle à la responsabilité des utilisateurs pour préserver un environnement numérique plus sûr, plus fiable et plus responsable.
À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi 17 octobre 2025 au Building administratif Président Mamadou Dia, le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais a tiré la sonnette d’alarme sur les tentatives de manipulation de l’histoire entourant le drame de Thiaroye. Selon les chercheurs, l’approche officielle française autour de ce massacre s’inscrit dans ce qu’ils qualifient d’« entreprise délibérée de dissimulation et de manipulation ».
Le professeur Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration du 80e anniversaire du massacre, a dénoncé un refus systématique de raconter fidèlement l’histoire : « Autour de Thiaroye, il y a eu une entreprise délibérée. Une entreprise française de la dissimulation, de la manipulation de l’information et surtout du refus de même raconter l’histoire », a-t-il affirmé.
Selon lui, le cimetière de Thiaroye reste un immense terrain d’investigation inexploité. « Personne n’a jamais essayé de faire des fouilles et l’archéologie de ce cimetière pour savoir qui est enterré là, ni comment ces personnes ont été tuées », a regretté le professeur Diouf, insistant sur la nécessité de confronter les archives aux preuves matérielles afin de révéler la vérité complète sur le massacre.
Le professeur Mamadou Fall, président de la Commission de traitement et d’exploitation, a précisé que les recherches archivistiques menées par la commission ont permis de réévaluer le nombre de victimes, faisant passer les estimations de 35 à environ 70 morts. Cependant, il estime que la recherche archéologique pourrait encore élargir ces chiffres, révélant ainsi l’ampleur réelle de la tragédie.
« Il faut aller au-delà des chiffres et montrer ce qui importe pour nous, Africains, qui écrivons ce récit sur nous-mêmes. Il y a eu un récit linéaire, unique, qui a cherché à invisibiliser et à dissimuler. Aujourd’hui, il y a une pluralité de récits », a souligné le professeur Fall, appelant à la construction d’un récit plus complet et plus juste.
Pour les chercheurs, il est crucial de déconstruire le récit métropolitain qui a longtemps dominé la mémoire du massacre et d’ouvrir un espace pour un récit africain, écrit et contrôlé par les Africains eux-mêmes. « Trop longtemps, notre histoire a été racontée par d’autres. Il est temps de reprendre la parole et de restituer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la dignité », a conclu le professeur Mamadou Diouf.
Cette prise de position des chercheurs s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter la mémoire des tirailleurs sénégalais et à garantir que la vérité historique soit établie, non pas à travers les archives officielles seules, mais aussi grâce à des preuves matérielles et à des recherches scientifiques sur le terrain.
Le voile se lève progressivement sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais, le professeur Moustapha Sall, président de la Commission Archéologie, a présenté les premiers résultats des fouilles entreprises au cimetière militaire de Thiaroye, théâtre du drame du 1er décembre 1944. Ces investigations confirment d’importantes incohérences entre les archives officielles et la réalité du terrain, ouvrant une nouvelle phase dans la quête de vérité historique.
Selon le Pr Sall, les fouilles avaient pour but de vérifier la correspondance entre les tombes présumées des tirailleurs et les restes humains qui y reposent réellement. Il a rappelé que « la vérité sur ce qui s’est passée à Thiaroye se trouve dans le sol, car tout y est enfoui », soulignant que les archives françaises ne permettent pas à elles seules d’éclairer toutes les zones d’ombre entourant ce massacre.
Les premières constatations des archéologues se révèlent particulièrement troublantes. Contrairement à ce que soutiennent les récits officiels, les squelettes ne se trouvent pas à l’intérieur des tombes supposées abriter les tirailleurs. Dans plusieurs cas, les restes humains ont été retrouvés à l’extérieur du carré funéraire, parfois dans des positions inhabituelles. « Certains corps ont été découverts la tête tournée à l’opposé de la stèle, ce qui montre que les tombes actuelles ne sont pas contemporaines des inhumations », a précisé le chercheur.
Le professeur Sall parle d’un « cimetière réceptacle de plusieurs pratiques d’enterrement », une formule qui laisse entendre que les lieux auraient servi à diverses opérations funéraires à des époques différentes, brouillant ainsi la traçabilité des victimes du massacre.
Depuis le lancement des fouilles en mai dernier, sept tombes ont été ouvertes, permettant la découverte de sept squelettes généralement bien conservés. Chacun d’eux révèle des éléments singuliers. Le premier individu, mesurant environ 1m80, portait encore des brodequins, des bagues, des anneaux, ainsi que des restes de chaînes de fer autour des tibias, évoquant une détention ou une exécution violente. Le second corps ne présente que la moitié de la colonne vertébrale et du bassin, tandis que le troisième est dépourvu de crâne et d’une partie des côtes, avec une balle logée dans la poitrine gauche.
Ces indices, selon le professeur Sall, constituent des preuves matérielles d’une exécution massive et d’un possible déplacement ultérieur des corps. « Ces découvertes confirment que les tombes que l’on croyait être celles des tirailleurs ne le sont pas toutes, ou du moins, qu’elles ne correspondent pas aux récits établis », a-t-il affirmé.
Les archéologues comptent désormais poursuivre leur travail à travers des études anthropologiques et génétiques pour déterminer l’identité des victimes. « Les sept squelettes exhumés feront l’objet d’analyses approfondies. Nous allons extraire leur ADN afin de tenter de les identifier et de retracer leur origine », a indiqué le Pr Sall.
Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, reste l’un des symboles les plus forts des violences coloniales. Des dizaines de tirailleurs sénégalais, anciens combattants revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, furent abattus par l’armée française pour avoir réclamé le paiement de leurs soldes.
Ces nouvelles fouilles viennent remettre en question la version officielle, longtemps contestée par les historiens et les familles des victimes. Elles pourraient ouvrir la voie à une reconnaissance historique plus complète, fondée cette fois sur des preuves scientifiques, et marquer une étape décisive dans la réhabilitation de la mémoire des tirailleurs de Thiaroye.
La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.
L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”
Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.
Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.
La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.
Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.
Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.
À l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le climat social s’est tendu ces derniers jours. Les travailleurs de l’établissement ont observé une grève de 48 heures, les jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2025, pour dénoncer la suppression des quotas d’inscription réservés aux enfants du personnel universitaire. Cette décision, jugée injuste et brutale, a provoqué la colère des syndicats, qui parlent d’une attaque frontale contre les droits acquis de longue date par les travailleurs de l’université.
Selon les syndicalistes, cette mesure a déjà un impact concret : plus de 40 dossiers d’inscription sont actuellement bloqués, compromettant la rentrée universitaire des enfants concernés. Ibrahima Traoré, membre du syndicat des travailleurs de l’UGB, a décrit la situation comme alarmante. « Aujourd’hui, 24 dossiers sont en souffrance au niveau de notre rectorat. Il s’agit de 42 enfants de travailleurs qui risquent d’être exclus pour ne pas être inscrits. Nous affirmons que c’est injuste », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qu’il qualifie de « honte » pour une institution censée promouvoir la justice et l’équité.
Les travailleurs estiment que l’université renie ses engagements et efface des avantages sociaux acquis de haute lutte. « Nous ne pouvons plus attendre, il n’y a pas d’autre démarche possible que celle de riposter », a insisté M. Traoré, avant de marteler : « Les acquis restent des acquis, nous ne ferons pas marche arrière. »
L’intersyndicale de l’Université Gaston Berger, qui regroupe les principales organisations de travailleurs, a ainsi décidé de paralyser le rectorat et le Centre des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous) pendant deux jours. L’objectif est de faire pression sur les autorités universitaires pour qu’elles reviennent sur leur décision et rétablissent les quotas réservés aux enfants du personnel.
