Inondations à Louga : des familles sinistrées, l’appel à la solidarité de l’imam Mouhamed Sow

À Louga, les pluies diluviennes des derniers jours ont provoqué d’importantes inondations, plongeant plusieurs quartiers dans la détresse. Des familles ont vu leurs habitations envahies par les eaux et ont dû se réfugier chez des proches ou dans des abris précaires.

Lors de la prière du vendredi, l’imam Mouhamed Sow a lancé un appel à la prière et à la solidarité. Il a imploré « des pluies abondantes et bienfaitrices, sans destructions ni inondations », afin de préserver les récoltes et la quiétude des ménages.

Le phénomène des inondations, récurrent au Sénégal, est aggravé par la croissance urbaine, la réduction des zones d’infiltration et l’accumulation de déchets plastiques. Les experts appellent à des mesures fortes, notamment l’interdiction de constructions dans les zones inondables et le relogement progressif des habitants installés dans les zones les plus vulnérables.

L’imam Sow a également rappelé l’importance de la solidarité, invitant les plus aisés à soutenir les sinistrés, dans l’esprit de la tradition islamique. Il a exhorté les autorités à mieux accompagner les victimes et à mettre en œuvre des solutions durables face à ce fléau.

À Louga comme ailleurs, les habitants redoutent désormais que chaque pluie ne rime avec effondrements, maladies et insécurité.

Journée africaine de la médecine traditionnelle : vers une régulation renforcée au Sénégal

Le Sénégal a célébré, ce dimanche 31 août 2025, la Journée africaine de la médecine traditionnelle dans les locaux du Service national de l’éducation et de l’information pour la santé (SNEIPS). Placée cette année sous le thème « Renforcer la base factuelle sur la médecine traditionnelle », la cérémonie a été l’occasion pour les autorités sanitaires de réaffirmer leur volonté de réglementer et de valoriser cette pratique ancestrale, utilisée par près de 80 % des Africains, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans son allocution, le directeur général de la Santé a rappelé que plusieurs plantes médicinales locales disposent déjà de propriétés pharmacologiques scientifiquement validées. Toutefois, leur intégration dans des traitements modernisés reste limitée, notamment en raison de l’absence d’un cadre réglementaire adapté.

« Le gouvernement du Sénégal s’engage résolument à doter le pays d’un cadre juridique et réglementaire permettant aux tradipraticiens de soigner les populations en toute sécurité », a-t-il déclaré. Après l’adoption de la loi n°2003-06 du 13 juin 2023 instituant la Pharmacopée sénégalaise, deux projets de lois devraient bientôt voir le jour : l’un pour encadrer la mise sur le marché des médicaments à base de plantes, et l’autre pour sanctionner l’usage abusif d’herbes polythérapeutiques.

Le président de la Fédération nationale des praticiens de la médecine traditionnelle, Pape Sandiane Ndiaye, a dénoncé les dérives liées aux pratiques anarchiques et aux publicités mensongères. Il a notamment évoqué une rencontre organisée récemment avec des patrons de presse, pour les sensibiliser à l’arrêt de la diffusion d’annonces vantant des traitements miracles non vérifiés.

De son côté, le professeur Emmanuel Bassène, président de la cellule de médecine traditionnelle au ministère de la Santé, a souligné que le Sénégal dispose de ressources humaines qualifiées pour bâtir une pharmacopée nationale solide. Il a plaidé pour une collaboration accrue entre chercheurs, praticiens et autorités afin de faire de la médecine traditionnelle un véritable pilier de la souveraineté sanitaire.

Si la médecine traditionnelle reste incontournable dans le système de soins sénégalais, son avenir dépendra de sa capacité à se conformer aux exigences de sécurité et de qualité. En s’engageant à doter le pays d’une réglementation claire, les autorités espèrent mettre fin aux abus et garantir aux populations un accès sécurisé à des soins enracinés dans le patrimoine culturel.

Kaolack – Gamou 2025 à Médina Baye : la SONAGED déploie 200 agents et un important dispositif logistique

À l’approche du Gamou de Médina Baye, prévu le 4 septembre prochain, la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED SA) a mis en place un plan spécial pour assurer l’assainissement et la propreté de la cité religieuse, qui accueille chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus du Sénégal et de la sous-région.

Consciente des défis liés à la forte production de déchets durant cet événement, la SONAGED a mobilisé d’importants moyens humains et matériels. Selon Lamine Kébé, directeur adjoint des exploitations, ce dispositif s’inscrit dans la vision du directeur général, Khalifa Babacar Sarr, de garantir aux fidèles des conditions optimales de séjour :

« Nous avons renforcé le dispositif de nettoiement, de sensibilisation et de collecte des ordures pour accompagner l’organisation du Gamou. Tout cela vise à permettre aux pèlerins de vivre cet événement religieux dans la propreté et la sobriété. »

À Kaolack, plus de 1 000 agents de la SONAGED sont déjà mobilisés, renforcés par 200 agents supplémentaires venus en appui. L’opération de nettoiement bénéficie également de nouveaux équipements, parmi lesquels :

10 pelles à benne, 20 bacs à ordures ménagères, des équipes spéciales déployées autour de la grande mosquée de Médina Baye et dans les principaux lieux de rassemblement.

« Rien que sur le périmètre de la grande mosquée, nous avons affecté une équipe de 20 agents supplémentaires, car la production de déchets y est particulièrement importante », précise M. Kébé.

Au-delà du nettoiement, la SONAGED a introduit cette année une nouvelle dimension à son action : la promotion de l’écocitoyenneté. Une direction dédiée a été mise en place pour sensibiliser les pèlerins au tri et à la valorisation des déchets, afin d’inscrire progressivement le Gamou dans une démarche durable et respectueuse de l’environnement.

Avec ce dispositif renforcé, la SONAGED entend accompagner l’une des plus grandes célébrations religieuses du pays dans les meilleures conditions. L’objectif est clair : permettre aux fidèles de vivre leur ziarra dans un environnement propre et assaini, tout en contribuant à préserver l’image et l’hospitalité légendaires de Médina Baye.

La CENTIF soupçonne Mouhamad Dieng de blanchiment de capitaux

Un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) met en cause l’homme d’affaires Mouhamad Dieng, soupçonné d’avoir mis en place un système de blanchiment de capitaux et de fraude fiscale en lien avec la LONASE.

Selon Seneweb, ses sociétés actives dans les jeux en ligne, l’immobilier et la location de véhicules auraient bénéficié de contrats opaques avec la Loterie nationale. Le document relève un patrimoine jugé disproportionné par rapport à ses revenus déclarés : immeubles, terrains, parc automobile de 45 véhicules et acquisitions en numéraire.

La CENTIF souligne aussi le rôle de sa fondation, qui aurait servi à redistribuer de l’argent liquide sous couvert d’actions caritatives, ainsi que celui de l’étude notariale Diop & Dièye, accusée d’avoir facilité des flux financiers atypiques. Le rapport conclut à l’existence d’indices concordants d’un schéma de blanchiment de capitaux.

Dakar : Meridiam dresse un premier bilan du BRT, un an après son lancement

Plus d’un an après la mise en service du Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar, la société Meridiam, concessionnaire en charge de la fourniture des bus et de l’exploitation du réseau, a livré une première évaluation. Dans un entretien accordé à l’Agence Ecofin, le nouveau directeur Afrique du groupe, Mete Saraçoğlu, s’est félicité des acquis du projet tout en pointant des pistes d’amélioration.

« Ce projet répond à un besoin fondamental de mobilité durable, efficace et de haute qualité à Dakar. Nous avons introduit un réseau de bus électriques, une technologie inédite au Sénégal, reposant sur des ressources humaines locales. Cela permet le transfert de compétences, le développement du savoir-faire et la création d’emplois. Après une première année d’opération, nous constatons d’ailleurs une satisfaction très élevée de la population », a déclaré le responsable.

Le projet BRT a été structuré en deux volets : la construction de l’infrastructure par l’État d’une part, et l’acquisition du matériel roulant ainsi que l’exploitation du service confiées par appel d’offres à Meridiam, d’autre part. Selon Mete Saraçoğlu, ce modèle de concession présente de la flexibilité pour l’État, mais aurait pu être optimisé en associant plus en amont l’opérateur à la phase de conception.

« Dans notre cas, l’infrastructure avait été pensée pour une autre technologie. Nous avons donc dû procéder à des adaptations pour accueillir les bus électriques, ce qui a entraîné des délais supplémentaires », a-t-il précisé.

Touba inaugure la GIGA FANII FACTORY : une étape décisive pour le textile africain

Ville sainte et pôle économique en plein essor, Touba vient de franchir un cap important dans l’industrie textile. Le groupe FANII, dirigé par Monsieur Seyni Diaw, a lancé son projet le plus ambitieux à ce jour : la GIGA FANII FACTORY.

Cette nouvelle structure, équipée d’une centaine de machines de pointe, va bien au-delà d’un simple atelier de couture. Elle symbolise l’innovation, l’excellence et la modernisation du secteur textile en Afrique. Pensée comme un futur centre de référence pour la mode, la GIGA FANII FACTORY ambitionne de stimuler l’économie locale et d’offrir de nombreuses opportunités professionnelles aux jeunes de la région.

À travers ce projet, Seyni Diaw et son équipe posent une étape décisive dans la dynamique industrielle et entrepreneuriale de Touba, mais aussi du continent. L’inauguration de cette usine prestigieuse reflète une vision audacieuse ainsi qu’une détermination sans faille pour redéfinir l’avenir de la mode africaine.

La GIGA FANII FACTORY marque le début d’une aventure porteuse d’espoir pour l’entrepreneuriat et l’industrie textile en Afrique. Avec cette initiative, Seyni Diaw s’affirme comme un acteur majeur de l’innovation et du développement économique, offrant à Touba un rayonnement qui dépasse largement ses frontières.

Santé fragile de Farba Ngom : ses avocats dégainent la contre-attaque judiciaire

Après plusieurs mois de bras de fer mêlant procédures judiciaires et expertise médicale, la défense de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba, a décidé de changer de cap. Selon des informations rapportées par L’Observateur, ses avocats ont introduit une nouvelle requête demandant la main levée du mandat de dépôt ainsi qu’une mise en liberté provisoire pour leur client. Cette démarche, appuyée par un rapport médical jugé accablant, est présentée comme une riposte juridique ferme face à la position jugée inflexible du parquet financier.

Le document sur lequel s’appuie la défense est une contre-expertise médico-légale réalisée par trois spécialistes de renom : le cardiologue Ousmane Dièye, le professeur Papa Saliou Mbaye et le professeur Serigne Maguèye Gueye. Le rapport, qualifié d’alarmant, décrit un état de santé critique, évoquant une cardiopathie débutante, un diabète ancien, une obésité et un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère. Selon les experts, l’ensemble de ces pathologies expose l’homme politique à un risque réel de mort subite nocturne. Pour ses avocats, ces conclusions dépassent la simple analyse médicale et deviennent un véritable bouclier juridique, rendant injustifiable le maintien en détention de leur client.

Cette contre-offensive judiciaire intervient dans un contexte marqué par un précédent rejet. Le parquet financier avait en effet balayé une première demande de liberté provisoire, remettant en cause la crédibilité du rapport du professeur Alassane Mbaye, désigné par l’Ordre des Médecins. Soupçonnant un document complaisant, le ministère public avait alors exigé qu’une contre-expertise soit confiée à un collège médical indépendant. Mais loin d’infirmer les conclusions initiales, ce second rapport les a non seulement confirmées mais encore renforcées, donnant ainsi un poids supplémentaire aux arguments de la défense.

Les conseils de Farba Ngom s’appuient désormais sur cette double validation scientifique pour exiger que le juge ordonne la main levée du mandat de dépôt. Et si cette requête venait à être rejetée, ils invoquent les dispositions du Code de procédure pénale qui permettent d’obtenir au moins une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Dans leur stratégie, le médical devient un levier juridique, et leurs propos traduisent une détermination sans faille : « Ce rapport clôt définitivement le débat », assurent-ils, estimant que l’autorité judiciaire n’a plus aucune base légale pour maintenir leur client derrière les barreaux.

Gamou 2025 : Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye en visite auprès des foyers religieux de Thiénaba, Thiès et Dakar

À quelques jours de la célébration du Gamou, marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL), le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a entamé une tournée de courtoisie ce samedi 30 août auprès de plusieurs foyers religieux situés à Thiénaba, Thiès et Dakar. Une démarche qui s’inscrit dans la tradition républicaine de dialogue et de proximité avec les guides spirituels du pays.

Première étape de cette tournée : Thiénaba, haut lieu de l’islam au Sénégal. El Malick Ndiaye y a été reçu par le khalife, Baye Serigne Assane Seck, à qui il a rendu hommage pour le rôle historique et spirituel joué par cette cité dans l’enracinement et la diffusion de la religion musulmane. Dans son allocution, il a souligné que les familles religieuses constituent des piliers de stabilité, de paix et de cohésion nationale, rappelant ainsi leur place centrale dans la vie sociale et spirituelle du pays.

À Thiès, le président de l’Assemblée nationale a ensuite rendu visite au khalife Serigne Mounirou Ndiéguéne. L’occasion pour lui de magnifier l’héritage spirituel et intellectuel de la famille de Mame El Hadj Ndiéguéne, dont il a salué l’apport à l’éducation islamique et à la préservation des valeurs fondamentales de foi, de discipline et de solidarité qui forgent la société sénégalaise.

La tournée s’est achevée à Dakar, où El Malick Ndiaye a été reçu par le khalife de la famille omarienne, Serigne Thierno Madani Tall. Dans son intervention, il a exprimé toute son estime pour l’œuvre de la famille omarienne dans la diffusion du savoir religieux et la défense des valeurs islamiques, tout en sollicitant des prières pour la paix et la prospérité du Sénégal.

Dans chacune de ces étapes, le président de l’Assemblée nationale a demandé des prières pour le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que pour le Premier ministre, Ousmane Sonko, afin que Dieu les accompagne dans leur mission de service à la Nation. Les khalifes, en retour, ont formulé des prières pour la réussite de ses actions, mais aussi pour les autorités et l’ensemble du peuple sénégalais, dans un esprit de bénédiction et de solidarité nationale.

Coupé du reste du pays en pleine saison des pluies : le village de Yero Nguedol lance un cri de détresse aux autorités

En pleine saison des pluies, le village de Yero Nguedol, situé dans la commune de Dakatéli, département de Salémata (région de Kédougou), vit une situation d’isolement quasi total. Les pistes devenues impraticables et une rivière en crue coupent toute communication avec l’extérieur, privant les habitants d’accès aux services essentiels. Cette coupure fragilise encore davantage les populations déjà confrontées à un quotidien difficile, notamment les malades, les enfants et les femmes enceintes.

Sur les ondes d’Iradio, Mamadou Touré, habitant du village, a témoigné du calvaire que vivent les populations depuis plusieurs semaines. « Dans un village où on peut rester une semaine sans traverser. Personne ne sort, personne n’entre. C’est comme si nous n’étions pas au Sénégal. Quand on voit les gens dans d’autres villes, on se demande si nous ne sommes pas des Sénégalais, alors que nous avons les mêmes pièces d’identité », a-t-il dénoncé, exprimant le sentiment d’abandon qui anime la communauté.

La situation est particulièrement alarmante pour les cas d’urgence. Les malades et les femmes enceintes se retrouvent dans une détresse indescriptible. « Nos enfants sont malades, les femmes enceintes sont là. On les transporte par des charrettes, mais arrivé au fleuve, on ne peut pas traverser. On ne peut pas emporter une femme enceinte pour traverser le fleuve avec elle », a alerté Mamadou Touré. Ces obstacles rendent les évacuations sanitaires presque impossibles, mettant en danger la vie des plus vulnérables.

Face à ce drame silencieux, les habitants de Yero Nguedol lancent un appel pressant aux autorités locales et nationales. Ils réclament une intervention urgente pour désenclaver la localité et mettre fin à leur isolement. Routes praticables, passerelles sécurisées ou tout autre aménagement durable sont attendus pour garantir la libre circulation des personnes et l’accès aux services de base.

Ousmane Sonko en visite à Médina Baye : « D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal »

Le Premier ministre Ousmane Sonko, à la tête d’une forte délégation gouvernementale, s’est rendu ce samedi 30 août 2025 à Médina Baye, dans la ville de Kaolack. Cette visite de courtoisie auprès du Khalife général de la Fayda Tidjanya, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Maouloud, célébration annuelle marquant la naissance du Prophète Mohammed (PSL).

Accueilli dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour dresser un état des lieux de la situation nationale et exposer les grandes lignes de son plan de redressement. Face au Khalife, Ousmane Sonko a rappelé les difficultés héritées de ses prédécesseurs, dénonçant une gouvernance marquée par l’opacité et la mauvaise gestion. « Le pays dispose d’énormes potentialités, mais il a longtemps été retardé par une mauvaise gouvernance et un manque de transparence. Nous avons hérité d’une situation catastrophique, marquée par une dette colossale. Les Sénégalais nous ont élus pour y remédier, et nous sommes résolument engagés dans ce défi national. D’ici trois ans, nous allons redresser le Sénégal », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également insisté sur le caractère collectif de l’effort à fournir pour sortir le pays de ses difficultés. Selon lui, le développement ne peut être atteint qu’au prix de sacrifices. « Aucun pays ne s’est développé sans sacrifice. En Chine, avec la révolution culturelle, des millions de personnes ont perdu la vie. Nous n’en arriverons pas là, mais nous sommes la génération qui va consentir des efforts pour que nos enfants vivent dans un Sénégal développé », a-t-il poursuivi.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a annoncé que son plan de redressement, déjà présenté aux instances gouvernementales, sera bientôt partagé avec l’ensemble des guides religieux, traduit en wolof et en arabe pour une meilleure appropriation par tous.

Saint-Louis : SEN’EAU alerte sur des perturbations liées à la crue du fleuve

La société SEN’EAU a annoncé ce samedi 30 août 2025 des perturbations dans la distribution d’eau potable à Saint-Louis. Ces désagréments, qui touchent directement les populations de la capitale du Nord, sont liés à la montée des eaux consécutive à l’installation de la crue du fleuve Sénégal.

Dans un communiqué transmis à Ledakarois, l’entreprise a expliqué que « les perturbations notées dans la distribution et les fluctuations de la qualité de l’eau sont consécutives à l’installation de la crue du fleuve ». L’usine de traitement de Saint-Louis, qui fournit l’ensemble de la production destinée à l’alimentation en eau potable des ménages, a été contrainte de réduire son rythme de fonctionnement afin de s’adapter aux nouvelles conditions hydriques.

« Nous avons enregistré une baisse de la capacité de production pour mieux nous adapter aux nouvelles conditions des eaux du fleuve », a précisé SEN’EAU, tout en rassurant que la continuité du service public reste garantie. L’entreprise a souligné que l’approvisionnement se fait dans le respect des normes de qualité exigées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Cependant, ces ajustements techniques ne sont pas sans conséquences pour les habitants de Saint-Louis. La société a averti que la distribution d’eau connaîtra par moments des baisses de pression, voire des coupures temporaires. Une situation qui suscite déjà l’inquiétude dans certains quartiers, où les ménages se préparent à recourir à des solutions alternatives pour assurer leurs besoins quotidiens.

Consciente de l’impact de ces perturbations sur le quotidien des usagers, SEN’EAU a tenu à présenter ses excuses. « Nous remercions nos clients pour leur compréhension face à ce phénomène naturel indépendant de notre volonté », indique la note de l’entreprise, qui affirme suivre l’évolution de la situation de près.

La crue du fleuve Sénégal, phénomène saisonnier attendu mais souvent redouté, met une fois de plus en lumière la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques de la région face aux aléas climatiques. Elle pose également la question de la résilience des systèmes de distribution d’eau dans un contexte marqué par le changement climatique et la pression croissante sur les ressources hydriques.

Tivaouane : le Président Bassirou Diomaye Faye annonce la création d’un budget dédié au culte dès 2026

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a profité de sa visite de courtoisie à Tivaouane, ce samedi 30 août, dans le cadre de la célébration du Maouloud (Gamou), pour annoncer une mesure majeure en faveur des confréries religieuses et de la vie spirituelle nationale. Dès 2026, un budget spécifique sera consacré au culte au Sénégal.

C’est à l’auditorium Serigne Babacar Sy, où se tenait le lancement du symposium sur le Gamou organisé par la cellule Zawiya Tidiane, que le chef de l’État a révélé cette initiative. « Nous sommes en train de travailler sur sa mise en place et son administration », a-t-il déclaré, soulignant que ce budget sera reconduit chaque année et renforcé progressivement afin de mieux soutenir les familles religieuses dans l’organisation des grands événements spirituels, à l’image du Maouloud.

En mettant l’accent sur l’importance du rôle des confréries dans la société sénégalaise, le président Faye a tenu à magnifier leur contribution au vivre-ensemble. « Les confréries religieuses au Sénégal sont des références, sources de paix et de développement », a-t-il affirmé, mettant en avant la place centrale qu’elles occupent dans l’équilibre social et spirituel du pays.

Le chef de l’État n’a pas manqué de rendre un vibrant hommage à El Hadj Malick Sy, fondateur du Gamou de Tivaouane en 1902. Évoquant son œuvre et son héritage, Bassirou Diomaye Faye a salué « l’attitude exemplaire » de ses descendants, qu’il considère comme les « dépositaires et continuateurs du legs de l’auteur de Mimiya », un ouvrage de référence retraçant la vie et les enseignements du prophète Mouhammad.

Par cette annonce, le président inscrit son action dans une volonté de renforcer le dialogue entre l’État et les foyers religieux, tout en institutionnalisant un appui qui jusque-là se faisait de manière ponctuelle. Le budget du culte, qui devrait être dévoilé dans les prochains mois, s’annonce ainsi comme une innovation majeure dans la gouvernance sénégalaise en matière de politique religieuse.

Thiénaba : le Khalife appelle à la libération des dignitaires en détention

En recevant le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, à l’occasion des préparatifs du Gamou annuel, le Khalife général de Thiénaba, Serigne Assane Seck, a livré un message fort aux autorités. Le guide religieux a exhorté l’État à accorder une attention particulière au dossier des dignitaires toujours en détention dans le cadre des événements politiques liés à l’ancien régime.

S’il reconnaît que la justice doit suivre son cours, le Khalife estime qu’un moment viendra où l’apaisement devra primer. « Vous devez tout faire pour éviter le pire, sinon vous allez le regretter. Bouniou yakhou mouk thi kasso bi », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les conséquences de longues détentions.

Pour illustrer son propos, il a rappelé l’anecdote du défunt Moustapha Lô, décédé en prison après avoir été placé sous mandat de dépôt. Selon lui, cette disparition avait profondément marqué le président Léopold Sédar Senghor, qui avait été interpellé par les guides religieux de l’époque pour envisager une libération.

Tivaouane : le Président Bassirou Diomaye Faye reçu par le Khalife des Tidianes avant le Gamou

À quelques jours du Mawlid Al-Naby, prévu le 4 septembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, à Tivaouane.

Le guide religieux a exprimé toute sa satisfaction à l’endroit du chef de l’État. « Cette visite me va droit au cœur. Je prie pour que vous et votre équipe réussissiez à la tête du pays », a déclaré le Khalife, avant de mettre l’accent sur l’importance de la paix, citant le slogan du gouvernement « jub, jubbeul, jubbanti ». « La paix est facile à invoquer mais difficile à obtenir, car il faut la construire et qu’il y ait justice », a-t-il rappelé.

