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Dette publique dans l’UEMOA : une hausse soutenue qui accentue les risques pour le Sénégal

Dans un contexte marqué par les préoccupations croissantes autour de la dette dite cachée au Sénégal, les dernières données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest mettent en lumière une progression continue de l’endettement au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Ces chiffres, relayés par Seneweb, traduisent une dynamique préoccupante qui pourrait peser durablement sur les équilibres financiers des États membres.

À fin 2025, l’encours total de la dette publique de l’Union s’établit à 93 622,9 milliards de FCFA, contre 87 772 milliards de FCFA en 2024. Cette augmentation de 5 850,9 milliards de FCFA en une année confirme une tendance haussière qui ne semble pas près de s’inverser. Les projections pour 2026 vont dans le même sens, avec un encours attendu à 100 611,5 milliards de FCFA, soit une progression supplémentaire estimée à près de 7 000 milliards de FCFA.

Cette montée de l’endettement se traduit également par un poids important sur l’activité économique globale de l’Union. La dette publique représente désormais 63 % du produit intérieur brut de l’UEMOA, un niveau qui interpelle quant à la soutenabilité des finances publiques dans plusieurs pays membres. En parallèle, le service de la dette continue de croître à un rythme soutenu. En 2025, les États ont consacré 15 387,1 milliards de FCFA au remboursement de leur dette, soit 69,4 % de leurs recettes fiscales, contre 64,5 % un an plus tôt.

Les intérêts de la dette constituent également une charge significative. Ils ont atteint 3 869 milliards de FCFA en 2025, représentant 17,5 % des recettes fiscales. Cette situation réduit les marges de manœuvre budgétaires des États, limitant leur capacité à financer des politiques publiques essentielles, notamment dans les secteurs sociaux et les infrastructures.

Face à ces contraintes, les États de l’Union ont intensifié leur recours au marché financier régional. En 2025, ils y ont levé 15 105,2 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 61,5 % par rapport à l’année précédente. À l’inverse, les émissions d’euro-obligations sur les marchés internationaux ont reculé, s’établissant à 1 821 milliards de FCFA contre 2 663,9 milliards de FCFA en 2024. Cette évolution reflète un accès plus difficile aux financements extérieurs, dans un contexte international marqué par des conditions financières plus strictes.

La Banque centrale met en garde contre les risques croissants qui pèsent sur les économies de l’Union. Elle souligne notamment la possibilité d’un durcissement des conditions financières internationales, en lien avec d’éventuelles tensions commerciales mondiales. Une telle situation pourrait restreindre davantage l’accès des États aux marchés de capitaux et compliquer leurs stratégies de financement.

L’institution évoque également les incertitudes entourant la conclusion d’un programme entre le Fonds monétaire international et le Sénégal. Ce facteur, combiné à un niveau d’endettement déjà élevé et à des difficultés sur le marché financier régional, pourrait affecter la perception du risque souverain de l’ensemble de l’Union par les investisseurs internationaux.

Dans ce contexte, une baisse des financements extérieurs apparaît comme un scénario plausible. Elle se traduirait par une diminution des tirages et des émissions d’eurobonds, obligeant les États à se tourner davantage vers le marché régional. Une telle pression pourrait accentuer les tensions déjà observées sur ce marché et renchérir les coûts de financement.

Le Sénégal apparaît particulièrement exposé à cette situation. Le pays dépend fortement du marché financier régional pour couvrir ses besoins de financement, alors même que son accès aux marchés internationaux reste limité depuis la suspension de son programme avec le Fonds monétaire international. Cette dépendance accrue pourrait fragiliser davantage ses équilibres budgétaires et accroître sa vulnérabilité face aux chocs économiques et financiers.


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