Cette mobilisation met en lumière un malaise plus profond au sein des universités publiques sénégalaises, où les tensions sociales se multiplient sur fond de réformes administratives et budgétaires. Pour les syndicalistes, il ne s’agit pas simplement d’un privilège perdu, mais d’un symbole du respect dû aux agents qui, depuis des années, participent activement au fonctionnement et au rayonnement de l’université.
Alors que la grève a temporairement ralenti les activités de l’UGB, les travailleurs promettent de poursuivre leur combat si aucune solution n’est trouvée. Ils exigent un dialogue franc avec les autorités universitaires et le ministère de l’Enseignement supérieur afin de préserver ce qu’ils considèrent comme un droit légitime.
La rentrée universitaire, prévue dans les prochains jours, risque ainsi d’être perturbée si le conflit persiste, laissant planer une incertitude sur l’avenir des enfants concernés et sur la stabilité sociale au sein de l’Université Gaston Berger.
Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.
Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.
Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.
M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.
Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.
Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.
Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.
Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.
Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.
Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.
Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.
Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.
Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.
Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.
Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.
En mission au service de la communauté nationale, Serigne Mboup, maire de Kaolack et président de l’Union nationale des Chambres de commerce, a pris part à un sommet international organisé à l’Assemblée nationale italienne, à l’invitation de la diaspora sénégalaise en Italie.
Ce rendez-vous, placé sous le thème « Droit de rester et droit de rentrer », a réuni des acteurs politiques, économiques et associatifs venus d’Afrique et d’Europe pour réfléchir aux nouveaux enjeux de la migration et du développement partagé.
Dans son discours, Serigne Mboup a exprimé sa fierté et sa reconnaissance d’avoir été convié à cet événement d’envergure internationale :
« Je suis honoré de représenter ici le monde économique et territorial du Sénégal, à la fois comme Maire de Kaolack et Président de l’Union Nationale des Chambres de Commerce. Je remercie l’honorable Aboubakar Soumahoro pour son initiative inspirante, et je salue M. Pape Sen, vice-président de l’Association des ressortissants sénégalais de Kaolack en Italie, pour son engagement qui illustre la force du lien entre nos peuples », a-t-il déclaré.
Le maire de Kaolack a rappelé que l’Afrique n’attend pas l’assistance, mais une coopération sincère, équilibrée et durable avec l’Europe.
« Nous avons besoin d’outils concrets : des lignes de crédit pour les investissements productifs, des partenariats dans la santé, l’eau, l’agroalimentaire, la logistique et le transport, ainsi qu’un soutien à la formation des jeunes. C’est cela, une coopération durable entre l’Afrique et l’Europe », a-t-il plaidé.
Dans une analyse lucide, Serigne Mboup a également mis en lumière les défis de l’intégration intra-africaine :
« Aujourd’hui, il est souvent plus facile de voyager d’Afrique vers l’Europe que d’un pays africain à un autre. Un ancien président du Parlement de la CEDEAO me disait : “Aucun pays africain ne peut organiser un sommet régional en moins de 24 heures, mais tous peuvent rejoindre Paris ou Casablanca.” C’est la même réalité pour nos marchandises : elles circulent mieux vers l’Europe que dans notre propre continent. »
Pour lui, la solution passe par des investissements dans la logistique régionale, les ports africains et les corridors économiques.
« À Kaolack, nous avons choisi de démontrer avant de demander. Nous formalisons les acteurs économiques, modernisons nos marchés et luttons contre la corruption en attaquant ses causes profondes : la précarité et le manque de transparence. Ce que nous faisons à Kaolack prouve qu’un développement local bien géré peut devenir un modèle national », a-t-il soutenu.
Enfin, le maire de Kaolack a lancé un appel fort en faveur d’une vision humaniste et constructive de la migration :
« La migration ne doit pas être une fuite, mais une passerelle. Nos diasporas, comme celles du Sénégal en Italie, sont des partenaires économiques et humains essentiels. Ensemble, nous devons transformer cette énergie en levier de développement partagé et bâtir une coopération fondée sur la dignité et la responsabilité. »
L’homme politique critique la posture actuelle du Fonds Monétaire International, accusé hier de complaisance et désormais présenté comme arbitre de la transparence financière.
Hier accusé d’aveuglement, le Fonds monétaire international est aujourd’hui brandi comme témoin de moralité par ceux-là mêmes qui dénonçaient sa complaisance.
Dans le grand procès de la dette cachée, le FMI n’était pas spectateur. Il siégeait bel et bien sur le banc des accusés.
« Ils ont leur part de responsabilité dans la situation dont nous avons hérité parce qu’ils ne peuvent pas venir chaque année, faire des revues, conduire des staff-visits et ne rien voir d’aussi gros », déclarait, sans trembler, le Premier ministre, lors du lancement du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), le 1ᵉʳ août 2025.
L’institution de Bretton Woods était alors renvoyée à ses propres défaillances. Comment a-t-elle pu valider des programmes, certifier des comptes, accompagner des budgets, sans détecter une montagne d’engagements financiers dissimulés sous les bilans ?
Ironie du sort, quelques semaines plus tard, c’est ce même FMI qu’on convoque à la barre, non plus comme accusé mais comme témoin à charge contre le passé.
Celui qu’on jugeait coupable d’aveuglement devient subitement la caution morale d’une vérité budgétaire.
Hier suspecté d’avoir fermé les yeux, il est aujourd’hui brandi comme celui qui « a vu ». Hier blâmé pour sa complaisance, il est désormais célébré pour sa confirmation.
La boucle est donc bouclée. L’accusé devient témoin, et l’institution jadis discréditée devient juge de la crédibilité nationale.
Revenons au pays, après ce voyage aussi stratégique que fébrile à Washington. Que savent, au juste, les Sénégalais de cette dette qu’on dit « hidden » ?
Quelle en est la nature, les montants, les acteurs ? Derrière les formules diplomatiques, la réalité économique reste brumeuse.
Le cabinet Forvis Mazars, mandaté pour auditer la dette publique, a-t-il livré toutes ses conclusions ? Où s’arrêtent les constats comptables et où commencent les justifications politiques ? Et surtout, quelle lecture commune le gouvernement et le FMI ont-ils désormais de cette dette ? L’un parlant de « découverte », l’autre de « clarification », chacun trouvant dans la sémantique un abri commode à la complexité des chiffres.
Pendant ce temps, le peuple observe, sommé de croire sans voir, de suivre sans comprendre, de s’émouvoir sans chiffres.
On lui dit qu’une dette a été cachée, puis révélée, puis confirmée mais jamais expliquée.
Dans ce théâtre budgétaire à multiples actes, la vérité des comptes semble toujours en coulisses.
C’est le peuple sénégalais qui reste le grand spectateur ou le grand oublié d’une vérité financière encore en clair-obscur.
Le collectif citoyen « Ñoo Lank » a exprimé son mécontentement face au changement de dernière minute imposé à l’itinéraire de sa manifestation prévue ce vendredi à Dakar. Selon les responsables du mouvement, le parcours initialement autorisé avait été défini entre le Rond-point Sipress/Pentola, sur les deux voies de Liberté 6. Cependant, c’est seulement à la veille de la marche, tard dans la nuit, que les organisateurs ont été informés par les autorités préfectorales d’une modification du trajet.
