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Crise de la dette : Les Eurobonds sénégalais s’effondrent après la position ferme d’Ousmane Sonko

Les marchés financiers ont fortement réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a rejeté toute idée de restructuration de la dette publique extérieure du Sénégal. Cette position, exprimée à l’issue de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), a entraîné une chute notable des euro-obligations du pays, accentuant les incertitudes autour de la trajectoire budgétaire nationale. L’information a été rapportée dans un article de l’agence économique internationale Bloomberg.

À Londres, ce lundi, les obligations souveraines en dollars du Sénégal arrivant à échéance en 2031 ont reculé de 3,8 cents pour s’établir à 73,08 cents par dollar, soit la plus forte baisse jamais enregistrée sur une journée de clôture. Les titres arrivant à échéance en 2048 ont eux aussi diminué de 2,4 cents, atteignant 60,28 cents, leur plus forte chute depuis avril. Ces variations marquent la troisième séance consécutive de repli, confirmant la nervosité croissante des investisseurs.

Cette réaction du marché s’explique par la fermeté du Premier ministre, qui a affirmé, lors d’une rencontre politique, avoir rejeté une proposition de restructuration de la dette. Selon Ousmane Sonko, une telle démarche pourrait donner l’image d’un pays proche de la faillite, compliquer l’attraction des investissements étrangers et exposer l’État à des actions judiciaires de certains créanciers réclamant le paiement intégral des sommes dissimulées.

Depuis l’arrivée de la nouvelle administration en 2024, le Sénégal est confronté à une situation financière tendue. La découverte de 7 milliards de dollars de dette non déclarée, héritée du précédent régime, a provoqué une onde de choc sur les marchés internationaux, entraînant la suspension d’un programme de 1,8 milliard de dollars avec le FMI et plusieurs dégradations de notation souveraine.

Une délégation du Fonds a récemment séjourné pendant deux semaines à Dakar dans l’espoir de conclure un nouvel accord, mais la mission s’est terminée sans finalisation, bien que le FMI ait réaffirmé son engagement à poursuivre les discussions dans les plus brefs délais. L’institution souligne néanmoins que « des efforts significatifs » seront nécessaires pour assurer la soutenabilité de la dette.

Sans restructuration, le Sénégal devra s’appuyer davantage sur le financement intérieur et une discipline budgétaire renforcée. Le gouvernement a déjà engagé une réduction des dépenses publiques, notamment dans les budgets de fonctionnement, et introduit de nouvelles taxes sur le tabac, l’alcool, les jeux d’argent et les transactions via mobile money. Ousmane Sonko assure toutefois que ces mesures ne toucheront pas les services et produits de base tels que l’eau, l’électricité, le riz et le sucre, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste fragile.

Certains analystes estiment que la position du Premier ministre peut être perçue comme un signal de souveraineté économique, tandis que d’autres alertent sur la nécessité urgente de restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Pour l’heure, l’avenir reste suspendu aux conclusions de l’analyse de viabilité de la dette que le FMI doit finaliser dans les prochaines semaines. Cette étape sera cruciale pour déterminer la suite du programme d’ajustement et la capacité du pays à maintenir sa stabilité financière.


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