En réponse, le président Bassirou Diomaye Faye a assuré que l’État prendra toutes les dispositions nécessaires pour un bon déroulement du Gamou. « Des directives ont déjà été données afin d’assurer l’accompagnement, et les comptes rendus que j’ai reçus montrent que les préparatifs avancent bien. Concernant l’assainissement, le ministre Cheikh Tidiane Dieye a entrepris d’importants travaux pour faire face aux inondations », a-t-il affirmé, tout en sollicitant la bénédiction et les prières du Khalife pour la stabilité du pays.

Dans son discours, Serigne Babacar Sy Mansour a par ailleurs insisté sur la valeur fondamentale de la droiture (jub), qu’il a qualifiée de « socle de toute chose ». Il a exhorté les Sénégalais à s’approprier cette philosophie afin de promouvoir justice et paix, appelant également à « privilégier le respect et la vérité » face aux tensions et polémiques qui traversent le pays. Concernant les inondations, il a souligné qu’il s’agit d’un « phénomène naturel » sur lequel seul Dieu détient la solution ultime, tout en invitant les autorités à renforcer leur action pour protéger les populations.

Niassya : du matériel remis aux femmes pour renforcer leur autonomisation

Les communes de Niassya et d’Enampore ont bénéficié, jeudi 28 août 2025, d’un appui matériel destiné à soutenir l’autonomisation socio-économique des femmes. La cérémonie, présidée par le sous-préfet de Niassya, Moussa Aly Ba, a marqué la remise de quatre tricycles, de sécateurs et de matériels de pesage aux groupements féminins.

Cet appui s’inscrit dans le cadre du projet de promotion de l’autonomisation des femmes dans la gestion des ressources agroforestières, conduit par le consortium ETDS, ACCP et Usoforal. « Ces tricycles permettront aux femmes d’être plus autonomes, notamment dans le transport des produits agroforestiers, une tâche qui constituait jusqu’ici un grand défi », a déclaré le sous-préfet, invitant les bénéficiaires à un usage judicieux du matériel.

Le coordonnateur du consortium, Pape Tairou Kanouté, a pour sa part souligné l’importance stratégique du projet, qui vise à structurer deux filières majeures, la mangue et le maad. Selon lui, « le matériel remis représente une valeur de 10 millions FCFA, tandis que la réhabilitation de deux unités de transformation locales dépasse les 100 millions FCFA ».

La maire de Niassya, Justine Manga, s’est réjouie de cette initiative qui, selon elle, « va booster le travail des femmes » et renforcer leur autonomisation. Même satisfaction exprimée par les bénéficiaires. Maria Gomis, présidente des femmes transformatrices de Niassya, a salué un appui qui « permettra de mieux transformer les produits locaux et d’améliorer les revenus ».

À Enampore, l’enthousiasme était également palpable. « Nous attendions ce matériel depuis longtemps. Il vient répondre à un besoin crucial de nos communautés », a affirmé Martial Manga, président du comité local.

À travers cette remise, le consortium et ses partenaires réaffirment leur volonté d’accompagner les femmes rurales dans la valorisation durable des ressources agroforestières. Une avancée qui ouvre de nouvelles perspectives économiques et sociales pour les communautés de Niassya et d’Enampore.

Alexis Sagna

Ousmane Sonko en visite de courtoisie à Kaolack en prélude au Gamou

À l’approche de la célébration du Gamou, prévue le 4 septembre prochain, le Premier ministre Ousmane Sonko a effectué ce samedi une visite de courtoisie auprès de plusieurs foyers religieux de Kaolack.

Cette tournée s’inscrit dans le prolongement de l’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de sa rencontre à Tivaouane avec le khalife général des Tidianes. Le chef de l’État avait exprimé sa volonté de se rendre auprès des grandes familles religieuses du pays à l’occasion du Gamou, mais, pour des raisons d’agenda, il avait précisé que le Premier ministre et d’autres autorités d’État effectueraient certaines visites en son nom. Ainsi, pendant que Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, était à Thiès et à Thiénaba, Ousmane Sonko a été mandaté pour Kaolack.

À Médina Baye, le chef du gouvernement a été reçu par Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Fayda tidianiyya. Accompagné de membres du gouvernement, dont le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, ainsi que des autorités administratives locales, Ousmane Sonko a salué l’érudition et l’ouverture de l’autorité religieuse sur les grands défis du continent, en particulier la souveraineté et le panafricanisme. Il a également sollicité des prières pour la paix, l’unité et la prospérité du Sénégal.

Poursuivant son séjour à Kaolack, le Premier ministre s’est ensuite rendu à Léona Niassane. Il y a été accueilli par le khalife Cheikh Ahmed Tidiane Niass et plusieurs membres de la famille de l’illustre El Hadji Abdoulaye Niass, père de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass et de Mame Khalifa Niass. Cette étape a constitué un moment de communion spirituelle, marqué par des échanges fraternels et des prières pour le pays.

Ousmane Sonko attendu à Médina Baye Niasse en prélude au Gamou international

À quelques jours de la célébration du Maouloud, la ville sainte de Médina Baye Niasse vit au rythme des visites officielles. Après plusieurs membres du gouvernement et responsables politiques, c’est au tour du Premier ministre, Ousmane Sonko, d’effectuer un déplacement dans la cité religieuse. Sa visite est annoncée pour ce samedi 30 août 2025, en prélude au Gamou international prévu le jeudi prochain.

Comme le veut la tradition, la présence du chef du gouvernement s’inscrit dans une démarche de respect et de communion avec la communauté musulmane, en particulier la famille niassène, héritière d’un riche legs spirituel et intellectuel. Cette visite sera l’occasion pour Ousmane Sonko de réaffirmer l’attachement de l’État à accompagner l’organisation du Gamou, qui attire chaque année des centaines de milliers de fidèles venus du Sénégal, de la sous-région et du monde entier.

Le Premier ministre devrait rencontrer le Khalife général de Médina Baye, Cheikh Mouhamadou Mahi Ibrahima Niass, ainsi que d’autres dignitaires religieux, pour échanger sur les préparatifs du Gamou et sur les préoccupations des fidèles.

Golf Sud : 14 personnes arrêtées lors d’une vaste opération antidrogue

La Brigade régionale des Stupéfiants de Dakar a frappé un grand coup ce mercredi 27 août 2025 à Golf Sud. Quatorze individus ont été arrêtés lors d’une opération de grande envergure menée dans ce quartier de la banlieue dakaroise, connu pour être un point névralgique du trafic de drogue.

Selon les informations recueillies, les forces de l’ordre ont saisi près d’un kilogramme de chanvre indien, réparti en 8 camelotes, 61 cornets et 17 joints entamés. Les policiers ont également mis la main sur 13 comprimés d’ecstasy, trois armes blanches, du matériel de conditionnement de drogue, 14 téléphones portables, cinq scooters et une somme de 44 000 F CFA.

Cette opération fait suite à de nombreux signalements des habitants du quartier, qui dénonçaient depuis plusieurs mois la présence d’un réseau de dealers à l’origine d’insécurité et d’agressions répétées.

Les 14 personnes interpellées ont été placées en garde à vue. L’enquête ouverte par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) devrait permettre de déterminer l’ampleur réelle de ce réseau et d’identifier d’éventuelles complicités.

« La Brigade régionale des Stupéfiants de Dakar a mené une vaste opération ce mercredi 27 août 2025 à Golf Sud. Bilan : 14 individus interpellés et une importante saisie de produits prohibés », rapporte le média Kawtef.

JAMMI Sénégal dénonce les “dérives” du président de l’Assemblée nationale et appelle au respect de la Constitution

Le Mouvement JAMMI Sénégal a haussé le ton ce vendredi 29 août 2025 à Paris en exprimant sa « profonde inquiétude » face aux récentes prises de position d’El Hadji Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué signé par son président, Ibrahima Diop, le mouvement accuse le responsable parlementaire d’adopter une attitude jugée contraire aux fondements de la République, notamment par des déclarations qui remettent en cause l’équilibre institutionnel.

En s’appuyant sur la doctrine classique de la séparation des pouvoirs, JAMMI Sénégal rappelle le célèbre avertissement de Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Le communiqué insiste sur le fait que la Constitution sénégalaise, à travers ses articles 88 et suivants, établit clairement une distinction entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, tout en garantissant l’indépendance des magistrats.

Or, selon le mouvement, le président de l’Assemblée nationale s’est engagé dans une série de prises de position jugées préoccupantes. Il lui est reproché de s’immiscer dans les prérogatives de l’Exécutif et d’adresser des menaces directes au pouvoir judiciaire. Une attitude qui, selon JAMMI Sénégal, constitue « une violation flagrante du principe sacré de séparation des pouvoirs » et expose le pays à un déséquilibre institutionnel dangereux.

Dans son communiqué, le mouvement met l’accent sur les responsabilités républicaines qui incombent au chef du Parlement. Il rappelle que le Législatif n’a pas vocation à interférer dans la conduite de l’Exécutif, que le pouvoir judiciaire doit rester indépendant et respecté dans son intégrité, et que le président de l’Assemblée nationale a l’obligation morale et politique de se conformer à la retenue républicaine afin de préserver la dignité du Parlement.

JAMMI Sénégal se montre ferme : « La République ne saurait tolérer aucune dérive autoritaire, aucune confusion des pouvoirs, ni aucune tentative de pression sur la justice. » Le mouvement appelle ainsi solennellement El Hadji Malick Ndiaye « à se ressaisir, à rester dans le périmètre de ses compétences et à cesser immédiatement ses attaques contre les magistrats ainsi que son ingérence dans l’action gouvernementale ».

En conclusion, le mouvement rappelle que la solidité de la démocratie sénégalaise repose sur trois piliers indissociables : un Parlement responsable, une justice indépendante et un Exécutif respecté dans ses prérogatives. Selon JAMMI Sénégal, seul le respect scrupuleux de cet équilibre permettra au pays de continuer à incarner « une République forte, juste et crédible ».

Le collectif des ex-détenus politiques recadre Pa Ousmane Seck et appelle à l’unité dans le combat pour la justice

Le Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2024 a tenu à clarifier sa position après l’incident survenu lors d’une conférence de presse ce vendredi, interrompue par Pa Ousmane Seck. Dans un communiqué exploité par Ledakarois, l’organisation a exprimé sa « désolidarisation catégorique » de ce comportement, qualifié d’inopportun et jugé contraire à l’esprit de responsabilité qui doit guider leur lutte.

Le Collectif rappelle que son engagement repose sur des principes clairs : la dignité, la justice et la vérité. Selon lui, les attitudes impulsives et les actions individuelles qui s’écartent de cette ligne risquent non seulement de ternir l’image du mouvement, mais aussi de détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la reconnaissance et la réparation des victimes de la répression.

L’incident, qualifié de « regrettable à plus d’un titre », ne reflète en rien les valeurs portées par le Collectif. Celui-ci insiste sur la nécessité de maintenir une discipline exemplaire, d’éviter toute division et de préserver la cohésion interne, indispensable pour mener à bien ce combat engagé depuis plusieurs années.

Dans son message, l’organisation exhorte ses membres et sympathisants à garder leur sang-froid, à privilégier la sérénité et à rester unis autour de stratégies concertées. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette attitude, et réaffirmons notre engagement à poursuivre ce combat avec intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue », a précisé le communiqué.

Le Collectif met par ailleurs en garde contre toute tentative de manipulation ou d’instrumentalisation politique qui fragiliserait son action. Il souligne que la force du mouvement réside dans son unité et sa détermination à défendre les droits des victimes dans le respect des principes démocratiques.

En se démarquant de Pa Ousmane Seck, le Collectif réaffirme son ambition de rester concentré sur l’essentiel : obtenir justice, vérité et réparation pour toutes les victimes des répressions de 2021 à 2024.

Kédougou : la colère des abonnés Canal+ après l’instauration de frais supplémentaires sur Mobile Money

À partir du 1er septembre 2025, les abonnés de Canal+ devront payer 100 F CFA de plus pour chaque réabonnement effectué via Mobile Money. Une mesure qui suscite une vive contestation à Kédougou, où de nombreux clients dénoncent une décision « injuste » et « incompréhensible ».

Dans les rues de la capitale régionale, la grogne est palpable.

« C’est déjà difficile avec le coût de la vie qui augmente chaque jour. Ajouter encore des frais sur nos abonnements, c’est trop ! », fulmine Fatoumata Diallo, commerçante au marché central.

Même son de cloche chez les étudiants, qui estiment que cette décision frôle l’illégalité. « Nous payons déjà notre abonnement. Pourquoi encore des frais de service ? C’est comme si l’on nous faisait payer deux fois pour le même service. Les autorités doivent intervenir », s’indigne Mamadou Bâ, étudiant en licence.

Pour de nombreux abonnés, ce supplément de 100 F CFA n’est pas anodin. Dans une région où le pouvoir d’achat reste limité, il est perçu comme un abus. « 100 F, ça peut paraître peu pour certains, mais pour nous qui vivons au jour le jour, c’est une charge de plus. Canal+ devrait plutôt chercher à fidéliser ses clients au lieu de les décourager », déplore Ibrahima Coulibaly, chauffeur de taxi-moto.

Au-delà du mécontentement, certains consommateurs envisagent même de se tourner vers d’autres solutions audiovisuelles moins coûteuses, faute de voir leurs revendications entendues.

Le CODEPS se désolidarise de l’incident lors d’une conférence de presse

Le Collectif des Ex-Détenus Politiques et Victimes des Événements de 2021-2024 (CODEPS) a tenu à clarifier sa position après l’incident survenu ce vendredi 29 août 2025, lorsqu’un de ses membres, Pa Ousmane Seck, a interrompu une conférence de presse organisée par certaines victimes de la répression sous l’ancien régime de Macky Sall.

Dans un communiqué rendu public le même jour, le collectif a jugé cet acte « regrettable à plus d’un titre », soulignant qu’il ne reflète en rien ses valeurs ni ses principes. « Notre combat reste centré sur la dignité, la justice et la vérité. Il ne saurait être terni par des comportements impulsifs ou contraires à l’esprit de responsabilité », précise le document.

Le CODEPS met en garde contre le risque de voir de tels incidents détourner l’opinion publique de l’essentiel, à savoir la quête de justice pour toutes les victimes des violences politiques. Le collectif appelle ainsi ses membres et sympathisants à faire preuve de « retenue, de discipline et de sang-froid », insistant sur la nécessité de préserver la cohésion et de privilégier une stratégie commune.

Tout en condamnant fermement l’attitude de Pa Ousmane Seck, le collectif réaffirme son engagement à poursuivre son combat « avec sérénité, intelligence et sens des responsabilités, jusqu’à ce que justice soit rendue ».

Le message du CODEPS se conclut par un appel à la vigilance et au patriotisme : « Patriote un jour, patriote toujours, pour un Sénégal véritablement souverain et juste. »

Gamou de Tivaouane : le ministre Cheikh Tidiane Dièye rassure sur l’hydraulique et l’assainissement

À l’approche du Gamou de Tivaouane, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a effectué ce vendredi une visite de terrain dans la ville sainte afin de s’assurer de l’efficacité des dispositifs mis en place pour l’approvisionnement en eau potable et la gestion des eaux pluviales.

Au terme de sa tournée, le ministre s’est voulu rassurant. « Sur l’eau potable, on peut dire que les extensions de réseaux qui avaient été prévues dans la ville ont été réalisées. Il y a au moins 5 km d’extension, avec un millier de branchements sociaux supplémentaires et un millier de branchements pour les sites pèlerins », a-t-il déclaré.

Concernant l’assainissement, Dr Dièye a souligné l’importance des mesures mises en place pour prévenir les désagréments liés à l’hivernage. « Il fallait avoir un dispositif robuste en matière d’assainissement et de drainage des eaux de pluie. À ce titre, une cinquantaine de camions hydrocureurs sont mobilisés dans la ville, afin de pomper les points bas et d’assurer la vidange des fosses septiques », a-t-il expliqué, saluant la collaboration efficace entre les services de son ministère et la mairie de Tivaouane.

Le ministre a également visité le bassin de Pam, un ouvrage central dans le dispositif de gestion des eaux pluviales. « Ce bassin est stratégique car l’essentiel des eaux de pluie y converge. Il était relativement plein il y a quelques semaines, mais grâce à l’opération coup de poing, il a été fortement écrêté. Nous pensons qu’en dépit des pluies à venir, la capacité de stockage et de drainage reste suffisante pour protéger la ville », a-t-il rassuré.

Cette visite s’inscrit dans les préparatifs du Gamou de Tivaouane, un événement religieux majeur qui attire chaque année des milliers de fidèles.

Sandaga – Un commerçant délesté de 300 millions Fcfa par un faux marabout

La frontière entre croyance mystique et escroquerie s’est une nouvelle fois révélée dramatique. Un commerçant de Sandaga, héritier d’un vaste magasin de friperie à Colobane, a perdu près de 300 millions de Fcfa aux mains d’un prétendu marabout qui lui promettait prospérité et protection contre le mauvais sort.

Selon les conclusions de l’enquête, le mis en cause, Touba Diop alias Serigne Khadim, âgé de 44 ans et domicilié à Keur Massar, s’est présenté comme un guide spirituel capable de « fructifier les affaires » grâce à des bains mystiques. Proche de la famille du plaignant, il aurait profité de cette relation de confiance pour convaincre B. Diop de se soumettre à ses prescriptions spirituelles.

Les rituels entamés en 2021 ont rapidement pris l’allure d’un gouffre financier. Le commerçant déboursait régulièrement entre 200.000 et 500.000 Fcfa, en espèces ou via transferts d’argent. Les enquêteurs ont pu retracer plus de 132,7 millions Fcfa en transactions formelles, mais le montant global du préjudice est évalué à environ 300 millions Fcfa sur quatre années.

Interpellé et entendu par les forces de l’ordre, le marabout autoproclamé a reconnu avoir perçu d’importantes sommes, tout en disant ignorer le total exact. Il a néanmoins justifié l’usage de cet argent en déclarant qu’il servait à subvenir aux besoins alimentaires de ses nombreux talibés.

Hier, Touba Diop dit Serigne Khadim a été déféré au parquet pour escroquerie. L’affaire relance le débat sur les dérives liées à l’exploitation de la crédulité religieuse et mystique, qui piège régulièrement des victimes en quête de protection ou de prospérité.

Guédiawaye – Un ouvrier meurt dans une chute sur le chantier du lycée Seydina Limamoulaye : la sécurité en question

Un drame a endeuillé le chantier de reconstruction du lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye, mercredi soir. Khalifa Ababacar Sy, ouvrier de 36 ans domicilié au quartier Baye Laye dans la commune de Wakhinane-Nimzatt, a perdu la vie après une chute mortelle survenue alors qu’il terminait sa journée de travail.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, l’accident s’est produit vers 18 heures, alors que Sy et cinq de ses collègues s’apprêtaient à quitter un échafaudage installé au cinquième niveau d’un bâtiment en construction. Faute d’équipements de protection suffisants – seulement deux ceintures de sécurité pour six ouvriers – les travailleurs ont tenté de descendre par une fenêtre du troisième étage.

En suivant la file, le maçon aurait glissé, entraîné par une planche, avant de chuter violemment au sol. Ses camarades, alertés par le fracas, se sont précipités pour lui porter secours. Le patron de l’entreprise Kelimane, en charge du chantier, a immédiatement alerté les sapeurs-pompiers. Grièvement blessé, l’ouvrier a été évacué vers l’hôpital Principal de Dakar, mais il a succombé en cours de route.

La disparition brutale de Khalifa Ababacar Sy a plongé sa famille dans la stupeur et l’indignation. Le lendemain, ses proches se sont rendus au commissariat de Guédiawaye pour obtenir une réquisition d’autopsie. Le Procureur a ordonné une enquête et le déplacement de la police scientifique sur le site.

« Les conditions de sécurité sont insuffisantes sur ce chantier, notre fils n’avait aucune protection », a dénoncé un proche du défunt dans les colonnes de L’Observateur.

Le décès de Khalifa Ababacar Sy n’est pas un cas isolé. Selon un responsable du chantier, il s’agit « au moins du deuxième incident du genre » depuis le lancement des travaux il y a deux ans. Plusieurs sources évoquent des accidents répétés, sur fond de retards importants et de contestations liées à la gestion du projet, dont le coût est estimé à près de 12 milliards de FCFA.

Initialement prévue pour décembre 2024, la livraison du lycée a été retardée par des interruptions de chantier dues à des problèmes de paiement. À cela s’ajoute une controverse judiciaire : en février 2024, la Cour suprême avait annulé l’attribution du marché à l’entreprise Kelimane pour non-respect du principe de transparence. Malgré cette décision, les travaux se sont poursuivis avec la même société, alimentant la polémique.

Contacté par L’Observateur, Aliou Diallo, proviseur du lycée Seydina Limamoulaye, a confirmé l’accident mais a tenu à préciser que le chantier « ne relève pas de la tutelle de l’établissement », mais du ministère de la Formation professionnelle, qui a mandaté l’entreprise Kelimane.

Diamaguène Sicap Mbao : Trois individus arrêtés pour vente de viande impropre à la consommation

Le Commissariat d’arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao a procédé, ce jeudi 28 août 2025, à l’interpellation de trois individus impliqués dans un trafic de viande impropre à la consommation. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, mise en vente de viande impropre et mise en danger de la vie d’autrui.

Selon les informations, tout est parti d’un renseignement opérationnel faisant état d’un abattage suspect dans un atelier du quartier. Sur place, les policiers ont découvert trois hommes en train de dépecer un mouton. Interrogés, les suspects ont soutenu que l’animal provenait d’un habitant du voisinage. Mais ce dernier a formellement nié leur version, affirmant qu’il avait confié son mouton déjà mort, accompagné d’une somme de 1 000 F CFA, à un charretier pour qu’il s’en débarrasse.

Les enquêtes ont révélé que les mis en cause avaient décidé de transformer l’animal mort en viande de consommation. Ils ont reconnu avoir vendu et distribué plusieurs quantités :

18 kg à une femme pour 36 000 F CFA, 1,5 kg à un homme pour 3 000 F CFA, et 10 kg offerts à une restauratrice du quartier.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. La femme acheteuse a indiqué avoir revendu une partie de la viande à 2 500 F CFA le kilo, tandis que l’homme a avoué en avoir consommé. Quant à la restauratrice, elle a reconnu avoir cuisiné du riz avec la viande destinée à ses clients habituels.

La viande restante a été saisie dans le restaurant et confiée au vétérinaire du foirail de Diamaguène pour destruction. Les trois individus ont été placés en garde à vue, en attendant la suite de l’enquête.

Rufisque: Le préfet s’attaque aux Mendiants  errant dans les rues avec leur enfants.

Suite aux instructions de Mr le préfet du département de Rufisque et en collaboration avec la police, une opération de retrait des mendiants étrangers sur les tunnels ( Djouma toucouleur, pont menant vers Fass et le tunnel Djoutiba)
‎Il s’en est suivi une collaboration avec la SONAGED et le service d’hygiène pour mener une opération de nettoyage et de désinfection du tunnel de Djouma Toucouleur.

‎Ce processus sera suivi par la Brigade de surveillance et de sensibilisation contre l’occupation anarchique de la voie publique.

Rufisque: Le préfet s'attaque aux Mendiants  errant dans les rues avec leur enfants.