« C’est seulement la veille et tard dans la nuit que l’autorité préfectorale nous informe du changement », a regretté Mourtalla, l’un des responsables du collectif « Ñoo Lank ». Une décision jugée unilatérale et injustifiée par les membres du mouvement, qui dénoncent un manque de concertation et de respect du droit à la manifestation pacifique.
Après ce revirement, un nouvel itinéraire avait été retenu, allant du Rond-point de l’École normale (actuelle FASTEF) jusqu’au « Jet d’eau ». Mais là encore, un second changement est intervenu, obligeant les manifestants à partir finalement du supermarché Casino, à Liberté 1, pour rallier le « Jet d’eau », point final de la marche.
Ces multiples modifications ont provoqué la colère et la frustration au sein du collectif, qui estime que ces décisions successives visent à perturber l’organisation et à restreindre la liberté d’expression. Les membres de « Ñoo Lank » appellent le ministre de l’Intérieur à s’expliquer sur ces changements répétitifs, qu’ils considèrent comme des entraves à l’exercice démocratique.
À Kaolack, l’inquiétude grandit chez les parents d’élèves du quartier Médina Baye et de la zone de Thioffack. Depuis plusieurs semaines, des eaux usées stagnent le long de la route reliant les deux localités, transformant le trajet quotidien des élèves en un véritable parcours du combattant.
Chaque matin, des dizaines d’enfants doivent traverser cette route envahie par des eaux nauséabondes pour rejoindre leurs écoles. « Nos enfants marchent dans ces flaques remplies de microbes. Certains tombent malades à cause de cela », s’indigne Mariama Sall, mère de deux élèves inscrits à l’école primaire de Thioffack.
Les habitants dénoncent également le manque de réactivité des autorités face à une situation qu’ils jugent dangereuse. « Nous avons saisi l’ONAS à plusieurs reprises, mais rien n’a été fait. Il faut agir avant qu’un drame ne se produise », alerte un représentant de l’Association des parents d’élèves.
Outre les risques sanitaires, ces eaux usées rendent la circulation difficile et favorisent les accidents, notamment pour les motos et les charrettes qui empruntent quotidiennement cette voie. Les riverains craignent également la prolifération de moustiques et d’autres insectes nuisibles, sources potentielles de maladies.
Face à cette situation, les parents d’élèves appellent les autorités municipales et les services d’assainissement à intervenir d’urgence pour évacuer les eaux et réhabiliter la route. Ils demandent également la mise en place de canaux d’évacuation permanents afin d’éviter que ce problème ne se répète à chaque saison des pluies.
« Ce n’est pas seulement une question de confort, c’est une question de santé publique et de sécurité pour nos enfants », conclut Barham Kouta, gérant d’un service financier installé à proximité de ces eaux usées.
La région de Kaolack a vécu, ce vendredi 17 octobre 2025, un moment fort dans le renforcement de la sécurité nationale avec l’inauguration officielle de la Section de Recherches et de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de la gendarmerie.
La cérémonie a été présidée par le ministre des Forces armées, le général Birame Diop.
Cet événement marque une étape majeure dans la stratégie de proximité et d’efficacité opérationnelle des forces de défense et de sécurité. Dans son allocution, le ministre a rappelé l’importance de ces nouvelles structures dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic de stupéfiants, la délinquance urbaine, ainsi que les menaces de toutes formes.
« Ces unités permettront de renforcer la couverture sécuritaire et d’assurer une intervention rapide en cas d’incident, tout en améliorant les capacités d’enquête et de renseignement dans la région de Kaolack », a-t-il déclaré.
La Section de Recherches aura pour mission principale de conduire des enquêtes approfondies sur les affaires complexes, tandis que l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) interviendra en appui aux brigades territoriales lors des opérations de maintien de l’ordre et de sécurisation des zones sensibles.
Le ministre a salué l’engagement et le professionnalisme des gendarmes de Kaolack, tout en réaffirmant la volonté de l’État de doter les forces de l’ordre de moyens logistiques modernes. Il a également invité les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité afin de consolider la paix et la stabilité dans la région.
La cérémonie s’est achevée par une visite guidée des nouveaux locaux.
Avec ces nouvelles infrastructures, Kaolack se positionne désormais comme un pôle stratégique de la sécurité intérieure, contribuant à renforcer le maillage territorial de la gendarmerie nationale.
Une vaste opération policière menée dans la nuit du 15 octobre 2025 par les commissariats d’arrondissement de Jaaxay, des Parcelles Assainies et de Niacourab a permis l’arrestation de six individus soupçonnés d’appartenir à un réseau de voleurs opérant la nuit. Ces jeunes hommes, pour la plupart âgés de moins de 30 ans, sont poursuivis pour des faits « d’association de malfaiteurs et de vols multiples commis la nuit en réunion avec violences ».
Tout est parti d’un incident survenu vers une heure du matin dans le quartier de Jaaxay. Selon les informations recueillies, une dame a été agressée par un individu qui lui a arraché son téléphone portable avant de tenter de prendre la fuite. Ses cris ont attiré l’attention des riverains et des vigiles en service dans la zone, qui ont réussi à neutraliser le voleur avant l’arrivée des forces de l’ordre. L’homme a ensuite été conduit au commissariat de Jaaxay pour être entendu.
Lors de son interrogatoire, le suspect a fini par livrer des informations cruciales permettant aux enquêteurs d’identifier ses complices. Ces derniers, en fuite après les faits, ont été traqués et arrêtés à la suite d’une série de descentes menées par les équipes de police dans différents quartiers. Les investigations ont révélé que le groupe était impliqué dans plusieurs vols nocturnes commis ces dernières semaines dans la même zone.
Leur mode opératoire était particulièrement bien organisé. Les malfaiteurs se déplaçaient en groupe à des heures tardives, observant les passants et les commerces isolés. Une fois une cible repérée, ils intervenaient rapidement, souvent avec violence, pour s’emparer de téléphones portables, d’argent ou d’autres effets personnels. Après chaque opération, ils se dispersaient pour échapper aux patrouilles de sécurité.
Bien que le téléphone arraché lors de la dernière agression n’ait pas encore été retrouvé, la police affirme que les recherches se poursuivent afin de récupérer l’objet et d’identifier d’éventuels receleurs. L’enquête, selon une source policière, vise également à déterminer si le groupe est lié à d’autres actes similaires signalés dans les environs de Pikine et des Parcelles Assainies.
Un fait pour le moins surprenant s’est produit au Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar, où est détenu Farba Ngom depuis près de huit mois. Ce jeudi, Abdoulaye Daouda Diallo, accompagné du député Abdou Mbow, s’y est rendu pour lui rendre visite. Une rencontre aussi inattendue que symbolique, tant les relations entre les deux hommes ont longtemps été marquées par la rivalité et la méfiance.
Durant tout le magistère de Macky Sall, Abdoulaye Daouda Diallo, alors ministre des Finances et du Budget, et Farba Ngom, figure influente du Nord et proche parmi les proches de l’ancien président, étaient réputés pour leurs divergences profondes. Les deux ténors de l’Alliance pour la République (APR) n’ont jamais caché leur antagonisme, au point que leurs camps respectifs se livraient souvent à des batailles d’influence à Matam.
Or, jusqu’ici, jamais Abdoulaye Daouda Diallo n’avait affiché publiquement le moindre soutien à Farba Ngom. Ni lors des nombreuses mobilisations locales organisées pour demander sa libération, ni au moment où l’ancien député-maire de Agnam se retrouvait au cœur de débats enflammés sur les raisons de son incarcération. Cette visite vient donc bouleverser les certitudes et relancer les spéculations sur un possible repositionnement politique au sein de l’ancien parti présidentiel.
