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Santé

Crise à l’Hôpital Abass Ndao : un pilier de la santé sénégalaise au bord de l’asphyxie financière

L’un des établissements les plus emblématiques du système de santé sénégalais, l’hôpital Abass Ndao, traverse une période critique. Confronté à une dette croissante, à une masse salariale devenue difficilement supportable et à l’absence de subventions depuis plus de deux décennies, le centre hospitalier, âgé de près de 90 ans, se trouve aujourd’hui dans une situation d’urgence qui menace son équilibre financier et son fonctionnement.

Le professeur Demba Diedhiou, directeur général de l’hôpital, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une récente rencontre avec la presse. Dans un discours empreint de gravité, il a évoqué les difficultés économiques qui étranglent l’établissement. « Nous faisons face à une dette importante et à une masse salariale que nous ne parvenons plus à maîtriser. Malgré les efforts consentis, la situation devient intenable », a-t-il confié.

Un plan de régularisation du personnel avait pourtant été engagé pour stabiliser l’emploi et améliorer la qualité du service. Sur les 195 agents concernés, 80 ont été intégrés en 2025, ce qui a représenté un coût supplémentaire de 200 millions de francs CFA pour l’hôpital. « Ces recrutements étaient indispensables pour maintenir un niveau de soins acceptable, mais ils ont considérablement alourdi notre charge financière », a expliqué le professeur Diedhiou, redoutant un déficit brut d’exploitation susceptible de compromettre la stabilité de l’établissement.

Sous la double tutelle du ministère de la Santé et de la Ville de Dakar — dont le maire assure également la présidence du Conseil d’administration —, l’hôpital Abass Ndao déplore un manque criant de soutien institutionnel. Depuis 2003, l’établissement n’a plus bénéficié de subventions de fonctionnement ni d’investissement, alors que le montant de cette aide est évalué chaque année à environ 800 millions de francs CFA. Une absence de financement qui, selon le directeur, a précipité l’hôpital dans une spirale déficitaire.

« Si cette situation perdure, la dette colossale de l’hôpital va s’aggraver et la charge salariale deviendra intenable », a averti le professeur Diedhiou. Au-delà des chiffres, il redoute une instabilité sociale et des tensions internes qui pourraient affecter la qualité des soins et compromettre la mission de service public de l’hôpital.

Pour le directeur, l’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. « L’hôpital Abass Ndao ne nous appartient pas, il appartient à l’État et au peuple sénégalais », a-t-il martelé, lançant un vibrant appel à la solidarité nationale. Il plaide pour une intervention urgente des pouvoirs publics, estimant que la survie de l’un des plus anciens centres hospitaliers du pays dépend désormais de la volonté politique.


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