France : le Président Diomaye Faye rencontre plusieurs acteurs économiques pour renforcer la coopération avec le Sénégal

En marge de sa participation à la « Rencontre des Entrepreneurs de France » (La REF), le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a mené une série de rencontres avec des dirigeants d’entreprises et des responsables institutionnels français, dans le cadre de sa mission visant à renforcer la coopération économique et industrielle entre les deux pays. Ces échanges s’inscrivent dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050 et du Plan national de transformation, qui ambitionnent de faire du Sénégal un hub économique régional, attractif pour les investissements et créateur de valeur.

Lors de ces audiences, le chef de l’État a rencontré les dirigeants du groupe cimentier Vicat, actionnaire de SOCOCIM, pour discuter de la compétitivité du secteur et de la réduction du coût du ciment, un enjeu clé pour la réalisation des grands chantiers nationaux. Les discussions ont également porté sur les stratégies visant à renforcer la production locale et à favoriser l’accès des infrastructures aux citoyens.

Le Président Faye a ensuite échangé avec les responsables du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), afin d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement et de renforcer la coopération économique bilatérale. Ces échanges ont permis de souligner le rôle que peut jouer le secteur privé français dans le développement durable du Sénégal et dans la création d’emplois pour la jeunesse sénégalaise.

Dans le cadre de ses rencontres, le président s’est également entretenu avec les dirigeants de Matière Sénégal, société spécialisée dans la construction d’ouvrages d’art, afin de discuter de projets d’infrastructures stratégiques tels que les ponts, routes et équipements publics. Ces entretiens ont mis l’accent sur l’importance de conjuguer efficacité, durabilité et impacts sociaux dans le développement des infrastructures sénégalaises.

Le Président a poursuivi ses échanges avec le groupe Lagardère Travel Retail, gestionnaire des boutiques hors taxes de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Les discussions ont porté sur la qualité des services, la politique tarifaire et les perspectives d’expansion afin de renforcer l’attractivité de l’AIBD pour les voyageurs internationaux. Un autre moment fort de cette tournée a été la rencontre avec Eramet Sénégal, société minière, avec laquelle le président a évoqué les enjeux d’une exploitation durable, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement.

Enfin, le président Diomaye Faye a reçu le groupe NGE, spécialisé dans le BTP, pour discuter du développement d’infrastructures stratégiques et de la création d’emplois locaux. Il a également échangé avec Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi qu’avec l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, afin de renforcer le dialogue institutionnel et le partenariat franco-sénégalais dans les domaines économique et industriel.

Ces rencontres illustrent la volonté du Sénégal de renforcer ses liens avec la France dans une perspective de croissance partagée, en mobilisant à la fois les acteurs publics et privés pour soutenir le développement durable et stratégique du pays.

Assistance aux victimes de la période pré-électorale : conditions de recevabilité allégées pour accélérer les paiements

Le ministère de la Famille et des Solidarités a annoncé, dans un communiqué daté du 24 août 2025, la mise en place de nouvelles mesures pour accélérer l’assistance aux victimes de la période pré-électorale. L’objectif affiché est de clôturer le dossier d’ici fin septembre 2025, avec un appel pressant aux bénéficiaires qui n’ont pas encore déposé leurs dossiers à le faire avant le 30 août.

Le processus de paiement, déjà entamé, sera intensifié dans les prochains jours grâce à la levée des principales difficultés rencontrées, notamment la fourniture tardive des pièces administratives par les familles. Sur la base des recommandations du comité interministériel en charge du suivi, le ministre de la Famille, Maimouna Dièye, a décidé d’assouplir les conditions de recevabilité des dossiers, particulièrement pour les familles des victimes décédées.

Ces dernières bénéficient désormais d’une procédure simplifiée leur permettant de percevoir immédiatement une allocation de 10 millions de francs CFA, sous réserve de compléter leur dossier dès l’obtention du jugement d’hérédité, pièce essentielle sur le plan comptable. Pour ce premier versement, les familles devront fournir un récépissé de dépôt de demande de jugement d’hérédité, une copie de pièce nationale d’identité, le certificat de décès, le certificat de genre de mort, un procès-verbal signé par les ayants droit ainsi qu’une procuration désignant trois personnes responsables de la réception de l’allocation.

Lors d’une audience tenue le 21 août avec les représentants du collectif des familles des victimes décédées, Maimouna Dièye a présenté ces nouvelles orientations. Elle a souligné que cette démarche traduit la volonté ferme du gouvernement de respecter ses engagements et de traiter les familles « avec dignité et respect ». Elle a également annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement psychologique afin d’apporter un soutien adapté aux victimes et à leurs proches.

Le communiqué du ministère rappelle que, jusqu’ici, 1 931 ex-détenus ont bénéficié chacun d’une allocation de 500 000 francs CFA, pour un montant global de 1 125 850 000 francs CFA. Par ailleurs, 127 blessés ont bénéficié d’une prise en charge médicale et six familles de victimes ont déjà reçu 10 millions de francs CFA chacune.

Naufrage d’une pirogue en Mauritanie : des dizaines de migrants portés disparus, des Sénégalais parmi les victimes

Un nouveau drame migratoire a secoué la sous-région. Dans la journée du mercredi 27 août, une pirogue transportant près d’une centaine de migrants a chaviré au large de Tanit, en Mauritanie, alors qu’elle faisait route vers les îles Canaries. La scène, filmée et relayée massivement sur les réseaux sociaux, témoigne de la violence du naufrage et de la panique à bord. Seuls 17 passagers ont pu être secourus par les gardes-côtes mauritaniens, selon les premières informations disponibles.

Dans les heures qui ont suivi, la mer a rejeté de nombreux corps sur les plages voisines. Les premières identifications ont été faites par des Sénégalais établis en Mauritanie, qui ont reconnu certains des disparus grâce aux images diffusées. Parmi les victimes figure Mame Bara Ndiaye, un jeune originaire de Touba, dans la localité de Guédé Bousso. Sa carte d’identité et ses coordonnées familiales ont été retrouvées sur lui, confirmant tragiquement son décès.

Les autorités mauritaniennes ont mobilisé des équipes pour repêcher les corps et poursuivre les recherches dans la zone du naufrage. Les opérations visent à retrouver d’éventuels survivants, même si les chances s’amenuisent avec le temps. Pour l’heure, aucune estimation précise du nombre de disparus n’a été communiquée, mais tout laisse à penser que plusieurs dizaines de migrants ont perdu la vie.

Ce naufrage vient rappeler une fois de plus les dangers de l’émigration clandestine par voie maritime. Chaque année, des milliers de jeunes Africains risquent tout pour tenter de rejoindre l’Europe par l’Atlantique, une route particulièrement périlleuse. Les drames de ce genre se répètent sur les côtes de Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie, endeuillant régulièrement des familles entières.

Alors que les témoignages affluent et que les familles des victimes s’organisent pour obtenir des informations, ce nouvel accident met en lumière l’ampleur de la tragédie migratoire en Afrique de l’Ouest. Derrière les chiffres et les bilans provisoires, ce sont des destins brisés et des espoirs noyés dans l’océan qui interpellent à nouveau l’opinion publique.

Kaolack – Gamou : Le ministère du Commerce rassure sur l’approvisionnement des marchés

À quelques jours du Gamou de Médina Baye, prévu le 4 septembre 2025, le ministère du Commerce et de l’Industrie a dépêché une mission à Kaolack afin de s’assurer de la disponibilité des denrées de première nécessité. Cette visite s’inscrit dans les préparatifs de l’un des plus grands événements religieux du Sénégal, qui attire chaque année des milliers de fidèles.

Conduite par le secrétaire général du ministère, Seydina Aboubacar Sadick Ndiaye, la délégation s’est rendue dans plusieurs points stratégiques, notamment le marché de Médina Baye et des magasins de gros. L’objectif : vérifier les niveaux de stocks, l’évolution des prix et les conditions de distribution, alors que la forte affluence de pèlerins entraîne traditionnellement une hausse de la demande en produits alimentaires.

« Depuis plusieurs mois, nous travaillons avec les producteurs, les commerçants, la Direction du commerce intérieur, l’ARM et l’ensemble des structures du département afin d’assurer une bonne préparation du Maouloud », a expliqué M. Ndiaye.

Parmi les denrées les plus prisées à l’occasion du Gamou figurent l’oignon, la pomme de terre, le riz, le sucre et l’huile. Selon le secrétaire général, les constats effectués sur le terrain montrent une disponibilité jugée suffisante pour répondre aux besoins des populations.

Seule réserve évoquée : l’oignon. Après une campagne nationale estimée entre 40.000 et 50.000 tonnes, dont une partie a été écoulée sur le marché et une autre exportée, les stocks locaux sont désormais épuisés. Pour combler ce déficit, l’État a ouvert le marché aux importations.

« Aujourd’hui, l’oignon importé est bien présent à Kaolack. Le sac se vend à 13.500 francs CFA, un prix relativement stable. Des cargaisons continuent d’arriver au port de Dakar, et nous accompagnerons les commerçants pour faciliter l’enlèvement de leurs produits afin que l’approvisionnement reste régulier », a rassuré M. Ndiaye.

En multipliant ces visites – après celles effectuées lors du Magal de Touba – le ministère entend garantir aux pèlerins et aux ménages une célébration du Gamou dans de bonnes conditions, sans tension majeure sur les prix ni rupture de stock des denrées essentielles.

Diffamation présumée : Amadou Clédor Sène brièvement interpellé puis relâché après une plainte du ministre des Forces armées

L’analyste politique Amadou Clédor Sène a été placé en garde à vue mardi dernier à la Section de recherches de Colobane, à la suite d’une plainte déposée contre lui par le général Birame Diop, ministre des Forces armées. Après avoir passé la nuit dans les locaux de la gendarmerie, il a finalement recouvré la liberté ce mercredi.

L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée il y a six mois, dans laquelle Clédor Sène affirmait qu’une transaction foncière portant sur un terrain de 4 000 m², situé à proximité du palais de la République, aurait impliqué l’ancien président Macky Sall et Idan Perez, fils de l’homme d’affaires Gaby Perez. Selon lui, l’ex-chef de l’État aurait attribué ladite parcelle en contrepartie de la construction de la Direction de la gendarmerie à la Caserne Samba Diéry Diallo.

Dans la même séquence, l’analyste allait plus loin en insinuant que le général Birame Diop, alors Chef d’état-major général des Armées, aurait eu connaissance de cette supposée transaction et qu’il connaîtrait personnellement la famille Perez. Des propos qui ont profondément irrité l’actuel ministre des Forces armées, lequel a décidé de porter plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles.

Face aux enquêteurs de la Section de recherches, le ministre a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant n’avoir jamais été impliqué ni informé de cette affaire. Convoqué à son tour mardi, Amadou Clédor Sène aurait fini par se rétracter et présenter ses excuses au plaignant.

Malgré ce revirement, il a été placé en garde à vue pour la nuit, avant d’être libéré le lendemain. Le même jour, le général Birame Diop a adressé une lettre de désistement au procureur de la République, après plusieurs médiations et interventions plaidant en faveur du pardon.

Affaire du « Sukuk Sogepa » : un trou de 114,4 milliards au cœur d’une vaste enquête judiciaire

L’affaire dite du « Sukuk Sogepa » continue de faire grand bruit au Sénégal. Selon des révélations du journal Libération, la Division des investigations criminelles (Dic) est en pleine opération de décryptage d’un scandale financier évalué à 114,4 milliards de Fcfa, un montant colossal relevé par la Cour des comptes dans son dernier rapport sur les finances publiques.

Parmi les personnalités citées, l’ancien directeur général de La Poste, Abdoulaye Bibi Baldé, a été convoqué et entendu le mardi 26 août par les enquêteurs. Son audition s’est concentrée sur un transfert jugé suspect : 10 milliards de Fcfa versés à La Poste, dans des circonstances encore obscures. « C’est autour de cette opération que l’essentiel des questions a tourné », souligne Libération.

Mais l’ancien maire de Kolda n’est pas le seul dans le viseur. D’après les sources, plusieurs entreprises ayant reçu des fonds issus du Sukuk sont également ciblées par les investigations. Parmi elles figurent Eiffage, Seneguindia, la Compagnie sucrière sénégalaise et Bamba Ndiaye SA. L’objectif des enquêteurs est de comprendre pourquoi ces structures privées ont bénéficié de sommes censées, en principe, être reversées au Trésor public.

L’affaire s’étend bien au-delà des premières auditions. Avant Bibi Baldé, la Dic avait déjà entendu Abdoul Yaya Kane, ancien directeur général de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), ainsi que l’ancienne et l’actuelle directrice de la Banque islamique du Sénégal (BIS). Des responsables de sociétés de titrisation ont également été convoqués, dessinant les contours d’une chaîne financière complexe et opaque.

Inondations à Diourbel et Touba : le ministre Cheikh Tidiane Dièye rassure les populations et annonce des solutions

Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, s’est exprimé sur la situation difficile que vivent les populations de Diourbel et de Touba après les récentes inondations. Conscient des nombreuses difficultés rencontrées, il a tenu à leur adresser un message de réconfort et de solidarité, réaffirmant l’engagement de l’État du Sénégal à leur apporter des solutions durables.

« Nous mesurons toute la gravité de cette situation et nous ne ménagerons aucun effort pour soulager les populations », a assuré le ministre, qui a particulièrement évoqué les zones de Darou Marnane et de Poulailler Baye Diop, parmi les plus touchées.

Dans son intervention, Cheikh Tidiane Dièye a également salué l’initiative du président de l’association « Touba Ça Kanam », Serigne Habibou Mbacké, pour son appel en direction des populations et des autorités. Il a aussi remercié le député Cheikh Thioro Mbacké ainsi que les jeunes mobilisés sur le terrain pour leur implication dans la gestion de cette crise.

S’agissant des mesures envisagées, le ministre a annoncé un dispositif d’évacuation des eaux des quartiers impactés vers les vallées. Ce mécanisme, expérimenté à Touba, sera progressivement étendu à d’autres localités confrontées au même problème, notamment Kaffrine et Tambacounda.

Sénégal – Trafic de drogue

Comment les enquêteurs ont piégé et arrêté Domingo Armindo Biaba, caïd bissau-guinéen

Les enquêteurs de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) ont réussi un coup de filet majeur. Dans la nuit du 25 au 26 août 2025, Domingo Armindo Biaba, un trafiquant originaire de Bissau, a été arrêté à Dakar, alors qu’il pensait livrer de la drogue à de riches clients.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout est parti d’un renseignement faisant état des agissements d’un ressortissant ouest-africain spécialisé dans l’écoulement de Mdma, une drogue de synthèse très prisée par les jeunes de 18 à 25 ans. Les policiers ont alors mis en place un dispositif d’infiltration, se faisant passer pour des acheteurs.

Le caïd vendait ses produits au prix de 50 000 FCFA pour 5 grammes. Pour le piéger, les limiers ont passé une commande test de la même quantité. Un rendez-vous a été fixé au rond-point Liberté 5, à Dakar, vers 2h30 du matin. Domingo Armindo Biaba s’est présenté avec cinq sachets de 5 grammes chacun. C’est au moment de la remise que l’opération a été déclenchée et que le trafiquant a été interpellé.

La perquisition menée à son domicile, à Dieuppeul, a permis de découvrir quatre autres sachets identiques, une balance électronique et une somme de 50 000 FCFA. Mis devant l’évidence, Domingo a reconnu les faits, allant jusqu’à confier aux enquêteurs qu’il avait été « piégé comme un néophyte ». Il a également révélé l’identité de son fournisseur, un certain Moses, basé à Bissau.

Placée en garde à vue, la figure du trafic a été inculpée pour association de malfaiteurs, détention de drogue en vue de trafic international et blanchiment de capitaux. L’enquête se poursuit afin de démanteler l’ensemble du réseau et de mettre la main sur ses complices.

Kaolack – Éducation : Signature de contrats de performance entre l’IEF et les Sérignes Daaras dans le cadre du PAPSE

Une cérémonie de signature de contrats de performance entre l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack commune et les Sérignes Daaras sélectionnés dans le cadre du Projet d’Amélioration des Performances du Système Éducatif (PAPSE) s’est tenue ce mardi 26 août à Kaolack. La rencontre s’est déroulée en présence de l’IEF de Kaolack commune, de l’inspecteur de langue arabe, des maîtres coraniques, et sous la supervision du chef de la division.

« Nous sommes venus pour poser le dernier acte qui déclenche le financement et l’appui du projet PAPSE au niveau de tous les Daaras du Sénégal. Comme vous le savez, c’est un long processus d’identification des Daaras éligibles, suivi d’une sélection aléatoire car la demande était plus forte que l’offre. Enfin, les Daaras retenus ont accepté de formaliser leurs engagements à travers ce que nous appelons le contrat de performance, qui n’est rien d’autre que la matérialisation des engagements des Daaras et de l’État du Sénégal. Kaolack est une cité religieuse connue de toute la communauté », a souligné El Hadji Saliou Ngom, coordonnateur du programme PAPSE.

Il a précisé que l’objectif de cette rencontre est de « signer ensemble cet engagement, à travers le contrat de performance qui définit le périmètre de collaboration jusqu’à la fin du projet. Ce contrat permettra de mesurer les résultats attendus de l’accompagnement du PAPSE, mais aussi d’évaluer l’engagement des propriétaires de Daaras, de l’IEF, de l’Inspection d’académie (IA) et du ministère de l’Éducation nationale ».

Au niveau national, 1 098 Daaras sont concernés par le programme, répartis en deux phases. La première, qui démarre avec 600 Daaras nouvellement sélectionnés, et la deuxième phase qui impliquera 498 Daaras déjà accompagnés par le précédent projet PAQUEB. L’enveloppe globale allouée à ces 1 098 Daaras à travers le PAPSE s’élève à plus de 7,2 milliards de francs CFA, a indiqué le coordonnateur.

De son côté, l’inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Kaolack commune, Amadou Dia, a rappelé que « le ministère de l’Éducation nationale s’est longtemps engagé dans la contractualisation avec les écoles pour améliorer leurs performances scolaires. Aujourd’hui, il s’agit de contractualiser avec les Daaras, qui occupent une place de choix dans le dispositif éducatif sénégalais ».

Il a ajouté : « Au niveau de l’Inspection d’académie de Kaolack et de l’IEF de Kaolack commune, nous avons un nombre important de Daaras concernés. Pour le PAPSE, ils sont au nombre de 11, auxquels s’ajoutent 29 Daaras du PAQUEB, soit un total de 40 Daaras. Ce sont des établissements qui demandent un accompagnement, un encadrement et un appui institutionnel, raison pour laquelle le PAPSE joue un rôle essentiel. »

Assemblée nationale : le projet de loi sur l’accès à l’information adopté à l’unanimité

L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans la consolidation de la transparence et de la bonne gouvernance. Réunis ce mardi, les députés ont examiné et adopté à l’unanimité le projet de loi relatif à l’accès à l’information, présenté par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Ousmane Diagne. Ce texte vient compléter un ensemble de réformes récentes visant à renforcer la probité et la rigueur dans la gestion des affaires publiques.

La séance a été précédée d’une réunion conjointe de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains et de la Commission de la Culture et de la Communication, présidée par Abdoulaye Tall. Le ministre de la Justice, accompagné de ses collaborateurs, a souligné d’emblée que ce projet de loi s’inscrit dans le prolongement des grands instruments internationaux et régionaux consacrant le droit à l’information, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ou encore le protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption. Selon lui, l’adoption d’une législation spécifique était devenue indispensable, le Sénégal ne disposant jusqu’ici que de dispositions éparses dans divers textes comme la loi sur les archives, celle sur la protection des données personnelles ou encore le Code de la presse.

Le projet de loi instaure un cadre clair définissant les modalités d’exercice de ce droit fondamental. Il prévoit la création d’une Commission nationale d’accès à l’information, chargée de veiller à la disponibilité, à la diffusion et à la protection des données publiques. Cette Commission aura également pour mission de sensibiliser les citoyens et de former les assujettis. Le texte introduit par ailleurs un régime de sanctions contre les organismes qui manqueraient à leurs obligations de transparence, tout en abrogeant certaines dispositions de la loi de 2006 sur les archives jugées désormais obsolètes.

Lors des débats, plusieurs députés ont salué une réforme jugée essentielle pour renforcer la démocratie et l’État de droit. Ils ont insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des citoyens aux informations publiques afin d’encourager un débat serein et constructif, mais aussi sur l’importance d’accompagner les collectivités locales et les administrations dans la mise en œuvre de ces nouvelles obligations. Certains ont exprimé des préoccupations relatives à la lutte contre la désinformation, aux délais de transmission des informations et à la protection du secret industriel et commercial.

En réponse, Ousmane Diagne a précisé que les assujettis disposeront désormais d’un délai maximum de cinq jours pour orienter un demandeur vers l’autorité compétente. Il a insisté sur la responsabilité de l’État dans la mise à disposition d’informations fiables et a rappelé que ce droit devait s’exercer dans le respect de l’ordre public. Il a également salué la proposition d’intégrer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) dans la future Commission, soulignant que cette suggestion pourrait être prise en compte lors de l’adoption des décrets d’application.

À l’issue des échanges, les amendements proposés par le gouvernement ont été adoptés, consolidant le texte. Le projet de loi, approuvé à l’unanimité, est désormais appelé à constituer un pilier de la transparence et de la reddition des comptes au Sénégal. Son application effective marquera, selon le ministre de la Justice, une avancée décisive contre la rétention d’information et en faveur de la participation citoyenne.

Matam : le fleuve Sénégal franchit le seuil d’alerte

Le fleuve Sénégal connaît une montée préoccupante de ses eaux. Ce mardi matin, la station hydrologique de Matam, dans le nord du pays, a enregistré un niveau de 8,1 mètres, dépassant ainsi la côte d’alerte fixée à 8 mètres. Ce franchissement marque une étape critique dans l’évolution de la crue et fait craindre des débordements plus importants dans les jours à venir.

Les premières conséquences se font déjà sentir. Dans la zone du Dandé Mayo, plusieurs habitations situées le long du fleuve sont directement menacées par les eaux. Les populations riveraines, en particulier les producteurs agricoles dont les champs jouxtent le cours d’eau, se retrouvent en situation de grande vulnérabilité. Les risques de pertes matérielles et de déplacements forcés sont réels si la tendance haussière se poursuit.

Face à la gravité de la situation, les autorités locales appellent à la vigilance. Moussa Mbodji, cadre de la direction régionale de Matam, a rappelé que les services compétents avaient déjà anticipé une telle évolution. « De toute façon, je pense qu’on a été averti à temps et que là, on avait vraiment des craintes. Ce qu’on va faire, c’est une bonne sensibilisation en tout cas des producteurs et de prendre les dispositions nécessaires », a-t-il expliqué, insistant sur l’importance de la prévention et de l’accompagnement des populations.

Le gouvernement suit de près l’évolution de la crue. Le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, est attendu ce mardi à Matam pour évaluer de visu la situation et coordonner les réponses urgentes. Sa visite devrait permettre de renforcer la coordination entre services techniques, autorités locales et comités de lutte contre les inondations.

Alors que la saison des pluies se poursuit et que de nouveaux épisodes pluvieux sont attendus, les habitants de la vallée du fleuve Sénégal redoutent une aggravation des inondations. L’attention reste focalisée sur Matam et ses environs, où chaque nouvelle variation du niveau d’eau peut avoir des conséquences immédiates sur les populations riveraines.