Selon Les Échos, qui rapporte l’information dans son édition de ce vendredi 17 octobre, cette démarche d’Abdoulaye Daouda Diallo pourrait répondre à une logique stratégique. Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) chercherait-il à éviter l’isolement qui a précipité la mise à l’écart d’autres figures de l’APR, à l’image de l’ex-Premier ministre Amadou Bâ ?
Pour l’heure, les raisons exactes de cette visite restent floues. Certains y voient une tentative de réconciliation interne destinée à ressouder les anciens cadres de la mouvance présidentielle face aux bouleversements politiques actuels. D’autres, en revanche, y lisent une manœuvre individuelle pour préserver des alliances locales et préparer l’avenir politique.
La situation est tendue sur la Langue de Barbarie, notamment dans les quartiers de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie, à Saint-Louis. L’annonce des autorités locales de procéder à la démolition des maisons construites sur la bande des 20 mètres, une zone considérée comme à risque et relevant du domaine public maritime, a provoqué une vive colère au sein des populations concernées.
Cette décision, présentée par les autorités comme une mesure de sécurité et de préservation du littoral, est perçue par les habitants comme une tentative d’expulsion injuste. À Guet Ndar, des centaines de familles vivent dans l’angoisse d’être déguerpies de leurs habitations. Pour elles, il ne s’agit pas seulement de maisons, mais de leur histoire, de leur identité et de leur principal lieu d’ancrage économique et social.
« Nous n’allons pas partir, nos maisons nous appartiennent et nous refusons de quitter Guet Ndar. En tout cas moi, je mourrai ici », a lancé Abdoulaye Sarr, porte-parole des habitants, sur les ondes de la RFM, traduisant la détermination des populations.
Dans les ruelles étroites de Santhié Ba, la même colère gronde. « Si nous quittons Guet Ndar, c’est comme si nous perdons tout dans la vie. Le gouvernement ne fait rien pour nous. Nous sommes les parents pauvres de ce régime, nous allons rester ici », a ajouté un autre habitant, Abdou Gueye.
Les pêcheurs, principaux résidents de cette zone, se sentent particulièrement visés. Ils estiment que cette opération menace leur mode de vie, déjà fragilisé par la raréfaction des ressources halieutiques et la montée des eaux. Beaucoup dénoncent ce qu’ils considèrent comme une stratégie déguisée de « récupération foncière » au profit de promoteurs immobiliers.
Face à la montée des tensions, les autorités locales appellent au calme et à la concertation. Elles insistent sur le caractère vital de cette mesure pour la protection des populations elles-mêmes, rappelant les nombreux cas d’érosion côtière et d’effondrement de maisons survenus ces dernières années dans la zone.
Mais pour l’instant, la méfiance reste totale. Les habitants de Guet Ndar, Santhié Ba et Gokhou-Mbathie campent sur leur position et promettent de résister à toute tentative de démolition. « Nos maisons nous appartiennent, nous allons voir ce qu’ils vont faire. Nous allons rester ici et nous les attendons », préviennent-ils avec fermeté.
Le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Gueye, a procédé ce jeudi 16 octobre au lancement officiel de l’opération de libération des voies publiques. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de réorganisation de l’espace urbain, impulsée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
La première phase de l’opération a pris la forme d’une visite de terrain consacrée à la sensibilisation des commerçants et occupants installés illégalement sur la voie publique. Le préfet, accompagné de ses services techniques, du maire adjoint chargé du cadre de vie et des forces de sécurité, a tenu à rappeler que cette démarche vise avant tout à “libérer les emprises sans recours à la force”.
L’arrêté préfectoral, entré en vigueur le même jour, interdit désormais toute activité commerciale sur plusieurs artères principales de la ville, notamment les avenues Palla Mbaye et El Hadji Malick Sy, la route nationale 2 et la voie ferrée. Ces zones, souvent encombrées par des étals et des installations anarchiques, seront progressivement dégagées afin de faciliter la circulation, renforcer la sécurité et améliorer le cadre de vie des populations.
Les commerçants concernés ont accueilli la mesure avec prudence, tout en saluant l’approche pédagogique adoptée par l’autorité préfectorale. Certains ont promis de se conformer à la nouvelle réglementation, tout en espérant un accompagnement pour leur relocalisation.
“L’objectif n’est pas de punir, mais de rétablir l’ordre et la fluidité dans la ville”, a souligné Mamadou Gueye, avant de préciser que “la concertation et la sensibilisation demeurent prioritaires, mais force restera à la loi en cas de résistance”.
Cette opération marque une étape importante dans la volonté de l’État de réaffirmer l’autorité publique et d’instaurer une gestion plus harmonieuse des espaces urbains, particulièrement à l’approche des grands événements religieux et économiques qui drainent des milliers de visiteurs à Tivaouane.
La direction d’Auchan Sénégal a annoncé une nouvelle mesure qui concerne tous ses clients effectuant des paiements en espèces. À compter de ce mois d’octobre, un droit de timbre de 1 % est désormais appliqué sur toutes les transactions réglées en numéraire, quel que soit le montant. Cette décision a été officialisée à travers un communiqué rendu public par l’entreprise, qui précise qu’il s’agit d’une mesure conforme aux dispositions fiscales en vigueur au Sénégal.
Selon Auchan, cette nouvelle taxe n’est pas une initiative commerciale, mais une exigence légale découlant de la politique fiscale nationale. L’entreprise indique qu’elle agit simplement en tant qu’intermédiaire dans le processus de collecte. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », explique le communiqué.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où les autorités sénégalaises cherchent à renforcer la mobilisation des recettes fiscales et à encourager la traçabilité des transactions financières. En imposant un droit de timbre sur les paiements en espèces, le gouvernement espère réduire la circulation du cash et favoriser l’utilisation des moyens de paiement électroniques, jugés plus transparents et sécurisés.
Du côté des consommateurs, cette mesure risque cependant de susciter des réactions mitigées. Certains y verront un prélèvement supplémentaire sur leur pouvoir d’achat déjà affecté par l’inflation, tandis que d’autres y liront une incitation à se tourner vers le paiement par carte ou mobile money.
Une opération conjointe entre les services de police sénégalais et marocains a permis de mettre à jour un vaste réseau de trafic de drogue reliant Marrakech, Dakar et Bissau. Cette action coordonnée, menée le 13 octobre dernier après une livraison piégée, s’est soldée par plusieurs arrestations à Yarakh et Pikine, dans la banlieue dakaroise, ainsi que par la saisie de plus de 25 kilogrammes de cannabis. Les suspects interpellés ont depuis été placés en garde à vue.
L’affaire a débuté à Marrakech, lorsque les autorités marocaines ont découvert, au début du mois d’octobre, six kilogrammes de cannabis soigneusement dissimulés dans des chauffe-eau électriques. Pris de panique après cette découverte, le transporteur sénégalais impliqué a aussitôt alerté la police. Cet acte a déclenché une opération transfrontalière impliquant l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du Sénégal, en étroite collaboration avec les services marocains, selon les informations rapportées par Les Échos dans sa parution de ce jeudi.
Les enquêteurs ont alors décidé de piéger la cargaison. Le cannabis a été remplacé par une matière inoffensive, dans le but de remonter toute la chaîne du réseau jusqu’à Dakar. Le 13 octobre, les agents sénégalais ont intercepté la livraison à Yarakh, un quartier populaire de la capitale. Sur place, ils ont arrêté B.D., un individu détenteur de la double nationalité sénégalaise et bissau-guinéenne, accompagné de deux complices qui tentaient de récupérer le colis dans un entrepôt discret.
