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Politique

Crise au sein de la majorité : la rupture s’accentue autour d’Aminata Touré

La fissure qui fragilise depuis plusieurs jours la majorité présidentielle s’est, jeudi soir, transformée en véritable ligne de fracture. Aux environs de 19 heures, alors que des discussions étaient annoncées entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko pour tenter d’apaiser les tensions internes, un nouvel épisode est venu illustrer l’ampleur du malaise : Aminata Touré a quitté de façon abrupte le groupe WhatsApp de la Conférence des leaders.

Ce départ soudain, intervenu quelques jours seulement après sa désignation par le Chef de l’État comme superviseur général de la coalition « Diomaye Président » en remplacement d’Aïda Mbodj — une décision contestée par plusieurs cadres du Pastef — a été vécu comme un acte lourd de sens. Selon Les Échos, qui rapporte les faits dans son édition du 14 novembre, sept autres membres ont immédiatement suivi l’ancienne Première ministre dans sa sortie, confirmant que son influence au sein de la coalition reste loin d’être négligeable.

La question qui se pose désormais est celle de l’intention réelle derrière ce geste. S’agit-il d’un simple désaccord momentané, d’une réaction d’humeur face aux critiques du Pastef, ou du premier acte d’une recomposition plus profonde au cœur du pouvoir ? Les Échos évoque la possibilité d’une bouderie, mais Libération, citant des indiscrétions de première main, avance une hypothèse bien plus politique : Aminata Touré envisagerait de créer un nouveau groupe WhatsApp destiné à fédérer ses partisans et ses alliés au sein de la majorité.

Ce projet, s’il se confirme, serait le signe évident d’une réorganisation clandestine des rapports de force, à un moment où les relations entre les deux principaux pôles du pouvoir — le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko — traversent une zone de turbulences. L’initiative de Diomaye Faye de confier à Mimi Touré un rôle central dans la coordination de la coalition a été perçue par certains cadres du Pastef comme une mise à l’écart de figures historiques du mouvement, notamment Aïda Mbodj. Cette décision a aussi ravivé les tensions latentes entre les alliés de la première heure et les nouveaux soutiens du pouvoir.

En quittant la plateforme commune, Aminata Touré envoie un message clair : elle refuse d’être reléguée à un rôle secondaire dans un espace politique qui se recompose rapidement. Sa possible décision de rassembler ses soutiens dans une nouvelle structure interne, même informelle, traduit une volonté de peser davantage dans les arbitrages stratégiques à venir. Elle pourrait également annoncer une tentative de constituer un bloc alternatif au sein même de la coalition au pouvoir, à un moment où la cohésion gouvernementale est déjà mise à rude épreuve.

Alors que les discussions prévues entre le président et son Premier ministre étaient censées ramener le calme, cet épisode ajoute une nouvelle couche de complexité à une crise interne qui ne cesse de s’approfondir. La majorité présidentielle apparaît désormais traversée par des divergences de plus en plus assumées, où les ambitions personnelles, les frustrations accumulées et les rivalités d’influence s’expriment sans filtres.


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