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Politique

DIOMAYE / SONKO

Deux ans de duel, le pays attend toujours des réponses

(Par Aly Saleh)

Ma plume va aujourd’hui, pour certains, sembler exprimer une profonde frustration face à une perception de blocage institutionnel et de rivalités internes au sein de l’exécutif.

Mais en réalité, elle traduit le sentiment des Sénégalais silencieux, réduits à l’impuissance devant cette situation.

Vous le savez déjà : depuis l’élection du duo Diomaye-Sonko à la tête de l’État sénégalais, c’est le statu quo au pays de Kocc !

Rien ne va plus dans aucun secteur d’activité, tout tourne au ralenti.

Le Sénégal est mal en point et, au plus haut sommet de l’État, l’on semble ignorer le vécu quotidien du concitoyen « gorgorlu » qui ne sait plus où donner de la tête.

Le président et son Premier ministre, censés œuvrer pour le progrès du pays, semblent ne se préoccuper que de leur avenir politique. Chacun avance pour son profit personnel, au détriment des Sénégalais.

Après les événements tragiques survenus entre 2021 et 2024, la barque « Sunugal » ne mérite pas que ses dirigeants se donnent en spectacle pour se maintenir au pouvoir.

Des « gardiens » ont toujours existé depuis l’aube des temps : gardiens de buts, de maison, de temple, de la révolution, de la Constitution ou de je ne sais quoi encore…

Mais quelle importance accorder à ce brouhaha dans lequel le pays s’enlise depuis vingt-quatre lustres déjà ?

Entre les deux gladiateurs, la guerre des mots fait rage, avec des glissements sémantiques que certains observateurs dénoncent : le président Faye semble désormais privilégier une approche moins radicale sur la justice et le souverainisme que celle d’Ousmane Sonko.

On s’interroge cependant sur ce qui a bien pu détourner ce tandem de sa mission première.

Que ce soit les démons de la division ou encore les ambitions personnelles, ce n’est en tout cas pas la mission qui leur était assignée à l’origine.

Vous rendez-vous compte du temps perdu en deux années de duel et de querelles partisanes, souvent sans nom ? Trop, c’est trop. Les Sénégalais sont lassés des arrestations d’opposants sans preuves ni condamnation, et de la prétendue rationalisation des dépenses publiques, qui a fini par provoquer une chute drastique de la liquidité. Une situation qui touche directement le secteur informel et le pouvoir d’achat des ménages.

L’inquiétude est croissante au sein de l’opinion publique sénégalaise. Il existe un décalage entre le temps politique et l’urgence sociale. Ce « blocage » auquel le pays fait face pose la question de la vitesse d’exécution du projet de rupture vendu aux Sénégalais, face à une demande sociale qui, elle, ne peut plus attendre.

Nous le savons tous : le constat, presque général, est cinglant et reflète une impatience qui gagne du terrain. L’impression domine que le duo, devenu duel au sommet de l’État, reste prisonnier d’une logique de conquête ou de préservation du pouvoir, alors que l’urgence sociale commande d’agir.

Dans l’architecture actuelle de la « Barque Sunugal », la répartition des responsabilités est pourtant claire sur le papier. Le président Bassirou Diomaye Faye, en tant que clef de voûte des institutions et garant de l’unité nationale, doit siffler la fin de la récréation. Il lui revient de transformer l’essai électoral en résultats tangibles pour le citoyen sénégalais et de s’assurer que l’agenda de l’État ne soit pas pollué par des querelles ou autres dualités.

Quant au Premier ministre Oismane Sonko, en tant que chef du gouvernement et leader naturel de la mouvance présidentielle, sa responsabilité est de traduire la vision du chef de l’État en actes concrets et de veiller à ce que la machine administrative ne soit pas grippée par des calculs politiques ou des purges sans fin.

Le sentiment de statu quo que je décris plus haut vient souvent de ce tiraillement : lorsque la politique politicienne prend le pas sur les politiques publiques, le pays tangue et navigue dans des eaux troubles. Et cela n’honore pas nos deux dirigeants.

Pour que le vent tourne en faveur des citoyens, le passage de la posture de « combattants » à celle de « bâtisseurs » est impératif.

La mission originelle était la rupture et le « Jub, Jubal, Jubanti » tant vantés.

Si ce duel continue d’étouffer les résultats, le contrat de confiance avec le peuple risque de se briser. Il est donc grand temps qu’ils assument pleinement leurs responsabilités et qu’ils ne trahissent pas la confiance des 54 % qui ont voté pour eux, ainsi que celle des 18 millions de Sénégalais.

À bons entendeurs !

Aly Saleh


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