L’opération ne s’est pas arrêtée là. Une deuxième descente à Pikine-Technopole a permis la saisie de 25 kilogrammes supplémentaires de cannabis, ainsi qu’une série d’objets suspects : passeports africains et européens, cartes d’identité, chéquiers, cartes bancaires, cinq téléphones portables et deux véhicules. Ces découvertes ont mis en évidence un réseau structuré et solidement implanté dans la sous-région, opérant à travers plusieurs circuits logistiques et financiers.
Les premiers éléments de l’enquête désignent B.L.T., basé en Guinée-Bissau, comme le cerveau présumé de ce trafic. C’est lui qui aurait coordonné l’acheminement de la drogue entre les différents pays impliqués. Cette affaire illustre la montée des flux illicites à travers l’Afrique de l’Ouest, où les trafiquants exploitent les failles frontalières et les corridors commerciaux pour leurs activités criminelles.
L’opération a également mis en lumière la coopération croissante entre Dakar et Rabat dans le domaine sécuritaire. Confrontés à la recrudescence du narcotrafic, les deux États ont choisi d’unir leurs efforts. Cette collaboration a été saluée par de nombreux observateurs comme « un modèle d’efficacité et de solidarité régionale » face à un fléau transnational. « Aucun pays ne peut lutter seul contre ce phénomène », confie une source proche du dossier, soulignant la nécessité de renforcer les échanges d’informations et les opérations conjointes.
Entre ingéniosité criminelle et vigilance policière, cette opération réussie démontre que la lutte contre le trafic de drogue n’a pas de frontières. Le Sénégal, déterminé à assainir son territoire face à la menace du narcotrafic, entend poursuivre les investigations pour identifier d’autres complices et démanteler les ramifications régionales de ce réseau tentaculaire. L’enquête se poursuit sous la supervision conjointe des autorités sénégalaises et marocaines.
Le Collectif Noo Lank a annoncé la tenue d’une grande marche pacifique ce vendredi 17 octobre 2025, à partir de 15 heures, pour dénoncer la flambée des prix de l’électricité et les difficultés énergétiques qui frappent de plein fouet les ménages sénégalais. Le rassemblement partira du rond-point SIPRES pour rallier le rond-point Pentola, sur l’axe des Deux Voies de Liberté 6, à Dakar.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi 16 octobre, le collectif justifie cette mobilisation par un contexte de souffrance sociale généralisée, marqué par la hausse vertigineuse des factures d’électricité, la consommation instable des compteurs Woyofal, et la précarité énergétique qui pèse lourdement sur les foyers. À ces difficultés s’ajoute, selon Noo Lank, une asphyxie économique qui touche les travailleurs, les familles, mais aussi les artisans, les mécaniciens, les soudeurs, les petites et moyennes entreprises ainsi que les startups.
Pour les initiateurs du mouvement, « cette injustice tarifaire est devenue insupportable ». Ils appellent ainsi à un sursaut citoyen national, estimant que la question de l’énergie ne concerne pas seulement les consommateurs individuels, mais l’ensemble du tissu économique et social du pays.
La marche, selon le collectif, bénéficiera du soutien de plusieurs acteurs de la société sénégalaise : les centrales syndicales, les organisations de travailleurs, les associations de la société civile, les mouvements citoyens et communautaires, les partis politiques engagés pour la justice sociale, ainsi que des leaders d’opinion, des personnalités indépendantes et des citoyens ordinaires. Tous se retrouveront, selon les organisateurs, « pour faire entendre la voix du peuple face à la cherté insoutenable du coût de la vie ».
Noo Lank insiste sur le caractère citoyen, républicain et pacifique de cette mobilisation, qui se déroulera dans le respect strict des lois et libertés publiques garanties par la Constitution. L’objectif, selon le collectif, n’est pas la confrontation, mais la défense de la dignité et du droit à une vie décente pour chaque Sénégalais.
À travers le slogan fort — « Woyofal doit soulager, pas étrangler » — Noo Lank résume le sentiment d’un grand nombre de ménages confrontés à la hausse du coût de l’électricité. Le mouvement appelle ainsi à une mobilisation massive pour exiger une tarification plus juste, une gestion transparente du secteur énergétique et des mesures concrètes de soulagement du pouvoir d’achat.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé avoir reçu, ce jeudi, au Palais de la République, le Livre blanc sur le massacre de Thiaroye, un document fruit d’un long travail de recherche et de mémoire mené par le Comité de commémoration et plusieurs chercheurs sénégalais et étrangers.
Ce Livre blanc, selon le chef de l’État, marque une étape décisive dans la quête de vérité autour de l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire du Sénégal moderne. Le massacre de Thiaroye, survenu en décembre 1944, reste en effet une blessure profonde dans la mémoire nationale, symbole des injustices subies par les tirailleurs sénégalais à leur retour du front après la Seconde Guerre mondiale.
« Cet acte marque une étape décisive dans notre marche collective vers la vérité, la justice et la réconciliation avec notre mémoire », a déclaré le président Faye, saluant le travail minutieux accompli par les chercheurs et les acteurs de la mémoire historique. Pour lui, cette démarche s’inscrit dans un processus national de réappropriation du passé, essentiel pour construire un avenir fondé sur la dignité et la justice.
Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler que Thiaroye ne doit pas être perçu comme un simple épisode du passé, mais comme un cheminement historique et moral qui engage toute la Nation : « Thiaroye n’est pas une page tournée, mais un chemin qui se poursuit — celui d’une Nation qui interroge son passé pour éclairer son avenir, affirmer sa dignité et honorer ses héros. »
Le chef de l’État a conclu son allocution sur une note d’émotion et de détermination, insistant sur le devoir de mémoire et de vérité que porte le Sénégal à travers ce travail collectif. « La quête de vérité continue, pierre après pierre, jusqu’à la pleine lumière. Car la mémoire n’a de sens que si elle libère, élève et unit », a-t-il affirmé.
La direction d’Auchan Sénégal a annoncé, dans un communiqué rendu public, l’instauration d’un nouveau prélèvement sur les transactions effectuées en espèces. Désormais, un droit de timbre de 1 % sera appliqué sur tous les paiements réalisés en liquide, quel que soit le montant de l’achat. Cette décision, qui entre dans le cadre de la nouvelle politique fiscale nationale, vise à renforcer la traçabilité des flux financiers et à encourager l’usage des moyens de paiement électroniques.
Selon les précisions apportées par l’entreprise, Auchan Sénégal n’est pas l’instigatrice de cette mesure, mais agit en tant qu’intermédiaire entre les consommateurs et l’État. « Ce droit est collecté par nos soins pour le compte de l’État et intégralement reversé au Trésor public », indique le communiqué. L’enseigne insiste sur le fait qu’elle ne tire aucun bénéfice de ce prélèvement, qui constitue une obligation fiscale imposée par les autorités.
Cette mesure s’inscrit dans une série d’ajustements fiscaux décidés par le gouvernement sénégalais dans le cadre de sa politique de mobilisation accrue des ressources internes. Elle devrait s’appliquer à toutes les entreprises opérant sur le territoire national qui réalisent des encaissements en espèces. L’objectif, selon les autorités, est de limiter les transactions non traçables et de favoriser la formalisation des paiements.
Chez les consommateurs, la décision suscite déjà des réactions partagées. Certains clients estiment qu’il s’agit d’une charge supplémentaire sur le pouvoir d’achat, dans un contexte de tension sur les prix à la consommation. D’autres y voient un moyen d’accélérer la modernisation du système de paiement et de réduire les risques liés à la manipulation de liquidités.