Crue du fleuve Sénégal : vigilance orange à Matam et Toufoundé Civé

Les eaux du fleuve Sénégal continuent de monter et inquiètent les autorités. Ce mardi 26 août 2025, la vigilance orange a été déclenchée dans les zones de Matam et Toufoundé Civé, où les cotes hydrométriques franchissent désormais les seuils critiques. À Matam, la hauteur d’eau a atteint 8,01 mètres, dépassant le seuil d’alerte fixé à 8 mètres, avec une tendance toujours orientée à la hausse. La situation reste donc particulièrement préoccupante dans cette partie de la vallée.

À Bakel, les instruments de mesure indiquent une cote de 9,94 mètres, soit à seulement quelques centimètres du seuil critique de 10 mètres. La tendance est cette fois à la baisse, ce qui constitue un signe encourageant, mais qui n’écarte pas totalement le risque de débordement en cas de nouveaux épisodes pluvieux. Plus en amont, à Kayes, le niveau reste contenu à 6,04 mètres, bien en deçà du seuil d’alerte fixé à 8 mètres. Les autorités rappellent cependant que les précipitations annoncées dans les prochains jours pourraient changer rapidement la donne.

Face à cette situation, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) maintient son plan d’alerte actif. Celui-ci repose sur une cartographie précise des zones inondables, des seuils fixés pour chaque localité et un système d’alerte impliquant les autorités administratives, les comités locaux de lutte et les médias. L’objectif est d’assurer une diffusion rapide et efficace de l’information, afin que les populations puissent prendre les dispositions nécessaires avant toute crue brutale.

En amont du fleuve, le barrage de Manantali joue un rôle déterminant. En stockant une partie de l’eau et en écrêtant la crue du Bafing, il permet de limiter l’impact de la montée des eaux dans la vallée et le delta. « Nous appelons les populations de la vallée et du delta à rester vigilantes et à prendre toutes les dispositions nécessaires », ont insisté les autorités, soulignant que la prudence reste de mise malgré les mesures de régulation en place.

Pour l’instant, les zones de Bakel et Gouraye demeurent sous vigilance jaune. Mais l’évolution des précipitations et des débits en amont pourrait modifier la situation dans les jours à venir. Dans ce contexte incertain, les riverains sont invités à suivre de près les consignes de sécurité, tandis que les comités de veille locaux se préparent à intervenir en cas de montée soudaine des eaux.

Sénégal : plus de 15 000 détenus recensés, dont 547 en longue détention

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a livré des chiffres préoccupants sur la situation carcérale au Sénégal. Devant les députés, ce mardi, lors de la plénière consacrée au projet de loi sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte, le Garde des Sceaux a indiqué que le pays comptait 15 267 détenus au 18 août 2025.

Interpellé par le député Saliou Dione sur la question des longues détentions provisoires, le ministre a reconnu l’ampleur du problème. Selon les données communiquées, 547 détenus sont incarcérés depuis trois ans ou plus en attente de jugement. Cela représente 3,58 % de la population carcérale totale, un chiffre qui met en lumière la lenteur et les dysfonctionnements de la machine judiciaire. Ousmane Diagne a précisé que la durée moyenne de détention au Sénégal s’élève actuellement à une année, un délai qui dépasse largement les standards internationaux.

Face à cette situation, le ministre a souligné les efforts engagés pour inverser la tendance. Il a notamment évoqué l’introduction de la limite de six mois pour les détentions en matière correctionnelle, une réforme destinée à limiter l’accumulation des dossiers en suspens et à éviter des privations de liberté indûment prolongées. « On est en train de trouver les moyens d’y remédier », a-t-il insisté, tout en réaffirmant l’engagement de son département à poursuivre les réformes structurelles de la justice.

La problématique des longues détentions n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été dénoncée lors des Assises de la Justice en mai 2024, où magistrats, avocats et organisations de défense des droits de l’homme avaient mis en garde contre l’engorgement des prisons et la lenteur des procédures judiciaires. Le phénomène contribue non seulement à une surpopulation carcérale chronique, mais aussi à des conditions de détention souvent jugées indignes.

Dans ce contexte, les chiffres rendus publics par Ousmane Diagne confirment l’urgence d’une réforme profonde. Si la limitation des délais de détention provisoire constitue une avancée, les observateurs estiment que des mesures complémentaires seront nécessaires : renforcement des effectifs judiciaires, amélioration de la gestion des dossiers, recours accru aux alternatives à l’incarcération. Autant de pistes sur lesquelles le gouvernement dit travailler, mais dont la mise en œuvre reste attendue avec impatience par les acteurs de la justice et les organisations de défense des droits humains.

La question des longues détentions continue ainsi d’incarner l’un des défis majeurs du système judiciaire sénégalais. Les prochains mois permettront de mesurer si les réformes annoncées par le ministre de la Justice parviennent à alléger durablement le poids de cette problématique sur les détenus et sur l’ensemble de la société.

Mame Thierno Birahim Mbacké, « Borom Darou », en visite à Lat Diop à Rebeuss

L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Lonase, Lat Diop, a reçu ce lundi à la prison de Rebeuss une visite de marque. Selon Les Échos, le marabout Mame Thierno Birahim Mbacké, plus connu sous le nom de « Borom Darou », s’est rendu auprès de lui dans sa cellule.

La rencontre a été accueillie avec beaucoup de chaleur, aussi bien par Lat Diop lui-même que par les autres détenus qui ont manifesté leur joie de voir la figure religieuse. La présence du guide mouride a été perçue comme un réconfort moral pour l’ancien responsable politique aujourd’hui en détention.

Pour rappel, Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis le 26 septembre 2024. Il est poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Le montant du préjudice est estimé à 8 milliards de francs CFA.

Touba – La polémique autour des images d’Absa Faye et Oumy Faye : entre vie privée, communication politique et lecture partisane

La récente visite du président Bassirou Diomaye Faye à Touba, en prélude au Grand Magal, a été marquée par une polémique inattendue. Des images montrant Absa Faye, seconde épouse du chef de l’État, aux côtés de sa sœur Oumy Faye — épouse de Me Oumar Youm, figure de l’APR et ancien ministre sous Macky Sall — ont suscité de vives réactions, notamment dans les rangs du Pastef, parti au pouvoir.

Pour beaucoup, cette proximité affichée brouille les lignes et réactive des débats sensibles sur la place de la famille présidentielle dans les affaires publiques.

Le sociologue Abdoulaye Cissé souligne que, dans l’imaginaire sénégalais, « la frontière entre vie privée et pouvoir est extrêmement fragile ». Selon lui, les épouses de présidents sont perçues comme des « actrices de l’ombre », influentes auprès de leur conjoint. En référence à l’expression wolof « wax taan ak sama njégenaay » (discuter avec mon oreiller), il rappelle que la Première dame est souvent considérée comme la première confidente du chef de l’État.

Dans le cas d’Absa et Oumy Faye, Cissé propose deux lectures : soit elles avaient déjà une relation étroite avant l’accession au pouvoir, rendant leur apparition naturelle, soit cette proximité est récente et devient alors source d’interrogations, surtout au regard du lien avec Me Oumar Youm. Pour le sociologue, cette controverse traduit les tensions persistantes entre exigences de justice et réalités familiales, dans un contexte encore marqué par les 86 morts enregistrés lors des troubles politiques de 2021 à 2024.

Pour le communicant Fernand Mendy, les critiques ne sont pas dénuées de sens. « Elles traduisent une vigilance populaire légitime, surtout envers un régime élu sur la promesse de rupture avec les pratiques familiales du passé », explique-t-il.

Selon lui, la photo a ravivé une mémoire collective douloureuse, marquée par les soupçons de népotisme et de gestion familiale du pouvoir sous les régimes précédents. D’où son appel à une communication présidentielle plus claire et transparente : « Chaque apparition officielle et chaque accompagnant symbolisent l’image de la République. L’anticipation est cruciale pour éviter les malentendus et renforcer la crédibilité du discours de rupture. »

Une polémique jugée « ridicule et dangereuse »

À l’inverse, le politologue Assane Samb relativise fortement l’affaire. Il estime que la controverse est « ridicule et dangereuse ». Pour lui, Absa Faye est libre de ses fréquentations, d’autant qu’aucun statut officiel de Première dame n’existe au Sénégal. « Seul le président est comptable de son entourage. Chercher à diaboliser ses proches est un moyen détourné de fragiliser le pouvoir », soutient-il.

Il avertit par ailleurs que cette obsession à guetter des signes de clanisme là où il n’y a que des liens familiaux normaux pourrait se retourner contre les détracteurs. « La diabolisation excessive de la famille présidentielle risque de renforcer, par effet de sympathie, l’image du couple présidentiel auprès de l’opinion », conclut-il.

L’affaire met en lumière une constante de la vie politique sénégalaise : la confusion récurrente entre sphère privée et sphère publique au sommet de l’État. Si certains y voient un simple épisode familial sans conséquence, d’autres y lisent une alerte sur les risques de reproduction des pratiques que la nouvelle gouvernance avait promis de bannir.

Soussoung : Aïda Sarr, sœur du président Diomaye Faye, dénonce un « forcing foncier » et interpelle directement le chef de l’État

Le climat est électrique à Soussoung. Ce dimanche 24 août, le Collectif pour la Défense des Intérêts Fonciers, accompagné de conseillers municipaux et de populations locales, a tenu une conférence de presse pour dénoncer avec vigueur ce qu’il qualifie de « forcing » et « d’injustice criarde » autour d’un litige foncier qui secoue la localité.

Parmi les prises de parole marquantes, celle d’Aïda Sarr, sœur du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et conseillère municipale. Très émue, elle a lancé un appel solennel à son frère :

« Je suis la sœur du président Bassirou Diomaye Faye. Sur cette affaire, je suis à la fois confuse et honteuse. Nous avons le sentiment que rien n’a changé au Sénégal. Nous continuons à vivre la pire des choses : les mêmes pratiques, les mêmes injustices. Je demande solennellement à mon frère, le président, de m’écouter et de m’entendre, moi, sa sœur. Cette affaire ne doit pas exister, surtout dans son propre fief. »

La conseillère municipale dit avoir été écartée des délibérations sur le dossier, affirmant que la décision avait été adoptée avant même la convocation officielle du conseil. Un procédé qui alimente, selon elle, la méfiance et les soupçons à l’égard des autorités locales.

De son côté, Ndiome Thiaw, coordonnateur du Collectif pour la Défense des Intérêts de Soussoung, a rejeté les informations selon lesquelles des indemnisations auraient été versées aux habitants :

« C’est totalement faux ! Personne ici n’a reçu un seul franc. Pendant que les terres sont bradées, les autorités restent muettes. C’est inadmissible. »

Il alerte sur une situation de plus en plus explosive : des jeunes auraient quitté le village par crainte de représailles, et l’économie locale, basée essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, se retrouve paralysée.

Le dossier foncier ne se limite pas aux contestations. Le collectif dénonce également une répression judiciaire. Neuf personnes sont actuellement en détention, après de récentes arrestations qui, selon les habitants, aggravent la peur et la colère.

Face à cette crise, les populations de Soussoung appellent directement le chef de l’État à intervenir pour rétablir la justice et la paix sociale.

« Nous voulons juste vivre dignement sur nos terres. Nous n’accepterons pas de les perdre dans l’indifférence générale, » a martelé Ndiome Thiaw.

Mamadou Sy Tounkara devant les enquêteurs pour faits graves : ce qu’il risque vraiment

Le chroniqueur Mamadou Sy Tounkara est convoqué ce mardi à la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSI), à la suite d’une publication polémique sur la proposition de loi criminalisant l’homosexualité. Ses déclarations, jugées sensibles, ont suscité de vives réactions et pourraient lui valoir de lourdes sanctions judiciaires.

Dans son analyse, Mamadou Sy Tounkara a soutenu que la proposition de loi criminalisant l’homosexualité est devenue « caduque ». Il fonde son argument sur l’article 60, alinéa 5, du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui impose que toute proposition de loi soit examinée au plus tard lors de la session ordinaire suivant son dépôt. Selon lui, l’absence d’examen équivaut à un « rejet implicite ».

Cette lecture du texte législatif contredit frontalement la position officielle de l’Assemblée nationale. Le député Amadou Ba (Pastef) a réagi en affirmant que la proposition est toujours en cours d’examen et qu’elle sera « adoptée sans faiblesse ».

La convocation de Mamadou Sy Tounkara repose sur deux dispositions du Code pénal sénégalais :

La diffusion de fausses nouvelles (article 255) La mise en danger de la paix publique

En présentant comme un fait établi le rejet du texte, il pourrait lui être reproché d’avoir semé la confusion dans l’opinion et alimenté un débat explosif autour d’un sujet hautement sensible.

Si les poursuites aboutissent, le chroniqueur pourrait être inculpé pour propagation de fausses nouvelles, une infraction passible de peines d’emprisonnement et d’amendes. La qualification pourrait être aggravée si le juge estime que ses propos portent atteinte à la sérénité des institutions ou menacent la cohésion sociale.

Urbanisme à Dakar : malgré la contestation, le ministère s’entête à installer un clerc notaire

Malgré la levée de boucliers des professionnels du secteur – Ordre des architectes, Association des urbanistes, ingénieurs et techniciens du bâtiment – l’administration poursuit son cours. Le cabinet du ministre Moussa Balla Fofana et la direction des ressources humaines ont fixé à mercredi prochain la cérémonie officielle de passation de service, afin d’installer un clerc notaire à la tête du Service régional de l’Urbanisme et de l’Habitat de Dakar.

Cette décision, jugée « incompréhensible et périlleuse » par de nombreux acteurs du domaine, fait craindre des conséquences graves sur la planification et la gestion urbaine de la capitale. Dakar, qui concentre près du quart de la population nationale, subit une pression foncière sans précédent et fait face à des défis majeurs : inondations récurrentes, spéculation immobilière, absence de plan d’aménagement cohérent, vétusté d’une partie du patrimoine bâti.

« Remettre entre les mains d’un clerc, sans formation en urbanisme, en aménagement ou en architecture, la responsabilité d’un service aussi stratégique revient à hypothéquer l’avenir de Dakar. C’est exposer nos populations à plus de désordre urbain, à des constructions anarchiques et à un affaiblissement des politiques publiques en matière de logement et de cadre de vie », avertit un ancien directeur de l’urbanisme.

Les professionnels redoutent également que cette nomination n’affaiblisse l’autorité technique du service face aux lobbies fonciers et aux spéculateurs. Selon eux, le clerc, n’ayant ni l’expertise ni l’expérience du secteur, risque de devenir une simple courroie de transmission de décisions politiques ou privées, au détriment de l’intérêt général.

Cette situation met aussi en lumière une autre inquiétude : la démotivation des cadres qualifiés laissés en marge, alors que de nombreux urbanistes, architectes et ingénieurs restent disponibles, parfois relégués dans des bureaux sans responsabilités réelles.

Pour les contestataires, cette insistance du ministère sonne comme un bras de fer contre les corps de métier. Ils appellent une nouvelle fois le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko à intervenir d’urgence, avant que la passation ne soit actée.

« Le secteur de l’urbanisme est transversal et conditionne le développement de toutes les autres politiques publiques. Si nous ratons Dakar, c’est tout le pays qui en paiera le prix », alerte un urbaniste membre de l’association.

À quelques jours de la cérémonie, les regards restent braqués sur le département ministériel. L’installation annoncée pourrait non seulement accentuer la contestation des professionnels, mais aussi ouvrir une crise de confiance entre le gouvernement et les acteurs du cadre de vie.

Saint-Louis : une course-poursuite spectaculaire après le vol d’une ambulance du SAMU

La ville de Saint-Louis a été le théâtre, le 24 août 2025, d’une scène digne d’un film d’action. Un homme a été interpellé par la police après avoir volé une ambulance du SAMU et provoqué une course-poursuite qui a mis en danger la vie des agents intervenus.

Selon la version officielle fournie par la police, tout a commencé lorsqu’un citoyen a alerté les autorités sur la disparition d’une ambulance du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU), aperçue en direction de l’Université Gaston Berger (UGB). Immédiatement, des équipes ont été déployées pour intercepter le véhicule.

Positionnés à un carrefour stratégique, des agents de police ont tenté de stopper l’ambulance. Le conducteur a d’abord ralenti, donnant l’impression de se rendre, avant de foncer brusquement sur les forces de l’ordre. L’un des policiers a essayé d’ouvrir la portière pour neutraliser le suspect, mais celui-ci a forcé le passage, obligeant l’agent à se retirer de justesse.

La poursuite s’est prolongée jusqu’à ce que l’ambulance percute un mur. Le choc a permis aux policiers de mettre enfin la main sur le conducteur, qui a été immédiatement arrêté.

Placée en garde à vue, la personne interpellée a reconnu les faits. Originaire de Kanel et en route pour Joal, il a affirmé avoir été abandonné par son chauffeur à la gare routière de Saint-Louis. Perdu, sans argent et sans solution de transport, il aurait trouvé l’ambulance laissée en marche et décidé de la voler pour regagner son domicile.

Les charges retenues

vol d’un véhicule de l’État, destruction de biens publics, refus d’obtempérer, mise en danger de la vie d’autrui.

L’enquête est toujours en cours afin d’éclaircir les circonstances exactes de cette affaire, qui a suscité l’émoi chez les habitants de Saint-Louis, peu habitués à un tel scénario.

Khalou Dioula : Les propriétaires de champs et coopératives d’habitat dénoncent une spoliation foncière

Khalou Dioula : Les propriétaires de champs et coopératives d’habitat dénoncent une spoliation...

Le Collectif des Propriétaires de Champs et Coopératives d’Habitat de Khalou Dioula a tenu un point de presse ce week-end pour alerter l’opinion publique sur ce qu’il qualifie de « manœuvres illégales » autour du lotissement de la localité.

Selon le collectif, le plan de lotissement de Khalou Dioula a été modifié sans concertation et de manière « totalement irrégulière », au profit exclusif de la coopérative de la Gendarmerie, avec l’intégration du Titre Foncier n°6890.

Des familles menacées de spoliation

« Des centaines de familles et de coopératives, qui ont acquis leurs parcelles en toute légalité avec des documents validés par les services compétents, se retrouvent aujourd’hui menacées. C’est une spoliation foncière déguisée », dénonce le collectif.

Les propriétaires soulignent que le Titre Foncier n°6890 fait déjà l’objet de litiges non résolus, ce qui rend son intégration dans le lotissement « suspecte et illégale ».

Les principales revendications du collectif

Le collectif exige :

  1. L’annulation immédiate de toute décision administrative ou technique modifiant le lotissement de Khalou Dioula.
  2. La suspension de l’intégration du TF 6890, tant que la légalité n’est pas établie.
  3. L’ouverture d’une enquête indépendante sur les conditions de cette opération foncière.
  4. La garantie du respect des droits fonciers des membres du collectif et des coopératives légalement constituées.

Un appel à l’État et à la société civile

« Nous ne sommes pas contre une quelconque entité, y compris la gendarmerie nationale. Mais nous refusons toute tentative d’appropriation illégitime et unilatérale de nos terres », a déclaré Aboubacar Cissé, président du collectif et par ailleurs secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’IRD.

Le collectif appelle l’administration, la justice, la presse, les organisations de la société civile et les citoyens « épris de justice » à se mobiliser pour défendre leurs droits.

Le journaliste Doudou Coulibaly jugé en flagrant délit : le procureur requiert six mois de prison dont trois avec sursis

Le procès du journaliste Doudou Coulibaly s’est ouvert ce lundi 25 août 2025 devant le tribunal de grande instance de Dakar statuant en flagrant délit. L’affaire, très suivie par le monde des médias et des acteurs de la société civile, a retenu l’attention en raison de la nature des délits reprochés au mis en cause.

Le parquet a requis à son encontre une peine de six mois d’emprisonnement, dont trois mois avec sursis, ainsi qu’une amende de 500 000 F CFA.

Les chefs d’accusation

Offense à un chef d’État étranger, Offense à une personne exerçant tout ou une partie des prérogatives du président de la République, Injures.

Selon l’accusation, certains propos tenus récemment par le journaliste, lors d’une intervention publique relayée sur les réseaux sociaux, constituent des atteintes graves à l’honneur et à la dignité des autorités visées.

La défense a plaidé la relaxe pure et simple, arguant que les déclarations de Doudou Coulibaly relevaient de la liberté d’expression et s’inscrivaient dans un cadre critique, mais non injurieux. L’avocat du journaliste a également dénoncé une volonté de museler la presse et de créer un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise.

De son côté, le procureur a insisté sur le fait que la liberté de presse ne saurait justifier les excès de langage portant atteinte aux institutions nationales et étrangères.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et le verdict est attendu dans les prochains jours.

Thiadiaye : un sexagénaire, père de 31 enfants, arrêté pour trafic de chanvre indien

Le quartier Cité Nguère, à Thiadiaye, est sous le choc après l’arrestation de Birima F., alias « Ndongo », un homme d’une soixantaine d’années, marié à trois femmes et père de 31 enfants. Pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il s’était reconverti dans le trafic de chanvre indien, avant d’être pris dans les filets de la gendarmerie.

Tout est parti d’un appel anonyme adressé à la Brigade de gendarmerie de Thiadiaye. L’informateur signalait l’existence d’un vaste réseau de trafic de « yamba » dirigé par Ndongo, réputé dans la zone pour son implication dans le commerce illicite. Les enquêteurs en ont aussitôt fait une priorité.

Le jeudi 21 août, après plusieurs heures de surveillance, les gendarmes lancent une opération de filature. Birima F. est alors surpris en pleine tentative de livraison de trois kilos de chanvre indien à un client venu spécialement de Dakar. Il est arrêté sur le champ, sans avoir pu conclure la transaction.

Placée en garde à vue, la figure locale du trafic ne tarde pas à passer aux aveux. Il reconnaît être le propriétaire de la marchandise saisie et confesse mener cette activité illégale depuis un certain temps. Face aux enquêteurs, il justifie son choix par la difficulté d’entretenir « une famille trop nombreuse avec des moyens légaux limités ».

À l’issue de son interrogatoire, Ndongo a été déféré au parquet de Mbour, où un mandat de dépôt a été décerné contre lui. Son procès est prévu le 26 août prochain.

Conflit Israël-Palestine : Guy Marius Sagna appelle le Sénégal à rompre ses relations avec Israël

À l’occasion d’une manifestation organisée ce dimanche à Dakar contre ce qu’il qualifie de « génocide perpétré par Israël en Palestine », le député Guy Marius Sagna a lancé un appel ferme à l’État du Sénégal pour qu’il rompe toute coopération et relation diplomatique avec Israël. Selon lui, la gravité des actes commis dans la bande de Gaza et en Cisjordanie exige une réponse radicale de la communauté internationale.

Face à la presse, le parlementaire a dénoncé sans détour « le sionisme israélien » qu’il considère comme un « crime contre l’humanité ». À ses yeux, la situation actuelle en Palestine ne saurait être décrite comme une guerre entre deux camps, mais plutôt comme un génocide orchestré contre un peuple sans défense. « Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide. C’est l’utilisation de la faim comme arme de guerre », a martelé Guy Marius Sagna.

S’il reconnaît les prises de position de l’État du Sénégal en faveur de la Palestine, le député estime néanmoins que la posture actuelle demeure insuffisante. Il juge dépassée l’ère des simples déclarations et dénonce l’inefficacité des condamnations verbales répétées. « Plus on dénonce, plus le génocide prend de l’ampleur. Les dénonciations n’ont donc plus d’effet, les critiques non plus, les conférences de presse également », a-t-il insisté.

