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Politique

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.


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