Pour sa part, Auchan Sénégal assure qu’elle continuera d’informer ses clients sur les modalités de ce prélèvement et sur son fondement légal. L’entreprise réaffirme également son engagement à se conformer strictement aux dispositions fiscales en vigueur et à maintenir une transparence totale dans la collecte et le reversement de ce droit de timbre.
Un nouveau tournant vient d’être pris dans l’affaire dite Soya Diagne, qui continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Selon des informations rapportées par Seneweb, le procureur de la République a transmis le dossier au juge du premier cabinet du tribunal de Dakar, ouvrant ainsi la voie à une information judiciaire. Cette décision marque une étape importante dans le traitement de ce dossier aux contours sensibles.
Dans le même temps, le parquet a requis la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Akhenaton, figure bien connue sur les réseaux sociaux et présentée comme un proche du parti Pastef. Le motif avancé par le procureur est la « diffusion de propos et de discours contraires aux bonnes mœurs », une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais.
D’après les éléments rapportés par Seneweb, l’affaire découle d’un message que l’intéressé aurait publié sur sa page Facebook. Dans ce post, Akhenaton aurait fait état d’un viol présumé impliquant une ressortissante rwandaise, accusation qu’il aurait attribuée au président d’une institution nationale. Cette publication, jugée particulièrement grave, aurait conduit le parquet à s’autosaisir pour atteinte à la morale publique et diffusion d’informations jugées diffamatoires et non fondées.
L’ouverture d’une information judiciaire permettra désormais au juge d’instruction de mener des investigations approfondies afin de déterminer la véracité des faits allégués et la responsabilité pénale de l’auteur présumé. En attendant, la demande de mandat d’arrêt contre Akhenaton témoigne de la fermeté des autorités judiciaires face à la propagation de contenus jugés attentatoires à la réputation et à la dignité des institutions.
Ce rebondissement intervient dans un contexte politique tendu, où plusieurs activistes et figures proches de l’opposition font déjà l’objet de poursuites pour des publications considérées comme diffamatoires ou subversives. L’affaire Akhenaton pourrait ainsi relancer le débat sur la liberté d’expression au Sénégal et la responsabilité des acteurs politiques et numériques dans l’usage des réseaux sociaux.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations importantes dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces décisions, rendues publiques ce mercredi, interviennent dans un contexte de renforcement des structures académiques et scientifiques du pays.
Au niveau de l’Agence nationale de recherche scientifique appliquée (ANRSA), Monsieur Albinou Ndecky, maître de conférences titulaire, a été nommé secrétaire général de l’agence. Il succède à Monsieur Abdourahmane Tamba, qui a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Cette nomination s’inscrit dans la volonté de dynamiser la recherche scientifique appliquée et de renforcer la coordination des activités de l’agence. Parallèlement, Madame Fatimata Diallo, gestionnaire expérimentée, a été désignée présidente du Conseil de surveillance de l’ANRSA, en remplacement de Monsieur Moustapha Ndir. Ce changement à la tête du conseil de surveillance vise à assurer un meilleur suivi des orientations stratégiques de l’agence et à garantir une gouvernance efficace.
Dans le même esprit, l’Institut sénégalo-britannique de l’enseignement de l’anglais (ISBEA) connaît également un renouvellement à sa direction. Madame Marème Sarr, professeur d’enseignement secondaire, matricule de solde n°609251/Q, a été nommée directrice de l’institut. Elle prend la succession de Monsieur Arfang Dabo, qui a, lui aussi, été admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette nomination intervient dans le cadre du renforcement des capacités pédagogiques de l’ISBEA et de l’amélioration de l’enseignement de l’anglais au Sénégal. Par ailleurs, Monsieur Racine Dia, également professeur d’enseignement secondaire, a été porté à la présidence du Conseil d’administration de l’ISBEA, succédant à Monsieur Boubacar Siguiné Sy. Ce renouvellement à la tête du conseil d’administration vise à consolider la stratégie de développement de l’institut et à renforcer l’efficacité de sa gouvernance.
Le Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal/Authentique (SELS/Authentique) hausse le ton et appelle à deux jours de grève pour exiger le respect des accords signés en 2022.
Alors que l’année scolaire 2025-2026 s’ouvre dans un contexte national marqué par des crises sanitaires et climatiques, l’organisation syndicale tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public ce mardi 14 octobre à Rufisque, le SELS/Authentique demande aux autorités de « mettre fin au dilatoire » et d’honorer sans délai les engagements pris avec les syndicats représentatifs du secteur de l’éducation en mai 2022.
Une rentrée scolaire sous tension
Le démarrage de l’année scolaire s’effectue dans un climat difficile. Entre la fièvre de la Vallée du Rift, la maladie MPOX, les inondations et la remontée des eaux du fleuve, plusieurs localités sont sinistrées, certaines écoles restant encore occupées par des familles déplacées.
Le SELS/Authentique déplore « la lenteur des opérations » engagées par les pouvoirs publics pour assécher les zones touchées et rendre les établissements scolaires fonctionnels.
« À ce rythme, de nombreuses écoles risquent de connaître un retard dans le déroulement des programmes », avertit le syndicat, qui exhorte le gouvernement à mobiliser des moyens conséquents pour prévenir toute propagation de maladies en milieu scolaire.
Respect des accords : le syndicat exige des actes concrets
Le SELS/Authentique rappelle que les accords signés en mai 2022 vont bien au-delà des revalorisations salariales. Ils concernent notamment :
la révision du statut des enseignants décisionnaires (décrets 2006-392 et 74347) ; la fin de la surimposition sur les rappels et la réduction des lenteurs administratives ; la formation diplômante des chargés de cours ; la diligence dans le traitement des prêts DMC ; la revalorisation des indemnités d’examens (CFEE, entrée en 6e, BFEM) ; et le paiement des classes spéciales.
Le syndicat appelle également à l’ouverture de nouvelles négociations sur la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de l’imputation budgétaire aux enseignants retraités.
« L’État doit respecter la décision de la Cour suprême »
Dans un contexte national placé sous le signe du « Jub, Jubal, Jubanti », prônant intégrité et transparence, le SELS/Authentique interpelle directement les ministres de la Fonction publique, du Travail et de l’Éducation nationale.
Il leur demande de se conformer à l’arrêt n°10/2024 de la Cour suprême, qui annule l’arrêté du ministère du Travail relatif aux résultats des élections de représentativité syndicale dans le secteur de l’éducation.
Allègement pour les parents, inquiétudes sociales
Le syndicat salue les mesures prises par le ministère de l’Éducation nationale pour alléger les charges des parents d’élèves — notamment la gratuité des inscriptions à l’élémentaire et la réduction des frais dans le moyen-secondaire.
Toutefois, il dénonce les licenciements abusifs observés dans d’autres secteurs d’activité, appelant l’État à réintégrer les travailleurs injustement renvoyés.
« L’État est une continuité : les nouvelles autorités héritent aussi bien de l’actif que du passif social », rappelle le syndicat.
Appel à la mobilisation : deux jours de grève annoncés
Face à ce qu’il qualifie de manque de volonté politique, le SELS/Authentique invite ses membres à se mobiliser massivement selon le plan d’action suivant :
Mercredi 15 octobre : débrayage à partir de 9 heures ; Jeudi 16 octobre : grève totale.