Pour Guy Marius Sagna, la seule issue cohérente est la rupture totale avec Israël. Selon lui, l’État sénégalais doit aller au-delà des symboles et poser un acte diplomatique fort en mettant un terme aux relations bilatérales. « Quand un individu commet un crime, on l’envoie en prison ; quand un pays commet un crime, il doit être sanctionné. Et la sanction, c’est de rompre toute diplomatie avec lui », a-t-il affirmé, tout en appelant d’autres nations à rappeler leurs ambassadeurs en signe de protestation.

Cet appel s’inscrit dans un contexte international marqué par une polarisation croissante autour du conflit israélo-palestinien. Si plusieurs pays ont choisi de renforcer leur soutien politique ou humanitaire à la Palestine, rares sont ceux qui ont opté pour une rupture diplomatique totale avec Israël. Au Sénégal, la position officielle a toujours été celle d’un appui ferme aux droits du peuple palestinien, dans le cadre des résolutions internationales, sans pour autant remettre en cause ses relations diplomatiques avec l’État hébreu.

La sortie de Guy Marius Sagna, connue pour son ton radical et son engagement panafricaniste, relance ainsi le débat sur la posture que doit adopter le Sénégal face à ce conflit persistant. Elle pose surtout la question de l’équilibre entre diplomatie traditionnelle et engagement politique fort au nom des valeurs de justice et de solidarité internationale.

Société civile : Matar Sall élu nouveau Coordonnateur du Forum Civil

Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, a tourné une nouvelle page de son histoire ce dimanche 24 août, à l’issue d’une assemblée générale élective marquée par l’élection de Matar Sall au poste de coordonnateur national. Juriste de formation et enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il succède à Birahim Seck, qui a dirigé l’organisation durant deux mandats avant de céder la place.

Spécialiste du droit des médias, Matar Sall n’est pas un novice au sein du Forum Civil. Il y milite depuis une quinzaine d’années, contribuant activement à plusieurs initiatives de plaidoyer et de veille citoyenne. Sa longue expérience au cœur de la structure, conjuguée à sa rigueur académique, devrait lui permettre de consolider l’héritage laissé par son prédécesseur tout en impulsant une nouvelle dynamique.

Son élection intervient dans un contexte où la société civile sénégalaise est appelée à jouer un rôle crucial face aux grands défis démocratiques, économiques et sociaux du pays. La transition à la tête du Forum Civil symbolise donc une continuité mais aussi une volonté de renouvellement, avec la nécessité de renforcer les actions de lutte contre la corruption, de promouvoir la transparence dans la gestion publique et d’élargir la participation citoyenne.

En quittant ses fonctions, Birahim Seck laisse derrière lui une organisation qui a marqué le débat public au Sénégal par son indépendance et ses prises de position souvent tranchées sur la gouvernance, les finances publiques et la reddition des comptes. Le nouveau coordonnateur devra maintenir ce cap tout en adaptant les stratégies de l’organisation aux enjeux actuels, notamment le suivi des politiques publiques, la transparence budgétaire et la gouvernance locale.

Cette élection ouvre ainsi un nouveau chapitre pour le Forum Civil, qui reste l’une des voix les plus influentes de la société civile sénégalaise. Les attentes sont grandes envers Matar Sall, dont la mission consistera à consolider les acquis tout en inscrivant l’action de l’organisation dans une perspective de modernisation et d’efficacité accrue.

Soutien à la Palestine : le député Amadou Ba exhorte l’État du Sénégal à prendre des mesures fortes contre Israël

Le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, a exprimé ce dimanche à Dakar un soutien ferme au peuple palestinien lors d’une marche organisée en solidarité avec Gaza. Dans un discours empreint d’émotion et de fermeté, il a appelé l’État du Sénégal à adopter des mesures radicales contre Israël, qu’il accuse d’orchestrer un génocide en Palestine.

« Nous exhortons le gouvernement sénégalais à prendre les mesures les plus fortes contre l’établissement d’Israël au Sénégal. Tous les pays, comme le recommande la Cour internationale de justice, doivent exiger le boycott de tous les produits issus des colonies », a déclaré le parlementaire devant la foule mobilisée pour la cause palestinienne.

Amadou Ba n’a pas mâché ses mots en qualifiant la situation à Gaza de crime contre l’humanité planifié et exécuté par les autorités israéliennes. Selon lui, le Premier ministre israélien « est un criminel de guerre » qui œuvre à « tuer des milliers d’enfants, de bébés et de femmes » dans le seul but de transformer Gaza en « lieu de villégiature, avec des hôtels et des boîtes de nuit ».

Le député a mis en garde contre l’inaction de la communauté internationale face à ce drame. Il a décrit ce qu’il appelle « un plan de génocide savamment orchestré », reposant sur le blocus, la privation de nourriture et les attaques ciblées contre des civils regroupés dans des points de distribution. « Si nous laissons ce qui se passe en Palestine prospérer, si nous laissons l’extermination des Gazaouis continuer, la barbarie qui se joue à Gaza se produira ailleurs. L’histoire est toujours tragique quand elle se répète », a-t-il martelé.

Rappelant les avis consultatifs de la Cour internationale de justice en 2003 et en juillet 2024, ainsi que les recommandations de la Cour pénale internationale, Amadou Ba a dénoncé l’absence de sanctions concrètes contre Israël. Ces instances avaient demandé l’arrêt immédiat de la colonisation, de la déportation des civils et de toute politique empêchant la création d’un État palestinien viable. « Aucune sanction n’a été prise », a-t-il regretté, estimant que ce silence complice fragilise le droit international.

Dans une conclusion solennelle, le député a insisté sur la portée universelle du drame palestinien. « Si en 2024 un génocide se produit sous nos yeux, ne nous étonnons pas demain que d’autres conflits surgissent. Ce qui se joue à Gaza, c’est l’avenir de notre humanité, c’est la paix entre les nations et le respect des règles minimales qui garantissent notre dignité humaine », a-t-il affirmé.

Ismaïla Diallo décrypte les relations avec les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER et la situation à la mairie de Dakar

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, s’est exprimé ce dimanche 24 août sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, notamment les rapports entre le Sénégal et les institutions de Bretton Woods, l’affaire ASER ainsi que la situation politique à la mairie de Dakar. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV, le député a livré une analyse sans détour, défendant la posture du gouvernement tout en appelant à des réformes structurelles.

Concernant la suspension des prêts au Sénégal par les institutions de Bretton Woods, Ismaïla Diallo a expliqué que ce refus est paradoxalement lié à la transparence prônée par les nouvelles autorités. Selon lui, dès leur installation, le gouvernement a choisi de communiquer ouvertement sur l’état réel des finances publiques, un exercice pourtant recommandé par ces bailleurs de fonds. Toutefois, cette volonté de transparence aurait eu pour conséquence une série de notations dégradantes, qui ont poussé ces institutions financières internationales à se montrer réticentes à accorder de nouveaux financements. « Nous sommes victimes de notre transparence », a-t-il martelé, estimant que cette décision est plus politique qu’économique. Face à cette impasse, le député a rappelé que l’État a lancé un Plan national de redressement visant à démontrer la capacité du pays à se développer avec ou sans l’appui de ces partenaires traditionnels.

Interrogé sur l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le parlementaire a précisé que le processus de nomination du prochain président sera strictement encadré afin d’éviter qu’une personne « peu orthodoxe » ne prenne la tête de cette institution clé dans la gouvernance publique.

Sur le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Ismaïla Diallo a confirmé que des enquêtes sont bel et bien en cours, conformément aux déclarations du ministre de la Justice à l’Assemblée nationale. Toutefois, il a pris ses distances avec les accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, estimant que les preuves avancées ne suffisent pas à justifier un soutien de son camp politique. Pour lui, il faut laisser la justice aller au bout des investigations avant de tirer des conclusions.

La situation politique à la mairie de Dakar a également été abordée. Le premier vice-président de l’Assemblée a réfuté toute tentative de son parti de s’accaparer la municipalité. Selon lui, la perte du mandat de Barthélémy Dias relève d’une stricte application de la loi. « C’est une décision de justice qui a conduit à cette situation. Il a été visé par l’article 29 du Code électoral, ce que le préfet a acté », a-t-il expliqué, balayant ainsi les accusations d’ingérence politique.

Enfin, Ismaïla Diallo s’est prononcé sur la crise que traverse actuellement le secteur de la presse sénégalaise. Reconnaissant les difficultés que rencontrent les entreprises médiatiques, il a invité les acteurs du secteur à se réinventer et à s’adapter aux nouveaux défis technologiques et économiques. Néanmoins, il a salué le rôle essentiel des médias dans la consolidation de la démocratie au Sénégal, soulignant qu’ils constituent un pilier incontournable de la vie républicaine.

Marche de solidarité à Dakar : Seydi Gassama dénonce un « génocide » en Palestine et appelle à l’application de la résolution 181 de 1947

La ville de Dakar a été le théâtre, ce dimanche, d’une vaste marche de solidarité en faveur du peuple palestinien. Des centaines de citoyens, militants des droits humains, personnalités politiques et membres de la société civile se sont rassemblés pour exprimer leur soutien aux Palestiniens face à la situation dramatique qui prévaut à Gaza depuis octobre 2023. L’événement a connu la participation de figures politiques notoires, parmi lesquelles les députés Amadou Ba, Ayib Daffé, Guy Marius Sagna et M. Diop de la Croix, ainsi que le ministre Birame Souleye Diop, marquant ainsi l’ampleur nationale de cette mobilisation.

Lors de ce rassemblement, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a pris la parole pour dénoncer avec vigueur ce qu’il considère comme un « génocide » perpétré par Israël à Gaza. Il a rappelé que depuis le 7 octobre 2023, les populations civiles palestiniennes vivent sous des bombardements incessants, privées d’accès aux soins et désormais confrontées à une famine imposée. Selon lui, cette situation dramatique ne résulte pas d’une pénurie mondiale de nourriture, mais de la volonté délibérée d’Israël d’empêcher l’acheminement de vivres vers Gaza, ou de conditionner leur distribution par des canaux piégés qui mettent en danger médecins, journalistes et simples citoyens venus chercher de quoi survivre.

Dans son intervention, M. Gassama a également mis en cause la responsabilité de la communauté internationale et particulièrement celle des États-Unis. Il a souligné que le génocide constitue le crime le plus grave en droit international et que, selon les textes des Nations Unies, les États ont l’obligation d’intervenir pour y mettre fin, y compris par une action militaire si nécessaire. Pourtant, a-t-il regretté, le Conseil de sécurité demeure paralysé par le veto américain, empêchant toute décision contraignante contre Israël. Cette complicité, selon lui, ne se limite pas aux États-Unis, mais s’étend à plusieurs pays occidentaux qui continuent de fournir un soutien diplomatique, militaire ou économique à l’État hébreu.

Seydi Gassama a appelé à l’application immédiate et inconditionnelle de la résolution 181 de 1947 des Nations Unies, qui avait prévu le partage de la Palestine entre Palestiniens et Juifs, et qui constitue, selon lui, la base pour la création d’un État palestinien viable. Il a exhorté les pays du monde entier à reconnaître officiellement cet État, estimant que seule cette reconnaissance pourra permettre une coexistence pacifique dans des frontières internationalement reconnues au Moyen-Orient.

En revenant sur le sens de cette mobilisation, le responsable d’Amnesty International Sénégal a rappelé que cette marche s’inscrivait dans la continuité de celle organisée en avril dernier à Dakar. Il a affirmé que les participants souhaitaient non seulement dénoncer le silence complice de certaines puissances, mais aussi réaffirmer le soutien constant du Sénégal à la cause palestinienne, une position historique et ferme dans la diplomatie sénégalaise.

Dans une conclusion empreinte de gravité, Seydi Gassama a averti que le monde ne peut pas rester spectateur de ce qu’il considère comme une tentative d’élimination d’un peuple entier. « Nous ne devons pas attendre qu’un peuple soit rayé de la carte pour que ses terres soient occupées et que d’autres s’y installent. Nous devons l’arrêter », a-t-il martelé, appelant dirigeants, citoyens et organisations internationales à s’élever contre ce qu’il qualifie de tragédie humaine.

Session extraordinaire à l’Assemblée nationale : Ismaïla Diallo clarifie le processus d’amendement et défend la vision de la majorité

Les travaux de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale se poursuivent autour de quatre projets de loi majeurs, qui font actuellement l’objet d’amendements. Ces modifications, proposées soit par les députés, soit par des organisations de la société civile, témoignent de la vitalité du débat parlementaire, a déclaré ce dimanche 24 août le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo, invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV.

Le député, membre du parti Pastef, a toutefois précisé qu’il ne pouvait entrer dans le détail de ces amendements, les textes étant toujours en phase d’examen au niveau des commissions. Il a néanmoins assuré que les réformes présentées s’inscrivent dans la logique du projet politique de la majorité présidentielle. « Ces réformes, qui traduisent notre volonté de promouvoir la bonne gouvernance et la transparence, ont été soumises aux Sénégalais lors de l’élection présidentielle et des législatives », a-t-il affirmé, soulignant leur caractère programmatique et légitime.

Interrogé sur la question sensible de la déclaration de patrimoine, notamment celle du président de la République à la fin de son mandat, Ismaïla Diallo a rappelé que la Constitution sénégalaise exempte le chef de l’État de cette obligation. Toutefois, il a ajouté que l’actuel président n’a aucun problème à s’y soumettre par souci de transparence. Il a également tenu à préciser que toutes les personnes gérant un budget public, y compris les membres du bureau de l’Assemblée nationale, sont tenues de respecter cette exigence légale.

Concernant le projet de loi relatif à l’accès à l’information, le Premier vice-président de l’Assemblée a reconnu certains manquements relevés par l’ONG Article 19. Il a néanmoins assuré que ces remarques seraient intégrées afin d’améliorer le texte avant son passage en séance plénière. Cette ouverture traduit, selon lui, la volonté de la majorité de construire des réformes inclusives et adaptées aux attentes citoyennes.

Sur le débat autour de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et des soupçons d’une réforme visant à écarter son président, Serigne Bassirou Guèye, Ismaïla Diallo a été catégorique : « Une loi est impersonnelle, elle n’est jamais dirigée contre une personne ». Pour lui, il s’agit avant tout d’adapter les institutions aux besoins de transparence et de bonne gouvernance, sans ciblage particulier.

Enfin, le député est revenu sur les changements opérés à l’Assemblée depuis l’installation de la nouvelle législature. Il a insisté sur la rupture opérée avec certaines pratiques jugées nuisibles à l’image du Parlement. « Les comportements qui ternissaient l’image de l’institution sont désormais révolus », a-t-il affirmé, mettant en avant un processus de modernisation et de moralisation de la vie parlementaire.

Médina Baye : Effondrement des bâtiments – le DG de l’ACBEP annonce des solutions

Les effondrements de bâtiments au Sénégal constituent un véritable problème de santé publique et de développement urbain. Derrière chaque pile de briques, il y a des vies brisées, des familles en deuil et des traumatismes durables. Les mesures entreprises offrent une lueur d’espoir, mais leur application rigoureuse, ainsi que la transparence et la responsabilité, doivent être renforcées pour que les villes sénégalaises ne reposent plus sur des fondations instables.

Face à cette situation, le directeur général de l’Agence de construction des Bâtiments et Édifices publics (ACBEP) a été reçu hier par le khalife général de Médina Baye, Cheikh Mahy Ibrahima Niass. Cette visite a été l’occasion pour Baye Niass d’aborder le phénomène de l’effondrement des bâtiments, qui prend de plus en plus d’ampleur et a coûté la vie à plusieurs personnes au Sénégal.

« Il y a eu récemment des effondrements de bâtiments. Et le constat que nous pouvons faire, c’est que l’autoconstruction domine et prédomine au Sénégal. Cela signifie que la construction est, comme tout autre métier, un savoir-faire spécialisé. On ne peut pas se réveiller un jour et se lancer dans des constructions », a déclaré le DG de l’ACBEP.

Selon lui, des mesures seront prises par les autorités pour prévenir de futurs accidents. « Heureusement, il est fort probable que dans les jours à venir, des décisions fortes seront transmises par le gouvernement afin d’encadrer la construction et de limiter au maximum l’autoconstruction », a ajouté Baye Niass.

Il a également lancé un appel aux citoyens : « En ce qui nous concerne, en tant que professionnels de la construction, nous demandons à tous les Sénégalais de se référer aux spécialistes du bâtiment. Comme on le dit souvent, c’est tout un métier qui comporte de nombreux risques. Il est donc essentiel de se munir de toutes les garanties et de consulter des spécialistes pour éviter les tragédies que nous constatons ces derniers temps. »

Gamou Médina Baye – Fass Cheikh Tidiane : une mobilisation citoyenne pour embellir le quartier

En prélude au grand Gamou de Médina Baye, le quartier de Fass Cheikh Tidiane à Kaolack a été le théâtre d’une vaste mobilisation citoyenne dédiée à l’assainissement et à l’embellissement. Cette initiative, portée par les habitants eux-mêmes, a bénéficié du soutien des services publics et du tissu associatif local.

Le département du Cadre de vie et de l’Hygiène publique de Kaolack, dirigé par Cheikh Diouf, s’est fortement impliqué dans l’opération. Selon M. Diouf, plus de cinquante agents, munis d’un important matériel, ont été déployés en renfort auprès des populations. Cet engagement se justifie par l’afflux massif de pèlerins attendu dans ce quartier, qui occupe une place centrale durant le Gamou, événement religieux d’envergure nationale et internationale.

Du côté des habitants, la mobilisation n’a pas été en reste. Djim Kébé, coordonnateur de la cellule numéro 3 de Pastef Fass Cheikh Tidiane, a détaillé les actions menées lors de cette semaine d’investissement humain. Le programme a consisté en un nettoyage approfondi des rues, un reboisement avec la plantation de deux cents plants, ainsi que divers travaux d’embellissement. Il a également salué la forte implication communautaire, marquée par la participation active de l’association And Defar Fass Cheikh Tidiane, du GIE des femmes Fonk Sa Jeukeur, et de nombreuses autres bonnes volontés.

Au-delà de l’événement ponctuel, cette opération a servi de tribune pour rappeler les préoccupations structurelles des résidents. Un plaidoyer a été lancé, notamment par M. Djim Kébé, en faveur de deux doléances majeures : le lotissement officiel du quartier de Fass Cheikh Tidiane et son raccordement au réseau d’eau potable de la Sénégalaise des Eaux (SDE).

Cette mobilisation d’envergure illustre une synergie réussie entre les autorités départementales et la société civile. Elle traduit une volonté collective d’offrir un cadre de vie sain et accueillant, aussi bien aux résidents qu’aux nombreux visiteurs, tout en constituant un levier pour faire avancer des revendications essentielles au développement du quartier.

Kédougou : Arrestation pour traite de personnes et proxénétisme

L’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) à Kédougou a procédé à l’interpellation d’une femme impliquée dans un réseau de traite de personnes et de proxénétisme.

Selon les autorités, l’opération fait suite à un renseignement indiquant qu’une jeune fille, convoyée depuis le Nigeria, était exploitée dans le village de Mamakhono. La victime aurait été contrainte de verser une partie de ses revenus quotidiens à sa proxénète pour rembourser des « frais de voyage » évalués à 2 millions de francs CFA.

Alertée, une équipe de la DNLT s’est immédiatement rendue sur place et a arrêté la mise en cause ainsi que la victime à leur domicile.

Lors de son audition, la suspecte a partiellement reconnu les faits. Elle a déclaré que c’est sa sœur, à l’origine du convoyage de la jeune fille, qui lui avait confié la victime. Elle a reconnu avoir collecté l’argent issu de la prostitution de la jeune fille, qu’elle transmettait périodiquement à sa sœur, tout en niant avoir tiré un bénéfice personnel de cette exploitation. Elle a par ailleurs contesté le montant avancé, affirmant n’avoir collecté qu’un million de francs CFA.

À l’issue de l’enquête, la mise en cause a été présentée au Procureur de la République le 21 août 2025. La jeune victime, quant à elle, a été confiée à une organisation non gouvernementale pour bénéficier d’un accompagnement et d’une prise en charge adaptée.

Matar Sall élu nouveau coordonnateur national du Forum Civil

Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, a porté à sa tête Matar Sall à l’issue de son assemblée générale élective tenue ce dimanche.

Actuellement directeur de cabinet du président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), Matar Sall est également engagé dans le mouvement de défense des droits de l’homme. Il succède à une direction qui a marqué la vie de l’organisation par son implication dans la promotion de la transparence, la bonne gouvernance et la participation citoyenne.

Doctorant en droit public à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Matar Sall s’est spécialisé dans le droit des médias et s’est distingué par ses recherches sur la liberté d’expression, un domaine dans lequel il jouit d’une reconnaissance dans le milieu académique comme auprès des professionnels de la presse.

Son élection à la tête du Forum Civil marque une nouvelle étape pour cette organisation citoyenne, souvent en première ligne dans les débats sur la gouvernance démocratique, la reddition des comptes et la lutte contre la corruption au Sénégal.

Kaolack : Le comité de développement sanitaire de Médina Baye salue l’initiative Taaral Sougnouy Poste de Santé

Ce samedi, les acteurs de la santé, les mouvements associatifs, les services étatiques et les collectivités territoriales de la ville de Kaolack ont vécu un moment fort avec le lancement officiel de l’initiative “Taaral Sougnouy Poste de Santé”, un projet citoyen et communautaire visant à améliorer l’accès aux soins de santé de base. À Médina Baye, cette initiative a été chaleureusement saluée par le comité de développement sanitaire du centre de santé secondaire Cheikh Ahmad Dame Ibrahima Niasse.

Un projet communautaire

« Le projet Taaral Sougnouy Poste de Santé est né d’un constat partagé : le besoin urgent de renforcer les infrastructures sanitaires et de rapprocher les soins des populations, notamment les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées. Grâce à la mobilisation des fils de la localité, appuyés par des partenaires techniques et financiers, des actions concrètes sont mises en œuvre pour équiper et réhabiliter les postes de santé, tout en misant sur le reboisement et l’assainissement », a expliqué Alpha Aliou Niasse, trésorier général du centre de santé secondaire Cheikh Ahmad Dame Ibrahima Niasse de Médina Baye.

Les défis quotidiens dans les postes de santé

Malgré leur rôle crucial comme première porte d’entrée dans le système sanitaire, les postes de santé de Kaolack font face à de nombreux défis.

Les inondations : les fortes pluies qui se sont abattues récemment ont paralysé plusieurs structures. Le poste de santé de Tabangoye, par exemple, a vu ses salles d’attente envahies par les eaux et du matériel médical endommagé. Le manque de personnel qualifié : la plupart des postes de santé ne disposent que d’un infirmier chef de poste (ICP) et parfois d’une sage-femme. En cas d’urgence, l’absence de médecins complique la prise en charge et oblige souvent les patients à être référés vers des hôpitaux plus éloignés. L’insuffisance d’infrastructures et de matériel : les salles de soins sont souvent exigües, mal équipées et inadaptées à la demande croissante des populations.

Un espoir pour les communautés

Pour Aliou Niasse, la santé reste le socle du bien-être :

« Avec Taaral Sougnouy Poste de Santé, nous voulons donner à notre communauté les moyens de se soigner dignement et de prévenir les maladies. »

Cette initiative marque ainsi un pas important vers un système de santé de proximité plus résilient et adapté aux besoins des populations de Kaolack.

