Pour la première fois, le Sénégal figure dans le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, un nouvel outil d’évaluation internationale du cadre réglementaire et institutionnel des économies. Le pays se classe 8ᵉ sur les 27 États africains évalués, une performance notable qui vient consacrer, sur le plan international, les réformes engagées ces dernières années pour améliorer le climat des affaires. Selon l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix), ce résultat traduit une amélioration mesurable de l’environnement économique national, dans un contexte africain marqué par de fortes disparités en matière de gouvernance et d’attractivité économique.
Cette entrée du Sénégal dans le classement s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation économique et sociale, dont l’un des axes majeurs consiste à refonder les relations entre l’État et le secteur privé. Les autorités sénégalaises mettent en avant les progrès réalisés dans la simplification des procédures administratives, le renforcement de la transparence réglementaire et l’amélioration de la prévisibilité des règles applicables aux entreprises. À travers cette lecture officielle, le classement Business Ready apparaît comme la reconnaissance d’une orientation assumée vers une administration plus efficace, plus lisible et plus équitable, capable de réduire les coûts indirects qui pèsent traditionnellement sur les investisseurs et les entrepreneurs.
Le rapport Business Ready marque une rupture méthodologique avec l’ancien classement Doing Business, longtemps critiqué pour ses limites. Désormais, l’évaluation ne se limite plus à l’existence formelle des textes juridiques et réglementaires, mais s’intéresse également à leur mise en œuvre effective et à leur impact réel sur les acteurs économiques. Pour l’édition 2025, les données ont été collectées entre septembre 2023 et décembre 2024 à partir d’enquêtes menées auprès d’entreprises, de praticiens du droit et de l’économie, ainsi que d’administrations publiques. Cette approche permet de mieux appréhender les écarts entre les réformes annoncées et les pratiques observées sur le terrain, donnant ainsi une image plus fidèle de la réalité du climat des affaires.
La performance du Sénégal prend une dimension particulière dans un contexte de transition politique. Elle est interprétée par les autorités comme un indicateur de résilience institutionnelle et de continuité de l’action publique, au-delà des alternances et des recompositions politiques. Cette lecture suggère que certaines réformes structurelles ont atteint un niveau de maturité suffisant pour produire des effets mesurables et reconnus à l’échelle internationale, même dans une phase de changement politique.
Pour autant, cette 8ᵉ place continentale ne constitue pas un aboutissement définitif, mais plutôt un point d’étape. L’Apix souligne que de nouvelles réformes ciblées ont déjà été identifiées afin de consolider les acquis et d’améliorer la performance du pays lors des éditions 2026 et 2027 du rapport. Le maintien, voire la progression, du Sénégal dans ce classement dépendra de sa capacité à traduire les engagements réglementaires en bénéfices tangibles pour les entreprises, notamment en matière de réduction des délais administratifs, de sécurité juridique et de maîtrise des coûts. Le défi central reste donc de transformer cette reconnaissance internationale en un levier durable d’investissement, de création d’emplois et de croissance inclusive.