Enfin, le syndicat prévient :
« Le gouvernement ne doit pas se cacher derrière un pacte de stabilité sociale. Il doit affronter ses responsabilités pour garantir une croissance inclusive et durable. »
Ce matin un peloton de gendarmes ont encerclé les alentours de Dény Sud pour procéder à la démolition de 6 hectares y compris des champs de diverses cultures.
Ousmane DIA(cultivateur) affirme avoir obtenu une délibération depuis plus de 20 ans qu’il a commencer a exploiter ses champs.
C’est avec désolation qu’il indexe la CDC avec à sa tête M. Fadilou KEITA qu’il a essayer de joindre mais en vain.
« C’est un certain Mamadou DIA disposant 25 hectares basé sur du faux qui a vendu ce terrain à la CDC » déclare t-il.
L’affaire dite “Asergate” prend une tournure judiciaire majeure. Le député Thierno Alassane Sall a annoncé qu’il déposera, ce jeudi 16 octobre à 10 heures, une plainte auprès du Pool judiciaire financier. Cette initiative vise à faire la lumière sur le marché d’électrification rurale attribué à la société espagnole AEE Power EPC par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), un contrat dont la légalité et la transparence sont désormais fortement remises en cause.
Ce projet, estimé à 91 milliards de francs CFA, avait été financé par la banque Santander dans le cadre d’un vaste programme d’électrification des zones rurales. Mais selon le député, d’importantes irrégularités financières entacheraient la procédure d’attribution et d’exécution du marché. Thierno Alassane Sall affirme qu’en juin 2024, soit avant la nomination du nouveau directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène (entré en fonction le 11 juillet 2024), des virements suspects de plus de 5 milliards de FCFA auraient été effectués au profit de l’entreprise espagnole, accompagnés du versement de primes de garantie jugées injustifiées.
Pour l’ancien ministre, cette opération illustre un “scandale politico-administratif majeur” qui met en cause la gouvernance et la gestion des fonds publics. Il estime que de telles pratiques compromettent la crédibilité de l’administration et portent atteinte à la confiance des citoyens dans la transparence de l’action publique.
Thierno Alassane Sall demande non seulement l’annulation pure et simple du marché, mais aussi l’inscription de la société AEE Power EPC sur la liste noire des marchés publics, afin qu’elle soit écartée de toute future collaboration avec l’État sénégalais.
La plainte annoncée devrait marquer un tournant décisif dans cette affaire, alors que la pression monte pour qu’une enquête judiciaire approfondie et indépendante soit menée. Plusieurs observateurs appellent à la transparence totale afin d’établir les responsabilités à tous les niveaux et de garantir le respect des règles dans la gestion des ressources publiques.
L’Association pour la protection des droits humains (A.P.D.H) a officiellement saisi le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de solliciter son intervention dans le contentieux qui oppose l’homme d’affaires sénégalais Bocar Samba Dièye à la Banque CBAO, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank. Selon les informations rapportées par le journal Source A, cette démarche s’inscrit dans un contexte de litige financier particulièrement complexe et ancien, opposant un opérateur économique sénégalais à une institution bancaire de premier plan.
Au cœur du conflit se trouve une créance de plusieurs milliards de francs CFA que la CBAO réclame à M. Dièye. Ce dernier conteste catégoriquement cette dette, affirmant être victime de fraude et de pratiques bancaires abusives. Les procédures judiciaires engagées au fil des années semblent lui donner raison : un rapport d’expertise a établi que Bocar Samba Dièye est en réalité créancier de plus de 879 millions de francs CFA auprès de la banque. De plus, plusieurs décisions de justice ont été rendues en sa faveur, dont une condamnant la CBAO à lui verser 11 milliards de francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Malgré ces jugements, la banque aurait poursuivi ses actions à l’encontre du vieil homme d’affaires, maintenant ainsi la pression sur lui. En 2022 et 2024, les tribunaux ont pourtant déclaré nuls et de nul effet deux protocoles de reconnaissance de dette d’un montant global de 7 milliards de francs CFA produits par la CBAO, renforçant la position juridique de M. Dièye.
Pour l’A.P.D.H, cette situation illustre un déséquilibre flagrant entre un citoyen sénégalais âgé et une puissante institution financière étrangère. Par la voix de son président, le Dr Mbaye Cissé, l’association estime que l’État du Sénégal ne peut rester indifférent face à ce qu’elle qualifie d’« injustice manifeste ». Dans sa correspondance adressée au chef de l’État, l’organisation rappelle que la protection des droits fondamentaux des citoyens, en particulier face à des entités dotées d’un fort pouvoir économique, relève de la responsabilité morale et régalienne des autorités publiques.
L’A.P.D.H appelle ainsi le président Diomaye Faye à user de ses prérogatives pour garantir que M. Dièye bénéficie d’une justice équitable et que ses droits soient pleinement respectés. Le Dr Mbaye Cissé invite également le gouvernement à engager une réflexion approfondie sur le cadre juridique régissant les relations entre l’État du Sénégal et les filiales de banques étrangères opérant sur son territoire. Il recommande notamment d’y introduire des clauses spécifiques de protection des intérêts nationaux afin d’éviter la répétition de tels conflits.
Agé et affaibli après une longue carrière entamée en 1957 dans le commerce, Bocar Samba Dièye reste, selon ses soutiens, l’un des symboles de la résilience du secteur privé sénégalais. Pour ses défenseurs, son combat dépasse le simple cadre personnel : il met en lumière la nécessité de rééquilibrer les rapports entre les acteurs économiques locaux et les grandes institutions financières internationales présentes au Sénégal.
La Division opérationnelle de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a encore frappé. Ce lundi 13 octobre 2025, une opération minutieusement préparée a permis l’interpellation de trois individus à Pikine Technopole, en possession d’une importante quantité de haschisch estimée à 25 kilogrammes.
Selon des informations rapportées par PressAfrik, tout a commencé par un renseignement opérationnel reçu par les limiers de l’OCRTIS. Exploitant cette piste, les enquêteurs ont mis au jour un premier lot de 60 plaquettes de haschisch, pesant environ 6 kilogrammes, soigneusement dissimulées à l’intérieur de deux chauffe-eau électriques de 80 et 50 litres. Chaque plaquette, conditionnée par paquets de 100 grammes, était dissimulée dans les appareils avant d’être transportée vers un entrepôt situé à Yarakh.
Les investigations ont ensuite permis de remonter la filière jusqu’au destinataire final. Ce dernier a été interpellé alors qu’il récupérait les colis suspects à bord de son véhicule. L’opération s’est poursuivie à Pikine Technopole, où les forces de l’ordre ont donné l’assaut juste après le déchargement de la marchandise. C’est à ce moment qu’une perquisition a été menée, aboutissant à la découverte de 250 plaquettes supplémentaires. L’ensemble du stock saisi représente un total de 25 kilogrammes de haschisch.
Les agents de l’OCRTIS ont également mis la main sur plusieurs documents et objets compromettants lors de la fouille du domicile des suspects. Parmi les éléments saisis figurent quatre passeports — bissau-guinéen, gambien, sénégalais et espagnol —, deux copies de passeports afghans, trois cartes nationales d’identité, deux chéquiers, deux cartes bancaires et cinq téléphones portables de différentes marques. Deux véhicules, une Alfa Romeo et une Renault Scénic, ont également été immobilisés. Les enquêteurs ont enfin découvert huit pots de lait soigneusement emballés, susceptibles de contenir d’autres produits illicites.
