Aujourd’hui, notre nation traverse une situation socio-économique et politique lourde, faite de tensions, de suspicions et de rivalités exacerbées. Mais la véritable menace n’est pas seulement ce que les crises nous font : c’est ce que nous en gardons au fond de nous. La partisanerie a injecté un venin dangereux dans notre vivre-ensemble, un poison fait de rancœur, de haine, d’invectives, et qui, à force d’être entretenu, menace d’atteindre un point de non-retour.
La morsure, c’est l’événement politique, la décision contestée, la parole de trop, le détournement de deniers publics, l’échec des politiques publics, etc. Mais le venin, c’est ce que nous choisissons d’en faire : cette colère que nous cultivons, cette défiance que nous transmettons, ce rejet de l’autre simplement parce qu’il pense différemment. Pendant que la pauvreté progresse, que les jeunes cherchent un avenir, que l’école s’essouffle et que l’économie peine à respirer, nous nous empoisonnons nous-mêmes de querelles qui ne nourrissent personne.
Nous oublions que nos positions politiques ne doivent pas détruire nos liens. Ni la parenté, ni la fraternité, ni l’amitié, ni même l’amour n’ont vocation à être sacrifiés sur l’autel de nos divergences. Une République ne se construit pas avec des clans, mais avec des citoyens debout, capables de se parler malgré tout, capables d’extraire le venin avant qu’il ne ronge le socle national.
Le pardon politique n’est pas l’oubli. C’est le courage d’assainir nos cœurs pour protéger la nation. C’est la lucidité de comprendre que si nous laissons la rancune devenir notre boussole, alors nous deviendrons nos propres bourreaux.
Pour la survie de cette République, il est urgent de cracher le venin, de refuser la logique de la haine, de retisser les liens, d’apprendre à débattre sans se détruire. Le Sénégal mérite mieux que nos colères accumulées. Il mérite notre lucidité, notre responsabilité et notre humanité.
Vive la République
Vive le Sénégal
Yalla na Yalla doli diam ak sutura Sénégal
Mouhamadou Moustapha MANÉ
Président R les RÉPUBLICAINS