Politique
Dialogue national : Amadou Ba appelle Diomaye Faye à ralentir les réformes et à privilégier le consensus
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par
Diack
Reçu ce jeudi au Palais de la République par le président Bassirou Diomaye Faye dans le cadre des consultations du Dialogue national, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a livré un plaidoyer appuyé en faveur du consensus politique et de l’apaisement institutionnel. À l’issue de cette rencontre, l’ex-chef du gouvernement a salué une initiative qu’il juge essentielle dans le contexte actuel du Sénégal, marqué selon lui par des défis politiques, économiques et sécuritaires majeurs.
Face au chef de l’État, Amadou Ba a insisté sur la nécessité de privilégier des concertations larges avant toute adoption des réformes institutionnelles et électorales actuellement envisagées par le pouvoir. Fort de son expérience à la tête de plusieurs ministères stratégiques, notamment les Finances, les Affaires étrangères, l’Élevage et les Sports, il a estimé que le pays devait prendre le temps de construire des accords solides afin d’éviter de nouvelles tensions politiques.
Selon des propos rapportés par Le Soleil, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2024 a même recommandé au président de la République de prolonger les discussions de « dix à quinze jours supplémentaires » avant de finaliser certaines réformes. Pour lui, le Sénégal a plus que jamais besoin de dialogue et de compromis. « Le pays a besoin de consensus, le pays a besoin de dialogue », a-t-il déclaré, appelant à une approche inclusive sur les grandes questions nationales.
Au cours de cet échange qualifié de « direct » et « sans détour », Amadou Ba a également évoqué les difficultés économiques auxquelles le pays fait face. Il a fait part de ses inquiétudes concernant la situation financière du Sénégal, dans un contexte marqué par les récentes dégradations de notation et les interrogations des partenaires internationaux. L’ancien ministre des Finances a rappelé son expérience à la tête de l’économie sénégalaise pour souligner la nécessité d’un dialogue rapide avec les bailleurs de fonds et les institutions financières internationales.
« J’ai rappelé au président de la République que moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans avoir un programme avec des décaissements », a-t-il expliqué, estimant qu’un compromis demeure possible malgré les tensions actuelles.
Amadou Ba a par ailleurs attiré l’attention sur les enjeux sécuritaires, notamment dans les zones frontalières, qu’il considère comme des sujets prioritaires nécessitant une mobilisation nationale au-delà des divergences partisanes. Il a insisté sur l’urgence d’une réponse concertée face aux menaces qui pèsent sur la stabilité du pays et de la sous-région.
Tout en réaffirmant son ancrage dans l’opposition, l’ancien Premier ministre a tenu à clarifier sa position politique. « Je suis dans l’opposition et j’y reste. Mais certaines questions transcendent les clivages politiques. Il faut travailler de manière apaisée dans l’intérêt du pays », a-t-il déclaré, affichant une posture qu’il veut à la fois républicaine et responsable.
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