La Marine nationale sénégalaise a annoncé, dans la soirée du lundi 13 octobre 2025, avoir intercepté une pirogue transportant 123 candidats à l’émigration irrégulière au large de Sangomar, à environ 110 kilomètres des côtes. L’embarcation, partie d’un pays voisin selon les premières informations, a été repérée par les dispositifs de surveillance maritime avant que les unités navales n’interviennent pour porter secours à ses passagers.
D’après un communiqué publié sur la page X (ex-Twitter) de la Marine nationale, l’opération de sauvetage s’est déroulée dans des conditions difficiles, en raison des courants marins et du nombre élevé de passagers à bord. Les 123 migrants, parmi lesquels figuraient plusieurs femmes et jeunes hommes, ont été secourus et ramenés sains et saufs à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. Une fois sur place, ils ont été remis aux autorités compétentes pour identification, soins médicaux et audition.
Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Europe, notamment vers les îles Canaries. En l’espace de deux semaines, la Marine nationale a procédé à plusieurs opérations similaires. Le 27 septembre dernier, une autre pirogue transportant 282 migrants avait été secourue au large de Dakar, tandis que deux jours auparavant, une embarcation avec 142 personnes à bord avait été interceptée en coordination avec l’Armée de l’Air. Ces opérations traduisent une intensification des départs, souvent organisés par des réseaux transfrontaliers de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des jeunes Africains à la recherche d’un avenir meilleur.
Les autorités militaires affirment que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de surveillance et de sécurisation des côtes sénégalaises. La Marine nationale, appuyée par l’Armée de l’Air et la Gendarmerie maritime, déploie régulièrement des patrouilles dans les zones à haut risque, notamment autour de Sangomar, Joal, Mbour et Saint-Louis, devenues des points de départ fréquents pour les migrants.
Au-delà de la dimension sécuritaire, cette situation met en lumière la persistance des causes profondes de la migration irrégulière : chômage massif, manque d’opportunités économiques, pauvreté, et désespoir social. Beaucoup de jeunes, confrontés à une précarité accrue, continuent de céder aux promesses illusoires des passeurs, malgré les dangers connus des traversées clandestines.
Les autorités sénégalaises, en partenariat avec des organisations internationales comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), multiplient les campagnes de sensibilisation et les programmes d’insertion socio-économique. Cependant, les résultats restent limités face à la pression migratoire croissante et au pouvoir d’attraction du rêve européen.
La Marine nationale, dans son communiqué, a rappelé que la mer n’est pas une voie de salut mais un cimetière pour des milliers de jeunes Africains. Elle a renouvelé son engagement à poursuivre sans relâche les opérations de surveillance et de secours, tout en appelant à une coopération régionale plus soutenue pour endiguer le phénomène à sa source.
Cette nouvelle interception au large de Sangomar vient ainsi s’ajouter à la longue liste des opérations de sauvetage menées ces dernières semaines, soulignant une fois de plus l’urgence d’une réponse globale et concertée à la crise migratoire qui frappe l’Afrique de l’Ouest.
La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaffrine (CCIAK), en partenariat avec l’Agence belge de la coopération internationale, Enabel, a procédé, le week-end dernier, au lancement officiel du projet « Naatal Sine Saloum », en présence des différents acteurs économiques locaux.
Cette activité, organisée sous forme d’un grand forum, a mobilisé plusieurs entreprises locales, des groupements d’intérêt économique (GIE), des producteurs et productrices, des femmes transformatrices ainsi que de jeunes leaders. Étaient également présents les partenaires techniques et financiers, les autorités administratives et territoriales, les chambres consulaires, les services techniques régionaux, entre autres.
Selon Souleymane Amar, coordonnateur du projet Naatal Sine Saloum et représentant du partenaire Enabel, ce moment marque une étape importante dans la mise en œuvre de la coopération bilatérale entre le gouvernement du Sénégal et le Royaume de Belgique.
« Ce partenariat repose sur des valeurs communes telles que la solidarité, la durabilité et la promotion d’un développement économique inclusif », a-t-il déclaré.
Le projet Naatal Sine Saloum vise, selon lui, à stimuler la dynamique entrepreneuriale et à renforcer la compétitivité des entreprises locales, notamment celles portées par les jeunes et les femmes.
« Enabel se réjouit de travailler avec les chambres de commerce, qui jouent un rôle fondamental dans la formalisation, l’incubation et la pré-accélération des entreprises », a martelé M. Amar.
Il a également salué et félicité la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaffrine pour la parfaite organisation du forum et son engagement en faveur de la réussite du projet.
« Ensemble, nous pouvons faire de Naatal Sine Saloum un modèle de partenariat territorial réussi, au service d’un développement local intégré et prospère. Nous remercions également les partenaires techniques et les entrepreneurs », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le président de la CCIAK, Dr Moustapha Diop, a exprimé sa profonde gratitude à Enabel pour la confiance, l’accompagnement et la qualité du partenariat qui les unit.
« La cérémonie d’aujourd’hui marque une étape majeure dans le renforcement de la coopération entre la Chambre de commerce et l’Agence Enabel. La Chambre s’est engagée à accompagner 400 entrepreneurs dans la formalisation systémique de leurs activités et à incuber 80 PME à fort potentiel de développement. C’est une manière de promouvoir un développement économique local inclusif, durable et créateur d’emplois pour les jeunes et les femmes », a-t-il rappelé.
Présidant la rencontre, Lala Camara, adjointe au gouverneur chargée du développement, a souligné qu’il est temps de repenser les modèles de croissance en promouvant le consommer local, qu’elle qualifie d’acte de souveraineté économique et de levier de création d’emplois durables et d’inclusion sociale.
À noter que le projet Naatal Sine Saloum repose sur cinq axes stratégiques :
La communication sur le projet ; L’appui à la formalisation des entreprises ; L’appui à l’incubation et à l’accélération des entreprises ; La mise à niveau de la CCIAK de Kaffrine ; Le suivi, l’évaluation et la capitalisation des activités.
Un tragique accident de la circulation a endeuillé la ville de Kaolack ce mardi 14 octobre 2025. Le drame s’est produit dans la matinée, aux environs de 11 heures, dans le quartier populaire de Ndorong, à proximité de l’école privée « La Lumière ». Selon les premières informations recueillies sur place, une moto de type Jakarta, transportant trois personnes, est entrée en collision avec un camion gros porteur. Le choc, d’une extrême violence, a été fatal à deux des occupants du deux-roues.
Alertés peu après l’accident, les éléments de la 31e Compagnie d’incendie et de secours de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus sur les lieux. L’équipe, dirigée par le capitaine Mamadou Yahya Mané, est arrivée sur place à 11h10 pour procéder aux opérations de secours et d’évacuation. Le commandant a confirmé un bilan lourd : deux morts et un blessé grave. « Deux corps sans vie ont été dénombrés et un blessé grave », a précisé le capitaine Mané, visiblement affecté par la scène.
Les victimes, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique, ont été prises en charge par les secours. Les deux personnes décédées ont été acheminées vers la morgue du Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack, tandis que le blessé a été transporté d’urgence au service des urgences du même établissement pour y recevoir des soins intensifs.
D’après les premières constatations, l’accident pourrait être lié à un excès de vitesse ou à une erreur d’inattention, mais les circonstances exactes restent à déterminer. Les agents de la police ont procédé au constat d’usage et ouvert une enquête afin d’éclaircir les causes de la collision.
Ce nouveau drame remet sur la table la question récurrente de la sécurité routière à Kaolack, où les accidents impliquant des motos Jakarta sont de plus en plus fréquents. Les autorités locales appellent à la prudence sur les routes et rappellent la nécessité du respect strict du code de la circulation, particulièrement dans les zones à forte densité urbaine comme Ndorong.