Kaolack : Lancement de l’initiative Taaral Sougnouy Poste de Santé à travers le reboisement et l’assainissement

Dans de nombreuses localités, les postes de santé constituent le premier recours des populations en matière de soins. Cependant, ces infrastructures souffrent souvent d’un environnement dégradé, marqué par la chaleur, le manque d’ombre et l’absence d’espaces verts.

C’est dans ce contexte qu’est née l’initiative « Taaral Sougnouy Poste de Santé », axée sur le reboisement, l’assainissement et l’embellissement. Une action citoyenne et communautaire visant à verdir et à améliorer le cadre de vie des structures sanitaires. Le lancement officiel a eu lieu ce samedi 23 août 2025 au poste de santé de Tabangoye, dans la commune de Kaolack.

« Suite à un constat, nous avons noté que les postes de santé sont parfois plus malades que les patients. C’est pourquoi l’ensemble des structures sanitaires de Kaolack – au total 31 – ont décidé d’organiser ces 48 heures d’activités. Elles ont démarré vendredi avec une campagne de vaccination contre le virus du papillome humain (HPV), afin de prévenir les cancers du col de l’utérus chez les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans. Aujourd’hui, nous avons consacré la journée au nettoiement, au reboisement, à l’embellissement et à la sensibilisation des populations pour qu’elles s’impliquent davantage dans cette initiative », a déclaré Cheikh Tidiane Sarr, président du comité de développement sanitaire de Sam, porte-parole du jour des CDS de Kaolack.

Selon lui, cette initiative vient à son heure, car les structures sanitaires produisent quotidiennement beaucoup de déchets dont l’évacuation pose problème. « Notre objectif principal est de promouvoir la santé. Mais vous n’êtes pas sans savoir que les postes de santé font face à de nombreux défis qui freinent leur fonctionnement. Nous demandons à l’État d’être à notre écoute, de soutenir les comités de développement sanitaire et d’accompagner les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de leurs décisions. Il faut également recruter les agents de santé qui, pour le moment, travaillent dans le bénévolat, afin que la pyramide sanitaire soit respectée », a-t-il plaidé.

Au nom de la commune de Kaolack, la représentante du maire, Mme Yaye Astou Sarr, chargée de la formation professionnelle, a réaffirmé l’engagement de la municipalité :

« La santé est une compétence transférée aux collectivités territoriales. C’est pourquoi le maire, Serigne Mboup, a très tôt compris qu’il devait accompagner les postes de santé de sa commune. Nous avons mis en place des moyens pour soutenir les populations dans leurs actions quotidiennes, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, du sport et de l’éclairage des 19 postes de santé. Bientôt, la sécurité sera renforcée grâce à notre partenariat avec la direction des Agents de Sécurité de Proximité (ASP). Concernant la réhabilitation, dix postes de santé, dont celui de Tabangoye, ont déjà été rénovés. »

Répondant aux doléances des habitants de Tabangoye, elle a assuré que la mairie travaillera à trouver des solutions concrètes aux problèmes soulevés, notamment le logement de la sage-femme et la sécurité du poste de santé.

Gambie : Y’en a Marre exige la libération de Killa Ace et de 19 militants arrêtés

Le mouvement citoyen sénégalais Y’en a Marre a réagi, ce vendredi 22 août 2025, à l’arrestation en Gambie de son camarade Killa Ace, leader du collectif Gom Sa Boppa, ainsi que de 19 autres militants. Ces derniers ont été interpellés alors qu’ils manifestaient contre ce qu’ils estiment être un « coût excessif » de l’internet dans le pays.

Dans un communiqué, Y’en a Marre a dénoncé ces arrestations et réclamé leur libération immédiate, rappelant que la manifestation pacifique est un droit fondamental garanti par les textes nationaux et internationaux.

« Nous exigeons la libération sans condition de Killa Ace et des 19 autres manifestants, et appelons les autorités gambiennes à garantir le droit fondamental de manifester », indique le mouvement.

Cette interpellation intervient dans un contexte où la question du coût et de l’accessibilité d’internet suscite de vives discussions en Gambie comme dans plusieurs pays de la sous-région, où les populations dénoncent régulièrement des tarifs jugés prohibitifs au regard du niveau de vie.

Point E : arrestation d’un suspect après un vol avec violence

Le Commissariat d’arrondissement du Point E a procédé, dans la nuit du 21 au 22 août 2025, à l’interpellation d’un individu soupçonné d’avoir participé à un vol avec violence commis en réunion, avec l’usage d’une moto et d’une arme blanche.

Les faits se sont produits le 22 août aux environs de 3h40 du matin. La victime, qui sortait de la boutique « Bonjour », située entre Soumbédioune et Magic Land, a été attaquée par deux individus. Les agresseurs, armés d’un couteau, l’ont blessée à la jambe avant de s’emparer de son téléphone portable, de 1 200 euros et de quelques billets en francs CFA.

Alertés, les enquêteurs du Commissariat du Point E ont recueilli la description du suspect, connu pour d’autres agressions commises sur la corniche. Une opération conjointe avec la brigade de recherches de la Médina a permis de localiser et d’arrêter l’un des présumés auteurs dans son quartier de la Gueule Tapée. L’homme a été trouvé porteur d’un couteau au moment de son interpellation.

Ziguinchor : arrestation discrète d’un porte-parole du MFDC

Une opération discrète de la gendarmerie nationale a conduit, il y a quelques jours à Ziguinchor, à l’interpellation de Hamidou Djiba, présenté comme le porte-parole de la section Mangoucourou du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).

Selon les informations rapportées par L’Observateur, l’arrestation a été réalisée sans tapage, loin des sirènes et des démonstrations de force. Connu dans la région et actif sur les réseaux sociaux, Hamidou Djiba s’était fait remarquer ces dernières années par ses prises de parole sur YouTube et d’autres plateformes, où il diffusait régulièrement des messages critiques à l’endroit des autorités.

Ses sorties médiatiques, jugées « provocatrices » par des sources sécuritaires citées par le journal, auraient motivé une surveillance rapprochée. « Il a commis des actes délictuels, usant d’un ton provocateur, tout en prétendant représenter les intérêts du mouvement séparatiste », a confié une source proche du dossier.

Toujours selon L’Observateur, des dispositions ont été prises pour transférer Hamidou Djiba à la Section de recherches de Colobane, à Dakar. Cette étape vise à approfondir les investigations afin d’éclairer les motivations et les éventuels réseaux de l’homme, présenté comme un relais du MFDC.

Si les motifs officiels de son arrestation n’ont pas encore été rendus publics, certaines hypothèses avancées évoquent une possible « atteinte à la sécurité nationale ».

Point E : Trois hommes arrêtés pour actes sexuels présumés sur une plage

Une affaire pour le moins troublante secoue le quartier du Point E. Trois individus ont été interpellés par les agents du commissariat d’arrondissement après avoir été accusés de s’adonner à des actes sexuels sur une plage du secteur.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les suspects auraient été surpris par des témoins en train d’échanger des attouchements dans l’eau. La scène aurait attiré l’attention de plusieurs personnes présentes sur les lieux, ce qui a conduit à l’intervention des forces de l’ordre. Avant leur arrivée, l’un des mis en cause a été pris à partie par des badauds et violemment agressé. Blessé au bras, il a dû être évacué à l’hôpital où une fracture a été diagnostiquée. Il a ensuite reçu les soins nécessaires.

Conduits au commissariat, les trois hommes ont été entendus en présence de deux témoins oculaires. Ces derniers affirment que les suspects fréquentaient régulièrement la plage et étaient surveillés depuis quelque temps. Ils soutiennent également avoir assisté directement à des actes sexuels ce jour-là.

Lors de son audition, l’un des interpellés a reconnu les faits, tout en précisant qu’il se trouvait uniquement avec un ami et qu’il n’avait aucun lien avec le troisième individu arrêté. Les témoins, de leur côté, maintiennent que les trois hommes étaient impliqués.

Kaolack – Médina Baye / Montée des actes délictueux à quelques jours du Gamou

À l’approche du Gamou, la cité religieuse de Médina Baye, réputée pour son attractivité spirituelle, est confrontée à une inquiétante recrudescence d’activités illicites. Plusieurs habitants dénoncent la présence de bandes organisées et de consommateurs de chanvre indien, semant l’insécurité et troublant l’ordre public, notamment par des vols au niveau des arrêts de vélo-taxi.

« La nuit, il est devenu difficile de circuler librement. On assiste à des attroupements de jeunes garçons et filles qui consomment du chanvre indien au vu et au su de tout le monde », témoigne Ahmadou Fall, commerçant installé au rond-point Cheikh Al Islam.

D’autres habitants relèvent la prolifération de petits groupes assimilés à des associations de malfaiteurs. Ces derniers profiteraient de l’affluence liée aux préparatifs du Gamou pour commettre des agressions et des vols.

À Médina Baye, haut lieu religieux et culturel de Kaolack, les habitudes vestimentaires des jeunes filles suscitent aujourd’hui débats et controverses. Dans les rues animées, de plus en plus d’adolescentes âgées de 12 à 14 ans arborent des tenues jugées « indécentes » par certains habitants : pantalons moulants, tops courts ou encore vêtements occidentalisés, en rupture avec la sobriété traditionnelle longtemps associée à la cité.

« Nous sommes dans une ville religieuse. Ici, l’habit est un signe de respect. Quand on voit ces nouvelles générations s’habiller ainsi, cela nous choque », confie Astou Cissé, élève dans une école franco-arabe, rencontrée lors de notre promenade.

Ce phénomène reflète un choc entre valeurs culturelles, foi religieuse et modernité, qui transforme progressivement l’image de cette cité spirituelle, souligne Cheikh Ousmane Ndiaye, habitant de Médina Baye croisé aux abords de la route menant à Thioffack.

Le Gamou, célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL), attire chaque année des dizaines de milliers de fidèles venus du Sénégal et de l’étranger. Médina Baye, foyer majeur de la tidjaniya, est censée incarner paix, spiritualité et hospitalité. Mais pour de nombreux fidèles, la présence d’individus malintentionnés ternit l’image de la cité.

Face à cette situation, les populations appellent les autorités à intensifier les patrouilles et à dissuader les malfaiteurs qui « salissent l’image de la ville de Mame Baye Niasse ». Elles suggèrent également la mise en place de comités de vigilance locaux en collaboration avec les forces de l’ordre, afin de préserver la quiétude et la réputation de Médina Baye à l’occasion du Gamou.

Bonne gouvernance : la société civile outille ses membres sur les principes de la transparence de l’action publique

Dans un contexte marqué par l’examen de quatre projets de loi relatifs à la transparence, à la redevabilité et à la lutte contre la corruption à l’Assemblée nationale, la société civile sénégalaise intensifie ses efforts pour renforcer les capacités de ses membres. Le Consortium des organisations de la société civile (OSC), regroupées au sein du Comité national du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), a ainsi tenu ce vendredi 22 août, à Dakar, un atelier consacré à la formation sur les valeurs et mécanismes du PGO, mais également sur le système de suivi-évaluation et de notation des critères d’éligibilité.

Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, a expliqué l’importance de cette rencontre. Selon lui, l’objectif est non seulement de partager les principes et valeurs du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, mais aussi de permettre aux acteurs de mieux comprendre les outils de suivi et d’évaluation qui conditionnent l’éligibilité du Sénégal dans cette initiative. « Nous sommes réunis ici en tant que communauté de la société civile PGO pour discuter et renforcer nos capacités sur les valeurs et principes du PGO, mais également pour comprendre comment fonctionnent les mécanismes de suivi, d’évaluation et de notation des critères d’éligibilité », a-t-il déclaré.

Lancé en 2011, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO), ou Open Government Partnership (OGP), est une initiative multilatérale visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité et l’usage des outils numériques dans l’action publique. Le Sénégal y a adhéré en 2018 et en est à son deuxième plan d’action nationale, qui prendra fin en décembre prochain. Ce processus engage l’État et ses partenaires à travailler ensemble pour favoriser une gouvernance plus ouverte et inclusive.

La tenue de l’atelier coïncide avec une période particulièrement cruciale pour le pays, alors que l’Assemblée nationale est en session extraordinaire pour examiner plusieurs projets de loi stratégiques liés à la gouvernance. Pour Alfred Bulakali, cette conjoncture est un signe encourageant. « Tous ces signaux me font dire que nous tenons cet atelier dans un contexte très particulier d’espoir et de satisfaction, car notre plaidoyer en tant que société civile est en train de se concrétiser », s’est-il réjoui, rappelant que la mission de la société civile ne se limite pas à la critique, mais consiste également à formuler des propositions concrètes.

Il a par ailleurs insisté sur le rôle essentiel que devront jouer les organisations citoyennes une fois les réformes adoptées. Leur mission sera de vulgariser ces lois, de veiller à leur mise en œuvre effective et d’accompagner les institutions dans l’appropriation des nouvelles règles par les citoyens. « Demain, lorsque ces lois seront votées, nous devrons jouer un rôle central pour que les institutions étatiques, les citoyens et toutes les parties prenantes puissent se les approprier, afin que l’objectif ultime de transparence, de bonne gouvernance et de participation citoyenne soit atteint », a-t-il conclu.

Sénégal : le NFFA engage une démarche auprès des missions diplomatiques pour dénoncer les “dérives du régime”

Le Nouveau Front Force Alternative (NFFA) a intensifié son action politique en se rendant, ce vendredi 22 août, au domicile de Badara Gadiaga, arrêté récemment dans des conditions que le mouvement juge « arbitraires et contraires aux normes fondamentales de l’État de droit ». À travers ce geste, ses membres ont tenu à exprimer leur solidarité et leur soutien indéfectible à la famille de l’activiste.

Dans une déclaration rendue publique à cette occasion, le NFFA a fermement dénoncé l’arrestation et la détention de Badara Gadiaga, ainsi que celles « d’autres citoyens dont le seul tort est d’exprimer librement leurs opinions politiques ». Selon le mouvement, de tels actes constituent une « violation grave et répétée des instruments juridiques contraignants », aussi bien au plan national qu’international.

Le NFFA a réaffirmé son engagement à demeurer aux côtés de toutes les forces démocratiques du pays, en militant pour la « libération immédiate et sans condition de M. Badara Gadiaga et de tous les détenus politiques ». Le mouvement entend transformer cette affaire en levier de mobilisation, estimant qu’il est de son devoir de défendre les libertés fondamentales menacées.

Dans cette dynamique, le NFFA a annoncé qu’à partir de ce lundi, il entamera une « démarche officielle auprès de l’ensemble des représentations diplomatiques présentes à Dakar ». Cette initiative consistera à adresser des lettres de dénonciation documentées, visant à attirer l’attention de la communauté internationale sur ce que le mouvement qualifie de « dérives autoritaires du régime actuel », jugées préoccupantes pour l’avenir démocratique du Sénégal.

Le NFFA met en garde contre les atteintes croissantes aux libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression et la liberté de la presse. Ces restrictions, selon lui, menacent non seulement la stabilité démocratique du pays mais également la paix sociale et la cohésion nationale, dans une sous-région déjà fragilisée par des crises multiples.

Réaffirmant sa détermination à rester vigilant et mobilisé, le Nouveau Front Force Alternative se positionne comme un acteur central dans la défense des droits humains et de l’État de droit. Pour ses responsables, il est impératif de préserver le modèle démocratique sénégalais, longtemps cité en exemple sur le continent africain et au-delà.

Inondations à Podor : lourdes pertes de bétail et dégâts matériels à Ouro Alseyni et Tatki

De violentes pluies se sont abattues dans la nuit de mercredi à jeudi sur le département de Podor, provoquant des inondations dévastatrices dans plusieurs villages, notamment à Ouro Alseyni et à Tatki. Ces intempéries ont causé de lourdes pertes, avec au moins 70 têtes de bétail emportées par les eaux, selon des habitants interrogés par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Les populations touchées décrivent une situation dramatique. Le bétail, principale richesse des ménages, a été décimé en quelques heures, plongeant plusieurs familles dans une grande détresse. Les villageois affirment qu’une évaluation globale des pertes est toujours en cours, mais les premiers constats révèlent déjà une ampleur exceptionnelle des dégâts.

Au-delà des pertes animales, les infrastructures sociales n’ont pas été épargnées. À Tatki, plusieurs salles de classe ont vu leur toiture gravement endommagée, compromettant la reprise des cours à l’approche de la rentrée scolaire. Le mur de clôture d’une école s’est également effondré sous la pression des eaux, rendant l’établissement encore plus vulnérable.

Amadou Thiam, habitant de Fanaye – la commune dont relèvent Ouro Alseyni et Tatki – a confirmé l’ampleur des dégâts matériels et exprimé l’inquiétude des populations face aux conséquences à long terme. Ces villages, déjà fragiles sur le plan économique, voient ainsi leurs maigres ressources anéanties par les intempéries.

Les habitants lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires pour venir en aide aux sinistrés. Entre pertes de bétail, effondrement d’infrastructures scolaires et destruction de biens, les villages d’Ouro Alseyni et de Tatki font aujourd’hui face à une urgence humanitaire qui exige une intervention rapide et coordonnée.

Sanctions contre des juges de la CPI : La CNDH du Sénégal exprime son soutien à Mame Mandiaye Niang

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) du Sénégal a réagi aux récentes sanctions prises à l’encontre de magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI), parmi lesquels figure le Sénégalais Mame Mandiaye Niang, éminent magistrat reconnu pour son engagement au service de la justice internationale.

Dans un communiqué rendu public, la CNDH indique suivre « avec une attention particulière » ces développements, tout en réaffirmant son attachement indéfectible aux principes de l’État de droit, de la justice indépendante et du respect du droit international.

L’institution nationale des droits humains rappelle que l’indépendance et l’impartialité des juridictions internationales constituent des piliers essentiels pour garantir l’accès universel à la justice, lutter contre l’impunité et protéger les droits fondamentaux.

Elle souligne que toute mesure de pression ou de sanction visant à entraver l’exercice libre des fonctions judiciaires s’oppose aux valeurs universelles de justice, telles que consacrées par la Charte des Nations Unies, le Statut de Rome et l’ensemble des instruments internationaux auxquels le Sénégal a souscrit.

La CNDH exprime par ailleurs son soutien ferme à Mame Mandiaye Niang, ainsi qu’à tous les magistrats et acteurs engagés pour une justice équitable, indépendante et respectueuse des droits humains.

« La protection de l’intégrité et de l’indépendance des juges internationaux est une condition indispensable au bon fonctionnement de la justice pénale internationale », insiste la Commission.

Golf : un escroc de la location fictive arrêté après plusieurs plaintes

Le commissariat d’arrondissement de Golf a mis la main sur un individu soupçonné d’avoir orchestré une vaste escroquerie à la location de chambres. Quatre victimes ont déjà porté plainte contre lui, pour un préjudice estimé à 660 000 FCFA.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le mis en cause opérait selon un mode opératoire bien rôdé. Il proposait à ses cibles la location d’une chambre dans son domicile, exigeait le paiement d’un loyer mensuel fixé à 60 000 FCFA, assorti de deux à trois mois de caution, avant de disparaître aussitôt après avoir encaissé l’argent. Les victimes, une fois dupées, se voyaient refuser l’accès aux lieux qu’elles pensaient avoir loués.

Alertées, les forces de l’ordre ont procédé à son interpellation. Le suspect a été placé en garde à vue et une enquête est en cours afin de déterminer l’étendue de ses agissements et d’identifier d’éventuelles autres victimes.

Affaire des armements : la DIC fait tomber trois figures clés dans un scandale de 45 milliards

Un nouveau tournant majeur vient d’être franchi dans l’affaire du marché d’armement estimé à 45 milliards de Fcfa. La Division des investigations criminelles (DIC) a interpellé trois personnalités de premier plan : A. Loum, M. Seck et M. W. Sy. Ces arrestations, menées dans la plus grande discrétion, ont été suivies de leur présentation ce jeudi au Pool judiciaire, après une garde à vue de 48 heures.

Cette procédure découle directement d’un rapport explosif de la Centif, qui met en lumière un vaste système de rétrocommissions et de mouvements financiers suspects. Le principal protagoniste, Boubacar Hima dit “Petit Boubé”, est présenté comme l’architecte de ce montage financier à travers sa société Technologie Service International (TSI), installée à Fann Résidence, dans l’immeuble « Océan ».

Selon les investigations, “Petit Boubé” avait quitté précipitamment le pays dès le lendemain de l’élection présidentielle de mars 2024, laissant derrière lui un réseau complexe de sociétés-écrans et de comptes bancaires actifs.

3,09 milliards de Fcfa transférés des sociétés Lavie Commercial Brokers Suarl et Eurocockpit vers TSI. Des mises à disposition en liquide : 85 millions, 150 millions, puis 185 millions de Fcfa retirés par Alassane Loum et d’autres intermédiaires. Un encaissement direct de 565,5 millions de Fcfa par “Petit Boubé” après un contrat signé avec le ministère de l’Environnement.

Une partie substantielle de ces fonds a ensuite été dispersée à l’étranger via virements et transferts en devises, sous couvert de l’exécution d’un contrat classé “Secret défense”. Mais les justifications apportées par “Petit Boubé” sur le dédouanement de conteneurs se sont révélées fausses.

Pour la Centif, ces flux financiers atypiques — retraits massifs en espèces, virements hors du pays, utilisation de sociétés-écrans — ne laissent guère de place au doute : il s’agirait de paiements de pots-de-vin en marge de l’attribution du marché.

L’enquête pointe également un mystérieux intermédiaire basé à Dubaï, présenté comme l’employeur de M. Seck. Selon les enquêteurs, certains retraits effectués au Sénégal auraient été remis en liquide à Dubaï via le système informel de transfert « Hawala », renforçant les soupçons d’un vaste réseau de blanchiment.

Face à la gravité des faits, deux informations judiciaires distinctes ont été confiées aux juges des premier et troisième cabinets financiers. Le parquet financier, qui suit ce dossier de près, entend remonter toute la chaîne de responsabilité, depuis les bénéficiaires directs des retraits jusqu’aux éventuels commanditaires logés à l’étranger.

Avec l’arrestation des trois suspects et la traque toujours en cours de “Petit Boubé”, l’affaire des 45 milliards de Fcfa prend une tournure explosive. Elle met en lumière non seulement les dérives liées aux marchés d’armement et aux contrats publics sensibles, mais aussi l’ampleur des circuits parallèles de financement mêlant réseaux locaux et relais internationaux.

Treize mois sans salaire : les contractuels de la SONAGED à bout de souffle

La colère monte chez une trentaine d’ingénieurs et techniciens recrutés dans le cadre du programme gouvernemental « Xëyu Ndaw Ñi ». Affectés à la Direction générale de l’urbanisme et de l’architecture (DGUA), ces agents contractuels de la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED) disent vivre un véritable calvaire : treize mois d’arriérés de salaire.

Engagés en mars 2022, les 31 contractuels affirment avoir perçu régulièrement leurs rémunérations pendant deux ans. Mais depuis juillet 2024, plus aucun salaire ne leur a été versé. Une situation qui plonge ces jeunes diplômés, dont plusieurs ingénieurs et techniciens supérieurs, dans une précarité extrême.

« Nous ne savons plus comment tenir »

Le collectif des agents, dirigé par Omar Dramé, pointe directement la SONAGED, responsable de leur prise en charge. Selon lui, les conséquences sont désastreuses :

loyers et factures impayés, dettes contractées auprès de proches et banques, enfants déscolarisés faute de moyens, détresse psychologique grandissante.

« Nous avons servi avec sérieux et engagement. Aujourd’hui, nous ne savons plus comment tenir sans salaire depuis plus d’un an », confie un membre du collectif.

