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Décès d’Abdoulaye Bâ : l’Amicale des étudiants de l’UCAD réclame toute la vérité après le point de presse du Procureur
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par
Le Dakarois
La réaction ne s’est pas fait attendre après le point de presse du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, consacré aux circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Un membre de l’Amicale des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Serigne Saliou Fall, a exprimé son désaccord avec la communication du parquet et appelé à une clarification complète des faits.
S’exprimant sur les ondes de la RFM, le représentant estudiantin a affirmé que les étudiants ont suivi avec attention les déclarations du Procureur, mais qu’ils restent sur leur faim. « Nous avons suivi le Procureur de la République durant son point de presse, mais ce que nous attendons avant tout, ce sont les explications sur les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Bâ, et non seulement le fait qu’il aurait chuté du quatrième étage », a-t-il déclaré. Pour lui, affirmer qu’il y a eu une chute ne suffit pas à éclairer l’opinion sur les causes réelles du drame.
Serigne Saliou Fall insiste sur le fait qu’une chute depuis le quatrième étage implique nécessairement un enchaînement d’événements précis qu’il convient d’examiner avec rigueur. Selon les explications du Procureur, la présence de fumée dans la chambre aurait poussé l’étudiant à tenter de s’échapper par la fenêtre. Mais le membre de l’Amicale s’interroge sur l’origine de cette fumée. Provient-elle d’un incendie déclenché à l’intérieur du campus ou des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre lors des opérations de maintien de l’ordre ? « Tout cela reste à vérifier », soutient-il, évoquant notamment des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux qui, selon lui, montrent des éléments nécessitant une analyse approfondie.
Au-delà des circonstances immédiates du décès, la question des arrestations et de l’ouverture d’une information judiciaire alimente également les tensions. Pour Serigne Saliou Fall, la situation actuelle traduit une crise plus profonde au sein de l’université et dans la gestion des revendications étudiantes. Il estime que la réponse sécuritaire et judiciaire ne saurait constituer une solution durable. « Pour sortir de cette crise, il faut instaurer un vrai dialogue. Enfermer les gens ne mène à rien », a-t-il affirmé.
Dans un propos particulièrement critique, il a également dénoncé ce qu’il perçoit comme une volonté de l’État d’imposer des réformes sans concertation. « Aujourd’hui, on a l’impression que l’État veut imposer les réformes coûte que coûte, ce qui ressemble à une dictature. Cela ne doit pas se passer ainsi », a-t-il conclu, appelant à un apaisement fondé sur la transparence et la concertation.
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