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Digitalisation des paiements de l’État : Cheikh Diba place le mobile money au cœur de la réforme budgétaire

Présidant l’ouverture du Séminaire Institutionnel sur la Digitalisation des Paiements de l’État, en présence du Directeur général de Sonatel, Brelotte Bâ, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un discours dense et structurant sur les enjeux stratégiques du paiement mobile pour la gouvernance budgétaire et l’inclusion financière au Sénégal. Loin de cantonner le débat à une simple évolution technologique, le ministre a tenu à souligner que le paiement mobile constitue aujourd’hui un levier central de transformation de l’architecture financière, budgétaire et institutionnelle du pays.

D’emblée, Cheikh Diba a replacé la digitalisation des paiements dans une perspective macroéconomique. Selon lui, le paiement mobile n’est pas une innovation périphérique mais un pilier de modernisation de l’État. Les chiffres qu’il a avancés traduisent l’ampleur des mutations en cours. En l’espace de dix ans, le taux global d’utilisation des services financiers est passé de 50,34 % à 85,87 %. Cette progression spectaculaire est principalement portée par la monnaie électronique dont le taux d’utilisation atteint désormais 96,83 %. Le mobile money s’impose comme le premier canal d’accès aux services financiers pour 66,91 % des utilisateurs, devant les banques classiques et les institutions de microfinance. Avec 76,46 % des adultes déclarant détenir un compte, le Sénégal affiche un niveau d’inclusion financière nettement supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à 58,8 %.

Pour le ministre, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils s’inscrivent dans le cadre de politiques publiques cohérentes, notamment la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2026 adoptée en 2022. Cette feuille de route ambitionne de porter le taux d’inclusion financière des adultes à 65 % et celui des petites et moyennes entreprises à 90 % à l’horizon fixé. Le paiement mobile se situe au croisement des quatre piliers de cette stratégie : l’accessibilité des services financiers, la modernisation des infrastructures, l’éducation financière des populations et la consolidation d’un cadre réglementaire sécurisé et adapté aux innovations numériques.

Sur le terrain de la gouvernance budgétaire, Cheikh Diba a insisté sur la portée structurelle de la réforme. La digitalisation des flux financiers de l’État, a-t-il expliqué, ne doit pas être perçue comme un simple projet informatique mais comme une transformation profonde des mécanismes de gestion publique. Les plateformes intégrées au Trésor permettent aujourd’hui de sécuriser les paiements publics, d’améliorer la gestion de la trésorerie et de renforcer la traçabilité des opérations. Selon lui, une économie où les flux sont digitalisés est une économie plus transparente, mieux pilotée et donc plus crédible aux yeux des partenaires techniques et financiers.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social, le « PRES », porté par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce programme fixe une trajectoire claire de maîtrise du déficit public, de stabilisation de la dette et de restauration de la crédibilité financière du pays. Dans ce contexte, la digitalisation des paiements apparaît comme un instrument stratégique d’élargissement de l’assiette fiscale, de lutte contre la fraude et d’optimisation des recettes publiques.

Le ministre des Finances a également assumé la contribution de 0,5 % instaurée sur les transferts électroniques, plafonnée à 200 000 francs CFA par transaction. Face aux critiques, il a défendu une mesure qu’il qualifie de participation proportionnée d’un secteur en forte croissance à l’effort collectif de redressement budgétaire. Selon lui, loin de freiner l’inclusion financière, cette contribution s’inscrit dans une logique d’équité et de soutenabilité. Le paiement mobile, a-t-il soutenu, renforce la transparence, tandis que le PRES consolide la soutenabilité des finances publiques ; ensemble, ils participent à la consolidation de la crédibilité financière de l’État.

Saluant l’engagement de Sonatel et de son directeur général Brelotte Bâ, le ministre a réaffirmé la disponibilité pleine et entière de l’État à accompagner la transformation numérique du pays. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures, de sécuriser les données et de favoriser l’innovation dans un cadre réglementaire maîtrisé. Pour Cheikh Diba, la digitalisation des paiements publics constitue l’un des socles d’un Sénégal financièrement solide, institutionnellement moderne et durablement inclusif, capable de conjuguer rigueur budgétaire et progrès social dans un environnement économique en mutation rapide.


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