Malgré des courriers, relances et rencontres avec des responsables administratifs, aucune solution concrète n’a été apportée. « Nous avons frappé à toutes les portes, mais rien ne bouge », regrette le coordonnateur du collectif.

Face au silence des autorités, les contractuels envisagent désormais des actions plus dures. Ils annoncent un calendrier de mobilisations, qui pourrait inclure :

des marches pacifiques, voire une grève de la faim pour attirer l’attention de l’opinion et des décideurs.

Mort de François Mancabou : l’enquête s’accélère avec de nouvelles auditions

Le dossier sensible de la mort de François Mancabou, ex-membre supposé de la « Force spéciale », continue de livrer ses secrets au compte-gouttes. Plus de deux ans après les faits survenus en juillet 2022, le juge du 2ᵉ cabinet judiciaire poursuit méthodiquement ses investigations, déterminé à faire toute la lumière sur une affaire qui défraie toujours la chronique.

Après les auditions de trois policiers de la Sûreté urbaine (SU) déjà entendus dans le cadre de cette instruction, le magistrat instructeur a convoqué un quatrième agent, également en poste à la SU au moment des événements. Cette nouvelle audition élargit le cercle des enquêteurs placés face à la justice et ramène au premier plan la question des conditions de détention de François Mancabou, décédé après son interpellation lors de la vague d’arrestations visant le groupe dit de la « Force spéciale ».

La véritable surprise est toutefois venue de l’audition d’un témoin jugé « extérieur » au dossier. Contrairement aux précédents témoins, il ne faisait pas partie du cercle proche de Mancabou ni du groupe placé sous surveillance policière. Il avait été convoqué à la Sûreté urbaine, le jour des faits, pour une affaire privée. Sa présence fortuite dans les locaux du commissariat, au moment crucial, pourrait apporter un regard indépendant et inédit sur ce qui s’est déroulé à l’intérieur.

Cybercriminalité : Un plombier de 34 ans déféré pour diffamation contre un guide religieux et une dahira

Âgé de 34 ans et se présentant comme plombier, Seydina Laye Diène a été déféré au parquet par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Selon les informations rapportées par Libération, il est poursuivi pour diffamation, propos contraires aux bonnes mœurs et insultes publiques visant un groupe religieux.

Les enquêteurs reprochent au mis en cause d’avoir utilisé plusieurs comptes anonymes sur les réseaux sociaux pour cibler Serigne Idrissa Thiaw ainsi que la dahira « Akh-lou Lahi » de Cambérène. D’après la même source, les publications incriminées contenaient des accusations graves et sans fondement, alimentant une campagne de dénigrement orchestrée sur la toile.

Dans ses messages, Seydina Laye Diène aurait insinué que la dahira bénéficiait de financements occultes provenant de lobbies LGBT. Poussant plus loin la provocation, il a accusé Serigne Idrissa Thiaw d’être indirectement responsable du décès du défunt Chérif Ousseynou Lahi, à travers des supposées pratiques mystiques.

Ces propos, jugés particulièrement offensants et attentatoires à l’honneur des personnes visées, ont suscité une forte indignation au sein de la communauté religieuse. Une plainte a alors été déposée, conduisant à l’interpellation du mis en cause et à son déferrement devant la justice.

Kaolack – Le CISEI plaide pour une réforme ‘’inclusive et persévérante’’ du Code du travail

Le Cadre intersyndical sectoriel de l’économie informelle (CISEI) a tenu, ce jeudi 21 août 2025, un point de presse à Kaolack pour se prononcer sur la situation des travailleurs de l’économie informelle. Sa coordonnatrice, Mariama Mbodji Diallo, a plaidé pour une réforme ‘’ambitieuse et inclusive’’ du Code du travail, afin de mieux prendre en compte les spécificités de ce secteur.

« Nous plaidons pour une réforme ambitieuse et inclusive du Code du travail, qui doit reconnaître les spécificités des relations de travail dans l’informel. Le Code actuel, conçu pour le secteur formel, ne répond pas à la réalité de l’économie informelle », a-t-elle déclaré lors de la rencontre organisée sur le thème : « Réforme du Code du travail : intégrer les travailleuses et travailleurs de l’économie informelle ».

Mme Diallo a souligné que cette ‘’exclusion juridique’’ du secteur informel empêche ‘’des millions de personnes’’ d’accéder à leurs droits fondamentaux et freine leur intégration dans le tissu socio-économique national.

« Cette conférence de presse se tient à un moment crucial pour l’avenir du travail au Sénégal. Aujourd’hui, nous, membres du CISEI, voulons faire entendre la voix des millions de Sénégalaises et Sénégalais qui œuvrent chaque jour dans l’économie informelle », a-t-elle lancé.

Selon elle, près de 90 % des emplois se trouvent dans ce secteur ‘’vital’’ pour le Sénégal, puisqu’il contribue à plus de 40 % du produit intérieur brut (PIB). L’économie informelle représente une source de revenus essentielle pour les jeunes, les femmes et les familles, mais reste ‘’largement absente’’ du cadre juridique national.

Mme Diallo a rappelé qu’aujourd’hui, la majorité des travailleuses et travailleurs informels évolue sans contrat, sans droits et sans protection sociale, dans une précarité quotidienne. Plus de 80 % d’entre eux ne bénéficient d’aucune couverture sociale, ce qui les expose à des risques économiques, professionnels et sanitaires considérables.

garantisse l’accès à une protection sociale adaptée, avec des mécanismes de cotisation proportionnés à la capacité des travailleurs et des unités de production informelles ; assure des conditions de travail décentes, incluant la sécurité, l’encadrement des horaires et une rémunération juste.

La coordonnatrice du CISEI a également insisté sur la nécessité de promouvoir l’égalité de genre, en luttant contre la précarité et les inégalités qui frappent particulièrement les femmes, et de renforcer la confiance entre les travailleurs informels et les institutions.

simplifier les procédures administratives et fiscales ; créer des zones économiques dédiées avec des infrastructures adaptées ; instaurer un cadre de dialogue social spécifique et permanent avec les acteurs de l’informel ; mieux coordonner les actions des ministères, syndicats et partenaires techniques et financiers.

Selon Mme Diallo, ces mesures s’inscrivent dans la Vision Sénégal 2050, la Stratégie nationale de protection sociale, les Objectifs de développement durable (ODD) ainsi que la recommandation de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui propose une feuille de route claire pour la transition vers l’économie formelle.

UCAD : Sortie d’une promotion historique de 25 spécialistes ORL, un pas vers la souveraineté sanitaire

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a célébré un événement inédit avec la sortie de 25 nouveaux médecins spécialistes en oto-rhino-laryngologie (ORL), issus de cinq nationalités. Une première qui vient renforcer un domaine médical encore largement sous-doté au Sénégal.

Le parrain de la cérémonie, le Dr Fallou Niang, Directeur du Centre hospitalier régional de Kolda, a salué “l’aboutissement de douze années d’efforts acharnés” et rendu hommage aux enseignants, encadreurs et autorités de tutelle. Pour lui, cette promotion est “porteuse d’espoir” et constitue une réponse concrète au déficit criant de spécialistes dans plusieurs régions du pays.

Le Sénégal ne compte actuellement qu’une centaine de médecins ORL, dont près de 80% exercent à Dakar et Thiès. Cette concentration prive de vastes zones de toute prise en charge spécialisée. Le Dr Niang a dénoncé cette iniquité et plaidé pour une répartition équitable des nouveaux diplômés :

“Il n’est pas concevable que des patients quittent les régions pour venir à la capitale. C’est le moment de bâtir une véritable souveraineté sanitaire.”

Au-delà de la démographie médicale, le message du parrain a porté sur la nécessité d’une politique nationale de lutte contre la surdité. Avec une prévalence estimée entre 6 et 8% de la population, la perte auditive constitue un problème majeur de santé publique.

“Chaque enfant doit bénéficier d’un dépistage avant trois ans, afin de recevoir une aide auditive, une chirurgie ou une rééducation adaptée.”

Il a ainsi appelé à la mise en place d’un programme national impliquant ORL, pédiatres, gynécologues et autorités sanitaires, pour coordonner la prévention, le diagnostic et la prise en charge de la surdité.

Une mission pour les jeunes spécialistes

En parrain de cette promotion, le Dr Niang a exhorté les 25 nouveaux ORL à s’engager résolument dans cette mission de santé publique.

“Ces 25 ORL représentent plus qu’une promotion académique : ils incarnent l’avenir d’un Sénégal qui refuse que la surdité condamne ses enfants au silence et qui veut une santé de proximité, équitable et souveraine.”

Arabie saoudite : À 11 ans, le Sénégalais Alioune Badara Diagne décroche la 3ᵉ place au concours international de mémorisation du Coran

Un jeune Sénégalais vient d’honorer son pays au plus haut niveau. Alioune Badara Diagne, âgé de seulement 11 ans, a décroché la 3ᵉ place lors du prestigieux concours international de mémorisation du Saint Coran, tenu à La Mecque, en Arabie saoudite.

Ce concours, qui a réuni 128 participants venus des quatre coins du monde, est l’une des compétitions les plus réputées dans le domaine de la mémorisation et de la récitation du Coran. Dans cet arène d’excellence religieuse et spirituelle, le jeune Alioune a su tirer son épingle du jeu grâce à sa maîtrise impressionnante du Livre saint.

À seulement 11 ans, Alioune Badara Diagne fait preuve d’une maturité et d’un engagement remarquables dans l’apprentissage du Coran. Sa performance témoigne de la rigueur de son éducation religieuse, mais aussi de la discipline et du soutien de ses enseignants et de sa famille.

Pour de nombreux observateurs, cette distinction dépasse l’exploit individuel et constitue une grande fierté nationale. Elle illustre la qualité des écoles coraniques sénégalaises et la place du pays dans la promotion de l’islam à l’échelle internationale.

Le parcours d’Alioune Badara Diagne vient rappeler aux jeunes Sénégalais l’importance de l’effort, de la persévérance et de la quête de l’excellence dans tous les domaines, religieux comme profane. Son succès est appelé à inspirer une nouvelle génération d’élèves et d’étudiants engagés dans la voie du savoir et de la spiritualité.

Le Sénégal, souvent distingué pour la qualité de ses érudits et la ferveur de sa tradition religieuse, peut s’enorgueillir d’avoir vu l’un de ses fils briller dans une compétition internationale aussi exigeante.

Affaire Arcelor Mittal–État du Sénégal : l’accord secret qui refait surface

Derrière le vernis des signatures officielles et le langage feutré des clauses juridiques, l’affaire Arcelor Mittal–État du Sénégal continue de révéler ses zones d’ombre. Selon des révélations exclusives de L’Observateur, l’accord transactionnel conclu en 2014, censé mettre un terme définitif au litige autour du fer de la Falémé, défie aujourd’hui les règles de transparence et interpelle la justice sénégalaise.

Tout remonte à 2007. Cette année-là, l’État du Sénégal et le géant mondial de la sidérurgie signent plusieurs accords pour l’exploitation du gisement de fer de la Falémé, dans le Sud-Est du pays. Mais rapidement, le projet s’essouffle. Arcelor Mittal se retire, évoquant des coûts prohibitifs et des réserves jugées insuffisantes. Dakar engage alors une bataille judiciaire devant un tribunal arbitral international.

En 2013, les arbitres constatent le manquement du groupe, sans pour autant fixer immédiatement le montant des compensations. C’est dans ce climat de bras de fer juridique qu’émerge, le 30 mai 2014, un « Accord transactionnel », signé par Aly Ngouille Ndiaye, alors ministre de l’Industrie et des Mines, et validé par Amadou Bâ, ministre de l’Économie et des Finances. Mais loin de solder le contentieux, ce document soulève aujourd’hui de lourdes interrogations.

150 millions de dollars… logés à Paris

140 millions au titre de dommages et intérêts ; 10 millions pour couvrir les frais d’arbitrage.

Mais au lieu d’être versés dans les caisses du Trésor public sénégalais, ces fonds ont été logés dans un compte ouvert à la Carpa (Caisse des règlements pécuniaires des avocats) du barreau de Paris, hébergé chez BNP Paribas et géré par l’avocat français François Meyer. Tout paiement n’était jugé effectif qu’après confirmation par ce compte unique, établi hors du territoire national.

Un schéma qui surprend plus d’un analyste : comment expliquer qu’un litige impliquant un État souverain se règle par un virement bancaire en France, échappant totalement aux circuits financiers nationaux ?

Une confidentialité verrouillée pendant dix ans

Autre élément troublant : la clause de confidentialité qui liait les deux parties. Pendant dix ans, il était interdit de révéler le contenu de l’accord, sauf contrainte légale. Autrement dit, un document signé à Dakar mais soumis au droit français est resté hors d’atteinte de l’opinion publique et même d’une grande partie de l’appareil d’État.

Pire, en cas de différend ultérieur, le Sénégal avait accepté que la Chambre de commerce internationale de Paris soit seule compétente pour trancher, écartant de fait sa propre justice nationale.

Des signatures qui posent question

Les doutes s’accentuent lorsqu’on apprend que l’Agent judiciaire de l’État, Aïssé Gassama Tall, avait refusé de signer l’accord, le jugeant défavorable aux intérêts du Sénégal. Malgré cette opposition, le protocole a bien été finalisé. Reste alors une question centrale : qui a donné l’ordre de passer outre ce refus et de valider l’accord ?

C’est précisément ce que cherche aujourd’hui à éclairer la justice sénégalaise. Plusieurs personnalités de premier plan ont été convoquées, dont Aly Ngouille Ndiaye, Amadou Bâ et Birima Mangara, ministre du Budget à l’époque.

Diamaguène Sicap Mbao : une jeune fille piège son petit ami et le livre à des agresseurs armés

Le poste de police de Diamaguène Sicap Mbao a mis la main sur deux individus dans une affaire rocambolesque mêlant association de malfaiteurs, vol avec violence, usage de machettes et complicité. Selon le journal Libération, il s’agit d’Aissatou Ndour, âgée de 20 ans, et d’Abdou Sow, 19 ans.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 août 2025. D’après l’enquête, Aissatou Ndour, domiciliée à Niague, entretenait une relation amoureuse avec Djiby Ndiaye, habitant de Sicap Mbao et victime de l’agression. Sachant que ce dernier disposait d’une importante somme d’argent liquide, la jeune fille aurait monté un véritable guet-apens.

Aux environs d’une heure du matin, elle a prétexté vouloir sortir « acheter une cigarette » malgré les réticences de son compagnon. Sitôt dehors, une bande de cinq malfaiteurs armés de machettes a fait irruption dans la chambre de Djiby Ndiaye. Sur indication d’Aissatou Ndour, les agresseurs ont découvert la cachette de l’argent, frappé leur victime et l’ont dépouillée de 350.000 francs CFA ainsi que de trois téléphones portables d’une valeur estimée à 400.000 francs CFA.

Alertés par les cris, des voisins sont intervenus. Ils ont réussi à maîtriser Aissatou Ndour et Abdou Sow, l’un des présumés complices, avant d’alerter la police. La Brigade de recherches, dépêchée sur place, a récupéré deux machettes utilisées lors de l’attaque.

Badara Gadiaga : Derrière les barreaux, l’ascension d’une voix qui dérange

Dans un pays où la parole libre se heurte souvent aux lignes rouges du pouvoir, l’affaire Badara Gadiaga est devenue un symbole. Incarcéré depuis le 9 juillet 2025 à Reubeuss sous de lourdes accusations, le chroniqueur n’a paradoxalement jamais été aussi présent dans le débat public. Plus les barreaux se referment sur lui, plus son influence s’étend hors des murs de la prison, portée par un nombre croissant de soutiens politiques, religieux et citoyens.

Certes, Reubeuss retient son corps, mais son esprit reste libre. Connu pour son verbe tranchant et ses prises de position sans concession, Gadiaga a finalement été muselé par la justice. Le doyen des juges a retenu contre lui quatre chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, atteinte à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État, et soupçons de financement pour troubler l’ordre public. Il a depuis été transféré à la chambre 18 de la prison de Reubeuss.

Pourtant, derrière ces murs, son aura ne cesse de croître. Chaque semaine, des responsables politiques, des leaders religieux et des figures économiques se succèdent pour lui témoigner leur solidarité. Parmi les visiteurs récents figurent les anciens maires de Dakar, Khalifa Sall et Barthélémy Dias, la députée Aïssata Sall, l’homme d’affaires Thione Niang, ainsi que le député Tahirou Sarr, Thierno Bocoum et Amidou Hanne. La liste s’allonge si rapidement qu’une question s’impose : qui n’est pas encore allé voir Badara ?

La force de Gadiaga réside dans sa parole. Révélé par ses chroniques incisives, il s’est imposé avec un ton direct, parfois irrévérencieux, n’épargnant ni le pouvoir ni l’opposition. Puisant dans la tradition oratoire wolof, il a su séduire un public avide d’authenticité. Ancien cadre du Parti Rewmi, il a claqué la porte après seize ans aux côtés d’Idrissa Seck pour tracer sa propre voie.

Aujourd’hui, son incarcération met en lumière un paradoxe : en cherchant à l’étouffer, le pouvoir semble avoir amplifié sa voix. Loin d’affaiblir son aura, la prison l’a propulsé au centre du jeu politique. Pour beaucoup, Gadiaga n’est plus seulement un chroniqueur critique : il est devenu un acteur politique en devenir, que le régime actuel ne peut plus ignorer.

Kaolack – Éducation : Le COCEK dresse le bilan de l’année scolaire 2024-2025

Le Collectif des Chefs d’Établissement de Kaolack (COCEK) se veut un outil de veille et d’alerte, mais aussi un cadre d’accompagnement, de propositions, de partage de bonnes pratiques ainsi que de gestion du social et des conflits.

Structure partenaire de l’Inspection d’Académie (IA) et des Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF), le COCEK occupe une place clé dans le dispositif de pilotage de l’académie de Kaolack.

Le collectif regroupe l’ensemble des chefs d’établissement du moyen secondaire de la région (proviseurs, principaux, directeurs de BST et de CFP). Il est dirigé par un bureau élu en assemblée générale, avec à sa tête un président régional. Sur le plan organisationnel, il est structuré en secteurs correspondant aux IEF : Kaolack commune, Kaolack département, Guinguinéo et Nioro du Rip, chacun coordonné par un responsable.

Missions et rôles du COCEK

Conformément à ses objectifs généraux, le COCEK intervient notamment pour :

appuyer l’académie dans la formation initiale et continue des chefs d’établissement ; accompagner la mise en œuvre des cellules mixtes d’animation pédagogiques ; contribuer à la réalisation des PHARES (Programmes d’Amélioration des Rendements Scolaires) ; accompagner la formation des présidents de jury au BFEM ; soutenir la promotion du sport et du théâtre scolaire ; contribuer à la gestion du social dans les établissements ; appuyer la gestion du courrier et de la communication de l’IA ; représenter les chefs d’établissement dans différentes instances (CRFPE, CAOSP, comité de santé de l’IME, réunions de coordination de l’IA, etc.).

Bilan des performances scolaires

Pour l’année scolaire 2024-2025, plusieurs initiatives de l’IA de Kaolack et des IEF ont permis de maintenir, voire d’améliorer, les performances scolaires.

Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) : 2024 : 74,54 % d’admis dans la région contre 73,94 % au niveau national. 2025 : 81,53 % pour Kaolack, dépassant largement la moyenne nationale de 76,69 %. Baccalauréat : 2024 : 45,60 % pour Kaolack contre 50,50 % au niveau national. 2025 : 40,83 % pour Kaolack contre 47,62 % au niveau national. Cependant, les lycées publics de Kaolack ont réalisé une performance notable avec 51,57 % de réussite au Bac 2025, soit quatre points au-dessus du niveau national.

Perspectives pour 2025-2026

Le COCEK entend poursuivre son engagement aux côtés de l’Inspection d’Académie afin d’accompagner les réformes majeures initiées depuis l’arrivée du nouvel IA, en octobre 2024.

Jacque Diouf

Président du Collectif des Chefs d’Établissement de Kaolack (COCEK)

Affaire Arcelor Mittal : Aly Ngouille Ndiaye convoqué par le doyen des juges

Le contentieux entre l’État du Sénégal et le géant mondial de la sidérurgie Arcelor Mittal refait surface devant la justice. Selon le quotidien L’Observateur, le doyen des juges a ouvert ce mercredi le bal des auditions dans ce dossier sensible, en convoquant l’ancien ministre des Mines, Aly Ngouille Ndiaye.

L’ancien membre du gouvernement devra s’expliquer sur le protocole ayant conduit au paiement de 140 millions de dollars – soit plus de 78 milliards de francs CFA – dans le cadre du règlement à l’amiable du différend opposant Dakar à Arcelor Mittal. Ce montant, perçu à l’époque comme un succès diplomatique et économique pour l’État sénégalais, suscite aujourd’hui des interrogations sur la gestion et la destination finale des fonds.

Toujours selon la même source, deux autres figures de l’ancien régime de Macky Sall sont également dans le viseur de la justice :

Birima Mangara, ex-ministre du Budget, Amadou Bâ, ex-ministre de l’Économie et des Finances, devenu plus tard Premier ministre.

Leurs auditions devraient permettre d’éclaircir la traçabilité des fonds, notamment en ce qui concerne les signatures apposées et les circuits financiers empruntés.

L’affaire Arcelor Mittal, qui remonte à plus d’une décennie, avait marqué les débuts de Macky Sall à la tête du pays. Présenté comme un dossier « soldé » grâce à l’accord trouvé avec le groupe sidérurgique, il revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un parfum de scandale financier.

Litige foncier à Tivaouane Peul : El Hadji Dia Ousso contre-attaque et nie toute spoliation

Le contentieux foncier qui secoue Tivaouane Peul prend une nouvelle tournure. Accusé par la coopérative des enseignants d’être au cœur d’une vaste opération de spoliation, El Hadji Dia Ousso a tenu à apporter sa version des faits. Joint par PressAfrik, il a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, allant jusqu’à accuser ses détracteurs d’être les véritables responsables de la vente irrégulière des terrains en question.

Face aux accusations de “grand voleur” de terres, El Hadji Dia Ousso se défend fermement. Selon lui, il n’a “aucun problème avec la coopérative” dans son ensemble, mais estime que certains de ses responsables, notamment M. Ba et M. Thiam, ont joué un rôle central dans la cession illégale de ses parcelles. Il affirme avoir saisi la justice, laquelle lui aurait donné raison, avec à la clé une décision lui accordant plus d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

El Hadji Dia Ousso assure par ailleurs que la préfecture de Sangalkam a confirmé la validité de ses documents fonciers, contrairement à ceux produits par la coopérative. Malgré cette reconnaissance, il soutient que les enseignants ont poursuivi leurs constructions, poussant la DESCOS à intervenir pour mettre fin aux travaux jugés illégaux. Il accuse également ses adversaires de détenir de “faux papiers” et de procéder à la vente de parcelles initialement destinées à des espaces verts, des marchés ou encore des lieux de culte.

Au-delà du volet administratif et judiciaire, El Hadji Dia Ousso évoque aussi une escalade de violence. Il déclare que sa famille a été victime d’agressions physiques et que son véhicule a été détruit dans le cadre de ce conflit foncier. Il affirme toutefois rester confiant et se dit prêt à fournir toutes les preuves nécessaires pour démontrer sa qualité de propriétaire légitime des terrains contestés. “Je laisse le soin à la justice de trancher”, a-t-il insisté.

De leur côté, les enseignants regroupés au sein de la coopérative maintiennent leur position et promettent de poursuivre le combat pour la reconnaissance de ce qu’ils considèrent comme leurs droits fonciers légitimes. La tension reste donc vive à Tivaouane Peul, où l’issue de ce litige dépend désormais de l’intervention des autorités judiciaires et administratives pour départager les deux camps.

Blocus sur l’axe Carrefour Ndiaye–Kolda : les habitants de Sakar sonnent l’alerte sur leur pont délabré

La circulation a été fortement perturbée ce mardi matin sur l’axe Carrefour Ndiaye–Kolda, dans la région de Sédhiou, suite à un mouvement de protestation des habitants du village de Sakar. Les populations locales ont décidé de bloquer la route afin d’attirer l’attention des autorités sur la situation critique du pont qui dessert leur localité.

Selon les manifestants, l’ouvrage, situé à l’entrée du village, présente un état de dégradation avancée qui fait peser un risque majeur sur les usagers. “Ce pont constitue un danger permanent. Il peut céder à tout moment”, a alerté Ansoumana Danso, porte-parole du collectif des riverains.

Craignant un drame si rien n’est entrepris, les habitants exigent des mesures urgentes de la part des pouvoirs publics. Ils réclament la réhabilitation immédiate du pont afin de sécuriser la circulation et de protéger les vies humaines. “Nous demandons que ce pont soit réhabilité au plus vite pour éviter les accidents”, a insisté M. Danso, appelant les autorités administratives et locales à assumer leurs responsabilités.

Le blocus de ce mardi illustre l’exaspération d’une population qui dit avoir multiplié les alertes depuis plusieurs années, sans qu’aucune réponse concrète n’ait été apportée. À Sakar, la colère gronde et la patience s’épuise, alors que les habitants redoutent qu’une catastrophe ne survienne si rien n’est fait rapidement pour sécuriser cette infrastructure vitale.

Trafic de migrants : sept individus arrêtés après l’interception d’une pirogue au large de Sangomar

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a annoncé l’arrestation de sept personnes impliquées dans une tentative de trafic de migrants par voie maritime. Ces individus sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et mise en danger de la vie d’autrui.

L’opération a été déclenchée suite à la mise à disposition par la marine nationale sénégalaise d’une pirogue interceptée à 50 nautiques des côtes gambiennes, au large de Sangomar, dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie.

147 migrants secourus

À bord de l’embarcation, les autorités ont dénombré 147 candidats à l’émigration irrégulière. Parmi eux figuraient :

83 Sénégalais 29 Gambiens 23 Guinéens 9 Maliens 2 Ghanéens 1 Ivoirien

La composition démographique comprenait 123 hommes, 20 femmes et 12 mineurs, dont deux jeunes filles.

Selon les témoignages recueillis, les migrants ont reconnu avoir payé entre 300 000 et 600 000 FCFA pour embarquer dans cette traversée périlleuse. Ils affirment avoir été recrutés par deux individus identifiés comme les principaux organisateurs du voyage.

Les enquêtes de la DNLT ont permis de mettre en cause sept membres de l’équipage, considérés comme acteurs directs du trafic.

Les mis en cause ont été déférés devant le tribunal, où ils devront répondre des graves accusations portées contre eux. L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue du réseau et identifier d’éventuelles complicités.

Affaire ASER–AEE Power : Thierno Alassane Sall dénonce un scandale financier de 37 milliards de FCFA

Le dossier qui secoue l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la Banque Santander et la société AEE Power Sénégal connaît un nouveau rebondissement. Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a une nouvelle fois pris la parole ce mardi 19 août pour dénoncer un détournement présumé de 37 milliards de francs CFA. Face à la presse, l’ancien ministre des Infrastructures a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’un « scandale financier majeur » impliquant des acteurs étrangers et locaux.

Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall a directement mis en cause le président de l’entreprise espagnole AEE Power EPC, José Angel Gonzalez Tausz, qu’il accuse d’avoir eu un rôle central dans ce qu’il considère comme des manœuvres douteuses. « Comment cet homme a-t-il pu se donner le droit de suspendre la convention avec la société sénégalaise AEE Power Sénégal, tout en poursuivant ses négociations ? », s’est interrogé le parlementaire. Selon lui, le dirigeant espagnol aurait abusé de sa position et serait potentiellement impliqué dans la disparition des fonds publics destinés à des projets d’électrification rurale.

Le député a par ailleurs affirmé que la Banque Santander, principal partenaire financier, a suspendu le financement en raison de l’opacité constatée. « Les Espagnols ont suspendu le financement pour savoir où sont passés les 37 milliards. AEE Power Sénégal a encaissé cette somme, destinée à électrifier plusieurs villages, mais aucun justificatif n’a été fourni malgré les réclamations de la Banque Santander », a dénoncé Thierno Alassane Sall, soulignant l’absence totale de transparence dans l’exécution du projet.

Estimant que ce silence et cette inertie fragilisent la gouvernance du pays, le député a interpellé directement les autorités. « Le Premier ministre Ousmane Sonko dispose de tous les leviers pour exiger des explications. Quatorze mois après, rien n’a été fait. Pourquoi ce régime protège-t-il AEE Power Sénégal alors que son implication sur ces 37 milliards est pointée du doigt ? », a-t-il martelé.

Pour le leader de la République des Valeurs, ce dossier symbolise les dérives dans la gestion des finances publiques et mérite une enquête approfondie. Il appelle ainsi le gouvernement à prendre ses responsabilités en éclairant l’opinion nationale sur les zones d’ombre de ce scandale. Dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure une question cruciale pour les populations rurales, cette affaire, si elle venait à être confirmée, mettrait en lumière les graves conséquences de la mauvaise gestion des ressources allouées à l’électrification.

Électrification rurale : plus de 16 milliards de FCFA pour la région de Ziguinchor

Un pas décisif vient d’être franchi dans le cadre de l’électrification rurale au Sénégal. Le gouvernement, en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD) et la Délégation de l’Union Européenne (UE), a mobilisé un financement de plus de 16 milliards de francs CFA destiné à électrifier 135 villages de la région de Ziguinchor, située à plus de 450 kilomètres de Dakar.

L’annonce a été faite ce lundi lors d’un comité régional de développement (CRD) consacré exclusivement à la question de l’électrification rurale. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui au Développement des Énergies Renouvelables pour l’Accès Universel (PADERAU), un ambitieux projet lancé par l’État sénégalais avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers.

La mise en œuvre du programme sera assurée par la Senelec, qui jouera un rôle central dans l’extension du réseau national vers les zones rurales. Le président du comité de pilotage, Ngor Séne, a indiqué que l’objectif principal est de garantir un accès fiable, durable et équitable à l’électricité dans les zones encore non desservies. Ce projet constitue ainsi une réponse concrète aux défis du développement local et à la nécessité de réduire les inégalités territoriales.

À l’échelle nationale, le PADERAU ambitionne l’électrification de plus de 560 villages répartis dans les régions de Sédhiou, Ziguinchor, Tambacounda et Matam. Selon les estimations, ce sont près de 200 000 personnes qui devraient bénéficier directement de ce programme à travers un accès sécurisé et permanent à l’énergie.

Dans la région de Ziguinchor, la composante locale du projet vise 135 localités, pour un total de 7 507 foyers à raccorder. La répartition géographique révèle un effort massif dans le département de Bignona, avec 109 villages concernés, suivi du département d’Oussouye où 18 localités seront électrifiées, et enfin du département de Ziguinchor avec 8 villages. Ce maillage territorial permettra de couvrir aussi bien les zones les plus reculées que celles proches de la capitale régionale, située à une quarantaine de kilomètres d’Oussouye.

Le PADERAU bénéficie d’un budget global de 58 milliards de francs CFA, mobilisé grâce aux contributions de l’Union Européenne et de l’Agence Française de Développement, en partenariat avec l’État du Sénégal. En confiant son exécution à la Senelec, les partenaires misent sur une expertise locale et sur la pérennisation des infrastructures énergétiques.

Ce programme, qui s’applique aux départements relevant des concessions d’électrification rurale de Matam et de Ziguinchor, marque une nouvelle étape vers l’objectif fixé par les autorités sénégalaises : parvenir à l’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Pour les populations rurales, il s’agit d’une véritable révolution sociale et économique, tant l’électricité constitue un levier de développement pour l’éducation, la santé, la production agricole et les activités génératrices de revenus.

Tragédie au Port de Dakar : un docker tué lors d’une dispute autour du « Kush »

L’horreur s’est invitée au Port autonome de Dakar le 15 août dernier, dans un hangar du Môle 8. Une altercation entre deux dockers, Alia Camara (32 ans) et son compatriote Sadibou Gassama, a viré au drame, entraînant la mort de ce dernier.

Selon des informations rapportées par Libération, les deux hommes, qui monnayaient régulièrement leurs services à l’arrivée des navires, avaient pour habitude de se cacher dans un hangar après leur travail afin d’éviter les patrouilles de gendarmerie. Mais derrière cette routine, un autre facteur pesait lourd : leur consommation régulière de « Kush », une drogue dure tristement surnommée « la drogue du zombie ».

Le jour du drame, Sadibou Gassama détenait une certaine quantité de cette substance. Sollicité par Alia Camara qui insistait pour en obtenir « un petit peu », il a catégoriquement refusé. La situation a alors dégénéré : plus robuste physiquement, Alia Camara s’est jeté sur son compagnon pour lui arracher la drogue des mains.

Dans la confusion, Sadibou a tenté de s’échapper en escaladant le hangar. Mais Alia l’a brutalement tiré vers le bas. La victime a lourdement chuté, sa tête heurtant une grosse pierre. Gravement touché, il a succombé sur le coup.

Pris de panique, Alia Camara a tenté de fuir. Mais il a été rapidement appréhendé par les gendarmes de la Brigade de la Zone des hydrocarbures. Déféré hier au parquet, il fait désormais face à des poursuites pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

FSF : Abdoulaye Fall confirmé président, mais la bataille judiciaire s’annonce

Le processus électoral de la Fédération sénégalaise de football (FSF) arrive à son terme. Selon des informations rapportées par L’Observateur, la Commission électorale a finalisé le procès-verbal du scrutin organisé les 2 et 3 août derniers au Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad). Ce document valide l’élection d’Abdoulaye Fall à la présidence de l’instance dirigeante du football sénégalais ainsi que le renouvellement du Comité exécutif.

L’élection n’a pas échappé aux tensions. Le camp du candidat malheureux, Mady Touré, a dénoncé de « graves irrégularités » lors du premier tour, avant de boycotter le second. L’équipe de l’ancien président de Génération Foot prépare désormais un recours devant la justice pour tenter de faire invalider le scrutin.

Un point particulier a alimenté la polémique : une voix supplémentaire a été enregistrée (510 contre 509 prévues) par rapport au corps électoral officiel. Interpellée sur cette anomalie, la Commission électorale a estimé qu’elle ne remet pas en cause la régularité du processus, ni le verdict des urnes.

Malgré les contestations, Abdoulaye Fall est désormais officiellement désigné nouveau patron de la FSF. Toutefois, la bataille judiciaire que s’apprête à engager le camp de Mady Touré pourrait prolonger la crise qui secoue le football sénégalais.

Guédiawaye : un faux policier de l’unité anti-drogue arrêté pour vols de téléphones portables

La police de Wakhinane-Nimzatt, à Guédiawaye, a mis la main sur un escroc qui se faisait passer pour un agent d’une unité anti-drogue afin de dépouiller ses victimes. Identifié sous le nom d’emprunt Baye Samba, l’homme a été interpellé aux abords du marché Boubess avec plusieurs téléphones portables volés, rapporte Les Échos.

Se faisant passer pour un policier en patrouille, Baye Samba ciblait de jeunes femmes. Usant d’un ton autoritaire, il les entraînait dans des coins discrets sous prétexte d’une fouille corporelle « de routine ». Il finissait ensuite par leur extorquer leurs téléphones portables, menaçant de les « embarquer » si elles refusaient.

C’est ainsi qu’il a dépossédé une première victime de son appareil avant de tenter un deuxième coup de la même manière contre une demoiselle nommée M. Ndiaye.

Son manège a toutefois éveillé les soupçons de riverains, intrigués par son comportement. Ces derniers ont alerté le chef de service du poste de police de la commune. Rapidement, une équipe de la brigade de recherches a été dépêchée sur les lieux et a surpris le faux policier en pleine action.

Confronté aux enquêteurs qui lui ont réclamé sa carte professionnelle, Baye Samba a fini par avouer la supercherie. Une fouille a permis de découvrir un second téléphone dans ses poches, dont la véritable propriétaire a pu être identifiée grâce aux investigations policières.

Après son arrestation et son audition, le mis en cause a reconnu avoir usurpé l’identité d’un policier pour « gagner de l’argent ». À l’issue de sa garde à vue, il a été déféré devant le parquet du tribunal de grande instance de Guédiawaye. Il est poursuivi pour usurpation de fonction et vol.

Clip « Porozé bi » : Nit Dof s’en prend à Thiat et remet en cause sa légitimité

La sortie du nouveau clip de Thiat, membre du groupe Keur Gui et figure du mouvement Y’en a Marre, continue de susciter des débats houleux dans l’univers du rap sénégalais. Intitulé « Porozé bi », ce morceau, perçu par beaucoup comme une critique frontale des dérives du régime actuel, vient de recevoir une réponse virulente d’un autre acteur de la scène musicale : Mor Talla Gueye, alias Nit Dof. Rappeur connu pour sa proximité avec le pouvoir en place et actuel président du Conseil d’administration du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), Nit Dof a livré un message tranchant, visant directement Thiat et plus largement certains artistes engagés.

Dans une déclaration publique, Nit Dof a reproché à Thiat son timing, insinuant que son retour sur le terrain du rap contestataire arrive trop tard. Selon lui, l’histoire s’écrit déjà ailleurs et ceux qui ont manqué le « rendez-vous décisif » avec le peuple n’ont plus la légitimité nécessaire pour se faire entendre. « Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que le train est déjà parti. C’était un rendez-vous qu’il ne fallait absolument pas manquer. Certains l’ont raté et ignorent encore que le peuple souverain est désormais ailleurs, très loin, avec d’autres priorités », a-t-il affirmé.

Le rappeur pro-régime ne s’est pas limité à une critique de fond. Il a également remis en question l’argument de la liberté d’expression souvent brandi par les artistes contestataires. Pour lui, ce n’est pas une question de censure, mais une réaction du peuple lui-même. « À ceux qui nous parlent de liberté d’expression : sachez que c’est le peuple souverain lui-même qui s’est senti attaqué et qui riposte aujourd’hui à sa manière », a-t-il lancé, défendant ainsi l’idée que la société aurait tourné la page des discours de contestation portés par des figures comme Thiat.

Nit Dof est allé plus loin en accusant certains rappeurs d’avoir été absents au moment où leur voix aurait eu le plus d’impact. Il dénonce ce qu’il appelle une hypocrisie dans le milieu, affirmant que ceux qui sont restés silencieux dans les périodes les plus critiques n’ont désormais plus de légitimité pour parler au nom du peuple. « Quant à ceux qui étaient silencieux quand le peuple avait vraiment, mais vraiment besoin d’eux, ils auront désormais un sérieux problème de légitimité pour se faire entendre », a-t-il déclaré, dans une pique que beaucoup ont interprétée comme une attaque directe contre Thiat.

Enfin, le rappeur pro-régime a tenu à rassurer sur l’état actuel de la scène musicale, balayant d’un revers de main l’idée que le rap sénégalais aurait perdu de sa vigueur. « Et dites aux hypocrites que le rap se porte très bien. Les artistes évoluent et sortent leurs projets tous les jours », a-t-il conclu, soulignant une vision positive du dynamisme artistique, mais en rupture avec le discours contestataire incarné par Keur Gui.

Cette sortie de Nit Dof, qui contraste avec les nombreux messages de soutien reçus par Thiat après la sortie de « Porozé bi », risque d’alimenter davantage la polarisation dans le milieu du hip-hop sénégalais. Elle illustre aussi la fracture entre deux conceptions du rap : l’une qui se revendique comme porte-voix du peuple et l’autre qui défend une nouvelle approche, plus en phase avec le régime en place.

Clip “Porozé bi” : Fou Malade salue la puissance du nouveau texte de Thiat

Le dernier clip de Thiat, membre du groupe Keur Gui et figure emblématique du mouvement Y’en a Marre, continue de nourrir les débats sur la scène artistique et politique sénégalaise. Intitulée “Porozé bi”, cette œuvre remet au goût du jour le rap contestataire en lui redonnant sa fonction première : traduire la colère et les espoirs d’un peuple en quête de justice sociale et de transparence. Fidèle à son style incisif, Thiat y dénonce sans détour les dérives du pouvoir en place, un message qui ne laisse personne indifférent.

Parmi les réactions enregistrées depuis la sortie du clip, celle de Malal Talla, alias Fou Malade, attire particulièrement l’attention. Camarade de longue date de Thiat et membre du même mouvement citoyen, Fou Malade s’est exprimé dans les colonnes de L’Observateur pour saluer la force du texte. Selon lui, le morceau incarne une rare cohérence artistique et un engagement sans concession. Il décrit le texte comme étant « remarquablement bien écrit, avec une valeur poétique Hip-Hop très marquée », avant de préciser que le rap, tel que le pratique Thiat, reste factuel, concret, imagé et surtout accessible. À ses yeux, il n’y a ni énigmes ni codes hermétiques, seulement des paroles claires et compréhensibles qui résonnent immédiatement auprès du public.

L’artiste n’a pas seulement marqué par ses paroles mais également par l’esthétique du clip. Fou Malade souligne le retour de Thiat à ses tresses, à sa montre et à son style d’époque, autant d’éléments qui rappellent la continuité de son engagement depuis ses débuts. « Il redevient le Thiat de Keur Gui, celui qui rappelle qu’il est toujours en alerte », note-t-il. Cette cohérence est renforcée par l’utilisation des symboles dans le visuel, notamment le pain, qui représente selon Fou Malade la revendication populaire et le minimum vital que le peuple réclame.

Au-delà de l’aspect esthétique, c’est surtout le moment de la sortie du clip qui lui confère une résonance particulière. Pour Fou Malade, cette œuvre tombe à point nommé, dans un contexte marqué par une forte attente citoyenne et un désenchantement social. « Cette œuvre ré-émancipe le rap. Le timing est parfait. Ce que dit Thiat, c’est ce que la majorité des Sénégalais expriment déjà au quotidien. Il ne fait qu’amplifier leurs voix, comme doit le faire un rappeur », explique-t-il.

Il ajoute enfin que la force du message réside dans sa capacité à être percutant et violent dans le fond, sans jamais sombrer dans la vulgarité. Une preuve, selon lui, de l’intelligence artistique de Thiat et de sa volonté de mettre son art au service de la cause citoyenne. En saluant cette œuvre, Fou Malade rappelle le rôle essentiel du rap engagé dans la vie publique sénégalaise, et réaffirme la place centrale de Thiat dans ce combat.

Réseau de faux visas : deux agences de voyage dans le collimateur, six arrestations déjà enregistrées

Un vaste réseau de fabrication et de distribution de faux documents destinés aux demandes de visa Schengen vient d’être démantelé à Dakar. L’affaire trouve son origine dans une alerte lancée par l’ambassade de France au mois de mai, signalant la présence de pièces frauduleuses dans plusieurs dossiers soumis à ses services. L’information a aussitôt mobilisé la Division nationale de lutte contre le trafic des migrants et des pratiques assimilées (DNLT), qui a ouvert une enquête ayant déjà abouti à l’arrestation de six personnes et à la mise sous surveillance de deux agences de voyage.

Selon les premiers éléments révélés par Libération, les structures incriminées sont « Europe Voyage » et « Keur Serigne Abdou Anne ». Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir bénéficié de la complicité d’un fournisseur central de faux documents connu sous le pseudonyme de « Docteur Sambou », activement recherché à ce jour.

La première interpellation a visé M. C. Keïta, arrêtée devant le siège de VSF Global Voyage à Dakar. Son audition a révélé qu’elle avait entamé une procédure de demande de visa depuis la Guinée avant que son dossier n’atterrisse au Sénégal via l’agence « Europe Voyage ». Sa gérante, K. Aïdara, lui aurait remis des relevés bancaires falsifiés ainsi que de fausses attestations de travail et de congé.

Placée en garde à vue, K. Aïdara a affirmé n’avoir fait qu’exécuter les ordres de ses supérieurs, identifiés comme Ma. Mbengue et Mo. Fall. Elle a par ailleurs cité d’autres membres présumés du réseau : Cissokho, présenté comme le comptable de l’agence, et K. Bah, soupçonné de recevoir la majorité des paiements via son compte Wave.

Dans le même temps, le commissariat spécial de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) a intercepté trois voyageurs – F. Bâ, A. Bèye et El H. B. Diop – qui tentaient de rejoindre la Turquie avec de faux documents. Interrogés, ils ont affirmé avoir obtenu leur dossier frauduleux auprès d’A. Guèye, responsable de l’agence « Keur Serigne Abdou Anne ». Cette dernière, actuellement sous mandat de dépôt, a reconnu avoir travaillé sur instruction d’un certain Baldé, présenté comme son employeur résidant aux États-Unis.

L’affaire met en lumière un réseau tentaculaire, impliquant plusieurs acteurs, dont certains se trouveraient encore à l’étranger. La DNLT poursuit son enquête afin d’identifier et de localiser « Docteur Sambou » ainsi que les autres complices en fuite, alors que le phénomène des faux visas demeure un enjeu majeur dans la lutte contre la migration irrégulière au Sénégal.

Bakel sous la menace des eaux : le président du Conseil départemental alerte sur un risque d’inondation majeur

À Bakel, la situation devient préoccupante avec la montée inquiétante des eaux du fleuve Sénégal. Ce lundi matin, le niveau du fleuve a été mesuré à 9,32 mètres, contre seulement 6 mètres à la même période l’an dernier, soit une hausse spectaculaire qui fait craindre une inondation généralisée de la commune.

Face à ce danger imminent, le président du Conseil départemental, Mapathé Sy, a lancé un appel pressant aux autorités nationales pour une intervention rapide. Selon lui, la construction de logements sociaux pour les sinistrés des précédentes crues doit être une priorité, rappelant que de nombreuses familles vivent encore sous des tentes après les inondations dévastatrices de 2024.

« Les tendances sont à la hausse, ce qui confirme les prévisions météorologiques qui annonçaient déjà une saison beaucoup plus pluvieuse que la précédente », a-t-il indiqué. La situation est d’autant plus alarmante que la côte d’alerte à Bakel est fixée à 10 mètres. Avec 9,32 mètres actuellement, il ne reste que 0,68 mètre avant d’atteindre le seuil critique. La Falémé, affluent du fleuve Sénégal, suit la même tendance avec un niveau de 7,16 mètres, contre 5,13 mètres à la même période en 2024.

Les conséquences pourraient être dramatiques pour les populations locales. « L’année dernière, nous avions tout perdu. Les producteurs n’avaient rien récolté et si la tendance se poursuit, nous risquons à nouveau de perdre nos cultures et nos habitations », a averti Mapathé Sy.

Pour les habitants, la menace est bien réelle et le spectre d’un nouveau désastre plane sur la ville. Le président du Conseil départemental insiste sur l’urgence d’un plan de relogement digne et durable, afin de protéger les familles et d’éviter que Bakel ne revive le cauchemar des inondations passées.

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